Playlist : Oblivion, Bastille – Demons, Imagine Dragons – Getaway, The Music – Torn Apart, Bastille – Black Out The Sun, Darren Hayes

Hi there !

La rentrée approche, mon travail n'avance pas, j'ai pas écrit une ligne depuis un moment, MAIS je suis là pour vous donner la suite de ma fiction ! Un ENORME MERCI à tous ceux qui prennent le temps de laisser une review, elles me font plus que plaisir et me donnent confiance ! Vous avez explosé le compteur ! Continuez !

Merci à cat240, centdix, Babou, ninisse, brigitte26, Daidaiiro30, Hinanoyuki, Nihona et Dana.

cat240 : Greg est mort oui, euh… je me demande si je l'avais mentionné avant, tiens ! Théo aura sans doute son rôle à jouer, surprise pour la suite. Merci de ta review.

Babou : Merci pour tes compliments, ils me font très plaisir ! Les réponses dans la suite… Mais pas aujourd'hui ) Bisous

ninisse : Arg tu as désactivé les réponses aux mp, pas moyen de te répondre via le site ! Moi aussi j'ai peur de me perdre parfois avec tout ce monde :p mais je mets tout en œuvre pour savoir exactement où est chacun à quel moment. Un boulot monstre ! J'espère que la suite te plaira.

Daidaiiro30 : T'inquiète, Charlie s'est ramené comme un grand dans ma fic, il était pas prévu… Jusqu'à ce que je me souvienne que Luna était en Roumanie. Voila voila. Théo non plus n'était pas prévu, c'est te dire à quel point cette fic est pleine de surprises ! XD Bonne lecture !

Dana : Ola que de compliments ! Où me mettre ? Je m'applique pour écrire, mais je dois dire que j'ai une bonne bêta aussi qui me fouette quand je fais trop de répétitions…J'essaie de m'appliquer au maximum pour ce que je raconte soit cohérent ou donne en tout cas l'impression que tout est viable. Tu as bien pointé les mots : logique sociologique et résistance. Drago en est un bon exemple : la résistance passive ) Mais je m'égare (légèrement, je veux éviter de faire une intro trop longue…). Je n'ai malheureusement pas le talent de JKR, en tout cas, j'essaie de ne pas (trop) dénaturer son travail ! Je me suis éclatée à écrire le passage sur le Felix Felicis, faire un personnage qui plane… Quant à Drago, des fois j'ai envie de le secouer tellement il est dans sa léthargie… Mais ça va aller mieux ! Bisous et bonne lecture !

Et en route pour un chapitre que je pense que vous allez beauuuuucoup aimer… En tout cas, ma scène favorite est dedans ! =D


IX. Correspondances

5 novembre 1998

Paris, France

Drago se souvenait parfaitement, avec une acuité acérée, des mois qui avaient suivi cette conversation avec Harry. Il voyait encore la douceur de son sourire, ses piques, les caresses anodines volées à n'importe quel prétexte. Il l'avait compris dès cet instant : il était possible que ses sentiments envers le brun dépassent la simple amitié. Pourtant, il n'avait jamais rien tenté, ni avancé. Et, même s'il le regrettait aujourd'hui, leur relation avait évolué tranquillement, prenant une tournure où ni lui ni Harry n'avaient envie de se planter. Le temps aidant, il avait développé de tendres pensées pour le brun, qu'il découvrait sous un nouveau jour. Le temps aidant, il avait appris à connaître ce jeune homme, ce brun qui lentement était devenu l'objet de ses attentions et de son désir. Le temps aidant…

Allongé sur son lit, il passa une main fébrile sur son front.

Il avait encore rêvé de lui, revoyant ces instants volés au détour des couloirs, les sourires et le flirt plus ou moins visible qu'ils entretenaient lors de cette sixième année. Avec un rictus désabusé, il se rendit compte que son esprit avait transformé à son avantage le moment où il avait appris qu'Harry était homosexuel. Cette fois-ci, dans les méandres de son cerveau, le jeune brun lui avouait qu'il aurait voulu passer une nuit dans ses bras plutôt que d'admettre que sa première fois avait été avec Justin Finch-Fletchley après une retenue de potions.

Drago pouffa alors qu'il revoyait la tête de son « ami » lors de cette confession. Le regard fuyant, les doigts maltraitant le bois de la table à laquelle ils étaient assis, c'était sorti comme ça, comme un dernier souffle, alors qu'ils cherchaient à en apprendre plus sur l'autre – sous couvert de discussion commune sur « les filles et autres expériences amoureuses ». D'abord Drago avait été surpris, il avait senti ses joues rougir à l'image puis ses lèvres trembler légèrement sous le coup de l'émotion – et l'envie de l'embrasser. Pour rassurer Harry, il avait nonchalamment répondu qu'il ne savait pas ce que valait Flinch-Fletchley, mais qu'en revanche, McLaggen n'était pas si mal. Harry avait soudainement relevé les yeux, presque choqué par cet aveu, puis avait éclaté de rire. Drago l'avait suivi, et leur relation s'était allégée. Pas leur flirt, bien au contraire.

Des coups répétés à sa porte le sortirent de ses réminiscences. Drago s'accorda une seconde pour chasser ses pensées et se leva. Il attrapa au passage une chemise froissée qu'il enfila, puis ouvrit la porte. Face à lui, Judith l'attendait, droite sur ses hauts talons. L'Anglais referma rapidement mieux sa chemise et la rentra dans son pantalon comme par réflexe, bien trop débraillé face à la femme en tailleur mordoré. Celle-ci se rendit compte de l'effet qu'elle causait chez le jeune homme et lui accorda un sourire indulgent avant de retrouver tout son sérieux.

— Nous t'attendons en salle de réunion.

La résistante tourna les talons et repartit dans les couloirs, laissant ainsi le temps au jeune homme de correctement se vêtir avant de les rejoindre. Drago se dépêcha, se coiffant d'une main dans les cheveux. Si Judith venait elle-même le chercher à sa chambre, c'était que les choses étaient en train de bouger. Il parcourut la centaine de mètres de souterrains, rejoignant dans le même temps Severus qui semblait l'attendre au détour d'un couloir. L'ancien professeur le salua d'un signe de tête et ils pénétrèrent ensemble dans la pièce qui servait officiellement de lieu de rassemblement. Étaient déjà présents plusieurs membres de l'organisation ainsi que le médicomage-en-chef, assis à la droite de Judith. La femme désigna les chaises libres autour de la table et les deux Anglais s'installèrent. Sur la simple table de bois attendaient des dossiers où l'on pouvait parfois voir une ou deux photos, plusieurs journaux français et étrangers ouverts à différentes pages. Et, posés par-dessus ces différents éléments, deux boitiers noirs, plus petits que la main. Drago fronça les sourcils, il avait déjà vu quelques part ces objets.

Auber sortit sa baguette et la pointa sur la porte pour y lancer un Collaporta et un Assurdiato afin d'éviter toute fuite.

— Nous sommes tous là. Ce que vous allez apprendre ne doit être communiqué à personne d'autre.

Tous hochèrent la tête. Malgré leur organisation solide et réactive, le doute persistait quant à d'éventuelles trahisons en leur sein-même, toutes les précautions étaient prises pour que les informations ne soient pas facilement accessibles. Le médicomage baissa sa baguette et la reposa devant lui. Judith se tourna vers l'assemblée.

— Nous allons entrer en phase de contact.

Les corps se tendirent à cette annonce. Depuis quelques temps, tous attendaient impatiemment le moment où ils pourraient enfin communiquer avec leurs alliés à l'étranger, Angleterre comme le reste du monde.

— Ceci, commença Auber tout en prenant l'un des boîtiers sur la table, est un téléphone portable. C'est un objet dont se servent les Moldus pour communiquer à distance entre eux. Cela fonctionne sans magie.

Certains autour de la table hochèrent la tête tant d'appréciation que d'étonnement. Même privés d'une chose si fondamentale et essentielle que la magie, les moldus réussissaient à répondre à leurs besoins. Auber manipula prudemment celui qu'il tenait.

— Celui-ci sera donné à Messieurs Potter et Weasley à New York.

— Sans vouloir t'offenser Auber, commença un vieux sorcier à l'air sombre dont Drago n'avait jamais à réussi à retenir le nom, comment vas-tu faire pour lui faire quitter le pays avec l'embargo ?

Le brun lui répondit sans s'offusquer de la remarque, il savait qu'on lui poserait la question.

— C'est un Moldu qui leur fera parvenir.

Quelques cris indignés s'élevèrent.

— Un Moldu ! Confier notre avenir à un simple Moldu ! commença une femme dont le visage était couvert de taches de soleil. Vous ne pouvez pas être sûr qu'il nous croira ni qu'il fera ce qu'on lui demandera !

— Et comment trouvera-t-il ces jeunes gens ? Et leur donner cet appareil ? Nous ne sommes pas assurés qu'il suive les consignes !

Judith leva une main autoritaire, exigeant le silence.

— Ce Moldu sera sous Imperium, annonça-t-elle sans aucun remord dans la voix.

Un silence pesant, puis de nouveaux cris outrés.

— Un Impardonnable !

— Le Gouvernement saura si un individu soumis à la magie quitte le territoire !

— Un Imperium, honnêtement ? Avez-vous perdu l'esprit ? Il sera arrêté dès qu'il tentera de passer la frontière !

— Sauf s'il est soumis à un procédé d'effacement magique, ce que vous auriez appris si vous ne vous étiez pas mis à crier comme des gorets que l'on égorge.

La voix froide de Severus Rogue calma immédiatement les ardeurs des participants. À ses côtés, Drago avait serré les poings à l'annonce du plan. Pourquoi est-ce qu'il n'irait pas, lui ? À plus forte raison si Severus avait trouvé un moyen de rendre la magie indétectable ? L'homme sembla lire dans ses pensées car il continua :

— Je viens de terminer mes recherches concernant une potion permettant de masquer assez fortement la trace magique. Toutefois, elle n'est pas encore assez aboutie pour effacer la source magique présente en chaque sorcier. Un Imperium est certes un Impardonnable, mais il reste un sortilège. Le Moldu qui y sera soumis passera sans difficulté aucune les contrôles du Gouvernement pour quitter le pays, termina-t-il d'un ton froid.

Le vieux sorcier se tourna vers lui.

— Êtes-vous sûr de votre potion ?

Severus lui répondit d'un sourire qui aurait pu faire pleurer le plus dur des hommes.

— Bien évidemment, aucune certitude sans test.

Sa réponse sembla contenter l'homme qui se recula sur sa chaise. Judith Blanc se tourna à son tour vers le Maître des Potions et posa son regard sur lui, par-dessus ses lunettes en écaille.

— Nous sommes bien évidemment d'accord pour qu'une telle… découverte… soit détruite à l'instant où elle n'aura plus lieu d'exister.

Drago fronça les sourcils avant de comprendre : s'il était possible de rendre indétectable toute magie, le risque était bien trop grand pour que cette potion tombe entre de mauvaises mains. Il ne manquerait plus que ça. Severus se contenta de hocher la tête pour manifester son accord.

— Bien, ce téléphone ira à Harry Potter et Ronald Weasley, Auber se chargera de ce point.

— Excusez-moi, mais… commença un petit grassouillet. Il y a un second boî… un second téléphone sur la table.

Les regards se portèrent de nouveau sur le petit appareil qui attendait sagement. Judith se retourna vers les deux étrangers, plus particulièrement Drago.

— Vous n'êtes pas sans savoir que depuis deux mois quelqu'un se faisant appeler « Thémis » met à mal les politiques ségrégatives de Lucius Malefoy. Depuis le mois d'octobre, nous essayons de rentrer en contact avec cette personne…

— Via les communications moldues, compléta Drago, comprenant maintenant la présence de l'appareil.

Auber hocha la tête, puis poussa le téléphone vers lui. Le blond écarquilla les yeux.

— Pour l'instant, nous n'avons eu aucune prise de contact avec cette personne, les demandes de contact étant cachées dans les petites annonces de l'Écho. Nous pensons toutefois que Thémis pensera à se documenter sur les situations étrangères et se procurera nos journaux.

— Mais pourquoi vous… tenta Drago.

— Nous pensons, l'interrompit Severus, que si jamais il ou elle venait à nous contacter, il faudrait que ce soit un interlocuteur anglais qui lui réponde. Tant pour la compréhension linguistique que pour montrer qu'il reste des compatriotes résistants dans le monde.

Les yeux fixés sur Drago, il appuya son discours en mettant ostensiblement le téléphone dans la main du jeune homme. Drago n'en revenait pas. On lui confiait une mission importante, à lui, lui qui avait été si lâche auparavant. Ses doigts se replièrent sur l'objet, une curieuse détermination s'emparant de son cœur. Il était maintenant actif. Il releva ses yeux gris vers Judith et Auber et hocha la tête, conscient qu'il deviendrait l'éventuel interlocuteur entre Thémis et la Licorne.

— Pour appeler tu dois taper le numéro puis appuyer sur le bouton vert, lui expliqua Auber tout en montrant les touches. Si ça sonne ou vibre, tu dois appuyer sur le vert, pour couper tu dois…

Il s'interrompit soudainement quand le téléphone se mit à vibrer dans la main de Drago. Celui-ci manqua de le lâcher de surprise alors que les premières notes électroniques de l'Hymne à la Joie emplissaient la salle, dans le silence stupéfait et presque effrayé des sorciers présents. Déglutissant, Drago regarda l'appareil qui s'était allumé dans sa main. Un appel était en cours.

— Il y a marqué Londres sur l'écran, lâcha-t-il tout en essayant de calmer son rythme cardiaque.

— Le bouton vert, puis mets-le à ton oreille, conseilla rapidement Judith, toute aussi impatiente que le reste de l'assemblée. Attends que la personne parle.

Le blond obéit. Du bout du pouce, il pressa la touche verte, acceptant l'appel, puis mit l'appareil à son oreille. Une seconde, puis deux passèrent dans le plus grand silence alors que tout le monde retenait son souffle. Puis une respiration se fit entendre, comme un soupir ravalé.

— Je pense que vous avez essayé de me contacter, dit la voix transformée à l'autre bout du fil.

Pourtant, il n'eut aucun mal à reconnaître ces intonations qu'il avait entendu de longues années à Poudlard, et faillit, une nouvelle fois, lâcher le portable.

— Hermione ?!

oOo

J'avais franchi le pas. J'avais tourné le dos à une époque, à des personnes. J'avais fait mon choix. La sixième année était finie, j'avais définitivement quitté Poudlard. Dès mon retour au Manoir, j'avais fait part de mes intentions à mon père : ne pas m'impliquer, disparaître de la vie officielle tant que le Lord n'aurait pas vaincu. Hors de question de lui donner ma position officielle : celle de ne pas me mêler de la guerre, que ce soit pour l'un ou pour l'autre. Parce qu'il était le bras droit de Voldemort, qu'il n'avait pas besoin de moi, et qu'il pensait me mettre à l'abri de toute blessure, il avait accepté. J'avais le droit dorénavant de quitter le Manoir pour vivre ailleurs. Mère avait été un peu plus récalcitrante, pensant que je serais bien mieux avec eux, mais maintenant que j'étais majeur, je n'avais plus cette obligation, ni la Trace m'interdisant toute magie.

J'avais donc emménagé dans ma garçonnière de Manchester, appartement dans lequel j'avais personnellement investi pour mon seizième anniversaire afin d'en faire un lieu de refuge, pour marquer mon indépendance. Mes parents m'avaient lâché la grappe. Ils prenaient parfois de mes nouvelles, m'en donnaient en retour, mais ils me laissaient vivre ma vie en attendant que Voldemort ne domine l'Angleterre.

J'étais donc là, seul devant le feu mourant de ma cheminée, à penser à ce que j'avais fait.

J'avais tourné le dos à ma famille, non officiellement. Mais j'avais aussi tourné le dos à mes amis et à Harry. Je n'avais prévenu ni Pansy, ni Théodore, ni même Blaise, isolé, de mes projets, n'ayant pas envie de me faire traiter de lâche ou de traître. Le seul à savoir que je ne reviendrais pas à Poudlard, c'était Harry. Il avait souri douloureusement quand je le lui avais dit mais… mais il avait compris. Il ne m'avait pas insulté, il ne m'avait pas enfoncé, il m'avait juste souhaité bonne chance.

Il m'avait pris dans ses bras et m'avait serré fort contre lui. Mon cœur s'était violemment contracté et j'avais tremblé d'émotion et de peine, mais avais rendu son étreinte, aussi fortement que possible pour une première et dernière fois. L'instant avait paru infini. Jusqu'à ce que je sente sa chaleur me quitter doucement, deux mains glisser dans les miennes, puis deux lèvres se poser lentement à la commissure des miennes, brûlantes et légèrement tremblantes. J'avais penché la tête contre la sienne, collant nos joues ensemble, et il s'était reculé, doucement, avec précaution, nos visages se touchant toujours. Nos joues, nos nez, dans une douce caresse. Nos regards s'étaient croisés, je n'avais pas osé me pencher vers lui pour retourner ce baiser presque innocent. J'avais laissé nos corps s'éloigner, nos doigts se quitter, nos visages se perdre. Et il avait reculé avec un triste sourire.

À un de ces quatre… je l'espère.

Ouais… lui avais-je soufflé, le regard dans le sien. À un de ces quatre.

Puis nous nous étions quittés, sur cet aperçu de ce qu'aurait pu devenir notre relation avec le temps.

Il me manquait.

Tout le temps.

Où était-il ? Que faisait-il ? Allait-il bien ? Père m'avait appris dès septembre qu'il n'était pas retourné à Poudlard, comme ses amis. J'avais alors compris la raison de cet au revoir. Si je ne revenais pas, lui non plus ne comptait pas le faire. Alors ces adieux avaient été réciproques. Je partais, lui aussi.

J'aurais pu le suivre, être à ses côtés, rejoindre la résistance. Mais je ne le pouvais pas. Non. Je voulais qu'on me laisse tranquille.

Il m'avait fallu du temps avant de comprendre que malgré toute mon envie de ne pas intervenir dans la guerre, je ne pouvais pas détourner les yeux de l'avenir incertain qui attendait l'homme que j'aimais.

Oui, je l'aimais. Je l'avais compris bien vite, dès les premiers jours d'incertitude et d'absence. Mais je ne lui avais pas dit. Et je ne comptais pas encore le faire, pas sans le revoir. Dès le premier mois, je n'avais pu me retenir : je lui écrivais. Je savais bien que ce n'était pas prudent, que je ne devais pas le faire, mais j'avais besoin de ce contact, aussi ténu soit-il.

Quand je repense à cette première lettre, j'ai honte… J'ai tout aussi honte de ma réaction quand sa réponse m'était parvenue.

« Tu me manques. D. »

« J'ai rêvé de toi. Très fort. H. »

C'était d'un Poufsouffle. C'était d'un pervers. J'avais rougi éhontément en lisant ses mots, imaginant ces instants qu'il avait vécus. Court message, mais clair.

Cette nuit-là, j'avais moi aussi rêvé de lui. Très fort.

Puis on avait continué nos petits messages, ambigus, timides parfois. Rien de clair. Rien de compromettant.

Vers le mois d'octobre, j'avais fait mon premier cadeau à Harry. Un jonc d'or. Couvert de runes, il apaisait les esprits et les douleurs. Je l'avais récupéré au Manoir lors d'une visite chez mes parents, suite à une lettre où il m'avait avoué souffrir de nouveau à cause de sa cicatrice. Je savais que cet anneau traînait quelque part dans les coffres et les placards de ma demeure et savais aussi que son absence passerait inaperçue. À raison.

« Merci de tout mon cœur. Je pense à toi, chaque jour. H. »

Pour la première fois depuis des mois, je m'étais senti fier de mes actions. J'avais fait le bien.

Nos vraies lettres, parfois plus longues que les missives sentimentales, n'étaient pas courantes. À demi-mot, au fil de quelques confidences, je comprenais que les autres étaient au courant pour nos lettres, qu'ils ne me repoussaient pas, qu'ils ne jugeaient pas mon absence. Ron et Hermione, que j'avais appris à nommer par leurs prénoms tout au long de l'année 1997, étaient auprès de lui, l'aidaient. Il m'avait aussi avoué que Blaise et Greg les avaient rejoints, les accompagnaient. L'Ordre du Phénix agissait.

Ils œuvraient pour la paix. Et moi je lisais les lettres.

Ils mettaient leur vie en danger. Et moi j'attendais devant ma cheminée.

Je n'étais qu'un lâche.

Je n'étais qu'un bon à rien.

Même Greg, ce Grégory Goyle, celui que j'avais longtemps considéré comme un moins que rien, un gorille sans cervelle et sans ambitions, agissait et faisait le bien, assumait ses choix.

Et moi je lisais les lettres d'Harry.

« Je ne t'en veux pas. H. »

« J'ai envie d'être dans tes bras. H. »

« Sois prudent. H. »

« Je te préfère en sécurité. H. »

« J'ai peur, j'aurais voulu que tu sois là. H. »

Alors, pour me sentir moins misérable, sans renier mon choix de neutralité – après tout, je n'aurais été qu'un imbécile si je changeais tout le temps d'avis, non ? – je me mis à aider, discrètement, officieusement. Je volais quelques artefacts au Manoir, je brassais potions et remèdes, j'utilisais mon argent pour « fournir ». J'essayais de faire disparaître ce sentiment qui menaçait de me faire vomir à chaque fois.

Et je continuais à écrire à Harry.

Jusqu'à cette dernière lettre du 2 mai 1998.

oOo

21 janvier 1999

New York, États-Unis d'Amérique

Les jambes comprimées par le siège devant lui, Drago rongeait son frein. Depuis à peu près huit heures, le blond se sentait à l'étroit, mal à l'aise, le cœur battant de plus en plus fort. Son voyage touchait à sa fin, comme le lui fit comprendre la voix dans les haut-parleurs. Le blond regarda à travers le hublot d'un œil fébrile. New York. Il y était.

L'atterrissage le stressa tout autant que le décollage, interrompant efficacement le fil de ses pensées et il ne retrouva partiellement son calme que pieds à terre. Ce n'est qu'une fois passées les barrières de sécurité puis sorti de l'aéroport qu'il se permit de souffler. La potion de Severus avait prouvé son efficacité, en témoigne son voyage réussi jusqu'à la Grosse Pomme : embarqué à Orly sans aucun problème, comme tout Moldu, il avait pris un direct pour New York. Par précaution, il avait utilisé auparavant sa baguette pour se teindre les cheveux en brun. Il passait certes dans le monde moldu mais l'avis de recherche à son sujet était toujours actif et menaçait la réussite de leur plan.

Dès que Severus avait annoncé avoir trouvé la recette et la formule pour masquer la trace magique des sorciers, il avait demandé à être envoyé en récupération. Il voulait y aller, il voulait le revoir. Impérativement. Ce serait lui et personne d'autre qui irait chercher Harry à New York. Severus n'avait pas été long à convaincre, Judith et Auber bien plus. Depuis la prise de contact avec Thémis, Hermione, il n'avait pas chômé. Il appelait régulièrement l'Angleterre pour le compte des dirigeants de la Licorne, il faisait les rapports de situation, proposait des actions, réfléchissait sur des ressorts politiques. Mais là, il avait plus important, plus prenant, plus…

À force de négociations et d'argumentation, Auber lui avait cédé la mission. Ils avaient échangé leurs places, sans prévenir Harry et Ron qui les attendaient de pied ferme d'un jour à l'autre. Drago voulait leur faire la surprise, il voulait voir la tête d'Harry quand il se retrouverait face à lui. Pourtant, cette perspective était tout aussi angoissante qu'excitante. Un an sans se revoir, à se fantasmer et à repenser au passé… et maintenant se retrouver face à face. Appelant un taxi, Drago se demanda ce qui se passerait, vraiment. S'il serait embrassé ou frappé. Si Harry serait surpris et heureux de le voir… D'ici quelques minutes, il le saurait.

Le taxi parcourut les rues de Brooklyn jusqu'à Manhattan, où Drago descendit. La neige tombait, épaisse, les gens se dépêchaient de se mettre à l'abri. La tempête se préparait depuis plusieurs jours déjà et la mission de Drago avait bien failli être repoussée. La chance avait été cette fois-ci de son côté, il avait pu arriver rapidement.

Il paya la course sans un mot puis s'enfonça dans les méandres de la ville, son écharpe fermement enroulée autour de son cou et cachant le bas de son visage. Discrètement, il tira sa baguette et se lança un sort de désillusion avant de faire disparaître sa couleur brune – qui ne lui allait définitivement pas. Il sortit un plan de sa poche et observa les noms des rues. Il y était presque.

Quelques minutes plus tard, il s'engouffra dans une ruelle étroite et sombre, encombrée par les déchets et la neige. Il regarda loin devant, regarda loin derrière. Drago sortit de nouveau sa baguette, lança un discret sortilège de détection et constata avec un soulagement relatif qu'il n'y avait aucune présence humaine à proximité. Puis, la main glacée, pointa sa baguette vers le mur.

Aperio.


Et voici comment se termine la première partie de la fic ! Retour dans le présent et les choses sont enfin en place !

N'oubliez pas de laisser un message !

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Merci !