Bonsoir tout le monde !Voilà le chapitre 10, en espérant qu'il vous plaise !
Nous vous remercions toutes, d'une part pour vos lectures, mais également toutes celles qui nous laissent des reviews, notamment les Guest à qui nous ne pouvons pas répondre directement ! Continuez comme ça, vous êtes géniales !
Au menu de ce soir, de la vapeur... On vous laisse apprécier !
Bonne lecture,
Nalou&Flo'w
John savait qu'il devenait paranoïaque. Les menaces de mort qu'il recevait depuis quelques jours le rendaient fou. A l'entraînement du mardi soir, il eut du mal à se concentrer sur ce qu'il faisait, mais personne ne lui fit de remarque, et Greg se montra particulièrement gentil avec lui, le rassurant sur au moins un point : il ne lui en voulait pas pour l'incident de la semaine précédente. L'ambiance de franche camaraderie détendit difficilement le jeune médecin, mais il finit par se plonger dans le jeu, laissant de côté ses soucis.
Mais ils l'attendaient sagement à la sortie du terrain, comme un cocon d'angoisse qui se referma sur lui aussitôt qu'il franchit la grille, et ne le lâcha plus.
Le mercredi fut pire que les jours précédents, si c'était possible. En effet, il ne reçut nulle menace, nul signe de danger, et cette absence l'inquiéta plus encore que les messages macabres du début de semaine. Il passa donc la journée dans un état proche de la panique, et lorsqu'il referma enfin la porte du 221B derrière lui à 18h passées, sans qu'il ne lui soit arrivé quoi que ce soit, il s'effondra contre le battant en tremblant.
Sherlock avait eu tort sur un point. Celui – ou ceux – qui le recherchait n'avait pas perdu son effet de surprise. Il l'avait amplifié au point d'en faire une arme supplémentaire contre John, le plongeant dans l'attente paralysante du moment de l'attaque.
John ferma les yeux et s'obligea à respirer lentement et profondément. Au moins ici, dans sa chambre, il était en sécurité. Il se rendit dans la cuisine pour se préparer du thé, en espérant que la boisson brûlante pourrait calmer un peu ses nerfs. Il se rendit alors compte, surpris, que le bruit de la douche que prenait Sherlock avait tendance à l'apaiser, et la révélation lui arracha un faible sourire.
Alors qu'il mettait la bouilloire en route, il constata que la fenêtre de leur cuisine était couverte de buée. Intrigué, John eut un petit rire. Sherlock prenait un bain de vapeur, pas une douche, pour que même la cuisine soit embuée ! Machinalement, il se tourna vers la porte de la salle de bains pour voir si de la vapeur s'échappait effectivement de l'encadrement… et resta tétanisé.
La peur, l'attente, l'incertitude, tout disparut pour laisser son esprit vide de toute pensée construite.
La porte était grande ouverte.
John eut le temps de remarquer une dernière chose avant que son cerveau ne s'arrête de fonctionner. Si le miroir était désormais opaque, la vitre qui fermait la cabine de douche ne l'était pas suffisamment.
Le haut du panneau de verre était blanchâtre de condensation, mais du premier tiers jusqu'en bas, il était entièrement transparent et Sherlock, à l'intérieur de la cabine, était parfaitement visible.
Il tournait le dos à l'entrée et John était incapable de détacher ses yeux du spectacle qui s'offrait à lui. Le corps mince de Sherlock, ruisselant d'eau, ses mains le parcourant pour le débarrasser de la mousse. Ses longues jambes fines, son dos droit, ses omoplates visibles à cause de sa maigreur… Ses fesses. John déglutit, la gorge sèche, quand Sherlock glissa fermement ses doigts le long de ses flancs et de ses hanches. Impossible d'arrêter de regarder.
Aussi, lorsque Sherlock finit par éteindre le jet d'eau et se retourner, ouvrant la porte vitrée du même mouvement, il tomba nez à nez avec un John hypnotisé, et ses yeux s'écarquillèrent.
« JOHN ?! »
Celui-ci sembla se réveiller et rougit violemment, avant de se détourner avec précipitation. Mais Sherlock avait vu, il en était certain. Sherlock avait eu le temps d'apercevoir qu'il n'était pas resté indifférent à la vision de son corps. Le pantalon de l'uniforme n'était pas si épais… Mortifié, il retourna en vitesse dans la chambre et s'assit sur son lit, posant son ordinateur portable sur ses genoux pour masquer… John ferma les yeux. Il n'osait pas y penser.
Sherlock se sécha rapidement et s'enveloppa dans un drap avant d'hésiter à sortir de la salle de bain. Il n'était pas gêné que John l'ait vu nu, non. Ce qui le troublait, en revanche, c'était sa réaction. Impossible de s'y tromper. Bien plus qu'un pouls rapide ou des pupilles dilatées, c'était le signe incontestable d'une attirance physique. Très physique… Sherlock frissonna au milieu de toute la vapeur. Il avait pourtant décidé que tout cela n'avait pas d'importance, et qu'il n'était pas urgent de reparler de ce qui s'était passé entre eux. Mais le doute, sournois, s'insinuait en lui.
Chassant ces pensées, le jeune homme respira un bon coup et repassa dans la chambre. Il vit tout de suite que John essayait de rester impassible. C'était un échec retentissant. Son front, ses pommettes et ses oreilles menaçaient de se colorer à nouveau d'un écarlate éclatant et il fixait l'écran de son ordinateur d'un regard qui ne voyait rien. Ou pas ce qu'il avait sous les yeux, en tout cas… Sherlock, planté entre les deux lits, ne savait pas quoi faire. Il se sentait prendre la même teinte que son colocataire et s'apprêtait à baisser les yeux, embarrassé, quand deux coups sonores furent frappés à la porte de la chambre.
Simultanément, ils s'empourprèrent et jetèrent un œil à la porte qui s'entrouvrait, en évitant en même temps le regard de l'autre. Mrs. Hudson passa la tête dans l'entrebâillement.
« Bonjour, les garçons ! chantonna-t-elle en entrant dans la chambre. Je venais voir si tout allait bien. John, comment se passent vos premières semaines dans le laboratoire ? Le professeur Jones m'a dit beaucoup de bien de vous !
Les deux colocataires détournèrent le regard, mais Sherlock eut le courage de s'approcher d'elle, tout en essayant de rester bien couvert. Il la repoussa gentiment à l'extérieur.
- Tout se passe très bien, Mrs. Hudson, répondit-il d'une voix un peu plus aiguë qu'à l'ordinaire. Merci d'être passée.
Elle lui lança un regard à la fois réprobateur et amusé, ayant senti la gêne qui envahissait toute la pièce.
- Sherlock ! Ne devriez-vous pas vous habiller ?
- J'en avais l'intention, mais vous êtes arrivée juste avant, répliqua-t-il en lui fermant la porte au nez.
Elle tambourina sur le battant.
- Sherlock ! Enfin, qu'est-ce qui vous prend ?!
- Occupé, Mrs. Hudson ! » lança-t-il à travers tout en poussant le verrou.
Ils entendirent les talons de la directrice claquer en s'éloignant dans le couloir et laissèrent le silence s'établir pesamment, plus gênés encore qu'auparavant.
John finit pas se racler la gorge, toujours rouge vif.
« Hum… désolé… d'avoir euh… vu…
- Je laissais toujours la porte ouverte, avant… que tu sois là… les habitudes ont la vie dure, grommela Sherlock, lui tournant toujours le dos.
- Ah…
John ne sut pas quoi dire et se tut, penaud.
- Pourquoi as-tu regardé ?
- Hein ? Euh… Il y avait de la buée sur la fenêtre de la cuisine… alors je me suis tourné pour savoir si ça venait de la salle de bain… et euh…
John serra les dents, yeux fermés. Il recommença à parler en s'efforçant de maîtriser sa voix.
- Sherlock, sérieusement, pourrais-tu t'habiller maintenant ? Savoir que tu es nu sous ce foutu drap… ça me…
Il s'interrompit, abasourdi de ce qu'il avait failli dire. Ça me donne envie de te l'enlever…
Sherlock se retourna vers lui, l'air perplexe.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Je suis couvert, non ?
John leva les yeux au ciel, sentant ses joues brûler.
- Habille-toi, Sherlock ! »
Sherlock soupira, visiblement agacé. Il attrapa ses vêtements et retourna s'habiller dans la salle de bains. En ressortant, il enfila son manteau et son écharpe bleue, faisant ressortir ses yeux remplis d'incompréhension, et quitta la chambre en claquant la porte.
John en resta sidéré, puis se sentit extrêmement mal. Avait-il donc vexé Sherlock à ce point ? Il tenta de respirer calmement, mais malgré lui il sentait son cœur donner de grands coups douloureux contre ses côtes. Il avait peur. Peur que Sherlock interprète sa réaction de travers et se dise qu'il ne valait pas mieux que Jim. Dieu qu'il se sentait mal… Les paroles d'Anderson lui conseillant de changer de chambre lui revinrent, mais il les chassa d'un revers de main. Hors de question. Ça reviendrait à accepter la défaite, et à dire à Sherlock qu'il le laissait tomber. Il ne lui ferait pas ça. Malgré la situation, n'étaient-ils pas amis ? Il l'espérait.
Tout semblant de calme le quitta, et il commença à faire les cent pas, gagné par l'affolement. Tout lui tombait dessus en même temps. Réussirait-il à faire face aux menaces de mort et à leur potentielle mise à exécution, sans le soutien de Sherlock ? Il en doutait.
Sherlock quitta le bâtiment à grands pas. Il ne savait pas quoi penser. Pas vraiment énervé, pas vraiment calme pour autant. Il ne comprenait pas la réaction de John. Ce genre d'émotions – les émotions en général, à dire vrai – lui était inconnu.
Il erra sur le campus désert, relevant le col de son manteau pour se protéger du vent. La neige se nichait dans ses boucles brunes. Incapable de réfléchir, il marcha sans but pendant longtemps avant que le froid ne se fasse trop intense et le force à rentrer.
Il était près de minuit lorsque Sherlock pénétra dans la chambre 221B. Elle était plongée dans l'obscurité, et John était blotti sous ses couvertures. Sherlock écouta un moment la respiration de son colocataire et comprit que son sommeil était feint. Il soupira et jeta son manteau sur son matelas déjà encombré, avant d'aller d'asseoir à son bureau. Il alluma la petite lampe et la dirigea vers le mur pour ne pas gêner John, et se remit à travailler.
Le lendemain, Sherlock, resté au 221B alors que son colocataire était parti à son entraînement de rugby, ruminait l'absence de celui-ci. Il ne lui avait pas adressé plus de trois mots dans la journée entière, et s'était montré fuyant, presque froid. Il fut tiré de sa réflexion par quelqu'un entrant dans la chambre.
« Bonsoir, cher frère, dit Mycroft en refermant la porte derrière lui.
Le jeune Holmes se sentit immédiatement agacé.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il agressivement.
- Je te rends visite, répliqua son aîné en souriant d'un air supérieur. Greg m'a parlé de certains évènements… J'ai pensé que tu avais besoin d'explications pour t'aider à comprendre ce qui t'arrivait… et ce qui arrive à ce cher John. Non ?
- Et bien sûr, tu es le mieux placé pour ça ?
- Je suis un Holmes comme toi, même si tu as du mal à l'accepter. Je sais comment tu perçois le monde et je sais quel regard tu portes sur les émotions et les sentiments. J'ai eu cette vision des choses, moi aussi. Alors oui, je pense être en bonne position, conclut Mycroft en s'asseyant face à son frère.
Sherlock soupira.
- Très bien. Explique-moi, alors. Qu'est-ce qui arrive à John ? Qu'est-ce que je fais de mal pour qu'il soit si distant maintenant alors que jusqu'ici…
- Ce n'est pas très compliqué… John est visiblement attiré par toi – non, laisse-moi parler ! – mais comme il est un peu moins limité que la moyenne, il a compris que ça risquait de te rebuter ou même de te faire peur. Par conséquent, il masque ce qu'il ressent. C'est pour ça qu'il est distant. Tu ne t'en rends peut être pas compte, mais c'est certainement pénible pour lui de te côtoyer et de ne pas pouvoir partager ses sentiments avec toi. Par ailleurs, je crois savoir qu'il traverse une phase difficile. Des nouvelles de Glasgow, peut-être ?
Sherlock resta silencieux quelques instants, le temps que les informations s'imprègnent dans son esprit.
- Que dois-je faire, dans ce cas ? interrogea-t-il, éludant volontairement la question de Mycroft concernant l'Ecosse.
- Tout dépend de ce que tu veux. Mais que tu ressentes ou non la même chose pour lui, ce qui le blesse le plus, c'est de voir que tu y es indifférent. Même si tu n'es pas attiré par lui, il préfèrerait sans doute que tu le lui expliques plutôt que de juste faire comme si de rien n'était. Tu lui as donné de l'espoir en le laissant t'embrasser. Tu ne peux pas simplement l'ignorer, tu saisis ?
Sherlock hocha la tête. Mycroft se leva et posa une main sur l'épaule de son petit frère, qui se dégagea brusquement.
- Typiquement la chose à ne pas faire si j'avais été John » railla l'aîné en quittant la pièce.
Le jeune chimiste réfléchit longtemps à ce que Mycroft lui avait dit et prit la décision de parler à John. Mais lorsque ce dernier rentra après son entraînement, il était épuisé et fila sous la douche, avant de se coucher sans manger, sans un mot ni un regard pour Sherlock qui se renfrogna. Mycroft avait peut-être tort ? Peut-être que John était simplement stressé – plus que stressé – par les menaces… Troublé par le silence de son colocataire, il alla se préparer du thé et le but sans y prendre plaisir. Bien que le sachet provienne de la même boîte et l'eau de la même bouilloire, ça n'avait pas le même goût.
John, tourné vers le mur, les yeux étroitement fermés, sentait le regard de Sherlock sur lui. Il n'osa pas se retourner de peur de constater que les yeux de son colocataire exprimaient de l'agacement, ou pire, du dégoût.
Mais il n'en était rien. L'expression de Sherlock était hésitante, indécise, mais son regard était doux alors qu'il parcourait le corps de son ami recroquevillé sous les couvertures.
Au réveil, John trouva une tasse de thé sur son bureau. Sherlock était visiblement déjà parti, et même si le thé était presque froid et bien trop infusé, l'attention arracha à John un petit sourire. Il ne savait pas ce qui avait poussé Sherlock à lui préparer du thé, mais ça le réconfortait légèrement. Il se prépara rapidement, et arriva au laboratoire en même temps qu'Anderson.
« Salut, John. Alors, le taré va bien ?
Les nerfs de John, déjà grandement sollicités par ses autres ennuis, menacèrent de lâcher.
- Arrête de l'appeler comme ça » grogna-t-il, plein de colère retenue, en allant s'installer.
L'autre étudiant eut un petit rire narquois mais n'ajouta rien. La matinée s'écoula lentement. John avait hâte de voir midi arriver, pour savoir ce que Sherlock avait voulu lui dire avec ce thé. Aussi, il fut déçu de voir qu'il ne l'attendait pas devant le labo à l'heure du repas. Désenchanté, il traîna les pieds jusqu'à la cafétéria et lança un regard vers sa table. Sherlock n'y était pas. De plus en plus contrarié, John ne prêta pas attention à ce qu'il posait sur son plateau et alla s'asseoir.
Sherlock arriva quelques minutes plus tard, visiblement essoufflé.
« Loupé l'heure… » fut tout ce qu'il put dire.
John haussa les épaules et continua à manger. Sherlock en était donc au point de ne plus faire attention à l'heure. Il se sentit diminué, insignifiant. Celui qu'il croyait être son ami ne faisait même plus semblant de s'intéresser un tant soit peu à lui. La tasse de thé laissée sur son bureau avait probablement été abandonnée par Sherlock, et non placée en évidence pour lui. John se fustigea mentalement. La peur détraquait son cerveau. Sherlock avait toujours été distant, non ?
Il termina son repas sans lever les yeux de son assiette et ne put donc apercevoir que Sherlock le regardait timidement, et ouvrait la bouche régulièrement comme s'il allait parler, mais la refermant à chaque fois, mis mal à l'aise par le mur que lui opposait John.
Le blond finit par se lever, évitant toujours de croiser les yeux de Sherlock, et alla débarrasser son plateau. Puis il partit à grands pas vers le laboratoire, sans voir que Sherlock le suivait. En arrivant devant la porte, ce dernier le rattrapa.
« John… » commença-t-il, mais le regard froid et le visage fermé de celui-ci l'empêchèrent de continuer.
John referma la porte derrière lui, laissant Sherlock planté dans le couloir. Anderson, qui était déjà revenu de son déjeuner, ricana ouvertement.
« Alors, tu commences à comprendre pourquoi on l'appelle le taré ?
Les éclairs que lancèrent les yeux de John lui firent penser qu'il n'aurait peut-être pas dû dire ça. Les nerfs du blond se consultèrent une fraction de seconde avant de prendre une décision à l'unanimité. Ils lâchèrent.
- Va te faire foutre, Anderson, gronda John d'une voix hachée. C'est toi qui as quelque chose à comprendre. N'importe qui devrait être capable de voir qu'il n'est pas fou, mais simplement différent ! Mais vous préférez vous limiter au fait que son caractère est un peu particulier pour le juger, au lieu d'essayer de le connaître ! C'est un être humain, bordel, au même titre que toi, peut-être même plus ! Tu devrais remercier le ciel chaque jour de ne pas être à sa place. Tu serais déjà probablement mort ou interné, tellement tu es lent et faible ! Alors tu vas répéter ça : IL. N'EST PAS. TARE ! MAINTENANT LAISSE MOI BOSSER OU TON DIPLÔME TE SERVIRA A FAIRE TA PROPRE AUTOPSIE ! »
L'étudiant légiste ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, comme un poisson hors de l'eau. La voix de John s'était faite de plus en plus forte au cours de sa tirade et sa colère était presque palpable. A mi-chemin entre la honte et la peur, sous le regard assassin de John, Anderson baissa la tête et retourna à son travail.
John tremblait et se détourna pour rejoindre son bureau. Ce faisant, il jeta un œil par la fenêtre qui donnait sur le couloir et s'immobilisa. Sherlock était resté là et au vu de sa mine, il avait tout entendu.
Et, bien plus que la satisfaction – intense – d'avoir cloué le bec d'Anderson, ce fut la réaction de Sherlock qui fit naître un vrai sourire sur les lèvres de John, pour la première fois depuis plus d'une semaine. Les yeux bleus et perçants du brun se plongèrent dans les siens, et s'il resta impassible, son regard avait l'éclat incomparable qu'il prenait lorsque Sherlock souriait. Puis tout son visage accompagna ses yeux et il offrit à John son merveilleux sourire.
Lorsque Sherlock se détourna finalement, John ressentait un soulagement indicible.
Lorsqu'il quitta finalement le laboratoire, il fut surpris de trouver Greg en bas du bâtiment.
« Ah, John ! Je t'attendais !
Surpris, John serra la main qu'il lui tendait.
- Ah bon ?
- Ouais, je voulais t'appeler, mais je me suis rendu compte que je n'avais pas ton numéro. Mycroft m'a dit que tu étais dans ce bâtiment-là, alors je suis venu t'attendre. J'ai quelque chose à te demander.
- Qu'est-ce que c'est ? interrogea John, perplexe.
- Hum… Essaie de faire comme si c'était une terrible nouvelle et que tu étais compatissant… commença Greg.
Il se retenait visiblement de sourire.
- Tu sais que le match de samedi dernier a été reporté à demain, mais… Dennis est toujours malade, il ne pourra pas jouer.
- Mince, répondit John, l'air embêté, le pauvre... En plus il vous manque un joueur, comment vous allez faire pour le match ?
- Est-ce que tu serais partant pour le remplacer ? continua Greg en laissant son sourire apparaître.
John évita soigneusement de répondre « Oui, si je suis encore vivant à ce moment-là », et se concentra sur la proposition de Greg.
- Evidemment ! s'exclama-t-il, avant de se reprendre. Je veux, dire, oui, s'il le faut… J'espère que Dennis se rétablira vite… Je ne suis pas du tout surexcité à l'idée de jouer un vrai match…
Greg éclata de rire.
- Merci. Comme ça je culpabilise moins d'être content que ce soit toi qui joues ! Demain, on se retrouve au stade de l'université, pas au terrain habituel. Tu sais où c'est ?
- C'est difficile de le manquer, répliqua John qui visualisait très bien l'immense construction ovale.
- C'est vrai. Le match est à 14h, je voudrais que toute l'équipe mange ensemble à midi pour qu'on se concentre et qu'on discute un peu de stratégie. J'ai donné rendez-vous vers 11h30, d'accord ?
- Parfait.
- Alors je compte sur toi. A demain ! »
Greg s'éloigna avec un signe de la main, et John prit le chemin du 221B sans cesser de sourire. Décidément, cet après-midi était bien agréable…
« J'ai faim, dit Sherlock à peine celui-ci ouvrait la porte.
- Tu as attendu que j'entre pour le dire ou j'arrive pile au bon moment pour l'entendre ? demanda John.
Son colocataire lui jeta un regard gêné.
- Je n'ai pas fait attention. Ça ne s'adressait pas forcément à toi.
John haussa les épaules.
- Je vais préparer à manger. »
Il s'éclipsa dans la cuisine et commença à faire la cuisine. Il sentit que Sherlock s'approchait de lui.
« John…
Sherlock semblait hésiter.
- Laisse tomber » finit-il par dire en retournant dans la chambre.
John ne se retourna pas. Laisse tomber quoi ? Laisse tomber, je n'ai en fait rien à te dire ou laisse tomber, abandonne tes espoirs me concernant ? interrogea-t-il silencieusement.
Leur repas se déroula dans une ambiance pesante ponctuée de débuts de phrases marmonnés et de silence gênés. John s'en contenta. C'était peut-être un progrès vis-à-vis du silence glacé des deux derniers jours, et ça lui permettait de penser à autre chose qu'à la mort qui le guettait.
« Je joue le match de demain, annonça-t-il finalement, attendant la réaction de Sherlock.
- Hmm, fit celui-ci. Oh, au rugby, tu veux dire ? Bien. C'est bien. Je veux dire… C'est bien, s'emmêla Sherlock.
- Je mange avec l'équipe le midi. Tu te débrouilleras pour le repas… ? »
Sherlock hocha la tête. Le silence s'installa à nouveau. John débarrassa leurs assiettes et alla faire la vaisselle. Puis il s'installa dans son lit avec un livre, mais fut incapable de faire attention à ce qu'il lisait, son cerveau déjà trop rempli par les derniers évènements. Il finit par éteindre sa lampe de chevet et se coucha.
Lorsqu'il fut sûr que John était endormi, Sherlock s'approcha du lit et pencha la tête vers son colocataire. Il l'observa longtemps, prenant le temps de détailler ses traits enfin détendus. Il dut se retenir de passer ses doigts sur le front lisse du blond et resta interdit en s'en rendant compte.
« Bonne nuit, John. » murmura-t-il en retournant finalement à son bureau.
Voilà voilà ! Fin du chapitre 10 ! Il va falloir qu'on se bouge pour l'écriture, car nous n'avons plus qu'un chapitre terminé d'avance !
Mais les choses sérieuses commencent bientôt...
! Avertissement ! Nous allons bientôt passer en Rating M, alors pour celles qui ne nous follow pas, pensez à mettre le filtre correspondant sur "tout rating" !
