Chapitre 9- Question de points de vues:

Le lendemain, je m'autorisais une grasse matinée bien méritée après la première séance de la veille. Nous avions rendez-vous plutôt ce soir-là et il était convenu que nous dormions là-bas et que nous en partirions vers 15h le lendemain, pour ne pas trop alimenter les ragots. Je me levai vers midi et partit directement déjeuner. Je tournai ma tête vers la table des Gryffondors et je vis Scott discuter avec ses amis. Il releva la tête et son regard se posa sur moi. Il haussa un sourcil interrogateur, l'air de dire "ça tient toujours". Je lui servis un sourire en coin, qu'il prit pour une approbation. Il m'adressa un clin d'œil discret et je lâchai un rire bref en hochant la tête, d'un air désabusé. Je fixais mon assiette, mon sourire toujours présent que je m'empressais de ravaler. Alors que je me levai je fus arrêté par une main qui saisit la mienne.

-N'oublie pas... 22 heures...

Sa voix n'était qu'un murmure mais je n'eus aucun mal à l'entendre.

-T'inquiètes pas Zabini, rétorquai-je sur le même ton, je serais là pour t'offrir un vrai duel.

Il me lança son sourire unique et retira sa main. Je passai prendre mes devoirs et allai à la bibliothèque. Je cherchai tous les livres sur le sujet de l'Amortentia et me choisit une table. J'avais à peine sortit mes affaires que j'entendis le raclement d'une chaise. Je relevai la tête de mon sac et vit Scott s'asseoir.

-Je ne pensais pas que ça tenais toujours.

-Pourquoi? Parce que je t'ai envoyé chier hier? Ou parce que je suis à Serpentard?

Ma question le fit rire.

-Parce que je ne pensais pas que tes copains te laisseraient venir.

-Et tu penses que je leur obéis?

-Non, mais je sais de quoi ils sont capables.

-Donc tu avoues que les Serpentards sont plus forts que les Gryffondor? souris-je malicieuse.

-Absolument pas! Seulement ils ont des façons différentes d'appréhender l'amitié. Un Gryffondor serait plus aptes à laisser partir un ami pour rejoindre un Serpentard, même si il garderait ses griefs contre ce dernier. Un Serpentard ligoterais son ami dans un placard pour l'empêcher de partir.

Je l'observai un moment en réfléchissant à sa phrase.

-Tu sais que c'est la plus grosse connerie que ta sortie depuis qu'on se connaît?

-En même temps on ne se connaît depuis qu'une heure...

-On va changer ça! dis-je sur le ton de l'urgence

-Bon et qu'est-ce qui va pas dans ma phrase?

-C'est pas ta phrase, c'est ta façon de penser. Tu en es encore au stade de définir quelqu'un selon sa maison.

-Oui mais si on est réparti par maison, c'est bien parce qu'on est des groupes de gens qui pensent pareils.

-C'est pas parce que l'on réagit de la même façon devant certaine situation que l'on est pareil... Regarde, euh... Granger et Longdubas. Ils ont quelques points communs mais ils ne sont pas du tout pareils. C'est discriminatoire de juger quelqu'un selon une chose que l'on sait. Le problème des maisons, est identique et fait les mêmes ravages, en moins grands biens sûr, que les idéologies de sang. Classer les gens selon leur origine sorcière et faire une guerre pour éliminer ceux qui sont classés les plus faibles est trop proches du fait de départager dès l'école les enfants en quatre camp et en laisser trois s'allier contre le dernier.

Il me regarda un moment étrangement mais finit par se ressaisir et répondre.

-La discrimination n'est pas forcément négative.

-Oui, mais montre-moi un cas où il ne l'a pas.

Il se tu un moment et essaya autre chose.

-Tu utilise cette façon de penser dans tes insultes, tenta-t-il.

-Oui mais c'est des insultes, dis-je comme si je parlais à un môme de deux ans.

-Donc tu es contre le principe des maisons?

-Non, je suis contre ce que l'on en fait.

-Mais tu y participe.

Ses yeux déviant vers mon bras gauche me firent comprendre que la discussion avait changé de sujet. Nous ne parlions plus des maisons mais de la guerre. J'avais promis à Blaise de tout dire à Scott, et je le ferais. Mais lui dire ce que je pensais, me mettre en faute en injuriant un système en plein changement, m'ouvrir de cette façon à lui... Devais-je tout lui dire? Pouvais-je lui faire confiance? Avais-je le droit de devenir son amie? D'être ici? J'assumerais mes actes plus tard. J'avais besoin de me confier. J'avais besoin de Scott.

-Ça ne veut pas dire que j'y adhère. Ecoute, je préfère t'avertir tout de suite, on n'a pas le droit de se voir. Mes... "Supérieurs"(je crachai presque ce mot) nous puniront si il l'apprenne.

-J'ai pas l'intention d'en parler.

-Ce qui ne veut pas dire que c'est le cas de tout le monde.

-Moi aussi j'ai des supérieurs...

J'avais ma réponse: il était dans l'Ordre du Phénix.

-On est en guerre, Angelina, et je veux profiter d'un maximum de choses. Nos vies sont en danger permanent. Je ne me restreindrais pas à cause de ça, bien au contraire. Mais si tu as peur...

-Je n'ai pas peur, le coupai-je.

Il sourit puis prit un livre sur la pile.

-Bon bah on le fait ce devoir?

Nous nous plongeâmes dans cette dissertation. Je notai les ingrédients nécessaires, la fabrication, l'inventeur et les effets. C'est sur ce dernier point que j'appris quelque chose que je n'aurais jamais soupçonné.

"Il est impossible de fabriquer ou d'imiter l'amour. Non, elle produit simplement une forte attirance ou une obsession. De puissants engouements peuvent être suscités par d'habiles potionnistes mais personne n'a jamais encore réussi à créer l'attachement véritablement indestructible, éternel, inconditionnel, qui seul peut être qualifié d'amour."*

J'étouffai un rire.

-En quoi est-ce drôle? me demanda Scott qui avait lu par-dessus mon épaule.

J'hochai négativement la tête et il n'insista pas. Je trouvai drôle le besoin irrationnel de l'homme à l'amour. Je trouvai encore plus amusant ceux qui voulaient le créer. Et je trouvais bien naïf, les gens, de croire que l'amour peut-être créer, et hypocrite ceux qui forçaient les autres à les aimer. Finalement, s'ils se contentaient, égoïstement, d'un amour faux et inventé comme un lavage de cerveau, pouvait-on dire qu'ils aimaient? Qu'ils étaient amoureux? Ou que l'Amour existait? Désormais je riais de moi, de me poser toutes ces questions.
Une deuxième découverte me choqua plus encore que la première.

"Deux types de personnes sont immunisés contre les philtres d'amour: ceux qui ne croient pas en l'Amour et ceux qui refusent ce sentiment pour eux-mêmes. Les philtres d'amour agissent sur le mental en convainquant la personne qu'il ou elle est amoureux. Quelqu'un qui se refusent à cette idée ne risquent rien. Il ou elle est donc immunisé(e) contre les effets et l'odeur révélatrice."

-Scott.

-Oui?

Je lui montrais le livre et il parcourut le paragraphe que je lui indiquai. Lorsqu'il eut fini il me sourit, guettant légèrement ma réaction. D'un côté j'étais soulagée et de l'autre bouleversée. Je n'étais pas la seule, j'avais les raisons, ça aurait dû m'apaiser complétement. Mas je me rendais compte que ma protection était ancrée si profondément en moi, qu'elle avait bloqué mon cœur au simple fait d'aimer. Je ne me pensais pas capable d'un tel sentiment. J'allais même jusqu'à en renier l'existence. Doucement, Scott pris mon menton entre son pouce et son index et le releva.

-Ce n'est pas parce que tu n'as jamais aimé, que tu n'aimeras jamais.

Il enleva sa main et m'observa, attendant une réponse peut-être.

-Non, mais je ne sais pas si j'en suis capable.

- Angelina, le mélodrame ne te va pas du tout.

-Enfoiré, grognai-je en me reculant.

-Au moins maintenant tu sais, arrête de faire cette tête et finis ce devoir.

-J'ai terminé!

-C'est qui déjà l'inventeur?

-Tu te débrouille.

Il essaya de me prendre ma copie mais je la pris avant lui. Une course poursuite débuta mais il me rattrapa bien vite. Il maintint dos contre son torse suffisamment longtemps pour lire le nom du créateur puis me relâcha et retourna s'asseoir. Rageuse et mauvaise perdante je m'assis sur ses genoux pour l'empêcher d'écrire.

-Tu sais que j'ai une mémoire, dit-il au bout d'un moment.

-Non?! demandai-je feignant la surprise. Et tu t'en sers des fois.

Il me repoussa et je tombai à terre. Il rit et malgré moi je le rejoins. Nous passâmes le reste de l'après-midi à parler, à rire et principalement à embêter l'autre. Nous allâmes diner, devant sauvegarder les apparences, mais trop fréquemment nos regards se croisaient nous faisons pouffer sans raison. Je me levai rapidement et partit dans ma salle commune. Scott m'arrêta.

-Comment t'as su que c'était moi?

-Comment t'as su que je savais que c'était toi?

-Waouh, se moqua-t-il puis il se reprit, tu ne réagirais pas comme ça si tu ne m'avais pas reconnu. Ce qui revient à ma question: Comment t'as su que c'était moi?

-Je t'ai reconnu.

-A ma main?

-A ta main, ton ombre, ton odeur et surtout le fait que tu es la seule personne assez bête pour me faire ce genre de frayeur. Quoi que ça aurait pu être Malefoy...

-Ah oui c'est vrai que tu l'adores celui-là, dit-il d'un ton ironique alors que je le fusillais du regard. Demain même heure?

- Tu peux même plus passer une journée sans moi? me moquai-je.

-Sans t'emmerder, oui, me reprit-il.

-J'avoue que ça m'embêterais de laisser mon Gryffondor préféré tranquille pour Toute une journée, dis-je sarcastique et en appuyant sur le "toute". 15h30, et si t'es en retard je me casse.

-Serpentarde!

-Et fier mon petit lionceau. Allez à demain.

Je partis préparer les heures dures qui s'annonçaient, étrangement plus légère.


* Copié de Wiki Harry.

Je ne sais pas si cette relation vous plaît, mais elle est importante, surtout pour la suite de l'histoire. Scott est un peu pour Angelina, ce qu'elle est elle-même pour Drago. Un égal. Quelqu'un qui ne s'avachit pas devant sa réputation. Bon j'espère que ça vous a plu. A demain^^