Et comme vendredi c'est le jour des sorties ... non laissez tomber, je publie aussi le mardi ^^
Quoi qu'il en soit, nous commençons ici la Moria ! J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture !
La nouvelle n'avait pas été au goût de tout le monde. Boromir sortit son épée et la pointa vers Maika. Cette dernière ne bougea pas. Elle n'avait strictement rien à se reprocher.
-Une sorcière ? Cracha-t-il.
-En effet. Je suis une sorcière. Je ne l'ai jamais caché.
-Vous ne l'avez jamais avoué non plus.
-Je n'ai rien fait qui nécessitait que je révèle ma nature.
Maika serra les dents. Chez elle, tout avait tourné au vinaigre à partir du moment où tous avaient su que la communauté était entièrement sorcière. Et même si elle n'avait été que partiellement sorcière … tout le monde serait … Elle secoua la tête, dérangeant par-là même Diling. Elle ne devait pas penser à ça maintenant.
-Les sorcières sont des meurtrières, siffla le gondorien.
-C'est à force de croire que nous sommes d'horribles créatures que certaines d'entre nous ont finies par devenir mauvaises !
-Les sorcières ont empoisonné ma mère.
-Aucune d'entre nous n'est capable de faire du mal. Même si nous devenons mauvaises, il n'est pas dans notre nature de réellement blesser autrui. La connaissance des plantes est connue de tous ceux qui s'y intéresse un peu. Un empoisonnement ne peut pas nous être entièrement imputé. Même un médecin peut tuer quelqu'un si la mauvaise dose d'un remède est fournie.
Boromir et la jeune fille s'affrontèrent du regard. Shérazade grogna doucement, dans un but de dissuasion, mais sa maîtresse la fit taire d'une main sur l'échine.
-Maintenant, reprit Maika, sauf si vous voulez me tuer immédiatement je propose que nous partions d'ici. Il semblerait que la mine des Nains ne soit pas aussi sûre que ce que l'on voulait bien croire.
-Nous allons traverser, annonça Gandalf. Nous n'avons plus qu'à nous faire petit et espérer que les gobelins ne remarqueront pas notre passage.
''Il y a de nombreuses créatures dans les ténèbres. Non Lilith, pas celles auxquelles tu peux penser, bien qu'elles peuvent en faire partie.''
Le magicien intima avec force d'autorité au gondorien de ranger son épée. Il promit de garder un œil que la sorcière et la fit venir près de lui. Ils se remirent tous en route dans un silence presque palpable. Boromir se tenait en arrière du groupe, accompagné d'Aragorn.
-Vous deviez vous douter d'une telle réaction, murmura le vieil homme.
-C'est la réaction normale des Hommes quand ils rencontrent une sorcière. C'est pour ça que ma communauté bougeait souvent, pour éviter qu'ils apprennent notre nature.
-Que s'est-il passé pour que vous soyez séparée de votre communauté ?
Maika se renfrogna. Elle ne voulait pas parler de ce qu'il s'était passé avant qu'elle n'arrive sur ces terres. Diling posa une main sur la joue de sa protégée. Elle tendit sa propre main et passa un doigt affectueux sur le chapeau du lutin.
-Ce n'est pas quelque chose que je veux dire.
La voix de la demoiselle se brisa sur la fin. Elle respira profondément, ravalant un sanglot qui menaçait d'éclater si elle ne faisait pas attention. Cela faisait quelques semaines qu'elle n'avait pas pensé à ce qu'il était arrivé. Et encore maintenant, elle ne voulait pas y penser.
''Les bêtes qui se cachent dans les ténèbres ont toutes quelque chose en commun : ce sont très souvent des brutes.''
-Savez-vous ce qui a fait la fierté et la richesse des Nains ? Demanda le magicien de longues heures plus tard.
-Leur art ? Demanda Maika.
Les Nains étaient connus pour être de formidables forgerons et ils en tiraient une fierté incommensurable. Aucune créature n'était capable d'égaler leur talent pour la forge.
-Oui, mais pas seulement. Ils ont trouvé dans les ruines de la Moria un minerai plus précieux encore que l'or : le mithril. Risquons à faire un peu de lumière.
À ces mots, le cristal que Gandalf avait coincé dans son bâton se fit plus lumineux encore. Bientôt la lumière vive engloba bien plus que la Communauté de son halo. Les murs de la mine se mirent à briller, le précipice qui se tenait à la droite du groupe scintilla comme une rivière qui reflétait le soleil.
-Un minerai que peu savent forger, murmura la sorcière. Même forgé il garde son scintillement, sa légèreté et sa solidité.
-En effet, acquiesça le magicien. Mais les Nains ont creusé très profond et ont réveillé une créature qui aurait dû rester dans son sommeil.
''Les créatures des ténèbres sont nombreuses et aucune de nous ne peut les contenir car elles ne sont pas forcément issus des lignées féériques. La plupart d'entre elles ont été créés par les humains, plus ou moins consciemment.''
Maika frissonna. Elle n'avait jamais rencontrer ces créatures qui se cachent dans les ténèbres mais elle connaissait bien trop les légendes de sa mère pour pouvoir les oublier.
-Gandalf ?
Le vieil homme se tourna vers la jeune fille. Tous faisaient une pause pour éviter de s'épuiser trop rapidement au milieu de ce tombeau.
-Combien de temps allons-nous mettre pour sortir d'ici ?
-Trois jours si tous se passe sans accroche.
Dans l'obscurité constante, il était difficile de dire combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils étaient rentrés dans les mines.
-Vous ne semblez pas très à l'aise, fit remarquer le magicien.
-C'est aussi votre cas, rétorqua la sorcière. J'ai toujours vécu en extérieur, je ne suis pas très à l'aise dans les grottes ou tout ce qui s'en rapproche. Et je suis une sorcière ayant une affinité avec l'eau. Même si on peut trouver cette dernière dans les cavernes, je n'ai pas l'impression qu'il y en a par ici.
-Quelque chose d'autre vous gêne.
-Oui, les créatures qui se cachent dans les ténèbres. Vous avez dit que les Nains avaient réveillé quelque chose, qu'est-ce que c'est ?
-Une créature que, j'espère, nous ne croiserons pas. Je vous en parlerai quand nous serons dehors si vous le voulez. Mais ne parlons pas du malheur sous peine qu'il ne se montre.
La sorcière hocha la tête. C'était toujours quand on parlait du loup qu'on en voyait la queue. Pour que le magicien ait peur d'une telle créature c'est qu'elle devait être terrible.
-Allons-y, lança Gandalf.
La Communauté se leva. Le chemin était long et le fait que personne ne parle le rendait pesant. Même Diling, d'habitude si joyeux et remuant, s'accrochait aux mèches de Maika et ne bougeait pas, craignant même le tintement de ses nombreux grelots.
Ils ne tardèrent pas à arriver devant un escalier dont les marches semblaient presque verticales. Le magicien s'y engagea en premier, suivi par la sorcière. Shérazade montait difficilement. Voyant cela, Legolas la chargea sur son dos et continua son ascension. Arrivée en haut, sur un plateau, Maika remercia l'Elfe en récupérant sa louve.
Tous étaient épuisés. La montée avait duré un temps infiniment long pour tous et particulièrement pour les Hobbits. La sorcière avait aussi un peu de mal à respirer, mais elle ne dit rien.
Le plateau avait débouché sur trois arches. L'une descendait, la seconde poursuivait en ligne droite et la dernière montait. Le magicien resta un long moment devant les trois possibilités.
-Je ne me souviens pas de cela, dit-il.
Devant l'incertitude du magicien, la Communauté décida de prendre un peu de repos. La montée avait épuisé tout le monde, bien que certains le montraient moins que d'autres. Un feu fut allumé et ils prirent un repas frugal.
La louve, couchée près de sa maîtresse, leva la tête et regarda en direction de l'escalier, les oreilles en avant. La sorcière calma son familier d'une main tendre, mais elle non plus n'était pas rassurée dans cette mine. Elle ne craignait pas seulement la présence de créatures, elle craignait aussi celle des Oréades. Les nymphes des montagnes veillaient également sur les grottes creusées dans leurs montagnes.
Frodon se leva, se demandant ce que le familier avait ressenti, et jeta un œil dans le vide. Après quoi, il alla voir Gandalf. Une discussion rapide s'en suivit, que la sorcière ne prit pas la peine d'écouter. Elle voulait seulement sortir de là, le plus rapidement possible.
Après quelques heures de repos, où Gandalf tentait de se souvenir par où ils devaient passer, la Communauté se remit en marche en prenant la troisième arche, celle qui montait. La première avait rapidement été délaissée, quand le magicien prit sur lui de choisir un chemin sans l'aide de ses souvenirs, car elle descendait et il ne voulait pas rencontrer la créature déterrée par les Nains. Le second chemin fut également mis de côté car il tournait et n'allait plus vers l'Ouest. Maika plissa les yeux, elle n'arrivait pas à s'orienter dans la mine, comment le magicien savait donc que le chemin ne menait pas à l'Ouest ?
Le chemin recommença donc par un escalier qu'ils gravirent plus rapidement que le précédent, notamment parce qu'il ne montait pas aussi durement. Ils traversèrent de longs couloirs. Après avoir gravi un énième escalier, ils débouchèrent sur une longue salle vide.
C'est dans cette salle qu'ils firent une nouvelle pause. Les fenêtres, percées bien haut, laissaient entrer la lumière déclinante d'un soleil qui se couchait. Ils avaient marché toute la nuit et toute la journée depuis qu'ils étaient entrés dans la Moria. La fatigue se faisait bien sentir, chez tout le monde. Voyant les yeux papillonnants des Hobbits et de Maika, le magicien concéda à un repos de plusieurs heures pour qu'ils dorment un peu.
-Maika !
Le grondement fit sursauter la petite fille de onze ans. Elle se retourna doucement et fit face à son père, un petit sourire innocent aux lèvres. L'homme, de trente ans à peine, se tenait devant l'enfant les mains sur les hanches. Ses cheveux châtains cachaient son regard gris qui se voulait sévère.
L'enfant avait toujours du mal à s'endormir et c'était toujours à lui de jouer les méchants.
-Si tu ne vas pas te coucher maintenant, les gobelins vont venir te chercher, lui dit-il.
-Ça n'existe pas, râla la fillette.
Aloïs secoua la tête et attrapa le bras de sa fille pour la ramener à l'étage. Il vit du coin de l'oeil Dinarzade tenir Shérazade par la peau du coup et emboîter le pas de l'homme. Vraiment, Maika avait choisi un familier du même type qu'elle.
-Tu sais, mon jeune frère s'est un jour aventuré dans une grotte pas très loin de chez nous. Il n'est pas revenu de trois jours. Quand on est allé le chercher, il ne restait de lui plus qu'un bras et quelques os.
Maika poussa un petit cri d'horreur et se plaqua contre les jambes de son père.
-C'était les gobelins qui avaient fait cela. Et on dit que parfois ils sortent de leur tanière pour venir manger les enfants qui n'ont pas été sages.
La fillette échappa à la prise de son père et se précipita vers l'escalier pour atteindre sa chambre.
-Tu ne devrais pas lui faire peur comme ça, ria Aleth. Les gobelins ne sortent jamais de leur tanière.
-Je sais, mais au moins elle va se coucher.
Le rire d'Aloïs retentit aux oreilles de sa fille comme un tambour. Un tambour qui ne s'arrêta pas même après que la vision se soit brouillée.
Dans les mines de la Moria, la jeune sorcière fut réveillée en sursaut par un rythme régulier et inquiétant, un roulement de tambour, suivi d'un autre.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle inquiète.
-Je crains que les habitants des mines ne nous aient repérés ! Répondit le Rôdeur en l'aidant à se lever.
-Nous devons partir, dit le magicien. Et vite !
Maika passa une main réconfortante dans le pelage de son familier pour calmer le grondement de la louve, mais cela ne marcha pas réellement. La maîtresse était aussi inquiète et méfiante que Shérazade.
Tous récupérèrent leurs affaires en vitesse et se mirent à courir dans les couloirs à la recherche de la sortie. Les tambours s'étaient tus, mais ils avaient encore l'impression oppressante qu'ils résonnaient encore à leurs oreilles.
-Non !
Le glapissement de désespoir de Gimli fit ralentir tout le monde. Le Nain s'était détaché du groupe quand ils avaient dépassé une salle.
-Gimli, couina la sorcière.
La Communauté rejoignit le maître de la hache qui s'était effondré devant ce qui semblait être un cercueil.
-Nous ne pouvons pas rester là …
-Ici gît Balin, Seigneur de la Moria, lut le magicien sur l'épitaphe.
-Nous ne pouvons pas rester là, couina une fois de plus Maika.
Elle n'arrivait pas à l'expliquer, mais elle savait que quelque chose approchait. Quelque chose qu'elle n'était pas prête à rencontrer et surtout qu'elle ne voulait pas rencontrer.
''Il y a une autre créature que tu dois connaître et qui se cache dans les ombres ...''
-Les gobelins ! Hurla Aragorn en refermant la porte par laquelle ils étaient tous arrivés.
Gandalf vérifia les deux autres portes que contenaient la pièce. L'une était condamnée et la dernière était fermée magiquement. Il allait falloir du temps pour que le magicien puisse dénouer la magie. En attendant, ils allaient devoir rester dans cette pièce.
Maika recula jusqu'à être adossée au mur le plus éloigné de la porte par laquelle ils étaient entrés. Shérazade se mit devant elle, le poil gonflé pour se donner plus d'importance, pour être plus impressionnante.
Aragorn vint vers elle et lui donna un couteau. L'arme semblait bien ridicule pour le combat qui s'annonçait, mais il n'avait rien d'autre et ne savait même pas si la jeune fille savait se défendre ou s'en servir. Mais quand son instinct prendrait le dessus, il y avait des chances qu'elle s'en serve au moins pour survivre.
''Les trolls. Ils ont une force titanesque et sont de grands amateurs de viande fraîche. On dit qu'ils ont déjà été vus en dehors de leurs grottes. Ils ont aussi une passion pour les jeunes femmes.''
-Non, chuchota-t-elle pour elle-même en repensant à ce que son père lui avait dit à propos des trolls.
Elle espérait sincèrement qu'il n'y en avait pas dans les mines des Nains.
-Approchez, défia Gimli debout sur le tombeau de son cousin hache en main. Il y a encore un Nain qui respire !
L'instant suivant, des coups de buttoir furent porter à la porte qui ne tarda pas à céder. Des êtres tout droit sortis des cauchemars de la sorcière entrèrent en grand nombre. La peau grisâtre qu'ils arboraient attestée d'un manque flagrant de soleil. Les yeux globuleux aux pupilles dilatées étaient habitués à une obscurité quasiment totale. Ils ne portaient presque rien, si ce n'était des morceaux de tissus qui ne les couvraient qu'à certain endroit et qui ne les protégeaient en rien. Chacun des gobelins portait un couteau, une hache ou encore un arc.
La respiration déjà rapide de Maika se fit encore plus vive. Son cœur rata un battement et elle failli presque hurler en voyant des êtres qu'elle ne pensait être qu'une légende quand elle était enfant.
À ses côtés, Shérazade gronda mais n'attaqua pas. Elle voulait protéger sa maîtresse et pour cela, elle ne devait pas trop s'en éloigner.
Devant les yeux écarquillés de terreur de la demoiselle, les autres membres de la Communauté avait dégainé hache, épée ou arc. Dès que les gobelins étaient entrés, ils s'étaient tous mis en action, attaquant ou se défendant simplement. Elle remarqua à peine que le magicien essayait de contenir les ennemis pour qu'ils n'approchent pas d'elle.
Cependant, et malgré les efforts du vieil homme, un gobelin passa sa défense et se dirigea vers la jeune fille en se léchant les babines. Shérazade s'interposa et fut balayée d'un revers de main, comme un fétu de paille.
-Non !
Le cri de la sorcière résonna dans toute la Moria et bien au-delà. La terre se mit à trembler et un vent glacial entra en balayant les gobelins. Des femmes aux cheveux couleur de neige et aux yeux nacrés brandissaient des épées de glace et pourfendaient tout gobelin passant à proximité, maculant leur robe couleur terre d'un sang noirâtre.
Quand les lieux furent dégagés, elles se rassemblèrent au centre de la pièce, dévisageant les membres de la Communauté avec arrogance. Elles étaient sur leurs terres et le faisaient bien savoir.
Sans prêter attention à tout cela, Maika se précipita vers sa louve et la souleva doucement. Elle respirait encore, elle était simplement sonnée, et commençait déjà à reprendre ses esprits. C'est seulement quand elle fut rassurée et que son cœur cessa de battre la chamade que la sorcière se tourna vers les Oréades.
-Enfant de l'eau, salua l'une des nymphes.
Maika s'inclina humblement devant elles. Il n'était pas temps de provoquer le courroux des Oréades, sinon ils n'étaient pas prêts de revoir la lumière du jour.
-Nous sommes venues afin de nous excuser de ce que nous avons fait. Il n'est pas dit qu'une sorcière périra sur nos terres. Cependant nous avons une faveur à te demander.
La sorcière se redressa, toute ouïe. Si elle n'avait pas été une sorcière, les Oréades ne seraient jamais venues les aider au sein de la Moria. La moindre des choses était d'accepter la requête, et Maika pensait savoir de quoi il s'agissait.
-Je vous écoute, dit-elle simplement la voix tremblante.
-Enfant de l'eau, nous voulons que tu retrouves nos époux. Nous voulons que tu les retrouves et que tu nous les rapportes. Sans eux, nous ne sommes plus nous-mêmes. Sans eux, nous ne pouvons plus faire notre devoir.
-Je vais faire ce que je peux.
-Merci sorcière. Enfant de l'eau, toi et tes compagnons devaient vous dépêcher. Nous allons vous ouvrir la porte menant à la sortie de ce tombeau. Mais prêtez attention, l'ancien fléau n'est pas très loin et il n'est pas en notre pouvoir de l'arrêter. Nous allons vous ouvrir la porte mais vous allez devoir compter sur vous-même pour survivre jusqu'à la fin. Enfant de l'eau, fais attention à toi, toi qui es si chère à nos cousins des fonds.
Maika s'inclina. L'Oréade qui avait parlé tendit le bras vers la porte qui était scellée par magie et un cliquetis se fit entendre. Le verrou avait sauté et ils pouvaient passer.
-Merci Oréades. J'honorerai votre requête. Je vous promets de vous ramener vos époux.
-Allons-y, dit Gandalf.
La sorcière resta un peu en arrière à regarder les nymphes avant qu'elle ne soit tirée par Legolas. Elle se retourna alors et suivit les autres, Shérazade à nouveau sur ses pattes à côté d'elle.
Après qu'ils aient passé la porte, le magicien la referma d'un coup sec et invoqua sa puissance magique pour la sceller à nouveau et leur laisser un peu de temps supplémentaire. La demoiselle perçut la magie de l'homme comme si un courant électrique l'avait parcourue. La magie des magiciens lui faisait toujours cet effet, c'était également le cas avec celle de son père.
Gandalf ne tarda pas à les rattraper alors qu'ils commençaient juste à descendre un long escalier de pierre sans garde-fou. La caverne était incroyablement haute, comme pour montrer aux visiteurs qu'ils n'étaient que des êtres négligeables.
La terre sembla trembler de façon violente, bien plus que lorsque les Oréades étaient venues les aider.
-Vite, intima l'Elfe en la poussa légèrement en avant.
Elle dévala les escaliers de plus belle. Gandalf avait repris la tête du groupe et courrait presque sur les marches comme si le diable lui courrait après.
La descente n'était pas aussi facile que l'on pouvait le croire. Le chemin était à peine assez large pour faire passer deux personnes de front et les tirs des gobelins rendaient la descente plus périlleuse encore. Sans compter le tremblement qui se faisait plus intense, ébranlant la caverne du sol au plafond.
-Attention !
Le cri d'alarme fit reculer le groupe de quelques pas. Un morceau de la voûte venait de se détacher et un bloc de pierre, plus gros encore qu'un troll, s'abattit sur l'escalier. Ils ne pouvaient cependant pas faire demi-tour et le fossé n'était pas si grand. L'Elfe fut le premier à s'élancer, suivi de Boromir. On enjoignit Maika de sauter, ce qu'elle fit, suivit par Shérazade. La plupart des Hobbits sautèrent à leur tour, Gandalf également. Mais le fossé s'élargissait progressivement à cause de l'ancienneté de la construction. Gimli sauta à son tour, mais ses pieds ripèrent sur le bord. Il ne dut la vie sauve qu'à Legolas qui le tenait par la barde. La situation aurait été risible si elle n'était pas si pressante.
Un nouveau bloc de pierre se détacha et vint percuter l'escalier déjà fragile, du côté d'Aragorn et de Frodon. Ceux-ci se jetèrent en arrière. Le fossé était bien trop grand pour qu'ils puissent sauter à présent. Un nouveau tremblement de terre brisa l'escalier juste derrière eux. Le pilier, sur lequel ils reposaient, était très instable. Il ne tarda pas à se fissurer plus bas, faisant basculer sa partie haute vers le reste du groupe. Les deux derniers membres de la Compagnie purent donc les rejoindre d'un petit saut, afin d'éviter l'impact des deux morceaux d'escaliers, avant que le plus petit tombe définitivement dans les ténèbres.
-Vite, les pressa le magicien. Au pont de Khazad-dûm.
La descente reprit, plus pressante que jamais. Au bas des escaliers, les gobelins commençaient à arriver de partout. La Communauté ne leur prêta pas attention, focalisée sur le pont qu'ils apercevaient au loin. Alors qu'ils s'en approchaient, le tremblement de terre se fit plus important et un cri sourd fit frissonner Maika de terreur. La chose qui les poursuivait était grosse, très grosse, plus grosse que n'importe quel troll dont elle avait entendu parler. Aucun d'eux ne prit le temps de s'arrêter et de regarder en arrière pour voir ce qui arrivait.
En arrivant au pont, la sorcière eut un hoquet de peur. Le pont se rétrécissait au milieu, de sorte qu'une seule personne pouvait passer. Une main se posa sur son épaule, mi-pressante mi-rassurante.
-Allez, lui dit Boromir.
Elle hocha la tête en ravalant ses larmes et parcourut le pont en petites foulées et en essayant de ne pas regarder en bas. Si elle venait à tomber, seules les ténèbres l'accueilleraient.
-Vous ne passerez pas !
En sécurité relative de l'autre côté du gouffre, Maika se tourna vers la voix grondante du magicien. Un frisson électrique la parcourut une nouvelle fois. L'homme avait mélangé sa voix à sa magie pour la rendre plus imposante, pour dissuader l'ennemi qui faisait trembler le sol et le plafond.
La créature sortit des ténèbres. Elle était aussi haute que le plafond de la caverne. Drapée dans un linceul d'obscurité, elle était à peine discernable. Ses yeux brillaient d'un feu de haine et de colère. Ces terres lui appartenaient et il ne voulait pas les céder à quiconque. La couronne de flammes et d'ombre proclamait sa souveraineté des mines. Sa queue de ténèbres fouettait l'air avec colère. Il ne laisserait pas les étrangers s'échapper. Une épée de feu dans une main, il cria sa colère sur le magicien qui s'interposait.
''Aucune de nous ne peut tenir tête aux créatures des ténèbres, ou leur faire entendre raison. Personne ne contrôle les ténèbres.''
C'est en voyant cette créature que Maika le comprit définitivement. Aucune sorcière n'était de taille à affronter un monstre pareil.
-Vous ne passerez pas !
L'injonction de Gandalf résonna dans la caverne. Il abattit son bâton sur la pierre du pont, propageant sa magie dans toutes les directions et repoussant les ténèbres qui n'avaient de cesse de vouloir l'envelopper.
La sorcière ne pouvait pas détacher les yeux de la créature qui lui rappelait douloureusement des cauchemars récents dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Les larmes s'accumulèrent dans ses yeux et roulèrent sur ses joues sans discontinuer. Elle ne voyait même plus le magicien tenir en respect le monstre de feu et d'ombre. Tout ce qu'elle voyait, c'était les flammes. Des flammes qui se répandaient partout et qu'elle ne pouvait pas arrêter.
La main de Diling sur sa joue ne parvint pas à calmer la respiration haletante de la jeune fille. Le poids de Shérazade contre sa jambe n'était pas assez important pour l'ancrer dans la réalité.
Elle ne voyait plus les mines de la Moria, elle ne voyait plus le magicien retenir le monstre, elle ne voyait pas la créature précipiter le magicien dans les ténèbres du gouffre, elle ne vit pas l'Elfe l'empoigner à la taille parce qu'elle ne répondait plus pour la tirer à l'extérieur. Elle ne voyait que les flammes qui ravageaient une forêt, elle voyait l'entrée d'une ville qu'elle avait appris à apprécier, elle entendait les cris des créatures des bois. Elle n'entendait plus que son propre cri quand elle avait tout découvert.
-Faites-la taire !
La sorcière se reconnecta à la réalité quand un coup lui fut porté. Sa joue lui cuisait, mais elle ne dit rien, elle regarda Aragorn qui l'avait giflée.
-Vous sembliez perdue. Il n'y avait pas d'autre moyen.
Elle hocha la tête, hébétée. Elle ne lui en voulait pas. Elle lui en était même reconnaissante. Sans l'intervention du Rôdeur, elle serait restée perdue dans les ténèbres de ses souvenirs.
''Les ténèbres sont les créations des humains. Mais nous ne sommes pas à l'abri non plus. Les ténèbres existent en chacun de nous.''
Et voilà, c'est tout pour cette semaine.
Comme vous pouvez sûrement le pressentir (et si vous connaissez la chronologie) que la première partie est bientôt finie.
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un bon week-end (une bonne fête des pères s'il y a des concernés) et une bonne semaine.
A la semaine prochaine.
Sur ce ...
Angel.
