Une aventure d'Astérix

Astérix et l'Urne Magique


Chapitre 9 : Plan de bataille

« MAIS VOUS ÊTES COMPLÈTEMENT INCONSCIENT OU QUOI !? » hurle Astérix en fusillant littéralement du regard les Villageois devant lui.

Il ne pouvait pas croire ce qu'il entend : les Villageois avaient fait venir Apeldjus au Village et, malgré l'arrivée de la dangereuse Frima, ils n'avaient pas prévenu Petiminus et Dulcia pour leur dire de rester à Rome et de ne pas emmener Apeldjus. Maintenant, le petit Romain était ici, au Village ! Une cible parfaite pour cette enchanteresse givrée !

« S'il n'y avait eu que les Romains, ça n'aurait pas été grave ! Mais avec cette espèce de folle givrée en liberté dans la forêt ! Vous y avez pensé !? Vous voulez quoi ? Qu'on l'utilise comme bouclier ? Vous êtes encore plus fous que je le croyais !

_Allons, Astérix ! s'indigne Panoramix, assis à côté d'Apeldjus qui caresse tendrement Idéfix pour se consoler. Tu crois vraiment que j'aurais accepté ça ou même laissé faire ?

_On avait complètement oublier qu'il devait venir. s'explique Abraracourcix, perché sur son siège de conseil. Faut dire que l'arrivée de Frima et ce qui est arrivé à Obélix, on s'est un peu emmêlé les idées...

_Et pourquoi l'avez-vous fait venir ici, d'abord !? » grogne Astérix.

Apeldjus se fige. Astérix et Obélix n'avaient pas été mit au courant de son arrivée ? Ils avaient oubliés leur anniversaire ? Comment est-ce possible ? Apeldjus n'oubliait jamais sa date de naissance ! Peut-être qu'en grandissant, on oubliait plus souvent... après tout, Astérix et Obélix étaient bien plus vieux que lui et ils avaient bien d'autres choses à penser. Les autres Villageois hésitent. Devaient-ils cracher le morceau ou devaient-ils garder la surprise jusqu'au jour J qui était dans deux jours ?

Puis, Panoramix ne supportant plus de voir le regard furieux d'Astérix, le druide se redresse et déclare calmement :

« Il est venu ici pour célébrer un événement rarissime qui a eu lieu il y a trente-six ans dans ce village.

_Quel événement ? s'étonne le petit guerrier, cherchant dans toutes les fêtes qui lui viennent à l'esprit.

_La naissance de deux enfants. Deux garçons nés le même jour et à la même heure ! »

Astérix pâlit comme un linge lorsque la réalisation le frappe de plein fouet comme un menhir en pleine tête. Il avait complètement oublié leur anniversaire à lui et Obélix. Bien que ces deux-là passent rarement une journée séparés, ils n'avaient jamais été séparés ce jour-là où ils avaient décidés de naître exactement en même temps ! Cela lui mit à nouveau un gros coup au moral. Se prenant la tête dans les mains, il marmonne en reculant jusqu'au mur, se laissant ensuite glisser sur le sol, les yeux égards et tremblant de haut en bas. Les Villageois observent cela sans rien dire mais leur cœur se serre à cette vue. Même s'ils ne pouvaient comprendre ce que ressentait Astérix, puisque personne n'avait quelqu'un qui partageait une date de naissance commune comme les deux inséparables, ils comprenaient que c'était dur pour lui car ce jour-là, Obélix devenait plus un frère jumeau qu'un ami pour le petit guerrier. Panoramix, qui a toujours été le seul à comprendre presque totalement les deux amis (en dehors de leurs parents respectifs*), s'agenouille à ses côtés.

« Je sais que c'est dur pour toi, Astérix, mais il faut te ressaisir. Nous avons besoin de toute nos forces pour vaincre Frima !

_Quelles forces ? Sans la potion magique et sans Obélix, on ne peut pas vaincre cette enchanteresse...

_Voyons, Astérix ! s'affole Abraracourcix. Tu ne peux pas abandonner ! Pas toi !

_Pourquoi !? hurle Astérix en fusillant le Chef du regard. Parce que j'ai toujours été là pour sauver vos moustaches, je n'ai pas le droit d'admettre la vérité ?

_Hé, gamin ! s'indigne Agecanonix en s'avançant vers lui. On comprend que tu es triste pour ton copain mais...

_VOUS COMPRENEZ !? »

Le hurlement du petit Gaulois effraye tout ceux présent dans la hutte. Surtout qu'en hurlant, il s'est redressé sur ses jambes, les yeux remplis de larmes et de rage, et semble plus menaçant que jamais.

« Comment osez-vous dire que vous me comprenez ? Vous n'avez jamais eu quelqu'un comme Obélix à vos côtés ! Vous n'avez jamais défendu un ami comme s'il avait été votre frère ! Vous n'avez jamais vu cet ami faible et sans défense face aux autres, être battu par les autres parce qu'il est différent ! VOUS NE SAVEZ MÊME PAS CE QUE C'EST DE BRAVER UNE INTERDICTION POUR L'AIDER!* NI CE QUE C'EST QUE DE LE VOIR SE BATTRE CONTRE UNE FORCE QU'IL NE MAÎTRISE PAS ET QU'IL CRAIGNAIT ! hurle-t-il, choquant les autres mais surtout Panoramix. Alors, ne venez pas me dire que vous me comprenez !

_Moi, je crois que je peux comprendre. »


Tous se tournent vers la porte de la hutte pour voir un silhouette d'un Gaulois blond en tunique bleu à carreaux blancs et à la cape rouge. Le jeune homme semble effrayé mais en même temps déterminé. Regard rare chez ce jeune Gaulois que tous reconnaissent.

« Assurancetourix ? » suffoque le druide.

Le jeune barde est tremblant, craignant toujours les retombées des horreurs qu'il a dit, mais il ne veut pas continuer à se cacher éternellement comme un lâche. Le Village avait besoin de tout le monde pour trouver une solution et peut-être que sa petite conversation avec Frima allait aider. Alors qu'Astérix le fusille du regard, certainement toujours blessé par ses paroles sur Obélix, Assurancetourix s'avance vers lui et s'explique :

« Je ne comprend peut-être pas ce que toi ou Obélix ressentez quand vous êtes ensemble parce que j'ai toujours été seul... mais je peux comprendre ce que c'est que d'être isolé, d'être seul. Je n'ai jamais connu ma famille et même si le village a essayé de m'élever comme tel, ça ne remplira jamais le vide d'une vraie famille. Être ignoré, rejeté, ça aussi je sais ce que c'est !

_Tais-toi, Assurancetourix ! grogne Astérix, énervé. Tu le dis toi-même ! Tu as toujours été seul ! Tu ne peux pas comprendre ! Personne ne pourra jamais me comprendre ! »

Le petit guerrier passe furieusement à côté du barde, les poings serrés, décidé à l'éloigner le plus possible pour éviter de s'énerver d'avantage.

« Obélix, lui, il peut ! » déclare soudain Apeldjus.

Tous se tournent vers lui, surpris, sauf Astérix qui est littéralement figé sur place. La colère est remplacée par la tristesse. Parler de son ami lui est encore difficile alors parler de lui comme s'il était là... mais Apeldjus ne peut pas supporter d'avantage de voir l'ami de son ami déprimé à ce point. Courant pour se placer devant lui, il déclare :

« Tu dis que toi et Obélix, vous êtes nés le même jour. Que vous êtes comme frères. Alors ce que tu ressens, Obélix le ressent aussi ! Et je suis sûr qu'il croit en toi ! Qu'il sait que tu vas le sortir de là !

_Apeldjus a raison ! s'exclame Assurancetourix en rejoignant l'enfant et le guerrier. Obélix et toi, vous êtes unis comme les doigts de la main ! Rappelle-toi l'histoire avec le chaudron de Moralélastix* ! Tu as été banni du Village et Obélix t'as suivit sans penser un seul instant que vous pourriez ne jamais revenir ! Il ne t'a jamais abandonné, même quand tout vos espoirs de réussite étaient à zéro ! Et rappelle-toi avant qu'il ne tombe dans la marmite !* C'était pas toi le petit Gaulois qui n'avait pas peur des grands quand il s'agissait de défendre son ami ? C'est pas toi qui a souvent fini couvert de bleu pour éviter les coups à Obélix ? Et pour finir, ce n'est pas toi qui a aidé Obélix à faire face à sa force après l'accident ? Tu l'as défendu quand vous étiez petit ! Il t'a défendu après pour rembourser sa dette ! Vous avez toujours pu compter l'un sur l'autre ! Et Frima m'a appris qu'elle pouvait toujours penser dans cette urne ! Alors je suis sûr qu'en cet instant, Obélix n'attend qu'une chose : que tu ailles l'aider et que tu le sortes de là ! Comme tu l'as toujours fait ! »

Astérix est figé sur place, tremblant, perdu. Obélix pouvait encore pensé dans cette étrange prison magique ? Alors à quoi pouvait-il pensé ? À quel point Astérix était lâche pour ne pas être déjà intervenu plus tôt ? Espérait-il toujours ? Ou avait-il déjà abandonné ? Soudain, il sent la main d'Apeldjus qui saisit la sienne. Le petit garçon glisse quelque chose dans son poing et sourit d'une manière encourageante. Le guerrier blond ouvre sa main pour y voir le petit menhir que son ami a taillé pour que l'enfant puisse jouer avec. Cela lui rappelle de vieux souvenirs. Ce jouet fait resurgir des mémoires enterrées mais non oubliées. Et l'une d'elles lui revient parfaitement. Le jour où il a apprit que les effets de la potion magique seraient permanents chez Obélix.


Flashback :

Tout les enfants jouent paisiblement dans la cour de l'école. Tous sauf un ! Le jeune Astérix est assis sous un grand chêne et lit ses tablettes gravés. Depuis qu'il avait aidé Obélix a entré dans la hutte du Druide et qu'il l'avait accidentellement fait tomber dans la marmite de potion magique, Obélix n'allait plus à l'école. À vrai dire, il n'y avait même plus d'école pour le moment. Le cas d'Obélix était assez inquiétant pour que Panoramix l'ausculte tout les jours, le surveille et passe beaucoup de temps avec lui. Alors même si les autres étaient aussi ses amis, Astérix n'avait pas le cœur à jouer. Il se sentait un peu responsable de ce qui arrivait à son ami et son cœur était divisé entre deux choix : se taire et garder secret son rôle dans l'accident (car personne n'avait fait le lien avec lui) ou tout avouer au Druide et à ses parents, quitte à avoir une belle remontrance et que ses parents ne lui fassent plus confiance. Mais cette dernière possibilité l'affolait. Son père était tellement fier de lui, de son fiston tellement bon à l'école qui défendait son ami coûte que coûte et qui n'avait pas peur des autres. Que dirait-il s'il apprenait que son fils avait aidé son ami à braver l'interdit pour boire de la potion magique et qu'en plus, il avait été assez égoïste pour laisser son ami tomber dans la marmite afin de ne pas être gronder ? Ça, c'était quelque chose qu'il ne voulait pas savoir ni même essayer de savoir. Il avait trop peur de la réaction finale.

Soudain, Assurancetourix arrête d'accorder sa harpe et s'exclame :

« Regardez ! Obélix arrive ! »

Tous se retournent et voient leur ami arrivé calmement. Il les salue d'un geste de main et court les rejoindre.

« Bonjour ! salut-il poliment. Je peux jouer avec vous ?

_Ça s'est calmé, tes excès de force à cause de la potion magique ? demande Cétautomatix.

_Bah... je ne sais pas trop... »

Obélix n'avait pas très envie de leur dire que le druide pensait que cette force risquait d'être permanente. Même si lui ne savait pas ce que voulait dire ce mot, les autres pouvaient le savoir. Surtout Astérix qui les a rejoint, ses tablettes coincées sous son bras.

« Qu'est-ce que le druide t'a dit exactement ? demande ce dernier.

_J'ai pas tout compris... »

Les enfants hésitent un peu... puis au final, tous haussent les épaules. Rien ne les empêchaient de jouer avec Obélix. Mais alors que tous s'éloignent pour trouver un jeu amusant, Astérix fronce les sourcils en observant son meilleur ami. Son comportement n'est pas normal. Il cachait quelque chose.

Haussant les épaules, il rejoint le petit groupe après avoir posé ses tablettes sur un des bureaux de l'école. Les murmures reprennent, chacun cherchant quel jeu faire. Certains voudraient imiter les batailles des adultes et d'autres dérivent sur les poissons peu frais du père d'Ordralfabétix. À vrai dire, ce dernier et le fils du forgeron, Cétautomatix, se disputent déjà à ce sujet et, à les regarder, les poings leur démangent. Chose que remarque Gommarabix*. Celui-ci regarde soudain Obélix avec un mauvais sourire.

« On a qu'à jouer à Gaulois contre Romains ! déclare-t-il. Et Obélix jouera le Gros de la troupe de César !

_Mais je ne suis pas gros ! bougonne Obélix, se rappelant de ce que lui a dit Panoramix.

_Écoute, Obé ! Dans la vie c'est comme ça ! T'as les forts et les faibles ! ricane le gamin en souriant d'une manière presque effrayante. Les forts, c'est les Gaulois et nous ! Et parmi les faibles, y'a les Romains... et y'a toi ! »

Obélix est figé sur place, blessé. Tremblant de tout son corps, il comprend ce que va faire Gommarabix... tout comme Astérix et les autres enfants. Alors que tous proposent de laisser Obélix tranquille (car ils ont eu de gros problèmes avec leurs parents après l'accident de la marmite), le jeune caïd lève son poing en criant :

« Par Toutatis et Bélénos ! »

Mais avant qu'il n'ait le temps de baisser son poing pour frapper le gamin rondouillard, Obélix le frappe le premier pour se défendre. Mais sous la peur, il ne s'est pas rendu compte de la force mise dans son coup. Alors Gommarabix se retrouve projeté quelques mètres plus loin et se cogne violemment contre le tronc de l'arbre. Voyant ça, tous les enfants s'écartent d'Obélix, inquiets. Ce dernier pâlit et regarde ses mains. Il avait à nouveau utiliser sa force surhumaine et n'avait pas contrôler sa puissance.

Furax, Gommarabix se redresse en massant son menton.

« C'était quoi, ça !? Je croyais que tu n'étais plus aussi fort ! s'énerve-t-il en rejoignant Obélix.

_Mais je ne sais pas quand est-ce que ça va s'arrêter ! panique Obélix. Panoramix a dit que cela pouvait être permanent et il ne m'a pas dit quand je vais redevenir normal ! »

À ces mots, tous suffoquent et la grande majorité s'éloignent encore plus du petit rouquin rond. À leur réaction, il comprend qu'ils savent ce que veut dire « permanent » contrairement à lui. Gommarabix, se remettant du coup et du choc, s'approche de celui qui fut son Romain-à-baffer et grogne, furieux :

« Es-tu vraiment assez bête pour ne pas comprendre ce que veut dire « permanent » ? Cela veut dire que les effets ne vont pas s'arrêter ! Que jamais, au grand jamais, tu ne seras à nouveau normal ! Tu auras toujours cette force surhumaine ! Jamais ça ne s'arrêtera ! »

Maintenant que la définition de « permanent » est clair dans sa tête, Obélix pâlit légèrement. Il semblait seulement comprendre qu'il ne serait jamais normal à nouveau. Il est soudain ramené à la réalité par un choc léger contre sa joue... ou au moins, il ne sent que faiblement le rageur coup de poing de Gommarabix. Le gamin se met à hurler de douleur en agitant son poing endolori. La force d'Obélix lui permettait de contrer également les coups et de ne pas ressentir la douleur. Son ancien bourreau lève les yeux vers lui, furieux, et grogne :

« Je ne sais pas ce que tu vas devenir mais tu ne seras jamais un Gaulois ! Tu es beaucoup trop fort pour ça ! »

Obélix se fige et devient blanc comme un linge. S'il ne pouvait pas être un Gaulois à cause de cette force, alors qu'allait-il être ?


Les autres enfants observent le fils du tailleur de menhirs avec un regard étrange à mi-chemin entre la peur et l'horreur puis, suivant le caïd Gommarabix, tous s'éloignent de lui. Obélix sent les larmes lui monter aux yeux. Non seulement, il ne serait plus jamais normal mais en plus, sa trop grande force faisait qu'il était rejeté par les autres. Pourquoi Panoramix ne l'avait pas prévenu de cette possibilité ? Pourquoi ses parents ne l'avaient pas prévenu eux non plus ? Pourquoi fallait-il qu'être fort rime avec être rejeté ?

Obélix fait tout pour retenir ses larmes afin de ne pas pleurer devant les autres, lorsque soudain, une main saisit la sienne. Sursautant, il se tourne vers celui qui lui tient la main et se fige en voyant Astérix. Le petit blondinet le regarde avec un regard triste.

« Je suis désolé, Obélix. » dit-il, la voix nouée.

Il se sentait responsable. S'il n'avait pas convaincu Obélix, jamais il ne serait entré chez le druide, jamais il n'aurait essayé de boire de la potion et surtout, jamais il ne serait tombé dedans ! Et si lui, Astérix, avait été plus prudent et moins soucieux de ce que le druide pourrait penser de lui, il n'aurait pas laisser son ami tomber dans la marmite et aurait essayé de l'aider. Il se sentait honteux, comme un lâche. Mais la phrase d'Obélix le stoppe dans ses pensées noires et tristes.

« Pourquoi ? C'est pas de ta faute. »

Astérix redresse la tête, surpris. Obélix était-il vraiment assez « stupide » ou juste trop gentil pour admettre que c'était la faute de celui qui l'a protégé toutes ces années, qui l'avait aidé, qui l'avait soutenu... mais il ne peut pas supporter ce pardon simple sans explication.

« Obélix ! C'est à cause de moi que tu es entré chez le druide ! C'est à cause de moi que tu es tombé dans la marmite ! Tu ne m'en veux pas ? »

Obélix fronce les sourcils, comme s'il réfléchissait. Astérix se sent pris de tremblements. Est-ce que Obélix allait lui en vouloir ? Allait-il tout dire au Druide et à leurs parents ? Allait-il le détester au point de ne plus lui parler ? Alors qu'il sent des larmes lui monter aux yeux, Obélix demande :

« Tu as fais exprès ?

_Non ! panique le petit blond. Je voulais juste t'aider à te défendre mais jamais je ne voulais que tu ais une force permanente comme celle-là ! Je te jure, par Toutatis ! Jamais je n'aurais voulu ça...

_Bah alors pourquoi je t'en voudrais ? »

Astérix est figé par la simplicité de son ami et se jette à son cou, fou de joie. Obélix le soulève sans difficultés mais fait attention à ne pas le serrer trop fort.


Après avoir couru dans tout le village pour jouer à chat et à cache-cache, les deux amis s'assoient sur le sol de la carrière du père d'Obélix. Obélodalix ne leur avait jamais interdit de s'y rendre sauf s'il y travaillait.

« Qu'est-ce que t'a dit Panoramix exactement ? demande Astérix.

_Comment ça ?

_À part que les effets risquent d'être permanents, qu'a-t-il dit ?

_J'ai pas tout compris... il a dit qu'il fallait que j'apprenne à contrôler mes nerfs pour contrôler ma force.

_Ah ! Je suppose que cela vient du fait que les émotions contrôlent parfois la force.

_Hein ? s'étonne Obélix.

_Quand tu as peur, tu te protèges ! Et parfois, lorsque les émotions prennent le dessus, on ne se rend pas compte de la force qu'on peut mettre dans nos coups. Tu vois bien les batailles de poissons lorsque Ordralfabétix va se plaindre à son père. Les adultes énervés ne contrôlent pas toujours leur force. »

Obélix fronce les sourcils puis hausse les épaules. Il ne s'y connaissait pas assez pour dire si c'était possible. Après tout, il n'avait jamais été assez en colère pour essayer de frapper les autres. En faites, il n'avait osé frapper les autres que lorsqu'il se savait sous la force de la potion magique.

Soudain, Panoramix passe devant la carrière et voit les deux enfants qui discutent. Souriant, il s'avance vers eux.

« Alors les deux inséparables ? Belle journée, n'est-ce pas ? »

Les deux garçons redressent la tête, surprit, puis Astérix sourit.

« Bonjour, Panoramix notre Druide ! »

Obélix lance un timide sourire et baisse la tête. Devant cette réaction, le druide s'assit à leur côté. Lui et Astérix observent le gamin rondouillard, inquiets.

« Je suppose qu'Astérix sait. soupire le vieux mage.

_Et il est pas l'seul... marmonne le gamin.

_Allons, Obélix. Ne soit pas si défaitiste. Il faut leur laisser le temps de se faire à l'idée. Une fois cela fait, tout ira bien, j'en suis certain. »

Le petit rouquin sourit brièvement. Cela doit rassurer le druide qui se lève et s'éloigne avec un léger petit signe de main. Astérix sourit en le saluant puis se tourne vers Obélix.

« Tu repenses à ce qu'a dit Gommarabix ? »

Son ami hoche la tête en serrant ses genoux contre sa poitrine. Astérix le voit trembler légèrement et les yeux bleu du petit rouquin se remplissent de larmes.

« Hé ! Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiète le fils d'Astronomix.

_Tu crois qu'il dit vrai ?

_À propos de quoi ?

_De ma force... et que je serais jamais un Gaulois à cause de ça...

_Dit-moi, Obélix, ton père est quoi ?

_Bah tailleur et livreur de menhirs !

_Oui mais est-ce un Romain ?

_Mais non ! C'est un Gaulois ! »

Astérix sourit au froncement des sourcils d'Obélix.

« Exact ! Et ta mère ?

_Bah une Gauloise !

_Exact encore une fois ! Et donc, Gaulois et Gauloise donne... ? »

Obélix fronce encore plus les sourcils, réfléchit quelques instants puis hausse les épaules.

« Un Gaulois ou une Gauloise ?

_Dans le M* ! Donc, si t'es parents sont des Gaulois, tu en es forcément un ! Peu importe ce que dit Gommarabix et peu importe la force que tu as ! »

Obélix médite quelques secondes puis sourit avant de se jeter au cou de son ami.

« Astérix, t'es l'ami le plus génial qu'un Gaulois puisse avoir ! »

Bien qu'un peu secoué par l'accolade soudaine de son compagnon rondouillard, Astérix sourit, ravi d'avoir aider à ramener le sourire et la confiance chez son ami. Réussissant à se libérer de cette étreinte, il propose à Obélix de l'aider à s'entraîner avec sa force. Souriant et main dans la main, les deux amis s'éloignent jusqu'à la cour de l'école avec le but de maîtriser et développer cette force unique et magique sous le regard amusé de Panoramix.

Fin Flashback.


Le menhir dans sa main, aussi petit soit-il, lui rappelait Obélix. Au début, il avait eu peur de sa force et Astérix l'avait aidé à accepter ce qu'il était : un Gaulois plus fort que les autres sans pour autant être moins sensible. Et même si son ami était responsable de cette force de peur, le Gaulois enveloppé ne lui en avait jamais voulu. Il avait toujours voulu être son ami, il ne l'avait jamais abandonné même dans les pires moments, même après les plus grosses disputes, même après les bouderies, même après qu'il ait été banni, même lors de la Zizanie... jamais il ne pouvait se rappeler d'un seul instant où Obélix l'ait laissé tomber après qu'il soit devenu aussi fort. Alors maintenant qu'Obélix était en danger, vulnérable, il n'allait pas le laisser tomber. Serrant presque rageusement le mini-menhir dans son poing, Astérix se tourne vers le Village, une force nouvelle dans le regard.

« Obélix a besoin de nous ! Nous devons vaincre Frima ! Et le ciel devra me tomber sur la tête pour m'empêcher de sauver mon ami ! »

Les Villageois ne peuvent s'empêcher de hurler de joie au retour de l'espoir de leur petit guerrier. Panoramix sourit, ravi de revoir Astérix, et Apeldjus, fou de joie, serre le petit Gaulois dans ses bras. Enfin, il retrouve ses héros !


« L'important est de découvrir le point faible de Frima. marmonne Astérix en se frottant le menton. Une fois qu'on aura mit la main dessus, on pourra sûrement trouver quelque chose pour l'affaiblir et récupérer l'urne pour libérer Obélix.

_Bah le problème c'est que, à part en allant l'affronter une fois de plus, on ne peut pas en apprendre plus. soupire Abraracourcix. Avec sa magie, si elle nous découvrait, on serait dans un pétrin encore plus grand que celui dans lequel on est.

_Pas besoin de l'affronter ! »

Tous se tournent vers Assurancetourix. Le barde, assis à côté du druide, est étonné que personne ne songe à lui demander alors qu'il a déjà affronté cette enchanteresse.

« Frima m'a avouée qu'elle ne voulait qu'une chose : l'admiration ! Qu'elle se sentait rejetée, incomprise, et qu'elle voulait une famille. Elle est persuadée qu'Obélix et moi, nous sommes comme elle : dotés d'un don venu des Dieux.

_Voilà qui est étrange... marmonne Panoramix. Je ne me rappelais pas qu'elle avait ces sentiments ?

_Mais d'où la connais-tu, Panoramix ? s'interroge le Chef.

_En tout cas, elle a prit un coup de gel dans la tête ! ricane Cétautomatix. Elle a dit que notre druide était son petit frère alors qu'elle a quel âge ? La vingtaine ? »

Les autres se mettent à ricaner... mais le druide met fin à ces moqueries.

« Mais parce que c'est le cas. Frima est bel et bien ma sœur aînée. »

Les Gaulois se figent, certains s'étranglent avec leur rire et tous regardent Panoramix comme s'ils étaient face à un être tombé du ciel. Astérix se met à trembler, incapable de croire que leur druide ait un lien aussi proche avec cette folle dingue givrée. Voyant leur regard, le druide s'explique :

« Frima est ma sœur aînée. Nos parents étaient deux mages connus dans la forêt où nous vivions. J'étais jeune lorsque nous avons découvert les pouvoirs de Frima. D'après notre père, ces pouvoirs venaient d'un sort fait pour baisser une violente fièvre qui l'a frappée lorsqu'elle était nouveau-né. Lorsqu'elle a découvert ses capacités magiques, Frima était affolée. Elle a passée des années entières à essayer de dompter ses pouvoirs. Elle y était arrivée... puis sans que je saches pourquoi, elle a changée. Elle est devenue froide, glaciale. J'ai essayé de la raisonner mais... j'ignore ce qui s'est passé. La dernière chose dont je me souviens, c'est que ma mère m'annonçait la mort de Frima. Jamais je n'aurais cru qu'elle était enfermée dans une urne magique et je n'aurais jamais cru qu'elle puisse devenir maléfique. »

Astérix ne sait plus quoi penser. Panoramix était-il encore fiable ? Pouvait-il avoir confiance en leur druide après ça ? Et si... NON ! Astérix ne pouvait pas croire ça !

« Et qui nous prouve que tu ne vas pas nous laisser face à ta sœur maintenant que l'on sait la vérité, Panoramix ? hurle Ordralfabétix.

_C'est vrai ça ! Tu le dis toi-même, druide ! grogne Cétautomatix. Tu pensais qu'elle était morte et tu ne veux pas croire qu'elle est maléfique ! Qui nous dit que tu ne l'aideras pas pour redevenir son petit frère adoré ?

_Ouais, c'est vrai ! grommelle un autre Gaulois alors qu'une foule furieuse commence à encercler Panoramix.

_ARRÊTEZ ! hurle soudain Astérix, mettant court aux conversations. Je connais Panoramix autant que vous et je sais aussi bien que vous que jamais notre druide ne nous laissera ! Peu importe le lien qu'il a avec cette enchanteresse de malheur !

_Frima n'est plus la jeune fille que j'ai connu. déclare le druide. Lors de notre face-à-face, je n'ai vu que de la glace dans son regard. Et jamais je n'abandonnerais mes amis même pour ma sœur si celle-ci est devenue folle par l'attrait de pouvoir. »

Les autres se regardent, gênés. À vrai dire, ils craignaient tous Frima et apprendre son lien de parenté avec Panoramix les avaient affolés... mais il est vrai que le druide n'a jamais trahi personne, même sous la torture. Alors pourquoi n'aurait-il jamais utiliser sa potion magique pour devenir riche s'il était un traître ? Tout simplement, parce qu'il n'en est pas un !

Réfléchissant à ce qu'il a apprit, Astérix essaye de trouver comment vaincre Frima. La jeune femme était froide comme la glace et maléfique, prête à tout pour atteindre ses objectifs, mais Assurancetourix lui avait donné une information importante : elle voulait être admirée, être aimée et avoir une famille ! Pour cela, elle cherchait des gens avec un talent particulier : Assurancetourix avec sa voix, Obélix avec sa force. Elle cherchait tout ce qu'il semblait inhumain. Et son attitude était juste inhumaine. Alors pourquoi être humaine avec elle ?

« Nous ne pouvons pas laisser Obélix entre ses griffes ! dit-il en se redressant. Si elle est devenue aussi maléfique que le craint Panoramix, plus Obélix est avec elle, plus il sera en danger ! Qui plus est, si Assurancetourix dit vrai, elle ne lui fera aucun mal... sauf s'il la rejette. Et elle ne sembla pas prête à essayer ! Elle est inhumaine avec nous... alors soyons inhumains avec elle ! »


Voici le chapitre 9 de ma fiction Astérix.

Je tiens juste à préciser que je posterais moins souvent des chapitres car je commence une formation BTS en 18 mois et je vais devoir travailler pour rattraper mon retard. Alors ne paniquez pas: Astérix n'est pas oublier mais je serait plus longue pour poster mes chapitres.

PS: le petit flashback d'Astérix est tiré d'une autre fiction que j'écris. Une sorte de suite de "Comment Obélix est-il tombé dans la marmite du druide quand il était petit" et où l'on découvre ce que Obélix a vécu avant de contrôler sa force. j'attends d'être bien avancer pour la poster.

Voilà les notifications notées par *:

25* Astronomix et Praline pour Astérix / Obélodalix et Gélatine pour Obélix

26* Voir « Comment Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit » J'imagine que personne n'a jamais su qu'Astérix avait aider Obélix à entrer chez le druide et que tous pensent que c'est à cause de ce qu'il a vécut à l'école que le gamin s'est glissé dans la hutte pour boire un peu de potion. Jamais Astérix n'a été suspecté de quoi que ce soit.

27* Voir « Astérix et le Chaudron », Moralélastix est le chef Gaulois qui confie son chaudron plein de sesterces à Astérix.

28* Voir « Comment Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit »

29* Bourreau d'Obélix dans « Comment Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit »

30* M représente le mille en chiffre romain

AVIS SVP?