- Ne me force pas à me répéter ! m'énervais-je. J'essaye d'être gentille figure-toi !
Il me sourit, et vint s'installer à côté de moi.
- Ecoute Isabella, je suis vraiment désolé au sujet de Tanya... J'ai décidé de ne plus la fréquenter...
- Je m'en cale totalement Masen. C'est ta vie, je ne vois pas pourquoi tu m'en fais part.
- Tu as raison. Mais je ne veux seulement pas traîner avec cette garce sachant ce qu'elle t'a fait, siffla-t-il.
Je soupirai.
- Woaoo ! Touchant...
C'était ironique. Evidemment. Il sourit de nouveau, et se releva.
- Je vais aller te chercher à manger, la nourriture ici est vraiment infecte ! me proposa-t-il.
- J'aurais refusé volontiers mais j'ai vraiment très faim ! m'exclamai-je en m'étirant.
- Ne t'attends pas à ce que ça soit tous les jours comme ça Swan ! lança-t-il en partant.
Il sortit alors de la chambre et je me retrouvai enfin seule. Cela me rassurait qu'il continue à me chambrer comme il avait l'habitude de le faire. Tout était à sa place. Certes, je l'avais invité au mariage de Rosalie, un simple retour des choses car il m'avait tout de même sauvé la vie. Ce n'était pas pour autant que je ne pouvais pas continuer moi aussi à le charrier. Et cela me plaisait énormément. Je me trouvais enfin de nouveau dans mon élément. Et cela était bon.
Il fallait que j'arrête de toujours me prendre la tête. Tu devrais laisser faire les choses, tu sais ? me conseilla Miss C. Je ne savais pas si c'était la meilleure des solutions, mais puisque j'avais promis à Jasper de faire des efforts, et de réfléchir, je décidai de choisir cette option, et advienne que pourra. Laisser faire les choses et voir ce qui allait se passer. Que risquai-je ? Tout au plus de laisser gagner Masen ? Cela m'ennuyait, évidemment, mais je ne voulais pas continuer à être aussi tourmentée chaque jour en le voyant.
Je tenais enfin la solution. Je fermai les yeux afin de penser à autre chose, et une vague de paix m'envahit. Je sombrai dans le sommeil en quelques secondes à peine, quand j'entendis des voix chuchotant autour de moi. Je n'avais pas dû dormir bien longtemps, et je découvris en ouvrant les yeux qu'Alice et Emmett se tenaient au fond de la pièce, en ricanant. Je découvris le sujet de leur moquerie en tournant la tête et en découvrant Masen dans le fauteuil situé à ma gauche.
- Heureusement que j'ai pris un repas froid, tu as failli me faire dépenser de l'argent pour rien ! dit-il l'air sévère.
- Ouuuh, je m'en veux énormément, répondis-je en levant les yeux au ciel.
- Bon, c'est pas bientôt fini les amoureux ? s'exclama Alice en riant.
Je la toisai du regard, furieuse.
- Alice, veux-tu bien aller me chercher ton père je te prie ? persifflai-je.
- Oh, j'ai compris, tu as besoin qu'on te laisse seule avec ton chéri, dit-elle, l'innocence incarnée.
- Dehors ! Dégagez ! aboyai-je.
Je mis mes écouteurs dans mes oreilles, et montai le volume au maximum tandis que je soupirai en voyant le désastre que j'avais fait dans ma chambre. En effet, on aurait dit qu'une tornade était passée dans cette pièce. J'avais eu beau avoir une tenue plus que convenable à me mettre, rien n'allait. Il fallait l'avouer, j'étais totalement paniquée quand au fait de devoir être accompagnée par Masen au mariage de ma meilleure amie. Evidemment, si ca avait été Kellan, tout aurait été plus facile.
- Bella, Edward t'attend ! cria Charlie depuis le bas des escaliers.
Je soupirai une nouvelle fois et posai mon ipod sur ma table de chevet avant d'enfiler mes escarpins blancs. La robe que m'avait choisi Alice était une pure merveille. Je ne savais pas comment elle faisait pour avoir autant de talent, mais j'avais une chance incroyable de l'avoir pour amie. Elle était écru, s'arrêtait au genou et m'allait à ravir. Charlie m'appela de nouveau et je respirai profondément. J'avais promis à Rosalie d'être sympathique avec Masen, et à Alice de ne pas faire de bêtises dans une des chambres de la maison Cullen.
Bizarrement, je sentais que l'une des deux promesses semblait beaucoup plus simple à tenir que l'autre. Non pas que j'avais l'une des deux en tête. Je voulais faire plaisir à Rosalie, et je n'avais aucune envie de faire quoique ce soit avec Masen. Je réussi à me détendre et descendis les escaliers. Charlie et Sue m'attendaient dans l'entrée, ainsi que Masen - ou plutôt était-il Edward aujourd'hui - qui me tendis une rose rouge lorsqu'il me vit. Je réussi à lui sourire et soufflai. Il fallait que je me détende. Ce n'était pas si compliqué, si ?
Charlie et Sue embrassèrent Clémence et montèrent dans la voiture de mon père. Exceptionnellement, ils avaient demandé à Angela Weber de garder ma petite soeur afin de pouvoir assister au mariage de Rosalie et Emmett. J'allai embrasser la petite à mon tour avant de monter dans la voiture de... d'Edward. J'avais beaucoup de mal à penser à son prénom, car j'avais l'habitude de l'appeler par son nom de famille. Je déglutis péniblement quand il démarra la voiture. Heureusement, il ne parla pas durant tout le trajet jusqu'à la villa Cullen, ce qui me laissa le temps de me calmer un peu et de profiter du temps magnifique que nous offrait Forks aujourd'hui.
Edward se râcla la gorge et coupa le moteur. Il descendit de voiture et m'ouvrit la portière. Edward Masen ? Galant ? Je devais sûrement rêver. Enfin, même si le mot "rêve" était bien entendu très peu approprié. Je pouffai de rire et descendis de voiture tandis qu'il me prennait le bras. Cet idiot était-il vraiment sérieux ? Pensait-il vraiment que j'allai tomber sous son charme simplement parce qu'il avait décidé de se montrer sympa pour une fois ? Il pouvait toujours courir, car c'était tout à fait hors de question. Je souris à cette idée, et allai rejoindre gaiement Jasper sur le perron de la villa. Alice devait sûrement préparer Rosalie. A cause des accidents de ces derniers temps, Alice m'avait demandé de ne m'occuper de rien. Contre mon gré, j'avais été contraite d'accepter sous peine de ne pas être invitée. J'embrassai Jasper sur la joue.
- Arrête ou Eddy va être jaloux ! me taquina-t-il.
- Jasper ? Je ne suis pas cette pétasse de Tanya, alors ta gueule ! lui dis-je gentiment.
- Oui m'dame ! ria-t-il.
Je souris.
- Ecoute, je me suis sentie obligée d'inviter cet idiot au mariage de Rose, et je tiens ma promesse, alors cool, okay ?
- Je vois ça ! dit-il en regardant derrière moi.
Edward se tenait droit comme un i, attendant que quelqu'un l'invite à entrer. J'éclatai de rire et dis à Jasper que je le rejoignai dans une minute, le temps de m'occuper de mon boulet de cavalier. Je pris Edward par le bras et l'entraînai à l'intérieur de l'immmense villa de Carlisle et Esmé. Ceux-ci m'accueillirent à bras ouverts lorsque j'entrai chez eux, et je remarquai avec effarement à quel point Alice avait fait du bon boulot. Je les complimentai sur leurs tenues tandis que je remarquai que Carlisle regardait Edward d'un oeil mauvais. Mon médecin préféré serait-il aussi un allié, un anti-Masen ?
Cela me fit rire, et j'allai m'installer sur une des chaises de la première rangée. Rose avait décidé de mettre ses amis en avant, et les parents derrières nous, prétextant qu'il fallait bien laisser la place aux jeunes un jour. Cela avait bien sûr provoqué l'hilarité de tout le monde à l'époque, surtout de ma bande d'amis. Je vis mon nom gravé sur ma chaise, ainsi que celui d'Edward juste à côté. Ou plutôt avais-je pensé que c'était celui d'Edward avant d'entendre celui-ci grogner. En regardant de plus près, je vis qu'il n'était pas tout à fait écrit Edward. Mais j'allai devoir remercier Emmett pour cela. Car j'étais persuadé qu'il en était l'auteur. Tandis que Le-Plus-Grand-Crétin-De-L-Univers-Selon-Bella s'asseyait à sa chaise, je vis que Jasper et Alice arrivaient avec hâte.
Alice se triturait les mains, tandis que son petit-ami essayait de la rassurer. Je lui souris et lui chuchotai que tout se passerait bien, tandis qu'Edward m'accompagna pour la réconforter. Je fus surprise de son geste, mais aussi touchée de le voir se préoccuper ainsi de mon amie. J'étais peut-être folle car mon avis sur Edward Masen changeait constamment, mais peut-être n'était-il pas aussi froid et arrogant que je l'avais imaginé. Je lui souris lorsque nous allâmes nous rasseoir sur nos chaises respectives. Ok, peut-être bien que j'avais eu faux, mais je laissai encore le doute planer sur sa véritable personnalité. La musique commença à chanter son air connu, et Emmett entra dans la pièce.
Il était vêtu d'un costume noir, magnifique. Il était vrai qu'Emmett était beau à tomber. Je le connaissai depuis ma plus tendre enfance, et il était toujours resté égal à lui-même. Mi-homme, mi-enfant, il en avait fait chavirer plus d'une. Il ne s'était jamais vraiment intéréssé aux filles avant l'apparition de Rosalie. Ils avaient toujours été proches, mais jamais l'un ou l'autre ne s'était véritablement rendu compte des sentiments qu'il portait à l'autre. Ce qu'ils partageaient était beau, pur et ils le méritaient amplement. Je fus prise d'une vague de tristesse, me demandant si un jour, moi aussi, je trouverai ce bonheur si parfait.
Je sentis une main se poser sur mon épaule et vis avec surprise qu'il s'agissait de celle d'Edward. Il me lança un sourire timide que je lui rendis. Oui. Peut-être m'étais-je trompée sur toute la ligne. Emmett arriva enfin à l'endroit où il devait se tenir, et toutes les têtes se tournèrent vers le lieu où Rosalie devait arriver d'une seconde à l'autre. J'entendis Alice pleurer tandis que les parents Hale et Cullen se hâtaient de découvrir la mariée. Rosalie arriva enfin, plus époustouflante que jamais. Alice s'était surpassée, donnant à Rosalie l'air d'être tombée du ciel. Un ange sur terre. Elle avait les larmes aux yeux en avançant vers celui qui serait son époux d'une seconde à l'autre. Une larme roula sur sa joue lorsqu'elle arriva devant Emmett.
Les fiancés devinrent mariés, et s'embrassèrent langoureusement devant toute l'assistance.
- Tu crois qu'ils vont nous faire un enfant tout de suite ? plaisanta Alice.
- J'en ai bien l'impression ! pouffai-je.
Les amoureux arrêtèrent enfin leur embrassade et tout le monde vint les féliciter. Les Hale et les Cullen se félicitèrent mutuellement, tandis qu'Alice sautillait partout, ravie d'être officiellement la belle-soeur de Rosalie. Tout le monde semblait heureux, et je réussi enfin à me sentir parfaitement bien. Edward proposa d'aller nous chercher du champagne et j'acceptai avec plaisir. Alice me lança un regard plein de sous-entendus lorsque j'allai la rejoindre au bras de Jasper. Tout le monde parlait de ce mariage parfaitement réussi ainsi que des costumes magnifiques sortis tout droit de l'imagination d'Alice. Edward revint avec trois coupes de champagne, et je le regardai, interloquée.
- Mais encore ? demandai-je, suspicieuse.
- Je sais qu'il te faudra moins de temps pour boire deux coupes que moi pour en boire une, ria-t-il.
J'haussai un sourcil.
- Est-ce encore une blague de mauvais goût Edward ? Parce que je t'assure que sinon...
- Non Bella, ce n'en est pas une, me promit-il solennelement.
Je ne savais pas pourquoi, mais je le croyais.
- Merci, tu es gentil, souris-je.
Et cette fois, le sourire était sincère.
- Tu veux danser ? me proposa-t-il tandis que je vidai déjà ma seconde coupe.
- Avec plaisir...
Il me prit par la main et m'emmena sur la piste de danse. Avec effarement, je constatai qu'il dansait encore mieux que Jasper. Il me fit virevolter sur une musique douce, et des papillons vibrèrent dans le creux de mon ventre. Son corps était si près du mien, ses yeux si profonds, ses bras si musclés. Il fallait avouer que cet homme était affreusement désirable. Comme pour me narguer, Fall For You passa, et Edward passa son bras autour de ma taille tandis que je passai les miens autour de son cou. Avec hésitation, je posai ma tête contre son torse, dans le creux de son cou. Il avait une odeur sucrée, semblable au miel. Il était tellement attirant aujourd'hui. C'était comme si tout était... Différent.
Lorsque la musique prit fin, Edward caressa mon visage du bout des doigts, mais pour une fois, je ne me dégagea pas de son étreinte, la trouvant plus réconfortante qu'écoeurante. Certes, il me faudrait peut-être plus de temps pour vraiment trouver sa compagnie naturelle, mais plus la journée passait, et plus je me rendais compte que j'avais eu tort concernant Edward. Il avait peut-être des manières qui laissaient paraître de l'arrogance, mais il avait aussi un côté doux et sensible que je lui découvrais aujourd'hui. Il approcha ses lèvres des miennes, et contre toute attente, je me laissai faire, savourant même ce baiser. Je le lui rendis avec ferveur, et rougis lorsque je vis que tout le monde nous regardait.
Carlisle et Esmé nous proposèrent d'aller pique-niquer dans l'immense jardin de la villa Cullen afin de profiter du beau temps, et de l'air frais. J'étais ravie de cette proposition, car j'avais vraiment besoin d'un peu d'air frais avec ce qu'il venait de se passer. Les deux couples de ma bande d'amis passèrent devant, et Edward les suivi, tenant toujours ma main. Sa poigne était assez ferme pour me garder, mais pas assez pour me faire mal. Elle était légère, douce, agréable. Je souris d'un air béat avant de les suivre à mon tour. Etait-ce vraiment de cela dont j'avais envie depuis le début ? Cela me semblait si évident, si agréable que j'en avais la tête qui tournait. Ou peut-être était-ce le champagne ?
Le fait était que j'aimais ça et que c'était tout ce qui importait. Nous nous assîmes tous dans l'herbe, Rosalie enlevant sa robe de mariée qui devait lui donner affreusement chaud, laissant à découvert une robe légère qu'Alice avait prévu pour cette occasion. Décidemment, notre Alice pensait toujours à tout. Je m'installai à côté d'Edward et de Jasper, et Esmé passa à chacun des plats et des fourchettes. C'était un repas léger mais parfait pour la faim de tous. Il était vrai qu'avec tous les préparatifs, chacun avait eu une faim de loup, mais celle-ci s'était estompée grâce à la chaleur. Il devait bien faire trente-cinq degré et j'étais ravie de porter une robe aussi légère. Edward enleva sa veste, et enleva quelques boutons de sa chemise, laissant apparaître une musculature parfaite.
Il était à croquer et il était vrai que je n'avais pas eu de relation sexuelle depuis longtemps. Je n'avais toujours eu que des petites aventures lorsque je sortais en boîte de nuit avec mes amis, mais jamais quelque chose de durable. De plus, je n'avais jamais eu de chance, tous les garçons avec qui j'avais couché était affreusement nul au lit. Pourtant, je sentais que ce serait différent avec lui. Je sentis mon visage s'empourprer lorsque je nous imaginai dans des positions torrides. Il s'approcha de moi et déposa tendrement ses lèvres sur les miennes. Mais j'avais envie de plus. Beaucoup plus. Je l'embrassai avec passion avant de passer discrétement ma main sur son entre jambe. Il grogna et fourra sa main dans mes cheveux. Pour mon plus grand bonheur, personne n'avait remarqué notre désir mutuel.
Je l'embrassai une dernière fois avant de m'excuser auprès de mes amis et de ma famille, prétextant un besoin urgent d'aller aux toilettes. Personne, hormis Edward, ne remarqua le regard équivoque que je lui lançai. Il hocha la tête tout en se mordillant la lèvre inférieure. Il était affreusement sexy. Sublime. Parfait. Il avait un corps de dieu et je n'avais pas envie, mais besoin de lui. Je filai rapidement dans la villa, et quelques minutes plus tard, je vis Edward me rejoindre. Il me sauta alors dessus, et je passai mes jambes autour de sa taille, tandis qu'il nous emmenait dans une des chambres à l'étage. Au diable la promesse que j'avais faite à Alice, j'allai avoir la plus belle partie de jambes en l'air de toute mon existence.
