STEALING HARRY
Chapitre 10
Après le dîner, Harry dessinait au salon quand Sirius le souleva. Les deux hommes avaient pris l'habitude de simplement l'attraper par la taille ou sous les aisselles et de le déplacer comme s'il était un meuble, au plus grand plaisir d'Harry. Il hurla de plaisir et laissa Sirius le tenir dans les airs, battant des pieds.
- Ça va, Harry? demanda Sirius.
Harry se tortilla et Sirius le lança sur le divan.
- Ça va, Sirius! cria Harry. Fais-le encore!
- Pas maintenant, Harry. Je dois te parler, répondit Sirius en se laissant tomber sur le divan.
Harry rampa vers lui pour attraper un livre que Sirius referma doucement.
- Il faut qu'on parle, Harry, dit-il en mettant le livre de côté. Je dois te raconter une histoire.
Harry le regarda en souriant et Sirius se frotta le visage. Dans la pièce d'à côté, ses souvenirs véritables l'attendaient dans la Pensine. Il devrait être en mesure de garder son calme.
- Harry, ta tante et ton oncle t'ont dit que tes parents sont morts dans un accident de voiture, dit-il alors qu'Harry s'installait confortablement. Et maintenant, je dois te raconter la vraie histoire.
- La vraie histoire? demanda curieusement Harry.
Sirius hocha la tête.
- Molly t'a appris des trucs sur Tu-Sais-Qui? demanda-t-il. Sur Voldemort?
Harry eut un haussement d'épaules.
- Un peu. C'était un mage noir et il a tué plein de gens.
- Oui, c'est vrai. Il était un très mauvais sorcier et beaucoup de sorciers en Angleterre se battaient contre lui.
Harry hocha la tête. Sirius soupira.
- Tes parents étaient parmi ceux qui se battaient contre lui, dit-il.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent.
- Il y avait aussi Lunard et moi, et Professeur Dumbledore et Professeur Rogue. Tes parents ont découvert qu'il voulait tenter de les tuer, et toi aussi, quand tu étais tout petit.
Sirius s'arrêta pour s'assurer qu'Harry comprenait avant de continuer.
- Alors ils ont décidé de se cacher et ils n'ont dit qu'à une seule personne où ils allaient. C'était l'un de nos amis, Peter Pettigrew.
- Lunard et toi parlez de lui parfois, ajouta Harry.
- C'est vrai, répondit Sirius. Il était un très bon ami, ou du moins, c'est ce que nous pensions. Mais en fait, il était un espion pour Voldemort et il lui a tout rapporté et le mage noir est venu chez toi pour vous tuer, tes parents et toi.
Harry, complètement plongé dans l'histoire, poussa une exclamation de surprise.
- Et c'est ce qui est réellement arrivé à tes parents, Harry, continua Sirius. Il les a tués. Et il a essayé de te tuer aussi. Voilà comment tu as eu cette cicatrice, ajouta-t-il en repoussant les cheveux d'Harry pour toucher le petit éclair du bout des doigts. Mais pour quelque raison, il n'a pas réussi à te tuer. Il a essayé et le sort a été projeté contre lui et l'a tué.
Harry se blottit contre Sirius.
- Alors je l'ai tué.
- Non, Harry. Il s'est tué lui-même en essayant de te tuer, dit Sirius en caressant ses cheveux. Toi, mon petit, tu es un héros. Tout le monde des sorciers connait ton nom. C'est pour ça que quand tu te promènes avec le professeur Rogue, tu dois porter un déguisement. C'est pour ça que nous voulons que tu sois en sécurité en tout temps.
- Il a tué ma maman et mon papa?
- Mmm, et il a toujours des disciples qui voudraient te faire du mal.
Harry réfléchit un moment.
- Qu'est-ce qui est arrivé à Peter? demanda-t-il.
Sirius aperçut la silhouette de Lunard dans l'embrasure de la porte.
- Il s'est enfui, dit Sirius. Et l'un des disciples de Voldemort a essayé de le tuer, mais il s'est sauvé. Il se cache quelque part.
- Oh.
- Mais tu es en sécurité ici, Harry, ajouta Lunard. Il y a des protections sur l'appartement, et sur toi.
Harry resta assis en silence, bien installé contre le corps de Sirius pendant que celui-ci caressait ses cheveux.
Sirius pouvait voir le tremblement des épaules de Lunard et il connaissait trop bien son ami pour ne pas se rendre compte que Lunard pleurait silencieusement. Il ne ressentait aucunement le besoin de le rejoindre dans sa peine. Il se sentait distant, détaché de l'histoire qu'il avait racontée, et il sut que la Pensine avait fonctionné.
- Pourquoi Lunard pleure? murmura Harry.
- Ta maman et ton papa lui manquent, répondit Sirius.
Harry se détacha lentement de Sirius et se dirigea vers Lunard, qui s'accroupit pour le serrer contre lui.
- Ils me manquent aussi, dit Harry alors que Lunard pressait son visage contre son cou.
Il sentit de lourdes larmes couler sur ses joues pour les parents dont il n'arrivait pas à se souvenir.
- Nous te protégerons toujours, Harry, toujours, dit Lunard d'une voix rauque. Sirius sera toujours là et je ferai toujours en sorte que tu sois en sécurité.
Harry hocha la tête contre son cou. Il entendit Sirius bouger et passer près d'eux alors qu'il se dirigeait vers la cuisine. Il revint après un moment et Lunard se releva, essuyant son visage. Sirius resta silencieux alors qu'Harry se pressait contre sa hanche, l'une des mains de l'homme recouvrant sa tête.
- C'est presque terminé, dit-il à Lunard. C'est presque de l'histoire ancienne. Ils sont à peine des fantômes.
- Sauf pour Peter.
- Sauf pour Peter, répéta Sirius. J'espère que tu vas le trouver, ce bâtard.
- Je continuerai à chercher jusqu'à ce que je le trouve.
Une semaine passa avant que Remus ne rentre d'Inde. Il envoya un télégramme désespéré à Sandust disant qu'il se dirigeait directement à la Cabane hurlante et que Sirius devrait dire à Harry qu'il avait seulement été retenu. Le télégramme était probablement la meilleure option puisque Sirius était toujours mal à l'aise avec le téléphone, même après avoir passé sept ans dans le monde Moldu.
Cette fois, Harry savait qu'il valait mieux ne pas crier ni faire de crise quand il rentra pour trouver Remus recroquevillé sur son lit, couvert de cicatrices et d'égratignures. Il s'agrippa à Sirius, qui leur prépara un petit repas avant de porter de la soupe à Remus. Harry, qui ne voulait pas être laissé à part, écouta silencieusement à la porte pendant que Remus mangeait sa soupe, penché sur le bol. Sirius avait déplacé une chaise près du lit.
- Ça ne peut plus continuer, dit doucement Sirius.
- D'autres le font. Je vais bien.
- Tu ne vas pas bien. Tu n'as jamais été aussi loin d'être bien de toute ta vie.
- Ça ne fera pas de cicatrices, dit Remus, irascible. Et ta soupe est dégoûtante.
- Ne change pas de sujet.
- On en a déjà parlé, dit Remus, dévoilant son mensonge alors qu'il buvait la soupe à grandes gorgées. C'est la seule façon de garder Harry en sécurité. Si aucun d'entre nous n'est sous forme humaine, c'est pire que le laisser seul toute la nuit. L'un d'entre nous doit être sain d'esprit.
Harry scruta les deux figures sombres.
- Et pourquoi ne pas essayer cette potion qu'ils ont mentionnée dans la Gazette?
- Elle n'est pas encore prête, dit Remus en toussant alors qu'il s'étouffait avec une nouille. Elle en a peut-être encore pour des années. C'est seulement jusqu'à ce qu'Harry commence l'école, Sirius, pas pour toujours.
- Douze fois trois ans, ça fait trente-six, dit Sirius.
- Deux ans et demi, répliqua Remus.
- Trente.
- Moins deux…
- Ce n'est pas une vente aux enchères! C'est ta vie!
- Oui, c'est ma vie, répliqua doucement Remus. Ma vie, Sirius, pas la tienne, pas celle d'Harry. Nous savions qu'un jour, si tu te mariais ou si je quittais Sandust Books, que tu ne serais pas mon chien de garde pour toute la vie.
Il s'interrompit.
- Quoi? Qu'est-ce que c'est que ce regard?
- J'ai toujours pensé que… Je sais que tu ne dépenses pas beaucoup, j'ai pensé que, si tu le voulais, tu pourrais acheter la moitié de Sandust. Un jour. Être copropriétaire avec moi.
- Oh.
Ils restèrent silencieux et Harry se glissa doucement dans la pièce.
- Hé, salut Harry, dit Remus en souriant soudainement.
Il déposa le bol de soupe vide sur sa table de nuit et attrapa la main d'Harry pour l'aider à monter sur le lit. Il avait peut-être l'air malade, pensa Harry, mais il avait toujours des forces.
- Comment vas-tu? Tu n'es pas mort de faim, j'espère?
- Non, répondit Harry. Comment était l'Inde?
Remus sourit.
- Bondé de monde. Et inutile. Mais je t'ai ramené quelque chose.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent, mais il attendit patiemment pendant que Remus demandait à Sirius de fouiller dans son sac et de lui donner un petit paquet enveloppé dans du papier et de la ficelle. Il détacha la ficelle et Harry s'efforça de ne pas trop regarder les cicatrices sur les mains de Remus lorsqu'il accepta la boîte. Il déchira le papier et souleva le couvercle.
- Qu'est-ce que c'est? demanda Harry, réjoui.
Il souleva l'objet de bronze oblong de son enveloppe de papier. Il y avait une figure étrange avec des dents sur une pointe et une drôle de lame triangulaire sur l'autre.
- On appelle ça un Phurba, expliqua Remus. Les bouddhistes tibétains croient que c'est le seul type de couteau qui peut tuer un fantôme.
- Tu lui as ramené un couteau? demanda Sirius.
- Il n'est pas coupant, répondit Remus.
- Tu es allé au Tibet?
- Bien sûr que non, j'ai l'air imbécile?
Harry, pendant ce temps, faisait semblant de poignarder Remus avec le couteau rond.
- Si les fantômes et les goules s'en prennent à toi, dit Remus en attrapant la lame, tu seras prêt.
- Où je pourrais trouver un truc comme ça? demanda Sirius avec un sourire.
Remus lui indiqua son sac.
- Sous mes chaussettes, dit-il.
Sirius arqua un sourcil et retira un nouveau paquet, plus petit.
- Quoi, tu pensais que je ramènerais quelque chose pour Harry mais rien pour toi, ô grand enfant gâté? demanda Remus.
Sirius sourit et déchira le papier avec plus d'abandon qu'Harry. Il en retira une pièce de verre de la taille d'un galion, recouverte de ce qui semblait être de la feuille d'or.
- C'est ton nom – le nom de l'Étoile du chien, en hindou, dit Remus. C'est pour…
Il tapota son cou et Sirius sourit, déboutonnant sa chemise pour révéler le collier pour chien qui indiquait « Patmol » d'un côté. Il y attacha le morceau de verre et se pencha vers Harry.
- Tu en penses quoi? C'est bien?
Harry sourit et hocha la tête avant de pointer son couteau sur la clavicule de Sirius.
- Hé! dit Sirius en l'attrapant avant de le tenir la tête en bas.
Le couteau tomba sur le plancher.
- Je ne suis pas un fantôme!
Remus les observa alors qu'Harry se débattait pour enrouler son corps autour de celui de Sirius et l'attraper par la ceinture. Après un moment, ils s'affalèrent tous deux sur le sol et luttèrent jusqu'à ce que Sirius ait crié grâce.
Il repensa brièvement au souvenir qu'il avait montré à Sirius dans la Pensine et remercia Dieu, s'il existait, pour ce hibou perdu qui l'avait empêché de quitter l'Angleterre ce soir terrible sept ans auparavant.
Cette fois, l'une des égratignures sur le visage de Remus ne guérit pas complètement et une mince cicatrice apparut sur sa joue, juste devant son oreille gauche. Lorsqu'il retourna à Sandust Books, plusieurs clients réguliers le questionnèrent à ce sujet jusqu'à ce que Sirius – écrasé sur le plancher dans sa forme de Patmol, n'appréciant guère l'attention des plus jeunes qui erraient dans la section pour enfants – se mit à grogner chaque fois que quelqu'un en faisait mention. Remus ne semblait pas s'en soucier, mais avec Remus, il était difficile d'en être certain.
C'était presque comme si leurs vies s'étaient à nouveau calmées. Sirius n'était pas satisfait de la façon dont Remus gérait les choses, mais il avait fini par l'accepter. Harry allait à l'école et se rendait parfois à Pré-au-Lard, à Poudlard, ou sur le Chemin de Traverse avec le professeur Rogue. Remus avait surpris Sirius à deux reprises alors qu'il tentait de les suivre sous la forme de Patmol et bien qu'il dut admettre que ce n'était pas une mauvaise idée, il n'approuvait pas l'espionnage. Comment Harry pouvait-il leur faire confiance s'il savait qu'ils le suivaient? demanda-t-il à Sirius. Et Sirius lui donna raison.
Comme toujours.
Il semblait même qu'une sorte de trêve s'était créée avec Dumbledore depuis un gage de paix de la part de Remus sous la forme d'un rare volume traitant de la mythologie des phénix et qu'ils avaient accepté de laisser Rogue intervenir dans l'éducation d'Harry. Rogue restait discret à ce sujet, mais les deux hommes devaient avouer qu'Harry passait un peu trop de temps avec les Serpentard.
Ce qui expliqua, même si Sirius ne fut pas d'accord, que Remus fut soulagé lorsqu'Harry bondit de la cheminée un après-midi, après un samedi à Poudlard, en annonçant qu'il avait été invité par Olivier Dubois (« Qui a onze ans, Sirius, et qui sait tout sur le QUIDDITCH! ») à passer une nuit dans le dortoir de Gryffondor.
- Il a tout arrangé avec Dumbledore, dit raisonnablement Remus. Ce qui démontre un remarquable esprit de…
- Ce qui démontre une remarquable stupidité de la part de Dumbledore! hurla Sirius.
Au moins, il hurlait dans l'arrière-boutique bien insonorisée de la librairie alors qu'Harry était à l'avant.
- Ça fera du bien au gamin de voir comment vivent les enfants sorciers, répliqua Remus.
- Il est à nous, Remus! Il n'appartient pas à Poudlard, pas encore!
- Ah, je vois, dit amèrement Remus. Ceci n'est pas à propos d'Harry, c'est à propos de ce qui t'appartiens et de ce qui ne t'appartiens pas.
Sirius devint soudainement dangereusement silencieux.
- Il est à nous parce que nous l'élevons, Sirius, continua Remus. Pour ce qui est du reste, il ne nous appartient pas. C'est un gamin, pas un livre ou un nouveau jouet avec lequel on peut s'amuser.
- Je sais ça! Ne crois pas que je ne sais pas ça! ragea Sirius.
- Et bien, agis de la sorte! dit sèchement Remus.
Sirius s'interrompit, la bouche ouverte pour répliquer. Après un moment, il la referma.
- Hé, merde ! Il faut toujours que tu sois la voix de la raison, dit-il sombrement.
- Eh bien, excuse-moi de passer plus de deux minutes de réflexion sur chaque problème, répliqua Remus, qui n'était pas du tout d'humeur à endurer les crises de Sirius.
- Je ne veux pas qu'il dorme dans un endroit étranger quand nous ne sommes pas là au cas où… au cas où il aurait besoin de nous! continua Sirius.
- Sirius, la dernière fois qu'Harry a eu besoin de nous pendant la nuit, c'était quand? demanda doucement Remus.
- Ça ne veut rien dire!
- C'est un gamin, Pat, et il veut passer la nuit avec ses amis dans le dortoir. Dubois est un Gryffondor, ça lui fera du bien de s'éloigner des Serpentard pour une fois. Pourquoi tu t'y opposes autant?
Sirius lui lança un regard sombre et Remus secoua la tête. Il savait pourquoi Sirius s'y opposait. Il s'était habitué au garçon, à ce qu'il soit là, à ce qu'il puisse avoir à se lever la nuit si Harry avait besoin de lui, même si ce n'était pas le cas.
Ils s'étaient habitués à Harry.
Et Sirius ne voulait pas que cela change.
- Il va s'amuser, dit doucement Remus.
- Je sais.
- Ça lui fera du bien de se faire des amis autres que Ron et Ginny et les jumeaux.
- Je sais.
- Ça nous donnera une soirée libre. Tu pourrais…
Remus déglutit, choisissant de jouer une carte amère mais importante.
- …sortir avec Moira quelque part et… et ne pas rentrer dormir, si tu le veux. Sans avoir besoin de t'expliquer à Harry le matin suivant.
Sirius se frotta les yeux.
- Si tu me fais sortir avec Moira encore une fois, Remus, je risque de la tuer.
Remus l'observa.
- Te faire sortir avec elle? Tu ne réalises pas à quel point je ne l'aime pas? Tu sais que toutes ces remarques à propos d'elle, c'était du sarcasme?
Sirius lui rendit son regard.
- Mais je pensais que tu… Tu n'arrêtais pas d'en parler…
- Eh bien, je n'aime pas trop l'idée, tu sais! Mais je pensais que ce serait mieux d'au moins être partant!
- Être partant?
- Partant de te laisser te marier si c'est ce que tu veux, répondit Remus. Je ne sais pas si c'est très… sain pour nous deux de mettre nos vies de côté, c'est tout. Je n'aime pas l'idée de se marier simplement pour donner une mère à Harry, mais…
Il eut un petit grognement de frustration.
- Si c'était ce que tu veux, j'ai pensé que je pouvais au moins suggérer de garder Harry pour la soirée.
Il offrit à Sirius un sourire soudain.
- Et ce n'est pas sain non plus, tu sais, de priver un maniaque sexuel d'action, ajouta-t-il.
Sirius, qui l'observait depuis un moment, plongé dans ses pensées, sourit.
- Qui dit que je suis privé d'action? demanda-t-il.
- Je te vois tous les matins…
- Du langage de vestiaire de la part d'un honnête commerçant comme toi! Tu n'as pas honte!
- Eh bien, tu es privé d'action ou non?
Sirius rigola.
- En fait oui. Et maintenant que je sais que tu ne supportes pas l'idée je que sorte avec Moira, je peux tout arrêter et je n'aurais plus aucun contact avec la gente féminine, soupira-t-il.
- Elle est aussi terrible?
- Elle n'est pas pour moi, c'est tout. Gentille fille en son genre, mais pas mon type.
- Eh bien, c'est quoi ton type?
Sirius glissa une main dans ses cheveux, les décoiffant encore plus.
- Tu sais, tu en as rencontré quelques-unes.
Remus mima de tenir deux cantaloups devant sa poitrine et Sirius rigola. Harry entra, transportant une plume, un encrier et un rouleau de parchemin.
- J'ai besoin d'aide, se plaignit-il. Madame Weasley veut cinq centimètres sur la littérature Moldue pour demain.
- Harry, bienvenue à Sandust Books, dit Remus d'un air narquois. C'est tout ce que nous vendons, tu sais. En général, du moins, ajouta-t-il en jetant un coup d'œil vers les hautes étagères où étaient rangés les livres magiques sous clé.
- Non, elle veut quelque chose sur…
Harry consulta le parchemin.
- James Joyce. Je dois trouver une biographie et copier les faits importants.
Remus vit les yeux de Sirius s'éclairer. Sirius, au plus grand étonnement de tous, était passionné de Joyce. Remus pensait secrètement que cela avait quelque chose à voir avec l'absence totale de pensée cohérente qu'avaient les deux hommes.
- Très bien, Harry, voyons ce qu'on peut trouver, dit Sirius en le guidant vers l'intérieur de la boutique et les sections du fond.
Remus s'apprêtait à les suivre par pure curiosité lorsque Monsieur Barin entra, recherchant sa dose hebdomadaire de meurtres et mystères sanglants, accompagné de sa fille et Remus s'arrêta pour discuter avec eux.
Lorsqu'il leva la tête pendant qu'ils discutaient des mérites de Rex Stout, il vit Sirius soulever Harry pour que le garçon puisse retirer un épais volume au sujet de Joyce des étagères. Sirius le serra contre lui et murmura quelque chose à son oreille. D'après la réaction d'Harry, Remus sut avec certitude qu'il venait de lui annoncer qu'il pouvait passer la nuit à Gryffondor avec Olivier.
Il aurait été impossible pour Remus de décider lequel d'entre eux il aimait le plus à ce moment-là.
