Petite intro inutile :
À Pitioti : défi relevé ! ;). Merci de lire cette fiction et pour ta review qui m'a fait très plaisir :)
À red-47 : Idem, merci beaucoup pour tes reviews et ta lecture **. Et au passage, le système belge n'étant pas exactement pareil je ne sais pas les équivalents et tout ça mais je vais à la faculté des sciences politiques et sociales, en anthropologie :D.
Warning : tout plein de vilains mots. Tss.
« Chers auteurs, chers lecteurs,
Sans doute avez-vous remarqué le nombre incalculable de choses que la société, le gouvernement, le sénat ou que sais-je, cache à la face du commun des mortels.
Pour ne pas en citer, les ovnis, ces véhicules volants qui ne sont autre que des moyens de locomotion inter-galactiques transportant de la nourriture -quelques baies et autres champignons- destinés à nourrir toutes ces créatures mises dehors car non conformes à l'idée que se fait le président d'un certain pays (évitons le citer clairement, je ne voudrais pas me faire arrêter) d'un monde normal (nous pouvons, par exemple, penser à E.T., aux schtroumpfs -qui ne s'en sortent pas si mal dans la vie-, aux Hobbits, aux personnes atteintes du JL3, aux lamasticots, aux maïs vivants et à Michael Jackson) ; les plantations massives de haricots verts en Ouzbékistan, qui servent de terrains de reproduction aux pucerons du Cap, espèce très rare qui cause la disparition d'un tas d'animaux (et en plus ils essayent de nous faire croire qu'il n'en n'est rien et que les extinctions d'espèces sauvages sont dues à l'être humain et ses pratiques : ah ! C'est beau la manipulation) ; la Matrice dans laquelle vous vivez sans le savoir, alors que de vilaines machines triturent vos petits cerveaux en ébullition ; les utopicsouneukh, que vous ne connaissez évidemment pas étant donné que leur existence est secrète ; la fabrication et la véritable recette du Coca, qui contient en fait des éléments servant à asservir le monde entier (d'ailleurs, pour l'instant, seuls les plus pauvres ont encore l'esprit libre) ; et enfin, surtout, la véritable vie quotidienne des femelles humaines, qui est pour une raison mystérieuse et mystique connue seulement des intéressées.
Oui, chers lecteurs, chers auteurs, on vous le cache !
Avez-vous déjà vu, au court de votre vie, une œuvre sérieusement consacrée à ce dernier thème ?
Il existe des centaines, des milliers de romans et autres émissions mettant en scène la vie privée des animaux de toutes tailles, tous poids, toutes races ; depuis l'invention des magazines féminins, les mâles et leurs (ignobles) habitudes n'ont plus aucun secret pour la gent féminine ; mais avez-vous déjà vu la vie privée de jeunes filles en fleurs dans un roman, un magazine, ou tout autre vrai récit ?
On serait certes tenté de me répondre que, oui, il existe des livres, romans, bandes dessinées, documentaires décrivant de manière correcte la journée de femmes ; on aurait tort. Car ce ne sont que mensonges, destinés à embellir la réalité et à rassurer le cerveau pointu des mâles. Dans aucun roman sérieux on ne décrit ce qui se produit quand une fille se réveille le matin, quand elle se lave, quand elle va aux toilettes, et tout un tas d'autres choses. Réfléchissez-y; dans Harry Potter, avez-vous vu un seul instant le signal qu'Hermione était devenue une femme ? Vous a-t-on décrit les salles de bains et leur utilité ? Certes, les toilettes des filles sont vaguement évoquée, mais n'est-il pas précisé qu'elles ne sont plus utilisées ? Sait-on à quoi ressemble les chambrées des sorcières ?
La réponse est : non. En aucune façon !
Jamais, mes amis, vous ne saurez qui sont réellement les femmes !
C'est pourquoi je vous invite à lire la suite et à vous instruire, et ensuite à divulguer ce secret à tous les mâles vous entourant, pour qu'enfin ils cessent de s'abrutir avec des légendes à la con. Les personnages fictifs ont aussi une vie privée. Il est temps de lever le voile !
A.P. »
Riku haussa un sourcil d'un air perplexe.
Non seulement il vivait dans une ville de barges, mais en plus il avait fallu que même les bâtiments les plus sérieux le deviennent. Il soupira. Il aurait dû avoir l'habitude, pourtant ; il manquait une case à ses amis, à ses ennemis, à ses parents, à ses profs ainsi qu'à la plupart des habitants de cette ville, en clair à tous ceux qu'il côtoyait sans joie tous les jours de la semaine. Mais malgré ses quelques seize années d'existence, il ne parvenait pas à s'adapter. La vie lui était pesante tous les jours, avec tous ces idiots autour de lui.
Et maintenant, le propriétaire de la bibliothèque s'y mettait aussi. Trop, c'était trop ; il fallait qu'il lui parle, à cet homme, et tout de suite.
Il entra dans le bâtiment et se plaça devant le bureau de l'homme-sans-nom (appelons le comme ça, son identité doit-être gardée secrète, il en va de la sécurité nationale.) Celui-ci semblant fort occupé à écrire quelques conneries sur son ordinateur (car il avait un ordinateur ; les bibliothécaires sont de plus en plus modernes de nos jours) ne lui prêta guère attention. Riku leva les yeux au ciel et s'éclaircit la gorge pour signaler sa présence, ce qui ne lui valut mieux qu'un « CCCCCCCCHHHHHHHHHHHHHHT » impoli.
-Excusez-moi, dit-il en pensant que peut-être que s'il s'adressait directement à l'homme-sans-nom, il lui répondrait.
-Tu ne vois pas que je suis occupé, petit impudent ?
-C'est quoi cette affiche sur votre porte ?
-Ça ne se voit pas ? C'est un avertissement à la population.
-Ça me paraît... -Il hésita un instant, se demandant si dire la suite était intelligent face à un homme comme celui-là, puis se reprit- complètement stupide.
Le bibliothécaire, outré, se leva de toute sa hauteur et regarda Riku dans les yeux. L'effet fut plutôt raté, étant donné que l'homme en question faisait à peu près la taille d'un nain ; mais cela ne l'empêcha pas de proférer des menaces :
-Répète un peu ce que tu as dit, et je te vire de mon établissement ! Ah, les jeunes de nos jours, ça ne connaît pas le respect ! N'as-tu pas honte d'ainsi parler à ton aîné ? Qui es-tu donc, pour dire ce genre de chose ?
-Mais je dis juste que cette histoire de plantation de haricots verts...
-Tu ne connais rien à la politique, alors ferme donc ton clapet bien trop souvent ouvert ! (Il ne connaissait pas vraiment son client, sinon il n'aurait sans doute pas ajouté cette remarque on ne peut plus fausse)
-Mais enfin j-
-PAS UN MOT MON AMI ! J'ai raison, tu as tort, fin de la conversation !
-Certes... Cependant, je ne comprend pas à quoi vous faites référence quand vous dites : « C'est pourquoi je vous invite à lire la suite et à vous instruire... »
-À rien qui te concerne, mon pauvre ! Va donc lire un de tes livres, et laisse moi travailler en paix.
L'argenté (comme c'est joli) haussa les épaules et partit se cacher le plus loin possible de ce vieux bonhomme qui passait son temps à le provoquer.
-Tu as de la chance d'être mon seul client, garnement !
xx
Pendant ce temps, dans un lieu très éloigné, un petit être bleu réceptionnait une capsule spatiale. Alors qu'il la vidait, il se rendit compte qu'une lettre avait été déposée en bonus. Il l'ouvrit. Elle ne contenait que 5 mots :
« Le secret est découvert. »
Il fronça les sourcils. Non seulement il ne savait pas compter correctement, mais il ne savait pas lire ce langage barbare. Il amena donc ce bout de papier dans la traductrice, qui s'exprima en ces mots :
« Le schtroumpf est schtroumpfé. »
Il sursauta. Ça n'allait pas se passer comme ça. L'Homme paierait pour cet affront.
xx
Ailleurs encore (c'est à dire dans la maison de Vanitas -qui était aussi celle de Xion, bien sûr, mais il faut bien signifier de qui ce petit bout de chapitre va parler-) :
-Vanitas, j'ai quelque chose d'important à te dire, annonça voix inconnue numéro 1.
-Eh bien vas-y, je t'écoute, répondit Vanitas.
-Je t'aime.
-Euuh...
-Je veux qu'on se marie.
-Certes... Sora ?
-Quoi ? Lâcha le susnommé.
-Tu pourrais dire à ta sœur de se calmer ?
-Olette, Vani est trop vieux pour toi.
-C'est pas grave, j'attendrai !
-Je ne pense pas que le problème soit exclusivement là... Hein Vanitas ?
-En effet.
-Mais, quand je serai vieille et que j'aurai des gros seins tu te marieras avec moi ?
L'intéressé (ou plutôt l'inintéressé) ne put retenir le fou rire qui menaçait d'éclater depuis quelques minutes déjà. À la limite, sortir avec quelqu'un de plus âgé, pourquoi pas ; mais avec Vanitas, il faudrait manquer d'une énorme dose de discernement. Il y a des gens qui ont vraiment de drôles d'idées.
-Olette, l'apostropha Sora, de toute façon tu ne peux pas te marier avec ton cousin.
-Pourquoi ?
-Parce que sinon vous allez avoir des enfants difformes.
-Tant pis. De toute façon l'amour triomphe toujours !
-Mon Dieu...
Vanitas dût cesser de regarder l'intéressante conversation fraternelle lorsque son GSM (big up les Belges) se mit à lui signaler de façon particulièrement sonore qu'il avait un nouveau message. Il regarda vaguement son contenu avant de jeter l'appareil nonchalamment sur son lit.
-C'était qui ? Demanda innocemment Olette.
-Quelqu'un que tu connais pas.
Elle haussa les épaules et s'assit. Après avoir admiré le mur, elle dit :
-Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
xx
Ven se leva et (ils le font tous, j'ai l'impression) soupira. Il jeta nonchalamment son portable (big up les français) sur son lit et s'approcha de la fenêtre en faisant un air de poète maudit / artiste incompris.
Mais pour quelle raison faisait-il donc cet air de... enfin, cet air ?
Comme vous ne l'avez pas deviné, cela faisait quelques jours que son anniversaire était passé, et quelques jours, donc, qu'il n'avait pas eu de nouvelles de Vanitas. Vous comprendrez donc son désarroi ; même s'il était un peu niais, il était toujours resté méfiant vis-à-vis de ce dernier (à raison, mais ça il ne savait pas à quel point), et le manque d'information qui sévissait depuis ce petit bout de temps avait fini par déterrer les craintes qui l'avaient assailli au début de sa relation avec le garçon (notez que c'est la première fois que j'utilise ce terme « relation » dans ce sens pour eux ; n'est-ce pas mignon ?).
Au fond, Vanitas n'avait jamais été digne de confiance ; peut-être qu'il ne l'était pas non plus sur le sujet. Peut-être qu'il se fichait de lui depuis le départ. Peut-être qu'il cherchait juste à s'amuser. Peut-être qu'il ne méritait absolument pas la fragile confiance que Ven avait placé en lui. Peut-être que les utopicsouneukh existaient réellement...
Le silence ambiant l'empêchait de penser à autre chose. Encore une fois la réponse au message qu'il avait envoyé ne venait pas, et elle ne viendrait sans doute jamais. Au désespoir, il attendait toujours la sonnerie ; d'ailleurs, sérieusement, qui était le con qui avait décidé de mettre du son aux téléphones portables ? L'avantage du silencieux, c'est qu'on entend pas les sms qui arrivent : donc, on a toujours l'espoir d'avoir une bonne surprise en regardant négligemment l'écran de son natel (big up les Suisses). (Évitons de préciser que ce n'est pas le cas la plupart du temps, et que regarder son téléphone en espérant y voir une marque d'affection d'un tiers et ne pas en trouver peut s'avérer dangereux pour les personnes à tendance dépressive ; sans oublier que c'est toujours dans ces cas-là que les gens se mettent à téléphoner. Et cet appel était attendu de longue date ; tant pis, nous n'aurons pas cette réduction sur les camemberts de Saint-Vincent-Les-Grenadines, ni les questions tant attendues de cet examen sur les acides désoxyribonucléiques.)
Tandis que les questions le titillant malicieusement devenaient si présentes que Ven pouvait les voir peintes sur les murs (avec du sang – ah non, excusez-moi, je me suis trompé d'histoire), il décida qu'il était temps d'agir. Au diable cet appareil terrifiant qui ne faisait que le stresser plus qu'il ne l'était déjà ; il y jeta vaguement un nouveau coup d'œil (ce qui lui fit un effet humeur-50 durant 3h... Pas simple à rattraper) avant de descendre au salon.
Là l'y attendait son sympathique frère très occupé (lui aussi) avec son cellulaire (big up les Canadiens – je crois que je les ai tous fait, maintenant) et manifestement en pleine conversation avec une certaine demoiselle, vu le caractère assassin du regard qu'il lui adressa.
Bref, Ven n'y prêta guère attention et sortit sa solution pour oublier le fait que son, disons, grand ami, lui faisait la gueule depuis environ trois jours : les cours de la semaine.
Alors là, mes amis (cette fois on peut bien dire que nous sommes amis non, on a passé à peu près un an ensemble), vous pouvez l'admirer ! Cet homme (disons plutôt ce garçon) était quand même exceptionnel !
Certains, lorsqu'ils veulent se changer les idées, écoutent de la musique (ainsi était notre Sora), d'autres lisent des bouquins (Riku, parmi d'autres exemples), d'autres encore emmerdent les gens (salut Axel) ou les traumatisent (Naminé pour ne pas la citer), quelques autres encore regardent des films à l'eau de rose (je vous dirais bien qui mais gardons le mystère sur le sujet), et enfin d'autres écrivent/dessinent/font des activités illicites/dorment (non, ce n'est pas moi.) Mais le petit Ventus n'était pas comme ça ; à quoi bon s'adonner à un loisir quelconque quand on pouvait travailler (il est définitivement anormal)?
Il s'attela donc à la tâche rapidement ; après avoir en vitesse survolé mathématiques et autres sciences appliquées, il s'attarda sur le français (vous croyiez qu'il parlait quelle langue ?), loupa tout à fait in-vo-lon-tai-re-ment le grec (une si belle langue, pleine de tyrosémiophiles, d' Apopathodiaphulatophobes et d'autres Archiloque de Paros, vous voyez le genre), ignora son cours d'anglais, lut une fois son vocabulaire finnois et gaélique, admira le cursus de géographie et étudia avec intérêt le contenu de son cours d'histoire (ah, la guerre froide, quel sujet passionnant.) Après trois heures d'intense réflexion, il se décida à revenir à son cours d'anglais pour faire ces exercices qu'il devait rendre la semaine suivante – c'est charmant, les bons élèves.
Malheureusement, son jumeau ne cessait pas de dégoiser (il n'était pas tellement loquace, d'habitude, mais il fallait croire que son premier amour l'avait rendu plus volubile qu'un pingouin devant une meute de loup -la plus belle comparaison de ma vie, je pense que je devrais la faire imprimer en très grand et la coller à mon plafond-) ce qui l'empêchait de se concentrer sur les écrits de la langue de Shakespeare (quelle belle circonluction...pourtant tellement désuète. Je trouve qu'on devrait dire la langue de Kennedy. Ou la langue de Rowling. Ou la langue de n'importe quel habitant d'un pays anglophone. C'est quand même pas Shakespeare qui a inventé l'anglais, si ? Alors si on fait comme ça, j'ordonne qu'on utilise mon nom pour parler du français !) qu'il devait traduire.
-Roxas, quand vas-tu donc cesser de dégoiser ?
Ledit Roxas décolla difficilement le téléphone de son oreille (après cinq heures il avait sans doute finit par s'accrocher après avoir fondu) pour répondre :
-Ventus, quand vas-tu donc cesser de parler en langage châtié ?
-Excuse-moi, je viens de m'attarder sur mon cours de français, et là, vois-tu, j'aimerais avoir un instant de paix -entends par là silence- pour pouvoir traduire ces pu**** de phrases d'anglais (quel dommage qu'il n'ait pas continué à parler en langage châtié.)
-T'es vraiment chiant tu sais. (Quel vilain mot)
-Dis au revoir à l'autre ou je pourrais oublier ma promesse concernant le mystère du pamplemousse disparu.
Roxas lui lança un regard noir (qu'il n'eut pas trop de mal à rattraper malgré ses performances sportives plutôt médiocres) qui sous-entendait fortement que l'autre avait un prénom, lui parla encore quelques secondes avant de raccrocher et de s'asseoir aux côtés de son frère.
-Bon, c'est quoi tes phrases ?
-Je sais me débrouiller tu sais. J'en ai déjà traduit plus de la moitié.
-Maintenant que j'ai plus rien à faire, autant que je fasse ça (aussi tarés l'un que l'autre...)
-Pas faux.
-Pourquoi t'as pas traduit la phrase 5 ?
-Je la comprend pas, crétin.
-Mmh, attends... « Go fuc... » Oulah, je crois bien que ta prof vous déteste.
-C'est un homme. Je crois.
-Je crois bien que ton prof vous déteste. On va éviter de la traduire, celle-là.
Ven haussa les épaules. Roxas reprit :
-On s'en fout, de toute manière, non ? Dis, by the way, ce serait pas ton téléphone qu'on entend sonner là ?
Toutes les bonnes résolutions que Ven avait prises trois heures auparavant volèrent soudain en éclat. C'est vrai qu'il s'était juré de ne plus espérer un message (ou mieux, un appel) de Vanitas ; c'est vrai qu'il s'était dit que si son gsm sonnait, il n'irait pas le voir ; mais la tentation était trop forte et la musique enchanteresse qui venait de l'étage agissait sur lui comme le chant des sirènes.
Il escalada donc les escaliers (parce monsieur escalade les escaliers, il ne les monte pas, autant rester conforme à l'étymologie du mot) et se jeta sur son mobile qui vibrait à outrance sur son bureau, tandis que de délicates notes de rock de la belle époque se dégageaient dans l'atmosphère.
« Allô ? »
Il n'obtint qu'un faible grésillement en réponse. Le silence s'éternisa, et Ven se dit que Vanitas ne savait peut-être juste pas quoi dire – oh, sa naïveté en devient mignonne.
« Il y a quelqu'un ? »
Non, ton téléphone il sonne tout seul, gros con. Euh, je veux dire, petit vermisseau.
Le cœur de Ven faillit s'arrêter lorsqu'il entendit une voix lui répondre (heureusement que c'est une voix et pas autre chose, non ?)
« Oui bonjour, ici canapés-lits & associés, avez-vous un instant ? »
Un instant, certes, il en avait. Il en avait même des milliers. Un petit peu trop.
Tandis que la déception se frayait progressivement une place de choix dans les dizaines de sentiments qui auraient pu habiter l'âme du pauvre garçon incompris, la voix mystique continuait de vendre ses canapés-lits. Il s'allongea, le téléphone toujours dans la main, en attendant que le vendeur ait fini de se payer sa tête. Après cinq minutes, il raccrocha (au moins il avait fait une bonne action en le laissant parler, étant donné que les personnages détestables du téléphone étaient payées selon la durée de la communication.) Après 6 minutes, il cligna des yeux. Après 7 minutes, il éternua. Après 8 minutes, il gratta négligemment le souvenir que lui avait laissé un moustique la nuit précédente. Après 9 minutes, il sursauta ; l'appareil n'en avait pas encore fini avec lui (les démons vengeurs non plus manifestement.)
« Allô ?
-Bonjour, Ventus. »
Mais quelle était cette voix énigmatique ? Et surtout, à qui appartenait-elle ? Le mystère reste entier...
xx
Mais pas pour longtemps !
La très très faible lueur d'espoir que Ven gardait au fond de lui s'amenuisa encore un peu plus lorsqu'il reconnut la voix de sa chère et tendre génitrice. Cette dernière entendit sans doute le soupir de découragement qui avait parcouru son fils, et n'en était pas particulièrement ravie.
« Merci l'accueil, j'osais espérer avoir droit à un simple bonjour au moins.
-Bonjour m'man.
-Est-ce que tu pourrais demander à ton frère ce que je dois prendre exactement comme boîte de thon ?
-D'accord... »
Il descendit transmettre la question à Roxas qui lui répondit simplement :
-Dis-lui de prendre les bleues, celles qui sont à côté des rouges, je sais plus la marque.
« Il dit « de prendre les bleues, celles qui sont à côté des rouges, je sais plus la marque », et que tu devrais penser à acheter autre chose à manger aussi, y a plus rien à la maison. »
Il échangèrent rapidement de conventionnels « au revoir » et Ven raccrocha. Un instant plus tard cependant, la sonnerie (qu'il commençait à exécrer) retentit à nouveau dans le salon.
« Allô ?
-Salut Ven.
-C'est qui encore ?
-Mmh, je sais que tu ne m'aimes pas et que tu ne te feras probablement jamais à ma présence mais euh...
-Ah, je vois. Je suppose que je dois te passer Roxas ?
-S'il te plaît, oui. Je crois qu'il n'a plus de batterie. »
Ce dernier appel avait finit par décimer ses derniers espoirs. Il songea sérieusement à envoyer valser son téléphone par la fenêtre, puis se reprit ; faut pas abuser, il y avait toutes ses musiques dessus, quand même. Il fit donc un sourire des plus hypocrites en le tendant à son frère.
-Appel pour toi. Kairi.
-Ah, merci ! J'attendais depuis quelques minutes déjà, confia-t-il en lui adressant un clin d'œil.
Trop, c'en était trop. Ventus ravala les centaines de grossièretés de toutes origines qu'il s'apprêtait à lancer contre son pareil et décida de faire un tour dehors. Le sort s'acharnait sur lui, manifestement ; il pensait pouvoir clamer haut et fort qu'aujourd'hui n'était pas son jour.
Une heure plus tard, alors qu'il était toujours occupé à ruminer sa colère, sa déception, son angoisse et tous les autres sentiments négatifs qu'il se permettait de ressentir, il fut interrompu par quelques coups donnés sur la baie vitrée dans son dos.
Roxas semblait tenter de lui faire comprendre qu'il avait (encore) un appel ; Ven, blasé, ne se retourna même pas. Son jumeau repartit donc en lui signifiant qu'il posait son téléphone sur la table.
Il fallut que le soleil ait depuis quatre bonnes heures commencé à descendre pour que notre blondinet préféré (tous les gouts sont dans la nature) se décide à rentrer. Il attrapa nonchalamment ce qu'il appelait maintenant l'appareil maudit et risqua un coup d'œil. Trois appels manqués. Certes.
N'y croyant qu'à peine, il voulut quand même regarder qui en était l'auteur. Et quelle ne fut pas sa rage (et son étonnement) quand il vit que la loi de la vexation universelle venait de se prouver à lui ; de fait, un d'entre eux venait de Xion, les deux autres de Vanitas.
Cette fois, l'envie de jeter le maudit téléphone dans une marmite bouillante devenait presque insurmontable. Malgré cela, il résista ; peut-être qu'avec un peu de chance, il allait retenter de le contacter.
Ventus semblait oublier que depuis son réveil, la chance ne l'avait pas aidé le moins du monde ; elle l'avait même plutôt boudé. Heureusement pour lui, recevoir un signe de vie de Vanitas était plutôt un signe de malchance, et il ne tarda pas à voir son souhait s'accomplir.
Il sentit son portable vibrer, lui indiquant par là même qu'il venait de recevoir un message.
Il le lut sans attendre (il en avait marre du suspens, ce que je peux aisément comprendre) :
« Il faut qu'on parle. »
AH AH ! Je sais, vous êtes choqués. Vous auriez cru lire quelque chose du type : « fo kon parl mdr lol ». Mais non, je vous ai évité le martyr et je ne l'ai pas écrit. J'aurais pu, certes ; mais quand même, c'était une blague facile. Ne provoquons pas le diable.
Ven leva les yeux au ciel ; ce mec, là, il en avait quand même de bonnes. « Il faut qu'on parle », c'est génial ça. Pas comme si c'était Vanitas qui lui avait mis des vents toute la semaine, hein. Pas comme s'il avait justement évité toute conversation avec lui. Ne rions pas. Et puis, même ; il faut qu'on parle, c'est bien, mais comment ? Par la pensée ?
Oh et puis tant pis, il n'allait pas prendre le risque de lui sonner et de se ramasser encore un silence. Il irait jusque chez lui, et s'il voulait parler, il allait parler, c'était certain.
C'est ainsi que Ven se rebella contre le destin qui avait décidé de lui pourrir sa journée.
xx
Les rideaux étaient fermés. La porte battait à un rythme régulier. Une odeur sordide (un mélange entre vieilles chaussette, ocelot – pour ne pas dire chacal, transpiration, et d'autres choses moins sympathiques à dire à des enfants innocents) faisait plisser le nez du garçonnet qui se cachait, prostré dans un coin, en proie à une angoisse réelle. De nombreux vêtements, ainsi que d'autres objets non-identifiés et quelques araignées parsemaient le sol de la pièce.
L'enfant savait que sa cachette serait découverte un jour. Il savait que quoiqu'il arrive, il ne pourrait plus se cacher. Que malgré sa force et son courage, il ne pourrait se protéger de la menace qui l'attendait patiemment.
Il n'avait aucune chance.
Son dernier refuge était la chambre d'un adolescent. Une chambre dans un désordre incroyable qui sentait le renfermé. La chambre du dernier être qui connaissait sa douleur.
Il pensait que le monstre n'oserait pas entrer ici.
Il avait tort.
La porte s'ouvrit.
Un sourire machiavélique apparut sur le visage de son bourreau.
Il était piégé. Désormais, c'en était fini de lui.
Olette sortit de sa poche le vieux maquillage que Kairi lui avait un jour docilement prêté.
Le garçon écarquilla les yeux. Cette fois, il ne s'en sortirait pas. Adieu, sa virilité à peine éclose. Adieu, son estime.
Il sortit de la chambre, tenu fermement par le bras. Il baissa les yeux quand il croisa une jeune fille blonde qu'il ne connaissait pas dans le couloir de la maison. Celle-ci ne put retenir un léger ricanement. Et encore moins un commentaire.
-Dis donc, Olette, qui est la charmante personne à ton bras ?
-C'est ma nouvelle meilleure amie, elle s'appelle Minnie !
-Enchantée, Minnie... Je m'appelle Naminé.
Hayner grommela vaguement quelque chose qu'il avait sans doute appris à l'école sans lever les yeux. Il se prit un violent coup de coude dans les côtes accompagné d'un charmant :
-Tu pourrais au moins lui dire bonjour !
-S'lut...
-Naminé, tiens, annonça la fillette en tendant un appareil photo à la jeune fille. Prends une photo de nous deux.
Naminé esquissa un sourire amusé mais ne prit pas l'objet. Hayner fut soulagé ; au moins, il n'y aurait pas de preuves de la situation on ne peut plus désobligeante qu'il était en train de vivre. Mais il n'était pas mis au secret ; il ne comprenait pas que la blonde n'attendait qu'un mot de plus pour accéder aux désirs de la brune. Cette dernière, plus maligne, reprit aussitôt :
-Naminé, s'il te plaît, aurais-tu l'amabilité de prendre une photo de moi et ma meilleure amie ?
-Et bien, je ne sais pas trop, répliqua-t-elle d'un air faussement pensif.
-De ma meilleure amie et moi, pardon, coassa-t-elle avec un sourire angélique.
-Dans ce cas, je n'y vois pas d'inconvénient, répondit simplement Naminé avec un clin d'œil appuyé.
Olette s'approcha plus près du châtain pour que la tâche soit plus aisée, et au moment où le « clic » sonore avait retenti, elle s'était même permise jusqu'à déposer un baiser sur la joue rosie de maquillage de sa victime. Elle reprit ensuite l'appareil et partit en courant, tirant toujours Hayner par le bras, et toute la maisonnée put entendre un rire mauvais résonner dans le couloir.
J'ai toujours dit que les fillettes étaient dangereuses. Méfiez-vous.
xx
Xion regarda son téléphone en soupirant. Pourquoi Ven ne répondait-il jamais ?
Tant pis, au pire, elle réessayerait une autre fois. Elle sortit de son lit (elle avait eu la flemme de se bouger toute la journée, et ses jambes avaient décidé de lui rappeler douloureusement qu'elles avaient besoin d'être dégourdies de temps en temps), fit trois fois le tour de la chambre, ouvrit la fenêtre (autant profiter de l'été indien) puis se dirigea vers la salle de bain. Là, elle
xx
Vanitas, pour une fois, n'avait pas l'air en colère. Il n'avait pas sur le visage la joie malsaine qui le teintait pourtant souvent. En fait, on aurait pu y regarder de très près sans voir la moindre trace de sentiments.
À croire qu'il ne pensait à rien. Je sais, les hommes en sont tout à fait capable ; mais ne soyons pas malades, ne rien penser pendant plus de vingt minutes c'était quand même pas simple. Et Vanitas n'avait jamais été doué pour la méditation.
En vérité, il venait de prendre une décision. Il regarda de nouveau l'écran du portable qui trônait fièrement sur le coin de son bureau. Il pouvait encore y lire la réponse de Ventus. Un simple « J'arrive ». Il s'attarda un instant sur sur sa montre. 16H12. Sa maison était à un quart d'heure de là. Il ne tarderait pas.
Il se leva et entra dans la chambre de Xion (normalement, on entre pas dans la chambre des gens, encore moins quand il s'agit de celle de sa sœur) en faisant fit du panneau « KEEP OUT » (accompagné de la charmante représentation d'un pendu, avertissement on ne peut plus clair) menaçant placardé à la porte (Xion est sans doute du même avis que moi) et se promena un peu, pour passer le temps. Et pour surveiller, étant donné que, quelle coïncidence, la chambre de sa cadette était la seule qui permettait de voir l'entrée du domaine. Il s'arrêta devant l'étagère et sourit vaguement en voyant le nombre de coquillages qui s'y trouvaient. Elle en ramassait à chaque fois qu'elle allait à la plage. En y repensant, il se dit que ça faisait longtemps qu'ils n'y étaient plus allés. Elle ne devait pas avoir plus de dix ans la dernière fois. Il en prit un dans sa main puis, se rendant compte qu'il devenait dangereusement sentimental (sa pseudo fierté le perdra), le reposa et passa à autre chose.
Pas de chance ! Cette autre chose ne le mit pas de meilleure humeur. Il s'agissait d'une photographie, assez récente lui semblait-il, de Xion et de ses amis – Roxas, Riku, Ven et Naminé. Il l'attrapa et l'examina les yeux vagues. Il ne sursauta même pas en entendant un bruit dans son dos.
xx
Là elle
elle
elle
...
Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
Aurait-on raison ? La vie privée des protagonistes féminines est-elle vraiment touchée par une malédiction ? Le secret influerait-il même sur les plus innocentes âmes ? Est-il réellement impossible de savoir ce que fait une fille dans sa salle de bain ? Sommes nous condamnés à ne connaître que l'ersatz, que la copie de la réalité ?
Vu la réticence peu commune qu'ont mes mains de poursuivre la phrase arrêtée brusquement précédemment, je serais tenté de dire que oui ; soit, tant pis, et désolé les mecs, vous et moi ne serons jamais mis au parfum, je le crains.
xx
Elle rentra dans sa chambre, très occupée à se sécher les cheveux, et leva un sourcil en voyant son frère manifestement passionné à regarder une photographie qu'elle avait posé sur son étagère. Tout en pensant « il en rate vraiment pas une pour m'emmerder » elle s'approcha de lui le plus discrètement possible, et avec une vitesse tellement fulgurante qu'on aurait pu la croire devenue un vampire (ou une lointaine cousine d'Obama), elle encercla son aîné de ses bras, posa ses mains sur les yeux de ce dernier et lui demanda avec une évidente maturité :
-C'EST QUIIIIII ? !
-Attends, réfléchit-il, en prenant en compte le fait que le paternel est encore à une de ses réunions de riche, que Cid et Tifa sont en bas en train de jouer au poker et que ma mère est en pleine conversation téléphonique avec un de ses associés, je dirais... Mmh, je ne sais pas, le poisson rouge ?
-Raté ! C'est le chat !
Elle se mit à rire toute seule.
-Restons sérieux. Je peux savoir pourquoi tu profites de mon absence pour te glisser en douce dans ma chambre ?
-C'est parce que je t'aime tellement que je ne peux me passer de toi plus d'une seconde et demi...
-À d'autres.
-Je m'emmerdais.
-Ça me parait déjà plus plausible. Qu'est-ce que tu regardais ?
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et lui arracha la photo des mains.
-Ah, elle date de cet été, celle-là. J'ai vraiment une sale tête dessus, ajouta-t-elle en plissant le nez.
-T'as toujours une sale tête.
-C'est drôle, je m'y attendais pas à celle-là.
-Mon sens de l'humour n'est plus ce qu'il était...
-On dirait un vieux, arrête, tu me fais peur.
Elle ouvrit de grands yeux et s'assit sur son lit.
-T'as l'air bizarre, lui confia-t-elle.
-Excuse-moi, je pensais à des choses et d'autres.
-Je peux savoir lesquelles ?
-Non.
-D'accord...
-Dis, ça fait combien de temps qu'on est plus allés à la plage ?
Elle croisa les bras, signe qu'elle réfléchissait, puis se redressa.
-Je ne sais pas, 3 ans, 4 ans ? Ça fait longtemps en tout cas.
-On devrait y retourner un jour.
-Oui. À moi aussi ça me manque, fit-elle remarquer simplement.
-J'ai pas dit que ça me manquait, objecta-t-il.
-T'as pas besoin de dire les choses pour que je le sache, Vanitas.
Elle se mit à rire en lançant :
-Des fois, tu me fais penser à Riku, tu ne dis jamais ce que tu ressens quand c'est plus ou moins humain.
-T'as pas honte de dire des horreurs pareilles ?
-T'as raison, Riku est quand même vachement plus beau et intelligent que toi. Et non, soupira-t-elle en prévision d'une éventuelle remarque, je ne sors pas avec non plus.
-Encore heureux, pesta-t-il en se dirigeant vers la porte.
-Où tu vas ?
-Faire un tour dehors, ça te dérange ?
-Non, c'était juste pour voir. Amuse toi bien tout seul dehors alors, monsieur je-me-fiche-de-tout.
-C'est ça.
xx
À la grande surprise de Ven, il n'eut même pas besoin d'entrer dans le domaine pour trouver Vanitas ; en effet, celui-ci l'attendait déjà dehors, l'air passablement maussade. Le visage fermé, il n'accueillit même pas son invité forcé lorsqu'il arriva. Le blond, qui en avait marre de son attitude, ne le salua pas non plus et se planta devant lui sans rien dire.
Après un silence qui lui parut une éternité, il se risqua quand même à poser une question.
-Je peux savoir pourquoi tu m'as évité ces derniers temps ?
Vanitas ne répondit même pas. Il fronça imperceptiblement les sourcils, les bras croisés.
-Je croyais que tu voulais me parler, alors vas-y, réponds à ma question.
-Non.
-Comment ça, non ?
-C'est difficile à comprendre, Ventus ? Un mot de trois lettres, c'est trop compliqué pour toi ?
-Pas besoin de m'agresser comme ça, entre toi et moi, ce n'est sans doute pas moi qui est à blâmer ici.
-Tu m'énerves.
-C'est une raison pour me traiter comme de la merde ?
-Je t'ai traité comme ça pendant huit putain d'années, ne viens pas me faire croire que ça te choque maintenant.
-Donc en fait là, t'avais besoin de passer tes nerfs sur quelqu'un, et c'est tombé sur moi. C'est ce que je dois comprendre ?
Il haussa les épaules.
-Réponds-moi quand je te parle, insista le blondinet.
Au vu du manque de réponse il continua :
-J'en ai marre là. Je ne vais pas me laisser faire cette fois d'accord ? Alors maintenant, tu arrêtes de me faire perdre mon temps et tu me dis ce que tu as.
-J'ai rien du tout, c'est de ta faute.
-Ah, c'est de ma faute maintenant ? On aura tout vu !
-Tu-
-Ce n'est pas moi le problème ici, Vanitas ! S'emporta-t-il. Tu le sais très bien ! Réponds-moi, pourquoi tu t'éloignes ?
-Qu'est-ce que ça peut te faire de tout façon ?
Ven haussa les sourcils, perplexe.
-Comment ça, ce que ça peut me faire ?
-T'as pas besoin de moi, si ?
-Là n'est pas la question.
-Si, elle est là. T'as quelqu'un d'autre pour s'occuper de toi, non ? Alors laisse-moi tranquille avec tes questions à la con.
-Mais de quoi tu parles ?
-Fais pas semblant. (Attention, ici scène stéréotypée et fort classique à laquelle vous ne vous attendiez pas du tout depuis le départ et le chapitre précédent :) Figure-toi que j'étais là aussi, samedi passé.
-Sans dec, j'aurais juré ne pas t'avoir vu. Et il s'est passé quoi ?
-T'as vu, t'es tellement aveugle que tu trouves ça normal !
-Trouver quoi normal ? Tu vas continuer longtemps à éluder comme ça ?
-Oh, Ven, t'es lourd, tu comprends rien. Tu vois rien.
-Ah là c'est sûr que je ne comprend rien. Excuse-moi de ne pas avoir ton cerveau dérangé. (Sur le coup, il n'avait même pas fait attention au fait que c'était la première fois depuis leur enfance qu'il l'avait appelé « Ven », ce qui est fort dommage.)
-Il a passé son temps collé à tes basques et t'as rien remarqué ?
-Tu sais, Roxas est mon frère, il a le droit de...
-Mais t'es vraiment aussi con que t'en as l'air, ça devrait pas être permis !
Ven ne releva pas la remarque et réfléchit un court instant.
-Non, Vanitas, tu ne vas quand même pas essayer de me faire croire que tu es jaloux de Terra ?
-Je suis pas jaloux ! (On attendait pas du tout cette réplique de sa part, applaudissements aux muses qui l'ont inspiré pour leur originalité redoutable ! Qu'on leur érige une statue et qu'on leur dédie une chanson, c'est tellement beau !)
-Ah, non ? Donc là, je pourrais aller chez lui tout seul et tu ne dirais rien ?
Il y eut un silence qui parut durer plusieurs centaines d'années (bon, j'exagère un peu) puis la réponse sonna comme une victoire aux oreilles du plus jeune :
-Bon, d'accord, peut-être que je suis un peu jaloux, mais...
-Pas de mais. Je ne sais pas comment je dois le prendre.
-Prends ça comme tu veux. Quoiqu'il en soit, je te promets que si je le revois faire ça, je ne lutterai plus contre l'envie de le frapper.
-Tu te ferais massacrer de toute façon. Dois-je comprendre que je ne dois plus l'approcher ?
-C'est ça.
-Dans tes rêves. C'est mon ami.
-Je m'en fous.
-Dans ce cas moi aussi je m'en fous de ce que t'as à dire. D'ailleurs, c'était pour me dire ça que tu m'as appelé ?
Vanitas ferma les yeux, l'air perdu (car on peut avoir l'air perdu même les yeux fermés, oui.)
-Non.
-Alors déballe-moi ce que tu as à dire, qu'on en finisse.
Il haussa les épaules.
-Rien d'important.
-Donc en fait, je suis venu pour rien. Merci Vanitas, franchement, merci. Ma journée avait déjà mal commencé, et grâce à toi elle va mal finir. Félicitation, t'auras vraiment réussi à m'énerver. La prochaine fois, je te préviens, c'est moi qui te lâcherai des vents.
Sur ces mots, il tourna les talons et s'en alla. Il était rare qu'il se mette en colère ; mais cette fois, Vanitas avait vraiment dépassé les bornes. Ven dégomma rageusement un malheureux caillou qui passait tranquillement par là (le pauvre, sa maman l'attendra encore de nombreux jours avant de se rendre compte que c'en était finit pour lui.) Il ne se retourna même pas.
Xion, quant à elle, avait aperçu la scène de loin. C'est vrai, quoi ; son frère ne se gênait pas pour s'incruster dans sa vie privée, elle ne se gênerait donc pas pour regarder la sienne par la fenêtre. Malheureusement, sans le son, elle avait du mal à interpréter ce qu'elle avait vu. Elle pensa donc qu'une petite discussion avec son aîné s'imposait, et que cette fois, même si pour cela elle devait bafouer toutes les règles de la politesse élémentaire, elle arriverait à lui tirer les vers du nez.
xx
Passons à un autre personnage.
Non en fait, ceux-là sont trop cool pour qu'on les laisse tomber maintenant, ah ah.
Donc, lorsque Vanitas fut arrivé à l'étage, il fut légèrement surpris par la présence de sa cadette qui l'attendait, les bras croisés, le regard décidé. N'ayant plus l'envie de parler avec qui que ce soit, il tenta de passer près d'elle et de l'ignorer pour atteindre sa chambre. Malheureusement, l'adolescente ne semblait pas voir la chose de cette manière ; à peine fut-il passé à ses côté qu'elle l'attrapa par le bras et lui lâcha :
-Toi, tu me caches des choses.
-Lâche-moi, Xion, je suis fatigué, l'avertit-il en essayant toujours d'arriver à son havre.
-Rien à foutre, « frérot », je ne te laisserai pas tant que je n'aurai pas eu de réponses à mes questions.
-Mêle-toi de ce qui te regarde, tu perds ton temps.
-Quelque chose me dit que tu n'es pas d'une humeur exceptionnelle.
-Bravo ! Tu veux un bonbon ?
-Ce qui signifie que si je t'emmerde assez longtemps, tu finiras par tout me dire.
-Tu rêves, oui.
-Oh, je n'en suis pas si sûre, assura-t-elle.
-C'est bon, je m'en vais, informa-t-il.
-Comme tu veux, cher frère.
Il se rendit dans sa chambre après s'être dégagé de la poigne de sa sœur, et ferma la porte pour éviter son entrée intempestive.
Malheureusement pour lui, Xion n'était pas du genre à abandonner si vite ; et lorsqu'elle avait décidé d'emmerder son monde, mieux valait ne pas se trouver à proximité. Elle se mit à frapper doucement à la porte, puis à tambouriner de plus en plus fort (technique fort utile; à retenir.) Voyant, après cinq minutes, que cela n'avait pas l'effet escompté, elle y ajouta une chanson de son cru qu'elle chanta de plus en plus fort (méthode testée et approuvée, je vous la conseille grandement). Je vous en épargne les paroles ; disons que ça mélangeait du foutage de gueule et du « et moi je connais une chanson pour emmerder les gens », vous voyez.
Vanitas tint ainsi près de dix minutes. Sa tête était au bord de l'explosion lorsqu'il ouvrit la porte, l'air un chouilla énervé.
-Entre et pose-moi tes foutues questions, tu me fais trop chier.
-Ah ah ! Je suis trop forte ! Je suis exceptionnelle !
-Exceptionnellement chiante, c'est sûr.
Elle s'installa sur le lit de son frère.
-Tu sais que les adolescents sont censés être désordonnés ?
-Et alors ?
-Ta chambre est plus rangée que lorsque la pièce était vide.
-C'est pas tellement logique, ton raisonnement... Soit. Alors ?
-Ah, oui, le sujet... Premièrement, où sont passées toutes mes tablettes de chocolat-noisette ?
Il désigna le bureau d'un geste du bras.
-Je pensais que tu n'aimais pas, lui fit-elle remarquer innocemment.
Elle prit une des tablettes, en mis deux autres dans sa poche et entreprit de le savourer petit à petit.
-Je suppose que maintenant j'aime bien.
-Certes... Bon, ne partons pas dans des tergiversations inutiles. Tu faisais quoi tout à l'heure ?
-Quand ça ?
-Dehors.
-Je me promenais.
-Et mon cul c'est du poulet ?
-Je peux savoir qui t'a appris à parler comme ça ?
-Sérieusement, Vanitas. Je t'ai vu à la fenêtre.
-Et ?
-Et, expliqua-t-elle lentement de sorte qu'il comprenne bien, tu n'es pas censé parler avec Ven. Dois-je te rappeler que vous vous haïssez depuis que j'ai 6 ans ?
Il haussa vaguement les épaules.
-Donc, continua-t-elle, je me pose des questions. Depuis quand tu lui parles ? Et pourquoi ?
-Pour rien d'important.
-Arrête de te foutre de ma gueule maintenant, reprit-elle l'air sévère. Ça fait quelques jours que t'es bizarre. Et pas que toi d'ailleurs. Figure-toi que c'est le cas de Ven aussi.
-Peut-être, qu'est-ce que tu veux que j'en sache ? (Fais l'innocent, Vanitas, fais l'innocent, ça te va si bien.)
-Je vous connais tous les deux depuis assez longtemps pour savoir que quelque chose se trame. Dis-moi quoi.
-T'as qu'à le découvrir toute seule, miss détective...
Elle lui offrit son plus beau sourire.
-En fait, c'est ce que j'ai fait, mais j'espérais que tu me le dises en face.
-Te dire quoi ?
-Que Ven et toi étiez redevenus amis.
-C'est cela oui...
-Même plus qu'amis, d'après les éléments que j'ai.
Il s'attendait presque à la voir sortir une mallette pleine de photos et de documents compromettants lui servant de preuves. Heureusement, elle n'en fit rien (elle la gardait sans doute pour plus tard... Ou alors elle l'avait déjà refilé à la CIA. On sait bien que toutes les petites sœurs travaillent en douce pour la CIA. C'est là qu'elles se vengent de leurs aînés. J'espère que vous n'avez pas de petite sœur, sinon je vous préviens, il existe un dossier à votre nom dans les services secrets.)
-Vous disparaissez toujours en même temps, développa-t-elle fièrement. Il est de plus en plus secret depuis quelques semaines, comme toi. Il a toujours l'air ailleurs, comme s'il pensait à quelqu'un, tu vois ce que je veux dire ? J'ai vaguement soulevé l'hypothèse qu'il avait une petite-amie, tu vois, mais je me suis rapidement reprise. Ce n'est quand même pas son, disons, genre. Et puis, cet après-midi, il y a une bonne semaine, où tu étais absent... Et où il nous a gentiment congédié, alors qu'on voulait faire une activité de groupe. Terra m'a confié vous avoir vu, ce jour-là. Étrange, n'est-ce pas ?
Elle ne s'attendait pas à avoir de réponse, et poursuivit :
-Tout ça sans parler de votre fatigue soudaine durant presque la même période. Et n'oublions pas les sms compromettants.
-Tu rigoles, t'as quand même pas fouillé...
-Dans ton portable ? Bien sûr que j'ai fouillé, toi même tu ne te gênes pas pour le faire ! J'ai un tas de preuves, Vanitas, et votre petite conversation n'a fait que confirmer mes soupçons. J'ai jugé que c'était le moment opportun pour t'en parler.
Elle se releva et l'attrapa par les épaules, pour un contact de regard à regard.
-Avoue-moi tout et je te laisserai tranquille.
-Je...
-Et cesse de réfuter mes propos, je ne te croirai pas.
-Tu es terrifiante, comme ça... Bon, d'accord, t'as peut-être un peu raison...
-Un peu ?
-T'as raison, t'es contente maintenant ?
Elle s'assit, les yeux perdus dans le vague. Elle lâcha sympathiquement après un bref silence :
-Putain, j'en reviens pas. Mon frère est homo. Ça explique bien des choses.
-Je suis pas gay !
-Attends, tu sors avec un mec. Si tu l'es pas, faudra m'expliquer ce que tu es.
-Il ressemble à une fille.
Elle réfléchit un instant.
-Pas faux (je suis sûr que l'intéressé serait ravi de se voir trahir de la sorte par une de ses amies.) N'empêche, il a toujours une paire de couilles. Enfin je pense, personnellement je n'ai pas été vérifié, mais je l'aurais su. Puis si on suit ton raisonnement, Kairi serait pas totalement hétéro.
-Hein ?
-Ben, puisqu'elle sort avec Roxas...
-Tais-toi, Xion. Franchement, tais-toi.
-J'y crois pas. Je suis un brin choquée, vois-tu.
-C'est toi qui l'a cherché.
-... Ça cache quelque chose.
-Pardon ?
-Vanitas, ça fait trop d'années que je te connais. Il y a sans doute une autre raison à pourquoi tu fais ça, et puis... Voilà, c'est quoi l'idée saugrenue qui se cache derrière cette histoire ?
-Il n'y en a pas, je te dis.
-C'est ça, et mon cul c'est une salade de choux !
-T'es pas une lunaire que je sache (ne cherchez pas, il faut un minimum de culture générale pour comprendre), de toute façon j'ai raison.
-Tu le jures ?
-Si tu veux.
-Vanitas !
-Promis. Je ne te cache rien.
-Tu es sincère ? (Bien sûr, c'est un modèle de sincérité.)
-Oui.
-Je te préviens, si tu trahis ma confiance et par conséquent la sienne...
-J'ai compris ! T'es lourde. J'y vais.
Il sortit de la pièce. Xion cligna trois fois des yeux avant de retourner près de lui.
-Tu t'es disputé avec lui ?
-Xion, lâche moi.
-À quel sujet ?
-Mais, ça te regarde ?
-Vous vous êtes déjà embrassés ?
-...
-Quelqu'un est au courant ?
-Xion...
-Ça fait combien de temps que vous...
-Xion. J'ai l'air de bonne humeur là ? Non. Alors laisse moi tranquille avec ton interrogatoire à la con.
-Vanitas. J'ai l'air d'une balance ? Oui. Alors si tu me réponds pas j'aurai bien envie de le dire à touuuut le monde.
-Je me suis disputé avec lui à cause d'une sombre affaire de pseudo-jalousie, je suis avec lui depuis... Je ne sais pas moi, fin septembre, oui on s'est déjà embrassés, et personne n'est au courant je pense, à part toi et Axel.
-Axel ?
-Ouais.
-Sans déconner. J'en reviens pas.
-Bah voilà. C'est fini maintenant ?
-Vous avez déjà couché ensemble ?
Il leva les yeux au ciel (et s'étrangla mentalement – exercice fort difficile)
-C'est quoi cette question ? En quoi ça te regarde ?
(Et après c'est les hommes qu'on traite de pervers, franchement, mesdames, vous devriez avoir honte)
-Vas-y, dis moi tout, ajouta-t-elle en battant des cils.
Il décida d'adopter la technique spéciale du Jésuite.
-Qu'est-ce que tu entends par tout ?
-Ben, la réponse à ma question.
-Est-ce vraiment important ?
-Vu comment tu éludes, je dirais que oui... Mais finalement en y réfléchissant, je pense que parfois l'ignorance vaut mieux que le savoir.
-Imagine-toi ce que tu veux, de toute façon, je m'en fous.
-Mmh. (Elle ajouta, histoire d'en remettre une bonne couche :) Mon Dieu, mon frère sort avec un de mes meilleurs amis.
-Tu l'as déjà dit, ça...
-Oui mais comprend moi, c'est trop, trop bizarre. (Un sourire machiavélique traversa son visage) C'est marrant, pourtant t'as pas tellement l'air d'une tafiole comme ça...
-Xion. Un jour tu vas te retrouver enfermée dans la cave et tu ne comprendras pas pourquoi.
-Bon. À part ça, tu vas laisser la situation comme elle est ?
-Quoi ?
-Tu vas laisser ta journée se terminer sur une vile dispute ? C'est triste. Moi je trouve ça triste.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
-Je sais pas moi, mmh... T'excuser ?
Cette fois, il s'étrangla vraiment.
-Pas mon genre.
-Ah, parce que c'est ton genre de sortir avec ton « pire ennemi » ? Laisse-moi rire.
-T'as fini de te mêler de ce qui ne te regarde pas ? Je sais pas ce que t'as mangé aujourd'hui mais t'es vraiment chiante.
-Je sais, oui. Bon, tu l'appelles ?
-De toute façon il me répondra pas.
-Utilise mon téléphone.
-Non, je te dis.
-D'accord ! Dans ce cas, c'est moi qui vais l'appeler.
-T'as pas intérêt.
-Tu vas faire quoi sinon ?
-Je vais...
Il fut interrompu par une sonnerie stridente. Tout en pensant « c'est quoi ce bordel, encore » il décrocha. Xion lui lança un regard des plus mystérieux.
« Âllo ?
-Salut, l'asticot. »
Il articula un muet « c'est Axel » à sa sœur qui sortit docilement.
Ne jamais faire confiance à une fille qui a une idée derrière la tête. Ne jamais la lâcher des yeux.
xx
« Âllo ?
-Salut, l'asticot.
-L'asticot ? Et moi je dois t'appeler comment ? Le hérisson ?
-Axel me semblerait plus justifié. Surtout que j'ai l'impression que le mot hérisson ne conviendrait pas qu'à moi.
-Sans doute, n'empêche qu'asticot c'est un peu péjoratif comme terme, alors t'évites.
-Certainement, la prochaine fois je t'appellerai autrement.
-Tant mieux.
-Alors ? Avec Venichou ?
-Euh...
-Oui ?
-Je crois que c'est pas le bon moment.
-Pourquoi ?
-Il... N'est pas très attaché à moi.
-Ah ah, tu rigoles j'espère ! Il suffit que tu te trouves dans la même pièce que lui pour qu'il ne te lâche plus des yeux. Tombeur va !
-Écoute Ax', je déconne pas.
-Ohla, monsieur aurait-il changé d'avis ?
-Mh ? Non, bien sûr, pour qui tu me prends ?
-Je ne sais pas, j'entends comme un doute dans ta douce voix.
-Voyez-vous ça.
-Et je ne suis pas bourré, monsieur.
-Encore heureux. Je n'ai qu'une parole. Tu sais bien que je l'honorerai.
-Je sais, oui. Mais ne t'y prends pas trop tard, c'est tout.
-Je sais. Ah, au fait, tu l'as pas dit à Kairi hein ?
-Non, qu'est-ce qui te fait dire ça ?
-Xion est au courant. Enfin, pas de ma promesse, mais... Elle a un doute, je crois. Je me suis dit que ça venait peut-être de ta sœur.
-Je ne pense pas, je suis muet comme une tombe. De toute façon, 'me semble que ta sœur n'a besoin de personne pour découvrir ce qu'on lui cache.
-Sans doute pas... Tu as raison. Bon, je te laisse...
-Au revoir mon lapin !
-Appelle-moi encore une fois comme ça et je te fais bouffer tes cheveux.
-Moi aussi je t'aime, salut ! »
Axel raccrocha, le sourire aux lèvres. La partie allait durer plus longtemps que prévu (oh, je vous entends de là ou vous êtes avec vos « oh, quel salaud. » Ne le jugez donc pas trop vite... Quoique, en fait, si, vous avez raison.) Il descendit au salon pour se servir un petit (cognac) verre d'eau et s'installa dans le canapé. Kairi entra quelques minutes plus tard.
-Salut, sœurette ! Comment tu vas aujourd'hui ?
Il n'eut pour toute réponse qu'un regard noir. La jeune fille passa dans son dos sans lui accorder la moindre parole. Elle disparut dans le couloir.
Axel soupira. Ah, les femmes, fallait toujours qu'elles vous fassent la gueule pour rien.
xx
Lorsque Vanitas eut terminé son appel, il se mit en quête de sa jeune sœur, portée disparue. Lorsqu'il la retrouva, il fut forcé de constater que son autorité n'était plus ce qu'elle avait été.
-Non... oui. Oui, sans doute. Je comprend tu sais mais... Quoi ? Non, sérieusement, il est vraiment... (silence.) T'as raison. Oui, je t'approuve totalement. Tu sais, je l'ai à dos vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si, bien sûr. Évidemment, qu'est-ce que tu crois ? (Elle gloussa – non pas comme un dindon, plutôt comme une fille qui rigole. Enfin, qui se force à rire.) D'accord. Ouais. Moi aussi. Je t'en prie. À demain !
Xion laissa tomber son téléphone sur son lit avant de lancer un regard entendu à son frère.
-Qu'est-ce que tu lui as raconté, toi ? L'apostropha-t-il en craignant le pire.
-Pleins de trucs sur toi !
-C'est pas vrai...
-Non.
-Alors ?
Elle sourit. Pas un sourire sympa, non, plutôt un sourire : « j'ai encore réussi mon coup et tu vas devoir faire avec ! Ah ah ah ! »
-Il vient demain et t'as intérêt à préparer des excuses en bonne et due forme parce que je lui ai dit que tu étais désolé et bla, bla, bla.
-Putain, Xion...
-Soigne ton langage, tu veux ?
-Ouais, ouais... Je ne te le pardonnerai jamais.
-Super ! Et dis, tu sais ce qui passe à la télé ce soir ?
-Non, quoi ? Trente trucs et astuces pour ne pas être emmerdé par sa sœur à longueur de temps ?
-Raté ! Essaie encore !
-J'en sais rien moi...
-Ça commence par un T.
-Un T ? Euh...
-Titanic, gogol ! Où est-ce qu'on t'a élevé, toi ?
-Sérieux ?
-Ouais.
Il y eut un silence durant lequel ils échangèrent un long regard. Tout à coup, une lueur passionnée apparut dans leurs yeux. Pour une fois, ils étaient sur la même longueur d'onde. Personnellement, je préfère Jurassic Park à Titanic, mais après tout... Chacun ses goûts.
J'ai jamais écrit un chapitre aussi long. Je l'aime bien \o/. Désolé Sora, Naminé, Kairi, Axel, Riku... Je vous aurai un peu laissé en plan cette fois-ci, mais la prochaine sera pour vous !
Voilà voilà... Merci pour votre lecture et vos reviews, j'espère que le prochain chapitre ne tardera pas, pour celui-ci j'étais très motivée, je sais pas pourquoi. xD.
BTW : ceux qui n'ont pas de compte ici (paaas bien) mais qui veulent être prévenus de la sortie des chapitres (qui n'est pas régulière) et bien, je les invite à me le dire et à fournir un moyen que j'vous prévienne quoi. *sort*. Bonne rentrée à tous ! ;D.
