Hello, tous le monde =) Comment allez vous ? Moi ça va ^^ je vous poste le chapitre 9, qui d'après les dire de ma Melfique adorée, est très intense ;) alors à vous de vous faire votre avis sur ce point. Avis que j'attendrais avec impatience d'ailleurs.

Comme toujours merci à tous ceux qui ont prit le temps de me donner leur avis, et quand à ce qui m'ajoute en follower sans petit mots c'est dommage que je sache pas ce qui vous à plut pour que vous souhaitiez suivre mon histoire, mais merci quand même de la lire =)

Aller j'arette mon blabla, merci comme toujours à Melfique de rendre la lecture bien plus agréable =)


Chapitre 9 : Plaisir et souffrance

La pluie continuait de tomber inlassablement contre le carreau de ma chambre, comme pour me narguer. Trouver une tenue correcte pour sortir avec Remus était en soi difficile, alors avec cette pluie diluvienne cela me paraissait tout simplement impossible.

Pourquoi ne pouvais-je pas agir comme je le faisais, chaque fois que j'étais face à un problème trop difficile : aller à la bibliothèque ? Je ne devais sûrement pas être la seule personne au monde qui rêvait parfois d'avoir entre les mains le guide du parfait rendez-vous en dix étapes.

Dépitée, un soupir m'échappa et je me laissai tomber sur mon lit, les tiroirs de ma commode, tous ouverts, régurgitant de vêtements en tous sens. Un rapide coup d'œil à ma table de chevet où trônait mon réveil m'apprit qu'il était plus que temps que je me décide.

Prenant mon courage à deux mains, je me levai et pris finalement mon premier choix : un collant noir, une jupe bleu foncé et un pull noir avec un nœud de la même couleur que la jupe.

Ma sœur m'avait offert cette tenue l'année passée et j'allais enfin l'inaugurer. Si j'avais trouvé la jupe courte à l'époque, c'était pire aujourd'hui, même avec un collant opaque. Non, décidément, je ne pouvais pas mettre cette jupe. Cependant, je n'eus le temps de rien changer, car Jane et Elly entrèrent dans la chambre.

Elly m'ignora superbement, sans que je sache pourquoi, mais Jane, elle, ouvrit des yeux grands comme des soucoupes et s'avança vers moi en souriant.

– Ouah ! s'exclama-t-elle. J'adore cet ensemble, c'est super mignon, ça te va vraiment bien !

Je haussai les épaules, pas vraiment convaincue que cela m'allait à ce point bien. La question qui me taraudait s'échappa de mes lèvres sans que je ne puisse la retenir :

– La jupe n'est pas trop courte ?

– Quoi ? Mais non, elle est parfaite ! Tu as de jolies jambes et, en plus, elles ne sont pas nues. Crois-moi, ce n'est pas du tout vulgaire.

Elle se tourna vers Elly qui fouillait dans sa malle et lui demanda si elle n'était pas d'accord. La blonde se tourna vers moi et me jaugea, impassible, de haut en bas. Puis un très léger sourire naquit sur ses lèvres.

– Oui, ce n'est pas trop mal, et c'est clair que là, on est aux antipodes du vulgaire… peut-être même trop, lâcha-t-elle en haussant les épaules.

– Tu vois, te biles pas, t'es cool.

Si Jane prenait cela pour une bonne réponse, il n'en était rien pour moi. Que voulait-elle insinuer avec son : « peut-être même trop » ?

– Mais, en fait, tu sors avec qui ? s'enquit alors Jane.

Le rouge me monta aussitôt aux joues. Je n'avais pas envie qu'elles sachent que je sortais avec Remus. Inutile qu'elles commencent à s'intéresser à ça ; je les connaissais assez pour être sûre que tout le château serait au courant avant même que je n'aie rejoint l'intéressé devant les grandes portes.

– Personne en particulier. J'avais juste envie d'essayer ça pour aller à Pré-au-Lard, mentis-je avec aplomb.

Jane parut convaincue. Après tout, je n'étais jamais sortie avec personne ; cela n'était donc pas trop difficile à croire. Elly sembla néanmoins surprise, mais elle n'ajouta rien et les deux amies sortirent de la chambre, me laissant seule devant le miroir.

Bien qu'elles eussent affirmé que cette jupe était tout à fait correcte, je restais sceptique. Après une autre œillade à mon réveil, j'abdiquai ; je n'avais plus le temps, j'étais même en retard. Je pris ma cape qui recouvrait ma jupe – finalement, je n'aurais qu'à la garder pour ne pas me sentir gênée. Je pris aussi mon porte-monnaie que je glissai dans ma poche, puis courus à travers les couloirs pour arriver à temps au point de rencontre.

Essoufflée, mais approximativement à l'heure, je cherchai un moment Remus dans la cohue des élèves entrants et sortants. Impossible de le trouver.

Une main se posa alors sur mon épaules, me faisant sursauter. Je me retournai sur Remus. Son uniforme au placard, il l'avait troqué pour des vêtements plus décontractés, ce qui ne le rendait que plus séduisant.

– Tu es très jolie, me complimenta-t-il, mal à l'aise.

Mis à part mes cheveux que j'avais laissés lâchés, je n'avais pourtant rien de nouveau en apparence, si ce n'était que ma jupe ne dépassait plus de ma cape.

– Merci, bafouillai-je.

Après ce moment un peu coincé, nous prîmes le chemin de Pré-au-Lard. La pluie avait finalement cessé, mais le chemin était devenu boueux et de grosses flaques d'eau le jonchaient jusqu'au village.

Ce fut donc dans un silence de mort – chacun de nous s'assurant de ne pas mettre les pieds dans l'eau – que nous arrivâmes jusqu'aux premières boutiques et maisonnettes.

– Je dois aller m'acheter des plumes, ça ne te dérange pas ? me demanda Remus en désignant le magasin de Scribenpenne.

J'acceptai et nous entrâmes, toujours dans ce silence pesant et inconfortable.

Alors que Remus choisissait ses fournitures, mon œil fut attiré par un objet en vitrine. C'était une boîte de matériels de dessin. J'avais quasiment la même dans la malle de ma chambre. Le souvenir associé à cette boîte me saisit tout droit au cœur. Je sentis les larmes monter, revoyant son visage, sa bienveillance, quand elle me l'avait offerte lors de ma première année à Poudlard. Tout cela semblait si loin ; ce visage n'existait plus, et cette constatation – bien que faite depuis longtemps dans mon esprit – était toujours aussi douloureuse.

– C'est quoi ?

Je sursautai en entendant la voix de Remus et je chassai le plus rapidement possible la larme qui m'avait échappée. Je ne sus s'il l'avait remarquée ou non, mais il garda son expression curieuse.

– C'est une mallette pour dessiner. Je la trouvais belle.

– Tu dessines ? me demanda Remus.

– Un peu, quelques croquis.

– Tu me les montreras ?

J'hésitai un instant. Je n'avais montré mes croquis qu'à une seule et unique personne ; montrer mes dessins, c'était comme m'ouvrir encore un peu plus à Remus. Étais-je normale de me poser autant de questions ?

– Peut-être… éludai-je, en souriant, espérant que Remus prendrait cela à la plaisanterie.

Après ce moment qui m'avait encore plongée un peu plus dans mes souvenirs, nous nous dirigeâmes vers l'extérieur du village et je maudis ce temps humide qui ne nous permit pas de faire quelques pas à l'orée du village.

Remus jeta rapidement un sort de séchage sur un banc de pierre et nous prîmes place, toujours en silence.

Le soleil décida de percer les nuages gris et vint nous inonder de ses rayons dorés. L'air était frais et une légère brise fit s'envoler quelques mèches de mes cheveux.

– Ça te va bien les cheveux détachés.

Si ce n'était pas sa voix, j'aurais pu douter que ce fût bien lui qui m'avait parlé. Il avait le regard perdu dans le vide. Tant mieux, cela dit, car mon visage devait sûrement me trahir en prenant cette horrible couleur cramoisie.

– Je suis vraiment content d'être avec toi.

Cette fois-ci, il avait tourné son visage vers moi. Et je me sentis perdre pied dans l'ocre brillant de ses prunelles. Remus leva alors ses mains vers mon visage. Je restai totalement figée, ne sachant pas ce qu'il allait faire. Mon sang s'agitait dans mes veines et des milliers de papillons prirent leur envol dans mon ventre.

Ses doigts se posèrent sur les branches de mes lunettes et il me les retira doucement. Ma vue devint un peu floue et un rayon de soleil m'aveugla un instant.

– Comment j'ai pu ne pas remarquer ça ?

– Quoi ? murmurai-je, le souffle coupé.

– Tes yeux, ils n'ont pas la même couleur…

Le temps s'arrêta et je vis son visage se rapprocher de moi dangereusement. Puis comme dans un rêve, ses lèvres furent sur les miennes. Pareil à un feu d'artifice, mon corps fut parcouru de frissons incontrôlables. Mon sang me sembla prendre feu et brûler mon corps de l'intérieur, d'un désir dévastateur.

Ne sachant que faire de mes mains, je les posai sur les siennes qui venaient d'agripper mes bras. Notre baiser s'intensifia et sa bouche se fit plus pressante, achevant de détruire toute ma retenue. Je m'abandonnai et me colla contre son corps que le mien réclamait ardemment. Ses bras passèrent derrière ma taille et je posai mes doigts sur son torse, souhaitant que cet instant ne finisse jamais.

Le souffle commençant à nous manquer, il quitta ma bouche et je posai ma tête sur son épaule, me tenant à sa veste, de peur qu'il ne fût qu'un rêve. Fébrile, son odeur enivrante me poussa à venir poser ma bouche dans son cou. Je sus que cela lui plaisait, car il raffermit sa prise autour de moi, dans un soupir de satisfaction. Encouragée par sa réaction, je continuai de découvrir de mes lèvres la douce peau parfumée de son cou. Je pouvais sentir sa respiration devenir laborieuse, déclenchant en moi des fourmillements dans mon intimité.

Seulement, en un éclair, je fus repoussée à bonne distance de Remus, me tenant par les bras, loin de lui. Je restai figée. Toutes les émotions retombèrent d'un coup et je sentis mes joues s'enflammer. Je venais d'embrasser Remus, à l'instant même, mes lèvres devaient être encore gonflées par notre baiser et, pourtant, je peinais à le croire.

Je sentis Remus sur le point de dire quelque chose, mais le ciel lança sur nous un Aguamenti, nous laissant sous les assauts d'une pluie torrentielle. Remus me prit la main et nous courûmes nous abriter. Cachée sous ma capuche, je ne sus où Remus nous avait amenés que lorsque je la retirai.

Les Trois Ballais était comme toujours plein d'élèves venus boire des Bièraubeurres entre amis. Toutes les tables semblaient prises. Bien sûr, avec un temps pareil, personne ne restait dehors. Plusieurs personnes se mirent à chuchoter en nous regardant et Remus lâcha rapidement ma main.

Cela me fit mal. D'abord sa façon de me repousser, puis ça. Était-il possible d'être bipolaire en si peu de temps ?

Nous fûmes appelés par Sirius, qui se leva en nous faisant de grands signes. Remus avança vers lui en me disant de le suivre, mais sans reprendre ma main pour autant, ni même me regarder. Le brun était assis avec les autres amis de Remus, ainsi que Evans, et une autre fille dont le nom ne me revenait plus. Je pris place sur la chaise à côté de la fille en question et Remus annonça qu'il allait chercher à boire. Potter décida de l'accompagner.

La fille à côté de moi se mit à parler avec Evans. Quant aux autres personnes du pub, elles me semblèrent loin. En réalité, les voix et toute la cacophonie semblaient se dissiper, me laissant prendre la mesure de ce qui venait de se passer.

Remus m'avait embrassée, et cela avait été tellement intense que la manière dont il avait agi après n'en n'était que plus blessante. Avais-je mal agi ? Quelle avait été mon erreur ? Pourquoi avais-je comme l'impression que Remus le regrettait ?

– YOUHOU !

La voix de Sirius me fit revenir sur terre et je le regardai, toujours un peu sous le choc. Les sourcils froncés, il paraissait… inquiet ?

– Tu te sens bien ?

Pourquoi était-ce Sirius et non Remus qui me demandait comment je me sentais ?

– Je ne sais pas trop… avouai-je.

C'était la vérité. D'un côté, j'étais folle de joie de ce qui venait de se passer entre moi et celui que j'aimais et, de l'autre, son attitude après cela me laissait songeuse et peinée.

– Il s'est passé quoi avec Remus ?

Je n'eus pas le temps de répondre, car Remus réapparut et prit la chaise à côté de moi. Se serait-il assis là s'il avait pu être ailleurs autour de la table ?

Ma cape toujours sur mes épaules, mon verre intact devant moi, je restai les yeux dans le vague, n'accordant pas d'importance à ce qui se disait. Tout comme Remus qui ne m'adressa pas la parole une seule fois.

Pourquoi ce moment, dont j'avais tellement rêvé, se terminait-il de cette manière ? Était-il en train de me rejeter, était-il déçu à ce point ? L'air commençait à me manquer ; cet endroit était trop bruyant, trop étouffant.

Je me levai dans un raclement de chaise et quittai le bar bondé sans un regard pour personne. La pluie tombait toujours, mais je n'en avais que faire. Alors que j'étais sur le point de me mettre en route pour le château, je sentis quelqu'un me tirer par le bras, puis je fus dans la ruelle attenante, cachée de la pluie par un porche bancal.

– Qu'est ce qui se passe ?

Pourquoi n'était-ce pas Remus ? Pourquoi ne venait-il pas ? Pourquoi m'embrasser pour ensuite m'ignorer ?

– Remus m'a embrassée…

Un ange passa, le temps pour Sirius de saisir la raison de mon départ sans un mot. Je m'attendais à ce qu'il me demande les détails, mais il n'en fit rien et se contenta de soupirer et de passer une main sur son visage, semblant las.

– Remus, quand vas-tu cesser ? souffla-t-il pour lui-même.

J'étais trop écœurée pour tiquer sur sa remarque. J'en avais assez ! J'étais à mon tour bien plus que fatiguée de tout. Si jusqu'ici Remus n'avait pas fait quoi que ce soit qui aurait pu me donner l'impression qu'il se jouait de moi, c'était terminé. Avait-il eu envie d'essayer pour voir si cela lui plaisait, sans se soucier de ce que je pourrais ressentir ? Était-il amoureux d'une autre qu'il espérait oublier avec moi ? D'où me venaient ces idées ?

– Je vais lui parler, lâcha Sirius.

– Non ! l'implorai-je en attrapant sa manche. Laisse, je suis fatiguée, je vais rentrer.

– Ce n'est pas ce que tu crois Nina. Remus tient beaucoup à toi.

– C'est pour ça qu'il m'ignore après m'avoir donné de faux espoirs ? m'emportai-je.

Sirius ne rétorqua pas et cela me fit encore plus mal : j'avais raison. Je sentis la colère monter en moi le choc passé, il ne me restait plus que ça, l'amertume. Je me sentais tellement stupide de réagir de cette façon. Après tout, ce n'était qu'un baiser. Qu'avait-on à attendre de ça ? À quoi m'étais-je attendue au juste ?

– C'est terminé, Sirius. Je t'ai donné ce que tu voulais, alors, oublie-moi, et tu pourras dire à Remus qu'il n'a pas à se sentir coupable ou même quoi que ce soit d'autre.

– Ne réagis pas comme ça.

Je ne répondis pas et partis sur l'avenue principale, bien décidée à rentrer. Je n'avais rien à attendre, de toute façon. Je sentis Sirius attraper mon poignet, mais je me dégageai d'un geste brusque.

– Nina, crois-moi, laisse-moi aller lui parler. Il est trop têtu, c'est tout.

Je soupirai. En réalité, j'étais totalement effrayée à l'idée qu'il aille lui parler. Que viendrait-il me dire ensuite ?

– Hier j'étais vraiment décidée à savoir ce qui m'échappait encore, mais aujourd'hui, à cet instant, j'en ai plus rien à faire ! Alors oublie-moi, oublie tout !

Je fis volte-face et faillis rentrer de plein fouet dans Elly et ses copines. Je m'excusai et les dépassai pour rentrer.

Je pus entendre Elly demander à Sirius ce qui se passait, mais je ne sus s'il ne lui avait simplement pas répondu ou si j'étais déjà trop loin pour entendre sa réponse. Le chemin du retour fut plus rapide, étant donné que je n'en avais plus rien à faire de mettre les pieds dans l'eau.

Une fois dans l'enceinte du château, je retirai ma capuche et montai les premières marches de l'escalier de pierre avant de m'y asseoir. J'étais tellement déçue que j'aurais préféré qu'il ne m'embrasse même pas.

Décidée à retourner là où il n'y avait pas de déception – dans mes livres –, je me levai et pris mollement le chemin de mon dortoir.

Quelques jours avaient passé depuis le dimanche à Pré-au-Lard et je m'étais jetée corps et âme dans mes cours, espérant oublier, mais rien n'y faisait. Ce baiser repassait inlassablement dans ma tête, et chaque nuit, je faisais des rêves étranges, sans aucun sens, ou bien qui me laissaient rouge de honte le lendemain en me réveillant.

J'évitais avec soin de croiser Remus et j'avais réussi, si bien même que j'en venais à me demander si lui non plus ne tentait pas de m'éviter.

Comme un malheur ne venait jamais seul, j'avais l'impression qu'autre chose se tramait. On me regardait étrangement et certaines filles me lançaient des regards assassins sans que je sache pourquoi.

Cette sensation me venait surtout au moment des repas. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas que je me rende compte que les gens m'épiaient avant de chuchoter entre eux. Agacée par tout ça, je laissai mon repas à moitié mangé et me dirigeai vers mon dortoir, décidée à trouver un livre à lire ou un devoir à faire.

Je récupérai mon livre de potion dans ma chambre puis pris le chemin du bureau sous le lac. Au moins, là-bas j'aurais la paix.

Les couloirs des cachots étaient sombres et humides, comme toujours, mais j'eus comme un mauvais pressentiment. Je n'aurais pu dire pourquoi.

– Tiens, mais qui voilà ? C'est la petite Grant ?

Je sursautai en voyant venir en face de moi trois Serpentard de septième année, Avery, Mulciber, et Rogue, ainsi qu'un quatrième de sixième année, Regulus Black.

J'eus envie de me détourner et de fuir simplement, mais je restai figée sur place. J'avais le sentiment de revivre la même scène d'il y avait trois ans.

– Ta sœur va bien ? demanda sournoisement Avery.

Lui, Black et Mulciber étaient à présent autour de moi, comme pour m'empêcher de fuir. Je décidai de puiser dans le peu de courage que j'avais pour leur tenir tête.

– De laquelle veux-tu parler ? J'en ai plusieurs.

– Hum, à ton avis, le sort de laquelle pourrait m'intéresser ?

– Aucune !

– De toute façon, tu serais sûrement la dernière personne sur terre à savoir quelque chose d'elle...

Je le savais, il avait raison et pourtant cela me fit aussi mal qu'un coup de poignard en plein cœur.

– Je te reconnais une chose, pouilleuse. Tu as remis à sa place ce bâtard de Sirius. Tu remontes un peu dans mon estime. Peut-être que Rose pensera la même chose que moi, qu'en dis-tu ?

Son prénom me crispa. Je resserrai ma main sur ma baguette. La colère commençait à vouloir prendre les commandes.

– Ou peut-être pas... Elle se met en rogne dès que l'on parle de toi. À mon avis, tu pourrais nous quitter subitement qu'elle n'aurait rien à faire…

– La ferme !

Je sortis ma baguette et l'enfonçai sous le menton d'Avery. Seulement, à peine avais-je fait cela que je pus sentir celle de Mulciber et de Black se pointer sur moi. Cependant, à ce moment précis, la seule chose dont j'avais envie c'était de voir Avery se rouler en boule de souffrance.

– Pouilleuse, si tu ranges gentiment ta baguette, je te promets de ne pas trop te faire souffrir.

Je compris que, quoi qu'il advienne, il allait jouer un peu avec moi. J'avais déjà connu le sortilège du Doloris ; je pouvais le subir de nouveau. C'était peu comparé au plaisir que j'aurais à faire taire cette langue de vipère d'Avery.

– Endoloris !

À peine avais-je lancé mon sort et vis-je Avery s'effondrer au sol que je fus à mon tour assaillie par des douleurs inimaginables, comme si mon sang était en feu. Tous mes os semblaient se briser un à un. La souffrance était insoutenable et les cris qui sortaient de ma gorge étaient inefficaces pour me soulager, mais il m'était impossible de les contenir.

Je ne sus pas vraiment quand cela s'arrêta et combien de temps cela dura, mais quand je fus libérée, j'étais allongée face contre terre sur la pierre froide et humide, les larmes coulant sur mon visage.

Je ne sus non plus si j'avais rêvé ou non au moment où Avery me disait qu'il n'était pas près de me laisser tranquille. Néanmoins, il y avait de fortes probabilités qu'il l'eût dit.

Je tentai de me relever, mais tous mes muscles semblaient figés dans leur position. Je me traînai tant bien que mal contre le mur où je me hissai pour m'asseoir, toujours essoufflée, les larmes continuant de couler.

Pourquoi avais-je fait ça ? Je m'étais laissée envahir par la colère, la peine, et j'avais commis une énorme erreur en lançant le sortilège contre Avery. Le pire était que j'avais cru ne pas le regretter si je touchais moi aussi le Serpentard, mais, finalement, je m'en sentis que plus mal encore. J'avais utilisé un Impardonnable pour la première fois et je le regrettais amèrement. Je n'étais pas comme eux.

– NINA !

Ma vue commençait à redevenir un peu plus nette et je pus voir sa longue silhouette venir vers moi en courant.

– Qu'est-ce que tu as ? me demanda Sirius en s'agenouillant à côté de moi, l'inquiétude dans la voix.

– J'ai fait une bêtise, soufflai-je.

– Je t'emmène à l'infirmerie, lança-t-il en passant un bras sous mes jambes et l'autre à ma taille pour me soulever.

– Non, s'il te plaît, ça va aller. Je t'en prie…

J'avais du mal à parler et dire ces quelques mots me fit tousser. Toujours tenue contre le torse de Sirius, je n'avais même pas la force d'insister pour qu'il me repose sur le sol. Il semblait réfléchir.

– S'il te plaît, pas à l'infirmerie, murmurai-je.

Finalement, Sirius eut pitié de moi et il m'emmena dans le bureau sous le lac. Il me déposa sur le bureau et remplit un verre d'eau qu'il me tendit. Je le bus goulûment devant ses yeux suspicieux.

– Si tu me dis ce qui t'est arrivé, je te jure de ne pas t'emmener à l'infirmerie.

– Pourquoi tu veux savoir ? Je ne veux pas que tu te crées des problèmes. Ce n'était rien…

– Un sortilège du Doloris, ce n'est pas rien pour moi.

Je levai mes yeux vers lui, incrédule. Comment avait-il su ? Avait-il assisté à la scène ? Non, il serait intervenu dans ce cas-là – du moins je le pensai… Sirius comprit mon incompréhension, car il reprit :

– Tu es blanche comme la mort, essoufflée et en nage. Tu es étendue sur le sol des cachots, repaire de ces serpents. J'ai aussi croisé Avery et Mulciber en venant par ici. J'en déduis donc que, pour une raison que j'ignore encore pour le moment, l'un de ces enfoirés t'a fait ça.

Si je n'avais pas été aussi mal en point, j'aurais sûrement souri devant le résonnement qu'il énonçait à la manière d'un grand détective.

– S'il te plaît, dis-moi ce qu'il s'est passé.

– Ce serait beaucoup trop long, et je n'ai pas envie d'en parler…

– On va à l'infirmerie, commença-t-il en s'approchant vers moi.

Je posai mes mains sur ses épaules et soupirai. Cela me ferait-il du bien de le dire à quelqu'un, d'avouer ce secret qui me rongeait de l'intérieur ?

– Je vais te le dire, je te le jure… mais pas ce soir.

Sirius hésita, puis finalement il abdiqua et m'autorisa à rejoindre ma chambre. Je me levai donc du bureau, mais une fois mes pieds sur le sol, je sentis aussitôt mes jambes céder sous le poids de mon corps. Sirius m'empêcha de m'étendre de tout mon long et me rattrapa d'un bras. Il me prit contre lui de nouveau et sortit du bureau, vers les couloirs.

Je n'aurai su dire pourquoi, si cela venait du fait que je venais de recevoir le sortilège le plus douloureux qui soit, ou pour une autre raison que j'ignorais, mais là, dans les bras de Sirius, collée contre sa poitrine où je pouvais sentir son cœur battre, le mien se réchauffa aussitôt et, surtout, je me sentis plus en sécurité que jamais.


Allez, ne soyez pas timide, cliquez et dite moi si il vous à plut =)