Note de l'auteur : Hellooo ! Désolée pour le petit délai, j'ai été malade ce week-end, du coup ça m'a retardé dans ma publication...j'espère que ce chapitre vous plaira :D
Un grand merci à tous ceux qui me lisent régulièrement et laissent des reviews, vous êtes géniaux :)
Le premier matin des vacances de Noël, John Watson eut du mal à se rappeler au réveil qu'il était effectivement en vacances. Le dortoir était au moins aussi bruyant que d'habitude, sinon plus : Harry, Ron, Seammus, Dan et Neville avaient tous décidé de rester à Poudlard pour les fêtes. Le vacarme sembla s'intensifier quand il descendit les escaliers pour se rendre à la salle commune les jumeaux Weasley avaient apparemment frappé à nouveau, au vu des nombreux canaris qui se baladaient dans la pièce. Souriant malgré lui, John se rendit rapidement à la Grande Salle pour petit-déjeuner, désireux de parler Sherlock le plus vite possible. Les deux avaient convenu quelques temps auparavant qu'ils profiteraient de l'agitation et de l'atmosphère relâchée du début des vacances pour s'introduire dans le bureau de Vector la question était de savoir quand exactement. Sherlock était déjà assis à la table des Gryffondors quand John arriva, une lettre à la main et une expression d'impatience sur le visage. Avant que le blond n'eut le temps d'ouvrir la bouche, le Serdaigle lui tendit la lettre. John reconnut instantanément l'écriture de Mycroft Holmes. D'après ce qu'il pouvait voir des premières lignes, la lettre était composés des habituelles recommandations de prudence qu'il aimait envoyer régulièrement à son cadet. De manière assez inquiétante, Mycroft arrivait en général à deviner que Sherlock était sur le point de commettre une infraction au règlement intérieur avant même qu'elle n'aie eu lieu.
- « Qu'est-ce qu'il te veux exactement ? » s'enquit John, pour qui la perspective de lire la prose du grand frère de Sherlock au petit déjeuner n'avait rien de très réjouissant.
- « Lis la lettre. » se contenta de répondre le Serdaigle avec un geste d'impatience. John la parcourut rapidement avant de pousser un cri d'effroi.
- « Au moindre problème, compte sur ma présence au bal de Noël ? Il est absolument hors de question qu'il vienne, Sherlock. Ces vacances n'ont pas besoin d'être empirées par la visite de Mycroft. »
- « Continue ! » insista le brun en haussant le ton. « Ce n'est pas ça qui nous intéresse. »
John leva les yeux au ciel, mais poursuivit néanmoins sa lecture. Mycroft expliquait dans ses dernières lignes que Mr Croupton étant « provisoirement incommodé » , un employé supplémentaire du Ministère était invité pour le représenter. L'aîné des Holmes ajoutait que cette fonction devait normalement incomber à Percy Weasley, mais qu'il ne se gênerait pas pour le remplacer si jamais il l'estimait nécessaire.
- « Croupton est malade? » demanda le Gryffondor, croyant deviner où Sherlock voulait en venir.
- « C'est bien plus que ça, John. » répondit aussitôt ce dernier d'un ton excité. « Croupton ne manquerait pas son travail et le bal de Noël si il était simplement malade. Ce n'est pas vraiment le genre d'homme à arrêter de travailler pendant plusieurs semaines à cause d'une mauvaise grippe. Or il doit s'agir d'une absence qui se prolonge, sinon Mycroft n'écrirait pas avec une telle certitude qu'il ne pourra pas assister au bal... »
- « Peut-être que c'est une maladie grave. » hasarda John. « Si ça se trouve il a attrapé la Dragoncelle »
- « Non. Sinon mon frère l'aurait précisé. Il aime bien m'assommer de détails inutiles, et la Dragoncelle est une maladie assez rare pour être signalée. L'adjectif qu'il a employé ici est incommodé, comme si il pensait que Croupton était en surmenage, ou je ne sais quoi. Mais je suis sûr qu'il n'a en en réalité strictement aucune idée de la nature du problème. Et si Mycroft l'ignore, cela signifie que personne au ministère ne doit être au courant. »
- « Tu penses que ça serait lié à son fils ? » demanda John en baissant d'un ton. « Que Croupton Jr aurait réussi à l'immobiliser d'une manière ou d'une autre ? »
- « Et bien ça fait beaucoup de coïncidences, tu ne trouves pas ? » répondit Sherlock joyeusement. « D'abord il y a cet incident pendant la Coupe du Monde, qui nous laisse à penser que Croupton Jr est encore en vie et du côté de Voldemort. Winky est renvoyée et refuse absolument de raconter de ce qui lui est arrivé, par loyauté envers son maître. Et quelques mois plus tard, Barty Croupton qui n'a pas dû prendre plus de deux congés maladies dans son existence entière manque plusieurs semaines de travail. Si mon hypothèse selon laquelle il a aidé son fils à s'échapper d'Azkaban pour ensuite le garder avec lui est correcte, alors je pense que le rapport de force a commencé à s'inverser. »
- « Tu veux dire que Barty Croupton serait maintenant sous le contrôle de son fils ? C'est un Mangemort, Sherlock ! »
- « Je sais. » répondit le Serdaigle en soupirant. « Mais c'est toujours le même problème : sans preuve, nous ne pouvons pas faire grand chose pour régler la situation. Si jamais Croupton réapparaissait dans les mois à venir, il faudrait absolument qu'on réussisse à l'interroger. »
John grimaça en entendant ces mots : il doutait que forcer l'employé du ministère à dire quoi que ce soit se révélerait aussi facile que son ami désirait lui faire croire.
- « Puisque nous n'arriverons à rien pour l'instant au sujet de Croupton, autant se pencher sur l'autre problème qui nous intéresse. » poursuivit Sherlock avec un sourire.
- « Vector. » se chargea de compléter le blond. « On tente le coup aujourd'hui, alors ? »
- « Il me semble que c'est préférable. Obtenir rapidement les informations qui nous manque nous permettra d'agir le plus efficacement possible. Tu te souviens de notre plan ? »
- « Bien sûr. Ce n'est pas comme s'il était très compliqué de toute façon. Il faut juste que.. »
- « Ne dis rien. » coupa le Serdaigle en levant les mains. « Je voulais simplement m'en assurer. »
- « Très bien. » répondit John, hochant la tête. « Quelle heure ? »
- « Juste près le déjeuner. Vers treize heures. Il n'y a jamais personne qui se balade dans ce coin du château à cette heure ci. »
Le Gryffondor acquiesça de nouveau, avant de se concentrer sur son petit-déjeuner avec un sourire satisfait. Après tout, c'était le début des vacances de Noël, il n'avait pas à se préoccuper de ses devoirs pour l'instant, et il pouvait passer le reste de la matinée à jouer aux échecs sorciers avec Sherlock avant de s'occuper du cas du professeur Vector. L'un dans l'autre, la journée aurait pu commencer plus mal.
Dissimulé derrière la statue de Boris le Hagard , John vérifia une dernière fois que le couloir du cinquième étage était vide, à l'exception de Sherlock qui se trouvait de l'autre côté de l'aile et le fixait avec impatience, avant de sortir trois Bombabouses de sa robe. Le Gryffondor se dirigea ensuite d'un pas décidé vers la sixième porte du couloir, qui correspondait à celle du bureau du Professeur Vector. Il les fit exploser l'une après l'autre, les deux premières dans un périmètre d'une vingtaine de mètres autour de la porte et la dernière dans une partie de l'aile plus éloignée, puis repartit rapidement pour se cacher derrière la statue de Boris. Quelques secondes plus tard, Vector, alerté par l'odeur, surgit de son bureau, avec sur le visage une expression furieuse. Il marmonna quelques mots rageurs avant de partir dans la direction où semblait mener la puanteur nauséabonde, espérant visiblement mettre la main sur le coupable, et oublia au passage de fermer sa porte.
Heureusement pour John et Sherlock, c'était exactement ce qu'ils avaient espéré, et sitôt que le professeur fut hors de vue, le Serdaigle se glissa dans le bureau et referma la porte. John pour sa part, ne bougea pas de son emplacement. Il était censé faire le guet afin d'avertir Sherlock au retour de Vector, mais rester juste devant la porte aurait été le meilleur moyen de se faire repérer. Trois minutes s'écoulèrent, et le Gryffondor ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œils nerveux de part et d'autre, s'attendant à voir rappliquer Vector dans l'instant. Il se demandait également si Rusard était dans les parages – le concierge semblait capable de reconnaître l'odeur des Bombabouses à des kilomètres. Les pires craintes du blond se concrétisèrent au moment où Sherlock émergea du bureau avec à la main une liasse de lettre. A la même seconde, des pas se firent entendre en direction des deux extrémités du couloir : ceux, énergiques du professeur Vector, accompagné de vociférations sur ces élèves sans gênes, et ceux de Rusard suivi comme toujours par Miss Teigne, grognant des menaces à l'encontre de tous ces sorciers qui utilisaient des Bombabouses en toute impunité.
En un éclair, Sherlock s'engouffra dans la deuxième porte à droite du bureau, après avoir murmuré précipitamment un mot de passe que John ne put entendre précisément à cette distance – quelque chose en rapport avec des pins. Le Gryffondor se rappela alors distraitement que son ami lui avait dit quelques jours auparavant que la salle des bains des préfets se trouvait également à cet étage quand à savoir comment exactement le brun était parvenu à en connaître le mot de passe, c'était un autre problème. Pour l'instant, la priorité de John était de réussir à s'éloigner le plus discrètement possible : il ne pouvait pas rester éternellement derrière la statue de Boris, au risque de se faire repérer. Mais si il sortait à découvert maintenant, il savait que Vector ou Rusard lui tomberait aussitôt dessus. Après quelques secondes passées à maudire silencieusement Sherlock Holmes pour l'avoir entraîné dans ce pétrin, le Gryffondor se risqua à jeter un rapide coup d'œil pour voir ce qui se passait devant lui : à sa grande surprise, le couloir était désormais désert. La porte du bureau de Vector venait de se refermer dans un claquement sonore, indiquant selon toute évidence que le professeur avait fini par abandonner ses recherches et retourner à son travail. Quand à Rusard, il était hors de vue mais en tendant l'oreille, John perçut les marmonnements caractéristiques du concierge qui paraissaient s'éloigner progressivement. Apparemment, le concierge ne l'avait pas remarqué et tout comme Vector quelques instants auparavant, il s'était dirigé vers l'autre aile, pensant que le coupable s'était réfugié là bas.
Soupirant de soulagement, le blond se glissa lentement hors de sa cachette, et marcha le plus discrètement possible en direction des escaliers. Il aurait été stupide d'essayer de rejoindre Sherlock : il ne connaissait pas le mot de passe de la salle de bain des préfet, et John savait qu'il était plus prudent de retourner à la salle commune des Gryffondor et d'attendre tranquillement le retour de son ami, qui sortirait de sa cachette une fois tout danger écarté.
Au moment où il pensait enfin être sorti d'affaire – il s'apprêtait à mettre le pas sur la première marche - ,une voix malheureusement très familière se fit entendre juste derrière lui :
- « On cherche à s'enfuir, hein ? » grinça le concierge de Poudlard. Il était arrivé au niveau de John sans que celui-ci ne s'en aperçoive, en franchissant un couloir perpendiculaire.« Les Bombabouses sont strictement interdites dans l'enceinte de l'école, comme vous devez le savoir. Ça va vous coûter cher mon garçon. Au minimum plusieurs heures de retenue.. »
- « Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler. Je viens juste d'arriver. » coupa le Gryffondor, essayant au maximum de cacher la tension dans sa voix. La retenue n'avait en soi rien de très grave : depuis le début de leur scolarité, Sherlock et lui avaient bien dû en effectuer une dizaine. En revanche si Vector découvrait qu'on lui avait volé des effets personnels et qu'il faisait le rapprochement avec l'incident des Bombabouses, John pourrait se retrouver dans une très mauvaise posture : Rusard ne serait que trop heureux de donner au professeur d'arithmancie l'identité du responsable et de lui expliquer qu'il l'avait attrapé alors qu'il tentait de s'enfuir. Et ce dernier n'aurait pas besoin d'être un génie pour en déduire que le Gryffondor était impliqué d'une manière ou d'une autre dans la disparition de ses lettres.
Malheureusement pour lui, le concierge ne semblait pas le moins du monde décidé à vouloir le croire au contraire, il esquissa un sourire mauvais lorsqu'il entendit ses pitoyables justifications.
- « Vous êtes là par hasard, je parie ? » marmonna-t-il, son rictus s'agrandissant. « C'est ce qu'ils disent tous. Mais vous ne vous en tirerez pas comme ça. Vous allez me suivre dans mon bureau, tout de suite. »
Alors que John semblait définitivement condamné, une seconde voix s'éleva pour prendre sa défense :
- « Il dit la vérité monsieur. Je l'ai vu devant moi alors que je grimpais les escaliers : il venait juste d'arriver dans le couloir au moment où vous êtes arrivés. »
- « Et je suis censé vous croire ? Il me semblait plutôt sur le point de descendre ces escaliers. »
- « Oui, c'est vrai. Il est monté puis redescendu aussitôt. Je crois l'avoir entendu soupirer. Peut être qu'il avait oublié quelque chose. » persista la voix sur un ton désinvolte
- « Tout à fait. » renchérit John, entrapercevant pour la première fois depuis le début de la conversation une issue à la périlleuse situation dans laquelle il se retrouvait.« Je suis venu ici pour parler au professeur Vector et au moment où je suis arrivé dans le couloir, je me suis rappelé que j'avais laissé mon devoir d'arithmancie dans la salle commune. »
Rusard ne répliqua rien, se contentant de grimacer encore d'avantage. John pouvait presque voir les rouages tourner dans la tête du concierge : attraper un élève coupable d'avoir utilisé des Bombabouses était une opportunité qui ne se présentait que rarement, mais il n'avait pas les moyens de prouver avec certitude que c'était bien le cas. Et si jamais celui-ci se plaignait au directeur de sa maison, il y avait de grande chances pour qu'il soit obligé de lever la retenue.
- « Très bien. Je vous laisse partir pour cette fois. » finit-il par marmonner d'un ton grinçant. « Mais je vous tiens à l'œil à partir de maintenant. Et au prochain incident de ce type, vous ne vous en sortirez pas aussi facilement. »
Sur ces dernières paroles, Rusard s'éloigna de nouveau, accompagné par Miss Teigne. Il sembla à John qu'il soufflait encore plus bruyamment que d'habitude. Dès qu'il fut hors de vue, John poussa un soupir de soulagement et se retourna pour remercier son sauveur. C'était un élève de Serpentard, probablement âgé de douze ou treize ans, aux cheveux cours et noirs et au regard froid. John ne put s'empêcher d'être surpris quand il réalisa la maison à laquelle il appartenait – après tout, les Serpentards avaient plus tendance à dénoncer les Gryffondors qu'à leur rendre service - , mais il se reprit rapidement. Après tout, l'intervention de ce garçon s'était révélée providentielle, et le moins qu'il puisse faire était de mettre ses préjugés de côté et se montrer aimable avec lui.
- « Tu viens de me sauver la vie. » déclara le blond avec un grand sourire. « Sans toi, Rusard m'aurait sûrement coupé la tête pour l'accrocher à la porte de son bureau en guise d'exemple. »
- « Ce n'est rien. » répliqua aussitôt le Serpentard au haussant les épaules. « Je suis sûr que tu aurais fait de même si je m'étais retrouvé à ta place. Après tout, personne n'a envie de se faire épingler pour quelques Bombabouses. » Il sourit à son tour, mais ce sourire laissa à John une impression de malaise. Comme si le garçon ne pensait pas à un mot de ce qu'il disait et souriait d'une plaisanterie qu'il était le seul à connaître. L'espace d'un instant, John voulut lui mentir, expliquer qu'il n'avait rien à avoir avec l'explosion des Bombabouses et qu'il s'était retrouvé là purement par hasard, mais il avait la certitude que le Serpentard ne le croirait pas plus que Rusard.
- « Tout de même, c'était très généreux de ta part . » se sentit obligé d'insister John. « Tu m'as rendu un fier service... » ajouta-t-il , s'arrêtant au beau milieu de sa phrase quand il réalisa qu'il ne connaissait même pas le prénom du garçon.
- « Jim. Je m'appelle Jim. » compléta le Serpentard de lui même, toujours souriant. « Ce fut un plaisir de te rencontrer John. » Il esquissa ensuite un discret signe de tête et, sans laisser au blond le temps de répliquer quoi que ce soit, s'éloigna d'un pas rapide dans la direction opposée à celle qu'avait prise Rusard. John se contenta de le regarder disparaître le bouche ouverte, en se demandant comment un élève de Serpentard qu'il n'avait jamais vu pouvait connaître son prénom. Il savait que Sherlock et lui avaient fini par acquérir une petite notoriété au fil des années, mais cette déclaration de la part de Jim lui avait néanmoins laissé une impression désagréable. Après quelques secondes d'immobilité totale, le blond finit par secouer la tête et se diriger vers la salle commune des Gryffondors, espérant que Sherlock l'y rejoindrait rapidement.
Une demi-heure plus tard, alors que John avait fini par renoncer à guetter vainement le retour de son meilleur ami, Sherlock surgit dans la salle commune, son paquet de lettre toujours à la main, et une expression réjouie sur le visage.
- « Tout est clair, maintenant ! » s'exclama-t-il d'un ton satisfait en s'asseyant aux côtés de John. Il sélectionna deux lettres qu'il tendit au Gryffondor, avant de baisser la voix et de murmurer de manière à ce que seul le blond soit en mesure de l'entendre : « Je sais pourquoi Vector agit ainsi. »
- « Tu as intérêt, Sherlock, vu ce qui a failli m'arriver par ta faute. » répondit le Gryffondor en marmonnant entre ses dents . « Bon sang, tu m'avais dit qu'il te faudrait seulement une minute pour trouver ce dont tu avais besoin ! Je me suis retrouvé seul avec Vector et Rusard à mes trousses pendant que tu te planquais dans la salle de bain des préfets ! »
- « Ça s'est révélé plus long que prévu. »reconnut Sherlock d'un ton désinvolte. « Le bureau de Vector est incroyablement mal organisé, et ces lettres étaient dissimulées dans un tiroir fermé à clé. Mais je savais que tu finirais par t'en tirer de toute façon. »
- « Ah oui, tu avais prévu qu'un Serpentard surgirait de nulle part pour m'innocenter ? » répliqua John, sarcastique. « Parce que sans lui, je serais dans le bureau de Rusard à cette heure-ci. Et tu sais aussi bien que moi que Vector aurait très facilement pu établir le rapprochement entre les deux incidents. »
- « Bien sûr que j'étais parvenu à cette même conclusion. Mais je suis sûr que tu réalises que j'étais obligé de me cacher pour assurer à la fois ma protection et la tienne. Je n'aurais pas pu t'aider d'avantage si je m'étais retrouvé dans ce couloir avec toi à affronter Rusard. Au contraire, nous aurions été repéré d'autant plus facilement, et le concierge se serait fait un plaisir d'ignorer nos explications et de nous mettre en revenue tous les deux. Vector aurait d'autant plus vite suspecté anguille sous roche si il savait que nous étions tous les deux dans le coup. Tu avais beaucoup plus de chance de t'en sortir sans moi. Une intervention extérieure était juste ce qu'il te fallait »
Le Gryffondor se contenta de hausser les épaules sans rien répliquer. Après tout, le brun avait en partie raison : il n'aurait rien pu faire pour l'aider dans ce cas précis.
- « Alors, qu'est-ce qui peut pousser un banal professeur d'arithmancie à ramper la nuit dans les couloir ? » finit-il par demander, ce qui lui valut un sourire de la part du Serdaigle.
- « Un béguin non réciproque pour une de ses anciennes élèves. » répondit-il en désignant une des deux lettres qu'il avait donné à John. « Une certaine Alice Morphy. Elle lui a écrit i peine une semaine pour lui demander d'arrêter d'envoyer sans arrêt des lettres et des cadeaux. Et la situation ne semble pas dater d'hier. J'ai dans l'idée que ça doit faire quelques mois qu'il la courtise assidûment – et visiblement sans grand succès. »
Le Gryffondor haussa un sourcil à cette déclaration, incapable de déterminer ce qui était le plus étonnant : entendre Sherlock prononcer le mot courtiser, l'idée qu'un professeur d'arithmancie âgé d'une cinquantaine d'années et enseignant à Poudlard puisse poursuivre de ses attentions une ancienne élève, ou plus simplement le fait que cette révélation paraissait n'avoir strictement aucun rapport avec le problème qui les concernait.
- « Je ne vois pas vraiment en quoi ce refus serait une raison suffisante pour motiver le professeur Vector à ramper dans les couloir. Ou alors personne n'a jugé bon de me prévenir que la démence était considérée séduisante par le sexe féminin. » répondit John après avoir parcouru rapidement la lettre, incapable de dissimuler l'amusement dans sa voix.
- « Je ne crois pas que le but initial de Vector était de devenir fou. » répliqua le Serdaigle en brandissant cette fois-ci la seconde missive. « Mais ma théorie est que ces multiples rejets, loin de le décourager, n'ont fait que renforcer sa détermination. Et qu'il a voulu recourir à une substance particulière pour l'aider. Regarde, cette facture provient de la boutique de Barjow et Beurk et il est daté du 22 novembre. Elle accompagnait la livraison d'un produit non spécifié ce qui signifie que Vector a dû recevoir le paquet correspondant le jour de sa dernière crise. Et j'en ai retrouvé plusieurs identiques dans son tiroir, ainsi que les reçus de la boutique qui confirmaient les arrivées des différents paiements. A chaque fois, les dates d'expéditions des paquets coïncident à quelques jours près avec les périodes de crise du professeur. »
John examina le parchemin sur lequel apparaissait un montant – 5 Gallions – accompagné d'une référence énigmatique à une potion. A part un discret cachet en haut à gauche, rien ne précisait l'identité de l'expéditeur.
- « Tu penses à une sorte de filtre d'amour ? » s'enquit le Gryffondor, perplexe.
- «Ça ne suffirait pas à expliquer son recours à Barjow et Beurk. On peut trouver des philtres d'amours dans des boutiques bien plus recommandables et bon marché. De plus, il est clair que le produit est directement consommé par Vector, et qu'il influe sur son comportement, et non sur celui de la jeune femme. Non, ce doit être une potion illicite dont les effets se rapprochent de ceux d'une drogue très puissante – suffisamment pour changer son caractère durablement, et lors de brèves périodes faisant suite à sa consommation, provoquer chez lui des pulsions proches de la démence, où il perd totalement conscience de son esprit mais également de son corps. Qu'une potion puisse avoir de tels effets est d'ailleurs remarquable – j'avais plutôt parié au départ sur un maléfice infligé à distance, par le biais d'un objet, mais la provenance de ce produit et les dates auxquelles il arrive indiquent de manière incontestable qu'il est responsable de l'état de Vector. Encore plus incroyable, le professeur le consomme volontairement, malgré les effets qu'il entraîne. »
- « Il ne doit plus vraiment avoir conscience de ce qui lui arrive. » répondit John, en fronçant les sourcils. « Mais je ne comprends toujours pas comme il a pu envisager qu'utiliser une potion de ce type pouvait l'aider à obtenir ce qu'il désirait. »
- « Je pense que les crises dont il est victime sont des effets secondaires indésirables résultant de la consommation du produit. A mon avis, la potion devait avoir pour but initial de renforcer l'intelligence et la vigueur du professeur : indépendamment de son comportement désagréable, Vector est beaucoup plus actif cette année que l'an dernier, et ses cours ont également singulièrement augmenté en qualité. Évidemment, ces conséquences positives sont contrebalancées par le fait... »
- « Qu'il sombre dans la folie et que tout le monde le déteste, y compris sa propre chouette. » compléta de lui même le Gryffondor. « D'ailleurs, pourquoi est-ce qu'elle le mordait ? »
- « Pour la même raison que nous suspections quelque chose : elle ne le reconnaissait plus. Le changement radical de comportement chez Vector lors de ses crises a amené son animal à le considérer comme un ennemi et un prédateur, et non plus comme son maître. »
- « Le mystère est résolu, alors. » déclara John avec un soupir de soulagement. Il n'était pas exactement rassurant d'apprendre qu'un des enseignants de Poudlard était sous l'influence d'une potion commandée dans une boutique adepte de la magie noire, mais au moins désormais ils savaient à quoi s'attendre. Peut être même qu'ils n'auraient pas à courir partout le soir du 25 décembre.
- « L'opération du bal de Noël tient toujours évidemment. » poursuivit Sherlock, répondant aux pensées informulées du Gryffondor. Celui-ci ne put s'empêcher de gémir :
- « Mais pourquoi ? Tu ne peux pas juste prendre ces lettres pour les montrer à Dumbledore et lui expliquer ce que l'on sait ? »
- « Non. Les factures ne suffiront pas pour prouver ce que l'on avance : il faut réussir à mettre la main sur la potion et prouver qu'elle est nocive. Par conséquent, le soir du bal, nous profiterons qu'il soit hors de son bureau pour retrouver les fioles, puis dans un second temps nous le surveillerons en permanence pour voir si il manifeste des symptômes de névrose: si oui, il suffira alors d'emmener un professeur pour qu'il constate le problème par lui même. Évidemment, cela signifie que nous devrons probablement veiller devant son bureau une bonne partie de la nuit. C'est en général là qu'il passe ses soirées lors de ses crises. »
- « Merveilleux. » soupira John. « Je sens qu'on va bien s'amuser. »
- « Je suis sûr que oui. » répondit Sherlock sans une once de sarcasme. « Cette partie de la soirée se révélera sûrement beaucoup plus intéressante que le bal de Noël. »
Le Gryffondor se contenta de dévisager son ami avec un sourire exaspéré. Le pire, c'était qu'il n'avait pas totalement tort.
Le jour de Noël, John se réveilla au son d'un air de violon. Clignant des yeux, il parvint à distinguer la silhouette de Sherlock qui se tenait debout face à la fenêtre, son instrument à la main.
- « C'est mon cadeau de Noël ? » finit par marmonner le Gryffondor d'une voix ensommeillée. Le grand brun se retourna avec un sourire aux lèvres.
- « Même pas. Il se trouve juste que j'avais besoin de jouer pour réfléchir ce matin, et que mes camarades de dortoir ont relativement peu apprécié et m'ont demandé avec beaucoup d'insistance de quitter la chambre. Quitte à me retrouver dehors avec mon violon, je me suis dit que je pouvais aussi bien en profiter pour aller te réveiller. »
John ne pouvait pas blâmer totalement les Serdaigles il ne connaissait que trop bien les mélodies discordantes que Sherlock était capable de produire quand il avait besoin de remettre ses idées en place. Ce qui rendait le fait que son meilleur ami ait décidé de jouer spécifiquement pour lui un air de Noël d'autant plus satisfaisant. Il était cependant étonnant qu'aucun des Gryffondor du dortoir n'ait pipé mot en voyant débarquer le brun avec son violon à cette heure précoce de la matinée. Les intrusions de Sherlock dans leur chambre, quoique peu nombreuses, étaient en général accueillies avec des grincements de dents.
- « Et personne ne t'as rien dit quand tu es rentré ? »
- « Londubat, Thomas et Finnigan étaient déjà sortis. Weasley et Potter étaient trop occupés à donner des chaussettes à Dobby pour protester lorsqu'ils m'ont vu arriver... » Ignorant le rire de John, Sherlock poursuivit : « ..et d'ailleurs il faudra que tu voies celles qu'il a offert à Potter, elles valent vraiment le coup d'œil. Je pense que je dois m'estimer heureux que Dobby n'ait pas jugé nécessaire de me donner un cadeau cette année. Donc non, pas de remarque désobligeante particulière – quoiqu'il me semble avoir entendu Weasley parler d'une trêve de Noël au moment où il quittait la pièce. » Le Serdaigle s'arrêta un instant, avant de reprendre avec un sourire malicieux. « Et puis après tout, cela n'a rien de très étonnant. Peut être qu'ils considèrent qu'ils doivent se montrer indulgent avec moi étant donné qu'ils pensent que je suis ton petit ami. »
L'oreiller qu'il se reçut en pleine tête après cette déclaration était amplement mérité.
- « Cette dernière partie est entièrement de ta faute. » s'exclama le blond, sur un ton qui oscillait entre l'énervement et l'amusement. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de repenser au fait qu'il n'avait parlé du bal à venir avec aucun de ses camarades de Gryffondor. Et il savaitque Ron, Harry et Hermione était au courant pour le coup du « cavalier » - il suffisait de voir le grand sourire dont les gratifiait Hermione à chaque fois qu'elle les apercevait tous les deux ensembles désormais-, ce qui était la raison pour laquelle il répugnait à aborder le sujet. Il sentait instinctivement que toutes les bonnes raisons qu'il pourrait invoquer pour justifier le fait qu'il se rendait au bal avec son meilleur ami ne suffirait pas pour qu'ils le croient.
- « Je suppose que le mal est fait pour l'instant. » finit-il par marmonner d'un ton résigné. « J'attendrai qu'un peu d'eau soit passé sous les ponts pour aborder le sujet. De toute façon, ils finiront tous bien par réaliser à un moment ou à un autre qu'on ne sort pas réellement ensemble. »
Sherlock ne répondit rien et se contenta de désigner avec son archet la pile de paquet au pied de son lit, avant de déclarer tout naturellement :
- « Je pensais que tu voudrais ouvrir tes cadeaux. »
Laissant de côté pour l'instant toute pensée concernant le bal, le Gryffondor dégringola de son lit et tira de sous son matelas un paquet volumineux qu'il lança à Sherlock. Celui-ci le rattrapa prestement, et dans le même mouvement tendit à John son présent qu'il sortit de la poche de sa robe de chambre. Celui-ci ne fit aucun commentaire devant le papier cadeau – comme chaque année, c'était une page de la Gazette du Sorcier plus ou plus froissée- se contentant de pousser un cri de joie en découvrant les gants de Quidditch à l'intérieur.
- « Je me suis dit qu'il arriverait bien une année où tu réussirais à intégrer l'équipe de Gryffondor. » expliqua Sherlock avec un sourire, amusé par l'enthousiasme de son meilleur ami. John se contenta de le remercier chaleureusement, souriant à son tour, sachant que le Serdaigle désapprouverait toute effusion supplémentaire. Il fut gratifié par l'expression ravie du brun au moment où il découvrit son propre cadeau : Les Potions les plus rares à travers les âges de Arsenius Beaulitron. Pour avoir feuilleté l'ouvrage rapidement, John savait qu'il contenait de nombreux conseils de préparations et une liste quasi-exhaustive des ingrédients inhabituels pouvant être utilisés.
- « Tu sais qu'en m'offrant ça, tu me donnes une raison supplémentaire pour recommencer mes descentes dans les réserves de Rogue ? »
- «C'est en partie ce que je craignais. » répondit le Gryffondor en haussant les épaules. « Mais après tout, du moment que tu ne ne me demandes pas de t'accompagner... »
Le Serdaigle hocha la tête, et John songea distraitement que le professeur de Potion avait du souci à se faire. Il entreprit ensuite de s'attaquer à sa petite pile de cadeaux, envoyés en grande partie par sa mère. Apparemment, la déception de ne pas le voir pendant les fêtes ne l'avait pas empêché d'envoyer, comme chaque année, un pull tricoté main d'un goût plutôt douteux, une énorme boîte de thé, et quelques pots de confitures soigneusement enveloppés de papier journal pour les protéger. Le blond les déchira sans prêter attention, jusqu'au moment où un mot imprimé en caractères gras lui sauta aux yeux. Moriarty.
- « Sherlock ? » Ce dernier, plongé dans la lecture de son nouveau livre, releva la tête et fronça les sourcils quand il vit John lui désigner la coupure de journal d'un air impatient.
- « Qu'est-ce que tu as pu trouver d'intéressant dans une feuille de choux moldue ? »
- « Il parlent de Moriarty. » se contenta de répondre John. Dès qu'il entendit le nom fatidique, Sherlock se rua à ses côtés et s'empara du bout de papier pour le lire, marmonnant avec agitation :
- « Ce n'est pas possible..Moriarty serait un moldu ? »
Se penchant au dessus de son épaule, John parcourut l'article rapidement : il parlait du professeur James Moriarty, génie en mathématiques et dernier lauréat de la médaille Fields. La photo qui accompagnait le texte était celle d'un homme d'âge mûr, au cheveux noirs grisonnants, et souriant d'un air figé – l'expression de son visage lui était d'ailleurs familière, même si il n'arrivait pas à se rappeler pourquoi.
- « Peut-être que c'est un sorcier qui vit incognito chez les moldus ? »
- « Non, la Gazette du Sorcier l'aurait mentionné au moins une fois. Les sorciers qui deviennent célèbres pour d'autres raisons que leur compétences magiques sont rares, tu sais ? Cet homme est clairement un véritable moldu, et il est tout aussi clair qu'il n'a rien à voir avec l'affaire de Jabez Wilson. »
- « Alors c'est une simple coïncidence ? » demanda John, désarçonné.
- « Peut-être que oui. » se contenta de marmonner le Serdaigle, son visage soudainement fermé, avant de quitter brusquement la chambre, son livre et la coupure de journal sous le bras.
Ni lui ni John n'abordèrent le sujet à nouveau pendant le reste de la journée.
Ce soir là, lorsqu'il rentra dans son dortoir à sept heures passées pour se changer pour le bal et qu'il aperçut au passage Ron et sa tenue de soirée, le premier réflexe de John Watson fut d'éclater de rire. La robe du garçon avait une apparence lamentable, qui n'en était que renforcée par les lambeaux de dentelles restants et les nombreux fils qui pendaient de part et d'autre des manches et du col.
- « Désolé. » finit-il par articuler entre deux hoquets quand il se fut rendu compte que sa conduite était d'une impolitesse rare. « C'est juste que... »
- « Non, je comprends. » marmonna Ron d'un air sombre en haussant les épaules. « J'ai l'air complètement pitoyable. Et encore, tu n'as pas vu à quoi elle ressemblait au début : on aurait vraiment dit une robe de ma tante Muriel. »
- « Ne t'inquiète pas, ils nous a fallu un peu de temps à nous aussi pour nous en remettre. » ajouta Harry, vêtu pour sa part d'une étoffe vert bouteille. Même s'il semblait un peu mal à l'aise dans sa tenue, elle lui allait plutôt bien.
- « Au fait, on se demandait John, est-ce que tu vas vraiment au bal avec Holmes ? » s'enquit Ron d'un ton suspicieux
Grinçant mentalement des dents, celui-ci se prépara à donner une explication confuse et interminable :
- « Euh, oui, plus ou moins. C'est juste qu'il avait absolument besoin de moi ce soir pour faire quelque chose, et il estimait que ça ne serait pas possible si l'un de nous avait une cavalière. Du coup, j'ai fini par accepter de l'accompagner – en tant qu'ami, bien sûr.. »
- « D'accord. » le coupa rapidement le rouquin, visiblement soulagé. Devant l'expression perplexe de John, Harry se sentit obligé d'intervenir :
- « Je crois que ce qui intéressait réellement Ron, c'était de savoir si tu es ou non le cavalier mystère de Hermione. »
- « Pas du tout. » répondit aussitôt John avec un large sourire. Au moins sur ce point là, il pouvait rassurer le Gryffondor sans aucune ambiguïté. « En fait si j'avais eu un mon mot à dire sur ma cavalière, j'aurais bien aimé y aller avec Mary Morstan. »
- « Morstan ? » répéta Ron en fronçant les sourcils. « Mais... »
- « Oui je sais, ton grand frère s'en est chargé avant moi. » interrompit le blond d'un ton léger.
- « Pas de bol. » compatit Ron, qui semblait sincèrement désolé pour lui. « Au moins, tu peux toujours te dire que tu t'en tires mieux qu'Harry : lui, il a perdu sa cavalière au profit de Diggory. » ajouta-t-il avec un sourire, cherchant à détendre l'atmosphère. John se retourna aussitôt vers l'intéressé pour obtenir confirmation. Celui-ci acquiesça en soupirant :
- «Je voulais y aller avec Cho Chang, mais malheureusement il est passé à l'action avant moi. »
- « J'aimerais bien que vous cessiez de vous plaindre tous les deux. » intervint Dean Thomas en désignant Ron et Harry. « Vous y allez quand même avec les deux plus jolies filles de l'école. »
- « Je crois que ça a quelque chose à voir avec notre incroyable magnétisme animal. » répliqua le roux en bombant le torse, agitant au passage les quelques semblants de dentelle restant sur sa robe. Harry et John éclatèrent de rire, rapidement rejoints par Dean et Ron lui même.
Le Gryffondor retrouva Sherlock dans le hall d'entrée du château, vêtu de sa tenue gris perle et affichant une expression désapprobatrice. Ce dernier avait vainement tenté de convaincre le blond de l'inutilité d'assister à l'ouverture du bal, mais John avait répliqué en disant que leur absence risquait de paraître encore plus suspecte. Aussi, le Serdaigle dût franchir les lourdes portes de chênes de la Grande Salle aux côtés des autres élèves de Poudlard . Les deux s'installèrent à l'une des nombreuses petites tables installées pour l'occasion et attendirent comme les autres l'entrée des champions du Tournoi, accompagnés de leurs cavaliers et menés par le professeur McGonagall. John hoqueta de surprise en apercevant Hermione au bras de Krum, mais Sherlock resta impassible : ni les décorations somptueuses de la pièce, ni les chuchotements excités des autres élèves ne parvinrent à le distraire. John finit par lui donner un coup de coude pour le forcer à prêter attention à ce qui se passait :
- « Regarde qui vient de s'asseoir à la table des champions et des organisateurs du Tournoi. Je crois bien que ni Mycroft ni Barty Croupton ne nous gratifieront de leur présence ce soir. »
Sherlock regarda Percy Weasley faire signe à Harry de s'installer à côté de lui, et il esquissa un sourire moqueur :
- « En voilà un qui va passer un agréable repas. Si la conversation de Weasley est aussi insupportable que la manière dont il rédige ses lettres, alors je ne souhaite à personne d'avoir à le supporter pendant plus de dix minutes. »
En entendant cela, la petite sœur de Ron, qui était assise non loin d'eux, hocha silencieusement la tête comme pour leur confirmer que c'était bien le cas
Mis à part les grommellements agacés de Sherlock qui ne voyait là qu'une immense perte de temps, le dîner se déroula de manière plutôt agréable pour John. Il avait été ravi en découvrant qu'il pouvait choisir lui même le contenu de son repas, et la compagnie à leur table était plutôt sympathique – même Neville Londubat avait fait preuve d'humour à plusieurs reprises. Il fut néanmoins soulagé quand le dîner s'acheva et que les Bizarr' Sisters montèrent sur l'estrade : c'était le signal convenu entre lui et Sherlock pour s'éclipser distraitement. Dès que la piste de danse se fut suffisamment remplie, ils se levèrent simultanément de table et se dirigèrent vers la sortie de la Grande Salle, évitant au passage les nombreux élèves tournoyants au son de la cornemuse. Le Serdaigle jeta un dernier coup d'œil à la table des professeurs pour vérifier que Vector y était bien assis, puis franchit le hall de la pièce, suivi de John.
Le blond apprécia le silence qui régnait dans les couloirs du château après l'agitation de la salle de bal. Les escaliers et les étages étaient déserts : tous les élèves semblaient s'être rendus au bal, et même Rusard n'était nulle part en vue. Ils atteignirent donc le bureau de Vector sans encombre évidemment la porte était fermée à clé, mais un simple Alohomora suffit à régler le problème.
- «Comment est-ce que les sorciers font lorsqu'ils veulent vraiment être tranquilles ? » s'enquit le Gryffondor avec un sourire alors qu'ils pénétraient dans la pièce.
- « La plupart des professeurs renforcent leur portes à l'aide de sortilèges pour qu'on ne puisse pas les ouvrir avec un simple Alohomora. » répondit Sherlock distraitement, occupé à soulever des liasses de papier. « Mais Vector n'est pas vraiment d'un tempérament suspicieux. Il est à vrai qu'à priori, il n'y a pas grand chose d'intéressant à trouver dans son bureau. »
- « On ne pourrait pas utiliser Accio pour retrouver la potion plus facilement ? » demanda John alors qu'il observait le Serdaigle mettre la pièce sans dessus dessous. Il était chargé pour sa part de surveiller la porte pour s'assurer que personne n'arrive à l'improviste.
- « Malheureusement non. » marmonna le brun avec un soupir. « Accio ne marche que si on a une idée précise de ce que l'on cherche. Ce qui n'est le cas ici – à moins que tu connaisses le nom de cette mystérieuse potion. » La question était purement rhétorique, et John ne prit pas la peine d'y répondre.
Au moment où le Gryffondor commençait à se décourager -cela faisait déjà une demi-heure que Sherlock fouillait la pièce en vain - ,ce dernier laissa échapper un cri de joie. Il avait déniché, dissimulée dans un double fond de la grande armoire du professeur, une petite boite en bois ouvragé fermée par un imposant cadenas.
- « Il me semble avoir vu quelque part une clé qui pourrait correspondre...Mais où ? » s'exclama le brun d'un ton frénétique. « Le cadenas a été conçu pour résister à Alohomora...il faut absolument que je mette la main dessus... » Sherlock se rua vers le bureau, la boîte toujours à la main, et après quelques minutes de recherches infructueuses, il finit par trouver une clé doré non loin d'un pot à crayon renversé. Il ouvrit aussitôt le coffret et en sortit deux fioles- l'une pratiquement vide, l'autre pleine- remplies d'un liquide clair, ainsi qu'une petite seringue.
- « Vector doit se l'injecter pour en avoir tous les effets ? » demanda le Gryffondor, incrédule.
- « Il semblerait que oui. » répondit Sherlock, visiblement ravi. « Cette potion fonctionne à la fois selon des mécanismes biologiques et magiques..c'est tout simplement fascinant. Je ne savais pas que Barjow et Beurk vendaient des produits aussi innovants. »
- « Eh bien tu les féliciteras lors de notre prochaine visite sur le Chemin de Traverse. Mais en attendant, je crois que tu as un peu de rangement à faire. » déclara le blond en désignant l'ensemble de la pièce. Son meilleur ami se contenta de soupirer, et après lui avoir fourré les fioles dans les mains, il entreprit de remettre un peu d'ordre dans le bureau.
Une heure après avoir quitté la Grande Salle, Sherlock et John retournèrent s'installer à leur table. La fête battait son plein, et la plupart des élèves étaient occupés à danser – même si le Gryffondor remarqua que non loin de là, Harry et Ron étaient assis à côté l'un de l'autre et parlaient avec agitation, leurs cavalières visiblement parties depuis longtemps. John se doutait que le manque de motivation du second pour s'occuper de Padma Patil avait un rapport avec le fait qu'Hermione s'était rendue au bal avec Krum.
- « Tu es au courant que cela signifie que tu avais tort, n'est-ce pas ? » déclara-t-il à l'adresse de Sherlock en les désignant.
- « A quel sujet exactement ? » s'enquit le Serdaigle en fronçant les sourcils.
- « Tu m'avais dit l'an dernier que Hermione était amoureuse de Ron. Et pourtant elle a choisi d'accompagner Victor Krum pour le bal. »
- « Je pense que Granger en avait assez d'attendre que Weasley fasse le premier pas, et qu'elle a décidé de le rendre un peu jaloux en acceptant de venir avec Krum. » répondit le brun d'un ton morne, visiblement peu intéressé par la question. « Et puis après tout, c'est toi qui es censé être l'expert dans ce domaine, non ? »
- « Très juste. » acquiesça John avec un sourire. « D'ailleurs, je crois que Molly a eu la même idée. »
Avant que Sherlock n'ait eu le temps de demander quel était exactement le rapport entre les deux, la jeune fille surgit à leur table, accompagnée par un jeune élève de Serpentard que le blond reconnût comme étant celui qui l'avait sauvé de Rusard l'autre jour.
- « Sherlock, John, vous êtes là ! Ça fait une éternité qu'on vous cherche. Je voulais vous présenter Jim. C'est mon cavalier. Et mon petit copain. » Elle rougit en prononçant ses dernières paroles, et le Serpentard esquissa un sourire gêné, qui n'avait rien de comparable avec celui que John avait aperçu la dernière fois.
Écrasant le pied de Sherlock qui venait de marmonner qu'ils n'auraient pas dû se donner cette peine, le blond sourit à Molly et à Jim et leur demanda si ils passaient une bonne soirée. Le visage de la jeune fille s'éclaira aussitôt, et elle s'exclama qu'elle ne s'était jamais autant amusée de sa vie. Dans le même temps, son cavalier se rapprocha d'eux, et après avoir salué brièvement John, il tendit la main à Sherlock :
- « Bonsoir...je suis tellement content de rencontrer enfin le fameux Sherlock Holmes ! »
Le Serdaigle esquissa une moue désapprobatrice, et, ignorant délibérément la main tendue, il marmonna « gay » entre ses dents. John lui écrasa le pied une fois de plus.
- « Qu'est-ce que tu viens de dire ? » demanda Molly, déstabilisée.
- « Rien. » répondirent en cœur Sherlock et John. Ce dernier ajouta précipitamment : « Il a juste dit hé. »
La Serdaigle ne semblait pas convaincue, mais elle n'insista pas. John en profita pour lui poser une question qui le tracassait depuis qu'ils les avaient aperçu tous les deux :
- « Vous n'êtes pas trop jeunes pour assister au bal ? Je croyais que les élèves en dessous de la quatrième année n'étaient autorisés à venir que si ils accompagnaient quelqu'un de plus âgé. »
- « Tu as raison. » répondit Molly en rougissant à nouveau. « Jim est en troisième année lui aussi, donc normalement nous n'avions pas le droit de venir. Mais il a deux amis de Serpentard, Irène Adler et Jefferson Hope, qui sont en sixième année et qui ont accepté de faire semblant de nous accompagner au début. Regarde, ils sont là bas. ». Tout en parlant, elle désigna un couple qui dansait non loin : une jeune fille d'une beauté frappante, aux yeux bleus glaçants, dont les volumineux cheveux noirs étaient rassemblés dans une coiffure élaborée, et un garçon un peu enrobé qui par contraste apparaissait comme très ordinaire. Il clignait des yeux régulièrement, dévisageant tout ce qui l'entourait avec un air déboussolé.
John les fixa pendant un instant, se demandant ce qu'ils pouvaient bien avoir en commun, et surtout pourquoi ils étaient prêts à rendre ce service à quelqu'un de trois ans leur cadet.
Jim et Molly restèrent quelques minutes plantés devant eux, dans un silence gêné, avant que la Serdaigle renonce à obtenir la moindre marque de courtoisie de la part de Sherlock et finisse par demander à Jim si ils pouvaient retourner danser. Il accepta aussitôt et, se saisissant du bras de la jeune fille, l'accompagna sur la piste, non sans avoir jeté au passage un dernier coup d'œil à Sherlock.
- « Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit et tu le très bien !» s'exclama le brun dès qu'ils se furent suffisamment éloignés. « Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas laissé parler ? Tu ne penses pas que je lui rendrait un grand service en lui disant ? Elle éviterait de perdre son temps. »
- « Non, Sherlock, tu ne lui aurais absolument pas rendu service. » répondit le Gryffondor d'un ton indigné. « Tout ce que je sais, c'est que là, Molly s'amuse et qu'elle a l'impression de passer la meilleure soirée de sa vie. Tu veux vraiment la gâcher juste parce que tu as l'impression que son petit copain est gay ? »
- « Ce n'est une impression, John. » siffla aussitôt le Serdaigle. « Enfin c'est évident : regarde sa coiffure, la chaînette qu'il arbore à son cou, son parfum...il a même réussi à déposer un mot à mon intention sur la table ! » Le blond remarqua seulement à ce moment là le morceau de parchemin froissé sur lequel était griffonné « A très bientôt j'espère – XX Jim ». Il le déchira minutieusement en soupirant, avant de marmonner :
- « Qu'importe. Ce n'était pas le moment. Tu pourras toujours lui dire plus tard. Laisse la juste profiter de sa soirée. »
- « Très bien. Je ne t'informerais pas le jour où ça t'arrivera alors. » répondit le brun d'un ton faussement indigné.
- «Le jour où je sortirais avec une fille qui est lesbienne sans le savoir, tu veux dire ? » répliqua John avec un sourire « Voilà qui ne m'inquiète pas trop je suis sûr que ma sœur m'en parlera avant toi. »
Sherlock sourit à son tour, et les deux garçons passèrent la fin du bal assis à leur table à détailler les couples tournoyants sur la piste, le Serdaigle énumérant toutes les déductions qu'il pouvait faire à leur sujet tandis que John écoutait assidûment.
Note de fin : Pour ceux qui ne connaîtraient pas, la médaille Fields est l'équivalent du prix Nobel de mathématiques.
Et sinon, si vous vous demandez si Miss Adler fera une réapparition au cours de cette fiction, la réponse est...je ne sais pas encore (mais je pencherai plutôt pour le non). Le fait est que je ne suis pas vraiment fan de ce personnage (attention, énorme euphémisme) et que la raison pour laquelle je l'ai mentionné dans ce chapitre était plus pratique qu'autre chose (pour résumer, il me fallait une alliée 'féminine' de Moriarty, et je me suis dit qu'Irène passerait plus ici que le général Shan ^^)
Voilà, en tout cas c'est fini pour aujourd'hui ! Le prochain chapitre (qui devrait normalement réussir à arriver dans deux semaines) traitera de la fin du mystère Vector )
