Oha-yoooo ! o/
Merci pour les reviews sur le chapitre précédent ! Comme je raconte un poil ma vie ici (ahah, poil, dans une fiction lemon... enfin bref) Je vous tiens au courant du crous : j'ai eu ma réponse ! J'ai ma bourse, et le logement est encore en attente, mais c'est normal, je vais quand même resté vigilante, je les vois bien m'oublier encore. J'espère que pour vous tout se passe bien ! Que vos épreuves de Bac ou votre trimestres est pas trop sadique xD Sinon je vous envois pleins de courage et de fluffy fluff pour vous booster o/
Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture, et un bon grignotage~ o/
- Je pensais, à force de revoir tous ces détails, tu crois que ce type est un mage ?
Théo, marchant en tête sur Lumière, se retourna sur sa selle pour questionner son amant du regard. Ce dernier avait son carnet et son crayon à charbon, ruminant sans arrêt les quelques indices qu'ils avaient sur le tueur. Ils étaient sur les routes depuis près d'une semaine, et furent rassurés de n'avoir personne à leurs trousses pour le moment.
- Parce que c'est un psychopathe ? lança le soldat.
- Nan, plus à cause des fleurs.
- Quoi ?
- Bah, elles étaient fraîches.
- Et ?
- Le corps était accroché au moins depuis plusieurs heures. Les roses ont besoin d'eau très fraîche, comme leur environnement. Si il fait chaud, même dans l'eau elles on la tête qui tombent et paraisse mole, un peu flétrie : elles ont clairement pas la santé, tu vois ? Donc dans une température ambiante d'au moins vingt-cinq degrés la nuit, et planté dans un corps encore chaud, elles n'auraient pas dû être aussi fraîche comme si elles venaient d'être cueillit.
Lumière se stoppa au rênes tirés, et peu après, Brasier l'imita, faisant lever le nez de son cavalier du carnet de note. Balthazar leva un œil interrogatif sur son ami interloqué qui le dévisageait. Ils n'avaient pas vraiment le luxe de s'arrêter alors que leur ticket de survie courait encore dans la nature.
- Comment tu peux savoir ça ? souffla Théo, encore surpris.
- Ma tante était fleuriste quand j'étais petit, mais elle a fait faillite parce que la ville voisine ne prenait plus ses fleurs. Je l'aidais.
- Et en quoi ça montre qu'il serait une hérésie ?
- Un mage, rectifia l'érudit en lui jetant un regard noir, faisant comprendre que sa condition n'était pas un cas générale. Il peut utiliser un sort de stabilisation, ça stoppe les cellules, et donc, la décomposition. Où alors ce sont des fleurs magiques invoquées par parchemin, et ça signifierait qu'elles sont empoisonnées pour toucher ceux qui trouveront le corps.
- Tout le monde peut utiliser des parchemins, fit remarquer son partenaire en remettant sa monture en marche, l'autre la suivant.
- C'est justement ce qui est inquiétant. Je pense donc qu'à la Vipère-de-cendre on devrait avoir quelques infos. Ils ont dû entendre parler des meurtres, et le vendeur de ce genre de parchemin devrait reconnaître ses outils.
- Si c'est ça, c'est notre seule piste, soupira-t-il, blasé. Ça craint...
- Si c'est un mage on aura aucune chance de le trouver naturellement... Et les objets de détection énergétique coûte une fortune. On peut qu'espérer que ce soit des parchemins. Je croise les doigts, termina de dire le demi-diable dans une expiration en essayant de se redonner du courage.
Ils continuèrent leur route sans reprendre la moindre discussion jusqu'à ce que le soleil se couche. Très peu de vivre traînait dans leurs sacs, et les baies mangeables aux alentours étaient certes très bonnes, mais peu nourrissantes. Toujours dans ce même silence, rythmé par les bruits de la forêt et de l'été, ils mangèrent après avoir rapidement monter un camps.
En se levant pour aller se débarbouiller un peu, Balthazar heurta le soldat assit sur un tronc. Celui-ci le tira par le bras pour le faire chuter sur sa cuisse, puis empoigna sa chemise pour l'amener à lui et celer leurs lèvres. Les frissons s'accumulèrent, et les bouffées de chaleurs accompagnées de sueurs froides les étouffèrent. Ils se dévorèrent littéralement, poussant des soupirs d'aises alors que leurs paumes se faisaient baladeuses. Celles du guerrier massaient les hanches du mage, qui, avec la même intensité, caressait sa nuque.
Lorsque les mains gantées descendirent pour pétrirent les fesses avec envie, l'érudit émergea de la transe dans laquelle il était comme s'il sortait de l'eau. Il se sépara brusquement de la bouche de son partenaire en repoussant ses mains, avant de se lever et prendre la fuite en essuyant ses lèvres. Pas que les attentions n'étaient pas appréciées, au contraire, mais un détail le dérangeait.
Certes, ils avaient déjà découché à deux reprises, même si la seconde fois avait été un peu aidée par l'alcool. Seulement, leur relation avançant, les phases de désirs devenaient embarrassantes. Ils balançaient constamment entre cet inconnu grisant et la volonté purement sexuelle de leurs instincts primaires. Ils s'attiraient, et se repoussaient, à l'image d'aimants tournant sur eux même et gravitant autour de l'autre.
Avant de se laisser réellement aller, le mage voulait comprendre ce qui lui arrivait, car il n'avait encore jamais ressentit de telles choses avant ce jour. Il avait envie de céder, les besoins charnels charmants naturellement ses sens et faisait réagir son corps, mais son cœur se serrait à cette idée. Ce n'était que du sexe, et étrangement, il n'aimait pas ça. Il était totalement perdu, et réfléchissait peut-être trop. Sans doute, devrait-il prendre exemple sur son compagnon de route qui ne semblait pas s'arrêter une seule seconde sur la moindre réflexion.
Pour se donner plus de temps, il s'était mis comme objectif d'en apprendre plus sur le soldat, et essayer de reprendre une orientation plus amicale à leur relation. Il avait besoin d'une pause, et la luxure que lui tendait Théo était loin de l'aider à retrouver ses esprits. Il savait qu'il le laisserait tranquille s'il le demandait, mais la fierté le tenait trop pour qu'il le fasse. Pour lui, ce serait avouer qu'il était faible, et surtout, qu'il y avait un problème, et il n'avait pas envie que son amant l'apprenne. Après tout, ce n'était peut-être rien, il était probablement juste embrouillé de voyager avec le seul homme qui l'avait touché.
Il revint au camps, plus calme, et se coucha de l'autre côté du feu, dos au soldat, afin de ne pas raviver ses pensées. Les jours chaud les quittaient doucement, la nuit possédant désormais des températures plus fraîches qui laissaient les voyageurs apprécier un feu réconfortant. Le duo en fuite fut sortit des songes à l'aube, mangeant sur le pouce avant de rassembler leurs maigres affaires.
- Éteins le feu, tu veux ? lança Balthazar, dos à son ami tandis qu'il terminait ce qu'il faisait.
Il tira sur les sangles pour bien serrer le sac de couchage enroulé, entendant un pas glissant sur la terre, sûrement Théo qui se mettait face au feu. Un bruit métallique retentit, frêle, un grincement de cuir l'accompagnant. Reconnaissant entre mille la boucle de ceinture qui se défaisait, le mage se retourna brusquement, découvrant son partenaire qui urinait allègrement sur les flammes.
- Mais qu'est-ce que tu..., commença-t-il, loin d'être choqué, mais plutôt décontenancé par la manière de faire, avant de rire.
- C'est plus rapide sur un gros feu, et j'ai envie de pisser : une pierre, deux coup.
Il observa la vapeur s'élever ses branches calcinées encore rougeoyantes, le son du choc thermique accompagnant le chant des oiseaux. L'idée n'était pas mauvaise, même si cela n'était pas très discret et que les pisteurs pourraient les retrouver plus que facilement. Il haussa les épaules et se leva pour se poster à côté du guerrier. Sa ceinture se déboucla également et il rejoignit l'acte pour aller plus vite. Après quelques secondes de calme, les deux se mire à rire, et faire des ondulations comme des enfants.
Le feu éteint, et l'odeur peu charmante embaumant l'air, ils montèrent à cheval et reprirent la route. Après de longues heures et une pause déjeuner, ils parvinrent enfin à la Vipère-de-cendre. Bien évidement, ils furent stoppés par un groupe de gardes mages à l'entrée de la ville à cause de l'armure de la lumière que portait Théo.
- Halte ! Les membres d'églises ne sont pas admis en ces murs !
- Mes braves, je supposes que vous vous doutez de qui je suis, commença l'érudit alors que son ami allait prendre plus vulgairement la parole. Nous avons quelques "problèmes" et souhaitons seulement nous équiper avant de partir, ni plus ni moins.
Les quatre individus s'échangèrent un regard, hésitant. Le seul elfe parla dans sa langue maternel pour prévenir qu'il allait chercher les ordres, ne voulant pas faire rentrer un soldat de la lumière de son prendre chef. Balthazar retroussa le nez, n'appréciant que peu cette race fourbe qui lui avait déjà donné de nombreuses raisons de la détester. Il se tourna vers son voisin dans le but de lui faire une traduction, mais fut surpris de voir qu'il avait compris. En fait, il était presque admiratif, car l'elfique n'était pas une langue simple. Sous son expression, celui-ci haussa un sourcils, gardant sa mine blasée.
- Quoi ?
- Je... Rien, rien.
Un malaise prit possession de l'ambiance générale plongée dans la méfiance. L'un des gardes jouait de ses doigts sur son bâton métallique en fixant le demi-diable, pensif. La cible se réinstalla sur sa monture en se raclant la gorge et détournant le regard. Sa gêne fut ressentie chez le guerrier qui n'hésita pas à prendre sa défense.
- Quoi ? aboya-t-il.
- Je vous connais, non ? souffla finalement l'homme en direction de Balthazar, gigotant son index vers lui, ignorant la colère du paladin. Vous êtes déjà venu par ici ?
- Uhm... Possible, répondit prudemment son vis-à-vis. Quand est-ce que nous nous serions vu ?
- Laissez-moi me rappeler... C'était il y a deux, ou trois ans, et..., réfléchit-il, son expression se faisant de plus en plus dur et son regard oblique. Mais oui ! Tu t'étais tapé ma sœur et ma cousine avant de te barrer avec ton cercle de la Tour Rouge !
Il pointa violemment son bâton en sa direction, l'érudit sursautant en faisant reculer Brasier alors que la mémoire lui revenait également. Théo s'interposa également, brandissant son bouclier en mettant Lumière de profile pour parer toutes éventuelles attaques. Les collègues du garde stoppèrent ce dernier, et l'incitèrent à se calmer, jetant un regard mauvais au fugitif qui baissant les yeux, l'air coupable et mal à l'aise. Lorsqu'il leva ses prunelles, elles tombèrent dans celles de Théo qui préféra regarder ailleurs, furieux. Assurément, la jalousie raclait durement sa maigre patience.
- Toi, gronda sourdement le garde hors de lui. J'avais juré de te réduire en poussière après que tu leurs ais brisé le cœur !
- C'est pas le moment, Roald, laisse tomber. C'est de l'histoire ancienne maintenant, et elles même sont passées rapidement à autre chose.
L'homme écouta son ami et relâcha sa prise sur son bâton, tournant les talons pour traverser la porte en dématérialisant son corps, rentrant en ville. La tension quitta les lieux avec lui, et permit à tout le monde de se détendre un peu avant l'arrivé de l'elfe qui était partie quelques minutes auparavant. Le duo fut autorisé à entrer, mais sous surveillance de la garde de la ville. Théo fut également prévenu que si son ordre osait s'aventurer près de leurs murs dans les jours à venir, ils lanceront une offensive sérieuse sur Castelblanc.
Le concerné leva les yeux au ciel en soupirant, ennuyé, et suivit son partenaire qui lança la marche une fois les grandes portes ouvertes. Une fois dans la ville, ils constatèrent rapidement le monde important à l'intérieur, mais en vu des sons de la foule qui fusaient déjà depuis l'extérieur, ils ne furent pas surpris. Balthazar fit disparaître sa monture, et suivit le soldat à pied, deux gardes se tenant à une vingtaine de mètres d'eux, leurs emboîtant le pas.
- Bon, tu sais au moins ce qu'il te faut ? soupira Théo, agacé d'avance d'être dans une nué d'hérésies sans pouvoir dégainer son arme.
- Oui, mais je pourrais pas tout prendre, j'ai pas les moyens. Je vais déjà me munir d'un bâton, après je verrais ce qu'il me reste.
- Hors de question de revenir ici ! Tiens, prend ça et tais-toi.
Il lui lança sa bourse personnelle dans les mains. Balthazar la rattrapa avec surprise, manquant de la faire tomber, et dévisagea son ami réputé pour être pingre et avare. Il ouvrit la bouche dans le but de demander une explication, protester, car ne voulant pas profiter de ses économies avec tant d'égoïsme. Théo leva un doigt, le stoppant, et talonna Lumière pour qu'il avance, coupant toute tentative de discussion à cause du tumulte de la foule qui faisait presque trembler la terre. Un sourire idiot accompagné d'un rictus coupable crispa ses traits, mais il accepta l'offre en retenant que c'était uniquement parce que l'autre ne voulait pas revenir.
Ils marchèrent dans les rues un moment, cherchant des yeux un stand de ventes de bâtons de magie. Également, ils essayèrent de repérer un vendeur de parchemins d'invocations. Les habitants et passants les dévisageaient froidement, n'appréciant pas la présence de l'inquisiteur près d'eux. Ce dernier s'en fichait royalement, ne prêtant aucune attention à la populace plus bas. À son plus grand malheur, lui qui n'aimait pas folâtré en ville, son ami était tout le contraire. Sans parlé que le mage était terriblement heureux de retrouver la civilisation, magique qui plus est. Le malaise passé, il se laissa submergé par le choix incroyable d'objets magiques, grimoires, tenues et autres subtilités. Il passait d'un stand à un autre, rentrant dans plusieurs magasins, mais toujours sans rien acheter, ce qui énervait passablement le paladin déjà facilement irritable.
De plus, leur enquête furtive ne donnait rien, les passants comme les vendeurs ne divulguants aucune information et détournant la conversation. C'était mauvais, car cela signifiait qu'ils allaient devoir tenter leur chance auprès des gardes, et ce n'était pas gagner.
Après une brève dispute parce que l'érudit n'avait encore rien pris de ce qu'il avait besoin, ce dernier se concentra sur ses achats de nécessité. Il trouva un bâton simple avec un rubis imprégné de l'énergie d'un brasier de forge. Ce n'était pas la meilleure qualité qu'il pouvait trouvé, ni même le plus puissant, mais il restait dans son budget. C'était triste à dire, mais étant sur les routes, il pouvait très bien être perdu, brisé, ou même volé, alors mieux valait ne pas vider sa bourse pour ça.
Il partit ensuite en quête d'une tenue ignifugée, allant vers un magasin qu'il avait déjà remarqué plus tôt pendant qu'il bondissait d'un côté à l'autre. Théo s'occupa en regardant les gants et gantelets, soupirant alors qu'il n'avait qu'une envie : partir au plus vite. Son ami le ressentit, et essaya de faire au plus vite, ne désirant pas non plus trop se presser sous risque de prendre un mauvais article.
Il fut principalement attiré part toutes les tenues rouges, ce qui réduisait rapidement ses choix. Il toucha différent tissus, appréciant la douceur et la texture des plus chers en rêvant de pouvoir se les offrir un jour. Puis, un miracle apparu sous ses yeux, les faisant sortir de leur orbite, c'était une merveille, un éclat de pureté et de classe. Il la toucha, la trouvant très agréable, et détailla les bordures or qui faisait magnifiquement ressortir le rouge dont la teinte était pile à son goût, pas trop clair, pas trop foncé.
Il chercha l'étiquette, et lorsqu'il l'eut entre ses doigts, il grimaça. Son but était de tout assumer avec ses propres économies, et en vu du prix, il allait devoir déborder sur la bourse à Théo. Il n'aimait pas ça, ce n'était pas son genre d'emprunter de l'argent sans être sûr de pouvoir rembourser. Il lorgna sur la longue veste qui semblait miraculeusement à sa taille, mordant sa lèvre inférieure en hésitant longuement.
- Bon tu prends ce truc ?
La voix grave et agacée derrière son épaule le fit sursauter brutalement, son cœur se serrant sous l'émotion alors qu'il trébucha à moitié. Il était tellement concentré qu'il n'avait pas entendu le sujet principal de ses pensées s'approcher de lui. Il se calma doucement, main sur la poitrine en roulant ses yeux au ciel et soupirant, avant de prendre la parole.
- C'est trop cher, et je veux pas prendre ton fric.
- Je t'ai dis que c'était bon, je préfère que tu me rembourses plus tard que de revenir ici !...
Balthazar le fixa, plissant un peu les yeux en analysant son silence qui suivit. Le regard du guerrier était légèrement dans le vide. Il se redressa en inspirant profondément, jetant un regard accusateur et méfiant à son ami, croisant les bras.
- T'es en train de calculer les intérêts, avoue-le.
- Et ce sera pas donné, alors dépêche, parce que je prend en compte le fait que t'as ma bourse entière sur toi !
- Mais j'ai encore rien dépensé ! s'étrangla-t-il, offusqué.
- Je retirais de ta dette ce que tu me rendras, maintenant grouille, t'es déjà à trente-huit pièces d'argent supplémentaire.
- T'es vraiment qu'un fils de pute quand tu t'y mets..., souffla le mage, effaré par tant de cruauté, l'autre partant en levant ses yeux au ciel.
Maintenant que cela était clair, tout s'expliquait. Le guerrier avait bien plus à gagner à lui prêter de l'argent, et lui n'y avait vu là qu'un geste de bonté simple, quel idiot ! Il se dépêcha, attrapant la tenue et se dirigea en caisse. En attendant son tour, il regarda les articles mit sur le comptoir, et regarda les écharpes et divers objets de parures. Il vit quelque chose qui l'attira, et aspira ses lèvres en se demandant s'il pouvait oser. Après tout, chaque pièce prise dans la bourse de son partenaire devra être remboursé double plus tard. Il prit finalement ce qu'il avait vu, et paya le tout une fois venu son tour.
Il rejoignit ensuite son ami afin qu'ils sortent du magasin, retrouvant à l'entrée les gardes qui les suivaient depuis leur arriver. Bien que contrarié par ce détail, ils marchèrent dans les rues en direction de la caserne des gardes pour leur enquête. Théo attrapa le bras de son compagnon, le stoppant, une illumination lui ayant rafraîchit la mémoire.
- Hey, et la potion ?
- La po..., commença l'autre, perdu, avant de réaliser. Ah ! Attend... T'étais sérieux ?
- Bien sûr, je veux être sûr et certain que ce que tu m'as dit est vrai !
- Ah, bon, bon, d'accord. Mais c'est toi qui payes les ingrédients, rétorqua-t-il en lui redonnant sa bourse, rouge de honte. Et c'est hors de question que ça fasse partie de ma dette !
- Entendu, accepta Théo en plissant les yeux.
Ils allèrent donc chez un apothicaire et le mage prit ce dont il avait besoin, forcé d'avoir assez pour deux potions sous l'insistance de son partenaire méfiant. Au moment de payé, le vendeur avait bien évidement comprit à quoi allait servir les ingrédients, et dévisagea les deux hommes. Balthazar fut terriblement embarrassé, plus rouge que la robe ignifugée qu'il avait acheté.
Leurs achats terminés, ils sortirent de la boutique, et allèrent comme prévu au bâtiment des gardes de la ville pour tenter de les questionner. Sans surprise ils se virent refusé l'entrée, et personne ne voulu répondre à n'importe quelle questions. Après quelques insultes échangées, ils traversèrent donc la ville afin de la quitter. À nouveau seuls, ils soupirèrent de soulagement en constatant que personne ne les suivait. L'enthousiasme le reprenant, le mage se mit à déblatérer un monologue interminable sur tout ce qu'il avait vu, et qui le tentait pour des achats futurs. Son ami ne dit rien, bien qu'agacé, de peur de le lancer dans un discoure plus long et barbant.
Le soir, déjà proche lorsqu'ils étaient sortie de la Vipère-de-cendre, arriva, et ils crurent bien être contrains de dormir une nuit encore à la belle étoile. Heureusement pour eux, en passant les gros rochers du pan de montagne qu'ils longeaient, une auberge perdue était éclairée dans la vallée. Un sourire étira leurs lèvres, et ils galopèrent en direction de l'établissement.
Brasier fut dés-invoqué, et Lumière laissé au très jeune palefrenier, sûrement le fils du patron. En commandant deux chambres au comptoir, ils apprirent qu'une ville était à deux lieues d'ici, expliquant la présence du bâtiment dans une plaine si vide et désolée. Les travailleurs à la mine et les marchants itinérants étaient les principaux clients, car leurs tarifs étaient moins élevés que ceux de la ville.
Les deux hommes rangèrent donc leurs affaires dans les chambres attribuées à l'étage, et se rejoignirent pour partager un repas rapide, avant de remonter. Théo sortait de quoi entretenir ses lames lorsque quelques coups retentirent à sa porte. Il ne bougea pas, méfiant, attrapant la garde de son épée posée sur le lit.
- Aah, c'est que moi ! Ouvre !
Reconnaissant la voix de Balthazar, il lâcha son arme et alla ouvrir, le mage se glissant à l'intérieur de la pièce dès qu'il eut un espace suffisant. Il ne voulait pas être vu en train de rejoindre la chambre d'un autre, c'était embarrassant. Le soldat le questionna du regard, ne comprenant pas son attitude nerveuse.
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- J'ai trouvé un truc, cette aprèm, et... Je me suis juste dit que ça te permettrait d'éviter des problèmes. Tien.
Le pyromencien lui tendit une bande de tissu d'un jaune soutenu, les joues en feu et le regard fuyant. Le paladin fixa ce qu'il tenait, clignant plusieurs fois des yeux, plus perturbé que surpris. Il n'avait jamais reçu de cadeau, pas d'objet du moins. Lorsqu'il fêtait encore son anniversaire, Viktor l'emmenait dans un restaurant de la haute, mais en grandissant il avait détester prêter attention à ce jour pas si particulier à ses yeux pragmatiques. Aussi, ayant grandit dans un camp militaire de l'ordre de la lumière, il n'avait jamais eu de présent. Il n'était pas très habitué à l'attention, et ne savait pas s'il appréciait, ou s'il détestait.
Se sentant déjà idiot, l'érudit posa les yeux son partenaire qui continuait de regarder le tissu d'un air ahurit. Son cœur se serra un peu en comprenant facilement sa réaction. Il avait déjà entendu des rumeurs comme quoi les soldats des églises n'étaient considéré qu'en paquet de chaires de plusieurs milliers, et non en tant qu'entité unique ; ils n'étaient que des objets jetable à leurs yeux.
- Bah, tu vois, t'as toujours ta frange dans les yeux, et tu souffles tout le temps dessus pour la pousser, donc je me suis dit qu'avec un bandeau, ça t'aiderait un peu...
Théo leva ses yeux dans les siens, encore surpris et éternellement muet. Il fronça alors les sourcils, dubitatif, angoissant son ami qui se sentit obligé de s'expliquer plus en détail en fuyant son regard.
- C'est uniquement pour ne pas que tu sois déconcentré en combat ! C'est toi le tank, si tu meurs je pourrais rapidement me faire buter ! Ah, eh merde, prend-le, c'est tout !
Le guerrier prit le présent mais resta à le fixer sans rien dire, encore secoué. C'était idiot, mais il ne savait pas quoi faire avec ce bandeau. Agacé de le voir planté devant lui avec cet air pour le loin du monde intelligent. Balthazar poussa un profond soupire faisant rouler ses yeux au ciel, exaspéré. Il prit le tissu jaune, et tendit les bras pour le placer autour de la tête de son partenaire afin de le nouer à l'arrière. Il replaça ensuite quelques mèches pour donner un bel aspect, mais se perdit rapidement dans les prunelles bleu clair électrique qui le regardait encore.
Le temps s'arrêta, la planète cessa de tourner, les êtres vivants disparurent, les laissant seuls au monde, avec l'éternité devant eux. Hypnotisé et l'attirance étant plus forte que sa raison qui bataillait pour reprendre le dessus, Théo s'avança, mais le mage eut un mouvement de recul. Il se stoppa, à quelques pauvres centimètres de son visage, ne voulant en rien faire quoi que ce soit contre son gré.
L'attention, malheureusement que trop peu rependu dans le Cratère, toucha de nouveau l'érudit qui déglutit. Il était bouleversé plus par le fait qu'il désirait que l'autre fasse le premier pas, quitte à le pousser un peu pour lui donner une raison d'abdiquer, que par la situation qui glissait lentement vers la débauche. Seulement, il était partagé, car appréciait que trop l'étonnante patience du guerrier à son égard. Il n'avait pas l'habitude de faire tant de simagrées. Si quelqu'un lui plaisait, il partageait sa couche une nuit et repartait à l'aube. Même si jusqu'à présent, cela n'avait été que des femmes, son ex mise à part car il lui avait été fidèle.
Avec Théo, c'était différent, et cela n'avait rien à voir avec le sexe. Cette relation n'était en rien comparable avec toutes celles qu'il avait pu avoir. Il ne comprenait pas non plus cette attirance irrationnelle qui le faisait irrésistiblement graviter autour de cet homme. Dès la première nuit il avait été happé par une euphorie inconnue à cause de son désir de faire quelque chose de mal. Il aurait pu oublier cette nuit incroyable et blasphématoire, mais le destin les avait à nouveau réuni.
S'il se confiait, il aurait pu apprendre, par l'entente de ses mots ou par compréhension de son silence, que Théo ressentait un lien étrange entre eux. Il ne savait pas comment l'expliquer, mais quelque part, il savait qu'ils n'étaient pas juste deux personnes de passages dans la vie de l'autre, et qu'ils allaient se côtoyer encore un bon moment. Pour lui, cela expliquait cette importante attirance, mais il ne savait pas encore ce que son dieu lui avait réservé. Il ne comprenait pas comment celui qu'il servait en exterminant les hérésies, avait pu en mettre une dans son lit. C'était totalement contradictoire par apport à tout ce qu'on lui avait enseigné depuis sa plus tendre enfance.
Il n'était pas quelqu'un qui se prenait la tête, il ressentait et appréciait, ne se souciant pas du reste en dehors des faits. Il aimait être auprès de ce bouffon bavard et horripilant, à l'arrogance si prononcée qu'elle pourrait percé le métal le plus dur. La solitude avait été son seul compagnon tout au long de sa vie, mais maintenant qu'il avait rencontré cet homme, il la détestait. Elle lui collait à la peau, acidifiant ses sens pour le rendre fou, un étau serrant sa poitrine. Il ne pouvait respirer que si le mage était dans la même pièce que lui, qu'il l'avait dans son champs de vision, ou mieux, juste à ses côtés. Cette dette qu'il lui avait collé sur le dos était une sale excuse pour le garder auprès de lui, et il espérait qu'il ne le découvre jamais.
Le guerrier s'avança à nouveau, lentement, posant ses lèvres sur celles du fils des enfers qui ferma les yeux. Celui-ci était encore partagé entre sa raison et ses désirs, sa tête bataillant de protestation, son cœur hurlant un besoin d'affection, et son bassin réclament ardemment de l'attention. Tous plus contradictoires les uns avec les autres. Il répondit aux baisers, les approfondissant, son souffle se perdant avec celui de l'autre. Les paumes glissèrent sur ses hanches après les avoir pétrie un instant, les embrassades fiévreuses n'étant rien comparé à la manière dont ils s'accrochaient à l'autre.
Lorsqu'il sentit les doigts s'agripper à ses fesses, il soupira d'excitation, tournant un peu la tête en essayant de trouver la force de quitter l'étreinte qui le charmait tel le chant d'une sirène. Les lèvres de Théo partirent à la conquête de sa gorge, un point particulièrement sensible chez lui. Les pensées quittèrent son esprit, ses doigts se crispant sur l'armure blanche en émettant un son grinçant sous ses paume moite.
Une faible protestation réussit à sortir de sa bouche, mais son ami était trop étourdit par ses propres émotions, et le fait qu'il ondulait contre lui, pour l'entendre. Néanmoins, Balthazar réussi à reprendre le dessus sur ses actes, et essaya de s'extraire de l'étreinte, répétant sa négation précédente en parlant un peu plus fort. Théo émergea difficilement, peinant à arrêter les quelques caresses qu'il apportait par dessus les vêtements de son amant. Il releva finalement la tête, ne résistant pas au baiser qu'il lui fut offert. Le mage recula en se séparant de la chaleur de son corps.
- Je peux pas... Je peux pas..., souffla-t-il pitoyablement en quittant la pièce précipitamment, n'arrivant pas à finir sa phrase.
Le guerrier essuya son visage de ses mains, reculant mollement jusqu'à buter dans le pied du lit pour s'asseoir. Il expira longuement, poussant un grognement entre l'agacement par la situation compliqué, et le désespoir de la résoudre.
