Bon, je ne vais pas mentir, j'ai écrit beaucoup de chapitres en peu de temps donc je voulais les laissez reposer pour être sûre d'aimer ce que j'avais fait :D


Tetsuya vit de loin les tentes colorées et le mouvement des nomades entre elles, puis il observa ses poignets cerclés d'or et ses habits trop longs. Il n'appartenait plus à leur monde, c'était une douloureuse certitude qu'il allait devoir accepter. Et pourtant, il n'y parvenait pas. Il avait été élevé par eux, avait vécu avec eux, s'était battu pour eux. Toute son âme voulait hurler son appartenance à ce peuple.

Mais le destin l'en avait écarté et il allait devoir s'y habituer.

Son regard se porta sur Akashi qui chevauchait devant lui tout en parlant avec Aomine. C'étaient les deux seuls qu'il accompagnait, et tous trois étaient bien sûr protégés par une dizaine de gardes royaux. Mais le bleuté savait que sa famille n'attaquerait pas. Enfin, il l'espérait, parce qu'ils avaient tout à y perdre et notamment la vie.

Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, Akashi Seijuro avait décidé de rendre visite à Seirin. Et il avait voulu être accompagné par Tetsuya et Aomine, sachant que le deuxième s'intéressait à la tribu et que le premier serait sûrement heureux d'y retourner, même pour quelques jours. Ce n'était pas une expédition punitive comme l'avait craint l'esclave après l'incident de la nourriture empoisonnée.

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« Vous allez voir Seirin ? »

L'Empereur pu entendre la crainte dans la voix du bleuté, et il se demanda à quel point Tetsuya avait peur au moindre geste qu'il ne tue un de ses camarades. Alors qu'il n'en avait aucunement l'intention maintenant qu'il avait vu qu'il lui obéissait.

« Nous allons. Tu m'accompagneras avec Aomine. Nous n'y resterons pas longtemps, trois ou quatre jours. Il faut que je discute avec la chef. »

Et je pense que ça te fera du bien, ajouta-t-il mentalement.

« Comment suis-je censé me comporter avec eux ? »

Un sourcil rouge se releva alors qu'Akashi regardait son esclave avec un soupçon d'étonnement.

« Comment voudrais-tu te comporter avec eux ?

- Ce que je veux dire, c'est est-ce que je dois vivre comme l'un des leurs pendant ce séjour ou continuer d'être votre premier esclave ? »

L'Empereur comprit l'ambiguïté de la situation de Tetsuya. Devait-il rester à ses côtés comme il le faisait au palais ou au contraire se comporter comme l'un de ses hôtes dans sa demeure ? Akashi hésita un peu, se demandant lequel il préfèrerait.

« Tu feras comme si tu étais l'émissaire.

- L'émissaire ?

- C'est celui qui parle au nom d'un peuple, qui le représente. Il en est généralement originaire, et il entretient de bonnes relations avec lui. Tu es déjà en quelques sortes l'émissaire de Seirin, alors agis comme si tu voulais que je m'y intègre. »

Le visage inexpressif du bleuté fut facile à lire pour son maître. Stupéfaction. Suspicion. Et peut-être un peu d'espoir. Après tout, on ne détruit pas quelque chose dans laquelle on place du temps et de la volonté, ce serait contreproductif, ce que n'est pas Akashi.

Mais Tetsuya avait également un peu honte. Il ne représentait en rien son peuple, enchaîné et étant la cause de la mort de son frère. Il y avait un risque qu'il soit accueilli en traître en plus, vu qu'il les avait liés à l'Empereur. Non, vraiment, ce voyage ne s'annonçait pas agréable pour lui.

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De sous sa capuche, le bleuté pu voir les plus respectés de sa tribu se mettre en ligne devant eux, Aida-san en tête. Lorsque les chevaux royaux s'arrêtèrent, ils s'inclinèrent respectueusement et elle leur souhaita la bienvenue. Akashi répondit par une formule banale, puis il se tourna vers la forme bleue et invisible qui tentait de se cacher derrière la tête de son cheval. Tout le monde suivit son regard, et Tetsuya comprit qu'il n'avait pas le choix.

Il descendit de sa monture, sachant qu'une étreinte était le meilleur moyen de fraterniser entre tribu. Mais lorsqu'il releva sa capuche, Seirin pu enfin voir qui accompagnait l'Empereur, en plus du guerrier bleu de la fois précédente, et Kuroko ne put faire plus de quelques pas. Des silhouettes floues sortirent de derrières les premières tentes et coururent dans sa direction. Des dizaines d'enfants et d'adolescents se jetèrent sur lui, l'entraînant dans une pile joyeusement désordonnée.

« Kuroko-sensei ! criaient-ils en chœur.

- On est trop content de te revoir !

- Tu nous as manqué !

- Hyuga-sensei est horrible !

- Est-ce que tu reviens pour de bon cette fois ?

- Je t'ai fait un dessin !

- J'ai fait une broderie !

- J'ai fini par réussir le dernier exercice que tu m'as donné alors j'ai eu ma promotion !

- Je suis devenu un adulte !

- Je veux enseigner comme toi plus tard ! »

Une avalanche de phrases aussi compréhensibles les unes que les autres lui dévalait dans les oreilles alors qu'il essayait de respirer et d'étreindre tout le monde en même temps. Et il riait doucement, et essayait de ne pas pleurer. Au moins, ses anciens élèves continuaient de l'apprécier.

« Ça suffit ! Comportez-vous correctement. Je vous ai demandé de rester au centre jusqu'à ce que je vous appelle. Et je ne l'ai pas fait. »

Ils se relevèrent tous et s'en allèrent mais l'un des plus âgés voulu protester. Il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'Aida-san le rabroua :

« Tu es peut-être adulte mais apparemment pas mature, Takao-kun. Va surveiller les autres si tu veux te rendre utile. »

Le jeune homme baissa un peu la tête avant de suivre les derniers résistants. Il ne restait plus que la chef et l'esclave. Il aurait voulu lancer une remarque sarcastique, mais il ignorait quels étaient ses sentiments à son égard, alors il préféra ne pas mettre de l'huile sur le feu. Il se contenta de la regarder dans les yeux, attendant son jugement.

Elle finit par s'approcher de lui, et il craignit jusqu'à la dernière seconde qu'elle le rejette. Mais elle avança sa main vers la sienne, jusqu'à ce que leurs doigts se lient et qu'il n'appose le nœud de leurs mains sur son cœur, comme un réflexe dont il ne comprenait pleinement le sens que maintenant. Ils hochèrent doucement la tête sans rompre le contact visuel. Puis il parla le premier, n'y tenant plus :

« C'est un honneur d'être là.

- Bienvenu chez toi, Kuroko-kun. »