Chapitre 10 - Sentiments refoulés
La tempête était finie et ça se voyait sans avoir besoin de mettre le nez dehors. Il faisait moins froid, on ne voyait plus la neige qui volait dans l'entrée et on n'entendait plus le bruit du vent qui sifflait. Les dragonniers se relevaient et sortaient de la grotte les uns après les autres. Karen s'était remise de l'accident et elle avait repris quelques couleurs. Eret l'avait aidé à se relever en tant qu'homme galant, mais elle prenait bien soin de ne pas montrer trop de gratitude ou même de lui rendre son sourire. Même qu'ils savaient tous la vérité, Karen était en ce moment tiraillé par un autre soucis.
Durant le moment où elle avait dansé avec Eret et le moment ou il l'avait tenue dans ses bras, elle avait l'impression de ressentir de l'attirance pour lui. Mais en apprenant qui il était, ce sentiment s'était estompé mais il était toujours présent. Et même s'il avait prouvé qu'il était dû côté d'Harold et de ses amis, Karen préférait finalement ne pas tomber amoureuse de lui ou de qui que ce soit d'autre sur Berk. Pour la simple raison que si elle venait à retrouver son père, l'élu de son coeur ne pourra pas être victime de la colère et la vengeance de son père. Et elle n'avait surtout pas envié que son ancien fournisseur de dragons en subisse les frais. Berk avait déjà souffert à cause de lui, inutile d'aggraver les choses. Donc pour les protéger, elle était prête à être malheureuse.
- Hé ? ça va ? s'inquiéta Eret en voyant son air triste
- Oui, je vais bien. Je veux juste sortir d'ici. Répondit-elle d'une manière un peu sèche.
Elle lâcha sa main et avança prudemment vers la sortie sous le regard étonné du jeune homme. Astrid était également étonnée de l'attitude de Karen mais elle ne fit aucune remarque. En sortant, Karen regardait avec stupéfaction la masse de neige qui était tombé tout autour d'eux. Même l'entrée de la grotte avait pris cher et c'était un miracle qu'ils aient puent sortir sans trop de soucis. Karen était heureuse d'être encore en vie pour pouvoir admirer la beauté du paysage enneigé sous la lumière de la lune, mais sa joie fut de courte durée avec le souvenir de Zéphyra perdue dans la tempête. Avec angoisse, elle regardait tout autour d'elle mais elle ne la vit nulle part. Astrid la rassura à nouveau sur la résistance des dragons Vipère puis ils se mirent en route vers le village. Rustik avait proposé à Karen de monter sur Krochefer mais Karen lui répondit qu'elle préférait faire le trajet avec Astrid. Cette dernière c'était d'ailleurs retenue de lui poser des questions sur son attitude envers Eret, surtout en sentant Karen se blottir dans le creux de sa capuche en fourrure.
Sans le vent et la neige, le retour au village était bien plus rapide et plus sure. Les dragonniers étaient descendu tout en bas des marches et Karen fixait de loin l'immense porte et toutes les marches à monter. Elle craignait encore l'effet de certaines représailles une fois à l'intérieur, mais avec le soutien d'Harold et Astrid, elle les monta avec courage.
À l'intérieur, tout le monde était encore la à se tenir chaud prés des feux. Certains c'étaient endormis dans leur sac de couchage et d'autres étaient occupés de manger et de boire quelque chose de chaud. Même qu'il était assez tard, Valka était toujours éveillée, mais inquiète. Elle était assise auprès de Jumper et Gueulfor faisait de son mieux pour la rassurer, mais en vain. Quand la double porte s'ouvrit et qu'Harold entra en compagnie de ses amis et de Karen, toute l'attention des occupants se porta sur eux. Droite et fière, Karen suivait ses amis tout en jetant quelques regards neutres à ceux qui la dévisageait. Valka s'était levé et regardait avec espoir le groupe qui venait de revenir. À quelque pas de Valka, Harold s'écarta avec un sourire et laissa passer Karen qui avançait vers elle sous le regard de tous, tout en ayant le coeur qui battait à toute allure et la boule au ventre. Valka la regardait avançait vers elle sans rien dire et sans bouger et quand Karen fut devant elle, la jeune fille joignit nerveusement ses mains et s'inclina respectueusement.
- Je vous demande pardon Valka. Je suis sincèrement désolée pour tout.
Elle n'entendait rien, ce qui l'inquiéta. Harold avait peut-être tort. Valka lui en voulait peut-être. Toujours inclinée, elle laissa une larme s'écoulait sur sa joue et fut surprise en sentant la protectrice des dragons lui saisir délicatement le menton pour l'obliger à se redresser et à la regarder dans les yeux. Valka essuya ses larmes d'un revers du pouce et adressa à Karen un sourire qu'elle lui rendit. Elle l'enlaça affectueusement, ce qui surprit Karen. Et elle l'était encore plus en entendant Valka lui dire ceci.
- Bon retour parmi nous, Karen.
Karen éclata un sanglot nerveux puis elle enlaça à son tour Valka qui resserra naturellement son étreinte. Elle adressa à son fils et à ses amis un regard et un sourire soulagé qui montrait bien qu'elle était heureuse qu'ils soient tous revenu sain et sauf. Karen se détacha de Valka et essuya ses larmes tandis qu'Harold faisait une déclaration.
- Écoutez-moi attentivement. Karen est bel et bien la fille de Drago Poing Sanglant, mais elle ne représente aucun danger et elle n'y est pour rien en ce qui concerne les actes horrible de son père. Elle a sauvé la vie d'Astrid durant la tempête et c'est une des nôtres. Alors si qui que ce soit viendrait à lui faire du tort, il devra se justifier devant moi et en subir les conséquences. Est-ce que c'est clair ?
- Oui chef ! répondirent-ils en chœur
- Bien. Maintenant que ce détail est réglé, ceux qui désirent rentrer chez eux le peuvent. La tempête est finie. Et pour ceux qui veulent rester ici cette nuit, ce n'est pas un problème. Demain matin, on commencera à déblayer le village de toute cette neige. Sur ce, bonne soirée à vous tous.
- Qu'est-ce qu'on fait fils ? On rentre tous ensemble ?
- Ce sera sans moi Valka. Répondit Karen. Pour ne pas encourager les mauvaises langues, je vais rester ici cette nuit. Et comme Harold et Astrid sont ensemble, je pense que ce sera mieux ainsi. et vous pourrez aussi récupérez votre lit, Valka. Se justifia-t-elle en voyant leur regard surpris.
- Comme tu veux Karen, mais ta présence ne nous poser aucun problème. Par contre, je ne suis pas sure que la grande salle soit le meilleur endroit pour rester dormir. Comme tu dis, il y a les mauvaises langues...
- Si elle veut, elle peut loger chez moi. proposa Astrid avec un grand sourire
- Vraiment ? Tu... ça ne te dérange pas ?
- Bien sure que non. Aller vient. au fait Eret. Tu comptes rester ou repartir ?
- Je pense que je vais rester un peu plus longtemps que prévu. Ou cas ou la tempête revient, je préfère ne pas prendre de risque.
- Baquet ne hurle plus, donc ça veut dire qu'on est tranquille jusqu'à la prochaine tempête. Signala Valka.
- Ah ? bah parfait. Mais je resterais quand même car vous risquez d'avoir besoin de l'aide pour demain matin.
- En effet, toute aide est la bienvenue. Merci. Tu sais ou dormir ?
- Pas vraiment.
- Dans ce cas, je t'invite. Proposa gentiment Harold
L'ex-trappeur ne refusa pas l'offre du chef. Au même moment, Karen et Grattouille se retrouvèrent de nouveau. Folle de joie, elle enlaçait affectueusement son petit dragon qui la couvrait de marques d'affection et peu de temps après, Zéphyra fit son entrée dans la grande salle. Encore plus heureuse et soulagée de la revoir saine et sauve, Karen courut vers la Vipère pour l'enlacer et lui présenter ses excuses. Et tout comme Grattouille, Zéphyra était heureuse de la revoir et la couvrit d'affection. Après ces adorables retrouvailles, Harold transmit ses instructions pour le lendemain puis tout le monde rentra chez soi. Karen suivit Astrid et Tempête jusque chez elle en compagnie de ses deux dragons et Eret suivis la famille Haddock au grand complet après avoir adressé un regard furtif à Karen qui faisait de son mieux pour ne pas céder à l'envie de le regardait.
En arrivant chez Astrid, les filles constatèrent que la tempête avait totalement enseveli l'abri de Tempête. Les dragons dormiront donc au rez de chaussé et les filles dormiront à l'étage. Mortes de fatigue et courbaturées de partout, les filles ne traînèrent pas pour leur donner quelques poissons, leur dire bonne nuit et aller se coucher. Karen suivit donc Astrid jusqu'à sa chambre.
- Je vais te laisser dormir dans mon lit. C'est la moindre des choses que je puisse faire envers toi. Dit-elle en allant chercher une couverture dans son placard
- Quoi ? Mais... et toi ?
- Moi ? je dormirais par terre avec une bonne couverture.
- Je refuse Astrid ! C'est à moi de dormir par terre ! protesta-t-elle
- Ce n'est pas une manière de traiter ses invitées Karen ! Tu dormiras dans mon lit et puis c'est tout !
- Certainement pas !
- Alors qu'est ce que tu proposes ?
- On partage le lit. Comme ça, y'a plus de problèmes sur qui dort dedans. Ça te va ?
- Mmh... bon d'accord.
Le fait de dormir dans le même lit avec une fille ne semblait pas la déranger. Karen se mit à blaguer sur la question de qui dort à droite ou à gauche du lit et son amie lui donna la réponse en rigolant. Dans le calme, elles enlevèrent chacune leur attirail pour n'être plus qu'en maillot et pantalon. Elles s'allongèrent chacune d'un côté du lit, Astrid à gauche et Karen à droite, puis Astrid lança un sujet de conversation avec une petite idée derrière la tête.
- Au fait, je ne sais plus si je te l'ai dit mais... merci de m'avoir sauvée la vie.
- Je t'en prie Astrid. C'est plutôt à moi de vous remercier de m'avoir sauvée.
- Sans Eret et Cranecrusher, ça aurait été plus difficile de te retrouver dans cette tempête.
- C'est sur. Les dragons renifleurs sont de précieux atout dans une équipe.
Karen ne semblait se doutait de rien pour le moment. C'était parfait, mais Astrid attendit quelques secondes avant de poser sa principale question.
- Au fait, t'en pense quoi d'Eret ?
- Dans quel sens tu me demandes ça ? s'étonna-t-elle
- Dans le sens... qu'est-ce que tu penses de lui en tant qu'homme ? Ou plus précisément... est-ce qu'il te plaît ?
- Il devrait ? dit-elle en levant un sourcil
- Bah quand même, il euh... il n'est pas déplaisant à regarder, nan ?
- Mouais, si on veut. D'ailleurs, pourquoi tu me demandes ça ?
- Disons que je vous vois bien ensemble. Et puis sans te mentir, t'a l'air de lui plaire.
- Humph. Je pense pas.
- Quoi t'as pas remarqué les nombreux regards qu'il t'a adressés ? s'étonna Astrid
- Oh ça ? si. Mais ça n'a rien à voir avec de l'amour. Il me regarde parce qu'il s'est toujours pas remis du fait que je sois la fille de son ancien patron. Je suis donc plus un phénomène de foire qu'un potentiel amour.
- Si c'était le cas, il ne t'aurait pas regardé et sourit comme il le fait depuis qu'il t'a rencontré, et il n'aurait pas pris la décision de rester plus longtemps sur Berk. Ce n'est pas les dégâts de la tempête son excuse. C'est toi !
- Tss, ridicule. Ce que tu dis ne prouve rien et je sais que j'ai raison. Et puis trouvez l'amour ne fait pas partie de mes priorités Astrid. Ce que je souhaite avant tout, c'est...
- Retrouver ton dragon et ton père, je sais Karen. Mais tes priorités ne doivent pas t'empêcher de trouver le bonheur auprès de quelqu'un qui semble intéresser par toi.
- Mais il ne m'intéresse pas ! Ou pour être plus précise, il ne m'attire pas.
- Nan, t'est sérieuse là ?
- Oui.
- Mais...
- N'insiste pas Astrid, s'il te plaît. Rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis et ne me feras pas aimer un homme pour qui je n'éprouve rien.
- Comme tu veux.
Astrid était littéralement sciée de sa réponse. Elle avait répondu ça d'un air si convaincant qu'elle mit du temps avant de poursuivre la discussion.
- Bah c'est quoi ton genre d'homme ? Ne me dit pas que tu préfère le genre du Rustik !
- Nan, je te rassure. Rustik... c'est plus le genre de gars sur lequel je passerais mes nerfs ! Dit-elle en riant
- C'est drôle, je pense la même chose de lui ! riait-elle
- Tape m'en cinq !
Elles riaient toutes les deux de bon coeur. Allongées sur le côté en se regardant dans les yeux, Karen lui adressa un sourire reconnaissant.
- Encore merci pour tout Astrid. C'est vraiment chouette d'avoir une amie.
- C'est réciproque. Au fait, tu n'as pas trop froid ?
- Un peu, mais je vais vite me réchauffer. Allez, bonne nuit. Demain, on a une grosse journée qui nous attend.
- Je te le fais pas dire. Bonne nuit à toi aussi Karen.
Confortablement installées, elles finirent par s'endormir. Mais avant qu'Astrid ne gagne le royaume des rêves, elle réfléchissait à ce que Karen venait de lui dire. Elle était convaincue que Karen ne lui disait pas la vérité au sujet d'Eret. Elle était également sure que Karen avait le béguin pour lui mais elle le niait. Astrid se demandait bien pourquoi. Dès demain, elle essaierait de le découvrir.
oO*Oo
Le lendemain, le réveil fut pénible pour pas mal de monde. Après une tempête, tout le monde se sentait en général assez fatigué même s'il était habitué au temps froid et capricieux. Mais ceux qui avaient le plus de mal à se réveiller, c'était les dragonniers au grand complet. La mission sauvetage nocturne les avaient littéralement épuisée et rien que le fait de penser à toute cette neige à enlever les poussa à rester au lit. Mais comme Harold était le chef, c'était son devoir d'être debout à l'aube et de motiver les troupes même si lui aussi aurait voulu rester au chaud dans son lit. Sur le dos de Krokmou et sous un beau soleil qui faisait lentement fondre la neige, il gagna rapidement la maison d'Astrid. Il frappa à la porte mais personne ne vint lui ouvrir la porte. Trouvant curieux de ne pas avoir de nouvelle d'Astrid, Harold se permit d'entrer. Si quelqu'un était bien matinale et toujours prête à travailler, c'était bien Astrid. Il n'imaginait pas qu'elle soit autant affecté que les autres par la fatigue.
- Astrid ? Tu es là ? Oh, apparemment oui. Bonjour vous trois.
Les dragons caquetèrent amicalement en le voyant. Harold leva alors son regard vers l'étage et comprit que les filles devaient encore dormir mais il avait besoin d'Astrid pour certains projets au village. Il monta l'escalier et frappa à la porte.
- Astrid ? c'est moi. Tu es réveillée ?
À ce moment là, la porte s'ouvrit à moitié et Harold vit sa belle l'accueillir avec un sourire et une tête à demi endormie. Ses cheveux étaient détachés et en bataille et elle frottait ses mains sur ses bras.
- Bonjour Harold.
- Bonjour Astrid. Bien dormi ?
- Mmh... oui, mais pas assez. Je suis encore crevé de la nuit dernière. Dit-elle en se frottant les yeux
- J'en doute pas. Tu veux dormir encore un peu ?
- On a pas des choses à faire toi et moi ?
- Si, mais ce n'est pas obliger d'être opérationnel dès que le soleil se lève. Et si tu veux, je peux te tenir compagnie un instant.
- Ce n'est pas sérieux ça chef. Rit-elle. Et puis...
- Ça te tente pas un petit câlin pour te réchauffer ? insista Harold en posant ses mains sur les hanches d'Astrid
- Si, mais y'a juste un petit problème. Regarde.
Elle indiqua du regard son lit et Harold vit Karen qui dormait paisiblement, couché sur son côté gauche et la tête calée contre son bras. Toutes les émotions d'hier ont dû l'épuiser plus que les autres.
- Vous avez dormi ensemble ? chuchota Harold légèrement étonné
- Obligée. Elle ne voulait pas que je dorme par terre et que je lui cède mon lit, et moi je voulais pas que mon invitée dorme par terre. Donc on a tranché de cette manière. Et comme cette nuit il a fait bien froid à cause de toute cette neige, c'était pas plus mal. Chuchota-t-elle également
- Je vois. Bon bah je vais t'attendre dehors et te laisser t'habiller. À tout de suite. Conclut-il en l'embrassant sur la joue.
Ses joues étaient légèrement rouges et ça le rendait adorablement craquant. Amusée, Astrid le regardait sortir de la maison au pas de course avant de refermer la porte une fois qu'il fut parti. Elle tourna son regard vers Karen et affichait un autre sourire en secouant la tête. Sans faire de bruit, elle s'habilla et refit sa tresse avant de s'approcher de Karen pour remettre la couverture sur son épaule et sortir de la chambre sur la pointe des pieds. Elle emmena discrètement Tempête, donna un petit déjeuner à Zéphyra et Grattouille, laissa un petit mot pour Karen sur la porte d'entrée et rejoignit Harold et Krokmou qui attendait pas loin de sa maison.
- Me voilà chef ! Alors ? Par quoi on commence aujourd'hui ? demanda-t-elle en donnant une caresse aux furies
- Je te propose un petit déjeuner dans la grande salle en attendant que les autres marmottes nous rejoignent. Après, on sillonnera le village pour aider à désenneiger ceux qui en ont le plus besoin.
- D'accord. Et Eret ? Où est-il ?
- Il est parti en même temps que moi pour aider au village. Pourquoi ?
- Oh pour rien. Aller, on y va !
- Astrid ? Qu'est-ce que tu me caches ?
- Mais rien ! Enfin je... réponds-moi franchement Harold. Tu trouves pas que Karen et Eret feraient un joli couple ?
- Je... bah c'est pas un truc dont je dois me préoccuper le plus mais oui, ils iraient bien ensemble.
- Et tu as remarqué comme moi qu'Eret à littéralement le béguin pour elle ?
- Où tu veux en venir Astrid ?
Elle hésita à tout lui dire de peur de trahir la confiance de Karen. Mais ce n'était pas à n'importe qui qu'elle se confiait. C'était Harold ! Celui qui était le plus qualifié pour régler les problèmes et te conseiller avec sagesse.
- Bah hier soir... j'ai parlé à Karen de la... possibilité qu'Eret en pince pour elle mais elle ne veut pas me croire. Elle m'a dit qu'elle n'était pas intéressée. Et pire que ça, elle nie qu'elle ne ressent rien pour lui. Que ce n'est pas son genre d'homme.
- Ah bon ? Pourtant, vu comment ils se regardaient quand ils dansaient ensemble, je suis étonné. Mais je pense qu'ils se regardaient comme ça parce qu'ils ignoraient tout du lien qui les unis à Drago. Les révélations d'hier ont du tout changé Astrid.
- Je ne pense pas. Même en sachant la vérité, Eret a continué de la regarder avec le même éclat dans le regard que lorsqu'ils se sont rencontrés !
- Écoute. D'après ce que tu m'as dit, Karen ne semble pas intéressé par une romance avec lui.
- Mais je suis sure qu'elle ment ! Il doit y avoir une autre raison pour qu'elle ait réagi comme ça !
- Mais qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ? On ne va pas la forcer à l'aimer !
- Non, mais on peut faire en sorte qu'elle change d'avis à son sujet !
- Aie, je le sens mal. Très bien. Comment tu compte faire ça ?
- Il faut réussir à faire en sorte qu'ils se croisent pour des raisons importantes. Mais de manière subtile pour pas qu'elle se doute que c'est ma faute, ou la tienne vu que je t'en ai parler. Bah, on trouvera bien une idée en route.
- D'accord. Mais si elle découvre la vérité, c'est toi qui subiras ses représailles. Au fait, elle n'est pas venue avec toi ?
- Elle dormait si bien que j'avais pas le coeur à la réveiller. Au pire, elle nous rejoindra plus tard ou elle ira directement faire ce qu'elle attend depuis le début.
- Mouais. Je crois surtout qu'elle partira chercher son dragon. Allez viens, je meurs de faim.
Avec le sourire, ils partirent vers la grande salle tout en jugeant d'un coup d'oeil ce qui devait être le plus vite désenneigé au village. Le petit déjeuner en amoureux était loin d'être gagné car le reste des dragonniers se trouver déjà sur place sauf Rustik qui, selon les jumeaux, était parti très tôt vers la plage avec un regard empli de détermination. Sans rien dire de plus à Harold qui était étonné, Astrid levait les yeux au ciel avec un petit sourire car elle venait de se souvenir de la quête de Karen. Tout ce qu'elle espérait, c'est que Rustik échoue pour que Karen ne subisse pas le supplice d'accorder sa récompense. En essayant de ne pas trop penser à cette horrible vision qui lui donner déjà envie de vomir, elle s'essaya à table avec les autres et entama un copieux petit déjeuner.
oO*Oo
Une heure plus tard, Karen commençait à sortir de son sommeil. À demi ensevelie sous la couette, elle s'étira tout en roulant de son côté gauche pour finir sur le ventre et son bras droit s'étala sur le coté où dormait Astrid. En ne sentant personne et en n'entendant pas son amie se plaindre, Karen ouvrit les yeux et cligna plusieurs fois pour que sa vue s'habitue à la clarté. Et à en juger par le soleil qui inondait la chambre, il devait faire super beau dehors et il ne faisait plus aussi froid dans la pièce.
- C'est à rien comprendre. Hier soir, il faisait un temps de chien et là, c'est comme si rien ne c'était passer. Tss.
Se redressant sur ses coudes, elle se frotta le visage avec ses mains et écarta les quelques mèches qui étaient devant ses yeux, puis elle tourna sa tête vers l'autre moitié du lit.
- Je l'ai même pas entendu partir. Je devais vraiment être épuisé. Bon aller, on se motive ma grande.
Elle se redressa et se mit à genoux sur le lit en continuant de se frotter le visage et les yeux. Elle savait même pas quelle heure il était et depuis combien de temps Astrid était partie. Du coin de l'oeil, elle remarqua qu'elle avait perdu un élastique. Elle le ramassa et chercha laquelle de ses tresses était défaite. Elle la trouva et la refit tout en fredonnant une chanson. Elle ouvrit ensuite la fenêtre pour aérer un peu la pièce et admirait le village déjà à l'oeuvre sous ce beau soleil.
- Il fait vraiment beau ce matin. Visiblement, la neige ne sera pas un problème pour tout le monde. Dit-elle en regardant la neige du châssis qui commençait déjà à fondre.
Elle regardait encore un peu l'animation du village puis son regard se posa sur Eret qui n'était pas loin, occupé à désenneiger une maison située pas loin de chez Astrid. Le menton posé sur ses bras croisés, elle le regardait travailler avec un petit sourire triste.
- Tu as raison au sujet d'Eret, Astrid. J'ai remarqué comment il me regardait et me souriait. Et je suis d'accord qu'il n'est pas du tout déplaisant. Mais pour sa sécurité, vaut mieux pas qu'on soit ensemble. Pourtant, j'ai le sentiment que c'est ce que je veux même si ça fait que depuis hier que je l'ai rencontré... La maintenant, je voudrais aller le voir, discuter et lui rendre ses sourires comme quand ont dansé dans la grande salle. Mais c'est impossible... voilà ce qu'il en coûte d'être ce que je suis.
Elle ferma la fenêtre, retourna s'asseoir sur le lit et s'habilla à son aise.
- Et puis de toute façon, j'ai des choses plus importantes à faire. Et cette fois... j'espère pouvoir y arriver ! Non parce que les imprévus... ça va bien cinq minutes. Voilà... j'suis prête. Un petit déj avec Zéphyra et Grattouille et hop ! dit-elle en se levant.
Elle descendit l'escalier et retrouva avec plaisir ses deux amis. Pour sa part, le petit déjeuner fut bref et peu consistant, l'envie d'aller chercher son dragon étant trop obsédant. Avant de quitter la maison, elle vit le mot d'Astrid accroché à la porte.
« Salut Karen ! Désolée d'être partie sans toi, mais je voulais pas te réveiller. Si tu me cherches, je suis avec Harold et les autres pour aider à désenneiger le village. Si jamais tu décides de partir chercher ton dragon, fonce ! J'espère juste que quand on se reverra, on aura enfin la chance de le voir ! De notre part à tous, bonne chance ! Astrid. »
Karen esquissa un sourire en lisant le message. C'était encourageant de savoir que ses amis la soutenaient et l'encourageaient à entreprendre ses recherches sans plus attendre. Elle passa la porte et réajusta sa selle avant de grimper sur Zéphyra. Grattouille attendait gentiment sur le dos de la dragonne mais en voyant qu'une petite fille manger une pomme, le petit glouton se lécha les babines et fonça droit sur l'enfant pour s'emparer du fruit à pleines dents. Il décampa à toute vitesse dans les rues du village, suivis de la petite qui protester contre le dragon.
- Grattouille ! Non ! s'exclama Karen en vain
Exaspérée, elle leva les yeux au ciel et se mit à sa poursuite une fois sur le dos de Zéphyra. La vipère volait très vite et n'allait pas tarder à rattraper le petit voleur, mais la petite fille allait pas non plus tarder à se faire percuter par un chariot qui dévaler la route à cause de Grattouille. Le propriétaire avait été surpris de voir un projectile vert fonçait à toute vitesse sur lui qu'il en avait lâcher le chariot ! Du coup, la gamine faisait demi-tour en hurlant afin d'échapper au chariot qui la poursuivait. Le temps qu'elle fasse un demi-tour et un sauvetage parfait avec sa dragonne, il serait trop tard. Karen n'hésita donc pas une seule seconde pour sauter au sol et courir à toute vitesse vers le chariot devant les yeux apeurés des villageois. Très douée pour la course à pied, Karen dépassa le chariot avec une rapidité déconcertante et se jeta sur l'enfant. Une fois en sécurité dans ses bras, elle fit une roulade sur le côté ainsi que quelque tonneau dans la neige. Eret, qui venait d'assister tardivement au spectacle, stoppa sans soucis le chariot avec l'aide de deux autres vikings. Au sol, Karen était légèrement étourdie et la gamine était encore sous le choc. Sa sauveuse la libéra et s'adressa à elle d'une voie essoufflé.
- Hé... Ça va ?
- Je...oui, je vais bien... merci de m'avoir sauvé madame !
Elle enlaça sa sauveuse sous les yeux de tout le monde avant que sa mère n'arrive en courant pour reprendre sa fille et l'enlacer. Karen la regardait avec l'espoir qu'elle ne la blâme pas, même si y avais pas de raison. Et comme elle l'espérait, la mère s'adressa à elle avec gentillesse.
- Merci d'avoir sauvé ma fille.
- Y'a pas de quoi.
Elles lui adressèrent un sourire et Karen regarda les autres villageois avec la même appréhension mais ils hochèrent la tête en signe de respect et de remerciement, ils applaudirent et l'un d'eux s'approcha pour l'aider à se relever. Karen le remercia d'un sourire puis tout le monde retourna à ses occupations. Quant à Karen, elle alla s'asseoir un instant sur un banc pour calmer sa tête qui tournait. Zéphyra vint la rejoindre et Karen lui adressa un faible sourire en plus d'une faible caresse sur le museau. Elle soupira en penchant sa tête en arrière puis épousseta la neige de sa tenue et de ses cheveux. C'est là que Grattouille vient s'asseoir à coté d'elle avec la pomme encore dans sa gueule. En le voyant, elle le fixa d'un air sévère.
- Ah ! Te voilà, crapule ! C'est comme ça que j'aurais du t'appeler, tiens !
Le dragon lui fit les yeux doux et pencha un peu sa tête sur le côté.
- Oh par la peine de m'amadouer, ça servira à rien ! Tu viens de me m'infliger un imprévu alors que j'avais souhaité ne plus en avoir ! Et je trouve pas ça très gentil de ta part.
Il posa la pomme à coté d'elle et se mit à gazouiller.
- Pas la peine d'insister, je ne t'aime plus. Dit-elle en croisant les bras.
Il lui donna un léger coup de tête câlineux dans le bras et indiqua du regard la pomme. Karen la regarda et haussa les épaules en continuant de lui faire la tête.
- J'en veux pas. Et espère pas te racheter en me la donnant.
Grattouille insista ce qui parut curieux et agaçant pour la jeune fille.
- Mais quoi ? je ne vais pas la manger si ce que tu attends de moi ! C'est un fruit volé à une enfant et c'est très mal ce que tu as fait !
Le ventre de Karen se mit à gargouiller sévèrement et elle porta sa main à son ventre en grommelant. Grattouille poussa la pomme avec son museau et regarda Karen en gazouillant de nouveau. La jeune fille fronça le regard et regarda successivement la pomme et la petite boule d'écaille qui lui souriait. Elle comprit aussitôt l'intention de Grattouille.
- Attends... ne me dit pas que t'est aller volé cette pomme... pour que j'ai de quoi dans l'estomac avant d'aller faire mes recherches ?
Grattouille acquiesça en gazouillant. Émue, Karen se pinça les lèvres, prit son petit dragon et l'enlaça tendrement.
- Je te demande pardon Grattouille. Je suis tellement contrarié et pressée de revoir Krabulle que je m'énerve facilement au lieu d'essayer de comprendre ce que mes amis essayent de faire pour moi...
Elle le tenait à bout de bras et les deux amis se regardaient dans les yeux.
- Ce que tu as fait état très gentil mais aussi très mal. Pour ta peine, je veux que tu ailles rapporter la pomme à la petite fille. Eh oui monsieur. C'est comme ça qu'on doit agir si on veut être quelqu'un de bien. Et ne proteste pas. Allez file, crapule.
Elle frotta affectueusement son nez contre son museau et laissa son dragon s'envoler pour retrouver la trace de la gamine avec la pomme entre ses pattes. Avec un petit sourire, elle le regarde s'éloigner en secouant la tête quand Eret vient à sa rencontre.
- Sacré phénomène ta boule d'écaille. Difficile à croire qu'un dragon aussi petit puisse créer autant de problème qu'un troupeau de Yaks en fuite.
- C'est sur. Mais c'était pour un bien. Le principal, c'est que personne ne soit blessé et qu'il répare sa bêtise.
- C'est sur. Au fait, j'ai vu ta performance à la course. Je n'ai jamais vu quelqu'un courir aussi vite ! À croire qu'il n'y a pas qu'avec les dragons que tu sois douée.
- Merci. Et merci a toi d'avoir stoppé le chariot. Bonne journée Eret. Conclut-elle avec un léger sourire avant de se lever et de s'approcher de sa dragonne pour enfin quitter le village
- Hé, attend. Je...
- Je n'ai pas le temps de discuter, je dois partir.
- Je sais, mais je voudrais juste...
- Je suis suffisamment en retard et préoccuper ! Tu peux comprendre ça ou quoi ?!
- Euh...
- Je me demande vraiment comment tu as fait pour rester en vie aussi longtemps auprès de mon père ? Tu le faisais répéter aussi quand il te disait quelque chose que tu ne comprenais pas ? s'exclama-t-elle méchamment en lui faisant face
Eret se tut et n'insista pas. Dans ses yeux vairons, il décelait plus ou moins la même intensité de colère que Drago quand il était furieux. Il laissa donc Karen monter sur sa Vipère et partir vers la mer, tout en la regardant s'éloigner avec un air songeur, triste et coléreux avant de reprendre le travail qu'il était occupé de faire. Zéphyra s'éloignait rapidement du village pour le plus grand plaisir de son amie qui se sentait affreusement mal. Jamais elle n'avait parlé comme ça de toute sa vie et depuis son arrivée sur Berk, elle avait sévèrement parler à Rustik et Eret.
- Ça me fait mal d'avoir agi ainsi et de lui avoir dit ça... mais je n'avais pas le choix. C'est mieux pour lui. Et au moins, je suis sure qu'il n'insistera plus pour venir me parler. Pas vrai ?
Zéphyra grognait affectueusement pour montrer son soutien.
- Merci ma belle. Allez, allons chercher Krabulle. Dit-elle en lui tapotant gentiment le dos.
Elle s'accrocha à sa dragonne qui augmenta sa vitesse de vol, ce qui fit sourire Karen et lui fit oublier son chagrin. Ses recherches durèrent jusqu'à ce que le soleil soit presque au zénith et elle était désespérait de ne l'avoir toujours retrouvé. Refusant d'imaginer le pire, elle continuait de l'appeler, de sifflait dans son coquillage et de fouiller au maximum les îles qui se trouver sur son chemin. Mais n'ayant rien pris à manger et voyant que Zéphyra était épuisée, elle fut contrainte de rentrer au village. Sur le chemin du retour, elle vit Baquet et Mulch qui péchaient et ils la saluèrent en la voyant. Elle leur rendit leur salut et se dirigea vers la maison d'Astrid. Au village, la neige avait pas mal fondu et le désenneisage était enfin terminée. C'est sur qu'avec les dragons, la tâche était largement facilitée. La grange de Tempête avait également été désenneigeait et Zéphyra pouvait se reposer. Karen lui laissa de l'eau et du poisson juste à coté et la câlina un instant.
- Merci pour tout Zéphyra. Reposes-toi bien et à tout à l'heure.
Sa dragonne ronronna avant de fermer les yeux. Karen la laissa se reposer et s'en alla vers la grande salle pour manger un morceau mais l'appétit était là sans être là. Une fois à l'intérieur, elle aperçut au loin les dragonniers qui mangeait et discuter entre eux. Elle prit une cuisse de poulet et un gobelet d'eau et se joigna à eux pour manger.
- Salut. Dit-elle en s'asseyant à table
- Bonjour Karen. ça va ? tu te sens comment depuis hier ? demanda Harold
- J'ai très bien dormi et je me sens mieux, merci.
- Ah oui ? Alors pourquoi cette petite mine et cette assiette peu copieuse ? demanda Astrid
- Tu n'as pas retrouvé ton dragon, c'est ça ? devina Varek
- Non, toujours rien. Et j'ai peur d'envisager le pire. Confia-t-elle en se tenant la tête dans le creux de sa main.
- Dis pas ça Karen. Si tu veux, on repart avec toi pour continuer les recherches. À nous tous, on aura plus de chances de le retrouver.
- Ouais ! compte sur nous !
- À fond ! On vas pas laisser passer la chance de rechercher un dragon dangereux !
- Vous êtes gentils... merci beaucoup. Dit-elle émue
- De rien. Mais si tu manges pas, on te laisse ici. Menaça Astrid
Karen leur adressa un grand sourire reconnaissant avant d'essuyer ses larmes et d'entamer avec meilleure humeur son poulet. En plein milieu de son repas, la porte de la grande salle s'ouvrit à nouveau et Rustik fit son entrée avec Krochefer. D'un pas pressant, il se dirigea vers la table des dragonniers et chacun de ses amis le regarder avec étonnement, y compris Karen.
De prêt, ils remarquèrent que tout le bas de son pantalon était trempé jusqu'aux genoux. Il s'interposa entre les jumeaux qui se trouvait assis juste en face de Karen et plaqua sa main contre la table pour y laisser deux petite bille blanche nacré. Karen, qui avait encore la bouche pleine de poulet, regardait avec stupeur ce que Rustik venait de lui ramener. Il avait réussi son défi et tout le monde le comprit, sauf Harold.
- Il a réussi...
- Ça veut dire...
- Qu'on va voir...
- Un rejet immédiat de mon repas... fit Astrid avec une grimace.
- Réussi quoi ? Voir quoi ? demanda Harold
- Euh crois-moi, vaut mieux pas que tu regardes... confia Astrid
- Tu vois Karen ? j'ai réussi à t'apporter pile à l'heure ce que tu m'as demandé. Ça m'a demandé de patauger dans l'eau glacée pendant des heures, mais la récompense en vaut la peine.
- Mais de quoi il parle ? c'est quoi cette histoire de récompense ?
- Laisse tomber, Harold. Karen, tu n'es pas obligé de le faire ! s'exclama Astrid en regardant Karen qui n'avait toujours rien dit.
- Oh que si elle va le faire ! Un marché est un marché ! rappela Rustik. Karen, je suis prêt et je t'attends. Dit-il, les mains sur les hanches.
- Je crois qu'Astrid sera pas la seule à vomir... grimaça Kogne
- J'suis des vôtres... fit Krane
- Et moi aussi. Fit Varek
Karen avala enfin son poulet avec difficulté, les yeux rivés sur les deux perles blanches qui brillaient à cause de la lumière rougeoyante des torches accrochées dans la salle. Sans regarder Rustik dans les yeux et tout en ignorant les commentaires et supplices des autres, elle porta son gobelet d'eau à ses lèvres.
- Bon. Je crois que je n'ai pas le choix. Dit-elle en le reposant lentement sur la table.
- Karen ! Fait pas ça !
- Si Astrid. Une promesse est une promesse. Et je la respecterais.
Elle leva son regard vers Rustik qui attendait avec un petit sourire sur le coin des lèvres. De manière très discrète, Karen vit qu'Eret entrait au moment où une Viking et son mari venait de sortir. Elle reporta alors son regard sur Rustik avec une idée derrière la tête. Le coeur empli de dégoût, elle grimpa à quatre pattes sur la table avec rapidité, tel un chat, et s'empara à pleines mains du visage de Rustik pour l'embrasser. Ses amis furent sous le choc et totalement dégoûtés, tout comme Eret. Au loin, sans bouger, il regardait le spectacle avec des yeux ronds. Comme promis, les cinq secondes étaient passées et Karen se libéra des lèvres de Rustik qui était complètement figé de ce qu'il venait de vivre. Faut dire aussi que c'était le tout premier baiser qu'il recevait d'une fille. Voulant à tout prix sortir après avoir croisé le regard des autres et d'Eret, elle descendit de table et s'éloigna vers la sortie sans prendre la peine de regarder Eret. Une fois dehors et libérée de cette chaleur étouffante, elle essuya ses lèvres d'un revers de manche.
- Pwué... écœurant. Grommela t-elle
Elle en profita pour essuyer ses yeux qui commençait à s'embrumer. Mentalement, elle se disait qu'il ne fallait pas qu'elle pleure pour ce qu'elle venait de faire. C'était nécessaire pour qu'Eret ne s'intéresse pas à elle et elle était convaincue que ça marchera. Elle descendait calmement les marches avec un regard sévère qu'elle garda même quand elle entendit Harold et Astrid lui courir après.
- Karen, attend ! L'appela Astrid
- Laisse-moi Astrid. Et toi aussi Harold.
- Mais j'ai encore rien dit ! protesta-t-il
- Karen !
Astrid réussie à la rattraper et à lui barrer la route une fois en bas des marches. Karen leva les yeux au ciel et fixa froidement la blonde.
- Pourquoi t'a fait ça ? c'est parce qu'Eret est entré dans la salle ?
- Qu'est-ce qui te fait dire que c'est a cause de lui ?
- J'ai remarqué que tu as tourné le regard vers lui ou moment même où il est entré !
- Il n'a rien à voir avec ce que j'ai fait. J'ai embrassé Rustik pour honorer ma part du contrat. Rien de plus.
- Tu mens. Dit-elle sévèrement
- Je te demande pardon ?
- Tu peux dire tout ce que tu veux, mais tes yeux disent que la moitié de la vérité. Si tu pleures, ce n'est pas pour rien !
- Je...
Elle ne s'était pas rendu compte que de nouvelle larmes coulaient sur ses joues. Elle les essuya brusquement pendant qu'Astrid poursuivait la fameuse discussion
- Karen. Depuis que la vérité a éclaté, tu l'as repoussé plusieurs fois et je ne sais pas pourquoi. Et ça contrarie Eret. La preuve, il est toujours dans la grande salle avec ses yeux ronds!
- Ce n'est pas mon problème Astrid ! s'emporta Karen
Harold commençait à croire Astrid sur ce qu'elle lui avait dit au sujet d'Eret et Karen. Mais il n'aurait pas cru que le problème avait atteint un tel degré. Vu que la guerrière semblait la mettre en rogne, Harold prit le relais avec plus de douceur et de calme dans la voix.
- Qu'est-ce qui t'arrive Karen ? Pourquoi tu es si différente avec lui ? Quand vous dansiez hier soir, vous vous souriez et vous dévoriez du regard d'une façon adorable et là, tu tires une tronche de Yak de six pieds de long et tu t'énerves ! Il s'est passé quelque chose ? s'étonna Harold
- Qu'il se soit passé quelque chose ou pas, ça ne vous regarde pas. Alors fichez-moi la paix, j'ai autre chose à faire. Répondit-elle en voulant s'éloigner
- C'est en rapport avec Drago ? où du fait qu'Eret a travaillé pour lui ? suggéra calmement Harold
Agacée, elle posa ses mains sur ses hanches puis inspira profondément en regardant le ciel. Elle leur adressa ensuite un regard empli de colère et de reproches.
- Vous comptez vraiment pas lâcher l'affaire dès qu'il y a un truc qui va pas avec moi, hein ? Après mon père, c'est mon attitude avec Eret qui vous dérange ?!
- Je... Écoute Karen. On trouve simplement que ton changement d'attitude est bizarre et injuste ! Avant, tout allait très bien puis soudainement, tu l'envoies direct dans la bourse de Yak à chaque fois qu'il est trop prêt ou qu'il essaie de te parler ! répliqua Astrid perplexe de son entêtement
- Astrid. Maugréa-t-elle
- Astrid a vu juste Karen. Eret semble t'apprécier ! Essaie au moins de lui donner une chance, non ? Qu'est-ce qui te fait si peur ? enchaîna Harold
- STOP ! OK ?! s'exclama-t-elle
Par chance, il y avait très peu de monde qui c'était tourné vers le trio avec un air surpris avant de reprendre leurs occupations. Karen tenta de s'expliquer le plus calmement possible.
- Écoutez. C'est vraiment... sympa de votre part de vouloir m'aider et me conseiller, mais l'amour n'est pas ce dont j'ai besoin en ce moment. Ce que je veux plus que tout au monde, c'est que Krabulle et moi soyons enfin réunis ! Et vous savez tous les deux ce que je compte faire une fois que ça arrivera ! Vous croyez vraiment que je veux faire un bout de chemin avec une personne qui risquerait de perdre la vie si je retrouve mon père ?!
Elle plaqua ses mains sur sa bouche en réalisant qu'elle venait de leur révéler à haute voix sa principale crainte. Elle avait en plus les larmes aux yeux et elle tremblait de partout du fait d'avoir autant parler d'une voix étranglé par sa crainte, sa colère et ses émotions.
- Karen, c'est... c'est pour ça que tu le rejettes ? Parce que tu as peur que Drago s'en prenne à lui si vous êtes ensemble ?
Incapable de répondre, elle hocha simplement la tête et continuait de pleurer. Astrid la prit instinctivement dans ses bras pour la calmer.
- Je suis désolée d'avoir insisté Karen. Mais faut pas que tu penses à ce genre de chose. Ton père ne pourra pas lui faire du mal.
- J'ai déjà perdu ma mère, alors je ne veux pas perdre quelqu'un d'autre. Que soit un ami ou quelqu'un que j'aime. C'est donc mieux pour lui qu'on ne soit pas ensemble. Et c'est pour ça que je le rejetais et que j'ai embrassé Rustik devant lui. Je me suis dit que s'il voyait ça, il ne s'intéresserait plus à moi.
- Donc pour notre sécurité... tu es prête à te rendre malheureuse ? résuma Astrid
Karen haussa légèrement les épaules.
- Quand on voit qui est mon père, c'est sans doute ce qu'il y a de mieux à fai... AIE !
Astrid venait de lui donner un coup de poing dans l'épaule, ce qui fit légèrement sourire Harold. Combien de fois n'avait-il pas reçu l'un des traitements de faveur spéciale de sa belle pour chaque parole ou action ridicule, ou par simple plaisir de cogner ? Karen se massait l'épaule en regardant avec incompréhension son amie.
- Mais ça va pas ?!
- Idiote ! Si ton père est vivant et qu'il ose revenir ici pour se venger, il ne pourra rien contre le village ! S'il n'a pas réussi à nous écraser avec la puissance de son Alpha et de sa flotte une première fois, il y arrivera pas une seconde fois ! Quant à tes craintes vis-à-vis de lui et d'Eret, alors déjà... je trouve que c'est une belle preuve d'amour mais c'est aussi stupide de croire ça ! Eret a déjà survécu aux mains de ton père et il n'hésiterait pas à le défier et à se battre pour toi !
- Je le sais Astrid... mais c'est mon choix de ne pas vouloir être avec lui. ça aurait été n'importe qui je dis pas, mais par je ne sais quel hasard, il a fallu que je tombe amoureuse de l'homme qui à travailler pour mon père...
- Tu es vraiment amoureuse d'Eret ? demanda Harold
- J'en sais trop rien. Je suppose que oui. Rougit-elle. Mais si vous êtes mes amis, respectez mon choix. Gardez tout ça pour vous et ne lui dites rien ! s'il vous plaît ! Implora-t-elle
- Je... Promis Karen. Tu peux compter sur nous. promis Harold.
- Astrid ?
- Si Harold te dit « compte sur nous » ça m'inclue automatiquement, Karen. Je te promets de ne rien dire aussi. Souriait-elle
- Merci. Je...
VROOOOOOOOOU ! L'oreille du tonnerre venait de retentir dans tout le village.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Karen
- Apparemment, nos guetteurs ont vu quelque chose pas loin des côtes. Allons voir ce que...
- HAROLD ! s'exclama Mulch en courant vers lui avec Baquet
- Qu'est-ce qui se passe ? Encore une tempête qui approche ? s'inquiéta Astrid
- Ça m'étonnerait, Baquet se tord pas de douleur. Souligna Karen
- Ce n'est pas une tempête ce coup-ci Astrid ! C'est autre chose ! Lui répondit Mulch
- Oui ! Un Ebouillantueur se dirige droit sur nous ! Annonça Bacquet avec angoisse
