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Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les personnages de Marvel appartiennent à leurs propriétaires respectifs. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : T (par précaution)
Genre : Drama / Tragedy / Angst / Adventure
Personnages principaux : Elena McGregor (OC) ; James Barnes ; Phil Coulson ; Steve Rogers ; Natasha Romanoff ; Clint Barton ; Agent Adrianne (non OC).
Situation temporelle : début du tome 1 : 3 janvier 2015 – fin du tome 1 : 17 juin 2016 – début du tome 2 : 17 juin 2016.
Changements de situation : Dois-je encore préciser qu'ils sont pléthore ? :p
Autres : Dans ce tome, d'autres personnages vont périodiquement apparaître. Si vous avez vu les films du MCU et Agents of SHIELD jusqu'à la saison 3, vous les connaissez tous. Sinon, Google est votre ami :)
Dates d'écriture : 02/01/2018 – 01/05/2019
Beta lecture : Zukka666 (merci mille fois et plus encore de m'avoir attendue et soutenue quand plus rien ne voulait sortir de mon cerveau).
Parution : Le mardi, avec le moins de délai possible entre deux chapitres. Tous les 15 jours dans un premier temps.
Nombre de chapitres écrits : pour ce tome : 15 + prologue + épilogue (déjà écrit)
Date de publication : 17 septembre 2018
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Bonjour adorables et patients lecteurs,
Deux semaines. Ce n'est pas un si grand retard, si ? Voici donc la fin de la pause estivale. Contrairement à ce que je pensais, je ne suis pas certaine de mon rythme de publication. Ce que je sais, c'est que je continue à galérer. Mais je finirai cette histoire.
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Julindy, merci pour la review !
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Notes pour ce chapitre :
(1) Blanche Neige est le premier dessin animé de Walt Disney, sorti en salles en 1937. Eh oui. 71 ans.
Rappel des noms de code radio des Immortels :
Steve : 1-2 ; Phil : 2-1 ; Elena : 2-2 ; Clint : 3-2
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Bonne lecture !
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CHAPITRE 9
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4 AOÛT 2016 – 21h08 – BASE AURORE
(J+553)
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Ils sont dans une grande pièce, peut-être deux fois le bureau de direction. Et finalement, la description tient en peu de mots. C'est une salle de cinéma. Trois murs noirs, le quatrième blanc – à l'opposée de l'entrée – des fauteuils de cinéma, rouges, des enceintes aux quatre coins de la pièce.
À droite de la porte d'entrée, il y a une table avec quelques paquets cadeaux. Dans le coin gauche, il y a un petit bar, avec des cocktails déjà prêts et deux gros plateaux de petits canapés et autres biscuits apéritifs. Clint est en train de s'affairer derrière le bar, Coulson fait on ne sait quoi sur un ordinateur portable, pas très loin, et Elena est appuyée sur la table où sont entreposés les cadeaux.
James les regarde tour à tour, complètement perdu.
« C'est... » il secoue la tête.
« Inattendu ? » propose le Directeur.
« Oui... mais... » balbutie le brun.
« Génial ? » demande Clint.
« Oui, oui, bien sûr, » approuve encore le Soldat, mais il secoue toujours la tête de droite à gauche.
« Attentionné ? » propose à son tour le blond.
« Je... forcément, » confirme le brun.
« C'est trop, » déclare Elena, et ce n'est pas une question.
James se tourne vers elle et plonge dans le regard chocolat. Oui, c'est beaucoup. Ça fait soixante dix ans qu'il n'a plus fêté son anniversaire. Que personne ne le lui a fêté. Et il y a toutes ces émotions qui l'assaillent d'un coup. La surprise. La joie. Le trouble. L'affection intense qu'il ressent pour eux. Le simple fait qu'ils y aient pensé était déjà énorme pour lui, mais là, c'était juste…trop.
« Vous auriez pu simplement me le dire, vous savez, » finit-il par souffler. « Enfin, je ne veux pas paraître ingrat, hein, ce n'est pas du tout ça, » ajoute-t-il précipitamment.
« Ne t'inquiète pas, on comprend, » assure le Directeur en posant l'ordinateur et en se levant.
Le brun retrouve un demi-sourire.
« Rassurez-moi, il n'y a pas cent cinquante personnes qui m'attendent dans la pièce à côté ? » demande-t-il pour tenter de détendre l'atmosphère.
Clint éclate de rire. « Non, ne t'en fais pas, on sait que tu n'aimes pas les bains de foule autant que Cap', » raille-t-il.
« Eh ! Je déteste ça, » proteste le blond en s'avançant vers l'archer pour continuer son argumentation.
« Tu es sûr, Steve ? » demande Phil en jetant un coup d'œil à Elena, qui lui lance un regard reconnaissant.
La brune se rapproche du Soldat en remerciant ses compagnons silencieusement. James a clairement besoin d'un moment de tranquillité avant de continuer la soirée, et Clint a sauté sur l'occasion d'asticoter Steve, qui ne s'est pas fait prier pour protester et Phil a surenchérit.
C'est ça qu'elle aime avec eux – et Nat', Maria... même James –cette capacité de se comprendre, d'être à l'écoute des uns des autres et de savoir ce dont ils ont besoin...
« Tu sais que je ne les aurais pas laissé faire ça, n'est-ce pas ? » demande-t-elle à voix basse.
Le brun lâche un léger rire.
« Oui, j'aurais dû m'en rappeler, désolé, » marmonne-t-il.
« Ne t'excuse pas. On savait que tu pouvais mal réagir, c'est pour ça qu'il n'y a que nous. Mais si c'est trop pour toi, alors on annule tout et on passe une soirée tranquille au bar à parler de n'importe quoi, » propose-t-elle.
« Non. Non, ça va, je t'assure. Je n'avais juste pas réalisé que c'était aujourd'hui... »
Elle hoche la tête et l'invite d'un geste à se rapprocher des autres.
« Bon, on peut boire maintenant ? » demande Clint à la cantonade.
« Oui ! » s'exclame Elena en attrapant deux cocktails et en donnant un à James. Les autres en prennent un également et se tournent vers le brun.
« Bon anniversaire Buck ! » résonne dans la pièce pourtant feutrée.
« Merci tous les quatre, » souffle-t-il avant de lever son verre et boire une gorgée pour se donner contenance.
Ne voulant pas le gêner d'avantage en restant concentrés sur lui, les autres se tournent vers le bar pour se servir en petits fours et les discussions reprennent.
Une bonne demi-heure et quatre cocktails plus tard, les plateaux sont à moitié vides et les ventres temporairement pleins. Clint frappe dans ses mains.
« Bon ! On passe à la partie intéressante ? » s'exclame-t-il avec un grand sourire.
« Tu n'es qu'un gamin ! » rétorque Coulson en souriant.
« Aow, boss, tu me blesses, » gémit l'archer en se dirigeant vers le premier rang de sièges, suivit de Phil.
Elena les ignore et regarde le Soldat.
« Tu te doutes bien que nous ne sommes pas ici pour rien, » explique-t-elle. « On a eu une idée... »
« Elena a eu une idée, » corrige Steve, juste derrière la brune.
« C'est un coup de chance. J'ai entendu un agent parler qu'elle voulait emprunter un vidéoprojecteur pour regarder des films dans sa chambre. Et puis, une idée en suivant une autre... eh bien, voilà, » déclare-t-elle en écartant les bras pour montrer la pièce.
« Je ne sav... » commence le brun.
« Bon, on commence ! » s'impatiente l'archer, qui trépigne debout à côté du Directeur.
« Oui mon chéri, patiente avec papa, on arrive, » raille-t-elle.
Bien entendu, elle a dit cette phrase pour se moquer, mais elle ne peut s'empêcher d'échanger un coup d'œil chargé d'émotions avec Phil.
Steve éclate de rire et pose une main sur l'épaule de Buck pour l'entraîner vers les sièges, suivie par Elena.
Le brun se retrouve au milieu, Elena à sa gauche, Steve à sa droite. Phil est de l'autre côté de la brune et Clint à côté de Steve.*
« C'est parti ! » déclare Clint en se frottant les mains, alors que Coulson lance la vidéo sur l'ordinateur.
Elena jette un œil à son voisin de droite, qui garde un visage plutôt neutre, mais son regard est vif. Le château de Walt Disney apparaît, puis les paysages de la savane, et James se tourne vers elle.
Le Roi Lion ? » articule-t-il sans un son.
Elle se contente de sourire et il la remercie d'un regard, avant de se concentrer sur l'écran. Les minutes passent à une vitesse folle.
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Lorsque Mufasa meurt, la brune jette furtivement un œil à sa gauche, mais Coulson la regarde aussi, avec un sourire en coin, sachant pertinemment ce qu'elle cherche, avant de regarder à nouveau l'écran. Elle tourne lentement la tête à droite. Tout au bout, Clint n'essaie même pas de cacher ses joues mouillées, Steve tente de trouver un moyen de s'essuyer les yeux avant que les larmes coulent et Buck a les yeux secs mais son air infiniment triste chamboule Elena. Tout le monde étant totalement absorbé par le dessin animé, elle vient discrètement prendre la main de James – qui repose entre sa cuisse et l'accoudoir de son côté à lui.
Le brun la regarde et cligne des yeux, comme s'il revenait à la réalité. Puis il serre les doigts de Mac entre les siens en métal, avant de rediriger son regard vers l'écran. Elle se rend compte qu'il la tient toujours lorsqu'elle change légèrement de position, un peu plus tard. Elle ne peut s'empêcher de sourire en pensant au chemin parcouru depuis le vingt huit janvier de l'année précédente.
Elle ne fait pas vraiment attention au reste du dessin animé – de toute façon elle le connait par cœur. Elle se remémore tous les moments qu'elle a pu passer avec lui, les bons et les mauvais. Elle repense aussi à Phil, les moments incroyables qu'ils ont pu vivre en tant d'années. Elle finit par dévier sur Clint, Maria, Tania et Nat'. Et Steve, depuis quelques années maintenant, depuis qu'ils l'ont sorti de la glace. Elle a passé assez de temps avec lui pour avoir l'impression de le connaître depuis aussi longtemps que les autres.
Elle a appris avec le temps qui passe qu'elle ne pourra jamais avoir une petite vie tranquille, sans autres soucis que l'arrière train du chien qui se paralyse, sa mère qui perd la tête ou un enfant asthmatique. Elle a son lot de morts sur la conscience, des amis pour certains – quoi qu'en dise Coulson, si Nick ne s'était pas retrouvé avec un foie fichu, il n'aurait pas tenté ces absurdités – il y a Maria et Natasha qui sont loin, puis le SHIELD met plus de temps que prévu à se reconstruire...
Malgré tout, au terme de sa réflexion, elle en conclut qu'elle n'a peut-être jamais été plus heureuse.
Lorsque le dessin animé se termine, elle s'étire de tout son long, manquant de tomber de son fauteuil sous les ricanements de ses voisins.
« Tu avais raison, Mac. Ces maudits fauteuils ont été une corvée à fixer, mais ils sont absolument super, » avoue l'archer.
La brune, bonne joueuse, ne relève pas et se tourne vers James.
« Ça a été ? » demande-t-elle.
« Je suis très content de connaître précisément l'histoire de Simba, » avoue-t-il avec un sourire. « Et c'est loin d'être bête. C'est peut-être fait pour les enfants, mais il y a de sacrés leçons de vie là-dedans. »
« Noooon ! » gémit soudain Clint. « Pas un troisième ! Boss, on est en minorité ! »
Barnes fronce les sourcils d'incompréhension.
« Ignore-les, Buck, » rétorque Steve. « Clint n'est pas encore assez grand pour comprendre qu'il y a une morale à cette histoire. »
« Et moi ? » demande le Directeur.
« Tu veux vraiment une réponse papy ? » raille Elena et Phil lui colle une taloche derrière la tête.
« Hey ! Tu regardes trop de séries télé américaines ! » s'exclame-t-elle en se frottant le crâne.
Ils vont boire un coup et discuter des avancées du cinéma au cours du temps, en finissant la nourriture sur les plateaux.
Puis Steve se tourne vers son meilleur ami.
« Tu te rappelles de Madison Square Garden ? »
James éclate de rire.
« Oh, Stevie, tu es sûr que tu veux te reparler de ça ? » demande le brun, en approchant de Steve dans une attitude qu'Elena n'a jamais vue.
Il arbore un sourire enjôleur, sa démarche s'est faite féline et son regard prédateur. Il s'arrête devant le blond.
« Parce que je me rappelle de ce qui a failli se passer ce soir là, Stevie, » souffle-t-il d'une voix chaude, presque sensuelle. « Et ce n'est pas parce que le temps a passé que j'ai oublié. Cette femme avait raison, tu sais. Peut-être que nous nous voilons la face. » il lève une main pour la poser à la limite entre la joue et le cou du blond. « Peut-être qu'il est temps d'accepter ce qu'il y a entre nous. »
Steve le regarde, proprement horrifié, avant de se réveiller et de bondir brutalement en arrière.
« Nan mais t'es malade ! » beugle-t-il. « Putain Buck ! »
« Langage ! » s'exclament Clint et Elena en même temps.
D'ordinaire, le brun le lui aurait fait remarquer aussi, mais il est plié en deux, en train de pleurer littéralement de rire, une main sur sa cuisse et l'autre agrippée au bar pour ne pas s'effondrer par terre. Il finit par se redresser, pointant son meilleur ami du doigt, essuyant ses yeux de l'autre main.
« Merde ! Je me souviens encore de la tête de cette mégère quand je lui ai dit que t'embrasser était la meilleure chose que j'aie jamais faite ! » s'exclame-t-il en repartant de plus belle dans son fou rire. « Et la seule chose que tu m'as reproché après ça, c'est que c'était un mensonge ! »
Elena n'en peut plus non plus, assise sur un tabouret du bar, effondrée sur celui-ci, frappant du poing sur le plateau, secouée de rires de la tête aux pieds. Clint et Phil sont hilares eux aussi.
« Oh, allez-vous faire voir ! » s'écrie Steve, qui ne peut plus se retenir et rigole à son tour.
« Pour en revenir à Madison Square Garden, et après le Roi Lion, ça m'a donné envie de le revoir, » avoue le brun une fois qu'il s'est calmé.
« Gagné ! » s'écrie Elena en venant claquer sa main dans celle que Steve, un grand sourire aux lèvres, a levée à son encontre.
Puis la brune se tourne vers lui.
« On s'est dit que tu pourrais effectivement en avoir envie. J'ai un peu galéré à retrouver la version originale. Elle a été remasterisée depuis, et si les images sont plus belles, ça perd un peu de son charme. Alors, à moins que tu veuilles aller te coucher, on avait prévu de le regarder. »
« Tu crois vraiment que je veux aller me coucher ? » s'étrangle le brun.
Il sourit, et si ses yeux sont humides, c'est à cause des larmes de rires, mais lorsqu'il croise le regard de Steve, il ne peut s'empêcher de poser une main sur son épaule et de la serrer assez fort pour faire grimacer le blond.
Ils se réinstallent de nouveau et ne voient pas passer l'heure et demie suivante devant le tout premier dessin animé de Walt Disney. (1)
« N'empêche, » commente le Directeur quand ils se retrouvent – encore – accoudés au bar, « il n'y a aucune explication scientifique au fait que le prince réussisse à... »
« La ferme Coulson ! » s'exclament les trois autres en cœur.
« Ça va, ça va, si on ne peut même plus donner son avis, » marmonne-t-il.
Elena passe un bras autour de son cou et l'embrasse sur la joue.
« Oh le pauvre petit Phil tout brimé tout dénigré tout tristounet, » couine-t-elle en retenant un sourire.
Le Directeur la regarde et ils éclatent de rire.
« Bon sang, je n'ai jamais autant ri que depuis que vous êtes revenus, » avoue le Directeur en secouant la tête.
Ils échangent tous un regard, où apparait tout ce qu'ils ressentent, et à ce moment-là. C'est très basique et violent. Ça a des degrés différents, mais ça ressemble beaucoup à "Moi aimer vous".
« Cadeaux ? » propose finalement Clint.
Ils se réunissent autour de la petite table.
« C'est moi qui ai le cadeau le moins bien alors je commence, » décide l'archer en tendant les deux plus gros paquets.
James les regarde, caresse le papier du bout des doigts un bon moment et les autres ne pensent même pas à le faire accélérer ou le chambrer, parce que le moment est important pour lui. Finalement, il ouvre le paquet avec précaution et en sort des t-shirts du SHIELD pas comme les autres. En dépliant un, il remarque qu'il est à manche longue et que toute la manche droite fait croire à un bras en métal, avec les mêmes motifs que son vrai bras bionique. Le second t-shirt est à manche courtes et l'intégralité du vêtement fait croire à du métal. Il en sort deux autres, avec des motifs différents, mais toujours avec des pièces de métal.
Il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que l'archer lui tend le second paquet, cette fois une veste en cuir magnifique, avec un énorme écusson du SHIELD au milieu et le mot INSTRUCTEUR dans le haut du dos. Le brun sourit avec émotion.
« Ne dis pas que ton cadeau est moins bien Clint, parce qu'il est absolument génial, » souffle-t-il en prenant brièvement l'archer dans ses bras.
Elena avance ensuite d'un pas et lui tend une enveloppe. Il l'ouvre et découvre un billet d'avion aller retour Richmond-Indianapolis, sans date déterminée. La brune voit le souffle de James se couper, avant de repartir, un peu plus rapidement qu'avant.
« Lena... » murmure-t-il, la gorge serrée.
« J'ai fais quelques recherches... Phil m'a aidé, j'avoue. Mais ta sœur est encore en vie. Elle n'est plus très en forme mais je me suis dit que peut-être tu voudrais... » elle ne finit pas sa phrase et pince les lèvres.
Buck range le billet dans l'enveloppe avec douceur et le pose sur la table avant d'attirer sans prévenir la brune dans une étreinte serrée.
« Je n'y arriverai pas seul, » murmure-t-il à son oreille.
« J'ai pris la liberté d'acheter un autre billet pour qui tu voudras, » le rassure-t-elle.
« Merci Lena. Merci mille fois. »
Puis il la relâche et se racle la gorge en souriant aux autres.
« Je ne pleurerai pas, les gars, » essaie-t-il de plaisanter mais il ne reçoit que des sourires attendris en retour.
« Mon cadeau est... entre nous, » essaie d'expliquer Steve et le brun hausse un sourcil suggestif qui fait rire tout le monde. « Arrête, andouille ! » ricane le blond. « Tu sais pourquoi cette base a été appelée Aurore ? » demande-t-il ensuite.
« Non. Je ne me suis pas vraiment posé la question. »
« Parce que c'est la toute première base de la SSR. Aurore, parce que le début de la journée, le début du voyage. Le commencement d'une nouvelle chose. La base a été abandonnée en urgence suite à un incendie en soixante-trois. Alors j'ai fouillé, depuis qu'on est arrivé ici, pour retrouver des... vestiges, et petit à petit, j'ai retrouvé pas mal de photos et d'objets. Ils sont dans le coffre là-dessous, » explique-t-il en montrant du doigt une malle qui peine à rentrer sous la table et à laquelle Buck n'avait pas fait attention jusque-là. « Je te propose qu'on les regarde ensemble. Aurore a été la base principale des Commandos Hurlants, alors il y a un nombre non négligeable de souvenirs d'eux là-dedans. »
« Putain Steve, » marmonne le Soldat et c'est le blond qui le tire contre lui pour lui offrir une courte étreinte.
Lorsqu'il se recule, James a les yeux brillants, mais aucune larme ne coule.
« Non, j'ai dit que je ne pleurerais pas, » grogne-t-il.
« Eh bien, je crois que c'est à moi, » déclare Coulson en lui présentant un petit carton relativement plat.
James déchire le papier et en sort un genre de portefeuille en cuir noir et relève des yeux interrogateurs vers le Directeur, qui désigne l'objet du menton. Alors le brun l'ouvre et se fige de nouveau.
« Nom de Dieu ! » s'exclame-t-il soudain en découvrant l'emblème du SHIELD sur la partie basse.
« Et, euh, je l'ai reçu en fin d'après-midi, alors je n'ai pas eu le temps de faire un joli paquet... mais voilà, » explique le Directeur en lui tendant une feuille – le papier qu'il a montré à Elena dans l'après-midi.
Le Soldat la parcourt avidement du regard, avant de relever les yeux sur Clint.
« Ouais, ouais, le mot instructeur n'est pas là pour faire joli sur ta veste. Donc oui, ta veste, c'est une vraie, » confirme-t-il avec un sourire plein de fierté.
« Enfin, tu auras besoin de ça, », finit le châtain en lui tendant une carte d'accréditation. « Bienvenue au SHIELD, Sergent Barnes, instructeur de tir, » lâche-t-il avec sérieux.
Le brun se mord la lèvre en regardant le plus âgé, qui secoue la tête, un sourire sur les lèvres.
« Bon sang, c'est... » il s'arrête là, et se racle la gorge deux fois. « Faites chier les mecs, » marmonne-t-il en frottant le coin de l'œil droit.
« Si tu veux, on te propose aussi de rentrer dans l'équipe, » ajoute la brune. « Accepter d'être officiellement présenté comme Immortel, ça ne changera rien au jour le jour, mais ça t'épargnera certains désagrément au niveau de la paperasse, pour justifier ta date de naissance, entre autres. »
Il hoche la tête, alors elle lui tend un biper.
« Il est calibré pour signer automatiquement 2-2, » déclare-t-elle. « Tu rendras celui que tu as eu jusque-là aux communications. »
Il hoche de nouveau la tête. Une fois qu'il a retrouvé la maîtrise de ses glandes lacrymales, il prend Coulson dans ses bras pour le remercier, puis Clint, puis Steve et enfin Elena.
« Vous êtes totalement cinglés, vous savez ça ? » demande-t-il en secouant la tête, un énorme sourire sur le visage. « Sérieux, vous êtes... fantastiques, » souffle-t-il finalement.
Ils discutent encore un moment de ce que sera le boulot de Buck, en tant qu'instructeur.
Puis, parce qu'il est tout de même quatre heures du matin, Phil va se coucher, suivi de Clint et malheureusement pour elle d'Elena, parce qu'elle a quatre réunions dans la matinée et qu'elle doit assurer les deux premières seules.
Elle se contente de serrer la main du brun avant de sortir, mais ils échangent un regard chargé de tellement de choses que la brune ne sait même plus comment elle se sent. Elle s'effondre dans son lit et dort comme une masse jusqu'à ce que son réveil sonne.
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Dans la salle de ciné, Steve et James ont sorti la malle et les deux super soldats passent ce qu'il reste de la nuit à remuer des vieux souvenirs. Aucun ne reparlera des larmes versées cette nuit-là, mais ils admettront tous les deux qu'elles auront eu quelque chose de salvateur. Le poids sur leurs épaules se sera allégé et ils se sentiront un peu plus paisibles, désormais.
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8 AOÛT 2016 – 7h42 – BASE AURORE – BUREAU DE DIRECTION
(J+557)
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Elena et Phil se regardent en chien de faïence depuis presque cinq minutes. Le Directeur a demandé à sa collaboratrice d'arriver une demi-heure plus tôt que d'habitude, alors elle a obéit. Elle n'est pas particulièrement inquiète parce que Coulson lui aurait dit s'il y avait un problème, mais elle commence à être agacée.
« Tu comptes me contempler encore longtemps ? » demande-t-elle en perdant patience.
« J'ai réfléchi à ta proposition de redressement du SHIELD, » déclare-t-il finalement et elle se crispe. « Je l'ai retournée dans tous les sens mais je n'ai pas fait mieux. »
Elle hoche la tête.
« Comment procède-t-on ? »
« Nous devons la développer, la creuser et en faire un vrai protocole, quelque chose d'applicable, » soupire-t-il.
« Ça a l'air de t'emballer tellement, » marmonne-t-elle.
« Parce que tu aimes ça toi ? » raille-t-il.
« Non. Même moins que toi puisque l'idée est de moi... » marmonne-t-elle encore. « Tu veux que je m'occupe de la paperasse de départ ? » propose-t-elle.
« J'allais te le proposer. Tu commences par créer un nom de protocole encore non utilisé, puis tu rédigeras les spécifications globales, avant de détailler point par point. Une fois que ce sera fait, on reprendra ça a deux. »
« Ça marche, » accepte-t-elle.
« Je ne l'ai pas précisé, mais interdiction formelle d'en parler à qui que ce soit, Elie, » déclare-t-il avec gravité.
« C'est toi et moi sur ce coup-là, je sais, » acquiesce-t-elle avec plus de sérieux que jamais.
Ils se regardent de nouveau durant quelques secondes avant qu'on frappe à la porte.
« Entrez ! » déclare la brune.
Ils se tournent d'un même mouvement vers l'arrivant, qui se trouve être Benedict. Après un échange de regard – agacé – ils font entrer l'agent.
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10 AOÛT 2016 – 23h19 – BASE AURORE – AILE 7
(J+559)
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« Urgence ! » hurle Coulson en déboulant dans le couloir de leurs chambres.
Quatre secondes plus tard, Elena ouvre violemment sa porte, suivie de James et de Clint.
« L'équipe de Steve a eu un problème ! Habillez-vous ! Dans mon bureau maintenant ! » s'exclame-t-il en pivotant sur lui-même et disparaissant dans le couloir de l'administration.
Les trois autres ne prennent même pas le temps de se regarder qu'ils rentrent dans leurs chambres pour s'habiller.
Six minutes plus tard, ils sont dans le bureau. Coulson donne des ordres à tout va, son écran mural est divisé en sept parties, deux satellites, une vidéoconférence avec O'Neill, deux vidéos sans son en direct du terrain, une femme qu'Elena ne connait pas et une vidéo aérienne, un drone, a priori.
Trois minutes plus tard, tout est fini. Le Directeur se laisse tomber dans son fauteuil alors que la brune s'avance.
« Que s'est-il passé ? demande-t-elle doucement. « Ce n'était qu'une mission de routine. Steve n'était là que pour ses muscles, au cas où l'objet à récupérer soit plus lourd que prévu. Et on sait que l'endroit a été abandonné dans les années 80. »
« Oui, mais Hydra avait bien protégé sa cachette. »
« Ils sont tombés sur un champ de mines, » souffle soudain James en se passant une main sur le visage.
« Oui, » confirme le Directeur. « J'ai appelé O'Neill pour qu'il tourne un satellite de la NSA vers la zone et j'ai pu les guider grâce à deux scientifiques qui ont piraté le satellite, » explique-t-il. « Ils sont sur le chemin du retour. Ils devraient arriver vers 1h30. »
« Des blessés ? » demande Clint et le Directeur leur lance un regard douloureux.
« Deux morts, quatre blessés graves, et trois blessés plus ou moins légers mais pas en danger de mort, » débite-t-il et l'horreur s'abat sur la pièce.
« Et Steve ? » demande Buck d'une voix rauque.
« Blessé. »
« C'est-à-dire ? » insiste le brun.
« Je n'ai pas voulu demander. Suivant son état, ça aurait pu me déconcentrer et c'était la dernière chose dont on avait besoin, » explique-t-il. « J'ai eu le temps de prévenir l'infirmerie. Ils se tiendront prêts, il faudra les prévenir de l'heure d'arrivée. »
James serre les poings et Elena l'attrape par le poignet avant de le tirer jusque dans la chambre du brun. Elle le lâche et lui fait face.
Il est tendu à l'extrême, le regard droit devant lui, et elle comprend qu'il lutte pour ne pas craquer. Elle ne sait pas s'il faut qu'elle le pousse ou qu'elle le laisse gérer à sa manière, mais ils ont deux heures avant que l'avion atterrisse, alors elle prend le risque.
Elle se rapproche et pose une main sur sa joue.
« James, regarde-moi, » murmure-t-elle, mais il ne bouge pas d'un cil. « Bucky, je suppose bien que tu vas craquer si tu me regardes. C'est pour ça que je suis là. Pour ne pas te laisser seul, » souffle-t-elle. « Buck, c'est ok. Tu peux. Tu as le droit. Il n'y a que moi, » ajoute-t-elle en posant son autre main sur le visage du brun et le forçant à la regarder.
Leurs yeux se croisent et la respiration de James s'accélère d'un coup. Il se met à trembler et tombe à genoux. Elle veut le suivre mais il enroule ses bras autour de sa taille et cache son visage contre son ventre. Elle glisse ses mains dans ses cheveux, serrant les dents pour ne pas hurler de rage, de peur, de douleur et de frustration.
Buck reste un long moment dans la même position, serrant la brune contre lui, sans un mot, sans une larme, les deux seules chose trahissant son état étant sa respiration saccadée et ses mains crispées dans le dos d'Elena, emprisonnant le t-shirt entre ses doigts à en déchirer le tissu. Progressivement, elle le sent se calmer, mais il reste encore contre elle un peu et honnêtement, ça lui fait du bien, de pouvoir s'accrocher à quelque chose et à lui en particulier. Mais il finit par se redresser et la prendre dans une étreinte d'ours quelques secondes.
« Merci, » lui souffle-t-il seulement à l'oreille et elle hoche la tête, un vague sourire aux lèvres. « Toi, comment tu te sens ? » s'inquiète-t-il ensuite.
« Je ne craque pas avant que ce soit fini, » avoue-t-elle. « Mon... job, dans ce genre de situation, a toujours été de soutenir les premiers qui s'effondrent. Et puis quand on approche de la fin, je m'écroule à mon tour. Et... une fois que tout est vraiment fini, je me bats avec Phil qui tente de se terrer dans un coin, seul, et en général, j'arrive à le retrouver et ne pas le laisser seul, » résume-t-elle. « Bien sûr, ce n'est pas toujours ainsi, mais c'est une tendance globale. »
« Donc, là, tu tiens. Tu es sure ? » insiste-t-il en la regardant droit dans les yeux.
« Je te le jure. J'ai peur, bien sûr, mais je gère, » promet-elle.
Il hoche la tête, avant de soupirer.
« On retourne dans le bureau ? » demande-t-il et elle confirme.
Lorsqu'ils rentrent dans la pièce, ils découvrent Phil et Clint assis en silence dans le canapé, épaule contre épaule. Le triste spectacle serre le ventre d'Elena. Tirant James par la main, elle demande d'un geste aux deux autres de se pousser un peu.
« C'est un canapé trois places, » souffle Clint.
« Ça tombe bien, j'ai besoin de contact humain, » rétorque la brune, sans panache.
Ils se serrent dans le canapé, Coulson et Barnes en bouts, Clint et Mac au milieu. Elle prend la main de Clint quand elle le sent trembler et James passe un bras par-dessus les épaules de la brune pour aller poser sa main sur l'épaule de l'archer et la serrer.
L'attente continue.
Lorsque Phil appuie ses coudes sur ses genoux et laisse tomber sa tête dans ses mains, la brune lâche la main de Clint et se penche un peu en avant pour la poser sur la cuisse du Directeur, alors que la main de l'archer vient se saisir de l'épaule du châtain.
Et les minutes s'écoulent comme des jours entiers.
Lorsqu'enfin, ils reçoivent une communication entrante, ils bondissent littéralement du canapé.
« Ici Aurore ! Où en êtes-vous ? » s'écrie Elena en ouvrant la communication vidéo.
« On est à quatorze minutes, Madame ! » répond le pilote.
« Je vais prévenir le bloc et les équipes médicales de se rendre au hangar immédiatement, » déclare Clint en se sauvant.
Une blonde avec un bras en écharpe apparaît à l'écran.
« Adrianne, où en êtes-vous ? » demande Coulson.
Elle secoue la tête, le regard rempli de larmes.
« Jones n'a pas tenu, Monsieur. On... on a trois morts, et trois blessés en urgence absolue. On a fait ce qu'on a pu mais... » sa voix se bloque et elle ferme les yeux une instant, le temps de prendre une inspiration. « Je dois y retourner, Monsieur, » déclare-t-elle ensuite.
« Bien sûr, allez-y, » répond Elena. « On vous attend avec les équipes médicales. »
« Reçu. Adrianne, terminée. »
La vidéo se coupe et le silence tombe sur la pièce.
« Je passe chercher une veste dans ma chambre et je vous rejoint au hangar, » déclare le Soldat et les deux autres acquiescent.
Une fois seuls, Phil et Elena se tournent l'un vers l'autre.
« Tu tiens ? » demandent-ils d'une même voix, avant de sourire pauvrement.
« Toujours, » acquiesce Elena. « Toi ? »
« Oui, bien sûr. Tant qu'il y aura des choses à gérer, ça ira, » confirme-t-il.
Puis elle lui prend la main et la serre fort.
« On y va ? » propose-t-elle. « James va s'inquiéter s'il ne nous voit pas.
Six minutes plus tard, ils sont au hangar et le Soldat les a rejoints. Clint arrive une minute plus tard et se place à côté d'eux. L'archer lance un regard à Elena en jetant un coup d'œil furtif à James et elle hoche la tête imperceptiblement. Oui, c'est possible qu'il faille contrôler le brun, suivant l'état de Steve.
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11 AOÛT 2016 – 1h37 – BASE AURORE
(J+560)
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Lorsque le Boeing se pose dans le hangar, c'est déjà l'effervescence.
Coulson, McGregor, Barnes et Barton attendent, raides comme des piquets, alors que quatre équipes médicales au complet sont prêtes à bondir. La rampe commence à s'abaisser alors que les moteurs ne sont pas totalement coupés, signe de l'urgence de la situation. Ils se précipitent à l'intérieur de l'avion.
Clint et Elena retiennent James, qui veut rentrer aussi.
« Lâchez-moi ! » gronde-t-il.
« James, ça ne changera rien, tu risques seulement de les gêner, » rappelle Phil et le brun s'immobilise.
Clint reste devant lui, au cas où il craque de nouveau. Ne pouvant rester sans rien faire, et parce que l'archer les masque au reste de la salle, Elena glisse une main dans celle du brun, qui l'agrippe comme s'il était en train de pendre au-dessus du vide et qu'elle était son seul point d'accroche. Après réflexion, c'est peut-être ainsi qu'il se sent.
Deux infirmiers et un médecin ressortent de l'avion avec un homme sur un brancard, et Elena étouffe un gémissement d'horreur, en retenant James encore une fois, en le ceinturant comme elle peut.
Steve est inconscient. L'intégralité de son torse est carbonisé, et une plaie béante sur le côté gauche laisse apparaître trois côtes. Le blanc des os ressort sur le rouge du sang et la peau noircie. Et puis il disparaît de leur vue, dans les coursives, en direction de l'infirmerie.
C'est Elena qui s'accroche de toutes ses forces à la main de James, finalement.
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Voilà une bonne manière de bien reprendre cette histoire, non ? Ah bon... Tant pis. J'aime vous faire peur. D'autant que vous savez que je VAIS tuer certains personnages...
Comme je le disais, je ne suis plus certaine de mon rythme de publi. Donc plutôt que de vous mettre une date que je ne tiendrai pas, je ne dis rien et j'avance.
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N'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé !
À très vite !
Kae
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