Titre : Given in Evidence
Fic originale: /s/7829862/1/Given_In_Evidence
Auteure : Verityburns
Traductrice: Falyla
Paring: Sherlock Holmes / John Watson
Rating: M
Etat de la fic originale : en cours, 15 chapitres en ligne, Verityburns poste le lundi, une semaine sur deux.
Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de Sir Arthur Conan Doyle et aux créateurs de BBC Sherlock. L'intrigue est à Verityburns, avec son aimable autorisation. Seule la traduction est à moi.
Warning : Homophobes, s'abstenir. Cette fic est un yaoï. Cela signifie qu'elle parle de relations homosexuelles entre deux hommes. Si vous ne supportez pas cette idée, passez votre chemin, cette histoire n'est pas pour vous. Tous les autres, lecteurs avertis ou simples curieux, vous êtes les bienvenus.
Note de la traductrice : Donc, avec un léger retard, voici le chapitre 10, il est largement classé M, attention donc aux traces de bave sur le clavier…
Un petit coup de pub pour mon dernier OS « A Study in Sherlock », le lien est dans mon profil.
Et pour celles et ceux qui aiment bien visualiser certaines scènes de cette fic, les artworks exitent pour certains chapitres, allez voir sur la page de profil FFnet de Verityburns
Merci pour tous vos commentaires et encouragements, j'apprécie énormément.
Bonne lecture.
Chapitre 10 – le détective déstructuré
Tu dois choisir par toi-même… et je ne vais pas te toucher jusqu'à ce que tu le fasses.
Sherlock regarda fixement devant lui et vit, dans le reflet de la vitre, sa bouche afficher un demi-sourire en biais. Pas d'option facile. Malin.
Ils savaient tous les deux ce qui se passerait si les mains de John se tendaient vers lui, des mains qui envahissaient ses pensées, ses rêves… et son corps chaque fois qu'il permettait à ses fantasmes à prendre le dessus. Il n'y aurait aucun choix si les mains de John posaient la question. Aucune hésitation, aucune décision nécessaire ou même possible à ce stade.
De toute façon, il avait été hésitant toute la soirée – depuis le moment où Barbara Golding lui avait pris la main et lui avait dit : vous devez être terriblement fier de lui. Cette déclaration semblait n'avoir aucun sens, pour quelle raison Sherlock éprouverait-il de la fierté pour un aspect du caractère de John sur lequel il n'avait eu aucune influence ? Il aurait pu s'enorgueillir de la mobilité croissante de John, puisque c'était lui qui avait guéri sa claudication psychosomatique ou peut-être de ses qualités d'observation considérablement améliorées depuis le début de leur association mais John était courageux depuis bien avant leur rencontre. Bon sang, John était né brave, ça faisait simplement partie de lui – et il était donc complètement illogique que Sherlock se sente fier de son courage.
Sauf qu'il l'était quand même. Pourquoi l'était-il ? Telle avait été la question tandis que ses doigts étaient retenus dans la douce emprise de la femme qui visiblement avait vu quelque chose qu'il avait manqué. La fierté indiquait certainement un élément de responsabilité, non ? Sherlock n'était pas responsable de la façon d'être de John, il n'avait eu aucune implication dans son éducation, dans son entraînement militaire, dans la formation de sa personnalité : John était ce qu'il était, tout simplement.
Et pourtant, la femme avait raison… il se sentait fier. La fierté. Était-ce une chose purement égoïste ? Liée à son propre ego parce que ça le flattait qu'un tel homme veuille être son ami ? Oui, il y avait assurément de ça. Aux gens qui ne l'appréciaient pas, le méprisaient, le prenaient de haut parce qu'il ne jouait pas le jeu de leurs petites règles sociales, il pouvait dire : Aha ! Voici un homme qui en vaut dix comme vous, vingt comme vous et cent comme vous… et il éprouve de l'estime pour moi. En vérité, il ne dirait jamais ça, bien sûr, qu'est-ce qu'il en avait à fiche de l'opinion de ces andouilles ? Pourtant, c'était… bien. Les insultes n'avaient plus aucune signification quand un sincère stupéfiant ! les balayait, elles n'étaient plus alors qu'un assortiment de lettres vides de sens.
Mycroft n'avait pas de John. Un pisse-froid, ce Mycroft. Bien plus impitoyable que Sherlock ne le serait jamais. Il se souciait de très peu de choses mais il maîtrisait suprêmement celles qui figuraient sur sa liste. Sherlock n'avait jamais réussi à imiter le détachement de son frère – il y avait toujours eu quelque chose de plus… flamboyant [1] dans sa nature. La plume avait beau être plus puissante que l'épée, Sherlock choisirait toujours l'épée. Mycroft restait assis à son bureau, il maniait le pouvoir et la puissance… mais ça ne lui avait pas apporté de John. À ce stade de ses délibérations, Sherlock avait peut-être mentalement émis un bruit de dérision.
Alors qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce que tout ça signifiait ? Ses yeux s'étaient posés sur John tandis qu'il se rappelait de relâcher la main de Mrs Golding, John avait eu l'air… de ne rien attendre, comme s'il ne pensait pas que Sherlock était ou même voudrait être fier de lui. Le premier oui était sorti de sa bouche sans y penser et il avait réalisé qu'il se sentirait toujours fier même s'il n'y avait personne autour de lui – il était fier de John pour ce qu'il était.
La fierté [2]. Sherlock y songea. Il avait l'impression qu'une partie de lui considérait en quelque sorte que John était à lui, ce qui était un absurde sentiment possessif. Il était vrai que partager n'avait jamais été exactement sa spécialité mais on ne pouvait pas posséder les gens, même Sherlock le savait. John était son ami. Un ami proche, manifestement. Son meilleur ami, en fait. Certes, un ami qui l'attirait sexuellement. Mais…
Ce n'est que lorsque la main d'Albert Golding s'était tendue dans sa direction que Sherlock s'était demandé si ça marchait dans les deux sens.
John semblait toujours si inquiet de ce que pensaient les autres, inquiet que la presse se n'en prenne à lui avant même qu'il n'arrive quoi que se soit, ne voulant pas que le monde croie qu'il n'était qu'un escroc une fois que c'était fait. Sherlock ne l'avait jamais compris. Il avait supposé à cette époque que John se sentait concerné d'un point de vue personnel – qu'il craignait d'être impliqué aussi – mais c'était faux, incontestablement. John n'avait jamais douté de lui, jamais hésité, jamais perdu la foi, pas une seule fois. John se faisait du souci simplement parce que Sherlock était son…
Sherlock attendit que le mot se présente de lui-même pour terminer cette phrase mais rien ne vint. En fait, la phrase sembla estimer qu'elle avait fait sa part, elle empaqueta promptement le reste des lettres disponibles et se mit à flâner de manière désinvolte en ramassant les points de suspension en route, ne laissant qu'un trou à la place. Sherlock contempla le trou avec consternation. Il ne voulait appartenir à personne ! Sauf qu'il… Ses pensées tourbillonnèrent tandis que son paysage mental pencha soudainement. Étrangement, ça lui rappela un film qu'il avait prétendu ne pas aimer étant enfant qui était passé de noir et blanc à la couleur à mi-chemin [3]. Il repoussa ce souvenir et son monde se redressa. Plus ou moins.
Était-il possible qu'ils soient déjà impliqués dans une relation et que Sherlock ne l'avait pas remarqué, tout simplement ? C'était difficilement son domaine de prédilection, après tout. Peut-être qu'un changement dans leur statut ne serait pas une modification aussi radicale qu'il le pensait. C'était lorsqu'on lui avait conseillé de s'accrocher à John que l'idée d'un essai sur le terrain lui était venue – John n'avait pas démenti la supposition des Golding qu'ils étaient en couple alors il n'avait eu d'autre choix que de jouer le jeu…
Pendant la première partie de la soirée, une portion de son cerveau s'était consacrée à étudier le langage corporel des autres couples et à copier leurs actes, s'il ne les trouvait pas excessivement nauséeux. Après un moment, il avait cessé d'observer les autres couples et avait regardé John à la place. Un instant après ça, il avait réalisé qu'il n'avait plus besoin d'y réfléchir, il le faisait, tout simplement… Et ça consistait, à ce moment-là, à glisser sa main sur le genou de John, semblait-il. Trop tard pour reculer maintenant, avait crâné Sherlock. Il n'avait pas aussi bien assimilé les discours qu'il en avait l'intention. Dès qu'ils avaient été terminés, il s'était éclipsé – s'il devait en tirer des conclusions, ce serait probablement plus efficace s'il était seul, juste cette fois.
Le temps qu'ils rentrent à la maison, la décision n°1 – quel qu'en soit le nombre ridiculement élevé des versions qu'il avait atteint – ne le menait nulle part. Il savait que la décision n°2 devait être basée sur une compréhension plus égale de ce qui se passait – ou ne se passait pas – entre eux mais son plan n'avait pas tellement avancé au-delà de l'étape titillons John et voyons ce qui en découle. Et maintenant, John lui jouait un de ses meilleurs coups estampillés : tu es peut-être l'homme le plus intelligent que je connaisse mais je suis encore capable de te surprendre, ilavait retourné brillamment la situation et lui offrait la justification parfaite mais ne lui permettait pas d'y tomber.
Ce serait si facile si John se contentait de le toucher. Sherlock pouvait sentir qu'il se tenait là-bas, attendant tandis que la somme des heures de ses réflexions se compressaient en secondes. Juste un effleurement – il pouvait même prétendre que ce n'était que du réconfort ou de l'apaisement et tout ce que Sherlock aurait à faire était de laisser le reste suivre…
Mais John était bien trop… Sherlock supposa que la plupart des gens diraient honorable, bien que lui-même soit plutôt enclin vers diabolique… pour faire ça. Sherlock ne tomberait dans rien du tout. Il devait y aller les yeux grand ouverts.
Il se mit à invoquer les mots et les aligna contre la vitre qui lui faisait face. Les choses négatives : toutes les raisons et les rappels qui l'avaient fait hurler contre lui-même ces trois dernières semaines. Ses yeux parcoururent la liste. Plusieurs d'entre eux étaient en fait balayés par l'offre de John. Relation, histoire d'amour. Le redoutable mot : câlins, le son même de ce mot lui donnait un mouvement de recul, tous pouvaient être effacés ou… en fait, les effacer était un peu… il les barra, à la place. Puis il revint en arrière et effaça câlins. Il n'y a pas de place pour ça dans une liste établie par un Holmes. Absolument pas.
Qu'est-ce qui restait ? Il regarda la liste du coin de l'œil et dut presque lutter pour lire le mot suivant. Sexe – en très petits caractères. Par principe, il passa sur le fait qu'il avait fait entrer celui-ci de force, c'était le revirement d'une décision de longue date. Perte de contrôle – bon, il n'y avait pas eu exactement surabondance ces derniers temps, de toute façon. Capitulation – mais seulement pour John, en qui il avait parfaitement confiance. Changement – c'était mieux que l'ennui. Danger. Sherlock fronça les sourcils – c'était assurément plus un pour qu'un contre, non ? Il décida de l'ignorer. Dépendance… c'était une chose contre laquelle il s'était battu autrefois. Pouvoir… c'était vrai qu'il donnerait ainsi à John un grand pouvoir sur lui, craignait-il qu'il en abuse ? La réponse fut un non si sonore qu'il faillit le barrer complètement.
Il continua à lire, la liste avait atteint depuis longtemps le bas du carreau, elle se mit à défiler de plus en plus vite pour garder le rythme avec lui. Les raisons devenaient de plus en plus ténues et ses justifications, pour les ignorer, jamais plus inventives. C'était comme s'il argumentait contre lui-même. Il voulait désespérément dire oui, se retourner, prendre en compte les pour qui lui picotaient la peau mais il était tout simplement incapable de le permettre.
Les mots devinrent flous et Sherlock cilla, il se concentra à nouveau et vit la police de caractères des mots fondre et disparaître avant de se reformer en une seule ligne, au centre de la vitre.
Tu peux l'avoir.
Ça ressemblait à l'écriture de John. Sherlock la fixa longuement.
- Je te choisis.
Sa voix semblait étrange à ses oreilles mais les mots étaient clairs. Il commença à pivoter.
- Attends.
Il s'immobilisa, entendit John inspirer mais incapable de voir son reflet dans la fenêtre. Il n'y avait que des yeux écarquillés et des lèvres entrouvertes, une expression qu'il aurait pu trouver dans un dictionnaire illustré, à côté du mot anticipation.
La main de John se posa entre les omoplates de Sherlock et il sursauta. Même à travers une chemise et une veste, le contact le faisait sursauter. Il arrivait à percevoir chacun des doigts de cette main, elle reposait sur un endroit qui avait été touché de nombreuses fois mais c'était la première fois que ça ressemblait à un tison.
- Détends-toi, lui intima John.
Sherlock émit un petit rire.
- Ce n'est pas si facile alors que je sais ce que tu vas faire.
La main de John remonta, l'autre la rejoignit et elles glissèrent sur les épaules de Sherlock pour empoigner les revers de sa veste. Il commença à la retirer et Sherlock lâcha prise. John s'étira.
- Tu n'as pas la moindre idée de ce que je vais faire.
Ses mots étaient si lumineux que Sherlock dut fermer les yeux.
Oh, la joie de ne pas savoir…
La veste fut ôtée. Il entendit John la jeter sur une chaise.
- En parlant de ça, il y a quelque chose que je ne devrais pas faire ?
Une multitude d'images clignotèrent dans l'esprit de Sherlock comme des clichés tirés de : Porno : les points culminants. Certains étaient plus attirants que d'autres mais il ne voyait rien qui puisse lui faire dire non à John. Il secoua la tête puis frémit quand des mains se posèrent sur ses épaules, de chaque côté de son cou, leur chaleur transperçait le fin tissu de sa chemise.
- En fait, je trouve difficile de t'imaginer dire non quand tu es comme ça, murmura John. Tu n'as jamais été fan des limites.
Ses pouces se mirent à faire des cercles et Sherlock fit rouler ses épaules, profitant de la nature délibérée du mouvement pour se détendre. Ça ressemblait à une ouverture… non… juste avant – comme entendre un la avant que le concert ne commence. John lui donnait la note et Sherlock la suivait tandis qu'elle commençait à descendre le long de sa colonne vertébrale.
John parla doucement.
- Je suis bien certain que c'est évident mais tu peux dire non n'importe quand et pour n'importe quoi – ou arrête ça ou arrête complètement.
Le mouvement que Sherlock traquait atteignit sa taille, les pouces glissaient d'un flanc à l'autre maintenant, comme pour le tenir.
- Dis-moi que tu comprends.
- Je comprends.
Sa voix était devenue encore plus étrange. Il tendit la main vers les boutons de sa chemise.
- Non.
John se redressa un peu plus derrière lui, ses bras l'entourèrent et ses mains firent redescendre celles de Sherlock en les aplatissant sur son torse.
- Je ne crois pas, et toi ?
Sherlock sentit une morsure réprobatrice sur son omoplate et il trembla en ajustant sa position pour être pleinement soutenu par John. Son reflet exposait sa perplexité.
- Tu ne voulais pas que… ?
- Oh, je le veux, lui promit John. Je le veux et je le ferai… mais pas encore.
Il entrelaça ses doigts avec ceux de Sherlock et fit glisser leurs mains jointes le long de son corps en une lente caresse.
- Tu te rappelles ce que je t'ai dit dans le taxi quand on est allé voir Wiggins ? demanda-t-il doucement. Je t'expliquais ce que signifiait un baiser pour moi.
Sherlock s'en souvenait parfaitement bien. Il se rappelait tout ce que disait John, même les choses absurdes. Les choses absurdes tout particulièrement. Ça avait été rafraîchissant d'avoir une nouvelle base de données ces dernières semaines – ses anciens souvenirs étaient tristement éculés après six mois d'absence.
- J'ai dit : tu as gardé tes vêtements sur toi et j'ai gardé mes mains en dehors, poursuivit John, ce qui fit réaliser à Sherlock qu'il n'avait pas répondu. Je sais que tu t'en rappelles parce que ta réaction a été inoubliable.
Ses doigts se libérèrent et Sherlock laissa ses propres mains retomber sur les côtés, résistant à la tentation de les tendre derrière lui pour tenter d'amener John plus près… bien plus près… le genre de proximité intérieure.
- Donc, tu peux garder tes vêtements sur toi un petit moment mais cette fois…
Les mains de John se placèrent sur les hanches de Sherlock exactement comme elles l'avaient fait la semaine précédente – une prise ferme mais parfaitement décente. Sherlock savait parfaitement où cette phrase allait mais il se put s'empêcher de retenir son souffle en attendant la fin.
- … je ne vais pas garder mes mains en dehors.
L'expiration que Sherlock relâcha fut si sonore qu'elle en était embarrassante mais John ne fit aucun commentaire. Il paraissait suivre le train de ses propres pensées.
- Tu m'as demandé tellement de fois d'aller chercher des trucs pour toi, murmura-t-il. Des trucs que tu étais trop occupé ou trop paresseux pour prendre toi-même.
Sherlock ressentit une légère… inquiétude – était-ce le mot ? – allait-il être puni d'une manière ou d'une autre ? Mais il devint bientôt clair que John avait quelque chose d'entièrement différent en tête.
- Même récupérer des trucs dans tes poches, poursuivit-il tandis que ses doigts s'approchaient de leur bordure. Quoique généralement pas celles-ci.
Ses mains glissèrent dans les poches de devant du pantalon de Sherlock mais il n'y avait rien de désinvolte dans cet attouchement, il n'était pas convenable, pas du tout. Sherlock frémit puis leva un bras pour s'agripper au cadre de la fenêtre.
- La prochaine fois, peut-être que je vérifierai celles-ci en premier, suggéra John, la voix légèrement rauque. Quand tu seras au labo du Bart's peut-être, en train de regarder une réaction cruciale dans ton microscope et que tu n'auras pas de mains libres.
Il recula d'un demi pas et Sherlock ressentit immédiatement l'absence de chaleur dans le bas de son dos. Elle lui manqua l'entière demi seconde pendant laquelle il y pensa. Puis les doigts de John effleurèrent le haut de ses cuisses à travers la soie fine de la doublure de ses poches et envisager autre chose devint totalement impossible.
- Je devrais me montrer très consciencieux…
Ses pouces trouvèrent la bordure inférieure de son boxer et se glissèrent en dessous, Sherlock retint son souffle.
- … pour être absolument sûr que ce que tu aurais exigé n'est pas là.
Les doigts suivirent et remontèrent en caressant les plis de son aine et son souffle s'évanouit, probablement pour toujours.
- Tu… tu ne le feras, réussit-il à répondre avec le peu d'air qui lui restait mais pas avec autant d'assurance qu'il aurait voulu.
John rit doucement derrière lui, ses doigts recouverts de soie se déplaçaient d'avant en arrière, d'avant en arrière… Il traçait une forme en V qui partait de ses os iliaques et descendait jusqu'à la jonction de son torse et de ses jambes.
- Non, je ne le ferais pas, promit-il en cessant ses mouvements.
Puis il abaissa la voix.
- Mais je pourrais.
Ses doigts s'égarèrent un peu plus loin à l'intérieur, l'extrême bout de ces derniers effleura les côtés d'une érection construite depuis… des années et Sherlock passa de : Seigneur, que c'est bon à baise-moi maintenant en légèrement moins de temps qu'il ne lui fallut pour comprendre qu'il allait bientôt avoir de sérieux problèmes avec le concept de la verticalité.
- Et ton expérience aurait la priorité, naturellement, murmura John. Tu ne pourrais pas te déplacer, tu ne pourrais pas utiliser tes mains, tu ne pourrais rien faire pour m'arrêter.
Sherlock se figura la scène dans sa tête. Se tiendrait-il debout ou perché sur un tabouret du labo ? Debout, pensa-t-il. Exactement comme maintenant. Plus ou moins. Il remua légèrement, élargissant sa position pour accroître sa stabilité. Que son mouvement permette à John l'accès à… tout ce à quoi il voulait accéder était une heureuse coïncidence qui ne passa pas inaperçu.
- Je pourrais faire tout ce que je veux, fit John en plongeant une main entre ses jambes, toujours à travers la poche mais à l'intérieur de son sous-vêtement et, oh, mon dieu, ceci était définitivement, absolument, à cent pour cent en train d'arriver.
Sherlock grogna et leva l'autre bras pour reposer plus de poids vers l'avant tandis que le tissu de soie diriger par les doigts de John caressait des endroits de son corps négligés depuis plus de dix ans. Il avait l'impression d'avoir passé son temps à cultiver des terminaisons supplémentaires et chacune d'entre elles étaient accordées sur la fréquence qui émanait de l'homme qui se tenait derrière lui.
- Peut-être que tu as envie de te plaindre, suggéra John.
Sherlock en doutait sacrément.
- Tu pourrais protester… me demander ce que je suis en train de faire… exiger que je retire mes mains de tes poches immédiatement…
Sherlock espérait que tout ça allait le mener là où il pensait.
- Et je le ferais, bien sûr.
John libéra ses mains puis s'étira sur ses jambes et mordilla la nuque de Sherlock pour s'excuser.
- Peut-être que j'ai l'intention de t'allumer pendant très longtemps mais à la fin…
Sherlock aspira son estomac pour laisser plus de place aux doigts qui attaquaient le déboutonnage de son pantalon.
- … je devrais te déshabiller.
Il y eut un froissement de tissu et Sherlock se retrouva brusquement nu de la taille aux pieds, John s'était arrangé pour tirer son boxer en même temps. Sherlock enleva ses chaussures et ses chaussettes et les jeta de côté. Puis il attendit, toujours appuyé des deux mains contre le cadre de la fenêtre. Il réalisa qu'il devait avoir l'air plutôt normal vu de l'extérieur puisqu'il portait toujours sa chemise et que les lumières étaient éteintes ainsi sa moitié inférieure était maintenue dans l'obscurité par les mailles du rideau. Il plia les coudes et se pencha pour s'appuya contre le châssis de la guillotine qui faisait toute la largeur de la fenêtre. Il attendit.
- Ne bouge pas.
John s'en alla. Sherlock ne bougea pas. Bon… il y eut bien un certain nombre de contractions mais il pouvait difficilement être tenu responsable pour ça, il avait très peu de contrôle sur la chose depuis le premier baiser de John. Par conséquent, Sherlock avait renoncé à toutes responsabilités concernant ses régions inférieures et les avait réassignées à John, qui, de toute façon, semblait avoir une meilleure compréhension de ce qui se passait par-là en bas.
- Magnifique, fit la voix de John depuis le pas de porte. Ta chemise devrait normalement te donner un air convenable mais cette position est un émerveillement pour la vue.
Sherlock se demanda s'il devait ou non laisser retomber ses bras.
- N'y pense même pas.
John traversa rapidement la pièce et Sherlock sentit le bout de ses doigts l'effleurer de chaque côté de ses hanches, juste en dessous du niveau de sa chemise. Peau contre peau pour la première fois, mais ce n'était pas assez… loin d'être assez. Il pinça les lèvres pour réprimer une remarque. Exiger quelque chose de John maintenant semblait extrêmement déconseillé.
Les doigts de John se mirent à glisser sur son dos, en suivant l'ourlet de sa chemise au début puis l'abandonnèrent rapidement au profit d'une approche plus détaillée.
Sherlock appuya sa tête dans le creux de son coude et retint un grognement. Mais qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Il se tenait là, debout, littéralement nu dans son propre salon, totalement exposé et vulnérable, dans l'attente que ses fesses soient minutieusement tripotées par son colocataire toujours surprenant qui…
Ohhh…
Les pensées de Sherlock balbutièrent alors que les mains de John faisaient un angle vers l'intérieur, elles soulevaient et séparaient maintenant en pressant. Sherlock mordit son propre bras et tenta de ne pas se reculer contre les mains de John. Il voulait se trémousser jusqu'à ce que ces doigts glissent juste un peu plus loin… particulièrement celui-là… il était si proche maintenant… si proche de l'endroit où il voulait le sentir…
- Écarte les jambes.
Sherlock dut se montrer trop lent parce que les mains de John retombèrent sur l'intérieur de ses cuisses et les poussèrent jusqu'à ce que l'écartement de ses pieds soit aussi large que ses épaules. Sherlock essaya de se rappeler que respirer, bien qu'ennuyeuse, n'était pas une activité optionnelle.
John se déplaça, il était maintenant légèrement sur le côté, sa main droite remontait de façon intéressante, elle était presque… presque à l'endroit que souhaitait Sherlock, tandis que son bras gauche se glissait sous sa chemise, il sembla hésiter avant de simplement s'enrouler autour de la taille de Sherlock.
- Tout va bien ?
Sherlock leva la tête assez longtemps pour regarder sur le côté et risquer une longue œillade de niveau cinq qui signifiait : continue. John ricana.
- Je vais prendre ça pour un oui.
Ses deux mains se déplacèrent brusquement en même temps, une enveloppa le devant et l'autre plongea derrière en faisait une courbe entre les jambes de Sherlock. Ce dernier émit un bruit tout à fait impie et verrouilla désespérément ses genoux pour tenter de se maintenir droit.
- Oh, mon dieu, oh, mon dieu, oh, mon dieu, oh…
Il enfonça les dents dans son avant-bras une nouvelle fois pour se faire taire.
Les mains de John étaient… stupéfiantes… incroyables… fantastiques… tous ces qualificatifs dont l'inondait John depuis qu'ils s'étaient rencontrés, il les réexamina avec intérêt… un intérêt avide… un intérêt obsessionnel, compulsif, désespéré… Le discours interne de Sherlock tomba en panne et il libéra sa bouche juste pour grappiller un peu d'air tandis que John le travaillait au corps. Assurément quelque chose avait changé depuis la dernière fois qu'il avait expérimenté ça, parce que rien, rien au monde n'avait jamais été… ne pourrait jamais… lui faire ressentir… quelque chose de… vaguement… aussi bon… que…
La main droite de John recula de quelques centimètres et les genoux de Sherlock lâchèrent. John le rattrapa par la taille et se laissa glisser au sol avec lui, il se retrouva assis sur ses talons, Sherlock sur ses genoux. Sherlock se contorsionna en tentant de se retourner. Il voulait repousser John et le mettre sur le dos afin de ramper sur lui mais John ne se laissa pas faire. Il attrapa une pleine poignée de sa chemise dans son dos pour le maintenir en place et Sherlock agrippa les deux côtés de son propre col et tira aussi durement que ses muscles tremblants le lui permettaient – ce qui était plutôt dur parce qu'il aurait été difficile de trouver quelqu'un de plus motivé à cet instant. Le son du tissu qui se déchirait fut bruyant mais Sherlock pouvait encore entendre les battements de son cœur tandis qu'il prenait avantage de la surprise et s'arrangeait pour pivoter et glisser sur ses genoux afin de faire face à John. Mais ensuite, il sentit une main qui s'accrochait au côté de son cou et une autre dans ses cheveux et John l'embrassa. Tout le reste s'interrompit.
John lui donnait un baiser. Il était embrassé par John. Comment avait-il pu passer une semaine entière sans ça ? Et deux semaines avant ça ? Et toute sa vie d'adulte avant ça ? Ça ne semblait pas possible. Sherlock se sentait étourdi, sa bouche s'ouvrit immédiatement, affamée, rendant le baiser. Il leva les bras et amena John plus près de lui, la tentation de le coucher s'insinua à nouveau en lui. Sherlock était plus grand, il pouvait…
Il sentit la main de John sur le col de sa chemise, il se mit à la tirer contre le bas pour l'ôter, ce qui était définitivement un pas dans la bonne direction – enlever le dernier reste de son vêtement et ensuite, ils pourraient s'attaquer à John puisqu'il était, de manière choquante, encore bien trop habillé pour la situation.
Sans briser le baiser, Sherlock abaissa les bras et le débarrassa de sa chemise d'un coup d'épaules. Alors que John tirait vers le bas, Sherlock réalisa que les manchettes étaient toujours boutonnées et que ses mains étaient bien trop grandes pour passer à travers. Il grogna impatiemment et amena son poignet devant lui… essaya d'amener son poignet devant lui.
- C'est quoi ce… ?
Il recula et regarda autour de lui. John avait la chemise à mi-chemin dans son dos et les manches étaient coincées au niveau des coudes.
- Les manchettes, John, fit Sherlock en aboyant presque de frustration. Il faut déboutonner les manchettes.
- Oh, vraiment ?
La tête de Sherlock se retourna d'un coup, John avait sur le visage un sourire entièrement nouveau. Le cœur de Sherlock bondit si fort dans sa poitrine qu'il en eut le souffle coupé.
- Je crois que tu as oublié quelque chose, déclara John.
Sa main continuait à tenir une poignée de sa chemise afin que Sherlock soit efficacement immobilisé.
Pendant un bref instant, Sherlock craignit de jouir. Il pressa ses paupières et se représenta le pull de Pâques de Molly, qui était rebrodé de poules duveteuses, c'était tout simplement la chose la plus hideuse qu'il avait jamais vue.
- À moins que tu n'aies changé d'avis ?
La voix de John ne semblait pas très inquiète. Sherlock ouvrit les yeux. Non : absolument pas inquiète.
- Peut-être que tu n'y prends aucun plaisir ? demanda John tandis que sa main libre se tendait.
Sherlock observa la main tendue.
- Peut-être que tu n'aimes te retrouver… impuissant.
La main devint floue juste avant de se poser à la base de la gorge. Sherlock déglutit.
- Si tu veux que j'arrête, tu n'as qu'à le dire.
Sherlock pinça les lèvres et ne dit rien – aussi emphatiquement que possible.
- Autrement, je pense que je vais simplement continuer à te toucher…
Sherlock sentit la plus infime caresse du bout des doigts sur son mamelon et il sursauta tellement qu'il faillit se luxer l'épaule.
- … partout…
L'autre mamelon, avec un contact plus ferme. Sherlock se tortilla tandis que la sensation irradiait dans toute sa poitrine.
- … où je veux.
La main de John se déplaça vers le sud mais elle ne s'enroula pas autour de lui cette fois, il se contenta de tracer une ligne de sa base à son extrémité avec un seul doigt. Sherlock n'était plus capable de garder sa bouche fermée mais il n'y avait aucun danger qu'un stop en émerge.
La main baladeuse revint prendre sa mâchoire en coupe, repoussa sa tête en arrière tandis que John se redressait et se penchait sur lui.
- Tu es si beau.
Sherlock leva les yeux sur son visage.
- Je sais que tu le sais mais ce n'est pas une chose que moi je dirais normalement alors je crois que ça mérite d'être mentionné.
La main de John repoussa doucement les cheveux qui retombaient sur son front et caressa les boucles, les yeux brièvement distants. Il parlait presque pour lui-même.
- Tu m'as tellement manqué.
N'importe laquelle des réponses que Sherlock aurait pu faire fut devancée par John qui se pencha et l'embrassa. Sherlock décida d'essayer de réponse comme ça – ça avait fonctionné la première fois qu'ils s'étaient embrassés et il avait tellement appris sur ce que John avait ressenti pendant leur séparation.
Il s'imagina une succession de chambres minables, ses mots mouraient quand il levait les yeux et se rappelait qu'il était seul, toujours seul, ces jours-là. Il se souvint de la sensation constante d'yeux dans son dos parce que les seuls yeux en qui il avait confiance n'étaient pas là pour le regarder. Il revit la chambre dans laquelle il avait tué Moran mais c'était quelques jours plus tôt et c'était Sherlock qui était assis sur la caisse de bois, fumant cigarette sur cigarette tandis qu'il observait John à travers la fenêtre du 221B et essayait de se convaincre que ce sentiment de vide et d'écoeurement qui remplissait son estomac n'était dû qu'à une combinaison de nicotine toxique et de nourriture médiocre.
Il rendait son baiser à John en pensant à quel point il s'était senti seul. John le repoussa brutalement. Sherlock cilla de surprise et tenta d'éclaircir sa vision.
- Quelque chose ne va pas ?
À la vérité, sa voix était de plus en plus étrange à chaque minute.
John fixait ses propres doigts qui caressaient le visage de Sherlock un instant avant. Ses yeux revinrent sur ceux de Sherlock et s'écarquillèrent encore plus.
- C'est à moi que tu demandes ça ?
Sherlock haussa les épaules, il voulait reprendre le baiser.
- Mais tu étais en train de penser à quoi ?
- Je…
Sherlock se détourna mais John amena ses deux mains sous son visage et le fit pivoter. Sherlock résista à la tentation de se débarrasser de sa chemise fichue pendant qu'il en avait encore l'occasion. Il hésita à verbaliser les mots puis se dit de cesser d'être ridicule.
- Quetum'avaismanquéaussi.
Très bien, donc ça avait l'air un peu ridicule mais, au moins, il l'avait dit – et sans avoir eu besoin d'accomplir cette danse particulière sur une scène de crime ou tout autre chose que John avait suggéré de faire pendant ce fatal trajet en taxi.
Il avait fallu un moment à John mais il y était arrivé.
- Ôte cette chemise.
Il avait déjà ses propres boutons à moitié défaits et il tendit le bras dans son dos en se levant.
Sherlock le regarda tirer sur sa chemise et un de ses T-shirts qu'il portait de manière obsessionnelle en dessous de tout et les passer sur sa tête.
- Chemise. Maintenant ! aboya John.
Sherlock sursauta puis commença à se tortiller pour se libérer tandis qu'il faisait abruptement face, au sens très littérale du terme, à la preuve que l'ancien Capitaine John Watson, de la Vème des Fusiliers du Northumberland était extrêmement excité. Sherlock n'avait jamais vu quiconque se dénuder si rapidement ou ni lui faire un effet si impressionnant. La preuve ne pouvait être décrite que comme fascinante. Il réalisa que sa bouche était grande ouverte et se demanda si John pourrait prendre avantage de ce fait.
John, cependant, avait clairement ses propres idées en tête. Sherlock n'eut qu'à se tordre la main pour libérer la dernière manche, il avait décidé qu'il n'avait pas de raison de s'inquiéter pour les boutons puisque les autres avaient déjà éclaté comme de la chevrotine à travers toute la pièce, quand John le fit descendre. À pic, en fait, par terre sur le dos, mais même là, John contrôlait le mouvement, il avait mis une main à l'arrière de la tête de Sherlock tandis qu'ils s'étendaient. Son souffle s'accéléra.
Presque immédiatement, il fut forcé de réviser son opinion antérieure, puisqu'il avait précédemment supposé qu'il n'y avait aucune chance pour que l'expérience d'embrasser John puisse être améliorée, elle était déjà tellement, tellement, infiniment, énormément, radicalement, superlativement meilleure que d'embrasser quelqu'un qui n'était pas John. Visiblement, il avait théorisé sur sa base de données parce qu'il était maintenant tout à fait clair qu'embrasser John alors qu'ils étaient tous les deux nus ajoutait une dimension entièrement nouvelle, allant de : qui est cet homme et qu'est-il en train de me faire ? à qui suis-je et pourquoi ne s'est-on pas déjà envoyés en l'air ?
Se souvenant que ses bras étaient libres, Sherlock les mit à contribution, tentant de tirer complètement John contre le bas alors que lui-même était plus à demi agenouillé qu'étendu, ce qui signifiait que certains endroits-clés n'étaient pas en contact. Sherlock ressentait fortement que le contact entre lesdits endroits finiraient définitivement classés en tant que bonne chose.
John lui mordilla la lèvre inférieure puis passa un bras autour de ses reins et souleva, ce qui semblait une étrange façon de faire les chose mais ça marchait. Sherlock gémit et se pressa plus encore. John le mordilla à nouveau.
- Jambes.
Sherlock avait tellement l'habitude de se contorsionner dans d'étranges positions qu'il remarqua à peine le tiraillement des muscles de ses cuisses mais il était vrai que ses jambes étaient encore repliées sous lui. Il s'arrangea pour les redresser et John se coucha totalement sur lui. Sherlock replia encore une fois ses jambes – cette fois autour de John. Et, oh, c'était… tellement mieux que bien. Il gigota un peu et John bougea ses hanches. Sherlock se détourna, embarrassé de penser à quoi devait ressembler son visage.
Ceci fut pris comme une invitation à lui embrasser le cou. Peut-être que ça avait été une invitation, Sherlock n'en savait rien, mais, sur ce point, il présumait que les pensées de John sur le sujet étaient généralement les bonnes. Il se cambra sous l'attouchement et caressa le dos de John jusqu'à ce qu'il se trouve entravé par ses propres jambes, qu'il resserra instinctivement, pas entièrement sûr de savoir s'il essayait de se soulever ou de tirer John contre lui mais, d'une façon ou d'une autre, ça marchait – et pas juste pour lui s'il en jugeait les baisers dans son cou qui s'étaient changés en mordillements.
John se propulsa sur un coude et fit glisser son autre main sur le flanc de Sherlock. Tout le long du chemin, du haut jusqu'en bas de ses… fesses. Sherlock incurva ses bras autour des épaules de John, s'y accrocha et… attendit.
Ce qui n'avait jamais été son point fort.
- Est-ce que tu vas me baiser ?
Il obtint une furtive caresse d'un doigt et, immédiatement, en imagina deux. Ou trois. Ou cette langue tortillante qu'il voyait sortir au moins vingt fois par jour. Il supprima cette pensée instantanément – elle ne l'aidait pas à maintenir sa maîtrise de soi déjà douteuse. Le doigt revint et il gémit mais ne supplia pas. C'était très important. Il n'allait pas supplier, pour personne. Il y eut un mouvement circulaire et Sherlock se rappela que John avait dit, après l'expérience, qu'il ne souhaitait pas particulièrement qu'il demande grâce. Il essaya de déterminer s'il devait remettre l'option de la supplique sur la table mais c'était extrêmement difficile de se concentrer.
La main de John s'éloigna, se tendit derrière son propre dos et délogea les chevilles de Sherlock.
- Jambes en bas, ordonna-t-il.
Sherlock réfléchit aux options. John leva un sourcil. Sherlock baissa les jambes – sans se presser pour bien montrer son déplaisir. John fit mine d'ignorer son irritabilité et déplaça ses propres jambes sur l'extérieur. Puis il s'assit et fouilla dans son pantalon. Il en sortit un sachet de sa poche. Sherlock fronça les sourcils, ce ne ressemblait pas à un préservatif. Ses yeux passèrent du sachet que John venait d'ouvrir à son visage, qui arborait un sourire tout à fait suggestif, puis il revint au sachet. John était en train d'en presser le contenu dans sa main.
- Mets tes bras par-dessus ta tête.
- Pourquoi ?
- Parce que je veux te voir comme ça, étiré et vulnérable.
Sherlock le fixa longuement, l'image était déjà claire dans son esprit. John se pencha et lécha son mamelon.
- Je veux que tu te couches et que tu me laisses faire ça pour toi. Je veux te le donner et je veux que tu le prennes.
Les pupilles de Sherlock devaient être énormes et il trembla tandis que la langue de John donnait une autre chiquenaude avant qu'il ne se rassoit.
- Tu ne vas pas… ?
- Pas cette fois, non.
Lentement, Sherlock leva les bras et s'étira juste comme John le voulait. La main lubrifiée s'enroula autour de lui et il cambra le dos quand il se mit à bouger.
Oh, mon dieu…
John était si horriblement doué, mieux que lui, il ne ressentait rien de tel quand il le faisait…
Oh, bon sang…
Le poids de John passa de l'autre côté et il tapota la cuisse opposée.
- En haut.
Il n'y avait plus rien de lent dans l'obéissance de Sherlock cette fois, il leva la jambe et la plia au genou pour former un angle sur le côté, juste pour qu'il n'y avait plus aucun doute sur la profondeur de son accord sur ce qui allait suivre.
Il devint rapidement évident qu'il y avait beaucoup de lubrifiant dans le sachet parce que le majeur de John était juste là, il faisait des cercles, puis, lentement, finalement, il entra et Sherlock cria au brusque plaisir qu'il ressentit. Ce n'était pas uniquement la sensation physique, bien qu'elle allait rapidement suivre au train où allait John, mais simplement le fait, la sensation d'être écarté, envahi, possédé par quelqu'un en qui il avait confiance, quelqu'un avec qui il pouvait se laisser aller, quelqu'un qui…
Ohhh…
… et c'était exactement le bon endroit. Sherlock allait à nouveau louer une divinité quelconque dans une minute. Il plaça le pied de sa jambe repliée à plat sur le sol afin de pouvoir pousser contre et…
- John…
Est-ce que c'était sa voix ? Elle donnait l'impression qu'il se faisait étrangler.
- Tu aimes vraiment ça.
Il y avait une plaisante approbation dans le ton de John et Sherlock se força à ouvrir les yeux en se demandant quand il les avait fermés.
- Je t'avais dit que nous étions…
Il s'interrompit avec un gémissement tandis que John ajoutait un second doigt.
- … compatibles, réussit-il à terminer avant que sa tête ne se rejette en arrière.
Ensuite, il n'y eu plus de mots, ils étaient partis, envolés de la scène, il ne restait que les bruits qui l'auraient embarrassés à n'importe quel autre moment mais il pouvait au moins cesser de laisser échapper ces choses qu'il n'aurait pas même admises en lui-même et il n'était certainement pas prêt à y faire face. L'autre main de John bougeait toujours, Sherlock tremblait et frémissait, il ne savait quoi faire de lui-même ni sur quoi se concentrer ou qu'en penser ou comment se débrouiller avec autant… autant… Cela prit environ deux minutes avant que son corps entier ne se cambre sur le sol tandis qu'il était dépassé par un orgasme qui rendait tous ceux qu'il avait expérimentés précédemment indignes de porter le même nom.
Il lui fallut considérablement plus longtemps que deux minutes pour récupérer.
Il fut vaguement conscient que John s'occupait de ses propres besoins et il essaya de l'aider mais il était tristement mal coordonné. John le fit cesser alors il s'étendit à nouveau, enregistrant distraitement les sons que faisaient John pour les passer en revue plus tard tandis qu'il dérivait, l'esprit merveilleusement vide et serein.
Lorsqu'il revint à la réalité, John était agenouillé à ses côtés et le nettoyait avec un vêtement humide. Sherlock l'observa et ne protesta pas à certains de ses mouvements plus intimes, il se contenta de le laisser faire.
John leva les yeux sur son visage.
- Tu te sens bien ? demanda-t-il gentiment.
Il avait remis son pantalon mais restait sans chemise. Sherlock acquiesça.
- J'ai ta robe de chambre. Tu veux que… ?
- Je pense que je vais aller au lit.
- On y va, alors.
John offrit une main que Sherlock prit sans protester, il accepta aussi le bras autour de sa taille puis l'aide pour mettre son pyjama et se glisser dans le lit.
- Est-ce que tu… tu veux que je reste avec toi pendant un moment ?
La voix de John semblait hésitante pour la première fois depuis des heures alors qu'il actionnait l'interrupteur de la lumière.
Sherlock fronça les sourcils dans l'obscurité, confus par la réponse qu'il voulait donner. Il allait bien, il était propre et il était presque somnolent.
- Pourquoi est-ce que je voudrais que tu restes ?
Il sentit une main glisser dans ses cheveux tandis que sa conscience s'effaçait puis la voix de John résonna doucement depuis la porte.
- Il n'y a aucune raison.
Ndt :
[1] en français dans le texte.
[2] ownership en vo. signifie propriété ou possession mais dans ce contexte, c'est aussi le terme employé pour retranscrire le sentiment de fierté qu'on ressent pour les autres, simplement pour ce qu'ils sont, ses enfants, par exemple. Merci Verityburns pour ces explications.
[3] Le Magicien d'Oz
À suivre…
Voilà, c'est tout pour ce chapitre.
Fait chaud, hein ? Vous avez le droit d'aller prendre une douche avant de me laisser un commentaire… ^^
Bisous
Falyla
