Merci pour vos reviews! (la vache ça fait drôle mdr)

Bonne lecture (hum)

Chapitre 10

POV Severus

J'ai récidivé. Etrangement je ne m'en porte pas plus mal, au contraire. Pour la première fois depuis des années, je me sens parfaitement paisible.

Mais le lendemain matin, quand j'arrive à proximité de la grande salle, je suis apostrophé par une voix toute blackienne.

- Snape!

Tiens il a appris mon nom.

- Fous-moi la paix Black.

- Attends moi.

Il me rattrape et marche près de moi.

- Dis je voulais m'excuser pour hier.

- Si c'est une blague laisse moi te dire que tu es de moins en moins drôle.

- Non c'est pas une blague. Ecoutes je sais pas ce qui se passe entre Remus et toi mais j'aimerais pas qu'il me fasse la gueule alors on va faire un pacte de non aggression!

- Un pacte de quoi?

Il prend un air savant qui me donne envie de lui balancer mon poing dans ses dents parfaitement alignées.

- De non agression Snivell... Snape, le principe est simple, tu me fous la paix et je te fous la paix. Comme ça tout le monde se fout la paix et il y a plus de problème.

Ce garçon m'étonnera toujours... hélas.

- Ok Black adieu alors.

Pourquoi il me suit encore là?

- Dis maintenant qu'on est de très grands amis tu peux me le dire, il y a quoi exactement entre toi et Remus.

De très grand ami non mais je rêve... Quant à ce qu'il y a entre Remus et moi je ne le sais pas moi même. Enfin si je le sais mais l'avouer c'est une autre histoire.

- Au revoir Black.

Je le plante là et je vais m'installer.

POV Remus

Je remonte dans mon dortoir la tête dans les nuages et le coeur léger. Il m'aime! Enfin il ne me l'a pas dit mais ça semblait clair non? J'ai envie de redescendre dans les dortoirs de serpentard et de me jeter à son cou. Je passe presque une une nuit blanche, recroquevillé dans mon lit.

Le lendemain matin, je le vois dans la grande salle pour le petit déjeuner, il sort au moment ou je m'assoie à la table des griffondors. Le reste de la journée se déroule de la même façon, il me jette de temps à autre des regards indifférents et je ne peux pas m'empêcher de ressentir un pincement au coeur. Plus la journée avance et plus je sombre dans le doute. Ce n'est qu'en sortant de mon dernier cour que j'aperçois une silouhette sombre dans le couloir en face de la salle. Il recule dans l'ombre quand Sirius et James sortent derrière moi. Je me tourne vers Sirius, James est dans un autre monde depuis quelques semaines...

- MacGonagall m'a demandé de passer la voir dans son bureau ce soir, on se retrouve dans la salle commune.

- Ok, lâche-t-il après avoir lancé un regard dégoûté à James et Lily. Il m'énerve avec ses gamineries mais je me tais, j'ai mieux à penser pour le moment.

Je les regarde tourner l'angle du couloir puis je me tourne vers l'autre corridor et je sursaute. Il est venu tout près de moi pendant que je regardais ailleurs. C'est vrai qu'il fait des trucs flippants des fois.

- Tu as l'intention de me tuer? je lui demande en riant, une main sur le coeur.

- J'avoue que l'idée m'a effleuré, répond-il d'un ton détaché.

Il prends doucement la main que j'ai laissé sur mon coeur et m'embrasse. Je le laisse faire, je me sens maladroit quand il est à proximité, et encore plus dans ce genre de situation. Puis il s'écarte un peu et me refait son micro-sourire. Puis il me lâche la main et on se met à marcher en suivant le couloir que James, Lily et Sirius ont emprunté quelques minutes plus tôt. On se balade pas mal de temps dans le château, je n'ai pas vraiment de but et je le suis dans le parc. La neige tombe un peu et le parc est immaculé. Il n'y a personne et il fait un froid glacial. sa n'a pas l'air de le gêner. On s'arrête au bord du lac et j'éprouve un sentiment de malaise au souvenir de ce qui s'y est passé il y a à peine un mois. Pourquoi est-ce qu'il nous a fait revenir ici? je lui jette un regard interrogateur mais il ne me regarde pas, il se contente de fixer l'étendue glacée qui s'offre à nous.

Je lui prends timidement la main, ça à l'air de le faire sortir de sa rêverie, il me lance un regard étonné, comme s'il avait oublié ma présence durant quelques instants. Puis il retourne à la contemplation du lac. J'en profite pour examiner sa main, blanche avec de longs doigts fins. Sa manche légèrement relevée laisse voir son poignet et le début de cicatrices récentes et peu profondes. Je passe doucement un doigt dessus et je le sens tressaillir. Ces trucs c'est lui qui se les ai faits tout seul. Il retire doucement sa main de la mienne et la passe autours de ma taille pour m'attirer contre lui. Comme si c'était moi qui avait besoin d'être soutenu ou consolé. Je me laisse tout de même aller contre lui mais sans pour autant chasser de ma tête l'image de ses scarifications... Mon ange, je t'ai admiré de loin sans voir ta détresse. Une vague de culpabilité me submerge soudain et j'ai envie de faire quelque chose pour l'aider.

- Tu vas porter plainte?

Il sursaute légèrement et me jette un regard choqué, comme si je venais de proférer la plus épouvantable obscènité.

- Non.

Alors là je n'y comprends plus rien.

- Mais pourquoi? C'est tout ce qu'il mérite...

- ça ne servirait à rien et puis... je n'ai pas envie de le voir.

- C'est tout? et tout ce qu'il t'as obligé à faire tu as aussi decidé de l'oublier? Tu pourrais l'envoyer à Azkaban et tu ne veux rien faire contre lui?

Je commence à m'énerver et il se détourne du lac.

- Remus, s'il te plaît...

Il a l'air fatigué et cette manifestation de faiblesse chez lui est si rare que je me tais. Je continue quand même à le regarder. Il pose son regard sur moi et semble réfléchir, comme s'il voyait que je ne me contenterait pas de ses réponses évasives.

- C'est que... personne ne me croirait.

- Pourquoi?

- Mon père est quelqu'un de très... doué. Il racontera que je suis complètement cinglé, que je ne fait que des conneries, que je me drogue. Il se placera en victime et ses connaissances témoigneront en sa faveur.

Je n'en crois pas mes oreilles. Ce type est un monstre, j'aurais du le tuer quand j'en avais l'occasion.

- Ses amis ne sont pas au courant?

- Si.

Il baisse soudain les yeux et repousse un peu de neige du bout de son pied.

- Mais alors...

- C'était mes premiers...clients. Ils sont venus un soir et... enfin mon père ne voulait pas mettre une "sainte nitouche sur le marché" comme il dit.

Il se tait durant quelques instants et regarde par terre puis il se mord un doigt et me regarde, comme horrifié par ses propres paroles. Je soutiens son regard tandis que mon cerveau fait le calcul. 17 moins 6. 11 ans, on était en première année. A l'âge ou la plupart d'entre nous ne savaient même pas ce que le mot "sexe" signifiait lui y était déjà confronté et de la manière la plus horrible qui soit.

- Et... si je témoigne pour toi?

Il retire son doigt de sa bouche et reprend contenance.

- Tu es un hybride, ton témoignage n'aurait aucune valeur face à lui. En plus, il va dire que tu as failli le tuer et connaissant les tribunaux, la situation va se retourner contre toi. Mon père passera pour un homme honnête victime de la folie de son fils et de la monstruosité de son petit ami.

C'est vrai. J'avais oublié à quel point les sorciers du ministère peuvent être désespérement bêtes même quand la vérité est sous leurs yeux.

- Et Dumbledore?

- Mes cicatrices les plus importantes ont disparues. Ils diront tous que Dumbledore est un vieu fou, ça ce n'est pas trop dur à croire, et qu'il a été abusé par un élève mithomane.

- C'est un peu tiré par les cheveux non?

- Ma version n'est pas beaucoup plus réaliste.

Il retire son bras de ma taille et me regarde à la dérobée.

- Laisse tomber d'accord? Je n'ai aucune envie de témoigner ou d'être exposé comme un monstre de foire devant des inconnus.

Son ton est devenu ferme et brusque. Le temps de regarder ailleurs et il n'est déjà plus à coté de moi. Je me retourne, il remonte vers le château à grandes enjambées. J'hésite quelques instants puis je remonte à mon tour, suivant notre sillon dans la neige scintillante.

J'entre dans le hall et je referme la lourde porte en chêne. Il est assis sur les marches dun escalier. J'hésite quelques instants puis je m'approche de lui. Il lève les yeux vers moi.

- Excuse-moi, murmure-t-il.

Rassuré, je m'assoie près de lui.

- C'est plutôt à moi de m'excuser je crois.

Il me prend doucement la main, je jette un coup d'oeil autours de nous, il n'y a personne. On se lève après quelques minutes et on se dirige vers la grande salle. Il me lâche la main quelques mètres avant d'y entrer et va s'asseoir seul à la table des Serpentard. Pour ma part, je me dirige vers celle des Griffondors et je m'installe en face de Sirus, près de James et Lily. Sirius à l'air de bien s'emmerder, il faut dire que la conversation de Peter est assez limitée.

- Alors, elle te voulais quoi MacGonagall?

Je mets quelques instants à comprendre de quoi il parle. Nos relations sont un peu tendues depuis l'autre soir.

- Oh rien, une histoire de rondes le soir et deux gamins qui se sont amusé à faire des duels... Et vous? vous avez fait quoi?

- Rien de bien intéressant, Peter a disparu je ne sais ou, James est Lily ne sont plus parmi nous et moi je me trouve très bien dans le rôle de chandelle.

J'éclate de rire en me servant et mon regard s'attarde sur Severus qui m'observe attentivement. Il est tout seul mais ça n'a pas l'air de le gêner, au contraire. Je le surveille tout au long du repas, tout en discutant avec Sirius. Je me rends compte qu'il ne mange presque rien. James descend de son petit nuage pour nous dire qu'il passera les vacances chez Lily, c'est pas vraiment un scoop... Sirius et Peter rentrent chez eux, cette année la pleine lune tombe juste avant les vacances d'hiver et j'ai un prétexte pour refuser toutes les invitations.

- ça te gène pas de rester tout seul? Sinon je peux m'arranger pour...

- Non merci, c'est gentil mais je m'en sortirais Sirius.

Il me regarde bizarrement, d'habitude, je suis toujours heureux quand l'un d'eux peut rester avec moi pendant les vacances ou quand je suis dans la cabane hurlante. Mais cette fois, je sais que je ne m'ennuierais pas, Severus reste aussi et je me vois mal lâcher Sirius en prétextant un rendez-vous avec MagGonagall. Le cour de mes pensées est interrompu car j'aperçois Severus se lever de table. J'attends quelques minutes et je me lève, bien que je n'ai pas fini de manger. Sirius me jette un regard étonné et hoche la tête l'air de dire "il a un grain en ce moment" mais je me fous royalement de tout ce qu'il peut bien penser.

Comme je m'y attendais, Severus m'attend, appuyé contre une colonne avec un bouquin. Comme s'il avait senti ma présence, il lève les yeux et referme son livre dans un claquement sec. On s'enfonce dans les couloirs silencieusement et on finit par arriver dans une partie assez sombre du château. Sans un mot, il s'arrête et me plaque contre un mur. Il m'embrasse et je me laisse dominer, me soumettant à tout ce qu'il voudra bien me faire. Puis on se sépare et je me blottit contre lui. Soudain, une sorte de japement retentit dans le couloir sombre et je sens Severus sursauter contre moi. Je m'écarte de lui et sors ma baguette.

- Lumos!

Le rayon de lumière tombe sur un grand chien noir que, hélas je connais. Je suis tellement stupéfait que je ne dit rien. Severus s'avance vers le chien, il ne se doute de rien.

- Comment cette bestiole est arrivée jusqu'ici? demande-t-il, plus à lui-même qu'à moi.

En guise de réponse, Sirius reprend forme humaine et éclate de rire. Je vais le tuer. Severus me lance un regard incrédule, j'espère juste qu'il ne croit pas que c'est moi qui ai demandé à Sirius de nous suivre. Celui-ci s'approche de moi, toujours mort de rire.

- Putain tu aurais pu me le dire que tu le voulais te le garder pour toi tout seul. J'ai vraiment cru que tu craquais tu sais.

Severus me lance un regard blessé et disparaît dans l'ombre. J'entends le bruit de sa course se répercuter contre les pierres et diminuer peu à peu. Pendant une seconde j'hésite entre casser la gueule à Sirius tout de suite et suivre Severus. J'opte pour la deuxième solution; je m'occuperais de Sirius plus tard. Je me mets à courir comme un dératé. J'aperçois enfin une silouhette sombre au loin. Il s'est arrêté de courir et se tient au mur, une main sur les côtes. Je m'arrête en dérapage devant lui et cette fois c'est moi qui le plaque au mur.

- Je suis désolé, je ne savais pas qu'il allait faire ça, ce n'est pas moi qui lui ai demandé de nous suivre et...

Il me regarde attentivement, encore essouflé par sa course;

- Je te crois, murmure-t-il faiblement.

Il se tient toujours les côtes et n'a pas l'air de se remettre. Il est encore plus pâle que d'habitude, légèrement essouflé et il tremble. Je me souviens alors de la faible quantité de nourriture qu'il a absorbé au dernier repas et je le prends pas la taille, essayant de l'aider à se tenir debout. Je l'aide à passer un bras autours de mes épaules et il s'appuie de tout son poids sur moi. "Tout son poids" n'est finalement pas grand chose. J'arrive à le guider sans trop de difficulté, il mesure presque 10 cm de plus que moi et j'ai vaguement conscience du couple grotesque que nous formons à cet instant. Le lycanthrope fou amoureux qui tente d'aider un ex-prostitué suicidaire à tendance anorexique pour le ramener vers un semblant de vie. Une petite voix dans ma tête, qui ressemble étrangement à celle de Severus d'ailleurs, me dit que c'est vraiment n'importe quoi.

J'aurais voulu l'emmener à l'infirmerie mais Pomfresh va lui poser des questions et je ne suis pas sur qu'il appréciera. Je me dirige donc vers les quartiers des Serpentard, de plus en plus lentement car Severus à de plus en plus de mal à suivre. A mi-chemin, ses jambes se dérobent sous lui et je le soulève avec mille précautions. Il noue ses bras autours de mon cou et laisse sa tête reposer sur mon épaule. Je marche plus vite, même avec lui dans mes bras et j'arrive rapidement dans le faux cul-de-sac.

- Artemisia!

La muraille glisse lentement et je passe.

- Je me demande ce que ça veut dire Artemisia, pensais-je à haute voix.

- C'est le nom d'une plante qui sert à fabriquer de l'absinthe, murmure-t-il faiblement dans mon cou.

Je souris, même à demi évanoui il est capable de me ressortir des trucs de potion. La salle commune est vide, ils sont tous en train de manger dans la grande salle. Je me dirige vers son dortoir, il est également silencieux. Je le dépose doucement sur son lit et il se laisse faire. Je le regarde un moment, il croise les mains sur sa poitrine et ne bouge plus, cette fois il dort vraiment.

- Il va falloir reprendre des forces Mr Snape, dis-je comme si je m'adressais à un gamin particulièrement têtu. Il ne bouge pas et je l'embrasse sur le front.

Je m'assoie sur le bout du lit et entreprends de lui enlever ses chaussures. Puis je remonte ses robes qui traînent sur le sol et les pose sur le lit. Après ça , je referme les rideaux du baldaquin pour que personne d'autres que moi ne puisse le voir.

Je sors rapidement de la salle des Serpentards et je remonte avec une idée fixe en tête: détruire Sirius. Je jette un coup d'oeil dans la grande salle, il n'y a que James, Lily et Peter. Il a du aller se planquer, il a bien fait. Je le trouve dans notre dortoir, affalé contre le montant de son lit et les yeux dans le vague.

- Experliamus!

Il va s'écraser contre le mur du fond et sa baguette aterrit dans ma main. Je m'approche de lui, il tente de se relever, il a l'air bien sonné et il saigne du nez. Je suis envahi par une bouffée de haine à son égard, comment a-t-il osé dire un truc pareil, il ne le connait même pas. Je lui balance des coups de pied dans le ventre et les côtes. Puis je m'agenouille et j'y vais avec les poings. Je l'entends hurler, me supplier d'arrêter, appeler au secours mais je m'en fous. Pendant un instant, toute la haine que je porte au père de Severus, à ceux qui l'ont touché, à moi-même est reportée sur Sirius.

Tout à coup, des mains s'aggripent à mes bras et empêchent mes coups d'atteindre leur but. Je pousse un hurlement de rage et de frustration et me retourne. C'est James et Peter. Je reviens brusquement à la réalité et je m'arrête.

- Mais t'es malade ou quoi? crie James en me repoussant. Lily lui pose une main sur l'épaule pour le calmer.

- Ne lui cries pas dessus, il avait peut être une bonne raison, et puis la pleine lune c'est dans une semaine.

Je m'étrangle et lance un regard haineux à James. Il m'a balancé à sa chère copine sans même me demandé mon avis. Je fait volte-face pour sortir du dortoir avant de refaire un malheur.

- Je suis désolé, me lance Sirius.

Je m'arrête et me retourne, James et Lily se regarde en haussant les sourcils, ils ne comprennent rien. C'est sur qu'avoir passer trois semaines à se bécoter dans tout les coins de l'école ça aide pas.

- Tu ne le penses même pas.

Sur ces mots je sors du dortoir.

A suivre...

Prochain chap demain ou après demain...

°part lire la fic de psykedelicworld°

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