Je sais d'avance que vous aimerez ce chapitre. Parce que je vous connais, bande de macaques à frange, je vous connais...bonne lecture!
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Hermione passa les deux jours suivants dans un état de fébrilité mal masqué, sans que Malefoy entre en contact avec elle. Frustrée, la jeune femme se tenait allongée sur son lit, ignorant le matelas inconfortable sous elle, yeux rivés vers le sommier du lit superposé par-dessus le sien, d'où lui parvenaient les légers ronflements de Luna. Ginny, dans l'autre lit, marmonnait de temps à autre dans son sommeil, comme elle le faisait souvent.
Un bruit attira soudainement son attention. Ce n'était pas fort, mais on eut dit que quelqu'un grattait contre du fer discrètement- elle parcourut la pièce sombre du regard, profitant de la faible lueur provenant du couloir par-delà les barreaux pour chercher des yeux le rat de Luna. Il y avait fort à parier que la bête tentait de s'échapper de la pièce- peut-être pouvaient-ils dresser Rufus pour manger les barreaux afin qu'ils puissent s'échapper plutôt que de s'empoisonner?
Le bruit s'arrêta et elle vit Rufus trottiner le long du mur, certainement pour rejoindre la petite boîte en carton où Luna lui avait installé un lit en coton. Rassurée, et tentant d'empêcher ses pensées de divaguer encore vers Malefoy et leur plan, la jeune femme ferma les yeux, tentant de trouver le sommeil.
Cependant, elle les ouvrit un instant plus tard, tous les sens aux aguets. Son instinct lui indiquait que quelque chose n'allait pas.
Doucement, la prisonnière fit mine de bouger dans son sommeil, tâtant sous son maigre oreiller pour trouver un objet dont Neville lui avait fait cadeau lors de son arrivée, au cas où. C'était un simple morceau de fer blanc, mais taillé en pointe, non sans ressembler au faux couteau que Malefoy lui avait fourni dans les douches. Ses doigts s'enroulèrent autour.
L'instant d'après, quelqu'un était sur elle, la plaquant contre le matelas en lui saisissant les poignets. Hermione se débattit silencieusement, mais son agresseur lui serra les os jusqu'à ce qu'elle se voie obligée de lâcher son arme improvisée.
L'instant d'après, une voix à la fois glaciale et amusée murmurait à son oreille, lui faisant cesser tout geste,
-Il faudra repasser plus tôt pour parvenir à me faire du mal, Granger.
Hermione laissa échapper un soupir audible de soulagement, et elle mit un point d'honneur à ignorer son ricanement. Il se tenait toujours sur elle, la maintenant, et elle répondit dans un chuchotis,
-Malefoy, tu fais chier.
Elle sentit le rire silencieux qui le parcourut- la situation le divertissait grandement, de toute évidence. Elle tenta à nouveau d'arracher ses mains à son emprise, mais il ne bougea pas d'un pouce et elle y renonça avec un nouveau soupir- de toute manière, c'était lui qui déciderait de quand il la lâcherait.
-Zabini est venu me voir il y a deux jours, murmura-t-elle. Qu'est-ce qu'il t'a pris autant de temps?
Elle put sentir son amusement.
-Je t'ai manqué, princesse?
-Non. Mais-
-Menteuse. Tu es une petite menteuse, Granger- je crois qu'en tant qu'équipiers, pourtant, on devrait s'efforcer de toujours se dire la vérité, n'est-ce pas?
Elle étouffa un rire ironique.
-C'est l'hôpital qui se fout de la charité, là!
-Oh, je suis sans doute la personne la plus adaptable au monde, princesse, mais prends bien note de ceci- je ne t'ai jamais menti. Alors, le moins que je puisse attendre de ta part est ton honnêteté en retour, non?
-Es-tu ici pour discuter de mensonge, ou pour parler du plan, Malefoy?
Il se pencha légèrement sur elle, et elle put deviner la manière dont ses lèvres remuaient dans la pénombre pour lui répondre.
-N'ai-je pas le droit de rendre à mon adversaire préférée une visite sociale, Granger?
-Malefoy!
Il ricana de nouveau, puis d'un geste leste, il était assis sur le matelas, face à elle. Hermione se redressa sur ses coudes pour le regarder, voyant son corps athlétique se découper contre la noirceur.
-Et d'abord, comment as-tu fait pour entrer?
Le sourire éclatant qu'il lui lança lui coupa momentanément le souffle, et la jeune femme tenta, mal à l'aise, de se rappeler ses résolutions. Il semblait que si sa tête lui hurlait de se maintenir à l'écart de lui, son corps en revanche le trouvait tout à fait à son goût. Difficile d'en être autrement lorsqu'il demeurait le plus bel homme qu'elle ait jamais vu...et de toute manière, ce n'était pas réciproque, elle le savait, puisque Malefoy ne voulait pas d'elle- ses suggestions osées n'étant qu'une menace pour la maintenir assagie.
-Par l'aération, indiqua-t-il en levant un doigt au plafond.
Hermione leva les yeux. Les bouches d'aération des cellules de la prison n'avaient rien à voir avec les minuscules trous de l'isolation. Elles étaient grandes- apparemment assez pour laisser passer Malefoy, quoique avec quelque difficulté- et barrées de fer, situées dans le plafond. Les grilles n'étaient maintenues que par de simples vis.
-Et si on-
-Non, Granger, l'interrompit-il avec amusement. On ne peut pas s'évader par là. Le système de tunnels d'aération est interne à la prison, et débouche sur la cour de promenade. Il y a des années que j'ai écartée cette idée.
Elle se tut et le dévisagea, tentant de deviner ses beaux traits.
-As-tu ce que je t'ai demandé?
-Princesse, si tu veux un junkie, faut demander à quelqu'un d'autre...
-Malefoy!
-Aucun sens de l'humour, se désola-t-il en fouillant dans sa poche avant de lui lancer quelque chose.
Hermione s'en saisit avec avidité. Il y avait un petit pot rempli d'une substance dorée, et un sachet en plastique rempli de graines. La jeune femme les fit aussitôt disparaître à l'intérieur de sa taie d'oreiller. Malefoy claqua la langue.
-Trouve-leur une autre cachette, Granger, conseilla-t-il. Là, c'est carrément grillé.
Il se leva d'un bond élégant et s'étira. Hermione tenta- sans succès- d'arracher le regard à son corps longiligne, et un nouveau ricanement lui parvint.
-Tu mates, Granger, l'informa-t-il avec insolence. Si c'est moi que tu veux, il suffit de me le demander. Poliment. Respectueusement. En te prosternant-
-Malefoy!
-Aucun sens de l'humour, se parodia-t-il à nouveau.
Il s'approcha d'elle si vivement qu'elle n'eut pas le temps de bouger et se pencha vers elle, déposant un baiser à la commissure de ses lèvres qui la désarma totalement.
-Fais de beaux rêves, Granger, se moqua-t-il. Et protège mon investissement.
Sur ces mots, et avant qu'elle ne puisse lui répondre, il prit son élan et sauta vers le plafond, s'agrippant du bout des doigts à la bouche d'aération ouverte où il se hissa sans effort. Disparaissant dans le trou, il fit glisser la grille en place et la revissa avec un nouveau bruit à peine audible de frottement métallique- elle se demanda s'il avait réellement un tournevis planqué quelque part- c'était probable. Puis, tout redevint silencieux.
Hermione se rallongea sur le lit, portant ses doigts à l'endroit où il l'avait embrassée sans y songer. La voix mélodieuse de Ginny la fit sursauter.
-Fais attention à lui, Hermione, murmura sa cadette.
-Que...quoi?
-Tu as entendu ce que je viens de dire, affirma Ginny. Ce que tu fais ne me regarde pas, mais-
-Il était là pour le plan, Ginny. De quoi tu parles?
-Fais juste attention à lui, répéta la rousse. Et à toi. Malefoy est sexy au diable, Hermione- mais ce n'est pas un type bien.
La belle rousse se retourna sur elle-même, prête à se rendormir. Hermione ouvrit la bouche pour lui répondre, mais se ravisa. Comment se faisait-il qu'en deux jours, deux personnes se soient aperçus qu'elle ne portait pas au blond une haine éternelle?
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...je savais que vous aimeriez ce chapitre! Allez, une review, sinon je vous fais arrêter et emprisonner à Poudlard avec Drago et Co. Ah non, attendez, il se pourrait que vous aimiez cette idée. Alors review, sinon c'est deux mois à l'isolement avec le brigadier McLaggen, compris?
Bises et à bientôt
DIL.
