Bonjour à tous ! Me revoilà pour un 10e chapitre. Avant de commencer, juste un petit message à l'adresse d'une revieweuse anonyme :
Lolita : Je ne vois absolument pas pourquoi je supprimerais ta reviews, c'est l'une des plus détaillées et constructives que j'ai jamais reçues, toutes fics confondues, et les reviews négatives ne me dérangent absolument pas, surtout quand elles sont aussi bien détaillées et expliquées que la tienne. J'aimerais pouvoir te faire une longue réponse pour essayer de m'expliquer sur les principaux points que tu me reproches (même s'il n'y a pas grand chose à expliquer, tu as parfaitement raison sur tous les points...). Si jamais tu repasses par là, est-ce que tu voudras bien m'envoyer un message perso avec un compte identifié pour que je puisse te répondre ? Promis je ne mords pas !
Sur ce... ENJOY !
Avant même d'avoir ouvert les yeux, Sirius eut l'impression que son crâne explosait dans tous les sens. Il tenta de se retourner dans son lit mais ne parvint qu'à réveiller de douloureuses courbatures en travers de son dos. Qu'est-ce qui s'était passé ? Il se souvenait à peine s'être couché… Il ouvrit difficilement les yeux, luttant contre le mal au crâne qui le dévorait. Il était bien dans son lit à baldaquins, enfoui sous ses couvertures. Refermant les yeux, il tenta de se remémorer la soirée de la veille. Pourquoi avait-il autant mal au dos ? Il se cala plus confortablement contre ses oreillers, allongé à plat ventre pour avoir le moins mal possible et réfléchit. James et lui avaient passé la soirée à boire, il en était certain. Miranda et Aelita leur avaient même conseillé d'arrêter. Mais il ne s'était pas blessé pendant le bal… Un flash lui revint. Il était tombé en arrière dans les escaliers. Oui, c'était ça. Donc il s'était fait mal à la fin de la soirée, en remontant dans leur dortoir. Est-ce qu'il était tellement bourré qu'il était tombé tout seul ? C'était possible, mais quelque chose lui soufflait que ce n'était pas ça. Il y avait d'autres élèves avec lui, il en était persuadé. Des Gryffondors et des Serdaigle qui repartaient vers leur salle commune. Et des Serpentards. Rogue et Lestrange. Un flash lui revint subitement. Leurs sortilèges. L'expelliarmus, le levicorpus… La foule d'élèves autour d'eux. Reprenant progressivement conscience des événements de la veille, il replongea un peu plus profondément sous sa couette. Si seulement il pouvait y passer le restant de ses jours… Mais il devrait bien se lever un jour, redescendre dans la salle commune et ré-affronter les regards des autres Gryffondors qui avaient assisté à la scène. Il était fatigué, il avait mal à la tête et son dos lui faisait tellement mal qu'il voyait difficilement comment il pourrait se lever. Oui, il faudra qu'il sorte de son lit un jour. Mais pas tout de suite, pensa-t-il avant de se rendormir.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Un rayon de lumière traversa ses paupières fermées. Il entrouvrit les yeux et constata que quelqu'un avait ouvert les rideaux de son lit. Fronçant les sourcils, il essaya de s'habituer à la luminosité et reconnut James, assis sur le bord de son lit. James lui tendit une fiole contenant une potion verte.
- Tiens. Potion contre la gueule de bois.
Sirius l'attrapa d'une main tremblante et la but à petites gorgées. Il sentit rapidement la migraine qui le dévorait disparaître petit à petit et ses idées devenir un peu plus claires.
- Merci, souffla-t-il.
- De rien. C'est la moindre des choses que je puisse faire pour me faire pardonner.
- Te faire pardonner de quoi ? demanda-t-il en tentant de rassembler ses souvenirs.
- De ne pas être intervenu. Je… Je sais pas quoi te dire. J'espérais que tu récupérerais ta baguette, que tu renverserais la situation et… J'étais trop bourré pour réaliser que ce n'était pas possible. Je suis désolé. Sincèrement.
Sirius hocha la tête de droite à gauche.
- Oublie ça. Tu avais autant bu que moi et tu n'avais plus la moitié de tes réflexes. Si tu avais fait quoi que ce soit, ils t'auraient désarmé tout aussi facilement.
- Ça n'excuse rien…
- James… Laisse tomber, s'il te plait. On avait trop bu, tous les deux, aucun de nous ne pouvait rivaliser face à eux.
Se remémorant progressivement ce qu'il s'était passé la veille, il rajouta :
- Tu voudras que j'écrive un parchemin attestant que tu n'y pouvais rien, pour Remus ?
James esquissa un sourire.
- Il lui faudra au moins ça… Je crois que même McGonagall ne m'avait jamais passé un tel savon…
- McGonagall ne t'a jamais engueulé tout en te secouant de toutes ses forces… fit remarquer Sirius.
- C'est vrai. Heureusement que tu lui as dit d'arrêter de me secouer, il n'allait pas tarder à me faire vomir…
Sirius esquissa un sourire.
- Ça aurait conclu la soirée en beauté… Bon… Je suppose que je dois me lever un jour ?
- Je peux t'amener à manger si tu veux encore te reposer, proposa James. Mais ce n'est pas tous les jours qu'on a la salle commune juste pour nous quatre.
- Comment ça, juste pour nous quatre ?
- C'est les vacances, tu te souviens ? Le Poudlard Express a ramené la quasi-totalité de l'école à Londres ce matin. On est les seuls de Gryffondor à être restés…
Le regard de Sirius s'illumina. Finalement, il aurait quand même droit à un certain délai avant de devoir affronter à nouveau les regards de tous les élèves qui avaient assisté à la scène. Enthousiasmé par l'idée d'avoir au moins la paix pendant les deux prochaines semaines, il se redressa et descendit dans la salle commune avec James.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
En entendant frapper au carreau de la salle commune, Remus sourit :
- James, tu n'as jamais pensé à faire installer un passage qu'Athéna pourrait franchir toute seule, comme les chatières pour les chats ? Elle en aurait bien besoin ces derniers temps…
James esquissa un sourire et se leva pour faire entrer sa chouette. Il était vrai que, depuis quelques semaines, celle-ci enchaînait les allers-retours. Il était même arrivé une ou deux fois que James emprunte un hibou de l'école car il ne voulait pas attendre qu'Athéna se repose.
- Tu vas te décider à nous dire, à qui tu écris aussi souvent ? demanda Peter.
- Non. Crois-moi, Queudver, ce n'est rien qui t'intéresse…
- Je ne pensais pas que Lily te manquerait tellement que tu te sentes obligé de lui écrire trois fois par jour, nota Remus avec un sourire en coin.
- Je préférerais largement correspondre avec Lily… grommela James. Bref…
Il récupéra la lettre d'Athéna qui s'envola aussitôt pour la volière avant que James ne la renvoie. Il parcourut la lettre du regard et soupira d'exaspération.
- Ce type est un pur crétin congénital…
- Qui ça ? demanda Sirius.
James ne répondit pas, déjà plongé dans l'écriture de sa réponse.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Sirius aurait voulu que ces deux semaines de vacances, pendant lesquelles ils avaient été quasiment seuls dans le château, durent éternellement. Mais, bien trop vite à son goût, les élèves étaient revenus. Sirius constata rapidement que, non seulement les spectateurs de son humiliation par les Serpentards ne l'avaient pas oubliée, mais qu'en plus l'histoire semblait s'être répandue comme une traînée de poudre. Ce fût donc d'une humeur massacrante qu'il reprit les cours le lundi matin, traînant les pieds pour se rendre dans la grande salle en même temps que les trois autres maraudeurs. Ils se laissèrent tomber sur un banc de la table des Gryffondors et Sirius attrapa machinalement le pichet de café, dont il servit un bol à James avant de s'en remplir un deuxième. Il était forcé de constater que son altercation avec les Serpentards avait achevé le peu de confiance en lui qu'il lui restait. Si, avant cette soirée, il commençait à se convaincre qu'il pourrait leur tenir tête en cas de problème, cette idée lui était définitivement sortie de la tête. James avait beau lui assurer que seul le fait d'avoir trop bu l'avait empêché de rivaliser avec eux, il n'en demeurait pas moins déterminé à ne plus se retrouver dans une telle situation. Même s'il s'en voulait d'être incapable de remercier James de quelque façon que ce soit, il devait reconnaître que sa protection avait quelque chose de rassurant, d'apaisant. Une ou deux fois, lorsque James faisait taire d'une remarque bien placée les commentaires qu'ils recevaient, il ressentait exactement la même sensation que lorsqu'il l'avait enveloppé dans sa cape pour le faire sortir de la chambre de Rogue, des mois auparavant. La nuée de hiboux qui déferla dans la Grande Salle le tira de ses pensées.
- Ça fait un moment que tu n'as plus renvoyé Athéna, nota Peter.
- Oui, j'ai fini par régler cette affaire, répondit simplement James, le nez dans son bol de café.
Quelques minutes plus tard, un brouhaha indescriptible envahit la Grande Salle, tout le monde se déplaçant avec la Gazette du Sorcier pour montrer un article à leurs amis ou commentant quelque chose, le journal posé sur la table.
- Il y a eu une nouvelle attaque de mangemorts ? s'inquiéta Remus.
- Je ne pense pas, répondit Sirius. Quand c'est le cas, il y a toujours plein de hiboux des familles qui rassurent les élèves, là il n'y en avait pas plus que d'habitude…
Il leva la tête vers Maria, qui venait de les rejoindre. Elle tendit son exemplaire de la Gazette à James en disant simplement :
- Je suppose que tu préféreras l'apprendre par toi-même.
James s'empara du journal, ouvert sur la rubrique "Toujours purs". Il posa l'article sur la table et les quatre maraudeurs se penchèrent dessus.
La famille Potter ruinée par une ancienne dette
Depuis toujours, le nom des Potter est connu dans le monde sorcier pour posséder l'une des plus grandes fortunes sorcières de Grande-Bretagne. Nous vous apprenions il y a près d'un an que, suite au décès accidentel de ses parents, James Potter, 17 ans et encore scolarisé à Poudlard, était devenu l'unique détenteur de cette fortune. Il semblerait que la malchance continue de s'acharner sur le jeune héritier des Potter. Ce dernier aurait, il y a quelques mois de cela, été contacté par Orion Black au sujet d'une dette entre leurs deux familles.
Cette dette, d'un montant de 12 millions de gallions, aurait été contractée par les Potter envers les Black il y a de ça 77 ans. A l'époque, Phineas Nigellus, ancien directeur de Poudlard et arrière-grand-père d'Orion Black, aurait prêté cette somme à Octavius Potter pour l'aider à sortir d'une situation très délicate causée par la troisième révolte des gobelins, en 1890. Dix ans plus tard, ce fut Octavius qui vint au secours de Phineas, lorsque celui-ci fut violemment agressé par une bande de nés-moldus, désireuse de voler une partie de sa fortune, à la sortie du Chaudron Baveur. En remerciement, Phineas décida de considérer que la dette que lui devait encore Octavius était pleinement réglée.
L'histoire aurait pu se terminer ici sans l'intervention, il y a quelques mois, d'Orion Black. Celui-ci se serait en effet penché de près sur cette affaire et il en serait ressorti qu'aucune annulation de la dette n'aurait été dûment signée à l'époque par Phineas, en présence de trois gobelins compétents, comme l'exigeait la procédure à ce moment là. Par conséquent, malgré l'accord entre Phineas et Octavius, cette dette restait toujours due par la famille Potter envers les Black et, il y a un mois de cela, Orion aurait décidé d'y remédier en faisant envoyer à James Potter la demande de paiement immédiat de la totalité des 12 millions de gallions. Il semblerait que James Potter, dans un premier temps, n'ait pas eu les moyens de s'acquitter de la totalité de cette somme, puisqu'il aurait passé les deux dernières semaines à essayer de négocier avec Orion par hibou, lui demandant de le rencontrer prochainement pour en discuter. Orion, connu pour être intransigeant en affaires, aurait toujours refusé d'accéder à la demande de James qui a, il y a trois jours de cela, fini par céder et envoyer à son interlocuteur l'ordre de paiement de cette somme, qui sera débitée du compte de James dès que Orion aura fait constater son authenticité par les gobelins de Gringotts. Même si nous n'avons, pour l'instant, aucune indication concernant le véritable état de la fortune des Potter suite au paiement de cette somme, l'insistance de James pour rencontrer Orion en face à face nous laisse penser que celle-ci est désormais considérablement amoindrie et que le jeune héritier va devoir s'attendre à vivre des périodes difficiles, au moins jusqu'à ce qu'il puisse trouver un emploi après sa sortie de Poudlard.
Sirius fut le premier à réagir. Relevant la tête vers James, il souffla entre ses dents :
- Tu n'aurais pas pu me dire que cette dette était envers mon père ? J'aurais pu m'en assurer, j'aurais pu vérifier qu'elle était authentique, je…
- Tu aurais pu vérifier autant que tu l'aurais voulu, ça n'aurait rien changé, répondit James. Orion savait que je ne laisserai rien passer, si vraiment cette dette avait effectivement été acquittée dans le passé, j'aurais pu me retourner contre lui. On le connait suffisamment bien tous les deux pour savoir qu'il n'aurait pas pris ce risque.
Sirius acquiesça avant de vouloir dire autre chose, mais la sonnerie annonçant le début des cours l'interrompit. Avec la lecture de l'article, ils n'avaient pas vu l'heure passer.
- On ferait mieux de pas être en retard, déclara James avant de rendre son journal à Maria.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
James n'avait plus prononcé un mot pendant le cours de métamorphose. Concentré sur l'entraînement consacré au changement de forme du nez, il semblait décidé à ne pas reparler de l'article publié dans la Gazette le matin même. Mais Sirius ne pouvait s'empêcher de repenser à ce que James lui avait dit. Pourquoi lui avait-il assuré que payer cette dette ne lui poserait pas de problèmes si, comme l'a dit la Gazette, il ne lui restait plus grand-chose ? Pourquoi ne pas lui avoir dit la vérité ? Il en avait bien une idée… James avait déboursé plus de 3 millions de gallions pour lui. Rajouté au fait que c'était cette vente qui avait dû inciter Orion à chercher des ennuis à James, il comprenait que le Gryffondor n'ait pas voulu lui en parler. Mais à nouveau, il se trouvait dans l'incapacité totale de l'aider. Il aurait remué ciel et terre pour pouvoir venir en aide à James mais il devait reconnaître qu'il ne pouvait absolument rien faire. Il se rapprocha de lui et demanda :
- James… Ça va ?
- Oui, ne t'inquiète pas. De toute façon, cette histoire est finie et réglée, désormais…
- Selon l'article, les problèmes ne font que commencer…
James ricana légèrement.
- Oui, selon l'article. Un article qu'ils n'auraient jamais pu écrire si Orion ne leur avait pas raconté cette histoire. Ne t'inquiète pas, Sirius. Ils n'ont que sa version des faits.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
La sonnerie empêcha James de répondre. McGonagall leur demanda de s'entraîner encore avant le prochain cours et les laissa partir en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Ils sortirent de la salle et, quasiment aussitôt, James et Sirius sentirent que la plupart des élèves présents dans les couloirs murmuraient sur leur passage. James soupira d'un ton exaspéré :
- Je crois qu'au final, c'est toutes les rumeurs qui vont naître de l'article qui vont rapidement me gonfler…
- Ils viennent de dire c'est tout juste si tu pourras survivre quand on sera sortis de Poudlard, évidemment qu'il va y avoir des rumeurs…
- Quelle bande de crétins…
Ils arrivèrent devant la salle du professeur Jinkons et constatèrent que toutes les tables et les chaises avaient été poussées contre les murs, libérant ainsi un large espace au milieu de la salle. Lorsqu'ils furent tous entrés, le professeur déclara :
- Bonjour à tous ! Durant la première partie de l'année, nous avons étudié la plupart des sortilèges d'attaque et de défense, nous en avons jeté contre des mannequins pour nous exercer, mais sans jamais les confronter à nos réflexes. La deuxième partie de l'année va donc être consacrée aux duels à proprement parler. Je vais vous mettre par binômes et vous vous exercerez à combattre. Les murs et le sol sont ensorcelés pour amortir les chocs si un sort vous propulse en arrière. Donc, les binômes ! annonça-t-elle en sortant une liste.
Sirius fut placé en binôme avec James. Ce dernier parut soulagé en l'entendant. Il n'avait probablement pas la tête à devoir discuter et affronter quelqu'un d'autre. James demanda à Sirius :
- Ça va aller ?
- J'espère…
- N'aie pas peur de me faire mal. Jinkons l'a dit, on ne risque rien. Alors n'hésite pas à m'attaquer.
- Je… Je vais essayer.
Il s'était plusieurs fois entraîné à nouveau contre Remus et Peter dans la cabane hurlante, mais il n'avait plus affronté James depuis le début de l'année. Lors de leur dernier duel, il avait été obnubilé par le fait que James soit son maître et que Rogue lui avait mis dans la tête qu'il ne devait pas l'attaquer. Aujourd'hui, il ne ressentait plus autant le fait qu'il devait obéir au doigt et à l'œil à James. Mais ça n'empêchait pas qu'il ne s'imaginait pas l'attaquer. James avait tout donné pour lui, il le protégeait, le défendait des remarques amères des autres élèves. Et il n'était plus rien sans lui. L'altercation avec les Serpentards le soir du bal avait achevé de le convaincre. Il se sentait désormais incapable de se retrouver seul sans lui. James parut sentir son hésitation.
- Sirius… C'est un entraînement, OK ? Si c'est ce qui te pose problème, ne te dis pas que tu vas m'attaquer, dis-toi que tu vas m'aider à apprendre à me défendre. Ça te convient mieux, comme ça ?
James avait misé juste. Il comptait devenir auror à sa sortie de l'école et il ne l'aiderait pas à le devenir en se contentant de faire apparaître des boucliers de protection. Il ne pouvait pas grand-chose aux problèmes financiers de James… Mais il pouvait l'aider à s'améliorer en sortilèges de duel.
- OK, sourit-il.
Ils se placèrent face à face en même temps que les autres élèves et, lorsque Jinkons les autorisa à commencer, Sirius cria :
- Expelliarmus !
James réussit à parer le sort avant de crier :
- Everte Statim !
- Protego !
Le bouclier renvoya le sort de James sur lui et il fut propulsé contre l'un des murs de la salle.
- Ça va ? demanda Sirius d'un ton inquiet.
- Oui oui. Ça amortit complètement les chocs. Bien joué !
Rassuré par le sourire de James, il recommença à l'attaquer, d'abord progressivement, puis plus rapidement au fur et à mesure qu'il parait les sortilèges. Si le visage de James était marqué par la concentration, Sirius sentait qu'il était soulagé de pouvoir s'entraîner au maximum. Sirius cria :
- Rictusempra !
James effectua un mouvement de baguette et aussitôt, le rayon rouge revint vers Sirius et le frappa de plein fouet, le projetant en arrière. Fermant les yeux, il attendit le choc avec la surface dure et froide du plancher de la salle mais, au lieu de ça, il s'enfonça doucement dans le sol qui lui semblait avoir pris la consistance d'un matelas épais. Lorsqu'il rouvrit les yeux, James était devant lui, lui tendant une main pour l'aider à se relever.
- Tu ne t'es pas fait mal ?
- Non, ça va…
James allait se remettre en place face à lui quand Jinkons annonça :
- Ce sera tout pour aujourd'hui, bravo à tous ! Et n'oubliez pas qu'il est interdit d'affronter d'autres élèves en dehors des salles de cours !
Ils sortirent de la salle et Peter souffla :
- Encore un cours de potions avant d'aller manger… J'ai déjà faim, moi !
- Moi aussi, grommela James. J'espère que ça passera vite.
Ils arrivèrent dans les cachots au moment où des 4e année sortaient de la salle de Slughorn. James aperçut Jim et Kevin, ses deux batteurs, en grande conversation avec deux des élèves de Serpentard avec qui ils partageaient le cours de potions. Il les dévisagea quelques secondes et, lorsqu'ils s'aperçurent qu'ils étaient observés, ils s'éloignèrent rapidement.
- Qu'est-ce qu'ils faisaient ensemble, à ton avis ?
- Rien de bien méchant… Jim avait laissé entendre qu'Avery était son cousin, et les deux de Serpentard sont les fils des deux meilleurs partenaires en affaires d'Avery Père. Ils ont dû se rencontrer dans une soirée pendant les vacances, c'est tout, répondit Sirius.
- Comment tu sais tout ça, toi ? s'étonna Peter.
- Avant chaque réception, mon père me faisait apprendre par cœur les noms et relations des personnes qui seraient présentes. Il faut croire que certaines choses ont fini par rentrer…
La porte du cachot s'ouvrit et la voix de Slughorn les interrompit :
- Vous êtes déjà tous là ? Allez, entrez vite, ne perdons pas de temps ! Je vais à nouveau refaire les binômes pour vous entraîner à travailler en toutes circonstances !
Sirius fut soulagé d'entendre Slughorn le mettre avec Peter. James fut placé avec Maria et Remus avec une fille de Serpentard. Lily fut placée avec Rogue et Sirius sentit qu'elle hésitait clairement à partir immédiatement du cours. Elle finit par le rejoindre à sa table en lui faisant comprendre d'un regard assassin qu'elle ne voudrait pas discuter avec lui. Slughorn écrivit la recette de la potion au tableau et le cours commença dans un silence quasiment total. Le fait d'avoir changé de binôme dissuadait la plupart d'entre eux de bavarder, ne discutant que pour convenir de la préparation de la prochaine étape. Sirius coupait et préparait les ingrédients pendant que Peter s'occupait de les ajouter à la potion et de la mélanger. Si James et Sirius étaient bien meilleurs que lui en sortilèges, ils devaient reconnaître que Peter avait toujours été excellent en potions et botanique. Soudain, un bourdonnement incessant envahit les oreilles de Sirius et, en voyant le reste de la classe se frotter les oreilles ou bâiller pour essayer de les déboucher, il conclut qu'il n'était pas le seul. Il connaissait très bien ce bourdonnement. Rogue avait inventé l'assurdiato, un sortilège empêchant les autres d'entendre une conversation. Il l'avait très régulièrement utilisé contre lui l'été précédent et, ce que Rogue ignorait, c'est que Sirius avait appris à lutter contre. Reposant son couteau, il ferma les yeux et tenta de se concentrer sur les voix de Lily et Rogue, juste derrière lui. Au bout de quelques secondes, il distingua faiblement, puis de plus en plus nettement, la voix de Lily à travers le bourdonnement :
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis que je ne veux plus t'entendre ? On n'a absolument plus rien à se dire, un point c'est tout ! Et arrête ce sortilège !
- Je l'arrêterai quand tu m'auras écouté ! Pourquoi tu ne veux plus me parler ? Tu préfères écouter les conneries que Potter peut sortir pour te faire la cour ?
- James a changé depuis l'été dernier, il n'est plus le même qu'avant. Et j'ai cru comprendre que tu y étais largement pour quelque chose. Tu as torturé et violé Sirius pendant un mois, tu l'as laissé mourir de faim et ton vœu le plus cher était de faire subir exactement la même chose à James, alors ne viens pas me dire que tu n'es pas un futur mangemort déjà pourri au possible par les idées de ce taré !
- J'essaye juste de te protéger. Tu sais aussi bien que moi quel sort attend les nés-moldus une fois sortis de Poudlard. Je pourrais te protéger, je pourrais le convaincre de ne pas te toucher.
- Et les autres ? Tu te fiches complètement de ce qui peut arriver à des centaines de nés-moldus tant que moi il ne m'arrive rien ? Tu penses sincèrement que je pourrais ne serait-ce qu'envisager l'idée d'accepter une telle situation ? Si tu veux me protéger, combats-le, aide l'Ordre du Phénix à le détruire.
- Tu penses franchement que Potter pourra te protéger mieux que moi ? Il ne vivra même pas assez longtemps pour sortir de Poudlard et rejoindre l'Ordre !
- Qu'est-ce que tu dis ?
Sirius pensa que le bourdonnement avait repris le dessus, mais un léger coup d'œil dernier lui lui fit comprendre que Rogue était soudainement devenu silencieux. Il avait la très étrange impression qu'il venait de dire quelque chose qui n'aurait jamais dû être entendu. Et Lily avait apparemment le même sentiment.
- Tu es en train de me dire que quelqu'un, à Poudlard, prévois de tuer James avant la fin de l'année ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit prudemment Rogue, pesant chacun de ses mots. Ce type est un crétin arrogant et bien trop sûr de lui. Et personne n'est à l'abri d'un accident, c'est tout.
- Si tu es tellement persuadé qu'il n'y a effectivement aucun complot, tu ne verras pas d'inconvénients à ce que j'en parle à McGonagall pour que les profs gardent un œil sur James, dans ce cas ?
Rogue hésita plusieurs secondes avant de répondre :
- Fais ce que tu veux. Ce crétin n'a besoin de l'aide de personne pour se tuer. Finite.
Le bourdonnement disparut, dissuadant visiblement Lily de répondre.
- Ça va Sirius ? demanda Peter.
Il réalisa qu'il était resté planté devant ses racines à moitié coupées depuis le début de la conversation.
- Oui oui. J'avais la tête ailleurs.
Ils continuèrent la potion en silence et, lorsque la cloche sonna, Sirius partit ranger les quelques instruments qu'il avait emprunté dans le placard. Il passa devant Lily et croisa son regard. Un regard qui devint de plus en plus vague et flou pendant quelques secondes avant que la jeune fille ne paraisse reprendre conscience. Sirius aperçut Rogue ranger sa baguette dans sa poche et comprit. Il venait de lui jeter dans le dos un sortilège d'amnésie, empêchant Lily de mettre sa menace à exécution et d'aller parler à McGonagall.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
Toute l'équipe se réunit autour de James.
- Bon, premier entraînement de l'année. On met les bouchées doubles, le match contre Serpentard est dans un peu plus d'un mois, je veux qu'on soit au taquet ! Ils ne seront pas aussi faciles à battre que Poufsouffle… Jim, Kevin, vous pensez être capables de tenir quatre cognards sans envoyer un autre joueur à l'infirmerie ?
- Je te conseille de passer à autre chose, Potter, si tu ne veux pas toi-même finir à l'infirmerie ! lança Kevin d'un ton amer. C'était il y a plus d'un mois, tu ne voudrais pas nous lâcher la grappe à un moment ?
- Je vous lâcherai quand vous m'aurez prouvé que vous n'êtes pas un danger pour l'équipe ! rugit James. Et je te déconseille très fortement de me menacer. Je lâche quatre cognards, oui ou non ?
- Oui, tu peux tant qu'il fait jour, on te l'a dit cent fois ! grommela Jim.
James ne répondit rien et descendit près des boites de balles. Sirius devait reconnaître que, depuis l'accident du mois dernier, James enchaînait les remarques désagréables envers les deux batteurs. Si, la plupart du temps, ceux-ci ne répondaient rien pour ne pas envenimer les choses comme la fois précédente, il se doutait qu'ils n'en pensaient pas moins. James laissa partir quatre cognards, un souaffle et un vif d'or avant de remonter à leur niveau.
- OK, tout le monde à sa place !
L'entraînement se passa sans incident notable, Jim et Kevin tournant autour d'eux en permanence et renvoyant les cognards qui approchaient avec une force étonnante. Deux heures plus tard, James sourit :
- OK c'était bien. Allez, on rentre.
Ils partirent se changer dans les vestiaires, qui se vidèrent progressivement jusqu'à ce que James et Sirius restent seuls. James demanda :
- J'ai cru comprendre que tu voulais me parler ?
- Oui. Tu te souviens, lundi dernier, quand toute la classe de potions a été assourdie par un bourdonnement ?
- Oui… Tu sais ce que c'était ?
Sirius lui détailla rapidement le principe de l'assurdiato avant de lui raconter la conversation qu'il avait entendue et le sort d'amnésie que Rogue avait jeté à Lily. James l'écouta sans l'interrompre et, lorsqu'il eut fini, esquissa un sourire :
- Je te remercie de m'en avoir parlé, mais, peu importe ce que ce bâtard graisseux mijote, il ne pourra jamais le mettre à exécution. Comment veux-tu qu'il me tue en plein milieu du château ? Il y a des sorts de détection de magie noire dans chaque couloir, personne n'entre ou ne sort sans que Dumbledore ne désactive lui-même les protections… C'est tout simplement impossible.
- Je sais, soupira Sirius. C'est ce que je m'étais dit aussi. Mais fais quand même attention à toi, s'il te plait.
- C'est promis, sourit James.
Ils sortirent du vestiaire et remontèrent vers le château au moment où l'équipe de Quidditch de Serpentard descendait vers le terrain. Sirius se figea imperceptiblement. Il n'avait plus revu Lestrange depuis le soir du bal et ne s'en plaignait pas.
- Eh, Potter ! lança Lestrange.
James soupira ostensiblement avant de se tourner vers eux.
- Un problème, Lestrange ?
- J'ai cru comprendre que c'était toi qui allait avoir des problèmes, ces temps-ci… Mr Black m'avait dit qu'il comptait te soulager d'un certain montant de gallions, mais je ne pensais pas que c'était au point de te faucher complètement… Heureusement que la Gazette est là pour rétablir la vérité !
- La Gazette n'a rétabli aucune vérité. Tu ferais mieux d'apprendre à chercher plus loin que le bout de ton nez.
- Pourquoi tu ne veux pas admettre que tu n'as plus un gallion en poche ? Remarque, tu aurais moyen de te refaire très vite… Il te suffirait de vendre ce qui te sert d'esclave ! Je peux t'en proposer un bon prix !
- Pour la dernière fois, Lestrange, je ne vais avoir aucun problème. Maintenant, je te conseille d'aller entraîner ton équipe pour le prochain match. Vous risquez d'en avoir besoin.
James et Sirius s'éloignèrent rapidement, remontant vers le château.
- Tu comptais faire quelque chose, cet après-midi ? demanda James.
- Non, pourquoi ?
- Ça te dit qu'on continue à s'entraîner en duel ? Pendant le dernier cours de Jinkons, tu m'as surtout attaqué pendant que j'esquivais, ça te dit de bosser ta propre défense, maintenant ?
La proposition surprit Sirius mais il acquiesça avec un sourire.
- Ouais, pourquoi pas !
Ils rejoignirent Remus et Peter pour le déjeuner avant de redescendre dans la salle de classe vide où James s'entraînait généralement avec Lily. Ils placèrent les tables contre le mur d'un coup de baguette et James demanda :
- Prêt ?
Sirius leva sa baguette et attendit que James lance un sortilège.
- Everte Statim !
- Protego !
Le premier sort de James s'écrasa contre son bouclier, qui ne résista pas aux deux rayons suivants. Sirius esquiva un sortilège avant d'en faire apparaître un autre. Il continua à dévier et éviter les sortilèges avant d'en recevoir un qui le propulsa contre le mur derrière lui, le choc lui coupant le souffle. Il retomba par terre et essaya de reprendre sa respiration.
- Ça va ?
Il leva les yeux vers James, debout à coté de lui. Un flash lui revint en mémoire. Rogue était debout devant lui, le surplombant de toute sa hauteur après qu'il ait perdu le duel.
- Redresse-toi, mets-toi à genoux !
Il ne bougeait pas et, une seconde plus tard, une violente décharge le traversait. Il essaya de reculer mais James s'accroupit à coté de lui.
- Sirius ? Tu t'es fait mal ?
Il cligna plusieurs fois des yeux pour chasser de son esprit le souvenir de son duel contre Rogue. Il était avec James. James qui l'aidait, qui le protégeait, qui le défendait face à Rogue et Lestrange. James qui avait perdu une grande partie de sa fortune principalement à cause de lui. Il reprit lentement sa respiration avant de répondre :
- Non, ça va merci…
Il se redressa, s'asseyant contre le mur de la salle, et plongea la tête dans ses mains. James s'assit à coté de lui.
- Sirius… Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien ! répondit-il précipitamment.
- Tu ne me feras pas croire ça, murmura James. Tu t'effaces de plus en plus depuis quelques jours, on dirait que tu es incapable de faire un seul pas si je ne suis pas à coté de toi.
- C'est le cas. James… Je suis désolé. Je sais que tu voudrais que je sois comme avant mais j'y arrive pas. On a tous les deux vus ce que ça donnait si je me retrouvais seul, le soir du bal. Je te dois tout. Et je n'ai rien réussi à faire d'autre que te mettre encore plus dans la merde avec tout l'argent que tu as dépensé pour moi.
- Sirius… Je t'ai déjà dit que la Gazette a raconté des conneries. Je ne suis pas fauché, loin de là. Et même si je l'étais… Sirius, je préférerais mille fois être fauché et t'avoir avec moi plutôt que te voir encore appartenir à Rogue !
Sirius aurait pu jurer qu'en ce moment même, il aurait préféré appartenir à Rogue plutôt qu'attirer à James tous les ennuis qu'il avait eus ces derniers temps. James avait beau affirmer que tout allait bien, Sirius l'avait vu écrire des lettres à Orion plusieurs fois par jour pendant toute la durée des vacances. Si vraiment James n'avait eu aucun mal à payer cette dette, pourquoi aurait-il essayé de négocier au maximum ? Pourquoi s'obstinait-il à lui cacher sa véritable situation ? Pourquoi refusait-il de reconnaître que le fait de l'avoir racheté avait déclenché tous les ennuis qu'il avait aujourd'hui ?
Une petite (ou grande) reviews fait toujours plaisir ! :)
