Chapitre dix : Des vacances bien méritées.
''Bienvenu à la maison, Nii-san.''
Un sourire s'afficha sur le visage de Roy. En y regardant d'un peu plus près, je m'étonnai de ne pas avoir remarquer la ressemblance plus tôt. Ils avaient quelques traits du visage en commun, les mêmes yeux noirs en amande, les mêmes cheveux noirs, ni fins, ni épais, mais ne se laissant coiffer que selon leur bon vouloir. Enfin, last but not least, un même sourire charmeur s'esquissait sur leurs lèvres. Mais est-ce que Mélissa, à l'instar de son frère, était une coureuse de pantalons?
Nous nous éloignèrent de chez les Hughes, abandonnant le père en colère à sa femme. Jey nous accompagnait et, aux vues de la situation tendue chez lui, je pensais que c'était le meilleur choix qu'il avait à faire. Havoc se rapprochait dangereusement de Mélissa et avait commencer à la charmer. Ma colère devait se lire sur mon visage, puisque Roy s'approcha de moi pour me ''rassurer''.
''Jaloux?
-Je ne vois pas de quoi vous...tu veux parler.
-Oh si tu le sais. Cette alliance autour de ton cou appartenait à ma mère.
-Et alors?
-Si Mélissa te l'a donnée, c'est que tu ne la laisses pas indifférente.''
J'ouvrai la bouche pour répliquer mais me ravisai. Comment savait-il tout cela? Bon d'accord, en même temps, c'était logique. Puis, enfin, l'information attint le cortex cérébral.
''Je ne la laisse pas quoi!
-Tu as parfaitement entendu Fullmetal.
-Potin potin ! Racontez-moi tout je veux savoir'', fit Hughes qui s'était approché.
Pour ma plus grande exaspération, Roy lui rapporta toutes ses déductions, qui, malheureusement pour moi, étaent toutes exactes, puis il s'éloigna. Hughes m'envoya un coup de coude dans les côtes en remarquant mon air refrogné.
''Tire pas cette tête !
-Tu parles ! En acceptant qu'Havoc arrête de lui tourner autour, à défaut de père, je vais devoir rendre des comptes au grand frère.
-Il t'a à la bonne tu sais, sinon, il t'aurais pas encourager et tu serais mort depuis longtemps. D'ailleurs, tant que tu parles d'Havoc : je mettrais ma main à couper qu'il va se faire jarter en beauté par la gamine, et il ne bénécifiera pas du soutien de Roy. Toi, tu es l'exact contraire, crois-moi.''
Un peu plus loin, j'entendais raisonner le rire de Mélissa. Et si Havoc ne se faisait pas jarter, je devenais quoi moi?
Le chemin me parut durer une éternité. Soudain, je sentis une main se glisser dans ma main gauche, dégageant une délicieuse chaleur.
''Tu m'évites on dirait.''
Mes yeux rencontrèrent un regard d'ébène. Je serrai sa main dans la mienne par réflexe. Je vis son visgae s'approcher du mien. Nous nous arrêtâmes de marcher pendant un instant. Nos lèvres se rencontrèrent, nos langues se caressèrent loonguement. Je fermai les yeux pour profiter au maximum de la sensation. Sa langue mutine chassa rapidement la mienne de son antre pour prendre place dans ma bouche. J'entendais des exclamations de surprise quelques mètres devant nous mais ne m'en zsouciais guère. Je tenais Mélissa dans mes bras et c'était tout ce qui importait. J'approfondis le baiser, avec pour intention de le prolonger. Je la sentis sourire.
Nos lèvres se détachèrent. J'étais dans un état second. Je n'entendais plus rien, incapable de me concentrer sur autre chose qu'elle. Son sourire me faisait littéralement fondre sur place. Le son de sa voix me ramena à la réalité.
''Viens, on ne devrait pas les faire attendre plus longtemps.''
On rejoignit les autres. Je remarquai que Winry fixait Mélissa d'un regard noir, mais n'en tint pas compte. Al s'approcha de moi et me murmura un truc du genre : ''t'aurais pu me révenir! Elle embrasse bien au moins?''
Nous atteignîmes enfin la maison des Mustang. Relativement grande il est vrai, avec un pommier et un saule pleureur plantés devant la terrasse.
''Fiou! siffla Breda. Ca c'est de la baraque!''
Deux étages, des fenêtres partout, un balcon au premier. Je comprennais mieux pourquoi Hughes avait dit que c'était le seul endroit où on pourrait tous se caser : à vue de nez, il y avait au moins une vingtaine de chambres dans la maison!
''Bienvenus chez les Mustang!'' Sourit le colonel.
Le ciel, qui s'était couvert peu à peu, commença à lâcher quelques gouttes, qui se transformèrent rapidement en une pluie diluvienne. Nous nous précipitâmes à l'intérieur. Le hall d'entrée n'était pas particulièrement grand mais il se prolongeait sur un salon/salle de séjour/salle à manger gigantesque.
''Les chambres sont aux deuxième étage. Vous n'allez pas dans les cinq premières, autrement vous pouvez aller dans celle que vous voulez, expliqua Mélissa.
-Pourquoi pas les cinq premières? fit la cousine de Fuery.
-Parce que la première, c'est celle de nos parents et c'est une pièce condamnée, la deuxième c'est celle de Roy, la troisième la mienne, la quatrième celle de Matt.
-Et la cinquième?
-Comme je m'entends mal avec mes parents, renchérit Jey, et que je passe le plus clair de mon temps ici, ils m'ont installé une chambre, la cinquième est donc la mienne.''
Conformément à ces informations, je m'apprêtais à m'installer dans une des chambres indiquées quand...
''Qu'est-ce que tu fabriques? s'étonna Mélissa.
-Ben...j'm'installe.''
Elle parut étonnée.
''Pourquoi ici?
-Pourquoi pas?''
Un sourire éclaira son visage. Elle s'avança vers moi et posa ses mains sur mes épaules.
''Tu ne m'as pas comprise...
-Je ne demande qu'à mieux comprendre, fis-je, le rouge aux joues.
-Si ça t'intéresse, ma chambre est un peu plus près des escaliers...''
Le rouge de mes joues s'accentua et ''Euh...''fut la seule réponse cohérente que je parvins à formuler. Son sourire s'aggrandit, ses mains quittèrent mes épaules et elle s'apprêta à sortir de la pièce.
''Attends!''
Je pris ma valise et me précipitai vers elle.
''Tout bien réfléchi...''
Elle déposa un baiser des plus chastes sur mes lèvres, mais il se répercuta dans tout mon être.
Edward s'étira longuement sur sa chaise. Ca faisait quelques heures qu'il écrivait sans discontinuer et son ventre criait famine. Sortant prudemment de sa chambre de peur de découvrir une nouvelle fois les amants de la maisonnée allongés par terre, il se dirigea vers la cuisine pour y manger un sandwich.
Une idée lui trottait dans la tête depuis plusieurs semaines maintenant. Comment réagiraient Al et Winry? C'est qu'il envisageait un peu plus chaque jour d'en arriver à cette extrêmité...Il soupira. Etait-ce la seule solution?
Il fut tiré de ses pensées par de petits rires provenants du hall d'entrée. Il s'éclipsa rapidement avant de se retrouver en compagnie des deux tourtereaux.
''Alors Edward?''me demanda Havoc.
Nous étions toujours à l'intérieur, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Mélissa et Roy rattrapaient le temps perdsu un peu plus loin, pendant qu'Alphonse, Hughes, Breda etr Fuery jouaient au poker. La cousine de Fuery ( le tube de gouache ambulant) Winry et Schieska parlaient autour d'un plateau de biscuits.
''Quoi?''fis-je avec mauvaise humeur.
Hughes et Mustang se relayaient pour me taquiner, l'un au sujet de ma relation avec Mélissa, l'autre au sujet épineux de ma taille, ce qui m'avait mis de mauvais poil.
''Elle embrasse bien la soeur du colonel?''
Manquant de m'étrangler, je fixai Havoc, médusé.
''P...pourquoi cette question?
-Pour savoir si ça vaut le coup que je te la pique.''
J'ouvrai la bouche pour lui hurler dessus, chose que je sais très bien faire, mais on me devança : une gerbe de flammes encercla Havoc. Celui-ci poussa un cri de surprise.
''Co..colonel, pourquoi...commença-t-il.
-Ce n'est pas moi'', le coupa le nommé colonel.
Je cherchai des yeux l'origine des flammes, et vit Mélissa, visiblement vexée, qui s'avançait vers le lieutenant.
''Un : mon frère n'est pas le seul à maîtriser l'alchimie du feu, deux : je ne suis pas une garce, je ne couche pas avec tous les mecs qui passent!''
Havoc blêmit ; elle avait utilisé un ton autoritaire qui n'admettait aucune objection, c'est pourquoi il hocha docilement la tête. Et pour la première fois, le déclic se fit dans mon esprit : elle n'était plus vierge depuis bien longtemps, ce qui n'était pas moncas. Serais-je à la hauteur? Je me secouai vigoureusement la tête : c'était pas le moment de penser à ça.
Je ne retrouvai mes esprits que quelques secondes plus tard, lorsque nous nous retrouvâmes tous autour d'une atble bien garnie. Mais, à cet instant, mes pensées n'étaient guidées non plus par mon cerveau mais par mon estomac.
Puis, après une soirée bien arrosée ( Roy Maes et Riza étaient les seuls parmi les militaires à tenir encore debout), Mélissa m'entraîna dans sa chambre. Je n'avais bu qu'une bière, mais n'ayant encore jamais bu jusqu'alors, je me sentais d'humeur plutôt joviale.
Nous entrâmes dans sa chambre. Déjà en y posant mes affaires un peu plus tôt dans la journée, j'avais été étonné par la décoration. Les quatre murs arboraient une couleur différente, à savoir rouge, bleu, vert et blanc. Sur chacun d'entre eux était dessiné l'élément correspondant à la couleur. Au plafond, d'un jaune pâle, on trouvait le symbole de l'esprit. Au sol, un pentacle était tracé au centre de la pièce.
Peut-être était-ce l'alcool, mais je désirais Mélissa plus que jamais. Je l'enlaçai de mes bras et l'embrassai longuement. A cet instant, la question de ma virginité ne m'inquièta pas outre mesure. A l'évidence, elle non plus.
