Rating : M

Prairing : HP/SS, un peu HP/DM (mais juste un peu et pas forcément pour le bonheur d'Harry) et quelques autres sous-entendus.

Disclaimer : Vraiment rien à moi, personnages et univers de JKR, histoire de la sémillante Cluegirl, moi je traduis seulement…

Spoiler : tome 6

Avertissements : Ceci est un slash, c'est-à-dire deux fringants (enfin pas si frais que ça dans cette histoire) jeunes hommes en train de batifoler dans la nature. Cette fic a un rating M, ne perdez pas ça de vue.

Note de la traductrice : Le lien vers l'histoire originale est toujours disponible dans mon profil.

Note pour ce chapitre : La première partie de ce chapitre est un peu crue. Vous voilà prévenu(e)…

Sinon, j'ai quelque peu retouché les chapitres précédents, si ça vous dit de jeter un coup d'œil… (surtout au chapitre neuf, où j'ai réussi à trouver des rimes en –ard pour l'histoire du Choixpeau, ce qui est, quand même, un exploit)

Faites bien attention aux dates… Je vous souhaite une bonne lecture !

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Everybody's fool - - Chacun sa folie

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Chapitre 10 : Une affaire de confiance

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Va te faire foutre toi aussi, Draco.

Tu sais très bien que je n'en ai rien à foutre si tu me trompes—je t'ai toujours connu comme étant un bâtard capricieux depuis que l'on a partagé le dortoir de l'école, après tout. Mais tu n'as aucun droit d'utiliser Parkinson comme ça. Qu'est ce que tu veux y gagner, exactement ? C'est pas comme si tu arriverais à la supporter une fois le pas franchit. Elle sera déshéritée et tu sais foutrement bien qu'il n'y a rien à espérer du côté du nom des Malfoys en matière d'héritage. Donc tu ne gagneras rien, et elle perdra tout ce qu'elle a, et tu penses toujours que je te donnerais accès à ma chambre et à mon compte en banque après avoir joué un coup comme ça ?

Crois moi, Malfoy, tu n'es pas un si bon coup.

Ça ne me surprend pas vraiment que tu sois assez stupide pour traiter tes congénères Serpentards comme des jouets, même si ça me déçoit beaucoup. Pendant un instant, j'ai pensé que tu avais pu évoluer en quelque chose de différent qu'un autre Malfoy brutal enveloppé dans du papier argenté. Couper les ponts avec Potter l'été dernier semblait illusoirement que tu avais grandi un peu, mais je suppose que c'était trop demander.

Et bien, j'ai une nouvelle pour toi ; je suis fatigué par tes intrigues, je suis fatigué de ton ego, je suis fatigué de tes dépenses, et je suis fatigué de toi. Si tu n'étais pas pauvre comme Job, ton cul pourrait probablement valoir le coup de faire garder mes arrières, mais vu ta position, tu ne vaux même pas l'embêtement qu'il serait nécessaire d'avoir pour t'empoisonner et faire disparaître ton corps. Et ne t'imagine pas un instant que quelqu'un se lancerait à ta recherche—personne mis à part Potter ne s'imagine que ton acquittement signifie en quoique ce soit que tu es innocent. Le Ministère serait juste content de savoir que tu es parti.

Ne te fatigue pas à revenir à Ellemore House pour récupérer tes affaires—je les ai déjà envoyée chez le solliciteur de ta mère. Et n'ennuie pas Parkinson non plus—elle n'est plus joignable à partir d'aujourd'hui. Je suis riche, tu vois, et je suis célibataire, et je n'ai pas disgracié le nom de ma famille en allant en prison et en étant convaincu de meurtre. Son père était ravi de ma demande en mariage, et elle était franchement soulagée d'apprendre qu'elle ne te devrait plus rien. Considère ceci comme un portrait assez fidèle de ce que tu vaux de la part de tes plus proches amis, sale branque.

Je t'aurais bien invité au mariage, mais je me fous de te voir, tout comme Pansy, et ce n'est pas comme si tu pouvais offrir un cadeau de valeur de toute façon. Alors, regarde juste les pages de Société à la place. il devrait y avoir un faire-part d'ici peu.

Sincèrement.

Blaise Zabini

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3 octobre

Finalement, Harry n'arrivait plus à le supporter. Il roula sur son ventre, s'étira pour attraper la baguette sur la table de nuit—il ne pouvait pas voir à qui elle appartenait dans les ténèbres trop matinales des cachots—et lança un sort de lubrification.

Derrière et à moitié sur lui, Snape se réveilla dans un grognement et un mouvement qui fit déraper son sexe gonflé contre le creux des cuisses d'Harry. « Hgnuh ? » Gronda l'homme tandis qu'Harry gigotait sous lui. « Qu'est ce que vous— » ses mots se transformèrent en halètements quand son sexe se glissa dans le creux étroit et huilé entre les jambes et les fesses d'Harry.

Groggy, grognon et excité, Harry ne pouvait s'empêcher de partager le sentiment. Surtout quand il sentit le sexe de Snape cogner par derrière ses bourses gonflées. « Je prends soin de ceci, » il fléchit ses cuisses, « Comme ça vous me laisserez quelques putains d'heures de sommeil avant le match d'aujourd'hui ! » Harry eut assez de présence d'esprit pour caler la baguette sous un oreiller avant de glisser une main sous lui pour s'occuper de son propre sexe.

Le souffle de Snape était comme une fournaise moite le long de la colonne vertébrale d'Harry, les joues rugueuses avec sa barbe naissante, les cheveux telle une caresse affolante contre sa joue quand il poussa ses hanches en arrière puis en avant. Le bruit mouillé était sale et bruyant et sexy du feu de Dieu, et le sexe d'Harry palpita rageusement contre les draps du lit alors qu'il gémissait contre son oreiller. Puis Snape se releva soudainement, ses mains pressées contre les draps à côté du visage d'Harry, sa voix plus aigue avec l'inquiétude. « Qu'est ce que vous—je ne suis pas à l'intérieur—

« Non, bordel, vous n'êtes pas dans mon cul ! » Harry lança ses hanches en arrière, essayant d'atteindre avec sa main libre le dos de Snape pour le presser de nouveau contre lui. Le sexe chaud se frottait contre son anus—un avant goût de ce qu'il ne pouvait pas encore demander à Snape—et Harry serra les dents frustré. « Je vous ai dit que vous pouviez attendre avant de me baiser jusqu'à ce que vous soyez prêt, » haleta-t-il. « Mais je n'ai PAS dit que je vous laisserai me faire tomber du lit avec votre putain de barreau matinal à chaque fois que je dors ici ! »

« Mais vous avez… » une autre succion alors qu'il retirait doucement son sexe, l'arête du gland caressa l'anus d'Harry une nouvelle fois. Il faillit entrer quand il se renfonça, se calant et pressant fortement, puis glissant à côté. « Est il nécessaire que cela soit… » La voix de Snape trembla contre la nuque d'Harry, trop endormie/perdue/excitée pour être dégoûtée. « …humide ? »

« Lubrifiant. Sortilège. » Enonça Harry, relevant ses hanches pour pouvoir correctement attraper son sexe. « Je vous l'apprendrai plus tard, mais uniquement si vous BOUGEZ MAINTENANT ! »

Avec un grognement, il le fit, se couchant de tout son poids sur le dos d'Harry tandis que ses hanches plongeaient en avant. Harry cria quand sa tête rencontra le mur, mais l'instant d'après, le bas nerveux de Snape se faufilait sous lui, ses ongles égratignant son ventre, ses doigts emprisonnant ceux d'Harry autour de son sexe, glissant grâce au lubrifiant dans le doux creux des cuisses d'Harry.

Harry geignit, s'accrochant à la coulante et prenante sensation, la prise de Snape était si serrée, ses caresses se terminaient avec une telle torsion tandis que son sexe dur éprouvait ses bourses et son périnée encore et encore. Le souffle de Snape était un rythme bourdonnant dans ses oreilles, animal et farouche, et aussi pleinement sexy que le oint et glissant contrepoint de leur peau se rencontrant. C'était grossier, et c'était effréné, et c'était loin de ce que Harry voulait, mais c'était mieux que de rester allonger avec une érection pendant que Snape se frottait contre lui dans son sommeil.

Harry crispa ses cuisses, éperdu dans la brûlure qui commençait à s'installer dans ses testicules et se transformer en un désir ardent douloureux. « Allez, » psalmodia-t-il au creux de l'oreiller, « Allez, allez… » Puis, des dents se refermèrent sur son épaules ; une contraction brutale et sauvage quand Snape jouit dans un cri étouffé. Exalté par la peine inattendue, par la soudaine chaleur contre ses bourses et par la farouche contraction de la main de Snape autour de son érection, Harry jouit pas même une seconde plus tard.

Il y eut un long moment comprenant uniquement une reprise de souffle, un poids détendu, et le soulagement d'un réveil. Puis, dans un soudain et profond gémissement, Snape roula sur le côté. « C'était…intéressant. » Observa-t-il entre deux respirations. « Comment est ce appelé ? »

Harry marmonna dans l'oreiller et reçut une tape dans les côtes pour son dérangement. « La couverture ne vous a pas posé une question, Potter, » fit remarquer Snape, s'allongeant contre le dos d'Harry pour remettre la baguette sur la table de nuit. « Si ceci était une expérience d'apprentissage—

« Coït intercrural. » Harry se releva et sortit du lit de Snape en un seul mouvement. « Aussi appelé stimulation interfémorale ou 'tight job' si vous parlez à un américain. » Il agrippa ses lunettes de la table de chevet et les plaqua sur son visage, ignorant le bourbier collant, suintant et coulant, sur son ventre et ses jambes. « Ce n'est pas confortable pour les deux parties sans une bonne dose de lubrifiant, mais c'est communément accepté dans le milieu gay comme une alternative à la sodomie. Maintenant si vous n'avez pas d'autres questions, puis-je utiliser votre foutue douche s'il vous plaît ? » Et Harry partit sans attendre de réponse.

Alors Snape offrit un « Faites comme chez vous » mi-figue mi-raisin à l'attention du dos d'Harry ce qui n'arrangea en rien son humeur.

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Sous la douche, Harry tenta de se calmer, de se réveiller et de se sortir de son dépit naissant. Il allait devoir s'excuser auprès de Snape, réalisa-t-il, frottant le savon contre ses paumes pour le faire mousser. C'était une question parfaitement raisonnable, même si elle avait été posée au pire moment possible.

Il soupira, nettoyant les traces du sort lubrifiant et essayant de se forcer à ne pas repenser à la dernière fois où il avait eu une bonne et solide baise. Avec Draco, probablement, et il réalisa que cela n'allait pas arranger son humeur de ce matin. Il voulait baiser, pas se faire sauter, merci !

Mais Snape n'était pas prêt pour cela et Harry avait promis de ne pas le pousser, peu importe à quel point il avait envie de sentir ce sexe long et incurvé en lui. Il avait semblé auparavant à Harry que Snape se serait soumis à être ouvert, pénétré et monté comme un thestral, mais il frémissait avec un regard alarmé quand Harry proposait d'alterner les rôles, et c'est ce qui arrivait à chaque fois quand le sujet revenait.

L'homme n'était pas fait pour aller en dessous—pas vraiment. Il n'était pas assez flexible, tous genoux et coudes et grimaces de douleur quand Harry le préparait. Et il devait travailler beaucoup trop durement pour le délivrer de l'acte. Harry avait dû avoir recours à un pénible charme duratus plus d'une fois pour pouvoir tenir assez longtemps et amener l'homme au septième ciel. Et il ne perdait jamais le contrôle, pas comme il le faisait quand Harry le suçait ou même quand il lui faisait avoir un orgasme avec ses mains ou par frottage—le corps de Snape pouvait accepter l'intrusion, mais il était clair qu'il ne le désirait pas. Pas comme Harry le désirait.

Putain.

« C'est pas grave, » se dit Harry à lui-même, frottant ses cheveux avec le savon, « Remus est uniquement au-dessus. Les loups garous ne peuvent pas être en dessous d'autres non-loup garous, alors si Remus est celui que veux Snape, alors il—

« Potter. » Nu et renfrogné, Snape enfonça la porte de la salle de bain. « Quel est le contre sort à ce foutu sortilège de lubrification ? Cela ne s'en va pas proprement. »

Harry sursauta au 'bang', puis glapit quand l'eau savonneuse glissa dans ses yeux. « GAH ! SNAPE, » Hurla Harry, laissant tomber le morceau de savon afin de presser ses mains contre son visage. « VOUS NE FRAPPER JAMAIS ? »

« Pas dans ma foutue salle de bain, Potter, » vint la réponse amusée quand la porte se referma de nouveau. « Pourquoi, avez-vous peur que je vous vois nu ? Je confesse que votre tatouage est assez ignoble pour mériter quelque modestie, mais je suis dans une position difficile pour le commenter, toutes choses considérées. »

« Ha, putain de ha, » grogna Harry, cligna des yeux en faisant s'écouler des larmes chaudes pour jeter un regard noir à l'homme, appuyé lassement contre l'entrée de la douche. « Il me semble me souvenir de vous ayant d'autres idées sur l'intimité quand cela impliquait votre pensine. » Aussitôt que les mots eurent quitter ses lèvres, Harry se frappa mentalement d'avoir raviver cet horrible souvenir.

Mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche pour excuser son faux-pas, Snape renifla, se détacha du mur et se pencha pour enlever le savon de la bonde. « Oui, aussi bien que je me rappelle de cet incident, votre haleine ne sentait pas mon sperme et l'odeur de mes fesses n'était pas sur vos doigts à ce moment là. » Il tendit le savon à un Harry bouche grande ouverte et lui fit un rictus triomphant. « Maintenant. Le contre sort. »

« J'en connais pas, » admit Harry, appliquant vigoureusement du savon sur ses cheveux pour cacher le rougissement brûlant de son visage. « D'habitude, je me nettoie juste. » Entrevoyant le haussement de sourcil de Snape, Harry haussa les épaules. « Ben, pourquoi pensez vous que je ne l'ai jamais utilisé avec vous auparavant ? Le lubrifiant normal s'en va avec un sort de lavage ou une serviette mouillée. Le sort nécessite du savon pour… » Il leva les yeux, remarquant que l'expression de Snape était passée de confuse à amusée, les yeux noirs fixés sur le haut de la tête d'Harry plutôt que sur son visage. « Quoi ? »

« Qu'êtes vous donc en train de faire, Potter ? »

« Je me lave les cheveux, » répliqua Harry, reposant le morceau de savon sur son support.

« Avec du savon. » C'était seulement une version de 'vous êtes un profond idiot' légèrement atténuée de la voix de l'homme mais elle s'infiltra directement sous la peau d'Harry.

« Oui, avec du savon ! Vous devriez essayer parfois, du savon—c'est la raison pour laquelle mes cheveux ne sont pas graisseux ! »

« C'est la raison pour laquelle vous ressemblez toujours à quelqu'un qui aurait été électrocuté, » ironisa Snape, attrapant une bouteille bleue et poussant le bouchon avec son pouce. « N'avez-vous jamais entendu parler du shampoing ? »

A ce moment précis, Harry ne put ni arrêter ni cacher le furieux rougissement qui parcourut son visage. Bien sûr qu'il en avait entendu parler, mais en ayant grandi chez les Dursleys, il n'avait jamais été autorisé à s'en servir. Du savon bon marché était assez bon pour les personnes dans son genre, et il était parvenu à s'y habituer au fil des ans. Mais il n'allait pas dire cela à Snape !

« Oh, et je suppose que vous allez me renverser un truc qui pue sur la tête, hein ? » Cracha Harry, reculant sous les jets d'eau pour rincer la mousse.

Derrière lui, il entendit Snape renifler de façon sarcastique. « Oh, croyez moi, je suis conscient de l'ironie. » Puis Harry fut attiré en arrière contre le torse de l'homme—juste assez pour que sa tête ne soit plus sous les filets d'eau.

« Hé ! » Harry se débattit mais le corps de Snape ne fléchit pas quand un bras fort et sec s'enroula autour d'Harry pour le maintenir.

« Restez tranquille, idiot, » gronda la voix de Snape dans ses oreilles, « Je vous tiens. »

Harry frissonna, à peine capable de respirer à cause du serrement soudain et horrible de sa gorge. L'instant d'après, il sentit de longs doigts étaler quelque chose dans ses cheveux, des ongles frictionnant légèrement son scalp de façon hasardeuse et lasse tandis que le shampoing moussait libérant des senteurs boisées et sylvestres. Il se répandait en méandres de mousse, fluides et beaucoup plus douce que le savon l'était habituellement, le long de sa mâchoire, de sa nuque, de son cou. Il déglutit difficilement quand l'autre main de Snape se joignit au massage.

« Je peux le faire, » parvint-il à croasser.

Snape ne s'arrêta pas, ses doigts astiquant les coins sensibles derrière les oreilles d'Harry. « Je sais bien que vous le pouvez, » dit il mi-grognant mi-ronronnant. « Seulement il me semble me souvenir d'une chose sur un amant touchant l'autre simplement parce qu'il en a envie ? »

Et ce fut la goutte de trop. Harry déserta les bras de Snape, ses épaules se plaquant durement contre le carrelage. « Non. Ne faites pas ça, ok ? » Enonça-t-il, enlevant nerveusement les traînées de mousse qui se répandaient sur son visage, vers ses yeux déjà piquants. « Vous ne l'êtes pas, alors vous n'avez pas à faire ça… »

Il vit ensuite les mains de Snape ; toujours en l'air, toujours courbées et écartées telles qu'elles avaient été précédemment contre son crâne. Un léger tremblement parcouru ses mains tandis qu'il les regardait, l'instant d'après, elles formèrent des points et s'abaissèrent le long du corps de l'homme. Merde.

« Je ne voulais pas dire ça comme ça, » tenta Harry, jetant un coup d'œil aux yeux durs comme du fer de Snape et se maudissant lui-même de nouveau. « Ecoutez, Snape, vous savez maintenant que je suis complètement stupide le matin, » parvint-il à dire, mais Snape s'était déjà retourné pour partir, les mains pleines de savon.

Harry se lança après lui, l'attrapa par les épaules et le fit s'arrêter. « Je suis désolé, Sna… Severus. Je le suis vraiment, je ne voulais pas dire ça de la façon dont c'est sorti. Je vous le promets, je ne voulais pas. »

Les épaules de Snape étaient dures comme du fer sous les paumes d'Harry et il ne tourna pas sa tête pour répondre d'une voix glaciale, « Et bien peut être devriez vous essayer de m'expliquer ce que vous vouliez dire par ceci, Potter. »

« Je voulais dire que vous n'êtes pas mon amant, pas vraiment. » Snape eut un mouvement fébrile et Harry raffermit sa poigne, se rapprochant pour pouvoir s'incliner en s'excusant contre le dos de l'homme. « Je veux dire que vous ne voulez pas être mon amant. Vous voulez être celui de Remus, et tout ce qu'il y a entre nous, c'est juste intermédiaire, hein ? Vous apprenez les comportements, comme ça les choses seront plus faciles avec lui… »

Snape se retourna sous ses mains et son visage était une réplique de ce qu'il avait vu de pire de toutes ses classes de potion.

Et Harry sachant très bien qu'il méritait ce regard incrédule et méprisant, ramena doucement Snape sous la douche. « C'est pour ça que je suis toujours aussi atroce le matin quand je reste ici avec vous. La façon dont vous vous comportez le matin… » Une douzaine d'adjectifs se bousculèrent dans l'esprit d'Harry—excité, affamé, vulnérable, hésitant, doux, sympa, sexy—tous portaient la marque du danger sur eux, et ne faisant pas confiance à sa langue-trop-matinale, choisit de tous les laisser de côté. « Enfin, ça me rappelle juste ce que je n'ai plus. »

Snape fit un bruit rauque mais il n'empêcha pas Harry de le guider sous l'eau et de lui savonner son dos. « Et moi, » dit il d'une voix à peine tranchante, « Qui pensait que c'était cette tâche voyante que vous avez sur l'épaule qui devez vous rappeler cela. »

« Non, » Harry sourit piteusement, « C'est juste là pour m'empêcher d'être stupide. »

« Et bien vous devriez demander un remboursement, » dit Snape, se retournant dans ses bras et volant le savon. « Parce que, clairement, cela ne marche pas. »

Voyant qu'il s'en était sortit doucement, toutes choses considérées, Harry laissa passer la pique et se tint droit pendant que les mains de Snape enlevaient la mousse fine et soyeuse de lui. Il laissa échapper un long soupir, soufflant d'un coup toute sa tension et sa nervosité hors de lui autant qu'il le pouvait. Se réveillant sous l'eau chaude et la délicate caresse, il était plus qu'un peu honteux de lui-même, et encore plus abasourdi que Snape ne l'ai pas déjà ensorcelé proprement.

« Je suis réellement désolé, » dit il, le visage sous le ruissellement de l'eau afin d'évacuer le savon, le shampoing et sa solitude de lui. « Je suis vraiment nul le matin, vous savez. »

« Oui, j'avais remarqué. » Merlin, il paraissait amusé en fait.

Incapable de résister, et sachant qu'il s'exposait lui-même à une claque, mais se disant qu'il la mériterait probablement s'il en recevait une, Harry tenta sa chance. « Ch'ais pas pourquoi vous insistez avec moi… »

« Mis à part pour le sexe, je suppose que vous voulez dire ? »

Pas moins qu'un bon retour des choses, hein ? Harry essuya l'eau sur ses yeux et acquiesça. Le rictus de Snape prit une tournure plus mutine quand il s'avança sous l'eau et murmura à l'oreille d'Harry. « Parce que si je vous ensorcelle jusqu'à ce que vous ressembliez à la tête à claque que vous êtes le matin avant le thé, et bien non seulement je devrais lancer et maintenir les protections évènementielles aujourd'hui sur le terrain de Quidditch moi-même, et, de plus, je devrais arbitrer le foutu petit jeu de Minerva seul. »

Harry toussa son rire. « Bien que vous ayez l'occasion de donner une victoire facile à Serpentard derrière mon dos. »

« Et manquer l'expression aigrie de votre visage quand Serpentard gagnera haut la main malgré votre favoritisme honteux pour Griffondor ? » Riposta Snape. « Jamais ! »

Et ce rire-ci, Harry ne se força pas à le retenir. « Dommage, c'est Poufsouffle contre Serdaigle aujourd'hui, n'est ce pas ? »

« Plutôt, » répliqua Snape, reposant le savon sur son support et volant la serviette d'Harry.

« Cependant, si vous en avez fini avec votre bouderie matinale, Potter, nous devrions manger quelque chose puis descendre inspecter le terrain avant que les étudiants et les invités commencent à arriver. »

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Snape venait juste de brandir un drapeau pour un penalty à Poufsouffle pour une (parfaitement recevable) passe de Cognard, quand Harry le vit ; une étincelle, furtive et étincelante dans le lourd ciel d'Octobre. La sorte de lueur qui ne manquait jamais de faire accélérer son cœur, de tordre son estomac et de crisper ses genoux sur son balai.

Il jeta un coup d'œil rapide vers les deux Attrapeurs, satisfait de voir que Rose Pillaster le traquait déjà, son regard affûté et déterminé pendant qu'elle attendait le coup de sifflet de Snape. La foule, un mélange d'étudiants, de personnel de Poudlard et d'invités de Pré au Lard, sifflait et huait nerveusement pendant qu'elle attendait, mais Ernesto DeCastillo, le chétif petit étudiant qui venait juste d'arriver à Serdaigle de la Maison Corax de Durmstrang, était concentré… vers la direction opposée.

Harry virevolta avec son balai, ses cheveux se plaquant contre sa nuque. Oui. Là, se faufilant vers les gradins. Putain !

Un coup de sifflet retentit. Les Attrapeurs étaient perdus dans leurs actions et Harry jura tandis qu'il agrippait son propre sifflet et soufflait dedans de toutes ses forces. Personne ne s'arrêta. Un autre penalty alors que le jeu était à peine repartit était impossible. Ils avaient probablement songé à un écho. Il siffla encore une fois, se précipitant vers Castillo, qui semblait plus proche de lui.

« POTTER ! » La voix de Snape, renforcée par un Sonorus. « PAR TOUS LES DIABLES QU'ETES VOUS EN TRAIN DE FAIRE ? »

« DEUX VIFS D'OR ! » Cria Harry en retour, donnant un coup d'accélération à son Nimbus pour rattraper le nouveau et plus rapide Tornado de Castillo alors que le jeune homme tendait sa main. Il ne savait pas si Snape l'avait entendu mais il n'avait pas le temps de rendre ça plus clair. Il donna une accélération finale à son Nimbus et tapa le pommeau du balai de Castillo avec un vif et totalement illégal mouvement de la main.

Le garçon hurla, perdit son équilibre et glissa de son balai. Harry le rattrapa avant qu'il n'ait pu complètement desceller, le redressant avec un geste brusque. « Coup de sifflet, Castillo. » Haleta-t-il face au visage outré du jeune homme, « Vous devez vous rendre sur le terrain. »

« Mais je l'avais presque ! »

« JOUEURS SUR LE TERRAIN ! » La voix de Snape se propagea dans les tribunes et Castillo frémit comme s'il avait reçut une gifle.

Harry relâcha son bras, soudainement aussi inquiet comme s'il avait été trompé. « Vas-y. On va s'occuper de ça. Et ne touche pas ce Vif d'or ! » Lança-t-il au garçon alors que celui-ci repartait rejoindre ses co-équipiers au sol.

« Et bien, on dirait que les arbitres ont rappelé les joueurs sur le terrain, » informa le commentateur à la foule se répandant en murmures. « Les Cognards ont été retirés du jeu et on dirait que le Vif d'or aussi ait été ramené. Les arbitres semblent se concerter… attendez, il y a toujours un Vif d'or dans les airs ! »

Alors c'est ce que Snape faisait, supposa Harry, gardant une bonne distance de trois balais entre lui et le Vif d'or pendant qu'il lançait accio après accio sur la chose, sans aucun effet.

« C'est l'intrus, je suppose ? » L'interpella Snape, se joignant à lui, le vrai Vif d'or s'agitant dans sa main.

« Et bien, c'est plus que certain qu'il n'est pas autorisé, » grogna Harry en retour alors que la chose se mit soudainement à zigzaguer vers le sol. « Ça ne répond à aucune forme de sorts d'appel ou d'attirance, même avec le charme d'arbitrage. » Il jeta un coup d'œil à Snape, le visage dur dans ses robes d'arbitre noires et blanches. « Je vais devoir l'attraper avec la vieille méthode, » dit il et accéléra.

« Potter, attendez ! »

Il ne le fit pas, mais alors qu'il sentait la caresse de la magie d'appel le long de sa nuque, il réalisa que Snape avait raison—c'était stupide de s'élancer sur la chose quand une bulle pouvait largement la contenir. Il ralentit et fit une embardée serrée, attirant le Vif d'or loin du rassemblement d'étudiants, tout droit vers les bulles bleues flottantes, à peine visibles dans l'azur du ciel.

Le Vif d'or esquiva, comme le font les Vifs d'or—esquiva et tenta une embardée vers les joueurs. Harry l'emprisonna avec le pan de sa robe et le choc fut ce qu'il fallait pour l'entraîner vers l'étendue de bulles.

Deux sphères se rencontrèrent dans une explosion blanche qui se répandit dans le ciel, les tribunes et après un instant de surprise, sur Harry lui-même.

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« Potter. »

« Mmph. »

« Potter, allez, asseyez vous ! »

« Ohhhhhh. »

« Non, je vous ai dit de vous asseoir, espèce d'inconscient, pas d'ouvrir les yeux. Allez… là. Ne vomissez pas sur moi, imbécile, penchez vous sur le côté. »

Harry se cramponna, haleta et laissa les doigts frais se déplacer sur son dos et sa tête. « J'ai froid, » dit il. Puis, « Qu'est ce qui est arrivé ? »

« Vous avez réussi à vous retrouver au milieu d'une explosion de portoloins, c'est tout, » la voix de Snape était beaucoup plus réconfortante que ce qu'elle aurait due être, étant donné la douleur qui commençait à se faire sentir sur tout le corps d'Harry.

« Pomfresh arrive, Monsieur. » Une voix jeune. Une qu'Harry ne reconnaissait pas. « La Directrice a dit que nous devions tous rester sur le terrain jusqu'à ce que vous nous libériez. »

« Ce n'était pas un d'entre nous qui trichait par contre ! » Offensée, outrée. Toujours pas familière.

« Chut Jones. Ce sont les règles. En plus, la Directrice doit s'occuper de tous les invités. Elle n'a pas besoin de nous dans ses robes, n'est ce pas Messieurs ? »

Invités. Toujours sur le terrain. Une brise effleura le dos meurtri de Harry, terriblement nu, la peau mouillée comme si cela prouvait—un bruit de foule, étouffé par un charme du bouclier.

Confus, Harry s'écarta de Snape et entreprit de se retourner.

De puissants doigts attrapèrent son menton. « Non, je vous ai dit de garder vos yeux fermés, Potter. Voulez vous devenir encore plus aveugle que vous l'êtes habituellement ? »

« Aveugle ? »

« Vous regardiez droit dedans, Monsieur, » une autre voix d'enfant. Une fille cette fois et un peu plus âgée. « La détonation était juste devant vous quand c'est arrivé et vos robes ont pris feu. Portia a essayé d'éteindre les flammes, mais… » Des éclats de rires et la personne qui parlait eut un reniflement méprisant. « Oh, chut, espèce de courges ! »

Essayer d'éteindre les flammes… Harry tressaillit, remarquant maintenant, la caresse de l'herbe humide sous ses fesses et ses jambes. Il chercha avec sa main ses jambes et trouva dessus une cape en laine à la place de son pantalon. Il gémit. « Snape, dites moi que je ne suis pas—

La voix sèche de Snape coupa court aux nouveaux gloussements. « Je crains que votre fan club se soit assez développé cet après-midi, Potter. Mais ne vous inquiétez pas, étant donné le nombre d'appareils photos dans la foule, je suis sûr et certain que quelqu'un aura commencé un calendrier pour adulte afin de commémorer l'évènement. »

« Oh, putain—

« Langage. »

« …Bon sang. » Une horrible pensée lui vint et il se redressa, entourant son ventre douloureux avec son bras, glissant un pied sous ses fesses. « Où est Castillo ? »

« Potter, » grogna Snape, pressant une lourde main sur son épaule. « Vous êtes brûlé, contusionné, aveugle, probablement commotionné et je suis presque certain que vous avez également une côte cassée. Laisser tomber le foutu costume de héros un instant ! »

« Mais il était la cible, je suis—

« Laisser. Tomber. » Cette fois-ci Harry entendit l'avertissement sous-entendu dans le ton de Snape. L'entendit et s'imagina le garçon replié sur lui-même, séparé de ses coéquipiers tandis que ses yeux noirs et hantés cherchaient divers moyens de s'échapper.

A ce moment là, la voix stridente de Pomfresh se fit plus forte au travers du sort du bouclier alors qu'elle s'approchait. « Pas tous les cieux, Mr Potter ! Je pensais avoir déjà vu la dernière de vos spectaculaires blessures de Quidditch ! »

« Pas tant que le morveux pourra s'asseoir sur un balai, » grommela Snape.

« Fermez là, vous, » répliqua Harry sans animosité. « Ce n'est pas moi qui ait appelé un deuxième portoloin sur le terrain. » Pomfresh le réprimanda silencieusement et Harry se laissa porter par sa voix, écoutant le froissement de ses robes quand elle s'agenouilla près de lui.

« Qu'est ce que vous vous êtes fait ? »

« La sixième côte sur la gauche, » répliqua Snape d'un ton ennuyé. « Quelques brûlures au premier degrés ici et là et un aveuglement partiel dû à la détonation. Je suspecte une commotion cérébrale, même si je sais pour fait établi que la tête de Potter est faite avec du granit. »

Quelques enfants retinrent leur respiration, mais Harry ignora la pique et l'envie de sourire qui lui était venue en l'entendant. « Pouvez vous faire quelque chose pour mes yeux d'abord, s'il vous plaît ? » Demanda-t-il, essayant de ne pas paraître trop pathétique.

« Je crois que oui, » dit elle et il sentit des doigts frais se poser sur ses paupières. « Bon, ceci peut faire mal sur le moment, alors accrochez vous à quelque chose… AUTRE que votre baguette, merci. » Deux doigts se placèrent contre la paume d'Harry et il n'eut pas à demander à qui ils appartenaient. Ensuite, l'agonie de la lueur du jour se propagea dans son cerveau telle une douzaine de doloris.

Harry se sentirait réconforté plus tard de ne pas avoir crié. A ce moment là, cependant, c'était uniquement parce qu'il n'avait pas été en mesure de respirer pour produire un son. Et vraiment, les espèces de geignements gutturaux qu'il faisait n'étaient pas beaucoup plus virils.

Heureusement, le sort de Pomfresh eut un effet immédiat, atténuant la sensation de brasier vers quelque chose de plus doux, bien que le monde restât plongé dans une lumière crépusculaire à chaque respiration. Il aurait pu soupirer de soulagement, si Poppy ne lui avait pas donné une tape sur l'épaule et dit, « C'est bon maintenant. Vous vous sentez prêt pour marcher jusqu'à l'infirmerie, ou dois-je faire apparaître un brancard ? »

Snape retira ses doigts de la prise d'Harry désormais relaxée et mit une main sur son épaule pour le maintenir assis. « Pourquoi ne pas simplement transplaner ? » Demanda-t-il, comme si l'infirmière était une parfaite idiote. Un ton dont, face à un retour à pied au château ou une course nauséeuse en brancard, Harry n'était pas prêt à objecter.

Les tribunes étaient presque vides, les hordes de spectateurs faisant de leur mieux pour ignorer les enseignants et les préfets qui essayaient de les pousser vers la sortie tandis qu'ils tentaient d'apercevoir quelque chose au travers du sort que Snape avait érigé autour d'eux. La pensée d'avoir à courir au milieu de tout ceci avec rien d'autre sur lui que la cape d'arbitrage de Snape enroulée autour de ses hanches était plus que ce qu'Harry pouvait affronter.

« D'accord, d'accord, » répliqua Pomfresh, « Vous n'avez pas besoin de prendre ce ton avec moi, Severus Snape. C'est juste trente cinq ans d'habitude de ne pas pouvoir transplaner dans l'école, vous savez. »

Il y eut un flash à la droite d'Harry. Quelqu'un avec un appareil photo, tentant sa chance. Harry gémit et couvrit son visage. « Si personne ne me fait dégager d'ici tout de suite, je transplane tout seul ! »

La menace fonctionna. Poppy attrapa une épaule, Severus l'autre, et puis le monde disparut dans une sensation aspirante et une attraction écrasante, l'infirmerie apparut autour d'eux. Trois panneaux de linges tendus, un lit moelleux, chaud, et fabuleusement sec sous le postérieur toujours mouillé d'Harry. Un oreiller épais l'accueillit quand il s'allongea et Harry soupira d'intense soulagement.

Puis les cris reprirent.

« --ma femme une sang de bourbe encore une fois et je t'enfoncerais tes putains de dents au fond d'la gorge, jusqu'à ce qu'elles ne puissent plus repousser, espèce de ferret puant ! »

« Lève encore la main sur moi, la belette et je te l'explose ! »

« Arrêtez ! Arrêtez, tous les deux ! Vous vous comportez comme deux foutus gamins ! »

« PAR LE NOM DE MERLIN QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?! » Pomfresh parvint à crier plus fort que les trois réunis, s'engouffrant hors des rideaux et se dirigeant vers les perturbateurs.

« Mr Malfoy, j'ai guéri votre nez, » elle leva un doigt en direction du blond, dont le nez était encore boursouflé et rouge. « Mr Weasley, j'ai retiré les choux de vos oreilles, » une pique à Ron, dont les points étaient toujours serré tandis qu'il regardait son ennemi sans flancher. « Et Mme Weasley, vous n'avez pas du tout été blessée, » un vague geste de la main vers Hermione, qui au moins eut la grâce de rougir. « Alors dites moi ce que vous trois êtes encore en train de FAIRE ici ? »

« Snape, » murmura Harry quand l'homme le refit s'allonger sur le lit et le fit y rester, « Tuez moi maintenant, voulez vous ? »

« Vous tuez, Mr Potter ? » Répliqua-t-il, tous sourcils alors que le flot d'explications commençait, un après l'autre dans le fond. « Je ne pense pas. Vous détenez toujours les informations que je veux. Eux, par contre… » Laissant la menace planer, il se leva et partit rejoindre le vacarme.

« --notre ami et nous voulons juste être sûrs—

« Votre ami ? Harry ne supporte même pas votre vue et vous le savez ! »

« Non mais qui c'est qui dit ça, il ne t'entretient plus non plus, face de ferret, alors—

« Ron, arrête ! Ça devient vraiment stupide ! »

« Dehors. Tous les trois. Maintenant. » L'ultimatum de Pomfresh n'eut aucun effet comme Harry le savait déjà. Tous les trois étaient trop imbriqués entre eux dans leur querelle, ressassant les vieilles insultes, tels des chiens affamés autour d'un os à moelle. Il n'était pas sûr qu'un des trois avait remarqué qu'il était dans la pièce, et réellement, il n'était pas certain que cela soit une mauvaise chose.

« Ne prends pas son parti, Hermione ! Pas après ce qu'a fait ce bâ— » elle lui mit une claque et se tourna vers Malfoy avant qu'il ait pu oser un éclat de rire à l'expression 'poisson hors de l'eau' de Ron.

« Dis un seul mot et je te casserais le nez ! » le rabroua Hermione. Ce qui eut le mérite de la faire reculer. Puis Hermione se tourna vers Madame Pomfresh avec un regard d'excuse. « Pouvez vous juste nous dire comment il va ? C'est tout ce que nous voulons. »

« C'est bien de vouloir des choses, Mme Weasley, » gronda Snape, se rapprochant. « Cela forge le caractère. Cependant dans ce cas, ce que vous voulez n'est pas de votre ressort. »

« Mais nous voulons— » Elle s'avança, levant sa main. « S'il vous plaît ! »

« Il a raison, » dit Pomfresh, sa voix plus froide que ce qu'Harry pouvait se rappeler. « Les informations concernant un patient ne sont pas consultables sur demande. Aucun de vous trois n'est notifié dans la clause de confidentialité de Mr Potter, et donc avant qu'il ne soit soigné et prêt à recevoir des visiteurs, vous devrez simplement attendre pour avoir des nouvelles. »

Harry l'aurait embrassée si elle n'avait pas été à l'autre bout de la pièce.

« Mais vous ne pouvez pas faire ça ! » Protesta Ron. « Nous sommes ses amis ! »

L'estomac d'Harry se retourna. Se sentant beaucoup trop exposé avec comme unique vêtement la cape de Snape, il tira les draps dessous lui et se glissa dans le lit. Les poils de ses bras se dressèrent à cause de l'air frais quand il se débattit dans les draps très serrés et pria pour ne pas avoir été remarqué.

« Ron, s'il te plaît. » Hermione tira vers elle la manche de son mari. « Nous reviendrons plus tard et—

« Non ! Nous nous sommes tenus à ses côtés quand il a affronté Tu-Sa— » Ron rougit soudainement, jeta un coup d'œil à Snape et cracha le mot d'un coup. « Voldemort ! Nous avons le droit—

« Vous avez perdu ce droit, Weasley, » contra Snape et même Harry frissonna au ton grave de sa voix. « Vous l'avez mis en gage il y a deux ans. Maintenant prenez ce par quoi vous l'avez remplacé et partez tant que vous en êtes encore capable. »

Le visage de Ron devint tout rouge et il s'arracha de la prise d'Hermione, comme si Snape ne se tenait pas juste devant lui baguette à la main. Harry savait qu'il fallait qu'il dise quelque chose. Fasse quelque chose. Les envoyez tous loin d'ici avant…

Un mouvement attrapa son regard, et Harry haleta, sentant les cheveux de sa nuque se dresser. Draco était en train de le regarder. Droit vers lui, son regard acéré et prédateur, le coin de sa bouche relevé quand il se glissa du côté aveugle de Snape et commença à s'éloigner de la dispute.

Les autres ne le remarquèrent pas.

Harry, toujours engourdi et meurtri de sa chute, le regarda s'avancer, incapable de regarder ailleurs, incapable de parler, incapable même de penser à quelque chose pour s'échapper quand le sourire de Draco devint entier et brûlant. « Mon Dieu, Potter, » chuchota-t-il, et ses yeux suivirent le contour du torse nu d'Harry avec un appétit obscène. « Tu m'as l'air en plaine forme. »

Harry déglutit, les cris au fond de la salle se brouillèrent comme dans une bulle, son cœur battant à la chamade tandis qu'il se forçait à ne pas agripper les draps. « Dégage, Malfoy, » dit il.

Quelqu'un plus loin lança un sort. Le 'zing' du sortilège envoya un frisson dans la colonne vertébrale d'Harry, et lui firent souhaiter de pouvoir tirer les draps un peu plus haut pour les ramener au niveau de son torse.

Draco cligna des yeux, mais son expression ne bougea pas quand il se rapprocha du lit d'Harry et ferma les rideaux. « Ne fais pas ton timide, » dit il, « je suis juste venu pour te rendre visite… »

« Je m'en fous pour quoi tu es venu, » aboya Harry. « Je ne te veux pas ici ! Alors est ce que tu veux… » Une bulle apparut dans les airs à côté de la tête de Draco, sa lueur bleue mêlée à des zébrures ambrée qu'Harry n'avait encore jamais vues avant.

Suivant le regard d'Harry, Draco sursauta et se saisit de sa baguette.

« Non, attends, » cria Harry.

Trop tard. Le sort de Draco fut incorporé par la bulle, fit flamboyer les éclairs dorés comme un brasier, puis lui renvoya tout cela dans un 'crack' dévastateur et une odeur de gaz. Draco fut projeté en l'air, s'écrasa mollement sur le lit en face de celui d'Harry et ne bougea plus.

« Merde ! » Harry tenta de s'extirper des draps serrés mais avant même qu'il ait pu tenter de tirer une jambe, la bulle traversa calmement la pièce, tapa Draco sur la tête et le portoloinisa.

« Recouchez vous tout de suite, Mr Potter, » fit la voix stridente de Pomfresh alors qu'elle traversait l'infirmerie ses robes la faisant ressembler à un cygne. « Il ne m'est pas défendu de lancer un maléfice du saucisson pour maintenir les patients avec une commotion cérébrale aux lits auxquel ils appartiennent. Vous savez ! »

Derrière elle le suivait Snape, rangeant calmement sa baguette dans sa manche. De Ron et d'Hermione, plus aucun signe.

« Où sont ils ? »Hurla Harry, bien qu'il le sût déjà.

« Enfermés, » répliqua Snape avec un grognement. « Maintenant, arrêtez de faire l'idiot et allongez vous comme on vous l'a dit. »

« Vous les avez mis sur la liste noire ! »

Snape se frotta simplement les mains, comme s'il voulait les nettoyer, et acquiesça satisfait. « Poudlard n'a pas besoin de souffrir du comportement d'invités qui ne peuvent pas faire la différence entre une infirmerie et une cour des miracles, » dit il, ses yeux noirs prenant note du désarroi d'Harry sans s'inquiéter d'avantage.

« Dites moi que vous ne les avez pas envoyés dans la Chambre des Secrets ! » Harry tenta une fois de plus de s'extirper du lit, jusqu'à ce qu'il voie le regard noir de Pomfresh. Elle avait sa baguette dans sa main, alors il se rallongea de nouveau. « Ils vont s'entretuer là dedans ! »

« Je pense plutôt que Miss Granger a assez de ressources pour garder son mari sous contrôle, quand elle est correctement stimulée. » Snape se saisit de sa cape sur la chaise près du lit d'Harry et la jeta sur ses épaules avec un rictus exempt de culpabilité. « Ils pourront refroidir leurs ardeurs pendant une heure ou deux jusqu'à que la Directrice ait fini de calmer les invités et décide de les laisser sortir de la Chambre de Détention, » dit il. « Bien que, à en juger par l'expression sur le visage de Minerva là dernière fois que je l'ai vue, je ne serais pas surpris que cela prennent plus de temps. »

« Mais, » essaya Harry.

« Si vous voulez bien m'excuser maintenant, il y a deux équipes de Quidditch qui m'attendent pour être relâchés du terrain. » Avec cela, Snape se glissa hors de la salle dans un tourbillon de robes noires et blanches-tachetées-d'herbes.

« Mais, » cria Harry après lui.

« Mais rien du tout, Mr Potter, » dit Madame Pomfresh, plaçant une compresse chaude et anesthésiante sur sa côte douloureuse. « Ce n'est pas votre problème, et si vous ne voulez pas que je vous place dans un coma artificiel pour les vingt heures à venir pendant que ces sorts de re-soudure des côtes feront effet, vous garderez cela en mémoire. »

« Mais, ils sont mes… » Seulement il ne pouvait pas finir la phrase, n'est ce pas ? Parce qu'ils ne l'étaient pas, hein ? C'était comme Snape l'avait dit—aucun des trois n'était quelque chose pour Harry. Plus maintenant. Et peut être ne l'avaient jamais été pour commencer.

« Chut, mon petit, » Pomfresh sourit, posant une serviette humide dans la main d'Harry. « Tout se passera bien. Vous verrez. La Directrice a géré les chamailleries de jeunes enfants depuis plus longtemps maintenant que votre premier souffle. Elle sait quoi faire. » Et elle tapota sa main.

Et Harry, ne sachant pas quoi faire d'autre, acquiesça.

Elle sourit et lança quelques sortilèges sur lui si rapidement qu'il n'eut pas le temps d'haleter de la gêne. Il se relaxa, sa vision se brouilla et Harry s'allongea entièrement dans l'embrasure du lit.

Pomfresh tapota sa main encore une fois. « C'est un brave garçon. Maintenant, vous allez enlever toutes cette herbe et cette boue de votre visage avant de vous endormir. Les elfes du château travaillent assez dur sans leur ajouter du travail supplémentaire. » Elle lui conjura un miroir, flottant dans airs près de son lit, et plaça une bassine d'eau sur la table près de lui. « Laisser la serviette là dedans quand vous aurez fini, mon petit. Je reviendrai dans quelques minutes pour vérifier que tout va bien. »

Puis elle s'en alla. Harry ne la regarda pas partir. Il était trop occupé avec la profonde et abjecte horreur qu'il voyait dans le miroir. Pas à cause des égratignures et des brûlures, ni de ses contusions violacées sur son corps, ni de ses yeux étrangement plus sombre, ni de ses cheveux collés par son sang, pas même à cause de la moitié de la pelouse du terrain de Quidditch étalée sur son visage…

Non, Harry regardait le suçon écarlate et légèrement violé que Snape avait laissé sur sa nuque ce matin. La parfaite et immanquable demi-lune tracée par ses dents, juste à la naissance de son cou et de son épaule. Juste là où personne ne pouvait possiblement le rater.

« …Putain… » fut tout ce qu'il pouvait penser à dire.

oOoOoOo

A suivre

oOoOoOo

La suite, jeudi soir prochain… Contente de vous retrouver. Faites moi parvenir toutes les remarques que vous voulez !

Merci d'avoir lu jusqu'au bout !

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Sinon, juste une petite annonce (pub, c'est plus le mot), je poste la première partie d'une nouvelle traduction lundi prochain. Si vous appartenez à l'une de ces catégories, elle pourrait vous plaire :

Vous êtes un(e) aventurier(ère) et les prairings ou/et les personnages principaux peu connus ne vous font pas peur...

Vous n'êtes pas super/trop fan des HP/DM mais/et une nouvelle entrée en matière ne vous effraie pas…

Chez vous, vous sautillez à cloche-pied, en faisant des tours sur vous-même, un bâton d'encens à la main, à chaque fois que vous passez devant un des livres de Sue Townsend…

Vous êtes persuadé(e) que le pragmatisme et la logique peuvent avoir de graves conséquences sur le système neuronal des individus…

Vous avez toujours su que les Poufsouffles étaient mus par des forces démoniaques…

Rendez vous, donc, lundi soir pour la première partie de 'The Badger Serie' by Maya : 'Le guide professionnel pour excéder les gens' !