Ne vous inquiétez pas, Renji l'aura bien, sa revanche, mais pour l'heure, y en a qui n'ont absolument aucune honte à abuser de leurs charmes légendaires... Après tout, pourquoi s'en priver ?! Courage, Renji...

Pour l'occasion, j'essaie le point de vue interne de bout en bout, histoire de varier les plaisirs. Si ça fonctionne et que ça vous plaît, je ferai pareil pour le prochain chapitre, mais avec le point de vue de Byakuya.

L'instant musical : et allez une bonne dose de Nobodyknows – Hero's come back, opening 1 de Naruto Shippuden, plus 3OH!3 – We Are Young. Ça défoule et c'est joyeux, combo gagnant.

Enjoy !


CHAPITRE DIX : Un jour sur Terre – Partie 2

Maintenant, c'est officiel : Byakuya veut ma mort. « On ne touche pas impunément le chef des Kuchiki. » C'est ça le message ? Sauf que personne m'avait prévenu, moi ! Quel enfoiré. Et en plus, je pourrais jurer qu'il est très content de lui. Je sais repérer tes sourires, Byakuya. Et là, t'es en train de sourire.

« Les boutiques terriennes sont intéressantes. »

Sans blague. En plus, pour ta première visite, t'as pas choisi les boutiques les plus courantes. Alors ouais, j'admets, les talons hauts, comment dire... ça te fait des jambes de dingue. Et je parle pas des bas résille et du porte-jarretelle, j'évite de trop regarder parce que quand je le fais... ben, j'oublie de respirer. Et si je tourne de l'œil rien qu'en te regardant, ça c'est sûr, tu me laisseras JAMAIS l'oublier. Et en plus, à part ces ravissants sous-vêtements en dentelle noire, c'est TOUT ce que tu portes. Et pourtant, tu te comportes comme si tu étais complètement habillé, sans rien perdre de ta grâce, de ton assurance.

Et je vois que t'as commandé du champagne, en plus... Tu m'as même pas attendu pour commencer. Ce que je pige pas, c'est...

« Euh... T'es en train de bosser, là ?! »

Oh. Ne me regarde pas comme ça, s'il te plaît. Parce que là aussi, j'oublie de respirer. Dans cette lumière-là, quand le soleil commence tout juste à décliner, tes iris sont clairs, presque gris. Trop clairs ! Trop intenses, putain, j'en perds mon latin.

« Nous ne sommes pas chez moi. »

Euh ça oui, j'avais remarqué...

...

Oh ! T'es vraiment un enfoiré.

« Excusez-moi, capitaine. »

Ça te va, comme ça, espèce de sadique ? Alors ? Tu vas dire quelque chose ou bien attendre que je m'évanouisse ?

« Sais-tu pourquoi j'ai amené du travail ? »

Alors là, pas la moindre foutue idée, cap'taine.

« Tu as oublié. C'est mieux que de m'avoir volontairement fait faux-bond, je l'admets. »

Oublié ? Oublié quoi ?!

Ah, ce minuscule soupir de désapprobation, célèbre dans toute la sixième division... Tu sais que ça fait pleurer les jeunes recrues quand tu leur fais le coup ? Après c'est moi qui dois les consoler...

« On devait se voir, aujourd'hui. Pour finaliser les évaluations trimestrielles. »

Les évaluations ?...

...

LES ÉVALUATIONS ! Comment j'ai pu oublier un truc pareil ?! Et au lieu de ça, je suis allé picoler sur Terre... Ok, je comprends mieux pourquoi tu m'en fais tellement baver, maintenant. N'empêche, t'es un gros sadique : tu viens l'air de rien dans mon bar préféré, sexy comme un dieu, tu rétames tout le monde au billard, tu m'invites dans un hôtel comme si de rien n'était, tu m'y attends tout dévêtu, et t'es en train de m'expliquer que c'est... pour bosser. Sérieusement ?!

« Tiens. Voilà ta pile. Tu ferais mieux de t'y mettre tout de suite si tu veux rentrer avant la nuit. »

Ben voyons. Et je suis censé évaluer nos soldats alors que tu es assis de l'autre côté de la table, et... Pourquoi est-ce que tes jambes ont l'air aussi interminables ? Pourquoi est-ce que tes mains semblent encore plus fines et délicates que d'habitude, pourquoi tes lèvres sont aussi désirables alors que tu sirotes ton verre, totalement indifférent à ma confusion ? Pourquoi... tes cils sont si longs quand tu coules un regard dans ma direction, je n'arrive plus à déchiffrer ton expression, Byakuya, tu me rends fou.

« Un problème, Renji ? »

Tu me poses souvent cette question. Ça doit être à cause de l'air ahuri que j'affiche maintenant. Je sais, j'ai souvent cet air-là, et tu vas dire que c'est parce que j'en suis un, d'ahuri. C'est peut-être vrai, mais faut dire que t'as le don pour me rendre encore plus idiot que je ne le suis. Mais la prochaine fois que tu prononceras ces mots, je me rappellerai aujourd'hui. Et...

Putain, ça aussi, tu le savais. Tu le fais exprès pour que je ne puisse plus te regarder en face sans piquer en fard quand tu me ressortiras cette phrase. Avoue, ça te fera plaisir quand tu...

Attends, qu'est-ce que tu fais, là ? Ne t'approche pas de moi comme ça. Non, Byakuya, s'il te plaît. Arrête-toi !

Ok. Bon. Essayons de rester calme. Résumons la situation : je suis sur Terre, éméché, dans mes fringues normales, juste un baggy et un t-shirt assez moulant pour qu'on remarque mes muscles, parce que j'en suis assez fier. Je suis assis dans une chambre d'hôtel. Devant moi, il y a une table basse avec des rapports d'évaluation dessus, mais présentement, je ne peux pas les voir, parce qu'un dieu de la mort reconverti en dieu du sexe est assis à califourchon sur moi. Et je suis en train de rassembler toutes mes ressources de volonté pour ne pas tendre les mains vers ses hanches fines, pour ne pas attraper ses jambes sveltes, dont la ligne est encore soulignée par ces bas qui s'arrêtent à mi-cuisses, pour ne pas fixer comme un abruti son entrejambe enveloppée de dentelle. Il faut dire que tu ne me facilites pas la tâche, quand tu te mets à onduler des hanches comme ça. Je me dis que tu en fais vraiment trop, tu peux pas attendre de moi que je reste de marbre. Je lève la tête pour essayer de lire ton expression... et oh putain j'aurais pas dû faire ça. Tu as déjà le rose aux joues, tes lèvres sont humides, tu me regardes, les yeux mi-clos, et tu as une expression de pure luxure qui me donne des crampes au bas-ventre. Ta bouche s'approche de la mienne et je t'embrasse tout doucement, presque craintivement, comme si je touchais au fruit défendu. Tu réponds à peine au baiser, mais tu le fais. Une légère pression de tes lèvres sur les miennes qui excite toutes mes terminaisons nerveuses, un toucher délicat par contraste avec la façon dont ton membre à peine couvert frotte sur le mien à travers le tissu de mon pantalon. Je m'agrippe aux accoudoirs en espérant que tu veux vraiment aller quelque part avec ça, parce que je suis pas un pro de la patience et de la maîtrise de soi. Surtout pas quand tu es si près de moi, si sexy, si sensuel dans tes mouvements à la fois sincères et appuyés, et trop légers, trop lointains. Et puis, je perds le contrôle et mes mains glissent sous tes fesses. Je suis à deux doigts de te jeter sur le lit pour te ravager, et là, tu te lèves, l'air de rien, et si c'était pas évident que t'étais en érection, j'aurais vraiment cru à ton numéro.

Byakuya ? Tu vas où, là ?

Tu t'arrêtes près de la porte de la salle de bain et t'enlèves le peu de fringues que t'as. Heureusement que t'entends pas mes pensées, parce que franchement, t'as le talent d'une putain de strip-teaseuse pour faire ça. Tes chaussures fichent le camp en un clin d'œil, dévoilant la courbe exquise de ton pied, la ligne épurée de ta cheville. Tu détaches les attaches du porte-jarretelles avec un « clac » qui résonne à peine dans le silence qui bourdonne dans mes oreilles. Tu glisses les pouces sous le tissu de tes bas, et les voilà qui roulent le long de tes cuisses d'éphèbe. C'est drôle, ce contraste, parce que ton visage n'a rien de celui d'un éphèbe : on y lit une sagesse et un calme qu'on ne gagne que dans une longue vie d'expérience. Tu n'as pas l'air innocent, oh, que non... Le slip en dentelle suit le même chemin, et soudain tu es là, glorieusement nu, en plein dans la lumière du soleil, qui joue sur ton corps en accentuant comme dans un rêve l'arête de tes hanches, la naissance de tes côtes, le jeu discret des pectoraux, le tracé gracieux de ton cou. Tu tournes la tête vers moi, tu la penches un peu de côté quand tu dis :

« Ils ont une baignoire à bulles. Ça promet d'être une expérience intéressante. »

Ah ça, je n'en doute pas, cap'taine. Ok, alors je te rejoins...

« Je vais prendre un bain. Tu n'as qu'à avancer dans ta pile en attendant. »

Aïe. Je me suis rassis trop vite, ça fait mal aux fesses.

Je n'ai qu'à... T'as dit quoi, là ?!

Du coup, je me relève, prêt à en découdre. Je peux pas accepter un truc pareil. Tu peux pas me chauffer comme ça et après, me dire de compléter des foutus rapports. Je ne suis qu'un homme, merde !

Là, n'importe qui de moins entraîné que moi le verrait, ton sourire. Le pire, c'est que t'es tellement beau quand tu me souris comme ça que t'arrive à me convaincre de me rasseoir sagement, et même de jeter un œil sur ces foutues évaluations alors que tu disparais dans la salle de bain. Je me dis qu'on sait jamais, tu vas peut-être finir par laisser tomber ton petit numéro de torture. On peut toujours rêver, hein ?

Le temps passe vraiment très, très lentement alors que j'essaie de pas raconter trop de conneries sur Akito qui sait enfin passer en shikai, ou sur Hanako qui a battu tous les autres non-gradés lors du dernier tournoi de la division. Pour ceux qui se sont moins faits remarquer, la tâche est plus ardue. Je suis attentif à tous nos soldats, mais parfois ma mémoire me joue des tours. Et spécifiquement un dimanche après-midi, sur Terre, après avoir bu et été la victime de tes tentatives tout à fait réussies de séduction.

J'ai trop chaud, putain. Je défais mon bandana pour m'éponger le visage, et puis j'ouvre grand la fenêtre, et tant pis pour mon taux d'alcoolémie, je décide de boire un petit verre de champagne bien frais.

Ok, c'est déjà mieux. Je me détends un peu. Il est drôlement calme, cet hôtel.

Trop calme. Tu vas rester dans ce bain toute la soirée ? Allez, s'il te plaît, reviens... Faut vraiment qu'on les finisse ce soir, ces évaluations ?

Et c'est là que je suis frappé d'une révélation : bien sûr que non, faut pas qu'on les finisse. T'es en vacances, alors le commandant-chef attend pas de toi que tu les finisses tout de suite.

Ce qui signifie...

Que je me suis fait avoir.

En beauté.

Ok, j'ai fini de jouer ton petit jeu.

Je vire mon t-shirt, et j'approche de la salle de bain. Je tends la main vers la poignée... Et manque de me prendre la porte en pleine figure.

« Tu as déjà fini ? »

Coup d'œil de haut en bas. Tu portes le peignoir de l'hôtel, c'est censé être moins sexy. Et pourtant, je rêve de te l'arracher. Tu vas pas m'en vouloir si je fais un pas en avant, hein ? Ta peau... Elle sent tellement bon. Je peux presque sentir son parfum avec ma langue. Je le pourrais vraiment... si je m'approchais encore un peu... J'attrape le col de ton peignoir et je le tire pour découvrir ton épaule.

On ne se touche même pas. Je crois que tu m'as vraiment déstabilisé, parce que je n'ose rien faire d'autre que de me tenir tout près de toi, enivré par ton parfum, si près que je sens ton souffle sur mon cou, ça me hérisse les cheveux sur la nuque. Et moi, je reste comme un idiot, la bouche à deux centimètres de ta peau nue. Je suis paralysé. Tu portes encore la chaleur du bain sur toi, elle roule vers moi en vagues confuses et étourdissantes. Je veux te toucher, je veux tellement te toucher. Mais je n'ose pas. Et toi, tu ne bouges pas. Tu m'as piégé.

Tu recules, tu m'esquives. Tu traverses la pièce d'un pas tranquille, tu t'empares d'une flûte de champagne et tu t'assois en croisant les jambes, laissant le peignoir s'ouvrir dans le mouvement.

« Je pense que tu as compris la supercherie, entre-temps.

— Pas d'évaluations, c'est ça ?

— Pas aujourd'hui.

— Et donc... Est-ce que je suis en droit d'attendre autre chose ?

— Mmh... »

Tu réfléchis. Tu réfléchis vraiment ? Ou bien tu fais semblant pour continuer à me faire perdre l'esprit ?

Attends, et c'est quoi, ça ? Un regard appréciateur sur mon torse nu ? Dis-moi que c'est ça !

« Approche, Renji. »

Alors c'était vraiment ça ? D'accord, je m'approche.

Et je m'arrête de nouveau à deux pas de toi, parce que ton sourire me crucifie. Tu te lèves, tu me regardes avec une intensité qui me vide ma conscience de moi-même. J'entends mon cœur battre dans mes oreilles comme si toute la fanfare de l'armée jouait juste à côté. Tu t'approches à nouveau de moi. Le bout de tes doigts court sur mon torse nu, fait le tour de mes tétons dressés, tu vas même jusqu'à les pincer légèrement. Et en plus, quand tu fais ça, tu te mordilles les lèvres d'une façon qui me donne envie te jeter sur le lit et de t'embrasser, te dévorer, te sucer, te vider les couilles jusqu'à ce que tu demandes grâce.

Oh, merde, j'ai le souffle court, super court, alors que je ne bouge pas d'un cil. T'es content ? Tu sais définitivement comment me rendre dingue. Et maintenant ? Tout mon corps te réclame. Tu lèves les yeux vers moi, tes doigts se posent sur mes lèvres, et tu prononces ma sentence dans un murmure.

« Tu devrais prendre un bain, toi aussi. Tu as l'air d'en avoir besoin. Quant à moi, je vais aller chercher Rukia pour la ramener à la maison. Je crains qu'elle ne soit pas tout à fait en état de revenir par ses propres moyens. »

Tes doigts quittent mes lèvres, tu t'éloignes de moi, je peux sentir la frustration m'agripper les entrailles et les testicules, ça ressemble presque à un choc électrique. Tu resserres ton peignoir et tu sors tes fringues du tiroir où tu les avais rangées. Bien évidemment, je suis sans voix. Je savais que tu étais impitoyable, mais franchement, je me serais pas douté que tu irais aussi loin. Et tu as l'air d'apprécier.

« On dirait que j'ai trouvé un moyen on ne peut plus efficace pour te rendre moins bavard », que tu commentes en attrapant ton foutu peigne magique pour le passer dans tes cheveux noirs encore luisants d'humidité. Quelques gouttes tombent de ta chevelure. Les petites chanceuses, elles s'écoulent dans l'échancrure de ton peignoir et roulent sur ton torse, d'autres choisissent ta colonne vertébrale, en route pour ta chute de reins, elles vont sûrement ralentir quand elles rencontreront le très discret affleurement de tes fesses. Il y en a peut-être déjà qui se glissent entre elles, se perdant dans la chaleur humide qui règne là.

Kami-sama, il faut que j'arrête de penser à ce genre de trucs. Tout de suite !

Tu t'amuses. Du coup, tout rouge, en feu, humilié et excité comme je l'ai jamais été, je te laisse t'habiller et bats en retraite dans la salle de bain, sans oublier de claquer la porte derrière moi. C'est un coup bas, ça. Un sacré coup bas. Tu peux être sûr et certain que tu ne t'en tireras pas comme ça. Je vais l'avoir, ma revanche. Et plus vite que tu ne le crois.

En attendant, tu m'en voudras pas si j'utilise le bain à bulles pour me 'détendre' pendant que tu finis de te préparer. Je ferais même peut-être un peu de bruit, histoire que toi aussi, tu sois au moins un peu frustré.

J'ai compris le message : le capitaine Kuchiki ne veut pas passer pour une proie facile. Et il ne l'est sûrement pas. Parce que ce n'est pas en nous envoyant en l'air deux fois que je vais être satisfait. Et ça, il l'a bien compris. Mais tu sais, Byakuya, tu n'es pas le seul à savoir jouer à ce jeu-là...