Bonjour tout le monde,
Le dixième chapitre met en scène le forcing de la maison des Carrow par Hagrid, Minerva et Severus. Une question trotte sans cesse dans leur tête. Les enfants sont-ils indemnes?
Bonne lecture,
Minerva McGonagall se sentait fébrile. Pourvu, se disait-elle en son for intérieur, pourvu qu'il ne soit rien arrivé aux enfants. Bon d'accord, ils étaient à Serpentard, et alors? Ils restaient tout de même des enfants, tous petits serpents qu'ils étaient. Les adultes avaient le devoir de veiller à ce qu'ils soient en sécurité.
Elle s'en voulait amèrement d'avoir été trop dure envers Drago Malefoy, alors qu'il était certainement en souffrance. Elle en voulait également à Dumbledore d'avoir remis la tutelle à deux monstres sanguinaires.
Maintenant, ils parcouraient la rue Caillebotte. Celle-ci était bordée de tristes platanes, lesquels donnaient une allure singulièrement lugubre au paysage. Des maisons guindées se tenaient, côte à côte, et semblaient dévisager les passants.
Enfin, le trio des enseignants atteignit le numéro 25. Celui-ci correspondait à une maison d'aspect plutôt vétuste qui se tenait fièrement, toisant les deux sorciers et le demi-géant, lequel grommela:
"-Je me demande qui peut bien vivre dans une baraque pareille!"
"-Taisez-vous , Hagrid, lui intima Minerva, en grimpant sur les marches du perron, lesquelles grincèrent. Nous devons être très prudents. Nous avons affaire à d'anciens partisans de Vous-Savez-Qui."
Elle jeta un regard en biais à Severus, qui fixait la porte d'un air insondable. Ce dernier lança, de son habituelle voix veloutée:
"-Nous devrons forcer la porte, il me semble. Pas avec un bélier, bien sûr."
Les trois autres comprirent immédiatement. Il n'y avait pas de doute. Ils ne pouvaient pas se permettre de sonner. Les Carrow ne leur ouvriraient pas. de toute façon, le judas placé sur la porte pouvait leur permettre de voir qui arrivait et bloquer la porte. Il n'y avait pas de temps à perdre. Il fallait agir.
D'un même mouvement, les trois sorciers levèrent leurs baguettes ( et le gigantesque parapluie rose vif, pour Hagrid) et prononcèrent mentalement:
"-ALOHOMORA!"
Tout se passa en quelques secondes. La porte s'ouvrit à grand fracas, et le trio s'engouffra dans l'antichambre. Une alarme magique, qui avait dû être posée là pour empêcher les cambrioleurs d'entrer, retentit alors, sifflant désagréablement aux oreilles des deux hommes et de la femme qui venaient de pénétrer dans ce lieu froid et peu accueillant.
Millicent était à l'agonie. En même temps, son cerveau tournait à plein régime, en proie à l'angoisse. Cet homme allait revenir, elle en était sûre, et achever son œuvre démoniaque. Elle avait peur de lui. Il était malfaisant, elle le savait.
Drago et Blaise avaient pourtant réussi à faire diversion, en subtilisant de la nourriture à la cuisine. Les Carrow s'étaient donc rués sur eux afin de leur donner la solide correction qu'ils leur avaient promise en cas de larcin.
Pendant ce temps-là, elle s'était faufilée à l'étage, était entrée dans le cagibi qui leur servait de chambre, et avait aussitôt fouillé dans sa valise. Elle avait bu une gorgée de potion anti-legilimancie et avait saisi le miroir pour appeler Severus Snape et lui communiquer l'adresse, qu'elle avait pu lire, la veille, en allant au marché de Ville-Vaseuse,en compagnie d'Alecto Carrow, qui tenait à ce qu'elle lui fasse ses commissions.
Jusque-là, leur plan fonctionnait à merveille.
Or, pendant qu'elle disait à son professeur de potions de faire vite, une hideuse main noueuse l'avait saisie par la nuque. Un homme maigre, au visage cadavérique , aux yeux luisants et aux cheveux gras se tenait derrière elle. Elle avait hurlé d'effroi. Le sinistre individu, qui était vêtu de gris anthracite, lui avait alors dit, sur un ton horriblement doucereux:
"- Alors, on cherche à s'enfuir d'ici, petite tourterelle, n'est-ce pas?"
Puis il avait éclaté, d'un rire jaune, sarcastique, atroce. Elle était tétanisée de peur face à ce triste sire, qui ne lui voulait assurément pas que du bien.
Il s'était emparé du miroir et l'avait envoyé s'écraser contre le mur, puis il avait placé sa main, semblable à un assortiment de crochets, sur le cou de la fillette et lui avait intimé:
"-Ne refais plus jamais ça!"
Puis il l'avait giflée de son autre main. Il lui avait donné un soufflet simple,mais néanmoins cruel.
"-Si tu appelles qui que ce soit, tu le regretteras amèrement fillette!"
A la grande horreur de Millicent, il avait brandi sa baguette, et en avait fait sortir un long serpent muni de crochets, qui ne demandaient pas mieux que de mordre l'enfant qui se tenait devant lui. Puis il avait prononcé quelques sifflements. La fillette avait mis plus de trois secondes, avant de réaliser que l'individu parlait Fourchelang.
Puis l'homme s'était esquivé, était sorti de la pièce, et avait à peine refermé la porte derrière lui, que le serpent avait attaqué.
La fillette s'était alors précipitée sur la porte, qui par malheur était verrouillée. L'homme l'avait refermée. Elle avait senti tout à coup un sentiment fort désagréable, le serpent l'avait attrapé s'était enroulée autour d'elle, puis l'avait mordue.
Elle perdait du sang, à présent, et allait mourir, si personne ne venait à son secours. Merlin, suppliait-elle, fatiguée, faites quelque chose pour nous, je vous en prie.
Elle n'était plus qu'une poupée de chiffons, à présent, à la merci de hideux serpent qui dardait à présent son regard malveillant sur elle! Dire qu'elle était dans la maison des Serpents. Quelle ironie du sort!
Severus venait d'entrer dans le salon, où un spectacle atroce s'offrait à sa vue.
Amycus Carrow infligeait le sortilège Doloris à deux jeunes garçons, qui étaient à présent en train de se tordre de douleur devant lui. Pendant ce temps, Alecto leur administrait le fouet, une sorte de knout prévu pour frapper mortellement celui qui était battu. L'homme au nez crochu reconnut immédiatement Drago, qui rugissait de douleur, se tordant, dans une souffrance presque mortelle, une longue agonie.
Sans plus attendre, il saisit immédiatement sa baguette et lança un "Protego" informulé. Les Carrow sursautèrent, puis rugirent quand ils virent qui se tenait devant eux. Une longue lutte sans merci s'engagea entre les deux brutes et la chauve-souris des cachots de Poudlard. Pendant se temps, là, les deux garçons gisaient à terre, gémissant.
Quelques secondes plus tard, on entendit un bruit de verre brisé. Hagrid venait de pénétrer dans le salon, et avait saisi Amycus à la gorge et l'écrasait contre le mur,Minerva, qui avait stupéfixé la sœur de l'ancien Mangemort, était à présent de murmurer:
"-Z..Zabini, comment est-ce..."
Un horrible bruit retentit alors. Les trois professeurs virent soudain une forme maigre, élancé se diriger vers les cuisines. Severus lança un sortilège informulé qui lui fut renvoyé en pleine figure. Pour la première fois depuis longtemps, il avait été stupéfixé. Le mystérieux individu sortit alors du salon, et un "plop" indiqua qu'il venait de transplaner.
Severus bouillait littéralement de rage. Qui était cet être, et que faisait-il chez les Carrow? soudain,Blaise Zabini lança: Millie... Où est Millie?"
"-Elle devait être dans la chambre, non, répondit d'une voix douloureuse Drago.
"-La chambre? Quelle chambre,Mr Malefoy?, répondez-moi, répondit Minerva, visiblement terrifiée.
Le jeune garçon pointa un doigt faible en direction du deuxième étage. Minerva, qui avait annulé le maléfice envoyé à Severus, cria:
"-Severus, allez vite au deuxième étage. Millicent y est."
Trente secondes plus tard, Severus ouvrit la porte mentionnée. Le spectacle qui se tenait devant lui était tout simplement horrifiant.
Millicent se tenait devant lui, figée au sol. Un immense serpent noir venait de planter ses crochets dans son bras gauche. Sans perdre de temps, il lança un "Evanesco" sur l'animal,puis sortit l'antidote aux venins qu'il portait en permanence sur lui, et en versa le contenu dans la bouche de Millicent. Il était paniqué, bien qu'il n'en laissa rien paraître. Pourvu que l'enfant vive, se disait-il.
Quelques minutes plus tard, il sentit le cœur et le pouls de Millicent battre. Il en éprouva un vif soulagement, comme il n'en avait pas éprouvé depuis longtemps. Elle était vivante, Merlin merci.
A présent, elle était évanouie dans les bras de son professeur de potions, qui descendit au salon.
Minerva se précipita et dit, d'une voix marquée par l'effroi.
"-Severus...Par Merlin, dans quel état est-elle?
"-Elle a été mordue. Un serpent l'a mordue. Heureusement, l'antidote et en train de faire son effet. Hagrid, attendez!"
"-Oui, professeur Snape, répondit Hagrid."
"Vous allez lancer trois fois le sort de soins sur Draco et sur son camarade. Vous connaissez la formule, je vous l'ai apprise en début d'année."
Hagrid acquiesça et brandit son parapluie en direction des deux garçons. Il leur sembla que la douleur s'atténuait de façon considérable, du moins en ce qui concernait leurs membres. En revanche, ils étaient détruits psychologiquement. Ou du moins, quelque chose venait de se défaire en eux. Tout se passait comme s'ils n'étaient plus des enfants.
Poudlard, deux heures plus tard, dans le bureau du directeur.
"-Le jeune Malefoy appartient aux Carrow, maintenant, lança Dumbleodre, d'un ton qui se voulait bonasse.
"-C'est faux. répliqua Minerva d'un ton sec. Il ne leur appartient pas , Albus."
"-Ils ont sa tutelle!"
"-Puis-je vous rappeler que c'est vous qui avez donné la tutelle de ce garçon à ces personnes, monsieur le Directeur, intervint Severus, de sa voix veloutée. En principe, vous êtes responsable des dommages qui sont arrivés...
"-Allons, Severus, vous n'allez pas vous en faire pour une petite chose, répliqua Dumbledore d'un ton amusé.
Severus était devenu livide. Il s'apprêtait à répliquer quand soudain, Hagrid tonna, d'une voix puissante:
"-Je ne suis pas d'accord, professeur Dumbledore! Ce n'est pas une petite chose! Ils ont été torturés par ces monstres! Ce sont des anciens partisans de Vous-Savez-Qui..."
"-Drago Malefoy est aussi issu d'une famille de Mangemorts. Je n'ai fait qu'obéir à la prudence."
"-La prudence, Monsieur le directeur!, vociféra Severus, littéralement hors de lui. VOUS PLAISANTEZ OU QUOI, MONSIEUR LE DIRECTEUR?
Ce cri n'avait pas été lancé uniquement par Sevrus. Minerva et Hagrid s'y étaient mis aussi, de concert avec leur collègue.
"-Allons, allons, lança Dumbledore d'un ton léger, je vais vous demander de sortir, je dois appeler Monsieur le Ministre de la soirée, Minerva, Hagrid, Severus.
Puis d'un geste de la main, il les congédia, indiquant l'escalier.
Lui jetant un regard furieux, le trio se tourna lentement vers la sortie et descendit. Hagrid, qui était resté en arrière, lança d'un ton où perçait la déception:
"-Je pensais que la sécurité des élèves était votre premier souci, professeur Dumbledore. Je suis vraiment... après... tout ce que.. vous avez fait pour moi, pour..pourquoi?
Puis le demi-géant descendit les escalier, rejoignant ses deux collègues, la tête baissée, la mine déconfite. Des larmes coulaient à présent dans sa barbe noire.
En silence, l'homme au nez crochu et la femme au regard sévère saisirent chacun une des mains immenses du demi-géant, et tous trois se dirigèrent vers le bureau de Severus, se serrant les uns contre les autres,dans le silence le plus absolu, comme s'il se fût agi d'un deuil.
Severus venait de comprendre une chose. Pour une fois,ils étaient sur la même longueur d'onde, tous les trois. Ils feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour mener les trois enfants sur le chemin long et difficile de la guérison psychologique et morale.
Alors, chers lecteurs, comment trouvez-vous ce dixième chapitre?
Je me ferai un plaisir de répondre à vos reviews, vos commentaires et vos questions.
A bientôt,
