Salut à tous, voici un nouveau chapitre, qui s'intéresse davantage à la jeune carrière de Blaine. J'espère que vous apprécierez.
mmlabr : merci pour ton commentaire. J'avoue que ce que tu m'a écris m'a un peu fait réfléchir, notamment sur la tristesse de Kurt, et même si j'ai quelques chapitres d'avances, j'ai modifié quelques trucs pour ne pas en faire un personnage déprimant.
Chapitre 10 : Enchanté
Tic. Toc. Tic. Toc. Le bruit de l'horloge dans la salle d'attente du cabinet de Richard Bennet allait rendre fou Blaine, il ne pouvait plus réfléchir. Le producteur était en retard et le brun se demanda s'il ne ferait pas mieux de partir. C'était peut être un signe, il ne devait pas le rencontrer, ce rendez-vous courait de toute façon à la catastrophe. Il n'avait pas retrouvé son boxer porte-bonheur, son scooter n'avait pas démarré, il avait dut prendre le métro et s'était trompé dans les lignes, ce qui l'avait fait paniqué et il avait dût demander à plusieurs personnes son chemin. Malgré tout il était arrivé à l'heure. En sueur, mais à l'heure. Il avait trouvé l'immeuble assez facilement aidé par une pancarte assez imposante signalant l'activité de l'entreprise, au dessus de la porte noire de l'office. Blaine stressait. Il ne s'était pas suffisamment préparé mentalement même si la secrétaire du producteur avait assuré à Kurt que ça ne serait qu'un simple entretien, pour prendre connaissance, il se doutait que celui-ci lui demanderait de jouer ou chanter.
Le téléphone sonna. Pas le sien, celui de la secrétaire du cabinet qui décrocha avec une mauvaise volonté évidente. La femme l'avait accueilli froidement, Blaine comprit qu'il l'avait dérangé dans ses activités (elle avait rangé son nécessaire à manucure précipitamment).
- « Ah Richard. Oui votre rendez-vous de 14 heure est arrivé. Oui il était à l'heure. Il s'excuse du retard. » Dit la secrétaire en s'adressant au bouclé. « Oui je vais lui dire. A plus tard. » Elle raccrocha le téléphone sèchement. « M. Bennet est en retard. Il vous demande de l'attendre encore quelques minutes. Il ne devrait plus être très long.
- Ah ok. Bon, je vais attendre alors » répondit Blaine en souriant.
Le brun essayait de se contenir, de rester impeccable devant la rousse qui allait surement faire un rapport sur son comportement à son patron, mais il ne put se retenir de se ronger les ongles et de se triturer les peaux mortes de ses mains. L'attente était vraiment interminable et une angoisse grandissait dans son ventre. Blaine s'enfonça un peu plus dans son siège.
La porte s'ouvrit à la volé et un petit homme dégarni entra joyeusement dans l'office. Il souhaita le bonjour à la secrétaire, accrocha sa veste noire sur le porte manteau et s'exclama :
- « Quelle chaleur mes enfants! Cette ville est un vrai four en été, chaque année c'est pire. Ou c'est moi qui devient trop vieux... En fait c'est surement les deux. ». Richard Bennet fit un clin d'oeil à Blaine et l'invita à rentrer dans son bureau. « Candice, vous m'apporterez mes messages et un peu de thé.
- Lequel monsieur?
- Celui à la menthe; vous aimez le thé Monsieur Anderson? Sinon Candice peut vous apporter autre chose à boire ou à grignoter.
- Le thé sera très bien, merci » répondit Blaine poli.
- « Bien. Bon venez».
Richard Bennet poussa la porte de son bureau et Blaine ne put s'empêcher de penser au bureau d'Estelle Leonard, l'agent de Joey dans « Friends », la même déco ringarde et le même désordre. Si cette pièce n'était pas des plus accueillantes, la poussière formant de ça et là des moutons, le producteur l'était. Blaine n'avait jamais rencontré une personne si chaleureuse et joviale de sa jeune vie. L'homme qui devait avoir dépassé les quatre-vingt ans était parti dans un long discours sur le climat aride de l'été New-yorkais, sur ses problèmes de santé qui le firent dériver sur la santé morose de l'industrie du spectacle ces dernières années. Le brun n'avait put énoncer un mot, il se contentait d'acquiescer. Quel personnage, se dit Blaine.
- « Monsieur? » osa Blaine.
- Oui, mon p'tit? Je ne dis pas ça par rapport à votre taille, moi même n'étant pas très grand. Ne soyez pas offenser.
- J'ai l'habitude, vous savez... Je voulais vous parler de notre entretien.
- Ah oui, je m'excuse, je divague. Alors qu'est ce qui t'ammènes?
- Je...
- Candice, il arrive quand ce thé, on vous attends, mon p'tit!
La rousse entra dans le bureau en jetant un regard noir à Blaine et un sourire plein d'hypocrisie à Richard. Elle posa le plateau et repartit aussitôt à ses « obligations ».
- « Vous voulez du sucre?
- Oui, merci.
- Là, on peut commencer. Allez-y, épatez-moi! Chantez moi un truc qui vous met en valeur... »
Blaine était pris au dépourvu, il se renversa un peu de boisson chaude sur le pantalon, qu'il épongea tant bien que mal avec un mouchoir qui trainait au fond de sa poche. Il se motiva, se leva et commença à chanter « Don't Stop Me Now » de Queen. Tout se passait bien, sa voix était claire et il avait réussit à faire quelques pas de danse, jusqu'au moment ou Richard l'interrompit.
- « Très bien, très bien" s'exclama le producteur en tapant dans ses mains.
- " Vous ne voulez pas que je finisse ma chanson?
- Ça suffira. C'était très bien, mais pourquoi cette chanson?
- Elle me représente bien. Enfin, je pense » murmura Blaine confus.
- Je vois. Si je peux te donner un conseil : va au bout des choses. J'ai trouvé ça un peu tiède, tu n'étais pas dans le personnage. Je sais pas, tu aurais put jouer l'intro au piano comme Freddie en son temps, tu sais je l'ai vu à Wembley en 1986 et c'était quelquechose...
- Mais il n'y a pas de piano ici.
- Je sais. Justement. Tu aurais put prétendre qu'il y avait un piano devant toi et commencer ton numéro comme ça. Je sais que mon bureau n'est pas grand, mais un acteur doit pouvoir s'adapter à toutes les situations.
- Vous trouvez que je suis mauvais? » répondit Blaine dépité, la confiance au plus bas.
- Non, pas du tout. Je n'ai jamais dit ça. Je pense que tu as vraiment du potentiel, mais tu vas devoir bosser. En plus tu es joli garçon, dans ce métier ça aide ».
Blaine ne savait pas comment prendre la réflexion de Richard et préféra ne pas répondre.
- Je pense qu'on peut faire quelquechose de toi. Ou plutôt quelqu'un. » Richard but une gorgée de thé et réfléchit. « Je ne suis pas agent, d'ailleurs je n'ai pas beaucoup de respect pour eux, ces escrocs... Normalement je ne m'occupe pas des jeunes talents comme toi, mais bon tu me sembles être assez bon et sympathique, et je dois une faveur à Rosie.
- Pardon?
- Rosie Fletcher. Elle m'a appelé il y a quelques jours et m'a parlé de toi. Elle était tellement enthousiaste sur ton spectacle. Un spectacle pour enfant c'est ça. Elle m'a dit avoir été bluffé par ton mime Marceau.
- Vous saviez qui j'étais avant que je vous appelle?
- Oui.
- D'accord. Vous voulez quand même mon CV » demanda le bouclé en montrant le dossier qu'il avait posé sur le bureau. Il avait passé la soirée à le peaufiner, il serait dommage et un peu vexant que le producteur ne le regarde pas.
- « Non, pas besoin. J'ai vu aujourd'hui tout ce que je voulais voir », répondit Richard en jouant avec un stylo. « Tiens, c'est mon numéro de portable », dit le producteur en tendant une carte de visite au brun. « Vas voir Candice et donne lui tes coordonnées que je puisse te joindre si je trouve quelquechose pour toi.
- Merci Monsieur! C'est vraiment génial, vous ne le regretterez pas!
- J'espère. On en est pas encore là, on verra comment ça va avancer. Bonne chance Blaine et appelle moi Richard, tu fais parti de la famille maintenant. »
La rame de métro était bondé. Il était encore tôt dans l'après-midi et Blaine se dit qu'il serait bien d'aller remercier Kurt pour son aide. Après tout c'était grâce à lui qu'il avait eut le courage d'appeler Richard, il l'avait soutenu. La veille quand il était entré dans le salon et qu'il avait trouvé le châtain avec Louis autours d'une table à travailler, il était gêné de demander à Kurt de l'aider pour l'appel. Il se doutait que le jeune chef d'entreprise et le pâtissier avait discuté de ce qui s'était passé à la soirée et plus tard. Il avait crut sentir une légère tension même si les deux hommes s'efforçaient de rester courtois. Quoiqu'il en soit Kurt avait semblé ravi d'apporter son soutien et l'avait encouragé comme un véritable ami. Ils avaient parlé de la belle époque du lycée, des compétitions de glee clubs et après une heure de négociation, Kurt avait téléphoné au numéro noté sur la carte de Mrs. Fletcher et avait pris rendez-vous avec le producteur pour Blaine, trop peureux de faire une faute au téléphone. En repensant à tout cela, le bouclé sourit et dans le reflet de la vitre sale du wagon il vit une jolie brune avec des lunettes trop grande lui rendre la pareille. Elle détourna les yeux quand le regard du brun croisa le sien. Blaine descendit à l'arrêt suivant et salua la fille de la main. Elle sourit.
L'air irrespirable du métro laissa place à celui tout aussi irrespirable de la rue. Il fut soulagé quand il atteignit le salon de thé 5 minutes plus tard et apprécia grandement l'air climatisé de celui-ci. Il ne faisait que passer, il avait promis à Louis d'aller le chercher après son entretien pour que tous deux fassent une balade dans Central Park, ainsi il fut heureux de tomber sur Kurt, qui courait dans tous les sens comme à son habitude. Le châtain était vêtu d'une chemise vichy bleu, qui rappelait la couleur de ses yeux, dont il avait retroussé les manches jusqu'au dessus de ses coudes et d'un jean parfaitement taillé qui épousait délicatement ses formes. Le chanteur se demandait comment un garçon aussi beau pouvait être célibataire, ce dernier avait toutes les qualités pour plaire, il devait avoir un vice caché comme cette magnifique voiture qu'il avait acheté avec son père à un prix défiant toute concurrence et qui avait cassé à peine quelques semaines plus tard, à cause d'un problème qu'ils n'avaient pas décelé lors de l'achat et du premier essai. Les deux hommes avaient dut la réparer ensemble pendant quelques mois, c'était une des meilleures périodes de sa vie pensa le bouclé. Blaine ne savait pas si cette métaphore était valorisante mais quoiqu'il en soit Kurt restait un mystère pour lui.
- « Hey! Ça va?
- Oui, euh attends 2 petites secondes, je dois régler un truc. Gary viens voir » cria le châtain au serveur débutant, ce qui lui causa une mal de tête étourdissant. Kurt s'éloigna de quelques pas du brun et donna des instructions à Gary, qui visiblement ne savait pas encaisser correctement. Il demanda à une autre serveuse de superviser son collègue, et revint vers Blaine. Kurt était épuisé, il n'avait pas dormi de la nuit. Steve et lui était avaient écumé les bars et club de Manhattan, des plus selects au plus craignos, ils s'étaient vraiment amusés mais la gueule de bois était difficile à surmonter. D'ailleurs Kurt ne se rappelait que partiellement des événements de la soirée, les bracelets et autres tampons sur ses bras étaient ses seules repères. Il dut se concentrer quelques secondes pour se rappeler pourquoi le bouclé venait le voir, il semblait si joyeux. Ah oui, l'audition! « Alors comment ça s'est passé?
- Bien, super bien en fait. Quoiqu'un peu bizarre, le type est un peu fou, mais il a l'air de s'y connaitre.
- Cool. Et il t'as proposé...
- Non pas encore. Normalement il ne s'occupe pas des artistes, il est producteur et pas agent, d'ailleurs il m'a fait comprendre qu'il me faisait une faveur. Je crois que je lui ai plut, mais en même pendant que je chantais « Don't Stop Me Now »...
- T'as pas chanté du Queen quand même?!
- Si. C'est quoi le problème? J'adore cette chanson moi.
- Moi aussi mais c'est trop cliché. Je t'avais dis de prendre un truc plus moderne, genre Rihanna ou...
- Oui mais non » l'interrompit le bouclé. « Ça me corresponds pas, c'est pas moi. De toute manière ça a marché.
- Félicitation alors, j'aurais peut être dut commencer par ça » dit Kurt en regardant Blaine du mieux qu'il pouvait malgré sa migraine qui lui faisait plissé les yeux.
- « Merci » répondit Blaine. Il rougit. « Bref, voilà quoi... Je dois y aller, Louis m'attends, on va fêter ça.
- Ok », dit Kurt un peu déçu. « Bon j'y retourne alors. A la prochaine!
- Tu veux venir avec nous, essaya Blaine pour se rattraper. On va aller à Central Park, Louis m'a promis une glace au bord du plan d'eau. Ça le gênera pas si tu es là. », ça c'est maladroit pensa Blaine.
- Non t'inquiète. J'ai encore plein de boulot. Une prochaine fois?
- T'as intérêt. Je te lâcherais pas » souffla le bouclé en se rapprochant de l'oreille de Kurt.
- « On verra ça » répondit le châtain troublé par ce soudain rapprochement.
Kurt sourit, heureux de la réussite du bouclé et siffla joyeusement en nettoyant la table sur laquelle était posé des tasses et des assiettes laissées par les clients. Son plan marchait à merveille. Petit à petit, il se rapprochait de Blaine et il n'y avait rien de mieux que ce sentiment d'allégresse pour guérir une gueule de bois.
