Merci pour vos commentaires Silhara, janeandteresa et Sweetylove30.
Les derniers 100 mètres. Bien qu'ayant le mot "fin", je laisse le statut de l'histoire sur "in progress" : j'attends vos commentaires et, pourquoi pas, vos questions...
Puis il y aura un dernier chapitre, un tour supplémentaire de piste pour vous remercier une dernière fois et peut-être un petit cadeau si vous êtes sympas (donc : vous aurez un petit cadeau) :-)
Stay tune and enjoy!
Sophie Davies eut un drôle de sentiment quand elle ouvrit les yeux. Dans sa chambre, le jour ne s'était pas encore levé. Elle regarda le radio-réveil : 02h30 du matin.
Elle entendit un petit bruit, sourd et monocorde. Cela provenait de la chambre d'Olaf.
Elle se leva, enfila sa robe de chambre satinée et vint coller une oreille à la porte que les deux pièces avaient en commun.
Elle crut reconnaitre la voix de Jane. Il parlait à voix basse avec quelqu'un. Ils se disputaient. Elle n'entendait pas tout.
- Non… peux pas… loyal… disait Jane.
- … Fraude… police… pas taire… répondait l'autre voix.
Sophie Davies eut un serrement de cœur. Ses mains commençaient à trembler.
Puis il y eut un bruit sec et étouffé. Un petit cri et un « boum » lourd comme un corps qui tombait par terre.
Elle devait faire quelque chose même si la peur la tenaillait.
Elle tourna la clé de la porte et entra.
Jane était penché sur le corps de l'agent Lisbon. Il tenait une statue en bronze ensanglantée à la main.
Il leva la tête, surpris, les yeux écarquillés de peur.
Davies mis une main sur la bouche pour s'empêcher de crier.
- Sophie… dit Jane… Tu dois m'aider… Lisbon… elle avait tout découvert…
- Quoi ? Découvert quoi ? fit Davies.
- … Ce qu'Olaf avait découvert… que tu détournais les fonds de la mission… Sophie… je ne pouvais pas la laisser te dénoncer à la police… pas après ce que tu as fait pour moi… mon amour…
- Patrick… oh, Patrick… Chéri… dit Davies avec un large sourire.
Elle pouvait tomber le masque maintenant. Il l'aimait.
- Viens… aide-moi… Fit Jane précipitamment en commençant à tirer le corps de Lisbon vers la fenêtre. Comment as-tu fait avec Olaf? Comme ça? … Tiens, aide-moi… tu peux ouvrir la fenêtre ?… vite chérie…
Davies s'était ruée à la fenêtre et l'avait ouverte. Un vent frais entra dans la pièce.
- Je l'ai tiré là, et mis un peu en équilibre… Juste assez pour qu'il glisse dans le vide en quelques minutes… le temps de dessinerle pentagramme, de me débarrasser de la statue et de descendre dans le hall… Viens, mon amour… tire-la de ce côté… nous dirons à la police que nous avons passé la nuit ensemble… qu'elle n'a pas supporté ton amour pour moi… embrasse-moi, mon coeur…
Davies entendit un cliquètement et vit le bout d'un revolver apparaitre sous son nez.
- Je crois que ça va pas être possible, dit Lisbon en se relevant.
- Je ne le crois pas non plus, fit O'Leary en sortant de la salle de bain avec deux de ses agents et Van Pelt. Comment on dit déjà à Hollywood ? « C'est dans la boite » ? Tu as tout sur bande, Gary ?
Il appuya un doigt sur l'oreillette qu'il portait à sa droite et fit un « ok » du pouce à Lisbon et Jane.
Sophie Davies se tut. Elle lança un regard de haine à Jane et Lisbon qui souriaient.
Elle fut emmenée par un agent de la NYPD qui lui lut ses droits en chemin.
Rigsby et Cho apparurent à ce moment sur le seuil de la porte. French les accompagnait, menotté dans le dos.
- Tenez O'Leary, dit Rigsby en poussant le magicien vers l'irlandais, interrogez aussi vos collègues de Las Vegas… je suis certain qu'ils seront ravis que vous leur parliez de ce gusse…
O'Leary réceptionna son « colis » et le regarda. French avait un hématome sur le cou et une joue gonflée et un peu rose.
- Ben alors mon gars ? Tu t'es fait dérouiller à la sortie d'un bar ?
- J'ai subis des violences policières, dit French avec des sanglots dans la voix.
Lisbon vit Rigsby regarder ailleurs, Cho s'assurait que ses chaussures étaient bien nouées et Van Pelt, imperceptiblement avait fait un pas en arrière et avait croisé les bras. Jane, quant à lui, s'inquiétait étrangement de ce qu'il y avait dans ses poches…
Le rire vint du tréfonds du gros bide du policier.
- Ah Ah Ah ! Tu te fous de moi, mon salaud ! Quel flic serait assez con pour cogner un témoin en laissant toutes ces traces ! A mon époque, je dis pas… les patrons savaient être justes… mais aujourd'hui ! Elle est bien bonne, celle-là… Allez les gars, sortez-moi ce peigne-cul ! pffr… des violences policières… je t'en foutrais !
Des agents prirent possession de French et il disparut en protestant qu'il porterait plainte. O'Leary haussa les épaules. Il grommela un truc. Encore un compliment, se dit Lisbon.
.
Puis les formalités commencèrent et prirent longtemps.
O'Leary commença par réécouter tout le monde et on remplit des documents, et des documents, et des documents.
Par la fenêtre entrouverte, la nuit cédait le pas au jour.
Vers 5h00, c'était fini.
O'Leary les avait tous gardés dans la chambre d'Edwardsson. Une fois qu'il eut fini, il les salua d'un signe de la tête et sortit. Dans l'encadrement de la porte, son visage réapparut quelques instants plus tard.
- Au fait, dites-moi les branquignoles… Je m'occupe de la paperasse aujourd'hui, mais officieusement, M. Jane est libre de ses mouvements… Et si d'aventure, la côte Ouest vous fatiguait… c'est sûr qu'en tant que « feds », on peut pas vous blairer, mais en tant que flics, on serait content de vous avoir avec nous, à la NYPD…
Et il partit.
- Je crois que c'est ce qu'il y a de plus proche d'un « merci », dit Cho.
- Ouaip… dit pensivement Lisbon.
.
Ils sortirent sur le trottoir de l'hôtel.
Affaire classée.
Le gris du petit matin laissait place aux premiers rayons du soleil. Les façades prenaient des couleurs pastel, les ombres s'étendaient longuement sur le pavé. L'air était frais et cristallin.
La circulation commençait déjà à se densifier.
Ils se regardèrent tous. Ils avaient les traits tirés par la longue nuit qu'ils venaient de passer.
Jane était libre. Mission accomplie.
Ils avaient envie de se reposer maintenant.
Van Pelt héla un taxi, salua ses collègues et s'y engouffra suivie de Rigsby. Alors qu'il allait monter dans la voiture, il se reprit.
- Patron ?
- Oui, Rigsby ? répondit Lisbon.
- Je… Il faudra que je vous parle de French, un de ces quatre…
Lisbon sourit et regarda un peu autour d'elle en cherchant ses mots.
- Ecoutez, Rigsby… A missions exceptionnelles… moyens exceptionnels… d'accord ?
Un sourire éclaira le visage de son agent.
- Ok boss…
Il allait entrer dans le taxi quand Lisbon l'interpela.
- Hey, Rigsby !
- Oui patron ?
- Cela ne veut pas dire que si vous voulez vraiment en parler… enfin... ma porte est ouverte…
- Merci patron… et il rejoignit Van Pelt.
Le taxi démarra et fila dans la circulation. Jane regarda bizarrement Lisbon.
- Dis-moi… ils s'embrassaient pas à l'arrière du taxi, les deux, là?
- Yep ! fit Lisbon en souriant. Cho, vous…
Cho avait sorti son téléphone. Il leur fit signe qu'il voulait marcher un peu. Il s'apprêtait à traverser Madison Avenue quand il joignit son interlocuteur. Il parlait avec une voix qu'on ne lui connaissait pas. Plus douce encore qu'à son habitude.
- Hé!… Salut… désolé de te réveiller… il fait nuit à Sacramento, non ? Ouai, je sais... moi aussi … Ca y est, affaire classée… je…
Il s'éloigna en direction de Central Park.
Jane et Lisbon étaient restés sur le trottoir, seuls.
- Je t'offre le petit-déjeuner ? Dit Jane. Je connais dans le coin un « diner » qui est resté ouvert toute la nuit.
- OK… fit Lisbon. J'ai envie de pancakes…
Ils marchèrent sans rien dire.
Arrivés au diner, ils s'installèrent dans un box, passèrent commande et se regardèrent en silence.
- Et maintenant ? Finit par demander Lisbon.
Jane lui prit les mains et y déposa un baiser.
- Je crois que je vais revenir à Sacramento… Trouver un petit boulot… écrire un livre... pourquoi pas ?... Le temps que la lumière soit faite sur les malversations de Sophie… Le groupe ne repartira pas de sitôt… De toute façon, je n'ai plus envie de fuir le passé… je l'ai accepté... il me reste l'avenir... avec toi... Alors, Sacramento ? Qu'est ce que tu en dis ?
Lisbon rougit. Elle jouait avec sa fourchette.
- J'en dis que c'est pas une mauvaise idée…
Leurs téléphones retentirent de concert.
Ils décrochèrent en pestant.
Jane sortit.
Lorsqu'il revint, Lisbon avait le visage défait. Elle avait les larmes aux yeux.
Lorsque Lisbon vit Jane revenir, il n'était plus vraiment le même. Quelque chose dans son regard avait changé.
- C'était Hightower… Alors, il paraît que tu reviens au CBI avec nous ? Demanda Lisbon.
- C'était le Gouverneur… Dit Jane en agitant son téléphone. Il m'a proposé de revenir au CBI…
- Et tu as dit oui ?
- Non… j'ai dit non mais il m'a demandé cela comme « une faveur »… Qu'est-ce que je pouvais faire ?
Jane fit un pas vers Lisbon. Il voulait la prendre dans ses bras. L'embrasser. A ce moment-là, c'est tout ce qu'il voulait.
Elle recula légèrement.
- Non… dit-elle doucement en fuyant le regard de Jane.
- Pourquoi ?
- Parce que je sais que vais aimer çà… que vais vouloir rester dans tes bras... et que je ne pourrais plus te quitter… Jane… et ce n'est plus possible… vous… moi… le CBI…
Jane ne dit rien… Il revint s'asseoir… il fixait la table, le regard vide, en hochant un peu la tête… abasourdi...
- Vous avez raison, Lisbon… vous avez raison…
Les plats arrivèrent avec les cafés.
En arrière fond, Maxwell chantait This Woman's work.
(…)
I Should Be Crying But I Just Can't Let It Show,
I Should Hoping But I Can't Thinking,
All The Things We Should've Said That I Never Said,
All The Things We Should Have Done That We Never Did,
All The Things We Should've Given But I Didn't,
Oh Darling Make It Go,
Make It Go Away...
FIN
