70) "Tu es chaud."
Hiver.
Monty avait froid. Normal, c'était l'hiver. Si les premiers flocons de neige l'avaient ébahi, la pluie verglaçante qui tombait depuis plusieurs jours commençait à le mettre sur les nerfs. Il avait beau mettre plusieurs couches de vêtements et s'enrouler dans une couverture, il avait l'impression que rien au monde ne le réchaufferait. Il avait même essayé de boire de l'alcool, sous les conseils de Jasper qui en buvait beaucoup trop, mais ça n'avait pas tellement fonctionné, car le froid était revenu tout de suite.
Cette nuit-là les températures avaient encore baissées et Monty claquait des dents sous ses deux couvertures. Il n'en pouvait plus du froid, il n'arrivait pas à y résister. Il avait réchappé à des tas de choses bien plus dangereuses pourtant, mais c'était l'hiver qui allait finir par avoir sa peau.
Il était recroquevillé sur lui-même et tellement concentré sur le froid qu'il ressentait qu'il n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir et se refermer. Il comprit qu'il se passait quelque chose quand son lit s'affaissa un peu.
- C'est moi, murmura Jasper ;
- T'es venu me tuer dans mon sommeil ? Tenta de plaisanter Monty.
C'était nul bien sûr, mais son cerveau était aussi gelé que le reste.
- J'ai remarqué que tu avais froid en ce moment.
- Parce que tu fais attention à moi maintenant ?
Jasper soupira, un silence s'installa avant qu'il ne reprenne la parole doucement, pesant ses mots.
- Il y a un moment où je t'en voulais trop pour supporter ta présence, mais tu es mon meilleur ami depuis trop longtemps et… Je t'en veux encore, mais en même temps je ne veux pas que tu ailles mal. Je ne veux pas que tu deviennes aussi triste que moi.
Monty leva les yeux vers Jasper, son corps continuaient de trembler et ses dents de claquer.
- Alors oui, j'ai fait attention à toi
Jasper le regarda fixement et Monty se sentit rougir sans trop savoir pourquoi. Le froid le rendait fou. Son meilleur ami ajouta alors :
- Pousse-toi un peu que je m'allonge.
Monty obéit et Jasper se coucha à côté de lui. Deux minutes plus tard, ils étaient collés l'un contre l'autre sous les deux couvertures de Monty, et Jasper frottait doucement les bras de son meilleur ami. Monty tenait ses distances au début, se demandant si c'était un piège, si Jasper avait prévu une vengeance, mais plus le temps passait et moins il doutait. Il finit par aller carrément se coller contre Jasper.
- Tu es chaud, murmura-t-il. Tu n'as pas froid ?
- Pas maintenant en tout cas, répondit Jasper.
- Et sinon ?
- Un peu, mais ça va. Je suis pas aussi frigorifié que toi.
Monty éternua doucement et vint mettre son nez froid contre le cou de Jasper, ce qui le fit frissonner.
- Désolé, marmonna Monty.
- C'est bon, fit Jasper.
La chaleur de Jasper réchauffa Monty qui finit par ne plus avoir froid du tout. Il était tellement bien là, qu'il ne tarda pas à s'endormir, blottit tout contre son meilleur ami.
Tout l'hiver ils dormirent ensemble, et quand le printemps pointa le bout de son nez, Monty eut l'air triste. Genre vraiment triste. Il commençait à faire chaud et Monty ne gelait plus sur place. Il pouvait faire semblant d'avoir froid, mais ça n'aurait pas été très naturel. Quand il alla se coucher, il savait que cette fois-ci il serait seul. Jasper ne vint pas. L'espoir de Monty, que Jasper vienne quand même, se brisa en mille morceaux. Le printemps et l'été seraient longs, très longs.
Monty passa une semaine seul, avant de se lever au milieu de la nuit. Il ne savait pas ce qu'il était en train de faire, mais son corps bougeait pour lui. Il s'arrêta devant la porte de la chambre de Jasper, prit une inspiration et l'ouvrit. Jasper avait les yeux ouverts et le regarda entrer. Monty ne dit rien, et s'allongea près de lui.
Jasper eut un fin sourire.
- Je me demandais si t'allait venir.
Monty souffla :
- Tu m'en veux encore ?
Jasper secoue doucement la tête. Et cette fois-ci ce fut lui qui se blottit contre Monty.
- Tu es un peu froid, ça fait du bien.
Les joues de Monty se colorèrent et sa peau se réchauffa. Jasper sourit un peu plus.
La température entre eux était parfaite.
Ils dormirent ensemble tous les soirs, peu importe la saison, à partir de maintenant.
Fin.
L'autatrice : et on revient sur du jonty (évidemment).
