Chapitre 10 – Les Vacances du Gobelin Bourré ©

La Salle Commune des Poufsouffles était calme ce soir. On entendait seulement le bruit de la pluie tapant contre les vitres. Si le mauvais temps persistait, les entraînements de Quidditch allaient être pénibles...

Le feu claqua dans la cheminée, me ramenant à mon devoir de Sortilèges. Je l'avais presque terminé, il me manquait encore la conclusion.

Nous n'étions plus que trois étudiants à veiller tard pour terminer nos devoirs (et je soupçonnais mon voisin de table de s'être assoupi derrière sa pile de grimoires). Il était presque minuit, et la fatigue me faisait papillonner les yeux. Tonks et Rose étaient parties se coucher depuis longtemps, et je n'allais pas tarder à faire de même.

Le sortilège de désillusion reste donc l'un des sorts les plus complexes à réaliser : il faut de la part du sorcier une grande concentration afin de l'exécuter convenablement.

Mouais, bof. Ce n'était pas terrible comme conclusion.

Je posai ma plume et m'étirai, faisant craquer quelques vertèbres. Je relus ma copie tout en caressant distraitement mon écharpe endormie sur mes genoux.

Je rassemblai mes quatre devoirs à rendre (botanique, moldus, sortilèges et runes), et je les rangeai dans mon sac. Puis, je regagnai mon dortoir sur la pointe des pieds. Les filles dormaient profondément quand je me glissai à l'intérieur. Je me servis de la faible lueur de ma baguette pour trouver mon chemin jusqu'à mon lit. Sans bruit, je préparai mes affaires pour le lendemain. Rose bougea dans son sommeil quand j'ouvris mon armoire aux gonds grinçants pour en sortir une robe de sorcière propre.

Je vérifiai au passage que Rose avait bien mis en route le réveil avant de revêtir mon pyjama et de me glisser sous mes draps, mes yeux se fermant tout seuls. Mon écharpe trouva sa place près de ma taie d'oreiller et se roula en boule. Je glissai doucement aux pays des songes, une pensée ricochant sur une autre: le Quidditch, Charlie, le paquet de Patacitrouilles que j'avais oublié dans la Salle Commune, la pluie, Rogue, le devoir des sortilèges...
Rogue.

J'ouvris les yeux en grand et mon cœur chuta au fond de mes entrailles.

J'avais complétement oublié de faire le devoir exigé par Rogue sur la Goutte du Mort-Vivant ! Zut !

Je restai de longues minutes à fixer le noir. D'un côté, je n'avais pas envie de me lever pour faire ce maudit devoir. Mais d'un autre, Rogue était tellement pointilleux que si je le faisais demain durant le petit-déjeuner, il verrait forcément que je l'avais bâclé.

Je tergiversai pendant cinq bonnes minutes, avant de prendre la décision : je rabattis mes couvertures sur ma tête.

Tant pis. Je le ferais demain.

oOo oOo oOo

Le réveil fut brutal. Tonks se redressa brusquement sur son lit, ses cheveux roses pastel en bataille.

- Quoi ? C'est l'heure ? Déjà ? grogna-t-elle la bouche pâteuse.

Rose grommela quelque chose mais trouva le courage de quitter la chaleur de son lit. Dans mon coin, je maugréai : j'entendais encore la pluie tomber avec intensité.

- Allez, debout les filles ! nous encouragea Rose en baillant. Une belle journée nous attend !

- Au pays des licornes, oui ! ronchonna Tonks en planquant sa tête sous son oreiller.

Durant le petit-déjeuner, la Grande Salle était tout aussi morose. J'avais horreur de ce genre de journée où tout le monde tirait une tronche pas possible. Je remuai sans conviction mes céréales dans mon bol de lait, mon poing soutenant ma tête. Même les cheveux de Tonks n'y mettaient pas du leur : ils étaient d'un gris terne, signe que leur propriétaire s'était levée du pied gauche.

Seule Rose discutait gaiement avec Bonaparte du prochain numéro du Petit Poudlard.

L'apparition des hiboux ne fut guère propice aux réjouissances. Je regardai d'un œil sombre le plafond magique, et Tonks sembla lire dans mes pensées.

- Tu songes à annuler l'entrainement, n'est ce pas ?

- Je crois que c'est bien parti.

La sonnerie stridente retentit, et tous les élèves quittèrent la Grande Salle, traînant des pieds.

- Je plains ceux qui vont suivre les cours de Soins, dit Rose en voyant des Gryffondors de 3ème année relever le col de leurs robes.

- On n'est pas mieux loties ! grommelai-je. Deux heures de potions dans les cachots de Rogue et... Zut de zut ! m'exclamai-je en me tapant le front de la main.

- Quoi ?

- J'ai encore oublié le devoir de Rogue !

- Ah bah, bravo Polly ! Tu vas nous le rendre de mauvaise humeur !

- D'ailleurs, vous feriez bien d'y aller, nous recommanda Rose en voyant ledit professeur sortir de la Grande Salle.

- A tout à l'heure !

Je pressai le pas à la suite de Tonks et nous arrivâmes pile au moment où Rogue ouvrait la porte de sa salle de classe.

Charlie me fit un sourire quand je passai près de lui pour rejoindre ma place à côté d'Alyss Grey. Je déballai mes affaires, un peu anxieuse de la réaction de Rogue.

- Ça alors ! Ton écharpe est vivante ! s'exclama Alyss, les yeux ronds.

Triple zut ! J'avais oublié de confier mon écharpe à Rose avant d'aller en cours !

Je la déroulai de mon cou et la rangeai prestement dans mon sac, espérant qu'elle se tienne à carreaux durant toute la durée du cours.

Rogue réclama aussitôt les devoirs. Quand il tendit la main pour réclamer ma copie, je rougis et marmottai que je ne l'avais pas. Rogue baissa son nez crochu sur moi, et me toisa longuement.

- Laissez-moi deviner, McBee, persifla-t-il. Votre hibou l'a mangé, c'est ça ?

Je secouai la tête, incapable de prononcer un mot. Je n'osai lui dire que j'avais oublié de faire son devoir, il pouvait être capable de me métamorphoser en grenouille pour une dissection express.

- Je retire cinq points à Poufsouffle pour votre étourderie, et vous me rendrez quarante-cinq centimètres de parchemins pour le prochain cours, sur le même sujet.

- Oui, monsieur.

J'espérai sincèrement me faire discrète durant les deux heures qui suivirent. Mais ce fut sans compter sur la malchance – ou le fait de m'être levée du pied gauche ce matin. En pleine préparation de la Goutte du Mort-Vivant, le cœur de crocodile que j'étais censée plonger délicatement dans la préparation me glissa des mains et tomba dans la potion écumante. Aussitôt, de grosses bulles violettes éclatèrent à la surface, et je tentai de baisser le feu. Mais la potion déborda du chaudron pour se déverser sur ma table de travail.

Rogue se précipita vers moi et leva sa baguette pour faire apparaître un jet d'eau glacé qui stoppa la progression de la potion.

Par conséquent, Alyss et moi nous nous retrouvâmes trempées des pieds à la tête. Heureusement que la potion ne fit aucun dégât !

Rogue, furieux, retira dix points de plus à ma maison pour mon incapacité à écouter en cours.

J'aurais pu m'en arrêter là : mon écharpe, prise de panique devant la voix grondante de Rogue, sortit en trombe de mon sac pour s'enfuir.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le chaudron.

- QU'EST CE QUE JE VOUS AVAIS DIT MCBEE ! tonna le professeur en se prenant les pieds dans ma pauvre écharpe affolée. CETTE SATANEE CHOSE N'A RIEN A FAIRE DANS MON COURS ! VINGT POINTS EN MOINS A POUFSOUFFLE, ET VOUS AUREZ UN RAPPORT ! ET MAINTENANT, DEHORS ! JE NE VEUX PLUS VOUS VOIR !

Pâle comme un fantôme, je rassemblai mes affaires, sous le visage écumant de rage de Rogue. Je quittai dans un silence de plomb la salle de classe, récupérant au passage mon écharpe que Charlie avait réussi à récupérer.

Rogue prit soin de claquer violemment la porte dès je gagnai le corridor. Pataude, mon écharpe s'enroula autour de mon cou.

Il y avait des jours avec et des jours sans.

Aujourd'hui était un jour « carrément pas ».

oOo oOo oOo

A la mi-journée, je finis par annuler l'entraînement de Quidditch, à la vue des bourrasques de vent et des paquets de pluies glacées qui s'abattaient sur le château. Les Nullos nous proposèrent alors de participer à une de leur session de Jeu de Rôle qui se déroulait dans une ancienne Salle de Sortilèges.

- Ce n'est pas dangereux au moins ? se méfia Tonks.

- Non, il n'y a rien à craindre. Polly ?

Après l'épouvantable de journée que je venais de passer, je n'étais pas contre m'amuser un peu.

- Et ça consiste en quoi ?

- Surprise ! On vous expliquera sur place. Rose ? Napoléon ? Ça vous dit ?

Ils secouèrent la tête, préférant s'occuper du deuxième numéro de leur journal.

- C'est ça ouais ! ricanai-je tandis que nous sortions de la Salle Commune. Ils vont plutôt se bécoter oui !

Nous suivîmes Hastings, jusqu'au deuxième étage. Là, sur une porte, avait été maladroitement scotché un parchemin sur lequel était inscrit « les Geekos en Folie ».

Ça ne présageait rien de bon.

Hastings ouvrit la porte et j'eus l'impression d'entrer dans un autre univers.

Une longue table trônait au centre de la pièce, et une vingtaine de sièges était disposés autour. Dessus était posés des plateaux de jeux colorés. Sur les murs étaient accrochées des cartes magiquement agrandies de différents mondes imaginaires. Sur le côté, une étagère croulait sous les boîtes de jeux et de classeurs remplis à ras bord de feuilles.

- Ça alors ! s'exclama Tonks, aussi ébahie que moi.

- Bienvenue au club des Geekos en folie, antre paradisiaque du JDR, s'exclama Hastings. Ce soir, le très talentueux William Swann sera le MJ des Vacances du Gobelin Bourré ©.

JDR ? MJ ? Le Gobelin Bourré ? J'échangeai un regard avec Tonks, qui se demandait comme moi dans quel traquenard nous étions tombées.

Mis à part les Nullos et ce déglingué de Swann qui me fusillait du regard, Charlie était aussi présent et me gratifia d'un clin d'œil. Il y avait aussi un Serpentard et un Gryffondor que je ne connaissais pas.

Charlie se chargea de faire les présentations.

- Polly, je te présente Stephen Piccadilly, il est dans le même dortoir que Will et moi.

Stephen rougit quand je lui serrai la main. C'était un jeune homme brun à l'air timide et qui remonta nerveusement ses lunettes sur son nez.

- Enchanté de faire ta connaissance, dit-il en fixant le bout de ses chaussures. Charlie m'a beaucoup parlé de toi.

- On entend tout le temps parler de Mamie Popo, ronchonna Swann.

- Oh toi, tu ne vas pas commencer, hein ! grondai-je.

Swann me tira la langue, je fis de même, et Fey, sentant la dispute venir, me mit entre les mains une assiette de gâteaux et me demanda de faire le service.

- Tu me prends pour qui exactement ?

- S'il te plaît, Polly, merci !

Je levai les yeux au ciel, mais obtempérai – surtout pour échapper au sourire mesquin de Swann. Je présentai l'assiette au Serpentard en lui demandant son nom.

- Nicholas Randall, finit-il par dire, comme si me parler lui écorchait la langue.

- Et tu joues souvent au Jeu de Rôle ?

- Ça va de soi, non ?

Quelqu'un cogna à la porte, me permettant d'échapper à Mister Aimable. J'allai ouvrir, armée de mon plus beau sourire et fis face à Albus Dumbledore en personne.

- Professeur ?

- Bonsoir Miss McBee ! Oh, ils sont pour moi ces gâteaux ? C'est très gentil de votre part. Ah ! Vous êtes là, Mr Randall ! Êtes-vous prêt pour votre revanche ?

Et Dumbledore me planta à l'entrée pour aller parler stratégie avec les Nullos, qui ne se semblaient pas du tout impressionnés par le plus grand sorcier de tous les temps – contrairement à Tonks qui me rejoignit, sa bouche formant un O parfait.

- Je crois que tout le monde est présent ! s'exclama Swann en réclamant notre attention. Prenez place, je vous prie !

Dumbledore s'installa à coté de Tonks et les cheveux de cette dernière se colorèrent en rouge vif.

- Très bien, fit Swann qui présidait l'assemblée. Nous accueillons aujourd'hui trois nouvelles recrues en Charlie Weasley, Nymphadora Tonks et... rappelle-moi ton nom déjà ?

- Tu veux un sortilège sur le pif ? le menaçai-je, les dents serrées.

- Ah oui, Polly McBee. Bon, pour commencer, nous allons présenter le Jeu de Rôle.

Il nous expliqua donc le principe du JDR, parfois ponctué par les commentaires des Nullos ou de Dumbledore. Swann serait ce soir ce qu'on appelait un « Maître du Jeu » et dirigerait la partie, décrivant des situations dans lesquelles nos personnages seraient confrontés.

- Quel personnage ? s'étonna Charlie.

- J'y viens, sois patient, petit scarabée ! Vos personnages sont à inventer dans votre tête et vous allez les faire interagir avec...

- Attends, ce n'est pas une de vos séances bizarres où il faut se déguiser, hein ? le coupa Tonks en se tournant vers les Nullos.

- Mais non ! Quoique ce serait rigolo de faire ça un jour... Mais je m'écarte du sujet. Vos personnages, inventés de toute pièce, devront donc interagir avec l'histoire que je vais raconter. Ce soir, ce sera les Vacances du Gobelin Bourré©.

- Merveilleux ! s'exclama Dumbledore. J'adore celui-ci.

Swann demanda alors à ce dernier la description de son personnage. Et Dumbledore, qui semblait avoir réfléchi à la question depuis des jours, déclara aussitôt :

- Je suis un elfe de 900 ans qui parcourt le monde à la recherche de mon peuple perdu. Je suis un très grand bavard extrêmement intelligent, et je parle souvent par énigmes.

- Ça ne change pas de d'habitude, commentai-je d'une voix un peu trop forte. Pardon, professeur.

Swann se tourna vers Fey :

- Je suis un nain astrologue unijambiste. Ma jambe gauche a été dévorée par un ogre alors que je péchais le calamar tout en observant les étoiles.

- Fort bien, je note. Suivant ?

- Moi, je suis un humain magicien, annonça Sean Hastings. J'ai un visage très attirant et toutes les femmes tombent à mes pieds.

- Pas comme dans la vraie vie, ricana Tonks.

- Cette remarque était totalement déplacée, dit-il, vexé. Tu verras que pour le RP, ça m'aidera. On voit bien que tu n'as jamais joué à un JDR papier. Seuls les noobs parlent ainsi.

J'échangeai un regard avec Tonks : mais où étions nous tombées ?

- A moi, ou vous vous battez encore ? marmonna Kenway. Je suis également un guerrier humain au grand cœur et la vue du sang me terrorise.

- Ce n'est pas handicapant pour un guerrier ? fit remarquer Will, prenant toujours ses notes.

- Je ne répondrai pas à de telles accusations.

Will se tourna vers Tonks qui bafouilla être une sorcière rousse. Les Nullos râlèrent parce que son RP était inexistant.

- Allons, soyez conciliants avec Miss Tonks, les calma Dumbledore, c'est sa première fois !

- Stephen, nous t'écoutons, reprit Swann.

- Je suis un rôdeur qui veut se venger suite au meurtre de sa famille et cherche à se libérer d'une terrible malédiction.

- Pas mal, pas mal. McBee ?

- Et bien moi je suis... une dracologue spécialisée dans les bébés dragons ? proposai-je sans comprendre ce que je disais.

- Bah voyons ! maugréa Will tandis que Charlie me souriait. Et moi je collectionne les bouses de Trolls.

- Mais tu vas arrêter de faire ton Willy-Willy, oui ? m'exclamai-je, sentant ma moutarde me monter au nez.

- Allons allons, les enfants, ne vous fâchez pas, nous sermonna Dumbledore en levant ses mains en signe d'apaisement. Mr Weasley, quel est votre personnage ?

- Aucune idée... un magicien ?

- Il y a trop de magiciens, fit remarquer Hastings. Choisis autre chose.

- Un vendeur de laine de lamas alors ? dit Charlie, perdu.

Will observa son ami par dessus sa feuille et lui demanda s'il était sûr de son choix.

- Oui ! râla Charlie.

- Drôle de choix, mais je valide. Il nous manque donc Nicholas Randall.

- Je suis un assassin qui cherche un artefact très puissant. Je suis un solitaire, mais je suis un personnage très arrogant.

- J'adore ce personnage, soupira avec envie Hastings.

Swann fit le compte et déclara que la séance pouvait commencer. Il prit une profonde inspiration et se racla la gorge. Nous fûmes tous suspendus à ses lèvres.

- Un objet magique a été enfermé dans l'un des coffres forts de la banque de Gringotts. Un mage noir essaye de s'en emparer et pour cela, il a besoin de la magie ancestrale du gobelin Adragg pour ouvrir la porte du coffre. Hélas ! Il semble que ce dernier soit parti en vacances. Il fait donc appel à un elfe, un nain, un magicien, un guerrier, une sorcière, un rôdeur, une dracologue, un assassin et un vendeur de laine de lamas pour retrouver le gobelin... Par quoi commencez-vous ?

- Attends, parce qu'on est du côté des méchants en plus ? s'insurgea Tonks.

- Moi, je n'ai rien compris, déclarai-je.

- Tu dis juste ce que tu aimerais que ton personnage fasse ! soupira Will, en se massant les tempes.

- Mais je n'en sais rien moi ! Je n'y connais rien en gobelin ou en dragon !

Swann ouvrit la bouche, prêt à m'incendier, mais Dumbledore fut le plus rapide :

- Je propose d'enlever le Directeur de la Banque, il pourrait nous dire où est parti Adragg.

- Merci de suivre, professeur. Et rappelez-moi de faire équipe un jour avec vous si on songe à cambrioler Gringgots.

Les yeux pétillants, Dumbledore hocha la tête en direction de Swann.

- On l'enlève où ? demanda Randall. A la banque ou chez lui ?

- Chez lui, proposa Piccadilly. Ça fera moins de grabuge.

- Sortilège de l'imperium ou Veritaserum ?

- Imperium. On n'a pas de potioniste dans nos rangs, soupira Kenway.

- Dommage.

- En tant qu'assassin, je m'infiltre dans la demeure du Directeur de la Banque, reprit Randall à l'intention de Swann.

- Il a une famille ? coupa Tonks.

- Qui ?

- Bah Adragg !

Les autres râlèrent, mais Tonks ne se laissa pas démonter.

- Je me suis toujours demandé si les gobelins avaient une famille.

- Voilà une question très pertinente, répondit Dumbledore. Je demanderai à ma prochaine entrevue.

- Bon, on peut revenir à nos moutons ? s'impatienta Hastings qui commençait à regretter de nous avoir invitées, Tonks et moi.

- Merci, reprit Will. Donc, vous vous infiltrez dans la demeure du Directeur de la Banque et là, surprise ! Il a été assassiné !

- Par qui ? m'étonnai-je.

- Justement, Popo, c'est le but du jeu !

- D'abord, arrêté de m'appeler comme ça, et ensuite, je croyais qu'on était censés retrouver le gobelin pompette en vacances !

- Ça fait partie du scénario, Popo.

- Tu sais ce que j'en pense de ton scénario ?

- CA SUFFIT ! rugit Charlie, furieux. Vous voulez jouer oui ou non ? Will, il faut qu'on parle tout à l'heure, ajouta-il en fusillant son ami du regard, lequel haussa les épaules. Mes excuses, professeur.

Celui ci s'était penché vers Tonks et lui demandait si c'était toujours comme ça. Mon amie leva les yeux au ciel et hocha lentement la tête.

oOo oOo oOo

Cinq heures! Mon calvaire dura cinq heures. Je finis par lâcher l'affaire, pas intéressée par leur histoire de gobelin pour un gallion. A un moment donné du jeu, Swann sortit des dès pour calculer des points de compétence ou je-ne-sais-quoi, et, bien sûr, s'arrangea pour me mettre hors course (je ne lui en voulus pas cependant, m'ennuyant beaucoup trop). Tonks, en revanche apprécia ce jeu une fois qu'elle comprit la logique et se lança dans la quête avec frénésie, s'alliant avec l'elfe de Dumbledore, et finit la partie par un duel avec le nain unijambiste avant de tomber dans les bras du vendeur de laine de lamas...

Lorsque le jeu arriva à son terme, Tonks demanda quand aurait lieu la prochaine session. Les Nullos, heureux de la compter dans leur rang, annoncèrent que le prochain JDR se déroulerait le mois prochain et serait centré sur la Malédiction de la Sorcière Bègue ©.

Pressée de quitter cette soirée d'une nullité absolue, je fus cependant retenue par Charlie.

- Peux-tu rester, s'il te plait ? demanda-t-il. Il faut que je parle à Will.

Ce dernier se crispa, mais attendit que la Salle se vidât.

- Qu'est ce qu'il y a ? s'enquit-il lorsque nous ne fûmes plus que nous trois.

Charlie alla fermer la porte avant de se tourner vers son ami, le visage très rouge.

- Il faut que ça cesse.

- Que quoi cesse ?

- Que vos chamailleries cessent, tous les deux. Je n'en peux plus de vous voir vous crêper le chignon à chaque fois que vous vous croisez. Will, tu ne peux pas me demander de choisir entre Polly et toi. J'aimerais que tu arrêtes de te comporter avec elle de cette manière. Ça devient fatigant.

- Wow, on se clame, commença Will, en fronçant les sourcils.

- Je pense être suffisamment présent pour toi et j'aimerais que tu comprennes que parfois, on a envie d'être seuls, sans que tu te moques d'elle, poursuivit Charlie.

- Autre chose à ajouter ? marmonna Will

Un silence inconfortable s'installa entre les deux amis, et j'eus l'impression d'être de trop. Will avait le visage crispé de colère, quant à Charlie, il essayait de ne de pas flancher.

- J'aimerais que tu arrêtes de te moquer des cheveux de Polly et que tu arrêtes de répéter qu'elle ferait un bon Chewbacca.

Will ouvrit de grands yeux étonnés, mais semblait toujours aussi furieux. Il se contenta d'observer son ami un instant avant de s'éloigner à grand pas.

Charlie ne fit aucun geste pur l'empêcher de s'en aller mais sursauta quand Swann claqua la porte.

- Ça va ? demandai-je au bout d'un moment.

Il passa une main sur la figure en poussant un profond soupir pour se libérer de sa tension. Je me mis à sa place : cela n'avait pas du être facile pour lui de remettre son meilleur ami à sa place. Timidement, je lui pris la main.

- Je ne pensais pas que se serait si dur, dit-il dans un murmure.

- Merci.

Il eut un sourire et m'attira contre lui, enfouissant son nez dans me chevelure et me caressant le dos avec une telle lenteur que j'en eus des frissons.

- Charlie ?

- Mmh ?

Je pris une profonde inspiration, et me lançai, le cœur battant :

- Je t'aime.

oOo oOo oOo

Je passai une semaine épouvantable, entre une météo exécrable, des séances de Quidditch éreintantes, et une montagne de devoirs à faire, qui me forçait à veiller tard. Mais je n'étais pas la seule à être déphasée : le professeur Morrow semblait avoir lui aussi quelques problèmes de temps.

Après deux mois et demi de cours passés avec lui, et malgré ses bizarreries, les élèves avaient fini par apprécier le professeur Morrow. Il nous apprenait plein de choses très intéressantes, et était toujours disponible pour nous.

Le seul petit souci était qu'il arrivait en retard fréquemment et semblait toujours sortir de nulle part. Par un matin pluvieux où je regrettai de ne pas pouvoir poursuivre ma nuit, je sortis mes affaires tout en baillant en m'en décrocher la mâchoire. Tonks regard sa montre et eut un seul commentaire :

- En retard. Ça change de d'habitude !

Buchanan, assis devant moi, se retourna et fit passer un parchemin à Rose.

- Pour le Petit Poudlard, expliqua-t-il.

Je le regardai, suspicieuse.

- C'est encore un pamphlet contre le Quidditch ?

Il vrilla son regard dans le mien, un mince sourire sur ses lèvres.

- Désolée, McBee, mais il n'y a pas que le Quidditch dans la vie, se moqua-t-il avant de retourner, le professeur Morrow venant d'entrer dans la salle de classe.

- Bonjour tout le monde, lança-t-il d'un ton joyeux.

La classe le regarda, bouche bée : il portait une longue robe de sorcier noire, arborait une large collerette blanche autour du cou, une barbe brune bien fournie et une odeur corporelle qui indiquait qu'il ne s'était pas lavé depuis plusieurs jours.

Il agita sa baguette magique et son nom s'inscrivit sur le tableau.

- Je suis Tom Morrow, votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Cette année, nous étudierions ensemble quelques créatures fantastiques dont la classification est reconnue extrêmement dangereuse par le Ministère, tel que le Sphinx, l'Acromentule ou les Licornes.

Nous nous regardâmes tous en nous demandant si notre professeur n'était pas devenu fou.

- Nous verrons ensuite quelques sortilèges de défenses avancés ainsi que des sortilèges de premiers soins. Mais tout d'abord, je vais faire l'appel pour vous connaître un peu...

Tonks leva aussitôt la main.

- Oui, miss... ?

- Tonks. Professeur, nous nous sommes vus la semaine dernière ! Nous sommes supposés étudier les Trolls...

Morrow fronça les sourcils.

- Bien sûr que non, je ne vous ai jamais ... – il s'interrompit. Quel jour sommes-nous ?

- Le 12 novembre.

Il regarda sa montre et marmonna pour lui-même « elle était pourtant bien réglée ! ».

- Tenez, monsieur, dis-je en lui tendant le petit carnet bleu qu'il me faisait tenir depuis le début de l'année.

Il prit le journal tout en me dévisageant, passant de mes cheveux ébouriffés à mon écharpe se balançant mollement sur mon épaule.

- Merci, miss McBee, dit-il.

Il tourna les pages du carnet, marmonnant pour lui même.

- Il ne s'agit donc pas de notre premier cours en commun ?

- Non, répondit la classe en chœur.

- Ah.

Il se rendit compte soudain de l'existence de son étrange collerette et de sa barbe, et se débarrassa de l'un et de l'autre d'un coup de baguette magique.

- Les Trolls, hein ? dit-il gaiement. Très bien, ouvrez vos livres à la page 184, s'il vous plait. Alors, Miss McBee, que pouvez-vous nous dire des trolls ?

- Euh... Ce sont des géants très stupides et très agressifs ?

- Parfait. Cinq points pour Poufsouffles !

Puis il se tourna vers le tableau et inscrivit l'étymologie du mot Troll. Tandis que je prenais des notes, Tonks se pencha vers moi et me chuchota à l'oreille :

- Et si les Nullos avaient raison ? et si c'était vraiment un Retourneur de Temps ?

Le pire était que je commençais à le croire aussi...

oOo oOo oOo

A la fin de la journée, je regagnai la Grande Salle à moitié affamée.

- Polly ?

William Swann se tenait près des portes, droit et le visage dur.

- Oui ?

- Il faut qu'on parle, tu as deux minutes ?

Je jetai mon regard dans la Grande Salle, d'où l'odeur du poulet rôti s'échappait, mais l'air déterminé de Swann me fit hocher la tête.

- Bien sûr.

Swann fit un mouvement de la tête pour me désigner un renfoncement dans le mur un peu plus loin et je le suivis, curieuse de savoir ce qu'il me voulait. Il inspira profondément, évitant mon regard et tripotant nerveusement sa baguette magique.

- Écoute, dit-il d'une voix mal maitrisée, ce n'est pas facile pour moi de venir te parler, après ce qu'il s'est passé la dernière fois.

Il fit une nouvelle pause avant de marmonner :

- Je ne voulais pas te blesser. Ni toi, ni Charlie. Alors voilà : pardon.

Stupéfaite, j'ouvris de grands yeux étonnés. Je restai un long moment sans rien dire.

- Merci, finis-je par dire. J'ai conscience que ce ne doit pas être simple de me dire ça...

- Non, c'est vrai, admit Will, les épaules crispées. Écoute Polly, je... Je suis un imbécile. Voilà. Mais je ne pensais pas à mal. Avec l'affaire Chewbacca et tout ça. C'est juste que... Charlie est mon meilleur ami, tu comprends ?

- Je te comprends, et je te pardonne. Même pour Chewbacca.

- Merci. Tu sais, j'ai proposé Chewbacca pour toi parce que je voudrais jouer Han Solo, du coup on aurait fait un duo rigolo.

Il enfonça les mains au fond de ses poches, et racla le sol du bout de chaussures, toujours sans oser me regarder.

- Tu ne me demandes pas pourquoi je suis odieux avec toi ? finit-il par bougonner, les oreilles rouges.

- Pas la peine, je le sais déjà : tu es fou d'amour pour Charlie Weasley !

Il leva les yeux sur moi, surpris et comprit que je le taquinais. Il me donna une petite tape sur l'épaule.

- Banane, rétorqua-t-il, l'œil brillant.

- Trêve de plaisanterie, pourquoi ?

Il passa une main dans sa chevelure, mal à l'aise.

- Charlie est mon meilleur ami depuis la 1ère année. On se dit tout et je lui fais totalement confiance. Oh, bien sur, il est déjà sorti avec quelques filles, mais ce n'était pas sérieux... Mais avec toi, c'est différent. Ce n'est pas que je suis jaloux de toi, c'est juste que j'ai l'impression devoir un peu perdu mon meilleur ami.

Je hochai doucement la tête.

- Je suis désolée.

- Désolée de quoi ? s'étonna-t-il, perplexe. Pourquoi t'excuserais-tu ? Je comprends pas.

- Je ne veux pas me mettre entre vous deux, c'est tout. Et je respecte énormément votre amitié.

- Ouais, enfin, c'est pas une raison pour t'excuser… Enfin je pense pas.

Un peu gêné – la conversation n'allait pas tourner en pardon larmoyant, non ? -, Will se racla la gorge, ne sachant pas quoi dire ou quoi faire.

- Ça te dit de venir déjeuner avec nous ? lui proposai-je. Il y aura les Nullos. Et puis, on pourra parler Quidditch si tu veux.

Il sembla hésiter un court instant, avant de dire oui.

- On peut parler de Quidditch, mais pas du prochain match. Ça me rend malade d'angoisse...

- J'ai lu dans Balai Magazine, que le Nimbus 2000 allait sortir au cours de l'été prochaine, commençai-je alors d'un ton léger...

- Je rêve d'en posséder un, me confia-t-il.

Ooo oOo oOo

Le jour du match opposant les Gryffondors aux Serpentards, le déluge sembla s'abattre sur Poudlard.

Je boutonnai mon manteau jusqu'au menton, enfonçai mon bonnet jusqu'aux sourcils et rabattis ma capuche par dessus, donnai des tours d'écharpes supplémentaires autour de mon cou et enfilai une paire de gants.

- Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas venir ? demandai-je pour la deuxième fois à mes amis, calant sous mon bras un parapluie.

Rose fit mine de ne pas m'avoir entendue, les Nullos secouèrent la tête et Tonks laissa échapper un petit rire.

- Avec cette tempête ? Non merci ! Mais envoie mes amitiés à Weasley !

Seul Bonaparte le courageux avait accepté de venir – bien que je savais qu'il regrettait la chaleur du feu et les bras de sa Rose.

- Tu ne me feras pas changer d'avis, rétorqua-t-il quand je le sommai de rester dans la Salle Commune. Je viens avec toi.

Dehors, le vent soufflait si fort que le parapluie ne servit strictement à rien. La tête baissée pour éviter la pluie, nous suivîmes la procession d'élèves se diriger vers le stade.

- J'ai oublié mes mouchoirs, maugréai-je en m'essuyant le nez avec ma manche. Pourvu qu'ils attrapent rapidement le Vif d'Or !

- Avec cette pluie ? Je leur souhaite bien du courage !

A mon grand étonnement, nous trouvâmes Leslie Middlefart assise à la tribune des lions, un peu plus bas. Elle nous sourit et agita son propre parapluie dans notre direction, assommant un élève au passage.

Il y eut du mouvement sur le terrain, et les Gryffondors, habillés de rouge et les Serpentards de vert entrèrent dans le stade. Lee Jordan, qui s'occupait des commentaires, présenta les équipes, mais nous n'entendîmes rien du tout.

Je vis Charlie et Holt se rapprocher, pour sans doute se serrer la main.

Madame Bibine porta son sifflet à sa bouche et le match commença.

Je plaignis sincèrement les joueurs : les deux équipes luttaient contre le vent et la pluie. Les tribunes scandaient des encouragements.

- Ils en sont à combien ? hurla à un moment Bony à mes oreilles pour dominer le vacarme de la tempête.

- Vingt partout, répondis-je sur le même ton avant d'éternuer.

Serpentard réussit néanmoins à mettre deux autres buts, déclenchant les cris de joies dans la tribune vert et argent.

- Le match est en faveur des Serpents, qui totalisent un score de 50 à 30 ! cria Lee Jordan. Et... oh ! Il semble que Charlie Weasley a vu le Vif d'or ! Vas-y, fonce !

Les Gryffondors se levèrent d'un bond pour suivre la course folle des deux attrapeurs. Je serrai mon poing contre ma bouche, en proie à la panique.

Charlie tendit le bras et...

- Gryffondor remporte le match 180 à 50 ! hurla Jordan, fou de joie.

Je sautillai sur place, prenant dans mes bras Bonaparte tout en criant.

- ILS ONT GAGNÉ ! ILS ONT GAGNÉ !

Les supporters des lions envahirent le stade pour accueillir leurs joueurs victorieux alors que les Serpentards hurlaient à l'injustice, demandant à rejouer le match dans des conditions météorologiques meilleures, ce que Mme Bibine refusa tout net.

Je réussis à me faufiler jusqu'aux joueurs de Gryffondor, les pieds embourbés dans la gadoue. Je vis Charlie tourner sa tête dans tous les sens, le Vif d'Or se débattant encore dans son main. Quand enfin il m'aperçut, un large sourire se dessina sur son visage. Comme il m'était impossible de l'approcher de plus près à cause de la foule, je tendis mon poing au dessus de la mêlée. Il fit de même et le cogna contre le mien.

Glacée et trempée jusqu'aux os, je racontai le match aux Nullos et aux filles, me réchauffant les orteils près du feu.

- 180 à 50, hein ? dit Tonks, songeuse. On a nos chances, si on bat Serdaigle d'au moins 70 points...

Je hochai la tête, avant d'éternuer. Compatissante, Rose fit apparaître un mouchoir et me le tendit.

- On a notre arme secrète, affirmai-je fièrement. On a Leslie ! ATCHOUM !

La fin du week-end ne fut cependant pas aussi euphorique. Je m'attaquai au reste de mes devoirs, et une méchante migraine s'infiltra dans ma tête, accompagnée d'un rhume coriace. Bientôt, les mouchoirs usagés m'entourèrent au même rythme que mes brouillons.

- Polly, va te coucher, me sermonna Rose, le dimanche soir. Tu as une tête affreuse !

- Beux pas... Je dois fidir le devoir de Borrow, dis-je entre deux reniflements.

Elle regarda par dessus mon épaule et observa mon dessin pitoyable de l'anatomie d'un Troll.

- C'est un dessin ! me défendis-je.

- Va au lit, soupira-t-elle. Tu viens d'écrire que les Trolls étaient de grands amateurs de viande de chatons et qu'ils adoraient la compagnie des humains !

- Oui, bon, ça ba, grommelai-je en raturant ma phrase.

Je ne fus pas au meilleur de ma forme le lendemain. Ma gorge me brûlait, mon nez ne remplissait plus sa fonction première et j'avais des cernes sous les yeux.

Même Charlie refusa de m'embrasser quand j'allai lui dire bonjour.

- Tu ne veux pas aller à l'infirmerie plutôt ? s'inquiéta-t-il.

- Bais qu'est ce que vous avez dous à bouloir b'envoyer là-bas ? Je vais drès bien !

Il plissa les yeux et pencha la tête :

- Tu ne veux pas prendre de pimentine, c'est ça ?

- Je de vois pas de quoi du barle, soupira-je en me mouchant.

Il secoua la tête, prit son sac et se leva :

- Allez viens, Miss Anti-Pimentine, je t'emmène voir Pomfresh, et par la force s'il le faut.

Je rouspétai, mais le suivit docilement, un peu fatiguée.

Pomfresh se récria contre les élèves peu soucieux de leur santé, tout en me palpant la gorge et prenant ma température. A côté de moi, Charlie hocha la tête et je me sentis comme une enfant se faisant gronder par ses parents

- Vous avez attrapé une belle angine, miss McBee, diagnostiqua Pomfresh. Une potion et un peu de repos vous feront du bien.

Je protestai mollement, arguant que j'avais plusieurs devoirs à rendre.

- Je m'en charge, se proposa Charlie en s'emparant de mon sac.

Vaincue, j'avalai la potion que me tendit l'infirmière et enfilai un pyjama propre derrière le paravent. Puis, Charlie m'aida à m'allonger et me borda tendrement. Pomfresh prit soin de regarder ailleurs.

- Je vais juste ferber les yeux cinq bidutes, le prévins-je, la bouche pâteuse.

- Mais oui, dit Charlie en m'embrassant le bout du nez.

Il me caressa doucement les cheveux, et je me sentis partir...

... Pour ne me réveiller que le lendemain après-midi.


JDR? RP? MJ? Vous vous sentez aussi perdue que moi lorsque j'ai commencé à écrire ce chapitre?

LE JDR - ou Jeu De Rôle - est un jeu de société où les participants décrivent les actions de leurs personnages imaginaires, le fameux RP (Rôle Playing). Le scénario est raconté par le MJ - Maître du Jeu - qui décide du cheminement de l'histoire.

En gros, hein, je ne vais pas rentrer dans les détails.

Je dois vous avouer que AppleCherry Pie (bénis soit toutes les Tartopom du Monde) m'a énormément aidé pour la partie du JDR (du début à la fin en fait). Que ferais-je sans toi, je me le demande vraiment!

Un immense merci aux reviewers du dernier chapitre! En particulier à HG (merci pour toutes tes reviews!) et alea (tu m'as fait super rire avec Ten! En plus, ce n'est pas du tout lui que je pensais quand j'ai écris le personnage, mais à Ichabod Crane de la série Sleepy Hollow!), pour qui je ne peux pas répondre par MP. Merci!

Le deuxième numéro du Petit Poudlard sera mis en ligne le 17 juin: si vous voulez y contribuer, n'hésitez pas à m'envoyer vos hiboux! Je le accepterais avec grand plaisir!

A très bientôt mes petits Poufsouffles! Je vous donne rendez-vous le 20 mai pour le chapitre 11!

A plus!

Votre Citrouille