Hello !
Disclaimer : Si ça vous intéresse, allez voir sur un des trois premiers chapitres et à la fin du quatrième. ;)
Rating : T, à cause de quelques scènes assez violentes.
Information : Je ne découpe pas mes chapitres selon leur taille, mais selon des différences d'ambiance, de point de vue... La taille des chapitres peut donc varier de façon notable d'une fois sur l'autre.
Attention : Pour ce chapitre, les dialogues en italique sont censés être en français. Par contre, et comme d'habitude, le texte qui est en italique montre les pensées d'un personnage.
Bonne lecture !
Chapitre 2
La voiture s'arrêta dans un nuage de poussière. John en sauta littéralement et regarda autour de lui. Décidément, Mycroft avait un faible pour les vieux entrepôts. Quelques mètres plus loin, une autre voiture était arrêtée, et plusieurs chaises étaient disposées en cercle. Derrière lui, il entendit Mycroft et la jeune fille sortir du véhicule. Alors que cette dernière s'approchait de lui, un homme en costume, encore plus guindé que Mycroft si c'était possible, émergea de l'autre véhicule. Il se dirigea vers eux et tendit silencieusement un sac de sport à Patience, avant de faire demi-tour. La jeune fille, méfiante, jeta un rapide coup d'œil au contenu du sac.
« Je vous en prie, approchez-vous. »
John réalisa que Mycroft était posté près des chaises, et les attendait. Patience se dirigea rapidement vers lui, le sac sur l'épaule. John la suivit plus lentement. Lorsqu'il les rejoignit, Patience et Mycroft étaient déjà assis. Constatant que l'aîné Holmes ne semblait pas vouloir commencer la conversation, et que Patience était plongée dans l'étude du contenu du sac, il prit la parole.
« Vous pourriez nous dire ce qu'on fait là ? »
Mycroft le regarda avec cet air que John exécrait : cet air qui semblait dire "Je suis au courant de tout et tu ne sais rien, alors tais-toi". Mais John n'avait vraiment pas envie d'obéir à ce genre de regard, et surtout, pas envie d'obéir à Mycroft.
« Où sont-elles, au moins ?!
-Mademoiselle Morstan et Mrs Hudson sont en sécurité, ne vous inquiétez pas pour elles.
-Ne pas m'inquiéter !? s'énerva John. Vous arrivez chez nous comme si c'était naturel, vous embarquez ma fiancée et ma logeuse dans une voiture sans dire où elles vont, vous nous emmenez dans un vieil entrepôt où je suis censé attendre je ne sais quoi, et je ne devrais pas m'inquiéter !? »
Derrière John, les deux voitures démarrèrent et sortirent de l'entrepôt.
« J'imagine qu'il veut dire que l'endroit est sécurisé, intervint Patience. »
John se tourna vers elle, et eut un hoquet de surprise. Sur les genoux de la jeune fille, il y avait une arme qu'il connaissait bien : le Browning L9A1 utilisé par la British Army. Sans se préoccuper de lui, Patience sortit du sac les munitions correspondantes, et en mit treize dans le chargeur, avec une aisance qui témoignait de son habitude à le faire. Tout en effectuant cette tâche, elle expliqua :
« Nous sommes actuellement dans un ancien entrepôt, qui aurait dû être démoli ou restauré depuis longtemps. S'il ne l'a pas été, c'est que quelqu'un s'y est opposé. Pourquoi s'y opposer ? Pour se servir de cet entrepôt afin de rencontrer certaines personnes en toute discrétion. Qui a le pouvoir d'acheter un entrepôt et de faire taire les personnes qui s'interrogeraient sur le fait qu'on n'y fasse en apparence rien ? Beaucoup de gens. Mais qui a aussi plusieurs voitures et points de chute sécurisés, du personnel efficace et silencieux, et une organisation irréprochable ? La liste est plus courte. Maintenant, si on prend en compte le fait que vous semblez connaître cette personne, rajouta-t-elle en désignant Mycroft, et qu'il ressemble, au moins pour certains points, à Sherlock Holmes, il n'y a plus qu'un seul nom possible. »
Elle regarda Mycroft dans les yeux avant d'articuler :
« Mycroft Holmes. »
Il inclina légèrement la tête. Elle continua alors :
« Or, le frère de Sherlock est connu pour sa capacité à ne rien laisser au hasard. Donc, s'il veut nous parler, il a placé des hommes autour du bâtiment, voire à l'intérieur, pour éviter toute intrusion ou personne suspecte.
-Ça semble logique... remarqua John.
-C'est logique, le coupa-t-elle sèchement.
-...Mais ça n'explique pas ce que nous attendons. Ni pourquoi il vous a amené une arme. Car j'imagine que ce sac vient de vous, dit John en regardant Mycroft.
-Presque, répondit Patience. Tout ce qu'il contient vient de chez moi. Apparemment, les services secrets surveillent de très près Sebastian Moran... »
Une autre voiture arriva, empêchant John de comprendre la fin de sa phrase. Du véhicule, sortit une personne qu'il ne s'attendait pas à voir là : le lieutenant Lestrade, avec un bras en écharpe. John voulut se lever, mais la canne de Mycroft lui barra la route et le força à se rasseoir. Lorsque Lestrade arriva près d'eux, Mycroft l'accueillit :
« Ravi de vous revoir, lieutenant. Nous n'attendions plus que vous.
-Oui, j'imagine que cette petite réunion doit être très importante... ironisa celui-ci en s'asseyant.
-Oh oui, répondit Mycroft. Bien plus que vous ne l'imaginez...
-Justement, on pourrait peut-être commencer, non ? coupa la jeune fille.
-Moi aussi, je suis content de vous revoir, ironisa Lestrade. Au fait, vous vous appelez vraiment Holmes ?
-Pardon !? intervint John en se tournant brusquement vers Patience. »
L'adolescente fixa ses yeux dans ceux de Lestrade, avant de lâcher :
« Aucune idée. Les probabilités sont d'environ cinquante pour cents.
-Et même si vous le saviez, vous ne le diriez pas, j'imagine ?
-Ce serait une mesure élémentaire de sécurité, répondit-elle. Et vous, demanda-t-elle en se tournant vers Mycroft, vous ne direz rien sur le sujet, bien sûr ?
-Je ne vois pas ce que je pourrais dire, la situation a l'air très claire pour tout le monde ici... Et si j'avais quelque chose à dire, soyez certaine que ce ne serait pas votre identité, répondit-il sèchement. »
Dans le silence lourd qui suivit, le conducteur de la voiture sortit de son véhicule, et amena à Mycroft un épais dossier. Celui-ci le plaqua sur ses genoux, et scruta ses interlocuteurs. Soudainement, il leur demanda :
« Savez-vous pourquoi vous êtes ici en ce moment ? »
John et Lestrade le regardèrent comme s'ils voulaient le forcer à donner la réponse, et l'adolescente fit un petit sourire en coin. Voyant qu'aucun des adultes ne semblaient décidé à répondre, elle parla.
« Nous sommes dans cet entrepôt, à huit heures du matin, parce qu'en ce moment, c'est l'un des endroits les plus sécurisés de Londres. Nous y sommes donc pour être en sécurité, car nous sommes en danger. Le lieutenant Lestrade et le docteur Watson parce qu'ils sont des cibles, moi parce que j'en sais trop.
-Et la raison de cela ? voulut savoir Mycroft.
-J'en sais trop parce que je connais bien la personne qui veut les tuer, et vous savez très bien pourquoi ils sont des cibles.
-Pourquoi ? s'enquit John »
L'adolescente assura sa prise sur la poignée de l'arme, et le fixa intensément de ses yeux gris.
« Londres bouge, docteur. Elle crée ses légendes et ses rumeurs. Certaines sont déformées, amplifiées, prennent une dimension incroyable. D'autres se racontent à voix basse, dans certains milieux fermés. L'important est de savoir écouter.
-De quelle rumeur parlez-vous ? demanda Lestrade, piqué par la curiosité.
-Je parle d'une rumeur dont vous ignorez sûrement l'existence. Elle se propage dans les milieux de l'ombre, parmi ceux qui sont entrés dans l'illégalité. On raconte que certains morts ne le sont pas définitivement, que certaines légendes brisées se relèvent. Le réseau criminel le plus étendu et performant au monde est peu à peu détruit par un ennemi invisible. Chacun de ses membres craint d'être le prochain à tomber, et sait qu'il entraînera dans sa chute une partie de la toile d'araignée. Mais l'araignée est morte, alors c'est son bras droit qui doit tuer l'ennemi. Et pour cela, il reprend le travail qu'il avait commencé il y a dix-huit mois. Mais cette fois, il fait plus que de la surveillance, il veut tuer ses cibles. Pour faire souffrir l'ennemi, avant de l'achever. »
Du fond de la mémoire de John, surgit soudain une phrase presque oubliée : "Ce n'est pas un homme. C'est une araignée". Et il remit instantanément cette phrase dans son contexte : elle avait été prononcée par Sherlock, lors du procès de Moriarty. John voulut vérifier son intuition :
« Quand vous dites "l'araignée", vous parlez bien de... commença-t-il.
-De ? l'interrogea Mycroft.
-De Moriarty. »
La jeune fille se mordit légèrement les lèvres et acquiesça silencieusement. Lestrade intervint alors :
« Qui pourrait détruire le réseau de Moriarty, à part...
-Quelqu'un qui est mort, finit John.
-Je ne sais pas s'il est prudent que je dise quoi que ce soit d'autre, dit précipitamment l'adolescente. »
Avisant le regard inquisiteur de Mycroft, elle lui demanda :
« Vous savez ?
-Comment savez-vous, vous ?
-J'y étais.
-Et qu'avez-vous vu ?
-Tout. Parlons-nous bien de la même chose ?
-Nous parlons du jour où Sherlock s'est jeté du toit devant lequel vous étiez. Parlez-vous français ?
-Non.
-Vraiment ?
-Je pense que je le saurais si je parlais français.
-Parfait.
-Excusez-moi, mais de quoi vous parlez ? intervint John.
-Une simple expérience, répondit Mycroft.
-Pardon ?! Quelle expérience ? s'exclama la jeune fille. »
Mycroft ne répondit pas, et se contenta d'ouvrir le dossier, comme pour chercher une information.
« Répondez ! Quelle expérience ? s'énerva-t-elle.
-Vous parlez français, observa tranquillement Mycroft.
-Je viens de vous dire que non, soupira-t-elle.
-Je vous ai parlé en français, et vous m'avez répondu en français sans même vous en rendre compte. Rien ne permet de dire que Sebastian Moran parle cette langue, et aucun des établissements scolaires que vous avez fréquenté n'en propose l'étude, fit-il en montrant le dossier. »
La jeune fille se tourna vers Lestrade.
« C'est vrai ?
-Je ne sais pas si c'était du français, mais en tout cas ce n'était pas de l'anglais, répondit-t-il.
-Vous ne vous souvenez vraiment de rien avant l'incendie ? demanda John. »
Elle secoua la tête négativement, puis se tourna brusquement vers Mycroft.
« Vous avez détourné la conversation ! accusa-t-elle. »
Derrière elle, retentit soudain un bruit. John se leva presque de sa chaise.
« Qu'est-ce que c'était ?
-C'était le bruit d'un corps qui tombe, répondit froidement le chauffeur de Mycroft. »
Les trois autres se tournèrent brusquement vers lui, prenant conscience qu'ils l'avaient complètement oublié.
« Monsieur, dit-il en se penchant vers son employeur, je crains que nous soyons pas en sécurité. Puis-je aller vérifier ?
-Allez-y, William. Mais faites attention... »
William sortit l'arme qu'il avait dans son dos, et se dirigea vers un coin de l'entrepôt plongé dans la pénombre. L'adolescente se leva, sa propre arme à la main. Bien qu'elle tournait presque le dos à William, elle ne changea pas de position.
Calme. Respiration ample. Relâchement des muscles. Se concentrer sur les bruits, regarder du coin de l'œil. Calme. Léger claquement sec : fusil prêt à tirer. Cible ? Peu importe, toutes les cibles potentielles sont au même endroit. Cible ? Non, d'abord celui qui protège les autres, le premier danger pour le tireur : William. Mouvement du sniper ? Presque imperceptible, il est dans l'ombre. Presque imperceptible n'est pas imperceptible. Mouvement de William ? Tendu, concentré sur sa cible. Léger mouvement des épaules : il a vu le sniper. Mouvement du sniper ? Peut tirer d'un instant à l'autre.
William leva rapidement son bras qui tenait l'arme.
Identité du sniper ? ...Inconnue. Le sniper commence à appuyer sur la gâchette.
Elle pivota sur elle-même...
Le coup est parti.
...et tira.
Voilà...
Moi qui ne pensais pas faire de cliffhanger... Mes doigts ont tapé ça tous seuls...
À la prochaine fois ! :)
