Coucou, donc voilà le nouveau chapitre, qui j'espère, vous plaira et je ne me lasse pas de vous supplier (oui, vous avez bien lu, je suis vraiment désespérée...) de me laisser votre avis, si vous saviez comme ça me ferait plaisir de le savoir. Je m'arrache les cheveux devant mon ordi à chaque fois que je vois le nombre de visites par rapport au nombre de review reçue (vous allez avoir la mort de mes pauvres et innocents cheveux sur la conscience, je vous préviens!). Sinon, je remercie encore mes déesses de la gentillesse à qui je voue un culte pour leurs magnifiques reviews, j'ai nommé Earenya, ChupeeSweet (je te dédicace ce chapitre ma phii' :p) et Léa. Bon chapitre avec une petite phrase de Robert Desnos pour le titre,
Lu' ©
Journal d'une sorcière
Chapitre 9 : Les lois de nos désirs sont des dés sans loisir.
Le retour à la salle commune se fait silencieusement, ou du moins si l'on excepte les grognements mécontents des supporters dans l'âme de notre maison. Genre Bart et Sam qui débattent sur la nullité des joueurs rouges et or, et que si Potter n'avait pas été là ils auraient gagner, et si… Je tourne la tête vers Alexie qui me sourit, ce qui me redonne le moral. C'est vrai que même si la victoire des gryffondors m'a permis un des rares sourires qu'il me dédit (même si ils sont toujours soit moqueurs, soit victorieux, c'est toujours un sourire), mon ego en a quand même souffert, j'aurais voulu montré que je valais quelque chose et c'est donc la raison de ma tête d'enterrement (maintenant disparue grâce à Alex).
Une fois à la salle commune, les têtes déprimée des joueurs sont toujours là et Adrian n'est pas super jouasse. Nous nous asseyons dans des fauteuils (c'est là que je me rends compte qu'on est quand même un petit peu des mollusques, la première chose qu'on fait en entrant c'est se vautrer dans les fauteuils les plus près du feu. Il y a même une fois où des gens se sont battus pour être le plus près de la cheminée et l'un des combattant a perdu une dent à cause de son adversaire… Enfin c'est une autre histoire et revenons à la situation actuelle avant de se perdre dans les méandres de la bêtise des gens…) et Alexie tente de faire récupérer le sourire à Adrian.
« T'inquiète pas Adrian, c'est pas votre faute. Vous avez même pas eu le temps de démarrer, c'est de la faute de Diggory, t'as vu comme il était à la ramasse… Pff. »
Nous explosons tous de rire à l'évocation de Cédric, dont Alex a presque craché le nom (ce que, soit dit en passant, Alexie ne fait jamais, elle est toujours ultra gentille avec tout le monde, habituellement, mais je la comprends honnêtement…) et Adrian, suite à l'hilarité générale, retrouve le sourire.
« Non mais tu as raison, dit Adrian en se levant, je n'ai pas à être déprimé pour ça, de toute façon, je n'étais pas fait pour le Quidditch, j'étais né pour être danseuse étoile… »
Et sur ces mots, Adrian se lève pour esquisser quelque pas de danse classique. Je suis alors prise d'un de ces fous rires… J'imagine Adrian en tutu rose et c'est franchement grotesque ! Je suis suivie par les autres et la mauvaise humeur dégagée par le match est instantanément oubliée.
oOoOo
« Ah, je voulais vous dire, Oreste fait une fête pendant les vacances et il veut que je vienne – ne rigolez pas c'est une fête Quidditch à la base… je commence.
-Et il faut se déguiser genre… Euh… En vif d'or du coup, demande Gwen.
-Non, c'est avec les gens du Quidditch, sauf certains serpentards et les trop jeunes. Mais comme y'a pas beaucoup de filles, il m'a dit que vous pouviez venir alors… Qu'est ce que vous en pensez ?
-Ouais, ça pourrait être bien, dit pensivement Eden.
-Pourquoi pas, rajoute Alex.
-Moi c'est sûr que je ne pourrais pas. Chaque hiver mes parents nous emmènent deux semaines au ski à l'étranger. Et c'est le genre de truc que je ne peux pas annuler, dit Gwen.
-Ah merde ! Ma mère va sûrement m'inscrire à un de ces stages de vacances, grogne Eden. »
Nous pouffons à l'évocation du stage. La mère d'Eden veut la meilleure éducation pour sa fille unique, qu'elle soit prête aux épreuves de la vie comme elle dit, si bien que celle-ci a, chaque vacances, un stage d'apprentissage (des trucs super variés, genre de la cuisine au sauvetage magique et ça change à chaque vacances). Quand nous avons su ça il y a deux ans ont a tellement rit que j'ai eu des courbatures aux abdos et aux zygomatiques. Rien que d'imaginer Eden aux ongles manucurés et Eden la sadique en train de faire ces stages… Mais bon, Eden ne ferait rien pour contrarier sa mère car pour faire simple, elles ont le même sadisme sauf que celui de sa mère est beaucoup plus développé.
« Donc, tu sais pas si tu vas pouvoir venir, je résume.
-Mouais, grogne de nouveau la grande blonde, parce que c'est qu'une semaine, mais il suffit que ça tombe sur la mauvaise semaine et je ne peux pas venir.
-Moi à priori, il n'y a aucun problème, précise Alex. Oh oui, ça serait cool si genre, tu viens chez moi pendant la semaine de la fête. Ben, tu demandes à Oreste la date exacte et je m'arrange avec mes parents, okay ?
-Ouais, ça serait vraiment bien, dis-je en hochant la tête. »
Je souris et me laisse tomber sur mon lit. Les vacances promettent d'être bien : mes parents ont toujours apprécié les parents d'Alex et me laisseront aller chez elle sans aucun problème, quand aux parents d'Alex ils sont plutôt cool et acceptent pas mal de choses alors je ne pense pas qu'il y aura de problèmes pour la fête… Je me tourne vers Alex et ouvre la bouche…
« Allez les filles, on éteint la lumière, claironne Gwen.
-Roh Gwen, tu soules, il est à peine dix heures et c'est dimanche demain sale quichouille, je grogne.
-Je m'en fiche, dodo, me dit elle en souriant. »
Laissant tomber toute résistance, je me glisse sous la couette et cherche des yeux Alex pour lui faire un clin d'œil. Oui, les vacances promettent d'être vraiment bien.
Je suis secouée dans tous les sens, Merlin faites que ça s'arrête. J'entrouvre douloureusement les yeux. La lumière du jour m'aveugle et je pousse un long grognement.
« Alors ? On a du mal à se lever, me dit une voix gentiment moqueuse à l'oreille.
-Gwen, arrête de me secouer bon sang, je ne suis pas un prunier, je marmonne. »
Puis, reprenant doucement mes esprits, j'ouvre brusquement les yeux (qu'entre temps, en volonté de limace, j'avais refermé en rencontrant le soleil).
« Gwen ?! Tu t'es levée ?! Toute seule un dimanche matin, je m'exclame.
-ça valait le coup, t'aurais vu ta tête, s'esclaffe t'elle.
-C'est bon, dis-je d'une voix vexée.
-Oh… Désolé ma petite chérie si je t'ai blessée dans ton ego… Au moins je te prépare au choc psychologique que tu risques d'avoir quand tu seras devant ton miroir… Si je ne suis pas une merveilleuse amie ! Hé, crie t'elle. »
Zut ! Le coussin l'a raté et maintenant elle se fout encore plus de ma gueule. Je replonge la tête sous la couette et peste de nouveau contre Gwen, à travers le drap. Les rires de celles-ci ne font que redoubler.
« Pourquoi tu m'as réveillée aussi tôt ?! Kerloch, demain, tu vas mourir !! »
J'entends une voix étranglée par les rires, essayer de répondre. Je grogne à nouveau en entendant Gwen tomber par terre, signe de fou rire total de sa part… L'ingrate ! Et pourquoi diable, ce matin, m'a-t-elle réveillée ? Elle, reine des marmottes qui passe son temps à dormir… Ce dimanche 17 fev… Merde ! Comment j'ai pu oublié ça ?! Je soulève brusquement les couvertures et me dirige d'un pas vif vers la salle de bain. En passant devant l'épave hurlante, qui avant s'appelait Gwen, je m'arrête et lui jette un regard assassin.
« C'est bon… ça arrive à tout le monde d'oublier et puis… Je ne suis pas du matin ! Arrête de rire ! T'es censée être gentille avec moi aujourd'hui, dis-je d'une voix boudeuse. »
Gwen acquiesce silencieusement, le corps secoué de tremblement, les larmes aux yeux (NdA : nan, nan, elle n'est pas morte. Enfin pas au sens funèbre du terme, je précise étant donné que c'est vrai que ce n'est pas ultra clair… :P). Je sens le sourire poindre, mais tente de le contenir, histoire que Gwen ne le voie pas et finit le trajet qui me sépare de la salle de bain, soit quelque pas vite fait lorsque l'on a pas un boulet nommé Gwenaëlle à son pied.
« Pitiiiiiiié, excuse moi, implore Gwen (effet d'imploration gâché, dit au passage, par son grand sourire et la bouche crispée pour ne pas rire). »
Une fois que je réussis à accéder à la douche, je règle l'eau sur ce que mes amies qualifient de « glaciaaaaal ! » et sourit en entendant la voix de Gwen qui chante à tue tête Joyeux anniversaire. C'est vrai que mon anniversaire m'était complètement sortit de la tête avec tout… ça. Olivier, le Quidditch, encore Olivier… Oui, je n'y ai vraiment plus pensé. Je sors de la douche et…
« Aaaaaaaah ! Gwen qu'est ce que tu fous là sale malade ?!
-Serviette, demande t'elle avec un grand sourire.
-T'es vraiment siphonnée !!
-Non, gentille, rectifie t'elle, je me rattrape ! Mais tu vois, je t'ai réveillée parce que je voulais être la première à te le souhaiter… Le problème c'est que ça n'a pas eu l'effet escompté… Mais bon, t'aurais vu ta tête, t'aurais eu la même réaction, dit elle en souriant largement, prête à rire de nouveau. »
Je grogne et attrape la serviette en râlant un vague remerciement. Je retourne dans la chambre et attrape un jean quelconque (« il te fait de belles petites fesses, minaude Gwen. » Hum… Faut il lui faire confiance ?) et un pull rouge assez seyant. Je sèche une dernière fois mes cheveux à l'aide de la serviette pendant que Gwen trépigne à côté de moi.
« Alleeeeez ! Bouge !
-C'est mon anniversaire, j'ai tous les droits, dis je avec un air mutin. »
Gwen me tire la langue, m'attrape la main et m'entraîne dans les escaliers. Je lève les yeux au ciel et me laisse docilement faire. A peine ai-je pointé le bout de mon nez qu'un chant s'élève. Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Cléo, joyeux anniversaire. Je souris à mes amis qui tiennent une grande banderole enchantée (manifestement dessinée par Bart). Ils sont vraiment adorables. Je me précipite sur eux pour les remercier. Dans mon dos, j'entends Eden sermonner Gwen pour le temps qu'elle a mis. Sacré eux !
« T'a quand même sacrement vieilli, je crois même que t'a une petite ride, là, dit Sam en me scrutant, aïeuh !
-ça t'apprendra à dire des bêtises, dit Eden en me souriant malicieusement, bon anniv' ma belle.
-Merci, vous êtes trop mignons ! (NdA : En vrai français dans le texte, on part du principe que, à la base, tout est en anglais…)
-C'est moi qui lui ai appris, signale judicieusement Gwen.
-T'es vraiment bien habillée aujourd'hui, me fait remarquer Adrian en souriant.
-Je suis d'accord, ajoute Bart.
-Vous êtes vraiment gentils, je réponds, touchée des efforts qu'ils ont faits rien que pour moi, et ton dessin est vraiment superbe Bart !
-T'as vu, je te l'avais dis, dit Alex d'un ton triomphant, puis en se tournant vers moi, encore bon anniversaire. »
C'est dans cette ambiance de bonne humeur que nous descendons à la grande salle pour petit déjeuner. La première chose que je remarque en entrant est le nombre faible d'élèves présents (en même temps il est seulement huit heures vingt-six précisément et à cette heure là, un dimanche matin, les gens raisonnables dorment !). Parmi ces élèves, je remarque surtout le fort pourcentage émanent de la table des lions (à la notre c'est bien simple, il n'y a personnes, on voit les blaireaux – ouah le jeu de mot de malade, faudra que je la fasse à Sam !).
« Je pense qu'ils ont entraînement, me glisse Alexie suivant mon regard. »
Note numéro une : Être plus discrète dans mes coups d'œil désespéré vers la table des gryffondors. Note numéro deux : penser positif pour le jour de mon anniversaire, sous entendu, ne pas penser à un mot commençant par O et finissant par R (le mot oreiller est quand même autorisé).
Je tends la main pur prendre un pancake (les joies du week-end) et Sam arrête mon geste.
« Pour ton premier petit déjeuné en temps qu'officiellement vieille…
-Hé, je proteste !
-Femme d'âge mure, corrige t'il en me faisant un clin d'œil, un autre chant symbolique s'impose. »
Je lève les yeux au ciel et ils lèvent tous leurs verres avant de chanter, pour la deuxième fois en à peine un quart d'heure. Le mélange si spécial de leurs voix (sans compter Gwen qui, en plus, chante en français) me fait passer de la bouderie à l'hilarité la plus totale. Je jurerais même avoir vu Dumbledore secouer la tête en rythme (je l'avais bien dit qu'il était fou. Ah nan ? Ben maintenant c'est dit.). Après leur si beau chant d'anniversaire (si, si j'avais même les larmes aux yeux, de rire pas d'émotion, mais c'est quand même des larmes…) je les ai vivement applaudi.
En sortant de la grande salle, je parle tranquillement avec Alex, quand je sens quelque chose qui me perturbe. Les gens ont toujours un sixième sens, on sent toujours quand on est fixé… Et là, c'est exactement ça. Je sens un regard comme brûlant mon dos. Je touche discrètement Alex du bras, pour l'avertir que je ne l'écoute plus mais qu'elle ne s'arrête pas pour autant (on a des techniques au bout de cinq ans d'amitié…). Alexie hoche imperceptiblement la tête et continue sur sa lancée. Je tourne lentement la tête en direction du regard mais la détourne rapidement, toujours en essayant d'être discrète bien entendu.
Il me fixait d'un air… amusé ? Godness… J'ai sûrement un truc qui dépasse de mon pull ou… On voit ma culotte ? Zut, j'ai mis quelle culotte déjà ? Merlin… Pourquoi faut il toujours, que nos ennemis soient là quand on a une boulette de pain coincée dans son talon aiguille?! Ça doit être un karma universel… Ce à quoi la personne responsable de ce karma n'a pas pensé, c'est que si on tombe amoureuse dudit ennemi, ça devient carrément inhumain.
Alexie arrête son flot de paroles en m'entendant gémir de mon malheur. Elle me lance un regard interrogatif auquel je réponds par un léger mouvement des yeux en direction de mon dos. Alex regarde derrière moi et un sourire fleurit sur ses lèvres.
« J'ai quelque chose collé dans le dos, ou un autre truc dans le genre, je demande.
-Euh non… T'as rien pourquoi, demande Alex d'une voix étonnée. »
C'est encore pire que ce je pensais… Je continue le chemin en faisant une tête que seul le zombi moyen est capable de réussir et Alexie me regarde, ahurie et perdue. Nous arrivons à la salle commune et, perdue dans de obscures pensées, je me cogne à une personne non identifiée. Un peu sonnée, j'attrape distraitement la main tendue pour m'aider.
« Ça va, me demande Oreste avec son éternel sourire.
-Oui, oui. Et toi ? Je suis désolé, j'étais perdue dans mes pensées et… Dis-je avec un petit sourire d'excuse.
-C'est pas grave, m'assure t'il, en fait, bon anniversaire.
-Merci, dis-je en souriant, ah et je voulais te demander, tu la fais toujours ta fête ?
-Oui, répond t'il d'un ton perplexe, pourquoi j'aurais changé d'avis ?
-Ben, je ne sais pas moi, un imprévu est toujours possible. Enfin, là n'est pas la question ! Tu ne m'a pas dit quel jour et quelle heure c'était l'autre jour.
-Ah oui ! Excuse moi, alors c'est le vendredi de la première semaine, après, tu viens un peu à l'heure que tu veux… Je pense que les gens arriveront plutôt vers dix-neuf heure si il te faut une indication.
-Okay ! Ben normalement il n'y a aucun problème pour que je vienne. Et je peux venir avec Alex ?
-Oui, bien sûr, plus on est de fous, plus on rit, dit il avec un clin d'œil, bon, je vais manger, à plus alors.
-Bon app' ! »
Je rejoins les fauteuils où mes amis sont installés, le cœur léger. Même si Oreste m'a bien énervé ces derniers temps avec ses numéros de séducteur à deux noises, il reste mon premier copain et surtout, mon ami. Et ça m'avait mis un peu mal à l'aise de le remballer comme ça (même si la situation l'imposait, en quelques sortes…) et je suis contente de voir qu'il ne m'en porte pas préjudice et que les choses entre nous sont redevenues comme au début de l'année : simples.
Alexie me regarde approcher en souriant. Elle lève un pouce en ma direction, apparemment contente de me revoir d'humeur joyeuse. Je souris à nouveau. Je suis vraiment lunatique, mais ça a quand même des aspects positifs. Je m'assois dans le fauteuil voisin de celui d'Alexie, laisse mon regard se perdre au dehors, sur la neige qui tombe lentement. Aujourd'hui j'ai seize ans. Je souris de ma puérilité et descends de mon petit nuage, comme dit Eden quand elle me tire de mes pensées en rigolant, puis je me tourne vers Alex.
« Au fait, j'ai demandé à Oreste.
-De quoi, demande Alex détournant son regard de la tresse qu'elle faisait avec son écharpe, pour le poser sur moi, un air perplexe sur son joli visage (oui, je trouve ma meilleure amie très jolie, une beauté discrète que peu de gens voient, mais elle est jolie.). Qu'est ce qui te fait sourire ?
-Toi, dis-je en rigolant. J'ai demandé quand c'était la fête.
-Vous aussi vous allez à la fête d'Oreste, demande Bart sur ma gauche.
-Ouaip. Enfin, si les parents d'Alex sont d'accords… C'est vendredi soir, je signale à Alex, vers dix-neuf heures.
-Bien, dis Alex en se levant, je vais aller leur écrire maintenant, comme ça, ça sera fait.
-C'est cool que vous veniez, nous dit Adrian en souriant.
-Vous venez aussi, demande Sam à Eden et Gwen.
-Non, grognent t'elles à l'unisson. »
oOoOo
« Où est passée ma deuxième chaussette rose à rayures noir, crie la voix d'Eden depuis la salle de bain.
-Moi j'ai juste une chaussette noire à rayures roses Ed', désolé, pouffe Gwen en balançant un gros tas informe de vêtements dans sa valise.
-Très spirituel Kerloch, grogne Eden en passant la tête dans l'embrasure de la porte, les bras chargés de lotions et produits de beauté en tous genres.
-Tes vêtements vont être froissés, signale Alex en pointant la valise en bazar de Gwen. »
Gwen hausse les épaules. Je les regarde courir d'un bout à l'autre de la chambre en me limant les ongles d'un air nonchalant, à plat ventre sur mon lit. Alexie, en train de plier un joli chemisier (tiens, c'est bon à savoir, je pourrais peut être lui emprunter dans un futur proche…) est assise en tailleur au pied de mon lit. Elle lève des yeux agacés vers moi.
« Si ta valise est finie, tu ne veux pas être gentille et nous aider s'il te plaît ? C'est pas que c'est chiant de te voir glander, mais un petit peu quand même…
-Qui t'a dit que ma valise était finie ? Je ne l'ai même pas commencée.
-Quoi ? Je te signale que le Poudlard Express part dans une heure et demie et qu'on n'a toujours pas petit déjeuner, s'énerve Alexie.
-Mettre deux tee-shirts, trois pantalons et une culotte dans une valise, ça ne prend pas trois ans non plus, dis-je en m'étirant.
-T'emporte qu'une seule culotte, demande Gwen, incrédule, assise sur sa valise pour pouvoir la fermer. »
Je lève les yeux au ciel et me retourne pour me retrouver sur le dos. Je lève les jambes pour faire bouger le tissu du baldaquin au dessus de moi. Je n'aime pas faire mes valises, je n'aime pas bouger. Il y a des gens que les départs rendent joyeux, d'autres carrément énervé, d'autres simplement indifférents. Moi, ce n'est rien de tout ça, c'est juste que je n'aime pas. Et aussi bien seront mes vacances, cela signifie loin de Poudlard et donc loin d'Olivier. Je soupire et me laisse tomber au pied du lit, manquant d'écraser Alex, qui d'ailleurs me regarde d'un air furieux. Je reste un moment allongé sur le sol, en fixant le plafond, puis rassemble toute ma volonté et me lève en soupirant une nouvelle fois.
J'attrape distraitement un pull et le fourre machinalement dans ma valise après l'avoir plié, avec de grands guillemets. L'opération se répète ainsi plusieurs fois, en changeant simplement le mot pull par un peu tous les noms de vêtements, passionnant, vraiment ! Après plusieurs bâillements et plusieurs allers-retours entre mon armoire et ma valise, je me rends compte que j'ai enfin fini. Je m'étire une nouvelle fois et retourne m'allonger sur mon lit pour ressasser mes pensées péjoratives que ce départ m'inspire, super !
Alors que mes amies ont bientôt finies les leurs, je m'aperçois que j'ai oublié certaines choses dans ma valise, dont la robe que je voulais porter chez Oreste… Meerde ! Je me lève brusquement et cours vers mon armoire pour vider tous mes tiroirs pas terre. Mais c'est qu'elle est introuvable en plus ! Alexie me signale qu'il faudrait qu'on aille manger bientôt et je lui réponds d'un geste rapide de la tête en continuant de chercher frénétiquement dans mes tiroirs. C'est alors que même Gwen commence à s'énerver que je mets enfin la main sur cette fichue robe (franchement, qui aurait l'idée de la trouver derrière la cage abandonnée de l'ancien hibou de Gwen ?!) et m'empresse de la mettre dans ma valise.
Mes colocataires grognent tout le trajet que dure celui menant à la grande salle, sur mon incroyable capacité à être en retard. Ce à quoi je proteste vivement, leur rappelant que j'étais prête mais qu'un malheureux oubli m'a retardé et que c'est en partie à cause de la cage de Gwen. Celle-ci démentit à grands gestes et grandes paroles déclamant ma mauvaise organisation et mon sens du rangement « laissant à désirer ». C'est ainsi que nous rentrons dans la grande salle en boudant.
Aujourd'hui, jour de départ, nous avons le droit à un petit déjeuner français avec toutes les sortes de pains, de viennoiseries et de confitures qui le caractérise. Mais, étant donné notre léger retard sur le timing, nous avons seulement eu le temps de boire notre thé (euh… ça Dumbledore a eu la sagesse de laisser du thé anglais malgré la thématique du déjeuner. Ce que Gwen a fait la tête quand Alex a exprimé cette pensée à voix haute, j'en ris encore ! Quels susceptibles ces français !) et d'attraper au vol des petits pains avant de rejoindre en courant les calèches menant à la gare. Résultat, elles grognent encore plus qu'avant d'entrer dans la grande salle.
Nous débarquons donc en catastrophe dans le train (qui se met en marche trente secondes après que nous soyons dedans, si ce n'est pas de la maîtrise ça !) et j'ai le droit à trois regards furieux en ma direction.
« Oui bon… On l'a eu, c'est le principal, dis je en faisant un gros sourire pas du tout forcé. »
Elles ne me répondent pas et se mettent à chercher le compartiment des mecs. Je lève les yeux au ciel devant leur réaction excessive et les suit en soupirant. Comme ce matin j'ai énormément de chance, il se trouve qu'ils sont à l'exact opposé de l'endroit où nous sommes monter. C'est donc après avoir crapahuté dans tout le train en traînant nos grosses valises et en grognant, que nous arrivons exténués dans le compartiment de nos chers amis qui, en voyant nos têtes, ont la délicatesse d'exploser de rire. Eden se charge pour nous du regard noir.
« On a bien cru que vous aviez loupé le train, dit Adrian en essuyant une larme de rire au coin de son œil.
-Il s'en ai fallu de peu, grogne Alex en ma direction. »
Gwen se met alors à narrer notre histoire à la manière d'un incroyable périple. Je souris face à l'allure décidément trop théâtrale de mon amie et m'assois à côté de Bart. Mais je commence à m'énerver au bout de la dixième (et je n'exagère même pas !) accusation cachée contre le fait que « tout est de sa faute !! ». Je me lève alors brusquement et lance d'un air peu amène que je vais promener, prendre l'air et que comme ça ils pourront me pourrir à leur aise.
Je n'attends par leur réaction et referme d'un coup sec la porte du compartiment. Une fois dehors, j'inspire un grand coup pour tenter de me calmer et me met à marcher, pour me changer les idées. Je me dirige donc vers l'arrière du train (nous sommes très près de la locomotive, comme Adrian, Bart, Sam et accessoirement Gwen sont des gros morfales, ils aiment bien se mettre près de l'endroit où le chariot à friandises sort…). Suivant un cours de pensées plutôt logique, je me mets à débattre intérieurement sur ce que je vais m'acheter lors du passage dudit chariot.
Perdue dans mes pensées, je me rends compte que je suis bientôt arrivée au bout du train. J'allais faire demi-tour quand des voix attirent mon attention. Enfin plutôt un mot particulier (parce que, l'air de rien, je ne suis vraiment pas du genre à écouter les discutions des gens lorsque je n'y suis pas invitée… Mais il y a des exceptions à tout.), je m'approche donc discrètement du dernier compartiment et place mon oreille contre le mur à côté de la porte.
« … je me demande d'ailleurs si ce n'est pas pour cette raison que depuis, t'es super agressif, profère une voix masculine. Je ne sais pas si tu te rends compte mec, mais tu t'énerve super vite quand on en parle ou que tu… »
Le train fait un mouvement brusque, me faisant tanguer et ma figure se retrouve aplatit contre la vitre de l'autre côté du couloir. Je retiens à grande peine un gémissement de douleur et me fige. Merde, et si ils m'avaient entendu… Je retiens ma respiration, l'espace d'un instant, comme si le fait de ne pas respirer me rendait transparente. Puis, je soupire de soulagement en remarquant la porte du compartiment, toujours aussi immobile. Les éclats de voix se font toujours entendre, je me rapproche donc une nouvelle fois de la tapisserie.
« …d'un côté c'est normal, je te comprends, mais tu aurais au moins pu m'en parler, je suis ton meilleur pote non ?!
-Mais t'es complètement à côté de la plaque mon pauvre ! Ça n'a strictement rien à voir !! Quand est-ce que vous comprendrez que je n'en ai rien à faire ! C'est vraiment lourd, tu voudrais que je te parle tout le temps de…
-T'as vu, dès qu'on en parle tu t'énerves. Je te connais Olivier et tu le sais en plus, que j'ai raison.
-Tu me soules ! Tu peux me croire putain ! Oh et puis j'en ai marre de parler avec un troll borné comme toi, j'me casse !
-Olivier, putain…»
J'entends des pas vifs se rapprocher dangereusement de la porte. Merde ! Je fonce dans la porte entrouverte du compartiment vide et en l'occurrence voisin et m'y allonge en fermant les yeux. C'est bien connu que les gens qui n'ont pas bien dormi la nuit du départ, squattent les compartiments vides en queue du train, parfait. Je mets le masque de la neutralité et j'entends la porte du compartiment d'Olivier s'ouvrir brusquement. Les pas s'éloignent à grand bruit. J'attends que la deuxième série de pas (sûrement celle de son meilleur ami) s'éloigne à son tour, puis je me lève doucement et retourne à mon compartiment.
En arrivant dans notre compartiment, mes amis me sautent dessus, me demandent où j'étais passée, pourquoi j'ai mis autant de temps… Je souris en répondant que je me suis baladée dans le train, puis j'engage une conversation sur le Quidditch, histoire qu'ils pensent à autre chose et me laisse ensuite bercer par mon flot de questions qu'a occasionné la discussion surprise tout à l'heure.
Je me suis endormie et c'est le crissement des freins lorsque le train s'arrête une fois en gare, qui m'a réveillée. Je me frotte les yeux et Alex me regarde en rigolant. Je ne lui réponds pas et attrape ma valise, la tête encore embuée dans le sommeil. Je descends du train et mon regard tombe sur ma famille, je vais les embrasser, puis rejoins Alex et ses parents.
Monsieur et Madame Hudson sont de ces gens qui inspirent la sympathie. Lynn Hudson est une femme frêle au sourire lumineux et au visage serein encadré de longs cheveux bruns, Philip Hudson, lui, a donné à sa fille ses grands yeux marron chaleureux. Lynn me serre dans ses bras et M. Hudson se contente de me faire la bise en souriant. J'aime vraiment les parents d'Alex. Jayson, son petit frère de dix ans, m'offre un sourire resplendissant. Je me penche vers lui et lui plante un gros bisou sur la joue. Ensuite, nous partons tranquillement vers leur voiture. En chemin, Jay nous raconte sa journée à l'école et nous l'écoutons avec attention.
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Je regarde le plafond de la chambre d'Alex. Il me manque… ça fait presque une semaine et ça me manque de ne pas voir ses yeux, la courbe bien tracée de son menton, ses… Je secoue la tête pour me remettre les idées en place. Je ne dois pas penser à lui ! La voix d'Alex m'appelle depuis la salle de bain, de l'autre côté du couloir. Je me relève sur les coudes et signale que j'arrive.
Cette semaine avec Alex a vraiment été super et je me suis vraiment éclatée. On a fait les grosses folles du soir au matin, j'ai eu de grandes discussions sur le monde sorcier qui passionne M. Hudson, d'autres portant plutôt sur la mode moldue avec Lynn et nous avons participé aux jeux loufoques de Jay. Mais, malgré tous les bons moments que j'ai passé, il me manque affreusement. Je soupire et me lève pour rejoindre Alex.
Je la trouve face au miroir en pied de la salle de bain, une grimace étirant son visage. Elle est en sous-vêtements et des vêtements jonchent le sol. En m'entendant rentrer, elle se tourne vers moi et triture nerveusement ses cheveux, fraîchement séchés au sèche cheveux.
« C'est affreux, je ne sais pas quoi mettre, je ne sais pas comment me coiffer, se lamente-t-elle, je vais y aller à poil tu vas voir… Et coiffée à la sauvageonne, ça fera un style non ?!
-Arrête deux secondes… Tu trouveras t'inquiète. Tu sais ce qu'on va faire, tu vas commencer par un tri général, tu mets de côté ce que tu es sûre que tu ne vas pas mettre et moi pendant ce temps, je prends ma douche. Et après je t'aide, dis-je en souriant. »
Alexie acquiesce, presque à contre cœur et j'entre dans la douche. Une fois, ladite douche terminée, je sors en me frictionnant les cheveux. Alex a finit ses piles et tient entre ses doigts une robe d'une couleur rosée, qu'elle regarde d'un air dubitatif. Je m'approche doucement derrière elle et contemple à mon tour la robe.
« Elle est très bien, je remarque en la faisant sursauter, pourquoi tu ne mettrais pas celle là ?
-Mmmm… T'as raison… Mais je n'ai pas de chaussure à mettre avec, soupire t'elle.
-Si tu veux je te prête mes ballerines blanches, je pense qu'elles iront bien…
-Oh oui ! Ça serait trop bien ! Merci ma petite Cléo, dit-t-elle en m'embrassant. »
Nous continuons donc les préparatifs pour la fête, Alexie de meilleure humeur. Je prends ma robe bleue que ma mère m'a offerte à Noël. Je n'ai pas encore eu l'occasion de la mettre mais Gwen m'a fait remarquer quand je l'ai reçue qu'elles mettaient bien en valeur mes yeux… C'est une robe avec des tas de ficelles croisées dans le dos et je m'empêtre un peu dedans. Mais lorsque je réussis enfin à la mettre correctement, je suis flattée par le commentaire appréciateur d'Alexie.
Mais bon, elle n'a rien a m'envié par ce qu'elle est absolument magnifique. Sa robe met en valeur le rose de ses joues et la simplicité du vêtement lui va à merveille. Je lève les pouces en souriant dans sa direction. Nous passons ensuite à la coiffure et au maquillage et Lynn nous donne gentiment des conseils et accepte aussi de nous aider. Elle nous raconte en rigolant des anecdotes de ses jeunes années et des fêtes où elle est allée. Nous passons un bon moment et lorsque la préparation est finie, j'avoue être étonnée du travail qu'elle a réussi à faire.
A dix-neuf heures précises, M. Hudson nous conduit jusqu'à la maison d'Oreste en voiture et nous stressons. Nous n'allons pas souvent à des fêtes (habiter la quasi-totalité de l'année réduit la possibilité d'en faire aussi…) et puis nous ne connaissons pas grand monde non plus… Lorsque nous arrivons à destination, M. Hudson nous souhaite de bien nous amuser et nous descendons lentement de la voiture.
A peine nous descendons, que nous sommes assaillis par Sam et Bart. Ils sont tous les deux habillés simplement mais, n'ayant l'habitude de ne les voir qu'en uniformes de l'école, je les trouve très bien comme ça. Ils nous complimentent sur nos tenues et nous nous mettons en chemin pour le salon d'Oreste.
Une fois dans le salon, je balaye du regard les invités, la plupart assis sur les fauteuils ou les chaises qui jonchent le bord, dans la demi pénombre. J'aperçois Adrian près du buffet et lui fait un grand signe de la main avant de me diriger vers lui. Plus proche de lui, je remarque qu'il porte une chemise entrouverte qui lui va à merveille. Je rigole et m'approche gracieusement de lui.
« Ouah, comme tu es beau, dis-je en minaudant.
-Ben pas toi, dit-il en me tirant la langue.
-Mais arrête, je le pense vraiment, je réponds d'un ton offusqué, et on t'a déjà appris la délicatesse.
-Oui, mais si je te dis que tu es belle ce sera banal, puisque c'est ce que tout le monde, ou du moins toute personne censée, va dire, rétorque t'il. »
Je rigole et l'embrasse d'un bisou sonore, ce à quoi il proteste qu'il ne faut pas faire ça dans un lieu publique. Je lève les yeux au ciel en souriant et me retourne pour voir où est passée Alex. Je la remarque en train de parler avec Oreste et tire Adrian par la chemise pour qu'il me suive.
« Non, je ne veux pas t'accompagner dans une chambre vide, me taquine Adrian.
-On va voir Alexie sale cloche !
-…
-Adrian ?
-… »
Nous approchons et je fais la bise à Oreste. Celui-ci me complimente sur ma tenue et j'entends Adrian qui pouffe discrètement à côté de moi, avant de me glisser un « je te l'avais bien dit » à l'oreille. Ah tiens, il s'est réveillé celui là ?! Oreste s'excuse et rejoint ses amis. Je me tourne ensuite vers ma meilleure amie et… tente vainement de cacher mon fou rire. Adrian s'est penché pour lui faire la bise et il lui a les yeux qui menacent de tomber de leurs orbites. Il faut croire que la perte momentanée de paroles est un mécanisme permettant aux mecs de ne pas baver sur les filles. Mais apparemment, si le mécanisme a marché lorsque nous étions encore a une distance raisonnable, là il a complètement lâcher ! Heureusement pour lui qu'Alex regarde attentivement ses chaussures.
« Tu es vraiment… magnifique, arrive à dire Adrian après avoir fait remonté ses yeux dans ses orbites.
-…, dit Alex d'une voix inaudible, ses joues prenant une teinte magnifiquement assortie à sa robe (et manifestement je ne suis pas la seule à penser ça…).
-Ferme la bouche, tu baves, je fais remarquer à Adrian. »
Celui-ci prend une belle teinte pivoine et marmonne qu'il va rejoindre Sam et Bart. Je souris en le voyant s'éloigner et Alex se précipite vers le buffet pour boire un grand verre de jus de citrouille. Je m'abstiens de commentaires et me serre un cocktail « du calamar géant » (non alcoolisé !). Je commence à siroter distraitement et laisse mon regard vagabonder dans la salle à nouveau.
« …, je m'étouffe avec mon verre.
-ça va, me demande Alex en me tapotant doucement le dos, essayant de calmer ma toux. »
Je ne réponds pas et me contente de fixer un point à quelques mètres de moi.
Il est là. Plus sexy que jamais. Et il parle à une créature blonde et pulpeuse. Et ils rigolent ensemble. La péta… Je ferme les yeux et me reprends. Je pensais à quoi là ?! C'est mon ennemi bordel ! Je sens la main d'Alexie se poser sur mon épaule, en signe de réconfort. Je le déteste ! Non, je le hais ! Je le hais de me mettre dans des états comme ça et je le hais pour me rendre jalouse… Je le hais d'être aussi magnifique.
Je grogne à Alex que je vais très bien et je me dirige dans un fauteuil. De là, n'étant pas d'humeur à être heureuse on va dire, je regarde paresseusement les gens danser. Je vois d'ailleurs Alex s'amuser comme une petite folle dans les bras de Bart et Sam. Je remarque avec amusement que les danses avec Adrian sont plus rares et beaucoup plus… réglementaire. Je ne peux m'empêcher aussi d'observer à la dérobée Olivier qui, soit dit et répété, danse comme un dieu.
Au bout d'une demi heure et plusieurs tentatives échouées d'Alexie pour me faire sortir de mon fauteuil, Adrian me lève de force pour m'entraîner sur la « piste de danse ». Au début je proteste, puis je me laisse prendre au jeu et finalement me laisse faire. J'ai toujours aimé danser et même si je ne suis vraiment pas une pro, j'ai un bon sens du rythme. J'enchaîne donc les danses, seule, avec Alexie, Bart, Sam ou Adrian. J'ai aussi dansé avec Derrick Tin Ely et un des potes d'Oreste, Andy.
Un peu essoufflée (euh… même beaucoup, il faut l'avouer) je me dirige vers le buffet pour prendre un jus au cactus plein de glaçons et vais m'asseoir sur une chaise, près d'Adrian, Bart et Alex (Sam doit être en train de vomir aux toilettes, ce bouffon ne supporte pas bien l'alcool et il en a bu un peu de trop…). Je remercie Adrian pour m'avoir obligé à danser et Alex pour avoir essayé. Puis, je me lance dans une discussion animée avec Bart, sur l'état de santé (et la bêtise) du pauvre Kent.
Je suis donc en train de parler avec Bart, quand je sens quelqu'un qui me tapote le bras. Je me retourne et…
Des lèvres se plaquent férocement sur les miennes, presque avec désespoir.
Je le repousse vivement et Oreste se met à pleurer. Interloqués, nous le regardons avec étonnement.
« Écoute Oreste, je t'ai déjà dit ce que je pensais du fait que l'on ressorte ensemble… Mais ce n'est pas la peine de pleurer tu sais…
-Tu ne m'aimes pas, se met t'il à beugler.
-Il pue le Whisky Pur-Feu, me signale Bart.
-Merde, je grogne, puis, m'adressant à Oreste, écoute, je vais être indulgente parce que tu n'es pas vraiment conscient de tes actes, mais retiens que, même si je t'adore, je ne veux pas sortir avec toi !
-Si tu veux, je m'en occupe, me glisse Bart.
-Merci…
-Allez viens, dit Bart à Oreste, en l'emmenant plus loin.»
Je me rassois sur ma chaise et les regarde s'éloigner en direction de la cuisine… Voilà où l'alcool mène. Mon regard tombe à nouveau sur Olivier qui danse. Il est vraiment envoûtant quand il danse… Sa chemise et quelques mèches de cheveux se collent à sa peau d'une manière si sensuelle. Ça devrait être interdit d'être aussi désirable ! Et sa bouche… Et voilà, je viens de rendre mon âme au diable, dès l'instant où mes yeux se sont posés sur cette partie de son visage. Une envie saisissante de l'embrasser surgit et j'ai du mal à garder mon calme et rester assise sur ma chaise au lieu de me jeter férocement sur lui… Holy crap !
Je tente vainement de faire disparaître l'image parfaite de ses lèvres pleines et si tentantes en regardant la porte de la cuisine… Mais oui !
Je me dirige vers le buffet et attrape un verre de Whisky Pur-Feu. Si tout le monde me croit bourrée, personne ne s'étonnera de me voir péter mon câble et, par conséquent, embrasser Olivier. Le truc est que je ne dois pas être bourrée pour ne pas vraiment perdre la tête, je dois rester lucide… Cléo Purple, futur génie du mal. Alala, pour ses lèvres contre les miennes, je ferais n'importe quoi.
Une fois mon verre à la main, je le porte à mes lèvres en faisant semblant de boire… On ne sait jamais… Et la mascarade Purple peut commencer ! Je prends une bouteille entière et file dans le jardin la vider sur l'herbe (eh non, je n'ai aucun remords, ça épargnera le foie de certains… )puis retourne dans la salle, bouteille à la main et danse d'une manière provocante contre une personne que je ne connais que de vue (l'amour rend aussi fou que l'alcool faut croire.
Après plusieurs actions mémorables d'une parfaite bourrée (genre danser et chanter, faux bien sûr, sur une table ou avancer d'une démarche en zigzag, etc.) et plusieurs remarques du genre « il faudrait peut être que t'arrête le Whisky maintenant… » je me considère comme prête pour la dernière phase de mon plan...
Repérant Olivier sur un canapé, je m'approche en tanguant dangereusement de lui et me laisse tomber lourdement à côté de lui. Je l'ignore complètement et fixe le vide devant moi. Puis je porte le goulot à mes lèvres et boit (pour de vrai cette fois, il faut bien que j'ai l'haleine alcoolisé pour faire crédible) une gorgée. Le liquide brûle ma trachée et je dois me retenir pour ne pas tousser. Ma tête me tourne un peu, mais mes idées reste lucides.
« Tu ne la trouve pas bien cette soirée, me demande soudain Dubois. »
Je manque de sursauter, mais me reprends. A vrai dire je ne m'attendais pas à ce qu'il m'adresse la parole…
« Si, si, dis-je d'un ton vague en continuant de fixer le vide devant moi, d'une manière complètement amorphe (comédie, comédie !).
-Pourquoi tu bois alors, dit t'il d'un ton narquois, ce n'est pas bien ma petite Chloé !
-Cléo, je marmonne. »
Il sourit, d'un air malicieux. Il faut qu'il me fasse chier jusqu'au bout ! Mais il est tellement craquant quand il fait ça en même temps… Bon, faut que je me reprenne !
« Et arrête de dire des bêtises un peu… lui dis-je.
-Mais je ne dis pas des b… »
Et je l'embrasse à pleine bouche. Ses lèvres sont douces et immobiles. Je savoure cette douceur et redoute le moment où il les retirera. Mais à ma grande surprise, je sens sa bouche s'entrouvrir et sa langue venir doucement caresser la mienne. Oubliant qui je suis qui il est, je réponds avec ardeur et mes mains viennent s'aggriper dans ses cheveux, ses mains glissent doucement dans mon dos et me tiennent fermement la taille, me plaquant à lui.
Il n'y a que nous, notre baiser et… nos haleines emplies d'alcool, mais je ne m'en soucie pas pour le moment et… savoure !
