Bonjour ! Ca y est, j'ai enfin réussi à le pondre ce chapitre 10 !

Inukag9 : Oui, les choses ne sont pas joyeuses pour Yuuri et Wolfram… Ils ne sont pas encore au bout de leurs peines…

Celikwi : lol J'avoue que ça me tenterai une histoire gaie mais vu que je suis plutôt mélancolique, je sais pas si j'en serai capable… D'ailleurs j'ai fini le premier chapitre d'une fic en deux chapitres (mélancolique encore… On dirait que je sais pas faire autre chose…T_T). Je te l'enverrai dès que je récupèrerai mon ordi :)

Grazi-chan : Thank you so much for your review and the effort you put to write in french. Hope that you'll like this chapter :)

Nakata : C'est vrai que ça ne doit pas être évident pour Yuuri qui est dans la peau de Feld… Je te laisse découvrir ce qui va se passer dans ce chapitre…

Siana : Merci pour ta review ! Oui, moi aussi j'aime bien les scènes romantiques… J'essaie d'en doser un peu dans tous les chapitres mais ça n'est pas facile. Plus que 5 chapitres et ce sera la fin, il faut que je garde courage !

Naty-chan : Merci pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira !

Nanashi Myo-chan : Je trouvais ça amusant de mettre Yuuri dans le corps de Feld, je pensais que de cette manière, il pourrait ouvrir les yeux sur plusieurs choses… Bref, j'espère que ce chapitre te plaira !

Cloclo neechan : Merci pour ta review. J'ai relu moi aussi tous les chapitres pour me remettre dans le bain avant d'écrire ce chapitre et c'est vrai que ça a évolué !

Mitsumi : Merci pour ta review ! J'espère que cette suite te plaira :)

Pomme bleue : Merci pour ta review ! Oui, il fallait que Yuuri entre en action, surtout après ce qu'il a fait vivre à Wolfram !

Misty : lol Bon, je n'irai pas jusqu'à dire que je hais Yuuri mais en tout cas, il m'énerve (le Yuuri de l'anime) !

Angeshekil : Merci pour ta review, j'espère que cette suite sera à la hauteur de ton attente :D

Ariane 57 : Merci pour ta review ! C'est vrai que le chapitre précédent était calme… Je te laisse découvrir le contenu de celui-ci en espérant qu'il te plaira :)

Comme d'habitude, un spécial remerciement à Celikwi qui permet de rendre la lecture plus agréable en corrigeant mes fautes !

-Promesses interdites-

Chapitre 10

Yuuri était entré dans la chambre mais, sachant qu'il serait incapable de trouver le sommeil à cause des émotions qui le parcouraient, il alla s'installer au bord de la fenêtre. De là, il pouvait voir l'objet de ses pensées calmement assis sur la large rambarde de la terrasse située à l'entrée de l'auberge.

Leur chambre étant située à l'étage, la vue d'en haut lui donnait l'impression que Wolfram était plus menu que d'habitude. Son immobilité et son expression pensive créaient une sorte de barrière qui le séparait du reste du monde. Le cœur de Yuuri se serra en voyant la figure solitaire de celui qui l'avait toujours fidèlement servi avec ferveur. Il serra ses poings.

« Je te sauverai Wolf… Je trouverai le moyen de te faire sourire à nouveau… » Se promit-il.

Soudain ses yeux s'écarquillèrent et son cœur s'arrêta un instant lorsqu'il vit le blond tomber par-dessus la rambarde. Il se précipita sans attendre vers le rez-de-chaussée puis descendit les marches de la terrasse pour trouver Wolfram inconscient, allongé sur le sol. Au dessus de lui se trouvait une masse informe lumineuse et translucide. Épris de désespoir et de panique, son instinct ne lui permit de faire autre chose que de crier le nom de la victime :

« WOLFRAM ! » Cria-t-il à s'en casser la voix mais cela ne le réveilla pas.

Lors de sa première confrontation avec l'entité, il avait été projeté violemment contre le mur de la chambre. Se souvenant de la douleur et de son impuissance face à elle, Yuuri tremblait de peur mais il ne pouvait laisser Wolfram souffrir seul. Le laisser se faire arracher son âme sans tenter de lui venir en aide était impossible. Il serra la mâchoire avec détermination… Tout ce qu'il avait à faire pour que l'entité disparaisse, c'était de réveiller Wolfram. S'il ne pouvait pas s'approcher de la chose…

Une idée lui traversa l'esprit : de l'eau, il avait besoin d'eau. Sans avoir à s'approcher d'eux, il pouvait réveiller le jeune mazoku avec de l'eau.

Il jeta un dernier regard inquiet en direction du blond avant de le laisser pour se diriger vers l'intérieur de l'auberge. Cependant, il ne put franchir la porte car les clients qui étaient en train de jouer aux cartes au bar, s'avançaient vers l'extérieur bloquant l'entrée. Les six hommes marchaient tel des zombies avec des chaises, des bouteilles et couverts dans les mains.

Yuuri stoppa ses pas, complètement confus par ce qui se passait. Tout à coup un cri de combat le fit revenir à lui. Une chaise dans les mains, Léon assomma un des hommes ce qui lui permis de se frayer un chemin qu'il prit pour le rejoindre et se cacher derrière son dos.

Yuuri regarda par-dessus son épaule le jeune homme qui tremblotait derrière lui. « Qu-Qu'est-ce qui se passe ici ? »

« Ce n'est pas plutôt à moi de te poser la question ? J'ai… J'ai entendu ton cri alors je suis descendu… Ces gens… Ils étaient en train de boire et de jouer aux cartes mais une ombre noire s'est emparée d'eux… » Dit-il puis pris de panique, il regarda à droite et à gauche. « Wolfram… Où est Wolfram ? »

« Derrière la rambarde… Le mangeur d'âme s'est encore emparé de lui… » Répondit-il.

Les hommes s'approchèrent d'eux sans attendre et Yuuri les regarda avec défiance… Il sortit son épée de son fourreau. Il n'avait pas de temps à perdre à essayer de comprendre ce qu'il se passait. Wolfram avait besoin d'aide et plus les minutes s'écoulaient, plus il perdait un peu de lui.

Après toutes ses années passées sur Shin Makoku, Yuuri avait fait des progrès en escrime, après tout, il avait Conrad pour professeur.

Léon se détacha de lui, se rappelant qu'il avait lui aussi une épée. Il la brandit d'une main tremblante et avala difficilement sa salive. Il n'aimait pas se battre et avait peur de la vue du sang.

Yuuri s'élança et frappa l'homme le plus proche de lui avec le dos de la lame d'un coup sec sur la nuque. Son corps léger de femme lui faisait gagner en rapidité mais sa force de frappe était moindre que celle qu'il aurait eue s'il avait été dans son véritable corps. Il s'attaqua au suivant puis à un autre mais, comme si ses coups n'avaient eu aucun effet sur eux, ils se relevèrent et avant qu'il n'eût le temps de s'écarter, l'un d'eux lui fracassa une bouteille d'alcool sur le haut de la tête.

Paralysé par la peur, Léon regardait la scène avec son épée tendue de ses mains tremblantes. Feld était tombée sur ses genoux à cause de la force du coup qu'elle avait reçu. Du sang coulait sur son visage et à cette vue, Léon sentit son cœur palpiter tellement fort que cela lui donna le vertige. Il sentit son sang lui monter à la tête puis il vit tout en rouge.

Les prunelles bleu tendre de ses yeux se changèrent pour devenir d'un rouge aussi vif que de la braise ardente.

Sans hésitation, il se jeta dans le combat mais au lieu d'attaquer ses adversaires, il donna des coups dans le vide autour d'eux.

Feld qui était en train de se remettre lentement de sa blessure regarda avec étonnement le changement de comportement de Léon. Lui qui était paralysé par la peur, se battait maintenant avec agilité et sans hésitation. Cependant, ce qu'il ne comprenait pas était le fait qu'il frappait dans le vide. Lorsque les six hommes tombèrent tour à tour par terre, il regarda Léon avec stupéfaction.

« Que se passe-t-il à la fin ? Si tu sais si bien te battre, pourquoi tu n'as rien fait dès le départ ? » Demanda-t-il lorsque Léon vint à bout du dernier.

Ce dernier le regarda par-dessus l'épaule. « Nous nous approchons des terres d'Alphir… Ce qui veut dire que les pouvoirs d'Ilrick peuvent s'étendre jusqu'ici même s'il n'est pas totalement libéré… Ces innocents étaient sous son joug, contrôlé par ses fils noirs sensoriels. Ilrick sait que son prochain réceptacle s'approche et l'énergie que dégage le mangeur d'âme a dû lui donner notre position. »

Il se détourna pour regarder droit devant lui. « Prépares-toi, le combat n'est pas terminé. Ce qu'il veut, c'est stopper le rituel, donc détruire le mangeur d'âme aussi bien que Wolfram et ceux qui le protègent. »

Yuuri regarda dans la même direction que Léon et vit une troupe de villageois s'approcher d'eux avec diverses armes : fourches, haches, pioches, râteaux, faucheuses, couteaux, épées, arcs…

Dans l'obscurité de la nuit, il pouvait voir des fils noirs sensoriels presque imperceptibles venant du ciel pour se rallier à eux.

Il sursauta lorsqu'une flèche se planta à deux doigts de lui. Avant qu'il ne puisse réagir, Léon dont les yeux rouges étincelaient dans la nuit, se lança dans le combat sans attendre.

Xxx

Yosak était enfin arrivé à Varonne où le groupe de Wolfram était censé se trouver. Les rues n'étaient éclairées que par la lumière de la lune et étaient étrangement calmes. Au milieu du village, se trouvait une fontaine au pied de laquelle, il trouva le jeune homme qui le devançait dans la forêt. Yosak se dissimula derrière un bâtiment afin de l'observer. L'inconnu était en train de boire tranquillement lorsque qu'il se redressa brusquement. Il ne prit même pas le temps de prendre son sac d'approvisionnement avant de courir à toute vitesse vers le côté sud du village.

Yosak ne perdit pas son temps et le suivit. Plus il s'enfonçait dans cette partie du village, plus il pouvait entendre des bruits d'entrecroisements de lame et de cris de combat.

Il n'avait pas de temps à perdre avec le jeune inconnu, la priorité de sa mission était la protection de sa majesté Yuuri. Il monta sur le toit de la maison la plus haute pour voir se qu'il se passait. De là, il avait une très bonne visibilité sur la scène.

Léon Von Algrein, contrairement à sa réputation de peureux se battait comme un expert contre une foule de villageois. Il était légèrement blessé au visage, au bras gauche mais semblait avoir une blessure un peu plus sérieuse à la jambe droite sur laquelle une tâche sombre s'élargissait sur son pantalon beige. À quelques mètres de lui se trouvait sa majesté Yuuri sous l'apparence de Feld. Derrière lui, le gamin était allongé à même le sol avec une masse informe et translucide au-dessus de lui. Sa majesté était en train de le protéger des villageois comme il pouvait. De son côté, le jeune inconnu s'approchait de la scène mais ne connaissant pas le village, il n'avait pas pris le chemin le plus court.

Après avoir évalué la situation, Yosak s'empressa de sauter de son toit et emprunter un raccourci afin de venir en aide à sa majesté au plus vite. Lorsqu'il arriva sur les lieux, il dégaina son épée et repoussa les opposants de Yuuri.

« Yo… Yosak ? » Dit le roi à travers sa voix féminine.

L'espion le regarda par-dessus l'épaule avec un sourire aux lèvres. « Dans quelle aventure vous êtes-vous lancé, votre majesté ? »

« Il faut couper les fils sensoriels qui les contrôlent, Yosak ! Ces villageois ne sont que des victimes ! » Expliqua-t-il sans répondre à sa question.

« A vos ordres ! »

Du coin de l'œil, il vit le jeune inconnu arriver par la droite et se pencher pour ramasser quelque chose tout en continuant sa course. Yosak parvint à couper les liens sensoriels de ses adversaires puis lui fit face. Maintenant à quelques mètres d'eux, il leva son bras droit et jeta ce qu'il avait ramassé par terre en direction de Wolfram.

Il était trop tard pour l'espion de bloquer la pierre qui frappa la main du mazoku. L'entité au dessus de Wolfram poussa un cri strident avant de disparaitre. Cela immobilisa toutes les personnes présentes sur les lieux sauf l'inconnu qui atteignit Wolfram et l'enleva en le prenant dans ses bras.

Yuuri qui se rendit compte de ce qui venait de se passer, poursuivit aussitôt l'inconnu qui avait pris Wolfram. Du coin de l'œil, il vit leurs chevaux. Il détacha le sien et le monta pour les poursuivre. En un rien de temps, il parvint à leur barrer la route et pointer son épée dans la direction du kidnappeur. Aussitôt, une bulle protectrice apparut autour de l'inconnu qui portait dans ses bras un Wolfram inconscient.

« Rends-moi Wolfram. » Ordonna-t-il.

« Il n'y a que moi qui puisse le protéger. » Répondit l'inconnu de manière absolue et cela agaça Yuuri. Comment cet étranger pouvait-il être le seul à pouvoir le protéger ?

« Rends-le-moi ! » Haussa-t-il d'un ton.

« Si vous souhaitez protéger Wolfram, alors vous feriez mieux de me le confier. »

« Comment pourrai-je le confier à une personne que je ne connais pas ? »

« Plus vous vous rapprocherez des terres d'Alphir, plus Wolfram sera en danger. Il aura besoin de moi. »

« Nous sommes capable de le protéger seul. »

Le roturier lança un regard défiant en sa direction. « Ah oui ? Comme vous l'avez protégé ce soir ? »

« Reposes-moi par terre. » Intervint Wolfram qui était revenu à lui.

« Wolfram. » Souffla Yuuri, rassuré de le voir réveillé.

L'inconnu obéit au mazoku sans rien dire puis s'agenouilla devant lui tel un chevalier devant son roi. « Dans cette vie, je suis connu sous le nom de Corwin Alistor. J'ai attendu nos retrouvailles pendant tant de siècles. Laissez-moi vous servir à nouveaux Monseigneur. » Dit-il.

« Je ne suis pas celui que tu crois. Je suis un simple mazoku, soldat de sa majesté Yuuri Shibuya, 27ème Maou de Shin Makoku, Wolfram Von Bielefeld. »

Corwin secoua la tête. « Cela ne change rien au fait que vous êtes mon maitre. Je vous suivrez quoiqu'il advienne et ce, jusqu'à la fin. »

« Je ne suis pas Eiven » Répliqua Wolfram et les yeux de Yuuri s'écarquillèrent de surprise.

« Non… Mais je suis lié à votre destin et je vous protègerai. »

Wolfram resta silencieux en regardant dans le vide puis soupira. « Très bien. » Il regarda Corwin droit dans les yeux et lui tendit une main. « J'accepte ton aide Corwin. En échange, je voudrais que tu m'expliques ce qui me lie à Eiven et Ilrick. Dis-moi tout ce que tu sais. »

Xxx

Dans leur chambre, Yozak était en train de bander les blessures de Léon qui avait perdu connaissance suite au combat. Heureusement, elles n'étaient pas aussi graves qu'elles en avaient l'air.

Dès que le mangeur d'âme avait disparu, les fils sensoriels d'Ilrick s'étaient dissipés. Les villageois, choqués de se réveiller dehors en pleine nuit, retournèrent chez eux avec inquiétude.

Wolfram s'était assis sur la chaise du bureau mis à disposition dans la chambre et Yuuri était près de lui. « Es-tu certain que tu vas bien Wolfram ? Tu n'as pas mal quelque part ? Tu te souviens de nous, hein ? »

« Idiote… Penses-tu vraiment que je serai ici si je ne me souvenais pas de vous ? » Répondit-il froidement avant de se tourner vers Yosak.

« Que fais-tu ici ? Mes frères t'ont demandé de me suivre c'est ça ? »

Yosak lui offrit un sourire malin. « En quelque sorte… »

Les bras croisé, Wolfram se détourna puis observa Corwin qui s'était placé près de la fenêtre afin d'avoir un regard vers l'extérieur.

« Maintenant, dis-moi ce que tu sais. »

Le calme des yeux violets de Corwin croisa son regard impassible.

« Je… » Commença-t-il avec hésitation, ne sachant pas par où commencer.

« Cette personne » Se reprit-il en faisant un geste en direction de Léon. « Lui et moi partageons un lien particulier… Dans notre ancienne vie, nous avons été frères, une épée et un bouclier, créé pour protéger l'être aimé. Nous avons été façonnés par Ilrick mais celui qui nous a donné une âme est Eiven, à qui il nous a offert. »

À ces mots, Wolfram se rappela soudain de ce que Léon lui avait dit avant de quitter les terres des Bielefeld.

'Ce que tu dois savoir c'est que dans ce voyage, tu seras mon maître et moi ton épée.' Maintenant qu'il y pensait, Corwin lui avait dit quelque chose de similaire un peu plus tôt.

Il fit un geste de la tête en direction du jeune homme aux cheveux cuivrés. « Dans le cas où ce que tu dis est vrai, est-ce qu'il est conscient de ce qu'il est ? » Demanda-t-il.

« Je ne peux répondre à cette question… C'est la première fois que l'on se retrouve depuis que nous avons été libérés. Il est possible qu'il ait perdu une partie de sa mémoire mais ce qui est certain c'est que notre vie passée est gravée en nous comme sur le roc. Donc, même s'il a oublié, ses souvenirs lui reviendront, j'en suis certain. J'ai ressenti sa force tout à l'heure lorsqu'il a déployé son énergie pour couper les fils sensoriels d'Ilrick… C'est de cette manière que j'ai su que vous étiez en danger. »

Wolfram fronça des sourcils en pensant au comportement inhabituel de Léon. Un instant, il était le peureux qu'il connaissait puis un autre, un jeune homme mature qui semblait savoir plus de choses sur ce voyage que lui. Se pouvait-il que Léon souffre d'une double personnalité, un peu comme Yuuri avec le Maou ?

« Dans ce cas, comment se fait-il que tu aies tous tes souvenirs et pas lui ? » Demanda-t-il.

« Comme j'ai dit tout à l'heure, notre existence primaire est ancrée en nous… Il ne s'est peut-être pas totalement 'réveillé'. Cela peut-être dû au nombre de fois où il s'est réincarné. Quant à moi, si j'ai toujours ces souvenirs, c'est parce que ma vie en tant que Corwin est ma première renaissance. J'ai erré dans le temps à la recherche d'un corps qui pourrait supporter le poids de mon existence. »

« Tu as dit que vous avez été libérés… Cela sous-entend que vous avez été enfermés. Dis-moi ce qu'il s'est passé. »

« Lorsque je n'étais qu'un bouclier, je n'avais pas de conscience, les seules choses qui animaient mon âme étaient les sentiments et les émotions de mon maitre. De ce fait, je ne peux pas te dire avec exactitude ce qu'il s'est passé. Je sais avec certitude qu'Eiven a combattu Ilrick, notre créateur et nous avons fait couler son sang. Après cela, nous avons été enfermés pendant des siècles jusqu'à ce qu'on nous délivre de notre sommeil. C'est à ce moment qu'Eiven nous a libérés et demandé de renaître. »

Wolfram acquiesça. « Cela doit correspondre à l'époque où les humains ont trahis la confiance des Bielefeld en tuant une de leur princesse. Mes ancêtres ont répondu à cet affront en les massacrant. Les survivants, impuissants face au pouvoir des Mazoku ont été séduits par la force que renfermait l'amulette dans laquelle vous avez été scellés. En levant le sceau, ils pensaient pouvoir vous contrôler et vous utiliser contre nous, démons qu'ils haïssaient. Finalement, leur avidité s'est retournée contre eux et contre le monde entier car on ne peut contrôler les dieux… Ce sont eux qui nous contrôlent. » Son regard se plongea dans le violet des yeux de Corwin. « Ma question est : sais-tu pourquoi seul un héritier Bielefeld doit se donner en sacrifice pour sauver ce monde ? Sais-tu pourquoi ma famille a été maudite ? »

« Non. » Répondit-il honnêtement.

« Pourquoi souhaites-tu m'accompagner ? »

« Votre destin est lié à celui de ce monde… Bien qu'il me paraisse sans attrait, en mon essence et en mon âme, une force me pousse à vous suivre et vous épauler comme si en partageant cette route avec vous, mon existence trouvera un sens. » Répondit-il avec une certitude inébranlable.

Encore une fois, Corwin avait parlé comme Léon. Wolfram avait l'impression qu'ils formaient un groupe d'âmes solitaires, lui y compris. Il soupira.

« Corwin Alistor, y a-t-il une chose que tu désires protéger en ce monde ? »

« Oui. Je veux protéger ce monde que mon maitre a aimé. Je veux protéger votre monde. »

Le blond se rembrunit. « Non, oublies ton maitre. Je te parle de ce que toi et toi seul, désires protéger. » Clarifia-t-il et Corwin resta silencieux. « Réfléchis à ça durant notre voyage. » Il soupira puis reprit. « Toi et Léon, vous êtes pareils. Vous dites que vous trouverez un sens à votre vie en faisant ce voyage avec moi mais moi je pense que votre vie a déjà un sens et c'est pour cela que vous voulez m'accompagner. »

« Alors vous acceptez que je vous accompagne ? »

« Puisqu'il semble que tu aies aussi des choses à accomplir, nous allons faire le chemin vers les terres d'Alphir ensemble. » Il soupira. « Vous n'avez pas encore été présentés… » Commença-t-il en tendant une main vers Yuuri. « Cette jeune femme s'appelle Feld, elle n'a rien à voir avec cette histoire mais elle est sous ma responsabilité, ce qui explique sa présence ici. » En faisant un geste de la tête en direction de l'espion, il dit : « Cet homme est un soldat de sa majesté Yuuri, tu peux l'appeler Yozak et enfin, celui qui a été ton frère dans une ancienne vie s'appelle Léon Von Algrein. »

Il se leva. « Bien, maintenant que les présentations sont faites, profitez du reste de la nuit pour vous reposer. Nous partirons demain à l'aube. »

Il se dirigea vers la porte afin de quitter la pièce et Yuuri le fixa avec inquiétude et tristesse. Il voulait le suivre et lui parler. Il voulait savoir ce qu'il ressentait et le soutenir, mais l'aura glaciale qu'il dégageait l'en empêcha. Il avait peur qu'il le rejette, peur qu'il n'ait pas besoin de lui, peur de l'irriter d'avantage et, par dessus tout, il avait peur pour sa stabilité mentale et son état physique. Que pouvait-il faire pour épauler Wolfram ?

Malgré ses incertitudes, il se leva à son tour puis se tourna vers Yosak. « Je vais prendre l'air. » Dit-il.

Yosak soupira mais ses lèvres se courbèrent aussitôt en un sourire. Il savait où il comptait aller. « Pensez à vous reposer. »

Yuuri acquiesça puis se tourna vers Corwin pour s'incliner poliment avant de quitter la pièce.

Il eut à peine le temps de poser sa main sur la poignée de la porte que la voix de Corwin l'arrêta.

« Vous… » Commença-t-il et Yuuri le regarda par-dessus l'épaule. « Je ne sais pas qui vous êtes vraiment mais il y a quelque chose de particulier en vous. Une force qui m'est familière mais presque imperceptible… »

Yuuri fronça des sourcils. « Je ne sais pas de quoi tu parles. » Dit-il tandis que son cœur battait plus rapidement. Que sous-entendait-il ? Parlait-il du Maou en lui ou avait-il senti qu'il dissimulait sa véritable identité ? Non, cela était impossible. « Je n'ai rien de particulier en moi. » Dit-il avant de quitter la pièce.

Il se dirigea directement vers la chambre qui était, à l'origine, réservée pour Léon. Il avait l'intuition qu'il trouverait Wolfram à l'intérieur et lorsqu'il entra sans y avoir été invité, il découvrit que son intuition était bonne.

Wolfram était allongé sur le lit, couché sur le flanc lui tournant ainsi le dos. Bien qu'il fasse nuit, il pouvait nettement voir dans la pièce car les rideaux était ouverts, laissant la lumière pâle de la lune y pénétrer. Il avait remarqué que depuis le début du voyage, Wolfram ne les fermait pas afin de se lever en même temps que le soleil.

Il s'approcha à pas de loup et s'allongea discrètement sur le lit derrière lui. Lorsque le blond ne le rejeta pas, il aventura sa main droite sur son bras espérant trouver la sienne.

Son cœur battait la chamade à la fois par excitation, trac et par peur du rejet. Il ne savait pas quoi lui dire, quelle question lui poser… Il ne savait pas quels mots pouvaient le réconforter, l'aider mais il avait besoin de le sentir près de lui, tout contre lui.

Son cœur fit un bond dans sa poitrine et son rythme cardiaque s'accéléra davantage lorsqu'il sentit la main de Wolfram se poser sur la sienne.

« Merci, Feld. » Souffla Wolfram en un murmure.

Yuuri sentit alors l'amertume l'envahir… Il ne s'était jamais autant maudit d'avoir pris l'apparence de Feld que ce soir-là. Jamais il ne s'était senti autant jaloux et culpabilisé de toute sa vie. Même s'il ne le méritait pas, plus que tout, il aurait souhaité entendre Wolfram prononcer son nom, le sien.

Il serra sa mâchoire et après quelques instants, son amertume et sa jalousie se transformèrent en regret et en tristesse.

« Je ne te laisserai pas, Wolfram. » Dit-il simplement.

Xxx

Ils avaient voyagé à un rythme assez lent car Léon ne s'était pas complètement remis de ses blessures. Cependant, ils étaient parvenus à atteindre le port d'Ismalte en fin d'après midi.

Yuuri, assis derrière Wolfram, semblait soucieux. Maintenant qu'ils étaient arrivés là, il ne manquait plus qu'à franchir la mer avant d'arriver sur les terres d'Alphir et, plus ils s'en approchaient, plus le destin de Wolfram allait être en jeu. Yuuri détestait cette idée.

Avant qu'il ne puisse approfondir sa réflexion, Wolfram descendit du cheval et se dirigea vers un homme aux cheveux poivre et sel, de grande taille et de forte carrure qui était en train de donner des directives à deux marins. Ce dernier se tourna vers le jeune mazoku lorsqu'il le vit du coin de l'œil et s'inclina légèrement en guise de salutation.

« C'est un plaisir de vous revoir sir Von Bielefeld. J'ai eu l'occasion de vous rencontrer lorsque vous étiez encore enfant. Je me nomme Guillem Bernhard, capitaine de ce navire. » Dit-il de sa voix rustre. « Vous pouvez prendre le temps de vous familiariser avec ce bateau qui sera votre demeure durant ce voyage. Nous partirons sur l'heure. »

« Merci Capitaine Bernhard. Nous aurons trois autres passagers à bord, ils sont mes compagnons. »

« Je n'y vois aucun inconvénient. Vous devrez cependant partager vos cabines. » Son regard fixa Yuuri sous l'apparence de Feld. « Il y a de la place avec les marins mais je doute fort que vous apprécierez faire dormir cette gente dame au milieu de fauves. »

« Elle peut prendre la cabine, je dormirais avec les autres. » Dit-il avec impassibilité.

Wolfram fit un geste à son groupe afin qu'ils s'approchent. Chacun se présentèrent puis ils déchargèrent les chevaux avant de monter à bord.

Après la visite de l'intérieur, ce fut sur la rambarde d'un des côtés du bateau que Yuuri trouva Wolfram. Il regardait silencieusement l'horizon où l'infini du ciel et de la mer se confondaient. D'un pas ferme, il s'approcha de lui.

« Comment te sens-tu ? Tu es bien silencieux… Aurais-tu peur du mal de mer ? » Demanda-t-il pour le divertir.

Wolfram ne bougea pas d'un cheveu mais le regarda du coin de l'œil. « Comment sais-tu que j'ai le mal de mer ? Je ne crois pas t'en avoir parlé. »

Oups… Cela fit paniquer Yuuri qui ne savait pas comment répondre. « Je… Heu… Comment dire… » S'emmêla-t-il.

Wolfram soupira. « De toute manière, je ne sais pas si je vais avoir le mal de mer cette fois-ci. »

Yuuri s'arrêta et le regarda avec étonnement. « Ah ? Pourquoi tu dis ça ? »

« Parce que je ne ressens plus rien. » Répondit-il honnêtement.

Yuuri sentit son cœur se serrer. « Co… Comment ça ? »

Les lèvres de Wolfram se courbèrent en un sourire mais ses yeux étaient vides d'émotions. « Comme si je n'avais plus la capacité de ressentir de sentiments, d'émotions… Comme si tout ce qu'il restait en moi était mon instruction, mon éducation. »

Le regard de Yuuri était noyé par différentes émotions : incompréhension, peine, crainte… « Je… J'ai peur de ne pas te comprendre. »

« La douleur de la trahison, la tristesse dans les larmes de Greta, la nostalgie dans les yeux de ma mère, la chaleur du sourire de Yuuri, l'amour se changeant si facilement en haine au moindre de ses mots… Ce ne sont plus que des notions pour moi je crois. Ce qui se passe en moi est difficile à décrire… »

« Ça ne te fais pas de mal de ne plus ressentir tout ça ? Tous ces sentiments, toutes ses émotions qui font de toi ce que tu es, tu ne souffres pas de les perdre ? » Demanda Yuuri.

« J'ai oublié ce qu'on ressent lorsqu'on souffre. Je pense que la seule chose qui me retient est la conception du bon sens, du bien et du mal. » Répondit-il.

« Tu as une mine triste, Feld. Sache que je n'ai pas pris ce chemin en fonction de mon fardeau. En partant de la capitale, j'ai décidé de porter mon fardeau sur le chemin que j'ai choisi. Je briserai cette malédiction et lorsque je l'aurai fait, je trouverai le moyen de te ramener chez toi. »

La détermination de Wolfram et son honnêteté accrurent la culpabilité de Yuuri, sa tristesse et son regret. Son visage sans expression lui faisait tant de peine, tant de mal. Il avait l'impression de voir Wolfram périr inexorablement sous ses yeux, impuissant. Il voulait revoir le feu qui faisait brûler son être d'une passion sans pareil. Il voulait voir la joie, la tendresse, l'affection, le bonheur, la paix, l'amour ou même la colère, la haine, la tristesse, la crainte dans ses yeux. Tout, sauf son regard sans expression.

S'il lui révélait sa véritable identité, allait-il rester de marbre ou parviendrait-il à éveiller une réaction chez lui ?

Il serra ses poings. Il avait tellement envie de lui dire mais il avait peur. Peur que cela ne fasse aucun effet, que cela ne change pas les choses.

Wolfram… Wolfram… Wolfram… Ses pensées n'étaient hantées que par lui, n'étaient occupées que par lui.

« Wolfram… Et si… Et si je te disais… » Hésita-t-il. « Si sa majesté Yuuri venait t'aider… Qu'est-ce que tu en penserais ? »

Toujours sans expression Wolfram se tourna vers lui. « Yuuri ? M'aider ? Pourquoi voudrait-il m'aider ? »

« Peut-être parce qu'il est ton ami. » Répondit-il contrarié.

« Il est bien mieux au château. Il n'a pas de temps à perdre avec moi. »

À ces mots, Yuuri ne put s'empêcher de lui poser cette question : « Tu ne sembles pas lui en vouloir… »

« Lui en vouloir ? Mais pourquoi ? »

« Parce qu'il t'a fait du mal. »

« Oui, c'est vrai… J'ai eu mal… Quand j'y pense, mon univers entier s'est écroulé ce jour là. Il était ma plus grande faiblesse mais aussi ma plus grande joie. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un lointain souvenir comme si ça faisait partie d'une autre vie. »

À ces mots, Yuuri eut l'impression que son cœur saignait tant la douleur était grande. Au fond, il était bien égoïste car il ne voulait pas que Wolfram perde ses sentiments pour lui. Cela lui faisait bien trop mal. Ce qu'il avait dit à Conrad était la pure vérité… Il ne pouvait pas vivre loin de Wolfram, sans lui ou sans son amour. Il faisait partie de son quotidien et il avait besoin de lui. Yuuri se rendait bien compte qu'ils n'étaient pas seulement de simples amis, ce qu'il ressentait était bien plus fort… Il avait peur… Il ne voulait pas perdre Wolfram, perdre ses sentiments. Combien sa vie serait triste et vide de saveur sans lui ?

« Alors tu ne m'en voudras pas si je fais ça ! » Dit-il sans réfléchir tout en prenant la fine chaine en or qui avait pour pendentif une amulette et l'arracha de son cou d'un geste brusque.

Une lumière aveuglante les entoura et Wolfram fit un pas en arrière tout en protégeant ses yeux derrière ses bras. Lorsque la lumière se dissipa, il se redressa et baissa les bras. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit ce qui se trouvait devant lui. Des yeux noir onyx le fixaient à la fois avec appréhension et détermination.

« Yuuri… » Souffla-t-il.

TBC

Bon, vous n'êtes pas obligé mais si vous vous sentez de m'en laisser une, ce sera avec joie que je lirai votre review :)

A bientôt !