- Bon, maintenant qu'on est là, tu vas pouvoir me donner des détails sur ce que tu as commencé à me raconter.
Je soupirai. Je n'avais vraiment pas envie d'en parler. M'en rappeler me faisait mal, à la fois physiquement et mentalement. De nombreuses images, des souvenirs défilaient dans ma tête. Ca me donnait un de ces maux de crâne… Et j'avais l'impression que mes cicatrices me brûlaient. C'étiat horrible. Je sens Baekhyun poser sa main sur mon épaule, j'ouvre les yeux et je le vis me regarder. Il me fit un sourire rassurant. Je triturai nerveusement mes doigts, ne sachant pas par où commencer. Comme s'il lisait dans mes pensées, le châtain dit d'une voit douce :
- Explique-moi ce que c'est que cette histoire de prison.
Je prends mon courage à deux mains et me lance :
- Tout à commencé au collège…
Je m'arrête quelques secondes, décide de tout lui dire finalement, puis reprends :
- Mi-Hi, comme tu t'en doutes, était la reine du collège. Blonde aux yeux bleus, bien foutue, j'ai du mal à l'avouer, mais elle était bien la plus belle fille du collège. Elle avait tous les mecs à ses pieds, sauf moi. D'ailleurs, j'étais nouveau dans ce collège. Un mec m'avait raconté qu'elle séduisait tous les nouveaux. Alors elle s'est rapprochée de moi et a essayé de me séduire. Je l'ai repoussée de suite. D'accord elle était jolie, mais je ne l'aimais pas. Et puis… Je n'aime pas les filles, et je lui ai bien fait comprendre. Après ça, elle a commencé à m'appeler tarlouze et à me harceler. Tous les soirs, je rentrais chez moi, des blessures et des bleus sur tout le corps.
- Elle te frappait ?! S'énerva Baekhyun.
- Des fois oui. En fait, c'était ses toutous qui étaient fous d'elle qui s'occupaient de moi, le plus souvent. Elle leur demandait de me faire n'importe quoi, ils lui obéissaient au doigt et à l'œil. Si elle leur disait de juste m'humilier au self, ils le faisaient. Si elle leur demandait de me tabasser jusqu'à ce que je les supplie d'arrêter, ils le faisaient. Si elle leur ordonnait de me déshabiller et de me jeter dans la piscine du collège, ils le faisaient. Au bout d'un moment j'avais commencé à « m'habituer » légèrement à ce harcèlement. Puis… Elle a eu l'idée de faire pire. Elle a commencé à leur ordonner de me faire des choses… Plus intimes. Bon, ils n'allaient quand même pas jusqu'à me violer dans le sens propre du terme, mais… Elle leur demandait de m'embrasser, de me faire des suçons, de me « caresser » très près de mon entrejambe… Et puis elle prenait des photos. Elle m'obligeait aussi à leur faire des… Des… Fe… Fella… Enfin bref, je pense que tu as compris. Cette salope prenait aussi beaucoup de photos à ces moments-là. Elle n'avait pas envie de leur donner du plaisir elle-même, alors elle voulait que ce soit moi qui leur donne. Mais encore, ce n'est pas le plus grave.
Je marque une pause, ma voix tremblant trop pour que je continue tout de suite. Je lance un regard vers Baekhyun. Il avait l'air… A la fois horrifié par ce que je venais de lui révéler, énervé, et attristé. Il caressa doucement mon dos et ne dit rien. Il m'encouragea du regard à continuer. Je pose ma tête sur son épaule, sentant à nouveau les larmes me monter aux yeux, que je fermai. J'ouvre la bouche pour continuer.
- Quelques années après, à la fin d'une journée complètement normale, elle a débarqué chez moi avec ses toutous. Deux d'entre eux m'ont plaqué contre un mur et elle s'est approchée de moi, une seringue à la main. Elle me l'a enfoncée dans le cou et après je crois que j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillé… Y avait un mec allongé devant moi… Il était mort et il y avait du sang partout… Sur moi aussi… Et je tenais une arme à feu dans ma main droite. Au début, je n'avais pas tout capté, mais quand j'ai vu cette salope et ses toutous, j'ai tout de suite compris. Eux ils étaient horrifiés, mais Mi-Hi avait l'air satisfaite. Des flics sont arrivés et m'ont embarqué. Je n'ai pas arrêté de leur dire que ce n'était pas moi, mais ils n'ont pas voulu me croire. J'ai été en garde à vue pendant deux jours. Toutes les preuves étaient contre moi, donc c'est allé assez vite. J'ai été rapidement jugé et foutu en prison. C'était une horreur. Ils n'avaient même pas cherché à connaître ma version des faits ! J'étais très en colère contre eux, et je le suis encore aujourd'hui. J'ai passé deux ans en prison, en enfer. J'étais le plus jeune des prisonniers alors les plus vieux se moquaient de moi et me pourrissaient la vie. Ils me faisaient sans cesse des coups bas, me bousculaient, jetaient parfois mon plateau repas dans la poubelle et me frappaient alors je cherchais juste à être tranquille et parce qu'ils avaient appris, je ne sais pas comment, que j'étais gay. Certains de leurs coups avaient laissé des traces. Ils étaient tous homophobes alors imagine un peu mon calvaire… J'ai passé deux ans là-bas. J'aurais dû y rester un ou deux ans de plus, mais je suis sorti pour bonne conduite et parce qu'on a finalement découvert, grâce à l'appui de ma famille qui leur a mis la pression, que ce n'était pas moi qui avait commis ce crime. C'était vraiment une horreur. Dire que j'ai « perdu » deux ans de ma vie, que j'ai passé deux ans au trou alors que je n'ai rien fait… Je suis dégoûté et profondément en colère…
Je ne me rendis compte que maintenant que je tremblais. Non pas de peur, mais de colère, de haine. J'avais tellement envie de me venger… Là, ça devenait un besoin. Je voulais lui faire payer… Je voulais qu'elle sache, qu'elle voit ce que ça fait de perdre quelques années de sa vie… En plus, je savais que c'était elle qui avait tué ce type, dont je ne connaissais même pas le nom. Les larmes se mirent à couler rapidement sur mes joues. Mon meilleur ami me prit dans ses bras et caressa mes cheveux avec douceur. Je me serre contre lui, ayant absolument besoin de réconfort. Il me chuchote des mots doux et me dit qu'il me croit, qu'il allait m'aider à faire dégager Mi-Hi de l'appartement.
- Et je vais t'aider à faire ouvrir les yeux à Kai. Il doit se rendre compte que sa petite-amie n'est qu'une pétasse, rajouta-t-il.
J'hochai la tête et le remerciai pour son soutien et sa présence. Je lui appris qu'il était le premier à qui je parlais de toute cette histoire. Il me regarda, surpris et me demanda comment j'avais fait pour garder ça pour moi aussi longtemps. J'haussai les épaules. Peut-être parce que j'avais peur, ou peut-être parce que j'avais essayé d'oublier. Je ne savais pas vraiment. Je me détache de lui, je finis de boire ma boisson et lui la sienne. Il règle puis on sort du bar. J'avais encore les yeux rougis par les larmes que j'avais versé tout à l'heure, mais je m'en fichais complètement. Baekhyun me demanda sur le voulais rentrer, mais je lui répondis que non. Une idée me vint en tête. Heureusement, j'avais mon portefeuille dans une des poches de mon manteau. Je pris la main de mon meilleur ami et marchai jusqu'au salon de coiffure où j'allais habituellement. Je lui demande si ça ne le gêne pas s'il reste avec moi pendant que j'y vais et il me répond que non.
- Mais tu as de la température, mieux vaudrait rentrer maintenant, me dit-il.
Je secoue la tête négativement et entre dans le salon de coiffure. Ce n'est pas parce que j'ai de la température comme il dit, que je n'ai pas le droit de me faire un peu plaisir. Je m'assois sur un fauteuil libre et mon coiffeur habituel vint me voir. Il me demanda ce que je désirais, et je lui répondis simplement :
- Ma couleur naturelle, s'il te plaît.
- Très bien ! Répondit le coiffeur, qui était un ami à moi.
J'enfilai la sorte de « peignoir » noir, une serviette et plaçai ma tête là où il fallait. Il lava mes cheveux et les massa aussi, en même temps. Je fermai les yeux. Ca faisait tellement de bien ! Je me détendis et le laissai faire. C'est un pro du massage celui-là, j'ai bien fait de venir. On m'avait bien dit qu'il savait bien les faire, mais j'avais voulu voir ce qu'il valait vraiment. Là faut dire que je n'étais pas du tout déçu. Ce petit moment de détente me fit oublier pendant un moment toutes les horreurs que m'avait fait subir l'autre pétasse. Je sentis une main se poser sur la mienne. J'ouvris un œil et vit que c'était celle de Baekhyun. Il s'était assis à côté de moi et me souriait. Je lui souris à mon tour, heureux qu'il soit resté avec moi. Y a pas mieux comme meilleur ami moi j'dis. Je le remercie du regard de sa présence, de son soutien. Je pose mon autre main sur la sienne et je la serre. Mon coiffeur rince mes cheveux et me dit que je peux dormir, maintenant, ce qui eut l'air de surprendre Baek vu qu'il lui demanda pourquoi il disait ça.
- Parce qu'ici, on laisse les clients dormir s'ils le veulent pendant les teintures, répondit le mec dont je ne me souvenais plus le nom. Et puis, KyungSoo a l'air fatigué.
Ah ça, j'avais plus que l'air de l'être, vu que je l'étais, tout simplement. Je ferme l'œil, me détende un peu plus et sens le sommeil me gagner.
Je m'éveille doucement quand je sens une main me secouer légèrement. J'ouvre les yeux et vois que le coiffeur me sourit.
- C'est terminé, m'annonça-t-il.
Il m'apporta un petit miroir circulaire et me le passa pour que je me regarde dedans. Je retrouvais enfin mes cheveux noirs de jais. Je les touchai. Ils étaient super doux… Et puis retrouver ma couleur naturelle me faisait du bien. J'avais l'impression d'être vraiment moi-même. Je me sentis mieux d'un coup. Mais je remarquai que Baekhyun n'était plus là. Je me mis aussitôt à paniquer et à gigoter sur mon siège. Le coiffeur, Yan, oui je me souvenais enfin de son prénom, me rassura en me disant qu'il était juste parti faire une petite course pas loin. Ah ben tiens, en parlant du loup… Baekhyun entra dans le salon de coiffure, deux poches dans la main gauche. En voyant que j'étais réveillé et que mes cheveux étaient redevenus noirs, il sourit et s'excusa en disant qu'il n'avait pas pensé que Yan aurait été si rapide. Je lui dis que ce n'est pas grave et me lève. Je sortis mon portefeuille mais mon coiffeur secoua la tête de droite à gauche en souriant.
- Je te fais cadeau de cette teinture, me dit-il.
- Oh c'est vrai ? Merci Yan ! M'exclamai-je.
Voyant ma joie, il sourit un peu plus. J'enfile mon manteau, commençant à avoir de nouveau froid. On se dit au revoir et Baek et moi sortîmes du salon. Je reportai mon attention sur les deux poches qu'il tenait à la main. Mon meilleur ami sembla remarquer mon regard vu qu'il sourit et qu'il dit :
- Ce sont des jeux pour la play pour les autres membres, et quelques nouveaux vêtements pour toi. Tu les essayeras quand on sera rentrés.
- Oooh ! Je peux les voir ? Demandai-je excité.
- Pas maintenant, que quand on sera à l'appartement, je t'ai dit, rit Baekhyun.
Je fis semblant de bouder et ça le fit rire. Je rigolai à mon tour tandis qu'on marcha vers l'appartement. Seulement j'avais un mauvais pressentiment. Non. Un très mauvais pressentiment. Plus on avançait, plus il grandissait. Quelques minutes après, on arriva devant le dortoir. Mon meilleur ami sortit sa clé de sa poche et ouvrit la porte. On entra et je la refermai derrière moi. On enleva chacun notre manteau. Nous allâmes au salon, où tout le monde se trouvait. Dès qu'ils me virent, leurs regards se durcirent. Qu'est-ce qui se passe ? La plupart des membres étaient horrifiés. J'hésite puis m'approchai doucement d'eux et Chen me lança :
- T'approche pas de nous sale monstre.
