Bonjour tout le monde.

Ci-dessous le chapitre 8. Malgré le rating M, je pense que vous comprendrez le pourquoi du comment je n'ai rien décris dans ce chapitre (ce ne sera pas le cas plus tard hein) mais là, je pense que cela aurait été totalement déplacé et fort "dégueulasse", rien d'érotique.

J'ai fait tout mon possible pour faire passer le plus d'émotions possible dans ce chapitre. En sachant que j'ai finis en larmes en le finissant, je pense y être arrivé un minimum. Après, je suis très attaché à mon personnage, ce qui explique peut-être mon émotion ^^. Enfin, j'espère qu'il vous plaira autant que les autres, si ce n'est plus :).

A bientôt pour un nouveau chapitre.


L'Héritière

de

Lord Voldemort

Chapitre 8

Des murmures approbateurs s'élevèrent des rangs des juges, tandis que du côté de Narcissa et de Rogue, tous deux semblèrent avoir pris dix ans de plus sous le poids de la réponse, claire, nette, précise et sans appel de la jeune femme. C'était comme si une bombe moldue venait de tomber en plein milieu des rangs des membres de l'Ordre. McGonagall, le visage soudainement soucieux, passa une main légère et discrète dans le dos de Rogue, lui montrant qu'elle était là, qu'elle le soutiendrait durant cette épreuve, que tout comme lui, elle n'abandonnerait pas la jeune femme. Les parents Weasley se serrèrent l'un contre l'autre, le bras d'Arthur autour des épaules de son épouse. Pour la première fois de leur vie, Harry et ses amis étaient à court de solutions, ils restèrent tout simplement silencieux, estomaqués, spectateurs de cette scène éprouvante pour tous. Tous étaient là pour Hélèna, pour la soutenir, pour la sauver. Mais si elle-même ne souhaitait pas se sauver, comment eux, pouvaient-ils le faire à sa place ? Mais que pouvait dire Hélèna ? Qu'elle n'était pas coupable de tous ces chefs d'accusation ? Ce serait mentir et elle n'en avait plus la force. Elle se sentait si vidée, sans énergie. Elle ne voulait plus se battre, elle voulait en finir vite. Alors quel meilleur moyen d'en finir rapidement que d'avouer ? D'avouer être une Mangemort, d'avouer avoir tuer des dizaines d'innocents, d'avouer avoir pris la tête des Mangemorts lors de la chute de Lord Voldemort. Tout cela n'était que vérité, même si tout cela avait été fait dans un seul et unique but : vaincre Voldemort et arrêter ses partisans afin de les faire enfermer définitivement à Azkaban. Finalement, elle ira les rejoindre.

- Est-ce votre dernier mot, Miss Black ?

- Oui, Mme la Ministre.

- Bien, c'est noté.

Après avoir griffonné quelques mots sur un parchemin, Amelia Bones soutint le regard de la jeune sorcière.

- Comprenez-vous ce que vos aveux signifies ?

Hélèna acquiesça.

- Vous comprenez donc que nous n'avons pas d'autres choix que de vous condamner ?

Hélèna acquiesça encore. S'en fut trop pour Severus qui ne put s'empêcher de se lever et d'interpeller la Ministre.

- Mme la Ministre, je vous en conjure, prenez également en compte les actes d'Hélèna durant la bataille. Combien de vies a-t-elle sauvées ? Combien d'ennemis a-t-elle mis hors d'état de nuire ? Et son combat avec Lord Voldemort ? Sans elle, nous serions peut-être tous morts aujourd'hui !

- Severus Rogue, je vous prierai de bien vouloir vous rasseoir et de garder le silence. Votre présence ici à tous n'est dû qu'à ma volonté. Je peux tout aussi bien vous faire exclure de l'audience !

- Severus, rasseyez-vous, par Merlin ! ordonna dans un murmure McGonagall, tirant sur les robes du sorcier.

- Le professeur Rogue a raison ! s'exclama soudainement Harry en se levant à son tour. Sans Hélèna, jamais je n'aurai pu contrer Lord Voldemort ! Il était bien trop puissant. Même avec les entraînements que j'ai reçu, jamais je n'aurai été prêt ce soir là si Hélèna ne s'était pas chargée de vider ses réserves de magie. Elle a peut-être fait des erreurs par le passé, mais aujourd'hui, elle est une héroïne ! Allez-vous réellement condamner une héroïne de guerre, Mme la Ministre ?

- M. Potter, que savez-vous réellement de cette jeune femme que vous dîtes être une héroïne ?

Harry se rassit, ne sachant que répondre. Il était vrai qu'il ne savait rien d'elle, à part ce qu'elle avait fait le soir de la bataille.

- C'est bien ce que je pensais ! Personne ici ne connait réellement Hélèna Black ! Silence Rogue ou je vous fait sortir !

Rogue qui allait protester fut coupé court dans sa lancée.

- Ce n'est pas en l'ayant eu comme élève durant quelques mois durant son enfance et comme partenaire de guerre durant une journée que vous pouvez prétendre la connaître ! Que savez-vous de son passé, Rogue ? Qu'a-t-elle fait ces dernières années ? Vous ne le savez pas, n'est-ce pas ? Ni vous, Mme Malefoy ?

Bien que Narcissa savait pour le retour d'Hélèna, la jeune femme avait toujours refusée de lui parler de son passé lors de la disparition du Maître. Alors quand la Ministre lui posa la question, Narcissa fut obligée de répondre par la négative, à son grand damne.

- Avant de procéder à la délibération de votre condamnation, Miss Black, nous allons tous faire plus amples connaissances avec vous.

- C'est à dire ? murmura la condamnée.

- Vous allez être placé sous un puissant sortilège de Legilimencie et nous allons découvrir tous ensemble qui vous êtes réellement. Votre passé nous sera entièrement dévoilé !

- NON ! s'écria la jeune femme, soudainement affolée.

Non, il ne fallait pas qu'ils fassent ça. Il ne fallait pas qu'ils découvrent ce qu'elle avait fait, ce qu'elle avait subit ! Tout était de sa faute...non il ne fallait pas que la Ministre arrive à ses fins.

Luttant de toutes ses forces, elle tenta de se dégager à nouveau de l'emprise du fauteuil sur lequel elle était solidement attachée par magie, grognant sous l'effort. La Ministre la laissa faire, la laissa s'épuiser un peu plus pour rien. Soudainement, Hélèna arrêta de se débattre, puis s'évanouie, la tête pendant sur le côté.

- Vous n'avez pas le droit de faire ça, Mme la Ministre ! intervint McGonagall tandis que Rogue tentait de rejoindre Hélèna.

- Aujourd'hui, je suis la loi, j'ai tous les droits, surtout si je pense que cette sorcière est un danger pour nous tous ! Rogue restez à votre place, c'est mon dernier avertissement ! Kingsley, donnez une autre potion revigorante à Miss Black !

- Ce n'est pas moral, Mme la Ministre. murmura McGonagall, effarée.

- Aujourd'hui, au lendemain d'une guerre sanglante, si j'estime qu'il y a encore un réel danger pour notre monde, alors la morale patientera !

Tandis que Kingsley s'occupait de faire avaler la potion à Hélèna, Severus, toujours debout, dévisagea froidement la Ministre.

- Ôtez lui ces reliques magiques, ce sont elles qui l'épuisent ainsi !

- Non Rogue, c'est elle qui s'épuise toute seule et pour rien en plus ! Elle tente d'utiliser sa magie et les reliques ne font qu'aspirer cette magie.

- C'est de la magie instinctive, elle ne peut pas la contrôler et elle ne peut pas vivre sans ! Elle fait entièrement partie d'elle. Vous êtes en train de la tuer à petit feu !

La Ministre sembla soudainement prendre conscience des faits. Pesant le pour et le contre, elle demanda finalement à Kingsley de retirer le collier et les bracelets de chevilles à la prisonnière. Ce dernier s'exécuta rapidement, voulant soulager au plus vite la jeune femme de son fardeau. Hélèna reprit conscience à ce moment là, des traces rouges vives entourant son cou et ses chevilles, là où se trouvaient auparavant les reliques anti-magie.

- Je vous en supplie, Mme la Ministre...

- Oui, Miss Black ?

- Ayez pitié...tuez-moi !

Pensant au début avoir mal entendu la requête d'Hélèna, le cœur de Rogue rata un battement quand il comprit ce qu'elle demandait aux juges, ce qui devenait assez régulier depuis qu'il avait retrouvé la jeune femme et il n'aimait pas ce sentiment. Il se trouvait tellement faible, tellement pitoyable.

- Ne faites pas ça, ne fouillez pas dans mon passé...mais tuez-moi à la place, c'est tout ce que je mérite !

- Nous sommes seuls juges à savoir ce que vous méritez ou non ! Et pour cela, que vous le vouliez ou non, nous allons fouiller la moindre parcelle de votre vie. LEGILIMENS !

La Ministre se leva soudainement, lançant le puissant sortilège sur Hélèna, sans que personne ne puisse intervenir. Elle résista un petit moment au sort, montant ses barrières d'occlumancie les unes après les autres, comme Voldemort le lui avait apprit mais ne sachant comment, Amelia Bones était beaucoup plus puissante que Voldemort lui même dans ce domaine. Ou alors, c'était Hélèna qui était beaucoup plus faible que par le passé. Amélia pulvérisa ses barrières les unes après les autres jusqu'à ce qu'elle n'atteigne son but. Sous les yeux ébahis de tous les membres présents dans l'assistance, une énorme bulle prit forme au dessus de la prisonnière, alimentée par un mince filet argenté qui sortait de la tête d'Hélèna.

- Que lui fait-elle ? murmura McGonagall à Rogue.

- Elle oblige les souvenirs d'Hélèna à se dévoiler à tous. C'est très rare comme capacité. Il faut croire qu'Amelia Bones est une très bonne legilimens.

- Hélèna ne peut pas l'en empêcher ?

- Elle est trop faible. Ses barrières ont dû déjà céder. J'ignore ce qu'elle ne veut pas qu'on sache mais malheureusement pour elle, Bones ne lâchera pas l'affaire.

McGonagall acquiesça, soudainement angoissée par ce qu'ils allaient peut-être découvrir.

Lorsque la bulle prit enfin vie, c'est la vie toute entière d'Hélèna Black qui se déroula sous leurs yeux. Tout commença par être tout noir, puis soudainement, un visage apparu. C'était Bellatrix. La scène du souvenir s'élargit pour montrer la sorcière tenir à bout de bras un bébé tout ensanglanté, tout juste né tandis qu'une jeune femme brune gisait inerte sur un lit, beaucoup de sang tachant ses robes et les draps au niveau de son entrejambe. Le regard de Bellatrix était haineux tandis qu'elle découvrait que l'enfant était une fille et non garçon comme tant espéré pour son Maître. Ils virent tous la scène où le jeune Voldemort découvrit pour la première fois son enfant, qu'il confia rapidement aux soins des Malefoy. Ils virent les trois premières années de vie de la fillette, élevée dans l'amour par Narcissa. L'enfant était discrète, ne parlait pas beaucoup mais était déjà dotée de très grands pouvoirs. Ils virent Rogue entrer dans la vie de l'enfant en tant que son professeur particulier. Lui-même se vit proche de l'enfant, attentionné, protecteur. Voldemort apparaissait très rarement, ne s'étant jamais réellement occupé de son enfant, mais à chaque fois qu'elle le voyait, la petite fille était morte de peur. Puis vint le soir du 31 octobre 1981. Severus avala difficilement sa salive. Il allait enfin savoir ce qu'elle voulait tant lui cacher mais il ne savait pas si il allait réellement apprécier la vérité. Soudainement, les visions dans la bulle de souvenirs se brouillèrent.

- Mais que...

Un cri aigus sortit de la gorge d'Hélèna. La jeune femme luttait de toutes ses forces pour se soustraire au sortilège lancé par la Ministre. Puis tout aussi soudainement, Hélèna se tut, la bulle de souvenir restant noire. Elle ancra son regard dans celui de la Ministre. Ses yeux étaient désormais d'un noir d'encre. Quelques secondes passèrent sans que rien ne se passa. Puis, la Ministre porta ses mains autour de sa gorge, semblant être en train de s'étouffer.

- Vous. N'irez. Pas. Plus. Loin ! dit Hélèna, essoufflée. Il. S'agit. De. Ma. Vie ! Elle. Ne. Vous. Regarde. En. Rien. ! Je. Ne. Me. Laisserai. Pas. Faire. Même. Pas. Sous. La. Torture !

Devinant ce qu'Hélèna était en train de faire, Severus désobéit une fois de plus à la Ministre en se levant et en rejoignant Hélèna au centre de la pièce, très vite rejoint par Narcissa.

- Hélèna, arrêtes ! Je t'en supplie, arrêtes !

- Hélèna, ma chérie, peu importe ce qu'il s'est passé ! Si tu tues la Ministre, tu seras condamnés à mort !

Rogue et Narcissa la supplièrent du regard.

- Qu'il. En. Soit. Ainsi ! leur répondit-elle, déterminée mais à bout de souffle.

- Non, Hélèna, arrêtes ! Tu ne peux pas nous faire ça. Tous ceux qui sont là sont là pour toi et uniquement pour toi ! Vas-tu tous nous laisser tomber ?

- Vous ne savez pas de quoi vous parlez Tuteur !

Hélèna renforça son emprise sur le cou de la Ministre qui commençait à devenir livide, puis bleu sous le regard impuissant de l'assistance.

- Je ne peux pas te laisser faire ça, Hélèna. Je t'aime trop pour ça ! Puisses-tu un jour me pardonner. dit Narcissa, la voix remplie de sanglots tandis qu'elle remit le collier anti-magie qui traînait au sol autour du cou de la jeune femme.

L'effet fut immédiat. La Ministre s'effondra à genoux, tentant de reprendre son souffle tandis qu'Hélèna dévisagea Narcissa.

- Qu'avez-vous fait ? lui murmura-t-elle.

- Je te sauves la vie, mon enfant.

- Non...sanglota la jeune femme.

Tout était perdu pour elle. Avec le cœur lourd, Narcissa et Severus reprirent leur place sous les remerciements de la Ministre qui par réflexe se frotta encore la gorge.

- Très impressionnant, Miss Black ! J'ignore ce que vous voulez tant nous cacher mais je crains qu'il s'agisse d'une raison supplémentaire pour continuer. LEGILIMENS !

Le sortilège, beaucoup plus fort que le premier, frappa de plein fouet Hélèna qui ne pu résister encore une fois très longtemps. La bulle reprit alors vie, au 31 octobre 1981. Il faisait noir dans la chambre de l'enfant, jusqu'à ce que la porte s'ouvre sur un couple de sorciers, laissant entrer la lumière du couloir dans la petite pièce. Severus reconnu alors les Rosier, tous premiers Mangemorts de Voldemort, liés à la famille Black par le lien du mariage. Ils s'emparèrent de l'enfant à peine éveillée et l'emportèrent loin, en Irlande dans une résidence qu'ils gardaient secrète. La petite fille était apeurée, elle qui ne connaissait que très peu de gens. Le couple de sorciers l'avait alors élevé pendant des années, lui enseignant notamment l'art de la Magie Noire, mais à l'ancienne, sous les coups et la torture lorsqu'elle faisait mal son devoir. Pour l'endurcir, qu'ils disaient. Pour la rendre plus forte qu'ils prétendaient. Pour qu'elle soit à la hauteur de leur Maître adoré, pour qu'il soit fier d'eux lorsqu'il reviendrait. L'ensemble de l'assistance réprima un frisson sous les coups que la fillette recevait chaque jour, juste sous leurs yeux. Severus voyait rouge. Si les Rosier n'étaient pas déjà morts aujourd'hui, il serait déjà sortit de la salle pour leur faire payer toute cette maltraitance.

- Pitié...pitié Mme...fit pitoyablement Hélèna, souffrant de voir tout son passé revenir à la surface.

Mais la Ministre ne l'écoutait pas, trop troublée parce qu'elle était en train de voir. La scène avait changée. Hélèna était un peu plus âgée dans ce souvenir mais pas plus de 10 ans. Elle faisait ses devoirs, comme chaque jour, lorsque l'homme qui l'avait enlevé 6 ans plus tôt entra dans la pièce. Il ferma la porte derrière lui, la verrouillant et gardant la clé dans sa poche. Il s'approcha lentement de la jeune fille, se tenant derrière elle. Il regarda par dessus son épaule pour lire ce qu'elle écrivait puis posa doucement ses mains sur les épaules enfantines. La petite Hélèna, des larmes silencieuses glissant le long de son visage, s'arrêta alors d'écrire tandis que le sorcier laissa glisser ses mains, plus bas, toujours plus bas.

- NAN ! Pitié, je vous en supplie, arrêtez...

L'Hélèna du présent éclata alors en sanglots, tentant encore de se soustraire à l'emprise de son fauteuil tandis que d'autres scènes de viols et de mauvais traitements qui lui avaient été infligés durant le reste de son enfance et de son adolescence se déroulaient encore sous les yeux de toute l'assistance. De grosses larmes perlèrent sur les joues de la jeune femme, son visage se balançant de droite à gauche, essayant d'échapper à la vue de son passé qui se déroulait encore sous ses yeux. C'était la pire torture que l'on pouvait lui faire subir.

Severus ne voyait plus rouge, il voyait noir. Il était dégoûté par ce qu'il voyait, mais il était surtout en colère, en colère contre lui-même car si il ne s'était pas précipité chez les Potter cette nuit du 31 octobre, si il avait retrouvé Hélèna avec Albus, tout cela ne se serait jamais passé. Il ne s'était pas rendu compte que son visage était baigné de larmes, mais cela était le cas pour tous les membres présents dans la pièce. Soudainement, Amelia Bones leva son sortilège, arrêtant une bonne fois pour toute toutes ces scènes horribles de l'enfance de la prisonnière. Elle s'essuya le visage tout en annonçant que tous avaient besoin d'une pause et quitta la pièce par une porte dérobée juste derrière elle. Severus reporta son regard sur Hélèna, toujours en larmes, suppliant toujours que l'on arrête tout ça. Il se leva alors et suivant son instinct, il la rejoignit. Il s'agenouilla à ses pieds, posa doucement ses mains sur les genoux d'Hélèna et tenta de capter son attention.

- Hélèna, murmura-t-il pour la calmer. Hélèna, chut, je suis là, regardes moi, je suis là, tout est finit.

Il passa une main sur le visage humide de la jeune femme. Celle-ci prit conscience de sa présence à ses côtés.

- Oh Tuteur, je suis tellement désolé ! Si vous saviez à quel point je suis désolé. Pardonnez-moi, je vous en supplie...sanglota-t-elle, implorant son pardon.

- Chut, Hélèna ! fit doucement Rogue en caressant la tête de la jeune femme. Tu n'as rien fait de mal, tu entends ? Je t'interdis de te sentir coupable pour les actes abominables qu'ils t'ont fait subir !

- Si, tout est de ma faute ! J'aurai dû me sauver, j'aurai dû me défendre, j'aurai dû me battre...

- Tu n'étais qu'une enfant, Hélèna. souffla Severus. C'est moi qui aurait dû être là pour toi, c'est à moi de m'excuser auprès de toi. J'avais juré au Lord de te protéger et j'ai faillis. Pardonnes-moi Hélèna.

Severus s'approcha un peu plus d'Hélèna afin de la serrer dans ses bras. Hélèna fondit alors encore en larmes dans les bras de Rogue, oubliant le monde qui les entourait. Narcissa et les membres de l'Ordre étaient tous très choqués, trop choqués pour réagir. Puis Amelia Bones revint, demandant le calme dans la pièce. Severus fut obligé de retourner à sa place alors que les larmes de la jeune femme ne s'étaient toujours pas taries. Il comprenait désormais le regard d'Hélèna, ce regard sans vie, ce regard comme si elle était brisée en mille morceaux. Parce que c'est ce qu'elle était en réalité, totalement brisée.

- Bien, reprenons la séance. Miss Black, comment ces sorciers ont-ils eu connaissance de votre existence ?

- Les Rosier...ils étaient les premiers partisans du Lord.

Hélèna reniffla.

- Ils sont liés à la famille Black par le mariage. Ils étaient très proche de ma cousine Bellatrix. Je n'en ai jamais eu la preuve, mais j'ai toujours su que c'était elle qui avait révélé mon existence et le lieu où je me trouvais.

- D'accord. Il est temps de nous révéler ce qu'il s'est passé à la suite de...enfin, à la suite de...de cette monstruosité dont vous avez été victime. LEGILIMENS !

Cette fois-ci, Hélèna ne résista pas. Elle n'avait même pas entendu ce que la Ministre lui avait dit. Elle était bloquée à une autre époque, une époque bien trop sombre pour en revenir en un seul morceau.

La bulle reprit vie. Hélèna était désormais une jeune femme de 18 ans, totalement éteinte, sans vie. Voldemort était de retour. Il l'avait rapidement retrouvé, puisque les Rosier s'étaient empressés de lui annoncer qu'ils avaient pris bien soin de la Maîtresse. Cependant, le Lord n'était pas dupe. Il avait bien vu les bleus sur le corps de son enfant, ses cicatrices sur son corps meurtris. Il avait bien remarqué l'absence de vie dans les yeux de la jeune femme alors qu'enfant, ses yeux pétillaient pour un rien, même alors qu'elle le craignait. Mais lorsque Voldemort découvrit le traitement infligé à son héritière grâce à la légilimencie pratiquée sur elle-même, il convoqua le couple Rosier. Hélèna, assise à ses côtés, avait le regard dans le vague, totalement absente de la scène qui se passait juste sous ses yeux. Devant elle, Voldemort les tortura pendant des heures, jusqu'à ce qu'ils supplient la Mort de les prendre. Mais il ne leur offrit pas cette satisfaction. Il continua de les torturer jusqu'à ce que finalement, la Mort vienne les chercher. Il l'avait fait pour elle, pour la venger. On ne faisait pas impunément du mal à l'héritière de Lord Voldemort sans en payer le prix fort, même Bellatrix l'avait comprit il y a des années de cela. Il l'avait fait pour qu'elle comprenne également que sa place était à ses côtés, en tant que dirigeante, pas en tant que victime. Pour qu'elle comprenne qu'elle devait se faire respecter. A partir de ce jour là, Voldemort cacha la présence de son héritière aux yeux de tous, même aux yeux de ses serviteurs connaissant déjà l'existence de l'enfant. Il l'entraîna lui-même sans relâche à l'art de la Magie Noire, à la légilimencie, au combat, à la torture, et puis au meurtre. Quelques jours à peine après son retour, il l'avait marqué alors qu'elle était toujours perdu dans son passé. Mais le temps passant, elle reprit peu à peu contenance, n'ayant qu'un seul but : protéger les gens qu'elle avait continuée à aimer malgré tout ce temps loin d'eux. Toute l'assistance vit la jeune femme fureter dans le Manoir Malefoy afin d'assister, invisible, aux réunions de Mangemorts. Ils la virent également suivre les Malefoy et Rogue partout où ils allaient dans le Manoir, les protégeant de Voldemort quand cela était nécessaire. Ils virent Hélèna se faire la promesse de faire tout ce qui était en son pouvoir pour mettre fin au règne de Voldemort. Dès le jour où elle était enfin sortit de sa léthargie, Hélèna avait tout fait pour nuire à Voldemort. Même si cela avait demandé quelques sacrifices et quelques meurtres. Tous virent chaque meurtre se dérouler sous leurs yeux, puis les cauchemars qu'Hélèna en faisait, hantée chaque jour par leur visage et leur supplication. Elle avait réussi à duper le Lord, elle avait réussi à sauver les gens qu'elle aimait, elle avait réussi à mettre fin à Voldemort. Elle avait enfin pu venger la mort de sa mère et se venger elle-même de la terrible vie que Voldemort lui avait offert. La bulle disparut d'elle même, sur le souvenir de la bataille qu'ils avaient remportés.

Hélèna ferma les yeux. C'était enfin finit.

- Bien, à la vue de ces souvenirs et de la raison réelle de vos mauvais actes, il est clairement difficile de soutenir les accusations dont vous faites l'objet...

Severus reprit espoir malgré tout ce qu'il venait de voir et d'apprendre. Amelia était sur le point d'innocenter Hélèna, Albus avait encore eu raison.

- Cependant, à la vue de votre nature, de votre puissance et de votre magie instinctive...rappelons-le, vous avez failli me tuer par strangulation sans aide de baguette et de formule, le Magenmagot et moi-même sommes dans l'obligation de vous condamner, vous, Hélèna Black, au baisé du Détraqueur...

- NON ! Vous ne pouvez pas faire ça ! s'exclama Severus, ainsi que l'ensemble de l'Ordre qui s'étaient levés de leur banc comme un seul homme.

- ...qui vous ôtera définitivement la vie. Comprenez-vous la sentence ? continua la Ministre malgré les protestations de la salle.

- Oui, Mme la Ministre. Je comprends et accepte la sentence qui m'est due.

En réalité, Hélèna était soulagée. Elle qui était tant hantée par son passé, par ses fantômes, par tous ses innocents, elle allait enfin connaître le repos, le repos éternel.

- Non, je ne peux l'accepter ! Bones ! Condamnez-moi à sa place ! Mettez-moi en prison si ça vous chante mais ne la condamnez pas à ça !

La Ministre sembla jaugé la proposition de Rogue.

- En fait, vous avez toujours été très bons, Severus Rogue. Très courageux en plus de cela...mais non, je ne vous condamnerai pas. Vous avez été innocenté par Albus Dumbledore lui-même, dans son testament. Une lettre s'y trouvait, expliquant le pourquoi du comment vous étiez obligé de tuer Albus pour sauver le jeune Malefoy. Et encore aujourd'hui, vous cherchez à sacrifier votre liberté pour une autre personne ?

- Elle ne mérite pas cette sentence, vous le savez très bien ! continua Severus, quand même ébranlé par les révélations de la Ministre, n'étant pas au courant que c'était Albus qui l'avait fait innocenter.

- Nous n'avons pas le choix ! Et si elle devenait comme Voldemort ?

- Cela n'arrivera pas !

- Nous ne pouvons pas le savoir ! Pour le bien de tous, de notre monde, pour la paix, Miss Black sera exécutée. Fin de la séance !

Sous les regards de désespoir de l'assemblée, la Ministre et les membres du Magenmagot se retirèrent. Dépité, Kingsley s'approcha d'Hélèna et déverrouilla les bracelets qui la maintenaient au fauteuil.

- Je suis sincèrement désolé, Hélèna. lui glissa-t-il doucement.

- C'est ainsi, Kingsley. C'est comme ça qu'était écrite ma vie, bien avant ma naissance.

L'aidant à se relever, Kingsley la conduisit auprès des membres de l'Ordre. Narcissa les rejoint rapidement, puis prit dans ses bras la jeune femme, pleurant toutes les larmes de son corps. Tout comme Severus l'avait fait précédemment, Narcissa s'excusa de ne pas l'avoir retrouvée, de ne pas avoir pu la protéger. Après quelques minutes, elle relâcha la jeune femme en la remerciant pour tout ce qu'elle avait fait pour son fils, son mari et elle. Reprenant contenance, Narcissa quitta la pièce sans un regard en arrière, ne se sentant pas prête à lui dire adieu. Quelques larmes perlèrent sur le visage d'Hélèna en voyant Narcissa partir mais elle fut vite plongée dans des robes noires. Severus n'avait pas pu s'empêcher de la reprendre dans ses bras, au su et à la vue de tous. Cela lui était désormais égal. Mais il ne voulait pas lui dire adieu, ce n'était juste pas possible ! Ce n'était pas juste ! McGonagall toujours à ses côtés, leur murmura des phrases réconfortantes. Les autres membres de l'Ordre restèrent en retrait, malgré leur tristesse apparente. Même Harry n'osa pas s'approcher.

- Sale gamine ! grogna Severus à l'adresse d'Hélèna. Faut toujours que tu te mettes dans des ennuis plus gros que toi.

La jeune femme laissa échapper un petit rire. Relevant la tête, elle regarda Rogue dans les yeux.

- Faites-moi une promesse ! lui ordonna-t-elle, la voix enrouée.

- Laquelle ? souffla-t-il, tentant de retenir ses propres larmes.

- Vivez. Après ma mort, vivez, vivez pour moi. Faites des choses que je n'aurai jamais pu faire, profitez de la vie et...oubliez-moi, Tuteur. Passez à autre chose. Promettez-le moi !

- Jamais. Pas sans toi ! Je trouverai une solution, ça je te le promets.

- Tuteur, je vais mourir. Peut-être même dès mon retour à Azkaban ! Promettez-moi de vivre, pour moi !

- Je...je...

Des larmes finirent par s'échapper des yeux de Rogue et roulèrent le long de son visage pâle. Il serra encore Hélèna dans ses bras et lui murmura à l'oreille d'une voix pleine de sanglots.

- Je te le promets. Je te le promets, Hélèna.

Tous deux pleurèrent ensemble, se disant adieu silencieusement. Ce que Rogue ne lui disait pas, c'est qu'il ne vivrait pas tant qu'il n'aurait pas trouver le moyen de la sauver. Nuits et jours, il se battrait pour elle.

Après de longues minutes, Kingsley fut obligé de mettre fin leur étreinte. Severus relâcha Hélèna qui fut reconduite à Azkaban, encore une fois, sous bonne garde.

- Nous trouverons une solution, Severus, je vous en fait la promesse ! Nous vous en faisons tous la promesse ! dit McGonagall.

Severus, se tournant vers sa collègue, vit que tous les membres de l'Ordre présent à l'audience étaient désormais à ses côtés. Mais ce qui lui permit de continuer à espérer était Miss Granger, perdu dans ses pensées, ses rouages déjà en pleine action de recherche mais surtout, ce fut le sourire qui apparut au bout de quelques secondes sur le visage de la jeune lionne. Oui, il y aurait peut-être un espoir, et il allait falloir qu'il accepte toute l'aide possible, même de Gryffondors.


Voilà voilà.

Oubliez pas de me donner votre avis via une petit review.

Alors, que réserve l'avenir à Hélèna ?