.Milyi : Ouais enfin, Lara Croft aurait fait bien mieux, elle les aurait tous eu à elle toute seule nan mais ! XDD Espérons que le trio reste d'or, et que tu sois toujours autant satisfaite par la suite ! Et en ce Lundi, après cette attente insupportable *tout cela dit avec une intonation théâtrale au possible* voilà ta dose ! ;)

.Helliarys : Merci pour tes reviews et tes compliments ! Quant au bisou et bien ... tu vas voir ! ;p

.MeGan : Ne t'excuse pas d'avoir une connexion merdique ! ^^ Et je vois que tes horaires ont l'air aussi pourris que les miens ! J'espère que les deux chapitres vont te plaire ! :)

.Eilonna : Oui je sais j'ai un côté très sadique, mais tu devrais le savoir à présent ! (avec tout ce que je fais subir à mes OC *rires*), pour les Uruks, tu te doutes bien que là aussi, y a une raison ;) Mais tout ceci vous le découvrirez petit à petit ...

Je vous souhaite Bonne Lecture ! ^^


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Elle sentit son pouls s'accélérer au point de lui faire mal. Tout son comportement la déstabilisait. Il la traitait comme une moins que rien, et après, la cajolait comme si ils étaient intimes de longue date. Elle n'était pas sa vassale, son sujet, et encore moins son jouet. Alors que leurs lèvres allaient s'effleurer, elle détourna la visage. Le roi sentit un douleur dans la poitrine, aussi vive qu'un coup de poignard. Elle le repoussait. Encore et encore .. et encore. Malgré ce qu'ils avaient partagé dans sa chambre, malgré ses attentions. Son sang glacé se fit brûlant, et il murmura la voix rauque :

« Pourquoi ? »

Elle lui refit face, et des larmes plein les yeux elle répondit :

« Parce que vous ne voyez en moi qu'un trophée ! Qu'une chose qui agrémentera votre trésor ! Vous me l'avez assez dit, je ne suis rien, qu'une humaine … qu'un animal … que ..

- Suffit ! La coupa-t-il sévèrement, réellement troublé par le désarrois muet qu'il lisait en elle.

- Vous n'aimez et de respectez que Vous, Roi Thranduil ! Et ce que vous vous apprêtiez à faire, n'était pour vous, qu'une récompense à me céder pour vous avoir sauvé la vie ! Il n'y a rien de fondamentalement pur ou envié là-dedans ! Je ne veux pas de cela ! Je ne veux pas de cette creuse complaisance ….. Vos baisers, vos ébats, pour vous, ne sont que des actes que vous offrez comme des cadeaux à des enfants pauvres ! Vous pensez que tout ce qui vient de vous est une bénédiction, que seuls les fous peuvent refuser !

- Que voulez-vous alors ?! Vous voudriez que je fasse quoi pour vous prouver ma reconnaissance ?

- Me respecter …. me …. me laisser partir …. » chuchota-t-elle dans un souffle brisé.

« Jamais ! » hurla l'esprit possessif et vindicatif du roi. Une peur incompréhensible lui tordant l'estomac rien qu'à l'évocation de cette idée.

« Si je vous laisse partir, vous mourrez, vous le savez ….

- Et si j'ai envie de mourir libre ?! Cela ne vous a-t-il jamais effleuré l'esprit ?

- La mort ! La mort ! Vous n'avez que ce satané mot à la bouche par les Valar ! s'emporta-t-il en se relevant brusquement. Se reculant comme si il avait prit un coup physiquement.

- Parce qu'elle fait partie de mon existence, mais ça vous ne pouvez le comprendre. Ne serait-ce que l'appréhender …. » dit-elle en l'observant faire les cents pas dans la chambre.

Toute sa personnalité emplissait l'espace comme un prédateur savait si bien le faire. Il dégageait quelque chose de puissant, de virilement impressionnant. Et là qu'elle l'avait vu se battre, cela accentuait tout ceci. Il semblait âprement réfléchir. Tout dans son comportement trahissait ses démons, ses combats intestins.

« Si il n'y avait que ça Alex …. il ne réagirait pas si rudement, tu ne penses pas ? » réalisa-t-elle alors qu'elle essayait de rester la plus impassible qui soit. « Je n'ai pas à y penser …. si je le fais, je …. ». Elle coupa le fil de ses tergiversations stériles. Attendant la suite.

« Ho si je la comprends … je l'appréhende …. je la crains, pas pour moi ou ceux de mon peuple … mais tout ce qui est, tout ce qui vit, et tout ce qui tôt ou tard disparaîtra …. »

Il s'était figé en disant cela, le regard porté au loin, visant quelque chose au travers de l'unique fenêtre de la chambre. Elle sentit l'infime tressaillement dans son timbre. Il posa ses yeux sur elle, et revenant devant son corps assis sur le matelas, il lui prit le menton d'une main tendre, et avec un étrange sourire, il avoua :

« Vous faites partie de ces choses, Alexandra, de ces éléments si beaux et éphémères qui peuplent le monde. Qui comme le couperet d'une lame, vous arrachent un morceau de votre essence, quand ils viennent à s'éteindre. Et non, pour le moment, je ne suis pas prêt à vouloir me séparer de vous. Laissez-moi le temps de la réflexion.

- Pourquoi le ferai-je ?

- Prouvez-moi que j'ai tort. Prouvez-moi que vous et moi, nous n'avons rien à partager. Ni points communs, ni passions, ni envies … ni quoi que ce soit que je pourrai regretter.

- Je voudrai le faire, cela est à ma portée, mais une chose m'arrête …

- Qu'elle est-elle ? Demanda le souverain surpris, s'attendant malgré lui à ce qu'elle lui fasse un aveu insensé.

- Le mensonge …. répondit-elle le plus sincèrement du monde. J'en ai usé pour sauvé des vies. Abusé même … la nécessité me l'a commandé. Cependant, si je peux faire autrement je l'évite. Et faut-il que je sois totalement cinglée pour ne pas m'en servir contre vous. Je vous affronterai à la loyale, Roi Thranduil … aussi humaine et imparfaite que je sois. Et si d'aventure, vous pensez que vous pourrez me donner certaines choses, sans vos glaciaires arrière-pensées, nous en reparlerons ».

Le pouce du souverain caressa la joue de l'humaine, qui malgré sa position inégale, lui faisait front. Le tourment qu'elle lui infligeait, sans même s'en douter, la rendait tellement désirable, qu'il en devenait fou. Il se pencha, et venant trouver ses lèvres avant qu'elle ne puisse l'éviter, il la renversa sur le lit dans un mouvement vif. Il attrapa ses cheveux courts maculés de sang noir, et avec cette passion qui semblait lui redonner vie au point de le consumer littéralement, il chercha à lier sa langue à la sienne. Ce qu'il arriva à lui ravir dans un gémissement de désir.

Alexandra avait beau vouloir résister, elle n'y arrivait plus. Les derniers événements lui avaient trop coûté.

« Et dans ces moments abjects, je me dégoûte en succombant un peu plus chaque fois. Je me sens si vivante ….. si …. » mais il arriva à éteindre ses réflexions dans le plaisir qu'il éveillait en elle en cet instant. Il se sépara de ce corps qu'il retenait prisonnier sous le sien, et essuya une larme traîtresse qui roula sur la joue de son humaine.

« Des choses comme celle-ci ? » Souffla-t-il à son oreille, la faisant frissonner de tout son long.

Elle hocha la tête lentement, n'osant pas le regarder en face, d'y peur d'y trouver tout ce qui pourrait la condamner.

« Et merde .. j'ai réellement envie de lui …. fait chier ! » s'entendit-elle penser entre rage et désespoir, alors que tout son corps devenait réceptif à sa présence appuyée.

« Vous n'imaginez pas, ce que cette situation me procure …. » avoua-t-il

« Tu paries ? » se dit-elle en se mordant la joue.

« Ici et maintenant, j'aimerai vous prendre toute entière. Vous empreindre comme un félin marque de ses griffes son territoire … mais …. ce n'est ni le lieu, ni le moment. Prenez un peu de repos. Je viendrai vous chercher plus tard. Il se leva, et allant vers la porte, il déclara d'une façon souveraine, nous avons encore beaucoup à apprendre l'un de l'autre Alexandra. Je ne saurai vous laisser me fuir, avant d'avoir compris d'où vous venez, et ce que vous faites ici. Et après tout cela, si ma présence vous est toute autant insupportable, j'aviserai ».

Il quitta la pièce, et ce qu'elle redoutait le plus au monde arriva. Le vide qu'il laissa, lui devint désagréable. Elle cala son visage dans le moelleux de l'oreiller et hurla, hurla encore au point de s'écorcher la voix et d'éclater en sanglots. Ce qui n'échappa nullement aux oreilles elfiques du souverain qui fut tiraillé entre peine, et un plaisir non feint. Le point pour cette manche, était à lui, il le savait.

« Je te hais ! Je te hais ! JE TE HAIS ! » s'acharna-t-elle à penser tout en prenant la direction de la salle d'eau attenante à la chambre. Ce n'est qu'en cet instant, qu'elle s'aperçut du faste des lieux. Elle ne savait pas si Thranduil connaissait la demeure, et si il l'avait fait exprès. Elle se lava longuement, essaya de détacher au mieux des affaires, qu'elle laissa sécher alors qu'elle se glissait dans les draps frais. Ils accueillirent son corps et son âme fourbus, et elle trouva le sommeil sans même s'en apercevoir.

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Le roi descendit les marches lentement, donnant un regard scrutateur à la vaste pièce au-dessous de lui. Les elfes, des domestiques pour la plupart, avaient commencé à ranger, et sortir les corps. L'elfe plus âgé qui les avait accueilli, était prostré sur un tabouret. Tout sentait la terreur dans ces lieux. Certains d'entre eux portaient de vilaines plaies, nul doute que les Uruk-Haï avaient dû s'amuser tout leur saoul durant ces jours pénibles. Cette pensée le fit grimacer. Néanmoins, aussi torturés soient-ils, ils avaient aidé à commettre une tentative de régicide. Il ne pouvait passer là-dessus aussi aisément, même si il le comprenait. L'excuser tendrait à prouver sa faiblesse, et donner un point de pression non négligeable aux commanditaires de cette folie. Aredhel était aux côtés de Brilthor. Le jeune elfe retenait vaillamment ses gémissements de douleurs, et Thranduil fut soulagé de voir revenir Angrod avec un médecin. Un elfe, agriculteur ou éleveur à en juger ses vêtements. Les yeux des occupants glissèrent vers le souverain, qui en cet instant, dégageait cette aura familière de roc et de glace. Des murmures s'élevèrent, d'autres se turent, et il descendit sans accorder un seul crédit, ni aux uns, ni aux autres. Angrod fronça les sourcils en voyant qu'Alexandra n'était pas avec lui. Il se faisait beaucoup de soucis pour elle. Mais il avait des choses plus urgentes à régler présentement. Déjà gérer ses hommes. Il donna des paroles réconfortantes à son second, puis venant trouver Thranduil qui était à présent à leur hauteur, il s'inclina et fit :

« Nous sommes en train de brûler les corps. Nous avons retrouvé des choses étranges là où les Uruk-Haï avaient pris leurs quartiers.

- Où est le Seigneur Drambor, Aredhel ? Demanda le roi en donnant une attention incisive à l'elfe.

- Je ne sais pas, nous le cherchons. Aux dernières nouvelles, il était ici. Mais il s'est passé plusieurs jours depuis que la première attaque a eu lieu. Nous sommes inquiets et désemparés. Il faudrait que j'envoie de mes hommes à sa recherche si nous ne trouvons pas son corps ici.

- Sa femme ? Ses enfants ? Questionna Thranduil de la même voix ferme et monocorde.

- Morts … tous morts ... » la voix fébrile de l'elfe toujours prostré dans un coin de la pièce s'éleva, chevrotante de peur et de remords.

Angrod, Thranduil et Aredhel vinrent vers lui, et le pauvre bougre osa à peine lever les yeux vers eux. Il tremblait de partout. Ses traits tirés et son visage émacié, leur firent de la peine. Mais Thranduil ne pouvait se laisser aller à ce genre de sentiments. Il ne le devait pas. Droit et le regard implacable, il le toisa comme si il n'était rien, et demanda :

« Comment ça, morts ?

- Ils .. ils sont arrivés, ont fait exploser les édifices. Les flammes ont envahi les lieux comme la langue incandescente d'un cracheur de feu. La panique s'est installée. Les débris ont fait des dégâts et des pertes dès les premières secondes ! Jamais nous n'avions vu cela ! Les étincelles ont crépité comme si l'orage s'abattait de toute part. Le Seigneur Drambor a voulu les sauver, mais ils les ont emmené. Nous avons entendu leurs cris et leurs complaintes disparaître derrière les murs, tandis que ces bêtes s'acharnaient sur leur pauvre corps. Le Seigneur s'est battu de toutes ses forces, mais ils étaient trop nombreux …. ils l'ont mis à terre, torturé sous nos yeux, et il a disparu.

- Qui a envoyé un messager sur mes terres pour nous avertir ? Demanda Aredhel, la colère déformant ses traits fins.

- Eux … ils ont menacé un des nôtres. Mais ils ont tué sa famille avant son retour. Ils pressentaient que le roi se déplacerait pour venir voir l'ampleur des dégâts …. car ils savaient qui ils attaquaient. Ce n'est pas un hasard si ils s'en sont pris à un de ses plus fidèles vassaux.

- Gloredhel … Maeglin …. murmura Angrod pensif. Ils sont en danger Seigneur, si comme cet ellon le dit, ils visaient justement Drambor.

- Je n'aurai jamais du venir en personne, rumina Thranduil dont l'expression farouche s'était teinté de haine. Je me suis trop exposé. Mais qui aurait pu prévoir, qu'en ces temps de paix, je risquais ainsi ma vie ?! Cette humaine va devoir nous éclairer. Et vite ! Je veux savoir ce qu'il s'est passé ici ! Il se sépara du groupe, et regardant au dehors il plissa les yeux. Réfléchissant, il déclara, nous serons bientôt au Solstice d'été. Nous fêterons cela dignement, comme chaque année. Je ne veux pas que ces incidents perturbent nos coutumes. Cela indiquerait à notre agresseur, qu'il a réussi à nous ébranler. Aredhel, allez dans le Sud, et rejoignez Gloredhel. Tenez-le informé de la situation, qu'il déploie ses hommes pour la sauvegarde de ses terres. Enfin .. de me terres. Ensuite regagnez ma cité pour les festivités.

- Et Maeglin ? »

Thranduil coula un regard froid vers l'elfe à la beauté androgyne, et haussant les épaules, il déclara laconiquement :

« Je ne mentirai pas en disant que si il lui arrivait quelque chose, je n'en serai que peu peiné. Cependant, je me dois de l'avertir. Nous enverrons une missive, et il sera convié, comme chaque année à la fête du Solstice. Je veux une vigilance accrue aux frontières, ainsi qu'un déploiement de mes hommes au sein de la forêt. J'ai été trop laxiste dernièrement. Les humains croisés sur mes terres en on fait les frais, pire, ils étaient la preuve de mon relâchement. Je recommence à fermer les frontières, que cela soit dit et exécuté. Nous allons reprendre les lois drastiques qui gouvernaient mon royaume avant la grande guerre.

- Le Seigneur Celeborn ne sera peut-être pas en accord avec ceci, émit Aredhel sagement.

- Nous verrons, ce que le Seigneur Celeborn fera quand les siens seront visés. Pour le moment, je me soucis guère de ce qu'il peut penser de mes ordres. Il n'a pas toutes autorités. Aredhel ! Si les orques vus aux Nord s'approche de trop près, vous avez droit de tirer à vue. Je me suis que trop éloigné de mon devoir depuis Sauron. Et cette nouvelle menace, me le prouve.

- Alexandra aura peut-être des informations à nous donner sur ces nouvelles armes, fit Angrod, pas plus enjoué que cela de la plonger dans ces histoires, qui ne concernaient que leur monde.

- Pour le moment, elle se repose. Bien qu'elle fasse preuve de courage, elle n'en demeure pas moins humaine. Nous verrons cela avec elle une fois son répit terminé. Angrod ! Montrez-moi ce que vous avez découvert ! »

Le capitaine tourna les talons, et alors qu'il prenait le chemin de la porte, il entendit Thranduil déclarer :

« Vous serez tous interrogés, et si vos réponses ne me satisfont pas, vous répondrez de votre trahison. Et ne vous avisez pas de mentir, car j'ai des moyens de pression que vous ne voudriez pas tester ».

Angrod soupira, ce qu'il avait toujours redouté depuis la chute du Mordor, c'est que leur Souverain redevienne celui qu'ils avaient tous connu à une époque. Etrangement, il espéra, au plus profond de lui comme un rêve ténu, que cette humaine arriverait à canaliser sa part d'ombre. Même si il soupçonnait qu'elle ne ferait sûrement rien pour cela. Thranduil ne se comporterait jamais avec elle, comme il serait souhaitable, pour qu'elle puisse accomplir tel miracle. Les pensées obscures qui le minaient, allèrent vers sa soeur. Elle serait en première ligne si quoi que ce soit de fâcheux, arrivait.

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« Nous sommes arrivés trop tard Alex …. » la voix de Damon était habitée par ce timbre fêlé qu'elle connaissait à présent très bien. Celui qu'il employait quand les choses effritaient ses résistances.

L'air brûlant caressait la savane déserte, créant par endroit des minis tornades de poussière ocre. Les quelques arbres qui tenaient encore vaillamment debout, se découpaient en ombres squelettiques sur l'horizon. Ils avaient senti l'odeur bien avant d'arriver sur les lieux. Les vautours fauves les ayant averti au loin, animant les cieux répudiés de nuage. Alex remonta le foulard qu'elle avait autours du cou pour se protéger un peu des effluves mortuaires qui hantaient les lieux. Les mouches abondaient en essaim dense au point de tout masquer par endroit. Ses doigts serrèrent la crosse de son arme, une haine viscérale mariée à une tristesse sans nom, venant secouer son organisme. Les corps des éléphants étaient entassés en une montagne difforme d'os, de peau, de viscères asséchées. Les traces au sol prouvaient que les machines avaient été amenés jusqu'ici pour prélever ce qu'ils souhaitaient. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, et son coeur se serra au point de la faire souffrir. Leurs défenses leur avait été arraché, et d'après certains blessures, elle sut que certains étaient encore en vie au moment de la moisson. Elle sentit un tremblement secouer son corps, qui devint si violent qu'elle se mit à pleurer comme on pleurerait un proche. Elle tomba à genoux, impuissante.

« Ils étaient les derniers …. les derniers …. ».

Cela faisait des mois que la Coalition ne cessait de faire pression sur les gouvernements Africains. Les dernières réserves avaient été rachetées depuis longtemps, les quelques rares résistants, les propriétaires terriens qui avaient créé leur propre parc, avaient été retrouvé morts, ou avait cédé face aux chantages économiques. Ainsi, les derniers remparts qui protégeaient encore certaines espèces, s'étaient peu à peu réduits, au point de disparaître totalement. Aujourd'hui, ils étaient le témoin de l'extinction irrémédiable d'une espèce animale qui avait foulé la terre bien avant l'Homme. Ils n'étaient pas les premiers, et hélas, ne seraient sûrement pas les derniers , elle le savait. Ils ne pouvaient être partout. Ils n'étaient pas assez nombreux.

« Damon, filme-ça ! N'omet rien ! Surtout si on trouve une trace de leur présence sur les lieux !

- Que faisons-nous ? Demanda Gabrielle qui pleurait tout autant que sa soeur.

- Brûlons-les. De toutes façons, à part les vautours, la plupart des carnassiers ont disparu. Seuls les asticots se repaîtront de leurs cadavres, et il y a bien assez de mouches comme ça ! »

Alexandra se releva, et posant une main sur le front d'un des éléphants qui se desséchait peu à peu, elle murmura « Que de vies inutilement fauchées. Que d'horreurs perpétrées pour gaver toujours les mêmes. Je suis désolée, nous n'avons pas été assez rapide ... ». La rage au ventre, elle essuya ses larmes d'un revers de la main, et se redressant, elle regarda alentours. Son groupe était constitué d'une vingtaine de personnes. Une équipe parmi tant d'autre, mais qui avait selon lui, l'honneur de suivre « La Sirène du Pacifique» comme certains aimaient à l'appeler. Ce surnom ridicule lui avait été attribué après un coup d'éclat, rediffusé à travers le monde par les journaux, alors qu'elle avait sciemment plongée dans des eaux glacées pour sauver une baleine et son baleineau. Ce jour là, même elle ne savait pas encore ce qui l'avait poussé à faire ça, mais la cruauté des Hommes lui avait fait perdre pieds. Seule, face aux harpons et autres lignes, avec la rage d'une désespérée, elle avait tout coupé, et avait tenu tête au baleinier en se postant sur le corps de l'animal. Personne ne sut ce qui se passa réellement, car la baleine lui avait laissé le champ d'action, ne l'avait pas blessée, ni même bousculée. Certains pensaient qu'elle avait des dons et qu'elle avait communiqué avec la bête. Chose totalement ridicule, mais les légendes naissaient ainsi. Elle n'avait pas un soupçon de pouvoirs télépathiques ou autre, juste une démence singulière accroché aux chevilles. Les baleiniers avaient abdiqué, ne voulant commettre un meurtre en direct. Et elle avait été propulsée au statut d'héroïne, alors qu'elle n'avait fait qu'exécuter ce que tant d'autres faisaient tous les jours. Elle avait repoussé les médias, mais Damon lui avait soufflé que si le peuple était derrière eux, ça servirait leur cause. Elle avait détesté voir Gabrielle avoir ces étoiles horribles dans les yeux. Celles qu'ont les dévots, les fanatiques. Depuis ce jour, elle l'avait suivi partout. Risquant sa vie au moins autant de fois qu'elle.

Bien évidemment, aujourd'hui, pas de sauvetage miraculeux. Que des corps sans vie, pourrissant au soleil, bien loin des médias. Pourtant, ils vivaient en ce jour, l'une des plus grande tragédie de l'histoire de l'Humanité. Un de ses hommes apporta de la térébenthine, et après avoir aspergé les corps, il lança une allumette dessus. Les mouches accrochées au cuir en décomposition furent carbonisées en une seconde, les autres s'enfuirent dans un vol anarchique. Alexandra tourna les talons, et venant vers Gabrielle elle demanda :

« Oui ?

- Nous devons rejoindre le bateau Alex ! La Coalition a été mise au courant de notre présence. Et tu sais qu'ils veulent ta tête.

- Qu'ils viennent la prendre ces enfoirés ! Je les attends ! Ragea-t-elle, ayant des envies de meurtre très poussée.

- Alex ! S'indigna Gabrielle. Et qui veillera sur moi si tu n'es plus là hein ?! »

Alexandra ancra son regard dans les yeux bleus magnifiques de sa petite soeur. Blonde aux yeux clairs, un visage d'une beauté saisissante, pure et tendre. Elle portait bien son prénom. Et elle l'adorait plus que tout.

« Ne t'inquiète pas ma chérie ! Tu sais que je suis pas prête de te quitter ! » avait lancé Alexandra avec un beau sourire, qui enleva toutes les ombres du faciès de sa cadette.

Un des hommes vint vers eux en courant, et il s'écria :

« Venez voir ! Amenez la caméra ! »

Ils l'avaient tous suivi, se demandant ce qu'ils allaient encore trouver. A des centaines de mètres, le spectacle fut pire encore. Aux corps des éléphants, se succéda celui d'hommes, de femmes, d'enfants.

« Les bushmen …. déclara Damon en examinant les corps. Les pauvres, ils n'avaient aucune chance.

- C'est pire ce que je pensais Damon. Ils ont été exécutés tu sais pourquoi ….

- Oui. Ils ont refusé de partir. Ils avaient fait pareil avec les autochtones quand ils avaient voulu ouvrir la grande réserve du Kenya …. mais ….

- Mais c'était pour tout autre chose. Les animaux et les humains sédentaires ont perdu ce combat. Ils ont réussi à tout acheter ça y est ….

- Le pétrole ? Demanda Gabrielle qui pleurait silencieusement.

- Non, charbon et certains Gaz …. répondit Alexandra dont la vision dégoûtante des asticots grouillant lui donna la nausée. Elle regarda Damon et demanda, tu as filmé ?

- Oui Alex.

- Bien, en ce cas on les brûle tout comme les éléphants.

- Les brûler ? Ne peut-on pas les enterrer ? Demanda un des gars du groupe.

- Pourquoi faire ? Tu viendras te recueillir sur leur tombe ? Trancha Alexandra sombrement. Les consumer sera plus sain. Ils entendirent les grésillements de la radio au loin, et Alex ayant discerné ce qu'il y était dit, ordonna, partons. Nous devons rejoindre le groupe qui se trouve en Madagascar.

- Il n'y plus rien à sauver là-bas, fit Damon réellement attristé et atterré par sa décision.

- Si, certaines personnes. Que je ne peux abandonner, car ils ont tout fait jusqu'au bout pour la préservation de certaines espèces. Aujourd'hui, ils sont en danger. En route ! »

Ils mirent le feu aux cadavres, le laissant mourir dans la plaine désolée, où l'herbe avait même cédé ses droits à la vie. Gabrielle vint prendre la main d'Alexandra dans la sienne, et elle murmura :

« T'inquiètes pas, aujourd'hui nous avons échoué. Mais rien n'est perdu …. »

« Ho si Gabrielle … si … je crains que tout ne soit définitivement perdu …. »

« Alex ?! »

.


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Elle ouvrit les yeux, et s'aperçut qu'elle avait pleuré dans son sommeil. Angrod la secouait légèrement en lui tenant l'épaule, tout en l'appelant. Elle leva les yeux vers lui, et s'essuyant les vestiges de larmes qui lui mouillaient la peau, elle se mit sur le dos, face au plafond. Elle vit qu'elle n'avait qu'un drap couvrant son anatomie, et coulant une expression des plus surprise au Capitaine, elle déclara encore un peu endormie :

« Je pensais que ce genre de tenue serait inconvenante à voir Angrod. Depuis quand les elfes mâles voient les femmes aussi peu vêtues sans aucune gêne ? »

Angrod se raidit, et détournant ses yeux verts, il se recula, et répondit :

« Oui Alex, mais le roi vous fait demander. J'ai frappé mais vous ne répondiez pas. J'ai entendu du bruit et je suis entré. Vous …. pleuriez ….

- Ho … fit Alex comprenant la situation. Voyant que la gêne du capitaine n'était pas feinte, elle fit comme elle l'avait fait avec Brilthor. N'ayez crainte je ne vous en veux pas. Juste que vous êtes tous si sacrément rigides concernant ces choses … en un sens je suis contente que ça arrive, au moins je me sens un peu moins bizarre. Peut-être que vous me voyez un peu plus comme « un de vos hommes » qu'autre chose, ce qui est plus confortable pour ma part».

Il n'osa pas lui répondre, car elle se trompait. Il ne pourrait jamais la voir comme tel, leur relation, pour lui, était un peu plus ambiguë. Entre l'amical, le fraternel, et autre chose qu'il n'arrivait pas à définir. Elle se redressa, et là il tourna le dos. Elle alla prendre ses affaires, grimaça un peu en voyant qu'elles n'étaient pas totalement sèches, elle les enfila et venant vers lui elle fit amusée « Je suis présentable Angrod, vous pouvez vous détendre ». Le Capitaine se tourna, et avant qu'elle ne passe à côté de lui, il avoua :

« J'ai eu peur pour vous toute à l'heure.

- Merci Angrod, mais je peux encore me défendre seule si le combat est loyal. Même si je l'avoue, j'ai eu peur moi aussi, dit-elle en faisant un clin d'oeil. Cet être est immense et a une force incroyable. J'ai réussi à réagir à temps.

- Je suis navré que vous ayez dû être témoin de ce carnage ….

- Malheureusement, j'ai vu ce genre de choses trop souvent. Ne vous excusez pas Angrod. Là d'où je viens, ces visions de désolation sont monnaie courante ».

Elle vit l'effroi que cet aveu glissait sur le visage de l'elfe en face d'elle. Il réfléchissait apparemment à la situation qu'elle lui dépeignait à mi mot, et la question fusa sans même qu'elle puisse s'y attendre.

« Et il n'y a personne pour veiller sur vous là-bas ?

- Je … c'est compliqué Angrod. Si par là vous entendez un conjoint, j'ai eu un homme qui a partagé ma vie durant de nombreuses années. Mais ça n'a pas été concluant. Ensuite j'ai engrangé quelques aventures sans lendemain. Mais je n'ai jamais été satisfaite de tout ceci ….

- Pourquoi ? Questionna-t-il avec une certaine impudence.

- Parce que mon âme a toujours été en quête de choses qu'elle ne pouvait avoir. J'ai toujours eu l'impression qu'une chose vitale m'était refusée. Les plaisirs de la chair, sont grisants, mais au final, dénués de tout attraits autres que quelques minutes de félicité. Ils laissent comme un arrière goût d'inachevés. Alors soit je suis très difficile, ce qui est possible, soit je n'ai jamais trouvé l'être avec qui je pourrai me sentir complète.

- Un peu comme nos âmes-soeurs ?

- Oui Angrod, on peut dire cela … un peu comme vos âmes-soeurs … sauf que je ne crois pas en tout ceci. Nous sommes notre propre complémentarité. Nous portons les principes masculins et féminins en nous-mêmes. Je me suis dit, après toute ces années, que nous ne recherchons que l'accomplissement de notre propre orgueil à travers l'autre ….

- Et l'amour dans tout ça Alex ? Une femme qui n'aspire pas à l'amour, est pour moi, une chose encore bien plus cruelle que ce qui c'est produit aujourd'hui ! » Déclara Angrod réellement perturbé par ce qu'elle lui disait.

Elle eut un petit rire qui le vexa presque. Elle lui prit une main, et lui serrant amicalement, elle répondit :

« Haaa Angrod ! Vous êtes imprévisible et totalement charmant quand vous vous y mettez. Mais j'ai l'impression que votre peuple cultive un certain sens de l'innocence. Surtout gardez-le ! Il est magnifique, tout comme vous savez tous l'être. Qui aurait pu croire que je pourrai développer autant d'affection envers un être qui a su à ce point me malmener ! »

Elle eut un autre petit rire, et elle le lâcha. Il faillit reprendre sa main. Une chose en lui ne supportant pas autant de désenchantement, voulant se battre pour rétablir ce qui pour lui, était avéré. Ce qu'on leur avait toujours enseigné.

« Votre monde doit être bien triste Alexandra …. pour que même les femmes ne croient plus en l'amour et en son pouvoir.

- Mon monde a subi des métamorphoses que je souhaite ne jamais voir ici Angrod. Et ce que j'ai décelé aujourd'hui, m'emplit bien plus d'effroi qu'un manque de sentiments amoureux.

- Peut-être nous trompons-nous tous les deux Alex, et je souhaite réellement, que mon monde vous fasse changer d'avis.

- Nous verrons Angrod … nous verrons. Ne deviez-vous pas me mener auprès du roi Thranduil ? » lui demanda-t-elle malicieuse.

Il releva le menton, et presque au garde à vous, il tira la porte qui était restée entrouverte, et finissant de l'ouvrir en grand il déclara d'humeur passable:

« Si Alex ! Venez, nous y allons de ... » mais ils se retrouvèrent devant sa majesté qui était figée sur le seuil de la porte, regardant l'humaine avec une incompréhension totale figée sur son magnifique minois. Les yeux de glace coulèrent vers Angrod, et le Capitaine put voir cette étincelle qu'il décrirait comme de la « jalousie ». Et de colère bien évidemment. Il savait qu'il ne supportait pas les liens qu'il entretenait avec celle qu'il considérait comme « sienne ». Même si il ne le disait pas ouvertement, Angrod n'était pas fou, et encore moins stupide. Avant que le souverain ne puisse mordre, il salua Alexandra très courtoisement, et fit :

« Ma tâche est terminée, je vous laisse, à plus tard Alex.

- Alex ? » Appuya Thranduil surpris.

Mais le Capitaine ne répondit pas sciemment, il ne lui ferait pas ce plaisir, trop de choses dans le comportements de son suzerain lui déplaisaient actuellement. L'injustice dont il faisait preuve par moment, par exemple, et qui lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Il passa à côté du roi sans lui accorder un regard, et descendit les marches dans la foulée.

« Je lui ai donné l'autorisation de m'appeler par mon diminutif, car c'est plus simple ainsi.

- Et bien moins féminin, objecta Thranduil qui n'aimait pas cela apparemment.

- Mes amis m'appellent ainsi Seigneur, que cela vous plaise ou non. J'allais il y a peu vous proposer de faire de même, mais vu le dégoût que je lis sur votre visage, je crois que je vais m'abstenir ».

« Comment, par tous les Valar ?! Est-ce qu'elle arrive toujours à avoir ce petit mot tranchant et blessant, qui me touche à chaque fois ?! » ragea-t-il intérieurement. Indéniablement là-dessus ils se valaient. Mais bon, il avait entendu des choses fortement intéressantes derrière cette porte, et qui lui en disaient un peu plus sur le caractère de son humaine. Il aurait aimé reprendre là où ils en étaient resté un peu plus tôt , mais des choses bien plus urgentes les pressaient. De toutes façons, dans son esprit était déjà établi qu'il l'aurait tôt ou tard. Et de la façon la plus parfaite qui soit si possible. Histoire de marquer son esprit et son corps de son empreinte, une bonne fois pour toute.

« Et recommencer par la suite, autant de fois que je le souhaite …. jusqu'à ce que je m'en lasse ou que ses années me la rendent totalement repoussante ».

« Je peux passer ? » sa question le coupa dans ses pensées, et il inclina la tête gracieusement, lui libérant le passage. Elle prit le couloir et commença à descendre d'un pas plus léger que quand elle les avait gravi. Thranduil la regardait évoluer, et son regard aussi acéré que celui d'un rapace, ne perdait pas une miette de ses déhanchements naturels et forts envoûtants.

Elle alla voir Brilthor directement.

« Alex ! S'exclama douloureusement ce denier en la voyant debout.

- Oui jeune Brilthor ! Me voilà, après un petit somme bienvenu. Comment vous portez-vous mon jeune ami ? » demanda Alexandra en venant s'asseoir à son côté.

Ils l'avaient allongé dans le fond de la grande pièce, près d'une fenêtre. Un lit rudimentaire fait de bancs, de coussins et de couvertures. La plaie avait été recousue et pansée. Elle lui prit la main, et elle vit que ce simple geste gonflait le jeune elfe de plaisir. Ils avaient un profond respect l'un pour l'autre. Et par certains côtés, il lui rappelait vraiment Gabrielle. Ils discutèrent quelques secondes, et Thranduil était médusé de ce qu'elle pouvait dégager auprès d'eux. Ses deux plus fidèles bras droits, étaient totalement subjugués par sa personne.

« En même temps … tu ne fais guère mieux … ne leur en veux pas de fauter, là où toi-même tu te fourvoies ... » pensa-t-il sombrement tandis qu'il l'attendait patiemment.

Ils se séparèrent, et Thranduil eut un mal fou à passer au-dessus des regards échangés entre eux. Son orgueil démesuré lui réclamant la même chose. Elle le lui devait, il avait tout fait pour lui sauver la vie. Quand elle lui passa à côté, précédée d'Angrod, et qu'elle ne lui adressa même pas une attention, il crut qu'il allait littéralement exploser.

« Vivement que nous rentrions …. » soupira-t-il intérieurement.

Angrod la mena à l'extérieur. Le soleil était haut et cuisant, habillant l'espace d'une chape lumineuse acérée qui mordait le regard. Elle le suivit dans les entrailles d'une annexe à moitié effondrée, où Aredhel les attendait patiemment. Il avait la mine soucieuse, encore sale des affrontements, l'inquiétude pour son ami disparu, semblait lui manger le visage. Il salua Alexandra et demanda malgré tout avec chaleur :

« Vous vous sentez mieux ? Remise de ces émotions ?

- Oui Seigneur Aredhel, merci. Qu'avez-vous à me montrer ? » son ton était neutre, et tranchait presque cruellement avec celui qu'elle employait avec Brilthor et Angrod. Ou même encore Thranduil, quand ils arrivaient à partager des têtes-à-têtes calmes et délicieusement gratifiant. L'elfe eut un sourire avenant, lorgnant toujours du coin de l'oeil les réactions dissimulées de leur souverain. Il le savait, depuis l'avant veille, que ces deux-là étaient fait pour s'entendre à la longue. Voir plus. Peut-être qu'il essaierait juste de donner un petit coup de pouce au hasard si l'occasion se présentait.

« Nous avons découvert des objets que nous ne comprenons pas, pouvez-vous nous éclairer ?

- Si c'est à ma portée, oui ».

Ils s'enfoncèrent dans les couloirs délabrés, les ombres de la bâtisse avalant les débris. Alexandra dut jouer d'adresse, vu qu'elle n'avait pas l'agilité et la souplesse divines des elfes. Tout était recouvert d'une poussière dense et grisâtre. Ils débouchèrent dans une pièce où une odeur pestilentielle s'élevait. Elle mit son avant-bras dessous ses narines pour camoufler au mieux les effluves le temps de s'y habituer. Voyant des restes de repas plus que significatifs, elle ferma les paupières et dévia son attention sous peine de vomir à nouveau. Puis avançant dans une demi pénombre, elle se figea totalement dans la salle, totalement clouée parce qu'elle voyait. Dans le fond près d'un mur encore vaillamment debout, étaient entassées des bombes. Evidemment pas celles dernier cri qu'elle connaissait bien, mais de celles que l'on pourrait retrouver sur un site de fouille médiéval. Elle avança fébrilement, et s'agenouillant, elle prit un des engins dans les mains, et le fit rouler. Les unes étaient faites en terre cuite, d'autres, en métal. Soupirant longuement elle murmura :

« Par les dieux …. je ne sais qui est derrière tout ceci, mais vous êtes dans le pétrin ».

Au ton de sa voix, ils surent qu'elle ne disait pas ça à la légère. Thranduil ressentit une étrange pressentiment, et venant s'agenouiller à ses côtés, brisant ainsi sciemment l'espace qu'elle instaurait entre eux, il demanda :

« Pouvez-vous développer ? »

Elle fit glisser son regard vers le visage du souverain, et elle put lire l'inquiétude qu'il avait pour son peuple. Ce côté-ci de sa personnalité, la touchait. Bien loin du con imbu de sa personne dans ces moments-là, elle se sentait plus proche de lui, et de ce qu'il gardait secret sous la banquise de ses attentions royales. Elle prit l'objet qui devait peser dans les dix kilos, et le lui tendant elle expliqua :

« C'est une bombe. Fabrication artisanale et hautement rudimentaire. Mais c'est par ceci que tout à commencé chez moi. L'Homme a commencé ainsi, puis, au fil des siècles, il n'a cessé de perfectionner son art pour les armes hautement mortelles. Le bout que vous avez là dit-elle en prenant la mèche en corde enduite d'huile, alors que Thranduil tenait à présent l'objet, c'est ce qui sert à mettre l'engin en route. Vous y mettez le feu, elle se consume jusque là, expliqua-t-elle en faisant glisser le doigt jusque dessous où disparaissait la mèche, puis elle remonta un peu plus haut, au quart de la surface métallique lisse. Dedans, il y a un stock de poudre, avec de la ferraille si ils poussent le vice plus loin. Une fois que le feu entre en contact avec la poudre, ça explose. Détruisant même la roche la plus dure en quelques secondes …. »

Ce qu'elle expliquait les emplissait de craintes. Alex se pinça l'arrête du nez, n'aimant pas du tout ce qu'elle découvrait. Elle avait le mauvais pressentiment que sa venue ici, était trop étroitement liée avec tout ceci. Sans qu'elle puisse se l'expliquer. Se relevant, elle fouilla un peu le reste de la vaste salle. Puis elle se figea littéralement devant une autre arme qui la bouleversa. Thranduil reposa la bombe en fer, et la suivit, très curieux et fortement intéressé. Elle se pencha, et souleva un objet étrange fait de tuyaux et de réservoirs en métal. Elle porta un espèce d'embout au nez, et fit la grimace de suite.

« Ouais ben les gars, vous êtes dans la merde ! S'exclama-t-elle très sérieuse.

- Qu'est-ce ? Demanda Angrod, qui n'aimait pas du tout ce que cela présageait.

- Je dirai, à première vu, les ébauches d'un lance-flammes. C'est comme la gueule d'un dragon portative. Actionnée par un mouvement à pompe. Le liquide sort par là, fit-elle en posant l'index sur l'embout en forme d'entonnoir, et ils mettent le feu. Le liquide sous pression parcours plusieurs mètres, les flammes de même.

- Quelles sont donc ces sorcelleries aussi meurtrières ? Questionna Aredhel bouleversé tant il saisissait l'horreur de la chose.

- Nulle sorcellerie, c'est de la technologie, de l'industrie, de la science, de l'ingénierie, donnez le nom que vous voulez, mais ce n'est certes pas magique. Elle laissa tout retomber dans un fracas métallique bruyant, et s'époussetant les mains, elle déclara gravement, je ne sais pas quel est votre ennemi, mais vous allez au devant de grandes défaites et de grandes pertes, si vous ne savez pas où il se terre. Car la seule façon pour vous d'avoir une chance, c'est de couper le mal à la racine. Trouver le site de fabrication faire tout sauter, armes et plans avec. Que ce savoir soit totalement oublié de votre monde !

- Ou se servir de ces armes nous-mêmes ! Fit Thranduil pensif.

- NON ! Hurla-t-elle soudainement catastrophée. Non ! Si vous faites cela, vous condamnez vos terres, vos gens, TOUTES les vies sur votre monde !

- Allons allons jeune humaine, nous sommes un peuple très anciens, nous savons encore faire la part des choses. Et la sagesse des nôtres saura nous guider … » dit Thranduil détestablement hautain.

Elle s'avança vers lui, se plantant assez près de lui pour lui faire comprendre son énervement, et ancrant son regard dans le sien, les joues rouges de colère, elle dégoisa littéralement :

« Et moi je vous dis que si vous empruntez cette voie elle ne conduira qu'à la ruine et à la destruction !

- Vous apprendrez à nous faire confiance, répondit Thranduil buté.

- Non ! Tout ce que j'apprendrai c'est que les mêmes erreurs se répètent indéfiniment, aussi beau, intelligent et tout puissant que vous pensez être ! J'ai vu de mes yeux vu, Roi Thranduil, toutes les horreurs, les ignobles choses, que commettent de telles armes ! Et quand vous aurez tout rasé, que l'escalade inévitable vers la violence et l'éradication la plus totale, aura eu lieu, et que vous verserez toute les larmes que votre pauvre âme immortelle pourra verser à ce moment-là ! Vous comprendrez peut-être que ces choses doivent être réduites à néant ! »

Voyant qu'il allait encore riposter une incroyable ineptie, elle leva les bras au ciel de façon sèche, et totalement débordée par sa colère, elle s'écria « Ho et puis vous savez quoi ! Faites-vous sauter le caisson ! Entre tuez-vous, je ne sais même pas pourquoi cela me touche autant ! Je ne suis même pas de ce monde putain ! » et elle quitta les lieux d'un pas rageur, tapant du pied dans tous les débris qui se trouvaient à sa portée. Angrod la regarda disparaître dans les coursives attenantes, sachant au plus profond de lui-même, qu'elle avait raison. Ne lui avait-elle pas parlé de son horrible monde ? Des vies anéanties, des gens mourant de faim, de misère, de déshydratation. Les trois elfes se regardèrent en silence, essayant de prendre en compte l'ampleur de ces découvertes à leur juste valeur. Thranduil fixa son attention souveraine sur Aredhel, et lui demanda :

« Qu'en penses-tu ?

- Je ne sais pas trop. Elle est sincère dans ce qu'elle nous livre et je pense réellement qu'elle a peur de tout ceci. Je crois que nous devrions lui faire confiance, elle a l'air de connaître toutes ces choses qui nous sont inconnues.

- Crois-tu qu'elle serait capable de nous servir ? Que je devrai lui extirper ce qu'elle sait pour que nous puissions l'utiliser ? »

Angrod porta un regard effrayé sur son souverain. L'avenir d'Alexandra se jouant plus que dramatiquement en ces secondes. Il savait par expérience, où toutes ces réflexions, pouvaient la mener.

« Pas pour le moment mon Roi. Elle nous en a d'ailleurs assez dit aujourd'hui. Peut-être qu'elle nous aidera d'elle-même si elle voit que la situation devient trop alarmante. Elle a l'air très impliquée dans la sauvegarde de la vie, et je parle d'existence en général. Elle a autant de respect pour elle, que notre peuple en a. Elle s'apercevra, tôt ou tard, qu'elle aura peut-être un rôle à jouer dans tout ceci. Et que c'est dans son intérêt de nous aider …. du moins, je l'espère, autant pour elle …. que pour nous.

- Cela accroît ma décision de fermer les frontières. Avons-nous d'autres choses à faire ici ?

- Non, déclara Angrod, une boule inexplicable dans le ventre.

- Bien. Faites disparaître tout ceci, brûlez les corps. Rapatriez les survivants sur la cité, et sur tes terres Aredhel. Emportez tout ceci avec vous, mettez-le sous scellés, et cachez-le au plus profond des entrailles de la cité. Les suspects quant à eux, seront directement menés aux prisons. J'avertis, je ne veux aucun état de grâce concernant cette affaire. La moindre faiblesse sera sévèrement punie ! Compris ?! Ordonna Thranduil la voix froide et étonnamment vibrante.

- Il sera fait selon vos ordres, dirent de concert Angrod et Aredhel.

- Partons à présent, je veux retourner au plus vite à ma cité. Je n'ai plus rien à faire ici ».

Puis le roi quitta les lieux d'un pas ample qui trahissait son tumulte intérieur. Trop de choses se bousculaient dans sa tête. Cette menace imminente, la place de cette humaine dans ce schéma qui lui échappait pour le moment. Celle qui par tout semblait arriver, dont sa plus grande malédiction. Quand il fut sorti, il blêmit quand il vit que cette dernière avait récupéré sa monture, et qu'elle semblait vouloir partir. Il fit un signe à un de ses gardes tout près, et l'elfe empêcha l'humaine de monter. Ce qui souleva une vive protestation de la part d'Alexandra qui ne comprenait pas l'attitude de l'elfe à son égard.

« Que faites-vous par les Valar ! » tonna la voix de Thranduil derrière elle.

Le garde lui avait saisi le poignet si violemment qu'elle grimaça sous la douleur. Il la força à se retourner pour faire face au souverain, et elle tira sur son bras pour le faire lâcher.

« Lâche-moi où il va t'arriver des bricoles ! » s'écria-t-elle à l'égard du soldat, qui malgré lui, desserra ses doigts. Les murmures de sa maigre victoire face au Capitaine avait fait le tour de la cité, et tous savaient qu'elle pouvait être plus ou moins dangereuse. N'avait-elle pas mis à terre un Uruk-Haï ? Il recula d'un pas quand Thranduil fut à leur côté, et ce dernier s'exclama d'une voix dure et glaciale :

« Où pensez-vous aller ainsi ?! Vous ne croyez tout de même pas que vous êtes libre de vaquer où bon vous semble non ?

- Non … bien évidemment que non. Pour ça il faudrait que je sois libre, et que sa sérénissime altesse daigne lâcher la laisse qui me retient ! Mais ça vous plaît trop n'est-ce pas Roi Thranduil ? Le contrôle sur chacun et chaque chose ?! » répondit-elle la voix sèche et des flammes dans le regard.

Thranduil fit un signe raide à l'égard de son garde, qui comprit et quitta les lieux. Il pointa un doigt accusateur vers elle, et sa voix sortit comme un chuintement reptilien :

« Vous êtes une plaie humaine ! Vous ne cessez de défier mon autorité, de semer la zizanie en mon royaume !

- Et bien laissez-moi partir, et tous vos soucis s'envoleront avec moi ! Rétorqua-t-elle légèrement narquoise.

- Vous savez ce qu'il en est à ce propos. Et je préfère vous avertir, qu'avec ce que nous venons de découvrir, vous n'êtes pas prête de nous quitter !

- Non mais ho ! Je ne suis responsable de rien moi ! Pas ma faute si vos guéguerres intestines vous touchent ! Je connais même pas votre monde, je ne suis ici que depuis trois mois, et déjà je suis la cause de tous les maux de votre fichue planète ! Faut vous faire soigner sérieux ! »

Il lui attrapa le col fermement et approchant son visage du sien dans une attitude de profonde intimidation, il chuchota :

« Exactement, vous n'êtes rien en ce monde. Je pourrai vous faire passer de vie à trépas que personne ne s'en apercevrait, personne ne s'en inquiéterait …. personne ne vous pleurerait ! ».

Elle le bouscula violemment ce qui eut pour effet de rameuter les gardes alentours, et Angrod dut calmer le jeu pour qu'ils rengainent leurs armes. Touchée par les mots du roi plus qu'elle le voudrait, elle sentit des larmes brûlantes poindre au coin des yeux. Relevant le menton elle répondit néanmoins :

« Tuez-moi si cela vous chante, je m'en fous ! Si vous aviez dû le faire, vous l'auriez déjà fait ! Vous vous targuez de m'avoir sauver la vie ! Et bien soit mais en ce cas vous devenez garant de ma sécurité et de mon bien-être ! Vous êtes roi non ? Alors ayez au moins la noblesse d'âme due à votre rang ! Sans cela vous ne resterez pour moi que ce que je décèle depuis le début ! Un homme froid, calculateur, tyrannique, qui noie son chagrin et sa solitude dans l'alcool, qui fuit tout ce qui serait trop dur à encaisser ! Et qui pour trouver une quelconque distraction à sa longue vie éternelle, trouve le moyen d'emprisonner des gens juste pour satisfaire des besoins malsains ... ».

Il y eut un instant où même le temps sembla s'être figé. Tous les regardaient, paralysés parce qu'il venait de se produire. Thranduil lui-même ne savait plus comment réagir. Une colère farouche se mariant à une peine sans nom. Un cocktail puissant qui sembla lui aspirer le coeur de l'intérieur. Avant qu'il ne réagisse, elle monta quand même sur son cheval et le toisant de toute sa hauteur, elle déclara d'un ton méprisant :

« Et pour votre gouverne, je ne comptais pas partir. Je voulais vous aider et trouver des traces qui pourraient m'indiquer plus de choses ! Maintenant, si vous permettez, je vais faire le travail que VOUS m'avez demandé ! ».

Elle talonna son cheval qui partit dans un pas rapide sous le soleil cru d'une fin de printemps. De maigres secondes s'égrainèrent, et encore sous le choc de ce qu'il venait de se produire, Thranduil n'avait qu'une envie en cet instant, clore le clapet une fois pour toute à celle qui venait de lui offrir le pire des affronts. Il coula un regard polaire aux hommes présents, et il hurla « Que regardez-vous ainsi ! Au travail ! Angrod ! ». Le Capitaine tressaillit à l'appel de son nom. Le timbre du souverain n'avait rien de rassurant. Quand il fut proche Thranduil continua :

« Suis là, surveille-la, et ramène-la moi ! Et dès que nous ferons halte pour dormir ce soir, tu la ligoteras comme une simple prisonnière. Et tu la mèneras sous ma tente!

- Mais .. Seigneur … balbutia presque Angrod, que le regard meurtrier de Thranduil effraya.

- Pas de mais ! Tu obéis ! Tiens les hommes prêts ! ».

Le fait qu'il délaisse le vouvoiement d'usage en disait long sur son état de colère. Puis dans un mouvement de cape très souverain, Thranduil s'en alla vers la bâtisse principale, rejoignant Aredhel qui avait suivi la scène de loin. Angrod donna les ordres, puis prenant sa monture, il rejoignit Alexandra qui était déjà à une centaine de mètres. Quand il la rejoignit, il fut peiné de voir qu'elle pleurait. Larmes qu'elle sécha bien vite en le voyant. Ils marchèrent en silence longuement, puis Angrod déclara d'une voix douce :

« Alex … il faut que vous arriviez à prendre sur vous ..

- Prendre sur moi ? Vous déconnez là non ?! Votre roi est un despote Angrod !

- Il n'était pas comme ça à une époque. Si vous l'aviez connu à ces moments-là, vous comprendriez sûrement mieux pourquoi tant lui vouent une telle allégeance.

- Je n'ai pas à le comprendre ! Je ne suis pas un de ses sujets ! Je ne suis même pas de ce monde ! Et pour ce qu'il me respecte, ils peuvent aller se faire foutre lui et sa couronne ! »

Angrod grimaça, il n'aimait pas quand elle parlait ainsi. Malgré tout ce qu'il savait sur Thranduil, il l'aimait, il lui avait même dévoué sa vie. Et à côté de ça, il s'était aussi attaché à l'humaine, qui, nota-t-il enfin, lui rappelait étrangement son roi.

« Je ne suis pas de celle qui obéissent aveuglément. Et la corruption ne marche pas non plus avec moi ….

- Pour cela que vous avez fini ainsi ? Comme nous vous avons trouvé dans la forêt ? Plus morte que vive ? »

Alexandra resserra ses doigts sur ses rênes en entendant cela. Il n'avait pas tort.

« C'est le merdier dans ma tête … un coup je trouve ce roi vaniteux charmant et attirant au possible, au point de me faire perdre tous mes moyens. Et à contrario, des fois j'ai envie de le tuer ! Mais réellement le tuer, le faire cracher, le faire souffrir ! Car je sais qu'il représente tout ce que je déteste ! Pourquoi ne peut-il pas être tout simplement celui qu'il sait être quand on est seuls …. quand il est .. Lui ... ». Cette pensée lui remit les nerfs à fleur de peau, et se concentrant sur ses recherches, elle essaya d'évincer le roi de son crâne. Peine perdue. Quand ils eurent trouvé ce qu'elle recherchait, ils rentrèrent, et elle fut surpris de voir tout le monde sur le point de partir. On attendait plus qu'eux apparemment. Le soleil commençait à baisser dans le ciel, se rapprochant paresseusement de l'horizon. Elle vint vers Thranduil qui ne lui accorda qu'une seconde d'attention, et déclara :

« Les traces des chariots remontent vers le Nord. Vu les profondeurs des ornières, et la poudre trouvée ci et là, votre menace vient de par là-bas.

- Bien, nous notons tout ceci. En route à présent ».

Sa voix était neutre et détachée au possible, la faisant frémir. Elle ne se doutait pas encore du sale tour qu'il lui réservait. Le cortège prit la route, se scindant en deux groupes. Thranduil allant vers la cité, Aredhel retournant sur ses terres. Etrangement, malgré tout ce dont il avait été témoin, ce dernier ne s'en faisait pas plus que cela pour l'humaine. Et puis, au pire, si le roi s'en lassait, il pourrait toujours l'accueillir chez lui. Du peu qu'il en avait vu, elle saurait sûrement être une personne agréable et distrayante à côtoyer.

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Et voilà ! Vous en savez un peu plus sur ma OC, et PROMIS, vous allez arrivées à ce moment fatidique que vous attendez toutes dans le prochain chapitre ! Vous croyiez tout de même pas que ce serait aussi simple, si ? ;)

Bizzz à toutes !

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