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Presque humain
Note de l'auteur : Chapitre 10 et ça sent déjà la fin. Le lemon hétéro le plus long de toute ma courte carrière XD mais j'adore ce couple. C'est nouveau pour moi, d'aimer un OC. C'est surtout mon premier OC en fait. J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture !
USS Enterprise, point de vue d'Andrea, un peu plus tôt cette nuit-là.
Je me réactivai et ouvrai les yeux dans l'obscurité. Immédiatement, je me servis de ma vision nocturne, pour y voir plus clair et reconnaître l'environnement rassurant des quartiers de Montgomery. Hier soir, mes batteries complètement à plat, car j'avais voulu profiter de chaque seconde en sa compagnie après le départ de Vaughn, il m'avait aidé à rejoindre son lit, avant de me laisser me recharger. L'incident du mess m'avait beaucoup plus ébranlée que je ne le laissais paraître. Monsieur Spock avait raison. Quelque chose n'allait vraiment pas et je priais, pour que mes soupçons ne s'avèrent pas justes. Mais, présentement, seul l'homme qui dormait paisiblement à mes côtés, occupait toutes mes pensées. Après m'être débranchée, sans faire de bruit, je me tournai vers lui. Allongé sur les couvertures et encore tout habillé, il s'était probablement endormi en me veillant. Un jour, il faudra que nous parlions de ses heures de sommeil trop rares et de son entêtement à refuser de se reposer plus que le minimum vital. En attendant, après un rapide coup d'œil à l'heure, pour m'assurer que nous avions encore du temps devant nous, j'entrepris de lui enlever son uniforme, en commençant par ses bottes qu'il n'avait même pas pris la peine de retirer. Il protesta vaguement, sans pour autant se réveiller, certainement trop profondément enfoncé dans son inconscient, quand je tirai finalement sur son t-shirt, pour le faire passer par-dessus sa tête. Il retomba lourdement sur les oreillers et je me débattis quelques instants, avant de parvenir enfin à rabattre la couverture sur nous.
…
Nous n'avions pas reparlé de notre moment d'égarement, dans son bureau, deux semaines auparavant, quand nous étions à la merci des anges de pierres et que nous croyions notre heure venue. Je n'étais pas mécontente, d'être tombée sur un des rares hommes à ne pas être spécialement porté sur la chose, mais les souvenirs de cet instant trop court, où il m'avait fait me sentir plus humaine que jamais auparavant, me taraudaient, à présent que nous pouvions nous voir à nouveau librement, après cinq interminables jours d'angoisse. Et même si, le professeur serait vraisemblablement de retour dans quelques heures, je ne pouvais réprimer plus longtemps, l'envie de me perdre dans ses bras.
Je me rapprochai de lui, jusqu'à ce que nos corps se frôlent, puis caressai ses traits paisibles, avant de descendre dans son cou, sur son épaule. Lentement, il s'éveilla enfin et fixa son regard sur moi. Un sourire timide se dessina sur ses lèvres, en constatant que j'étais de nouveau en pleine forme. Après avoir furtivement effleuré son bras, je me saisis de sa main, pour la placer sur mon sein droit, par-dessus ma robe. Sa poigne se crispa, autant de surprise que d'envie, alors qu'une nette incompréhension se peignait sur son visage. Il ouvrit la bouche, mais je posai fermement un doigt sur ses lèvres, le réduisant au silence, avant de tracer doucement un chemin sur son torse, puis son ventre, pour finalement repousser son boxer et m'emparer délicatement de sa virilité encore au repos. Un sifflement lui échappa, ses yeux s'agrandir d'étonnement face à mon audace peu coutumière. Je vis qu'il était sur le point de protester de nouveau et le fis taire d'un baiser. C'est quand ma langue trouva la sienne et que je raffermis ma prise, qu'il rendit les armes, pour me faire basculer sous lui. J'eus alors l'impression de retrouver, enfin, un peu de cet homme que j'avais entraperçu ce jour-là. Celui qui m'avait prise, avec tant d'ardeur, sur un canapé, sans même nous déshabiller. Cet homme-là me manquait. J'avais beau aimer sa gentillesse, sa prévenance, je n'étais pas non plus faite de cristal. Il serait donc souhaitable qu'il cesse de me traiter comme si j'allais me briser, au moindre effleurement.
C'est avec un plaisir non feint, que je profitai de la chaleur de ses caresses, de ses lèvres sur ma peau synthétique, mais néanmoins sensible, dès qu'il m'eut délesté de mes vêtements, et constatai que Monty était un amant fidèle à lui-même. Attentionné, patient, méticuleux, curieux et attentif. En me couvant de son regard aiguisé, il parcourut mon corps, à l'affût de mes réactions, comme s'il cherchait à comprendre les rouages complexes d'une machine mystérieuse. Privés de l'empressement dû à la panique de la fois précédente, ses gestes semblaient plus précis, animés d'une volonté nouvelle. Celle de me faire perdre tout sens commun, visiblement. Il y avait une étincelle, encore inconnue, dans ses iris. Elle trahissait le plaisir qu'il prenait à me voir ainsi, quémandeuse, pantelante. Après une interminable torture, durant laquelle il se fit violence pour prendre le temps de me découvrir, ses doigts trouvèrent enfin le chemin de mon aine, pour finalement s'enfouir en moi délicieusement. J'écartai un peu plus les jambes, dans une invitation équivoque, bien malgré moi, incapable de patienter encore. Mais, au lieu d'y répondre, il préféra me faire languir un peu plus. Du pouce, il s'amusa à tourner autour du pot, tandis que son index et son majeur fouillaient si agréablement l'intérieur de mes chairs. Je soutins son regard, par défi. Ses joues étaient joliment colorées, son souffle rapide, mais il refusait de céder à son envie. Pas avant d'être rassasié de l'image que je renvoyais certainement, alanguie sur les draps défaits, mes cheveux éparpillés sur les oreillers et mes hanches venant à sa rencontre. Impulsivement, il posa ses lèvres sur mon sein et en taquina le téton, avant de le mordiller. J'agrippai ses cheveux d'une main, tirant légèrement dessus, pour qu'il comprenne que je ne tiendrai plus bien longtemps à ce rythme. Mais, il resta sourd et laissa une ligne de feu sur mon ventre, de sa langue pyromane, jusqu'à atteindre mon entre-jambe. Personne ne m'avait jamais fait ça. On ne prenait pas la peine de donner du plaisir à un objet. Mais, je ne le regrettais pas, bien au contraire. Il restait au moins une chose, que j'avais pu préserver pour lui. Pour la caresse humide, brûlante et douce de sa bouche. Je ne contrôlai plus, ni mes gémissements, ni les mouvements de mon corps et ne pus rien faire d'autre que me laisser retomber sur les coussins, en proie à plus de volupté et de bien-être, que jamais auparavant, dans ma misérable vie. Longuement, il s'évertua à me pousser dans mes retranchements, sans jamais m'accorder de libération. Comme si, sous sa langue et ses doigts, il était capable de sentir quand j'étais sur le point de basculer. Ce qui devait sûrement être proche de la vérité. Puis, quand il fut satisfait de mon état, il se redressa, pour admirer son œuvre. Un corps, palpitant de vie, en demande de plus de contact. Je ne me sentais clairement plus robot, à ce moment-là. Et j'imaginai aisément que c'était son but, même s'il n'en menait pas large de son côté non plus.
En sueur et essoufflé, tremblant légèrement, il appuya ses mains de chaque côté de mon cou, avant de s'installer entre mes jambes. Son sexe, à présent lourd et dur, pesa sur mon bas-ventre. Il se pencha alors sur moi, pour m'embrasser passionnément, avec sur ses lèvres, le goût étrange du lubrifiant artificiel que produisait mon organisme. Il s'appuya sur un coude, pour se saisir de son membre et le guider en moi. Il joua, encore un instant, avant de hisser mon mollet sur son épaule et de me pénétrer lentement. Prise d'un violent frisson, ma chair rendue hypersensible par ses attentions, je le sentis s'insinuer, m'envahir, jusqu'à me posséder complètement. Il s'arrêta, me donna le temps de m'habituer. Comme si j'en avais besoin. D'un mouvement de hanche ferme, je lui fis comprendre que s'il ne bougeait pas immédiatement, j'allais moi-même prendre les choses en main. Mon geste lui arracha ce qui ressemblait à un rire et un gémissement mêlés.
« Tu n'as aucune patience. » Murmura-t-il à mon oreille, d'une voix taquine, avant d'amorcer subitement un coup de reins brusque, m'enlevant toute possibilité de répondre autre chose qu'un cri qui résonna contre les murs de la chambre.
Puis, il recommença, encore et encore, me prenant avec cette même fougue, cette même ardeur, et moi, je ne pouvais qu'agripper les draps, pour ne pas perdre pied. Il mordit gentiment ma jambe, qu'il tenait toujours contre son torse, empoigna ma taille de son autre main, pour me faire l'amour avec plus de force, la sueur coulant sur son front, son souffle erratique transportant ses soupirs jusqu'à moi. Ses doigts glissèrent à la jointure de nos corps, pour reprendre ses caresses, sans s'arrêter cette fois, quand ma voix monta un peu plus dans les octaves, alors que je me cambrais contre lui, terrassée par le plaisir. Il perdit alors le peu de contrôle qui lui restait, fondit sur mes lèvres pour les dévorer, tandis qu'il me prenait plus profondément encore, jusqu'à ce qu'il cède à son tour à l'orgasme, le buste tendu comme un arc, les reins cambrés, avant de se blottir contre moi.
Je l'accueillis dans une étreinte apaisante, mes bras noués autour de son corps brûlant, sa tête reposant dans le creux de mon cou. Sa respiration irrégulière chatouilla ma nuque quelques minutes, puis elle se calma. Il se détendit, parsema ma poitrine de baisers aériens, redessina mes courbes du bout de ses doigts, lentement, avant de s'allonger à côté de moi et de me fixer très sérieusement.
« Je le tuerais, s'il te touche. Tu le sais ? » Chuchota-t-il, d'une voix sourde qui me fit frissonner, mais pas de plaisir cette fois.
« Ne dis pas n'importe quoi. » Soufflai-je, ma main volant jusqu'à sa joue, pour la frôler.
« Je suis sérieux, Andrea. » M'assura-t-il, en attrapant mon poignet, pour stopper mon geste. « Nous suivrons le plan de Jim, tant que tu n'as pas à te compromettre physiquement. C'est le maximum que je suis capable de supporter. S'il laisse les choses aller plus loin… »
« Et comment escomptes-tu me protéger, quand tu seras détenu sur une colonie pénale de réhabilitation, pour meurtre ? » Raillai-je, refusant de croire qu'il serait capable d'un tel geste.
« Je suis sûr que Jim… »
« Jim est un capitaine, Monty. Et non, un dieu. » Le coupai-je. « Il n'y a rien à débattre, de toute manière. Tout se déroulera comme il l'a prévu. Et, s'il dit qu'il ne laissera pas Vaughn débarquer sur Terre sans menotte, alors je le crois. C'est toi, qui m'as persuadé que je pouvais lui faire une confiance aveugle. M'aurais-tu menti ? » Demandai-je, en sachant pertinemment que je touchais une corde sensible.
« Bien sûr que non ! » S'indigna-t-il, immédiatement, avant de se calmer et d'embrasser doucement ma paume, pour se faire pardonner. « Je sais que tu as raison. Mais rien que l'idée des mains de ce salaud sur toi… ça me rend malade. »
« Ne pense pas à ce genre de choses. Je ne compte aller nulle part. Les seules mains que je veux sur moi, c'est les tiennes. »
Comme pour illustrer mes paroles, il en posa une sur mon cou, caressa ma joue, avant d'agripper ma nuque et de m'embrasser. Son baiser semblait animé d'un élan de désespoir et d'une possessivité qui me fit me sentir spéciale. Du moins, quand j'étais dans les bras de cet homme. Il me tira à lui, avant de m'asseoir sur ses hanches, manifestement près pour un nouveau round, quand son regard tomba sur le chronomètre. Ce qu'il y vit, le fit presque bondir du lit, manquant de me désarçonner au passage. Nous étions en retard.
…
USS Enterprise, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
« Vous devez sûrement faire erreur, Happer. » Répondis-je, au jeune redshirt.
« Je vous assure, Capitaine. Monsieur Scott n'est pas encore arrivé. Cela nous a aussi paru étrange, quand nous avons pris notre service, ce matin. Mais, l'ordinateur est formel. Il se trouve bien dans ses quartiers et non en danger de mort. Il nous semble donc évident, qu'il a une bonne raison d'être absent. » M'affirma-t-il, sûr de ce qu'il avançait.
« Très bien. Nous allons l'attendre dans son bureau, dans ce cas. Je dois absolument m'entretenir avec lui. Vous pouvez disposer. »
« A vos ordres, Capitaine. » Dit-il, avant de s'éclipser.
Nous étions, Spock et moi, venus voir Scotty à l'ingénierie, pour faire le point sur la situation, avant le retour de l'Amiral et du professeur. Oh, je ne me faisais pas beaucoup de soucis, quant au motif de son retard. J'en avais même une vague idée et cela me fit sourire, alors que nous prenions possession de son espace de travail. Si mon compagnon préféra rester debout, pour ma part, je m'installai confortablement sur un large canapé noir, qui trônait fièrement contre un des murs de la pièce.
…
L'attente ne fut pas bien longue, soyons honnêtes, mais je ne pus résister à l'envie de l'asticoter un peu, quand il daigna enfin faire son apparition. Il ne nous vit pas immédiatement, en entrant dans son bureau, sûrement trop absorbé par ses préoccupations. Si bien, qu'il sursauta quand je pris la parole, en me redressant.
« Eh bien, Scotty. C'est une première dans toute l'histoire de Starfleet, je pense. »
« Jim ! Spock ! Je ne m'attendais pas vous voir. » Avoua-t-il, visiblement surpris.
« Il serait bien mal avisé de ma part, au vu des états de service de certains des membres de cet équipage, de blâmer un officier tel que vous, pour son unique retard, depuis qu'il travaille à bord. Néanmoins, je suis curieux. Qu'est-ce qui a bien pu vous retenir aussi longtemps ? » Demandai-je, en marchant vers lui.
Si son visage resta neutre, je pus presque voir en pensée, Spock lever les yeux au ciel. Mais, le spectacle de l'Écossais, en train de bafouiller pour trouver une excuse valable, sans en dire trop, était bien trop risible, pour que je regrette de l'enguirlander de bon matin.
« Scotty ! » L'arrêtai-je, alors qu'il s'embrouillait de plus en plus dans ses explications. « J'ai à cœur, de ne pas critiquer les autres dans des domaines où, moi-même, je ne suis pas irréprochable. Et, nous savons tous ici, à quel point la ponctualité n'est pas mon fort. De plus, je ne sais que trop bien, à quel point il peut être difficile de quitter son lit, parfois, quand nous n'y sommes pas seuls. »
Il me fixa, bouche bée, quelques secondes, avant de comprendre que je me moquais ouvertement de lui, depuis le début. Il fit une moue contrariée, avant de s'asseoir dans son fauteuil en soupirant.
« Je suis désolé, pour cet incident. Ça ne se reproduira plus, Capitaine. »
« Ne faites pas de promesses que vous pourriez ne pas tenir. » Répliquai-je, alors que nous prenions place en face de lui. « Pour en venir à la raison de notre visite, vous n'êtes pas sans savoir que Vaughn remontera à bord, avec l'Amiral Collins, dans quelques heures, si tout se déroule comme prévu. Et, si cela me peine, j'attends de vous et Andrea, la plus grande discrétion. Moins le professeur en saura, mieux nous nous porterons. Rendossez vos rôles, tout comme je vais le faire. La situation n'est pas idéale, je le conçois, et les quatre jours qui nous séparent de la Terre, vont très certainement nous paraître interminables. Mais, c'est maintenant que tout se joue. Loin des préoccupations d'Andoria, en espérant que les négociations se soient déroulées comme il le voulait, il sera plus réceptif. Je vais mettre les bouchées doubles, pour qu'il en vienne à me considérer comme un allié de poids. Néanmoins, une grosse partie du travail viendra de vous deux. Faites comme si vous aviez renoncé à elle. Il faut qu'il pense que le départ d'Andrea vous indiffère. Sinon, cela ne fera qu'attiser son envie de vous l'arracher. Il ne doit pas soupçonner les sentiments que vous avez pour elle, ni la nature de votre relation. Il est persuadé que vous étiez réticent, car elle vous servait de… distraction. » Il grimaça, à ces mots. « Laissons-le se fourvoyer et croire que vous avez simplement lâché l'affaire. Vous n'aurez ni à lui parler, ni à marchander avec lui. Contentez-vous de feindre une parfaite indifférence et tout se passera bien. » Conclus-je, pour le rassurer.
« Et Andrea ? » Questionna-t-il, simplement, comme si son propre sort n'avait pas d'importance.
J'hésitai un instant à répondre honnêtement, ne voulant pas lui donner des raisons d'interférer et de compromettre la mission.
« Elle n'aura qu'un rôle de façade, Scotty. Je ne permettrai pas qu'il se retrouve seul avec elle. Aucune inquiétude à avoir là-dessus. J'ai déjà chargé la Yeoman Ross de m'avertir si elle remarque quoique ce soit de suspect, dans les allées et venues d'Andrea. Si elle tarde trop ou si elle ne rentre pas, un soir, dans leurs quartiers, nous serons prévenus rapidement. » Lui assurai-je.
Il acquiesça simplement, visiblement anxieux, mais résigné.
« Vous ne dites rien, Monsieur Spock ? » Remarqua-t-il, soudainement.
Il était vrai que mon compagnon gardait le silence, depuis que nous étions réunis tous les trois. J'attendis patiemment sa réponse.
« J'observe simplement, le mauvais versant de la nature humaine. »
« Ceci n'est qu'un jeu de poker, Spock. Il n'y a rien de mal, là-dedans. » Argumentai-je, surpris.
« Ce que vous autres appelez le bluff, ne fait pas partie de mes compétences. Je serais bien incapable de feindre apprécier cet homme, alors que la simple évocation de son nom me donne la nausée. » Spécifia-t-il.
Je compris ce qu'il voulait dire et posai doucement ma main sur la sienne, avant de la serrer.
« Si tu préfères rester en dehors de tout ça… »
« Ce n'est pas ce que j'ai dit. » Me coupa-t-il, immédiatement. « C'est mon devoir de t'assister et de te protéger. En tant que premier officier, comme en tant que mari. »
Ses paroles me touchèrent profondément, car je savais que ça lui coûtait beaucoup d'être impliqué dans cette mascarade.
« Personne ne te demande de faire semblant avec Vaughn. Au contraire, ton ressentiment envers lui donne du relief au tableau. »
« Je ne vois pas le rapport avec la peinture. » Avoua-t-il, perplexe.
« C'est une image, Spock. » Précisai-je, en me retenant d'éclater de rire. « Cela veut dire que nous serons plus crédibles, si tu restes toi-même. Contente-toi d'être le plus vulcain possible. Froid, réservé, pragmatique et insidieusement menaçant, s'il a une parole ou un geste déplacé envers moi. C'est dans tes cordes ? »
Il me fixa, un instant, peu sûr du sens de ma question.
« Si par, dans mes cordes, tu entends, dans mes capacités, alors la réponse est oui. »
« Un jour, promis, je te ferais fabriquer un recueil de toutes les expressions en langage standard, ainsi que leurs significations. » Répliquai-je, en me levant.
« Un tel ouvrage me serait, en effet, très utile. » Approuva-t-il, en m'imitant.
« Bien. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Scotty, je vous laisse le soin de briefer Andrea, avant le retour de nos invités. Mais, dès qu'ils seront à bord, vous n'aurez que des contacts très limités avec elle. C'est bien compris ? »
« Oui, Capitaine. » Répondit-il, visiblement accablé.
Une fois de plus, la culpabilité de mettre mon ami dans une telle position, me tourmenta. C'était beaucoup lui demander, j'en avais conscience, et préférai quitter la pièce, pour me rendre à l'infirmerie. Nous devions également nous entretenir avec Bones, tant que nous le pouvions encore, sans craindre que le professeur nous espionne.
…
En sortant du bureau, mon regard tomba sur un Enseigne, qui attendait apparemment son tour, pour parler avec son supérieur. Je crains un instant qu'il n'ait tout entendu de notre conversation. Mais, en nous voyant, il réagit platement, en se contentant de me saluer comme il se doit, sans montrer le moindre signe d'embarras. Il me sembla, néanmoins, le reconnaître vaguement, mais il me fallut le temps du trajet jusqu'à l'aile médicale, pour me souvenir enfin, qu'il faisait partie des membres d'équipage au comportement étrange, de la veille, au mess. Je n'eus cependant pas l'occasion de m'en inquiéter, quand mon communicateur sonna et que la voix de Nyota m'apprit que nos hôtes remontaient en avance. La nouvelle me contraria, mais nous fûmes bien obligés de nous adapter et de rebrousser chemin vers la salle de téléportation.
