Nom : Serpentins

Auteur : Selsynn

Résumé : Harry Potter est exclus de Poudlard pour avoir libérer Ginny du Basilic... Drôle de récompenses, non ? Mais il aurait du savoir qu'il ne partirait pas tout seul...

Rating : Pour l'instant général. Mais il va augmenter jusqu'à T je pense, pour évocation de violence.

Rar anonymes (rar non anonyme par MP) - Merci pour toutes vos reviews !

Klaude : Hello, j'espère que tu comprendras mieux les actions de Ron et pourquoi il a réfléchit. On voit aussi dans ce chapitre qu'il n'a pas forcément la réponse à tout...

Black Jo : Ron a des oreilles et des yeux, et cette année-là, il a appris à s'en servir. J'espère que ce chapitre te semblera aussi bon que le précédent.


CHAPITRE 10 : Travaux pratiques

Après en avoir parlé pendant si longtemps, Harry avait envie d'essayer, de se lancer dans la pratique de cette pratique magique. Les adultes, un peu rassurés, ne s'y opposaient plus. Hermione était très heureuse de pouvoir se lancer dedans et Ron un peu rassuré sur le sérieux de leur entreprise. Ce n'est pas qu'il n'avait pas confiance en Harry, ni Hermione, mais lui connaissait les risques de se lancer dans une magie sans personne pour les superviser. C'est aussi pour cela qu'il préférait aller dans une maison moldu, à l'école moldu, plutôt que d'apprendre seul la magie.

Il ne dit plus rien de plus et se contenta d'assister aux échanges entre ses deux amis. Son regard se posa sur Hermione qui n'osait plus le regarder depuis qu'il avait expliqué son point de vue sur le monde magique. Il savait depuis longtemps qu'il lui faudrait tracer sa propre voie. En première année, il avait cru qu'être l'ami de Harry Potter suffirait à le rendre quelqu'un. Mais l'arrivée à l'école de sa petite sœur, qui rêvait depuis son enfance d'être la princesse d'Harry Potter lui a permis de prendre un peu de distance. On ne pouvait pas être quelqu'un juste par le filtre d'une autre personne. Il devait avoir quelque chose de spécial, d'unique, et qui soit personnel.

Il a réellement pris conscience de quel était son atout quand Harry s'est avéré être un fourchelangue. L'ignorance totale de son ami sur la culture sorcière est la première chose qui l'a fait se détourner de lui. Pas l'idée qu'il soit un mage noir, mais bien cette ignorance crasse de tout ce qui faisait que le monde magique tenait debout. Alors, il a réfléchit, pour la première réelle fois. Il a parlé un peu avec ses frères. Il s'est aperçu qu'il était visiblement le seul à s'y intéresser. Le seul à avoir cru les contes que lui racontait sa mère. Le seul qui accordait crédit à des légendes.

Il s'est isolé d'Hermione, puis a fait le point. Il n'arrivait pas à discuter avec Ginny, elle le fuyait. Fred et George trouvaient que les légendes étaient seulement pour les enfants, pour apaiser les petits avant d'aller dormir. Percy pouvait expliquer que cela n'était pas possible qu'elles soient réelles. Et Bill et Charlie n'étaient plus à portée pour avoir leur point de vue.

Il écouta le point de vue de Percy, et ne pouvait pas agréer. Percy partait du principe que le monde magique était immuable. C'est ainsi qu'il a orienté sa réflexion sur le coté non-immuable du monde magique. Il a posé des questions à Dean, qui vivait dans le monde moldu. Il a appris l'existence de tout un nouveau monde qu'il ne connaissait pas. Un monde qui ne stagnait pas, qui évoluait au fil des découvertes scientifiques, des guerres et des prises de consciences.

Il y a avait eu des guerres dans le monde magique. Le fait qu'Harry soit le survivant en était la preuve. Mais la magie avait-elle réellement progressé à ce moment-là ?

Il finit par envoyer une longue lettre, la plus longue qu'il ait jamais écrite, à son frère Bill, qui travaillait avec les gobelins. Il lui a tout expliqué, tout raconté. La réponse a mis du temps à venir. Presque deux semaines. Et la chouette de l'école qu'il avait empruntée revint finalement un matin en tenant presque un roman entre ses pattes. La réflexion de Ron avait emballé son grand frère, qui se reconnaissait en grande partie dans cette recherche de vérité, de sens à donner à sa vie. Et la question que soulevait Ron était loin d'être idiote ou de démontrer une approche enfantine du monde. Il y avait trouvé un petit frère qui ne faisait pas mentir sa réputation de meilleur joueur d'échec de la famille.

Quand il s'intéressait à un problème, il y mettait toute son âme. Il n'avait certainement pas consulté toute la bibliothèque. Bill pensait même qu'il n'avait pas ouvert un livre supplémentaire. Simplement il avait ouvert ses yeux et ses oreilles, et devenait quelqu'un d'intelligent. Quelqu'un de bien. Cela ne voulait pas dire qu'il allait faire moins d'idiotie que les autres, ou avoir des meilleurs notes… Non, c'était une vision au dessus. Peu de temps plus tard, Ron avait fait ses excuses à Harry. Il ne lui avait jamais raconté ce qui s'était passé. Et les évènements avait tôt fait de les réunir, autant la pétrification d'Hermione, qui arriva quelques jours plus tard, ou simplement l'aventure dans la forêt, à suivre les araignées.

Bill et Ron ne s'étaient pas vraiment réécrits depuis le temps. Ron avait eu d'autre chose à faire, et puis, après cet exposé de son frère, il n'avait plus vraiment de choses à ajouter. Bill avait mis au point la liste des évènements qui ont secoués le monde magique les milles dernières années : la fondation de Poudlard, la fin de l'apprentissage, le décret du Secret, l'interdiction de la magie Noire, l'interdiction de la magie du Sang, la fin de l'esclavagisme humain.

Mise à part le premier et le dernier point, Ron doutait réellement de l'avancée que présentaient ces différentes étapes.

La fin de l'apprentissage mettait un terme à un apprentissage plus personnalisé pour chacun des élèves. Avec Poudlard, c'est une seule méthode d'enseignement qui prévaut, et ceux qui ne savent pas s'y adapter peuvent toujours aller voir ailleurs…

Le décret du Secret, peut-être nécessaire à l'époque d'obscurantisme des moldus, avaient surtout poussé les sorciers à se replier complètement dans leur monde, en oubliant que la roue du monde tournait toujours.

Les deux interdictions successives, la magie Noire et la magie du Sang, donnait l'impression d'une mesure idiote à la suite d'un mage noir.

La fin de l'esclavagisme humain, survenu en même temps que chez les moldus, par décision du Roi, ne les avaient pas privés de serviteur, cela avait seulement ajouté une dose de travail aux elfes de maisons, qui s'occupaient déjà de nombreuses taches que les humains n'étaient pas doués pour faire.

***

Ron revint à la réalité quand Hermione installa une feuille à carreau sur la petite table basse du salon. Armée d'un stylo à bille, elle s'apprêtait à prendre des notes et à compiler toutes les données pour faire le rituel. Ron soupira, puis s'assit lui aussi autour de la petite table.

« La première chose à faire, c'est de savoir où il faut le faire, et quand on veut le faire. Il faut faire des calculs, ceux qui sont expliqués dans le grimoire. »

Hermione prenait scrupuleusement des notes sur tout ce qu'il disait. Pour se moquer, il eut envie de dire des bêtises, et commença à inventer des phrases sans queue ni tête, qui paraissait mystérieuse :

« Et le jour du solstice, si les loups-garous sont de sorti, les vampires ne pourront pas manger des myosotis… »

Il ne tint pas plus longtemps et éclata de rire devant l'air vexé d'Hermione.

Finalement, Lockart méritait de l'admiration, avant de devenir particulièrement sénile : il ne riait pas devant l'absurdité de ses propos…

« Hey, c'était juste pour rire, tu avais l'air si concentré dans ce que tu faisais…

— Oui, visiblement j'avais tord de penser que tu pouvais rester sérieux plus de quinze minutes d'affilée. J'aurais du savoir que tu n'en étais pas capable. Je me contenterais du livre… »

Ron serra les lèvres. Voilà le problème d'Hermione, elle refusait systématiquement toute trace d'humour. Il se sentit particulièrement mis à l'écart, et décida d'aller visiter d'un peu plus près la cuisine, car Nora s'y était rendue depuis quelques minutes, et déjà des bruits et des odeurs appétissantes s'échappaient par volutes. Et comme ça, il pourrait laisser Hermione « étudier » en paix.

Il s'intéressa à tous les éléments de cette cuisine qu'il ne connaissait pas du tout, le four électrique, les plaques chauffantes, le mixeur… Ces appareils qui fonctionnait à cette énergie, différente de la magie, ne l'hypnotisait pas comme son père, mais il trouvait que c'était quand même de très bonnes découvertes, qui étaient intéressantes, et surtout, ce que son père ne semblait pas comprendre : elles étaient faites pour être pratiques.

Une demi-heure plus tard, alors qu'il eut le droit de goûter à la sauce, à force de compliments envers la cuisinière, il entendit des pas de courses dans le couloir. Il eut envie d'aller voir, mais se sentit encore un peu fâché envers Hermione, qui l'avait chassé du salon simplement parce qu'elle ne supportait pas l'humour. Il finit de lécher la cuillère de sauce et finalement décida de les suivre, du moins, de savoir où ils étaient partis.

Il les retrouva très facilement dans la salle de télé, une salle douillette, avec un bon canapé, et un immense écran contre le mur. L'ensemble de la pièce était plongé dans la pénombre d'habitude, mais pour lancer le rituel, Hermione avait allumé la lumière, qui révelait des bibliothèques remplies à craquer de bouquins sur tous les morceaux de mur restant.

Harry se trouvait au centre de la pièce, une branche de lierre dans les mains. Ron maugréa devant la rigidité de la branche qui ne permettrait pas d'avoir un bon cercle. Il mit la main sur du scotch, et les rejoignit dans la pièce. Hermione fit semblant de ne pas s'apercevoir de sa présence et Harry lui adressa un regard perplexe. Surement à cause du lierre.

Ron remarqua quelques objets rituels dans les mains d'Hermione. Parfait, au moins, même sans lui, ils n'avaient pas oublié qu'il fallait apporter des éléments défensifs, si on voulait que cela fonctionne correctement.

Il s'installa au sol et attrapa d'emblée la branche de lierre. Il la força au rond, et en utilisant le scotch, la fixa dans une position qui lui paraissait pas si mal que ça. Harry ne dit rien de plus, il avait mis la main dans la poche arrière de son jean et sortait la feuille à carreau.

Hermione poussa Ron de la main pour s'installer et très concentrée, plaça chacun des éléments du rituel qu'elle avait dans ses mains. Ron ne se souvenait plus vraiment des proportions qu'il fallait respecter, mais il lui semblait à vue d'œil, qu'ils ne s'en sortaient pas trop mal.

« Je déclare l'existence de ce rituel de protection pour protéger les gens à l'intérieur du cercle… »

Ron fronça les sourcils à l'énoncé d'Harry.

« Harry… »

« Qu'ils ne soient ni blessés, ni attaqués, qu'ils puissent toujours se reposer et

— Harry !

— Quoi ?

— Arrête ça tout de suite, c'est uniquement les gens qui se tiennent à l'intérieur du cercle que tu protège. Il faut que tu ancres d'abord le cercle pour la maison.

— Ah… »

Harry releva le regard vers Hermione qui semblait à nouveau exaspérée.

« C'est facile à critiquer… Tu n'étais pas là !

— La faute à qui ? Je serais bien resté, mais je ne pouvais pas. Mademoiselle ne supporte pas l'humour. Donc Harry, reprend, juste en disant un peu plus tôt que tu affectes ce cercle de protection à la maison et à ses habitants.

— Ok. Je reprends maintenant. »

Il s'éclaircit la gorge et reprit la parole, en insufflant de la puissance dans chacun de ses mots.

« Je déclare l'existence de ce cercle de protection, destiné à protéger cette maisons et ses occupants. Que le cercle… »

Ron n'écoutait plus si attentivement ce que disait Harry. Il y avait dans cette première phrase quelque chose qui le dérangeait beaucoup. Quand il mit la main dessus, il entendit Harry clôturer le rituel par les paroles suivantes « Ainsi soit-il. ». Harry n'avait pas précisé que c'était les propriétaires de la maison qui étaient protégés, mais ses occupants. L'erreur était grave académiquement, mais là, au milieu des moldus, sans aucune autre protections, qui allait leur en tenir rigueur ?

Quand Harry reprit enfin son souffle après sa longue diatribe, une vague de magie fit trembler la maison tout entière. Elle semblait provenir uniquement des trois adolescents, et rapidement, ils se regardèrent, émerveillés, devant les flammes vertes, couleur de la protection et de la vie, qui léchaient le lierre, arrondissant ses formes un peu brutales, réarrangeant les symboles, et semblant incorporer le tout dans le plancher en bois sombre.

Devant la beauté de la magie, et la réussite, Harry, Hermione et Ron se sentirent liés encore plus profondément comme des meilleurs amis. Rien ne pouvait leur arriver, même leur bouderies volaient devant ce courant d'amour qui les traversa.