Interlude 2 : Mon amour

« Mon amour,

J'écris ces mots en sachant que tu ne les liras pas, et c'est sans doute ce qui me les rend moins difficile à exprimer.

Cela fait quelques semaines maintenant que nous sommes séparés et je me suis levé ce matin avec le mal de toi.

J'aimerais pouvoir écrire que, à peine avons été séparés, j'ai ressenti le poids de l'absence tomber sur mes épaules. Ce serait faux. La vérité c'est que les premiers jours ont été un soulagement pour moi. Ne plus avoir à être discret, à faire attention. Je pouvais m'étaler dans le lit, il faisait juste frais comme j'aime dans la chambre et le café avait enfin du goût le matin !

Ne m'en veux pas, mais nous avons passé tellement de temps ensemble, nous sommes si différents que, malgré tout l'amour que j'ai pour toi, j'ai eu un moment l'impression de ne plus être moi-même, mais celui que tu voulais que je sois. Tu es maniaque, je suis bordélique. Tu aimes la musique classique et moi le rock, tu n'aimes que le salé, je me damnerais pour du chocolat. C'est à se demander comment nous avons pu nous entendre. J'ai finalement eut l'impression que cette séparation était une bonne chose pour nous deux, pour pouvoir nous retrouver. Et puis, tu allais revenir rapidement n'est-ce pas ?

Bien sûr, tu m'as dit que tes amis avaient besoin de toi, et je le comprends. Et puis tu veux voyager, voir toutes ces choses qui te font rêver, faire tout ce que ton passé et ton statut t'interdisaient. Tu veux être un peu libre de choisir ton lendemain, et c'est normal, et puis tu as promis d'écrire, alors ce n'est pas comme si nous étions vraiment séparés.

Six semaines ont passées, tu n'as pas écrit, tu n'es pas revenus et soudain, ton absence à un goût de définitif.

Quand je me suis réveillé ce matin, le lit me semblait immense. Il faisait froid dans la chambre, le café était si amer et je n'ai pas trouvé mon pull préféré, celui que tu rangeais toujours quand je le laissais trainer dans le salon. J'ai tourné dans l'appartement, je t'ai cherché et pour la première fois, je me suis rendu compte que tu avais pris toutes tes affaires, tu ne m'as rien laissé pour me rappeler ton odeur, ta présence.

Et j'ai soudain l'impression que tu ne reviendras jamais.

C'est étrange comme tout me semble long dans notre relation. Long à s'accepter, long à avoir ce manque de toi.

Il m'a fallu plusieurs semaines pour admettre que j'étais attiré par toi, puis que je t'aimais. Tu te souviens de notre premier baiser ? Oui, surement, tu as toujours eut une meilleure mémoire que moi.

Je n'oublierais jamais la sensation de paix qui m'a envahi quand tu as posé tes lèvres sur les miennes. Heureusement que tu l'as fait d'ailleurs, ou je serais surement encore en train de chercher le courage de le faire sinon. Et dire que je suis le Gryffondor. J'étais terrifié quand tu t'es approché, et si tu me repoussais finalement ? Et si tu te rendais compte que tu n'avais pas envie, que tu t'étais trompé et que tu n'étais pas attiré par moi ? Rien que d'y songer, ma gorge se nouait, ma respiration s'affolait. As-tu pensé que j'étais excité ? Ce n'était que de la terreur. Et puis tes lèvres ont touchées les miennes. Mon souffle c'est bloqué, mon cœur m'a donné l'impression de manquer un battement, et le monde c'est remis en place. J'étais là où il fallait, ta bouche contre la mienne, ton souffle mêlé au mien, nos cœurs battant à l'unisson. C'était beau et chaud, juste tes lèvres qui touchent les miennes.

Je me souviens d'avoir reculé, ouvert les yeux, de t'avoir regardé, te buvant du regard après avoir bût ton souffle. Sais-tu à quel point tu étais beau à cet instant ? Pas beau comme tu sais si bien l'être, comme tu l'es toujours. Beau comme peut l'être un homme qu'on aime et nous aime, simplement.

Je n'oublierai jamais ce premier baiser, tes lèvres douces, tes jours rosies, tes yeux un peu absent. Il suffit que je ferme les yeux et j'ai la sensation de ton souffle sur mes lèvres qui me revient.

Mais tu n'es pas là pour m'embrasser et quand je passe ma langue sur mes lèvres, elles n'ont plus le goût des tiennes.

Je t'aime et je te hais de me faire ressentir ça. C'est de ta faute si je me sens si mal maintenant, parce que tu ne m'écris pas, que tu es partit, que tu m'as fait t'aimer. Penses-tu seulement à moi ? A force de faire semblant devant tes amis, qui sait si tu ne vas pas m'oublier pour de bon ? Peut-être que tu t'es rendu compte que tu n'avais pas besoin de moi, que tu ne m'aimais que parce que j'étais là.

Je suis injuste ? Je m'en fiche, tu m'as abandonné et j'ai mal à en mourir et je te hais de me faire ça, alors que tu avais promis que tu ne me ferais pas souffrir ! Je ne veux plus jamais te revoir !

Reviens, s'il te plait, je t'aime...

Harry »