Réponses aux RAR à la fin du chapitre
Chapitre 10 : Deux corps à corps et trois blessés
Vendredi 23 février
La cadence des pas tient de l'allégresse et la physionomie du bonhomme est encore plus joviale qu'auparavant. Kisuke Urahara est fier de lui lorsqu'il rejoint l'arrêt de bus. N'ayant aucunement envie de faire face à Kira, il a décidé de rentrer chez lui et de mettre à l'abri les jolies fleurs qu'il a achetées chez son cher Ichigo Kurosaki.
'Je l'ai finalement eu mon baiser', se dit-il en grimpant les trois petites marches pour accéder au bus.
Appuyé contre l'une des barres qui servent à se maintenir debout, le blond repense avec joie au court moment passé avec le mignon rouquin. S'il était vraiment honnête, il reconnaitrait que l'autre n'a absolument pas succombé à son charme, qu'il l'a agacé tout au long de sa visite et qu'il lui a bassement volé un baiser. En résumé, qu'il s'est vautré en beauté.
Lorsqu'il arrive à proximité de sa rue, il appuie sur la touche pour signaler au chauffeur qu'il veut descendre. Il reprend son chemin, toujours aussi content de lui et salue tout ce qu'il compte de connaissances dans son quartier. Cette fois, personne ne le regarde de travers. Peut-être, parce que les gens d'ici connaissent la bête, et qu'ils ne se préoccupent plus de son comportement original.
Il parvient devant la porte de son immeuble. Il tape le digicode et se met à pousser le battant de bois. Un craquement et un cri plus tard, et le blond se retrouve dans l'immeuble, le souffle coupé. Il vient de se faire un tour de reins. Coincé du bas du dos, il se dirige avec peine vers l'ascenseur. Une fois à son étage, il arrive à rentrer chez lui et laisse choir sur le sol tout ce qu'il tenait, y compris les 'odeurs' provenant du magasin d'Ichigo.
Il prend le combiné du téléphone et appuie sur l'une des touches en mémoire.
- « Oui, j'aimerais parler à Kensei. C'est de la part de Kisuke Urahara et c'est urgent ! », peine-t-il à dire.
- « Allo, Kisuke ? »
- « Oui, tu peux venir maintenant chez moi ? »
- « Qu'est-ce qui t'arrives ? T'as pas l'air bien. »
- « Je me suis encore coincé le dos… »
- « Je vois… J'ai encore un patient. Je serai chez toi dans une bonne demi-heure. Tu vas tenir le coup ? »
- « Pas le choix », maugrée le blond en raccrochant.
Finalement, après trois quart d'heure de souffrance, la sonnette retentit. De là où il se trouve, c'est-à-dire appuyé contre le mur du couloir où il n'a pas bougé, Kisuke se met à beugler : « C'est ouvert. »
Kensei pose sa sacoche sur la petite console à gauche et vient observer son ami.
- « Bon, tu connais la musique. Faut d'abord ôter tes vêtements. »
Oh que oui, Kisuke sait que la vrai douleur va commencer. Tout comme il sait qu'une fois remis d'aplomb, elle ne sera plus qu'un mauvais souvenir. En attendant il faut s'y coller car le praticien a besoin de palper à même la peau avant de manœuvrer pour remettre les vertèbres déplacées.
Avec lenteur, Kensei l'assiste pour enlever assez aisément sa parka. Le pull et le t-shirt, c'est une autre histoire. Il faut lever les bras et cela ne se fait pas sans quelques gémissements plaintifs du blond.
Maintenant qu'il est torse nu, Kensei peut commencer son examen. Il repère vite d'où provient le problème. Comme les autres fois, il sait quel geste opérer pour remettre sur pied son ami.
- « Prêt ? »
L'autre n'a pas le temps de répondre qu'un nouveau craquement se fait entendre. Le cri de Kisuke est empreint de douleur et de colère d'avoir été pris par surprise.
- « T'aurais pu prévenir ! »
- « C'est ce que j'ai fait. Arrête de te plaindre. Maintenant, file dans ta chambre et enlève le reste de tes fringues. Il faut que je masse si tu ne veux pas être endolori demain matin. »
- « Oui, monsieur », ironise le blond en se trainant vers sa chambre.
Kensei prend le temps de suspendre son manteau à la patère et d'ôter ses chaussures pour ne pas souiller la moquette de la chambre. Une fois paré, il saisit sa sacoche et rejoint la chambre. Lorsqu'il y pénètre, il marque un temps d'arrêt. Le blond qui ne porte plus que son boxer est allongé sur le lit, à plat ventre, presque offert. Alors il n'hésite pas : ses yeux dévorent le moindre centimètre carré de peau, des épaules musclées sur lesquelles trainent des mèches de cheveux blonds, jusqu'à la chute de reins vertigineuse. Son côté professionnel s'est effacé et l'être humain qu'est Kensei ne peut s'empêcher de trouver son ami bel homme.
Il se secoue la tête pour chasser cette pensée inappropriée pour un tel moment et vient s'installer sur le lit. Il ouvre la sacoche et en sort un tube de crème dont il s'enduit les mains. Le gel translucide laisse échapper une odeur persistante dans la pièce. Après avoir chauffé le produit entre ses doigts, il se met à l'appliquer sur les reins du blond. Sitôt les peaux en contact, un gémissement différent sort de la gorge du blond. Kensei stoppe ses mouvements.
- « Mmm, c'était bien… »
Rassuré que ce ne soit pas trop froid, il commence à faire des mouvements circulaires sur toute la zone au-dessus des fesses. Des fesses rebondies et cachées par le coton gris du boxer. Le concert de gémissements continue et Kensei qui reste obnubilé par les deux lobes qui le narguent, se sent durcir. Et c'est suffisamment exceptionnel pour qu'il en soit dérangé.
En tant que kinésithérapeute, il est habitué à voir et à toucher des corps nus. Y compris des corps qui peuvent être à son goût. Jusque-là, il était toujours resté professionnel. Même lors des précédents incidents concernant Kisuke. Alors pourquoi aujourd'hui ? Certes, physiquement Kisuke est son type. Mais ça fait des années qu'ils se connaissent et rien ne lui a jamais laissé supposer qu'il s'agissait d'une vraie attirance. Et puis, le comportement tout en perversité et sa propension à prendre tout comme un jeu sont des choses qu'il n'aime pas chez le blond. Quoique. Il aime le voir rire. Kisuke n'est jamais de mauvaise humeur, c'est quelqu'un de très positif, tout le contraire de lui. Quant à son petit côté pervers, personne ne devrait s'en plaindre. En tout cas, certainement pas lui. C'est même quelque chose qu'il aimerait tester. Un peu comme ses fesses magnifiques.
Son érection douloureuse se rappelle à lui et il lui faut tout son self-control pour ne pas se soulager immédiatement avec le corps à sa disposition.
- « Tu ne m'as dit comment tu t'étais coincé le dos ? »
- « T'as pas demandé », répond une voix ensommeillée.
- « Bah je le fais maintenant. Alors ? »
- « Figure-toi que je suis allé voir notre petite proie. Aïeeuuh ! »
- « Désolé », fait Kensei en serrant les dents. Le rappel du fleuriste, objet de ce fichu pari, a fait se crisper les mains expertes sur la peau laiteuse, désormais marquée de l'empreinte de ses doigts. « Et ? »
- « Eh bien, nous avons fait connaissance, et je dois avouer que le courant est passé. Bon sang, Kensei, tu appuies fort. »
- « J'ai senti un nœud », fait remarquer le kiné. Excuse tout à fait bidon. Kensei est trop tendu pour pratiquer convenablement son massage. Et ça l'agace. Et quand il est agacé, il s'énerve. « Tu veux aller mieux, oui ou non ? »
- « Bien évidemment, je ne voudrais pas faire faux bond à mon petit Ichigo, surtout après le baiser torride que nous avons échangé. Tu ne me masses plus ? »
Sans s'en rendre compte, Kensei s'est arrêté. Une sensation étrange est en train de se diffuser dans tout son être. Il repense à ce que vient de lui dire Kisuke, et il imagine aussitôt le baiser. Et cette fois, c'est un sentiment bien plus fort qui le prend. Il refuse. Oui, il refuse qu'il se passe quelque chose de plus entre Kisuke et le jeune homme aux cheveux roux. Lui ou n'importe qui d'autre d'ailleurs. Si avant, il ne s'expliquait pas sa réaction physique, maintenant il sait.
Il retourne le blond comme une crêpe et vient se positionner au-dessus de lui, bloquant de son corps le sien, et de ses mains ses poignets.
- « Tu l'as embrassé, hein ? »
- « Mais Kensei qu'est-ce qui te prend ? », suffoque le blond en plantant des yeux inquiets dans les deux orbes grises. Instinctivement, il pense que l'argenté est jaloux. Peut-être prend-il ce pari un peu trop au sérieux. Il tente de le rassurer : « Tu auras ton tour, ne t'inquiète pas… »
- « Et il était comment ce baiser ? Comme celui-là… »
Le blond ne peut pas répondre. Une langue vient de pénétrer sauvagement dans sa bouche. Au début, il suit le mouvement, puis dans un sursaut d'orgueil, il commence à lutter, décidé à ne pas s'en laisser compter. Le baiser devient impétueux et exigeant.
Après plusieurs secondes, le baiser est rompu, le laissant pantelant et le cerveau en ébullition. Il fixe son ami au-dessus de lui, prêt à comprendre pourquoi il agit ainsi. Kensei n'est qu'à quelques centimètres, le regard rivé au sien. Urahara est aux premières loges pour voir un désir indubitable flotter dans les iris gris. Et au cas où il n'aurait pas encore appréhendé toute la situation, il le comprend lorsque l'argenté vient presser son corps sur lui. La bosse au niveau de son entrejambe est un signe clair. Etouffant un gémissement, il n'a pas le temps de dire quoi que ce soit que de nouveau, la bouche vorace reprend possession de la sienne. L'esprit en déroute et le corps coincé, il se laisse faire. De toute façon, c'est loin d'être désagréable. Bien au contraire.
Imperceptiblement, Kensei sent les muscles du blond se relâcher, ce qui semble être une première forme d'acceptation. Avec une lenteur infinie, il se met à monter et descendre, en se frottant au corps alangui, arrachant des gémissements qu'il avale, baiser après baiser. En un rien de temps, la verge de Kisuke s'éveille et se gonfle contre la paroi en tissus. Kensei sait qu'il a gagné. Il desserre l'emprise sur les poignets et abaisse sa main droite le long du flanc gauche, qu'il caresse avec douceur et dextérité. Il abandonne les lèvres rougies, pour grignoter la mâchoire et le cou que Kisuke lui offre généreusement en décalant sa tête. Il y laisse un suçon hideux, mais son suçon à lui.
Fier de son fait, il recommence son exploration et se glisse vers le bas, en direction d'une zone qui le tente, le creux juste au-dessous de l'épaule. Il en embrasse précieusement la peau diaphane avant de la lécher, faisant haleter son propriétaire. Il continue sa descente, effleure de-ci de-là avec le bout de son nez, humant l'odeur du gel douche à la lavande. De là où il est, il voit l'un des tétons se dresser et le lape d'un coup de langue, arrachant un cri au blond qui s'agite sous lui. Il est impatient. Tant mieux, c'est aussi son cas.
Pourtant, Kensei prend son temps pour malmener le bout de chair, indifférent au tressaillement du corps désireux qu'il se préoccupe d'un autre bout de chair situé beaucoup plus bas de son anatomie. Il tète avec énergie avant de passer au second. Et là, c'en est trop pour Kisuke qui agrippe avec hargne ses cheveux et l'attire à lui pour un baiser époustouflant. L'argenté obtempère, ravi de goûter encore à cette bouche délicieuse.
Quand le baiser s'arrête, Kisuke tient toujours les cheveux avec force, un défi dans le regard. Kensei le soutient un moment avant de lâcher avec ironie : « Quelque chose à revendiquer ? »
- « Occupe-toi de ma queue… »
- « Et le s'il te plait ? »
- « Suce-moi s'il te plait ! », ordonne le blond.
Tout en explosant de rire, Kensei plonge entre les jambes de son alangui et d'un coup sec, baisse le boxer qui est prestement enlevé. Il enroule sa main droite à la base du sexe qui tressaute. Il admire un instant le membre gorgé de sang, long et moins épais que le sien, mais néanmoins parfait pour une gorge profonde. Il en teste le goût en passant sa langue le long de la veine et s'extasie de l'interminable gémissement que lui offre généreusement Kisuke. Et que dire du cri extatique lorsqu'il l'avale entièrement. Oui, un sexe parfait pour sa bouche. Dodelinant de la tête, il initie des mouvements d'avant en arrière pour frotter sa paroi buccale contre le sexe, tout en faisant tournoyer sa langue le long de la verge. C'est prodigieux de voir se tortiller un corps qu'on a toujours voulu sans se l'avouer.
Kisuke fourrage ses mains dans les cheveux soyeux, sans avoir besoin d'accompagner les mouvements de balancier de Kensei. Il admet volontiers que l'argenté est doué avec sa langue. Rares sont ceux qui l'ont amené si vite proche du nirvana, rien qu'avec leur langue. Et pourtant, le blond a eu son lot d'amants.
- « Aaah ! », hurle-t-il lorsque l'orgasme le foudroie.
'Bon sang, quelle pipe !', se fait-il la réflexion alors qu'il est là, tout mou et encore tout empli des effets de sa jouissance. Il est d'ailleurs trop à l'ouest pour se rendre compte de ce qui se passe autour de lui. Il a bien senti Kensei enfoncer sa verge dans sa bouche pile à l'instant fatal, avalant de ce fait sa semence. Pour le reste, il accuse encore le coup.
Kensei en profite pour se désaper et lorsqu'il reporte son regard sur le blond, celui-ci est allongé les jambes légèrement écartées, le visage rougi et essoufflé, les yeux fermés et quelques cheveux collés à son front.
'Comment j'ai pu ne pas le conquérir avant', songe-t-il en venant se repositionner au-dessus de lui.
Il souffle sur le front de Kisuke pour le rafraichir, puis finit d'écarter les mèches du bout des doigts. Le blond rouvre les yeux pour faire face à un Kensei débarrassé de ses vêtements, comprenant que les attouchements dont il vient d'être la victime consentante vont se reproduire et monter d'un cran.
'Qui suis-je pour lui refuser ?', se dit le blond en souriant.
Kensei prend cela pour un encouragement. Il pose avec douceur cette fois sa bouche sur les lèvres entrouvertes. Une langue, anciennement hostile, mais devenue joueuse, l'accueille et l'emmène avec elle. Le baiser est plus lent et plus sensuel. Alors que le blond caresse le dos musclé de l'argenté, ce dernier soulève la cuisse du premier, qu'il caresse au passage. Il insinue sa main droite vers l'entrejambe de Kisuke, effleurant sa propre érection et provoquant celle du blond. Les sexes si sensibles se touchent et Kensei gémit avec son partenaire. La main est parvenue à son objectif et elle commence à s'activer, insérant un doigt, puis un autre pour étirer le canal qui devra recevoir son sexe. Il est gros et il ne veut surtout pas faire souffrir le blond. Et tout ce temps, ils le passent à s'embrasser encore et encore, ne se lassant pas de se suçoter les lèvres, d'entremêler leurs langues.
La main a fini sa tâche et revient caresser l'intérieur de la cuisse. Sans lâcher les lèvres, Kensei se décale pour écarter la jambe gauche de Kisuke et s'immiscer entre les deux jambes qu'il relève pour plus de pénétration, et pour être à l'aise dans ses mouvements. Guidant de sa main son sexe, il s'introduit dans l'anus du blond qui se tend sous l'intrusion. Kensei avance doucement dans l'étroit passage. Il est sous le choc de la pression. Du moins son sexe est comme broyé dans un étau brûlant, et dieu que c'est bon.
Alors qu'il s'est enfoncé jusqu'à la garde, il stoppe tout mouvement. Kisuke s'est mis à souffler bruyamment et il réalise qu'il ne s'est pas préoccupé de son partenaire, tout focalisé qu'il était sur ses sensations.
- « Ça va ? », demande-t-il avec appréhension.
Le visage de Kisuke porte les stigmates de la douleur.
- « Ouais… la nature t'a généreusement doté, mon bon Kensei. »
Toujours à faire de l'humour, voilà bien Kisuke Urahara !
- « Tu peux y aller… », rajoute le blond après quelques secondes.
L'autorisation donnée, et Kensei se met en branle, ressortant pour se renfoncer d'une traite, arrachant un cri étranglé à Kisuke qui se dit que décidément, son ami est sacrément habile. Aussi doué avec sa queue qu'avec sa langue. En une poussée, il vient de frapper pile dans sa prostate. Les cris aigus de l'un commencent à se succéder, tandis que le souffle rauque de l'autre accompagne les vas et viens lancés avec force. Les peaux claquent lorsqu'elles se percutent, créant une jolie symphonie dans la chambre.
Kisuke s'est accroché aux épaules. Pas seulement pour suivre le pilonnage qu'il subit avec délice, mais aussi pour avoir un point d'ancrage à ce corps musculeux qu'il apprécie un peu trop. Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas été en-dessous. A bien y réfléchir, ça remonte facilement à ses études. Et il avait oublié les sensations inhérentes au fait d'être pénétré : une grosse douleur pour le désagrément et s'il se souvient bien, un orgasme cataclysmique à la fin.
Pourtant, c'est différent. Les fois précédentes, il était moins expérimenté, moins mature et le sexe n'était pas aussi précis, aussi bon. Là, il ne fait qu'un avec ce corps qui le recouvre et s'enfonce en lui. S'il osait, il dirait qu'il est parfait pour lui.
Bien vite, il sort de ses pensées, ayant ressenti les prémices de la montée vers la jouissance et, alors même qu'il n'a pas besoin d'encourager plus Kensei, il se met à crier : « Plus ! »
Etonnamment, l'argenté répond dans un sursaut d'énergie et accélère la cadence, défonçant littéralement le cul rougi par le claquement des hanches.
Le corps de Kisuke s'étire brusquement, arquant son dos pourtant meurtri, dans un cri d'extase. Il éjacule et tapisse de son sperme son ventre tendu. Sentant son point culminant arrivé, Kensei s'enterre au plus profond de Kisuke avant de venir en lui.
Oui, l'orgasme qui a fauché Kisuke a été cataclysmique. Il en a le sourire aux lèvres.
- « Eh bien, si j'avais su que tu étais aussi doué au lit, je t'aurais ouvert ma chambre plus tôt pour quelques parties de cinq à sept. »
Pour Kensei, le réveil est brutal. Les mots lui font mal pour ce qu'ils insinuent. Une partie de jambes en l'air, voilà ce qu'il représente aux yeux de son amant. Il se redresse et commence à s'habiller laissant le blond babiller ses conneries.
- « J'avoue que c'est une belle façon de continuer ma journée. A moins que ce ne soit une nouvelle thérapie ? »
Un regard assassin vient faire le taire.
- « Kisuke, tu peux te moquer de bien des choses, mais pas de mon métier, t'as pigé ? »
Décontenancé par l'attitude colérique de l'argenté, Urahara redescend de son petit nuage. Mais c'est trop tard, Kensei est habillé et vient de sortir de la chambre. Il se relève du lit pour le rattraper, mais il a oublié que son postérieur vient d'être malmené et il est contraint de se rallonger dans un gémissement de souffrance.
Et c'est là qu'il entend la porte claquer.
- « KENSEI ?... mais enfin, qu'est-ce que j'ai dit ! »
Ce jour sera à marquer d'une croix comme le premier où Ichigo Kurosaki n'aura pas accueilli ses clients comme il se doit. Echaudé par la visite des deux blonds, il a passé sa journée, renfrogné dans sa bulle. Au moment du déjeuner, il s'est lancé dans du rangement et n'a rien avalé à cause de la colère qui l'a envahie juste après le départ de Kira.
Il est seize heures et Yumichika se pointe la bouche en cœur, bien décidé à connaitre le fin mot de sa soirée avec Grimmjow.
- « Salut Ichigo ! »
Un regard des plus noirs lui renvoie son bonjour. Cloué sur place, le brun déglutit avant de s'avancer lentement vers son ami.
- « Je vais t'épargner les remarques sur ton apparence peu amène et aller droit au but. Il s'est passé un truc grave ? »
Le pot que le rouquin tenait vient bruyamment frapper contre la table derrière le comptoir. De là où il est, Yumichika constate avec effarement que le choc a fendu la terre cuite en deux. Il est un peu inquiet. Le fleuriste n'est évidemment pas dans son état normal.
- « C'est à propos de Grimmjow… »
- « NE ME PARLE PAS DE LUI ! »
Ichigo est appuyé sur la table, les bras tendu et la tête baissée. Ses mains enserrent l'épaisseur du plateau avec force, et lorsqu'il relève les yeux, Yumichika découvre des larmes perlées au coin des yeux de son ami.
- « Tu me fais peur là, Ichigo ! Qu'est-ce ce qui se passe ? »
Il l'entend renifler pendant quelques secondes, puis le visage ravagé d'Ichigo lui fait face.
- « C'était un pari, un PUTAIN DE PARI. Ils se sont foutus de moi. J'étais juste une cible... Comment on peut faire ça à quelqu'un ? »
Yumichika est remué par la peine qu'il entrevoit derrière la fureur, et malgré qu'il ne soit toujours pas très rassuré, il s'approche de son ami et timidement, il pose sa main sur son épaule qu'il étreint en lui parlant doucement : « Tu me dis tout depuis le début, d'accord ? »
Ichigo se redresse. Après un dernier reniflement peu élégant, il soupire longuement et entreprend de raconter ses dernières aventures, si on peut les appeler ainsi.
- « J'ai reçu la visite d'un pervers ce matin. Il m'a ouvertement dragué et m'a même embrassé juste avant de se casser. Je précise que je n'étais pas en mesure de le repousser. Il m'a piégé en bousculant la colonne là-bas, que j'ai réussie à rattraper in extremis. Puis un autre gars est arrivé. Il m'a foutu les jetons parce qu'il ne parlait pas et qu'il me fixait. Il a fini par m'expliquer que le pervers était le meilleur ami de Sosûke Aizen et de Grimmjow Jaggerjack et qu'ils avaient fait un pari pour me foutre dans leur lit. Il était tout fier de me dire ça, soi-disant parce que je suis un type bien, mais en fait, il est mordu de l'autre pervers. »
Yumichika est incapable de dire quoi que ce soit. Il aimerait bien mais les mots ne sortent pas. Au fil de la narration, une fureur sans nom l'a envahi. Comment peut-on jouer avec les gens de cette façon, ça le dépasse. Il ne prétend pas être un modèle de vertu, mais jamais lui et Ikkaku ne feraient un truc aussi moche.
- « Je suis en colère… mais je suis aussi déçu… et… ça fait mal, Yumichika, de savoir que je ne suis pas… »
- « STOP ! Ne dis rien de plus. Tu n'es pas le problème, Ichigo. Tu es la victime et eux, ce sont des salauds. Tu es une personne merveilleuse, et un très beau jeune homme, d'accord ? »
Le rouquin le regarde avec un air dubitatif et les yeux rougis.
- « Eh ! Je m'y connais en beau jeune homme, tu peux me croire », lui lance le brun en rejetant ses cheveux.
L'effet sur Ichigo est immédiat puisqu'un sourire vient fleurir sur son visage et il lui lance avec ironie : « Nous disons donc connaisseur en beau jeune homme et modeste avec ça ! »
Les deux se mettent à pouffer de rire comme deux adolescents. Puis, la gravité de la situation leur revient en pleine face.
- « Qu'est-ce que tu vas faire ? »
- « Je dois rejoindre Grimmjow dans un dojo près du cinéma Impérial, à dix-huit heures. Un lieu de prédilection, tu ne trouves pas ? Je vais lui casser la gueule à ce connard ! »
La vengeance est clairement inscrite sur les traits du fleuriste. A nouveau, Yumichika est inquiet.
- « Ichigo, je comprends que tu sois en colère, mais Jaggerjack est plus costaud que toi, … tu devrais faire attention… »
- « Je dois régler ce problème. Je ne me suis jamais laissé marcher sur les pieds, alors ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. »
Yumichika acquiesce sans grande conviction. Il sait Ichigo capable de se défendre, et il sait aussi que l'adrénaline peut le pousser loin. Mais Grimmjow est un gros morceau.
- « Tu devrais y aller. Si tu es en retard, Zaraki va te tomber dessus. »
- « Ouais, tu m'appelles dès que tu es rentré du dojo, hein ? Pour me faire savoir que t'es en un seul morceau. »
- « D'accord, je le ferai. »
Sur cette promesse, Yumichika sort du magasin et accélère le pas vers les cuisines du restaurant, où comme prévu son boss l'attend de pied ferme.
- « T'es en retard Ayasegawa ! »
Au lieu de faire profil bas en passant devant le géant, il s'arrête à sa hauteur.
- « Patron, je viens de voir Ichigo et ça va pas fort. En fait, je suis très inquiet pour lui… »
Et sous l'œil intrigué de Zaraki, d'Ikkaku et de Yachiru accourus tous les deux en entendant que Kurosaki ne va pas bien, Yumichika se met à vider son sac. Du moins à raconter tout ce que lui sait des aventures du fleuriste.
- « Et tu dis qu'il veut casser la gueule à c'gars ? J'en ferai autant ! »
- « Patron, ce Grimmjow fait une tête de plus qu'Ichigo et côté carrure, Ichigo parait malingre face à lui… C'est un mec nerveux et qui sait se battre. » Yumichika veut convaincre son boss d'aller donner un coup de main à son ami. Et quoi de mieux que le titiller sur son autre passion, hormis la cuisine : le combat. « Même Ikkaku aurait du mal avec lui. C'est un adversaire pour vous, pas pour Ichigo. »
Une lueur prédatrice vient de traverser les yeux sombres du colosse. Yumichika sait qu'il a gagné.
- « Il est où se dojo ? »
Dix-heures piles. Ichigo voit Grimmjow lui faire un signe, un sac de sport posé à ses pieds.
- « Salut. Prêt pour un peu de sport », lui demande le bleuté avec un sourire carnassier.
Décidé à lui rendre la monnaie de sa pièce, Ichigo se décide à entrer dans le jeu en lui offrant en retour son plus beau sourire en coin.
- « Plus que jamais. »
Les deux hommes entrent dans le bâtiment et après avoir pris des clés pour les vestiaires, ils s'engouffrent dans une pièce pourvue de casiers. Ils repèrent le leur, éloignés de quelques mètres. Chacun dans son coin, ils se changent, enfilant un débardeur prêt du corps et un hakama de couleur sombre. Pieds nus, ils se rendent ensuite dans la salle et se dégotent un endroit un peu éloigné des autres. A cette heure, le dojo n'est rempli que d'un tiers et personne ne fait vraiment attention à eux, tout comme eux ne font pas attention à ce qui les entoure. Grimmjow est là pour faire tomber Ichigo, au sens figuré comme au sens propre. Ichigo est là pour ôter le sourire du visage de ce pourri. Et dans un recoin de la salle, Zaraki essaye de se faire discret, ce qui n'est pas une sinécure lorsque l'on fait près de deux mètres de haut.
Il regarde les deux hommes s'échauffer séparément. Il doit bien reconnaitre que Yumichika n'a pas exagéré lorsqu'il lui a brossé le portrait de ce fameux Grimmjow Jaggerjack. Il est sacrément baraqué et le petit Kurosaki risque de se casser les dents. Il a bien fait de venir. Ce d'autant que Yumichika avait omis de lui dire à quel point il est appétissant.
Les deux futurs combattants sont en train de se saluer. Grimmjow s'est à peine relevé qu'Ichigo lui fonce dessus et essaye de faire une clé de bras. Bien qu'il bénéficie de l'effet de surprise, il ne peut rien face à la carrure tonique de l'autre. Changeant de tactique, il se met à lancer sa jambe en un demi-tour, jusqu'à qu'elle percute méchamment le dos de Grimmjow, l'envoyant valser sur le tatami.
- « Ooooh ! Grimmjow, je suis désolé », fait Ichigo.
Le fait que l'air contrit soit tout à fait exagéré et que le jeune homme ne fasse pas un geste pour aider Grimmjow à se relever, met la puce à l'oreille de ce dernier. Interloqué, il marque un temps d'arrêt avant de reprendre en rigolant : « T'as envie de te défouler, pas vrai ? »
- « Tu n'as même pas idée ! », répond le rouquin en se remettant en position d'attaque.
L'air vindicatif du plus jeune n'a cette fois pas échappé à Grimmjow, qui brusquement, n'a plus l'impression d'être en train de faire du sport avec un mec qu'il veut mettre dans son lit, mais bien d'affronter un ennemi.
Ils se saluent de nouveau et le combat, quand c'en est devenu un, reprend. Grimmjow esquive du mieux qu'il peut et Ichigo attaque avec précision et force. Le bleuté s'éloigne un peu de la pile électrique rousse qu'il dévisage un instant.
- « Eh oh, c'est quoi ton problème ? »
- « Mon problème ? Tu voulais bien qu'on vienne se faire un petit combat, non ? »
- « Je t'reconnais pas ! », répond le bleuté en regardant Ichigo les yeux plissés. Il se met à croiser les bras sur sa poitrine, rassuré d'être en sécurité à bonne distance. Et pourtant, il devrait être plus alerte, ne serait-ce que par le soudain tutoiement. « C'est à cause du baiser ? Tu l'as pas digéré ? »
Rappeler à Ichigo ce qu'il a obtenu par la ruse, n'était pas la chose à faire et Grimmjow qui est en train de ricaner se prend le poing d'Ichigo en pleine figure. Un craquement d'os se fait entendre, et Ichigo se plie en deux sous la douleur, probablement à cause d'une phalange ou deux de cassées. Grimmjow quant à lui, a la lèvre éclatée.
- « Mais t'es dingue ma parole ? »
- « Dingue, moi ? Mais non, c'est juste un PARI. Bah oui, tu vas trouver ça drôle, Grimmjow. Figure-toi qu'avec mon pote Yumichika, on a fait un pari. Le pari que je casserais ta sale petite gueule d'ENFOIRE. »
Le dernier mot a été hurlé et tous les occupants du dojo ont cessé leurs occupations. Un homme aux tempes grisonnantes s'approche à grand pas. Sûrement un responsable des lieux. Zaraki l'intercepte lorsqu'il passe à côté de lui.
- « Laissez, je m'occupe de ces deux-là. Le gamin, c'est un ami. »
- « Ce genre de comportement est inadmissible… », commence l'autre avant d'être coupé.
- « Je t'ai dit que je m'en occupais ! Et là, tu me fais perdre mon temps », insiste le géant devant l'autre qui choisit de détaler.
En quelques foulées, le grand brun arrive à proximité des deux hommes qui sont face à face, prêts à remettre ça.
- « Ichigo ! »
Le rouquin se retourne, déstabilisé de découvrir le patron du Numéro 11.
- « Zaraki-san, mais qu'est-ce que… », et Ichigo s'interrompt comprenant à qui il doit la présence du colosse. « Bon sang, mais quand est-ce qu'il tiendra sa langue ce foutu Yumichika ! »
- « T'en prend à lui, il était inquiet. »
- « Alors vous êtes au courant… »
- « Que c'mec-là et d'autres ont fait un pari sur toi. Ouais ! », déclare le brun en regardant méchamment Grimmjow.
La honte de s'être fait manipulé envahit Ichigo, qui baisse la tête.
La honte d'avoir fait de la peine à Ichigo s'immisce vicieusement dans l'esprit de Grimmjow.
- « Je voulais juste lui faire comprendre… »
- « Tu lui as collé un pain, j'crois qu'il a compris. Tu peux rentrer chez toi. »
- « Ichigo, je…
- « Ne m'APPELLE pas ! Ne me PARLE pas ! », siffle Ichigo sans même daigner regarder le bleuté qui tente de s'approcher, malgré la montagne de muscles à deux mètres d'eux.
- « Je veux juste te dire… »
- « Tu fermes ta gueule ! »
Cette fois, c'est la voix tonitruante de Zaraki qui fait se lever les têtes vers eux. Ichigo semble tout d'un coup inquiet. Il est venu ici bille en tête, incapable qu'il était de se défaire de ce sentiment de trahison. Maintenant que sa colère est redescendue comme un soufflé sorti du four, il ne voit plus l'intérêt d'éclater la gueule de Grimmjow.
Le problème, c'est que si Zaraki s'en mêle, il risque d'y avoir du grabuge.
- « Et je refuse de la fermer ma gueule ? », demande sournoisement le bleuté comme un écho à la crainte du rouquin.
Un énorme sourire étire les lèvres du brun qui répond : « J'espérais que tu dirais ça ! »
- « Zaraki-san, vous pourriez me raccompagner ? Je crois que ma main est cassée », fait remarquer Ichigo un air douloureux sur le visage, espérant que cette diversion va marcher. Quoique ce n'est qu'une moitié de mensonge, vu la couleur de son index et son majeur.
Le brun se précipite vers lui, tandis que Grimmjow reste à sa place, en se demandant si ce grand machin ne va tout simplement pas finir de blesser le gamin. Pourtant, Zaraki prend délicatement la main pour observer l'état des doigts.
- « J'crois pas que ta main soit pétée, mais un doigt ou deux probablement. Bon, je te conduis chez ton père. Il est bien toubib ? » Le rouquin hoche la tête, trop heureux d'avoir désamorcé la situation. « Allez viens, on y va. »
Sans un regard pour le bleuté, les deux hommes regagnent les vestiaires, où Ichigo ne prend pas la peine de se changer. Vingt minutes plus tard, ils parviennent chez les Kurosaki, où ils sont pris en charge par Masaki, affolée par l'état de la main de son fils. A sa décharge, les doigts blessés ont doublé de volume.
Comme il est en de bonnes mains, Zaraki s'en retourne travailler, après avoir fait promettre à Ichigo de ne plus faire ce genre de connerie et de lui faire savoir dès lors que l'un de ces gars se repointerait. Evidemment, Ichigo s'est bien gardé de préciser qu'il devait rencontrer Aizen le lendemain même. De toute façon, cela se passera dans son magasin, et comme l'a dit ce connard de Grimmjow, Aizen est trop propre sur lui pour envisager de se battre à mains nues.
- « Fils, qu'est-ce qui s'est passé ? »
- « Un stupide accident ! Pour une fois que je vais faire du sport, je trouve le moyen de glisser sur ce foutu tatami et de tomber sur ma main ! »
- « Tu n'as pas de chance, mon poussin », s'écrie Masaki en lui donnant un baiser sur la tempe. « Bon, puisque tu es là, tu manges avec nous ce soir ? Je vais préparer le repas. Tu n'as pas besoin de moi, Isshin ? »
- « Je suis médecin, ma chérie, je pense que je devrais pouvoir m'en sortir ! » Une fois sa femme partie, le brun ajoute : « Bon, si tu me disais la vérité ? »
- « Je te l'ai dit un… »
- « Ouais, un stupide accident, je sais. Ichigo, faudrait pas me prendre pour un imbécile. Je sais encore reconnaitre une main qui vient de s'écraser en coup de poing. »
- « J'ai pas envie d'en parler », ronchonne Ichigo. « De toute façon, c'est réglé. »
- « Tu n'as pas d'ennui au moins ? »
- « Non, papa. Juste quelqu'un qui m'a marché sur les pieds un peu fort. Tu vois, rien de dramatique. Et puis, l'autre a la lèvre éclatée. »
- « Ah, ça c'est mon fiston », répond le médecin en levant les bras en signe de victoire.
Alors vous vous y attendiez à ce couple-là ? Vous devriez pourtant avoir l'habitude avec moi. J'aime les couples qui sortent de l'ordinaire et Kensei-Kisuke, je n'avais jamais lu.
Réponses aux reviews anonymes :
Cha : toi qui te demandais comment notre petit rouquin allait réagir, que penses-tu de sa réaction ? Et ce n'est qu'un début hein ! Parce qu'il y a Aizen qui suit...
Talis : je suis d'accord avec toi et je pense que si techniquement il avait pu, Ichigo lui aurait aussi fait bouffer ses fleurs. J'espère que tu n'es pas déçue par la suite des évènements pour Kisuke.
heather30 : exactement, barjot est le mot pour décrire Kisuke. Il ne pense pas comme le commun des mortels. Pour les baffes, tu avais bien supposé. Et je suis ravie que tu sois d'accord avec le fait qu'Ichigo ne pouvait pas continuer à être baladé.
Kyko77 : non, non, faut pas t'arrêter, moi j'aime bien quand tu lances tant d'éloges ! Par contre, tu as bien écrit qu'Ichigo n'a rien d'exceptionnel ? Mazette, hormis la couleur de ses cheveux qui peut en arrêter plus d'un, je le trouve physiquement magnifique et en plus, c'est un héro pas trop lisse ou trop parfait. Mais bon, il en faut pour tous les goûts. En tout cas, tu as raison sur un point : j'aime surprendre comme tu as pu le lire au-dessus.
Yumeplume : et ce scénario-ci, tu l'avais dans ta tête ? Je n'ai pas bien saisi qui Kensei était ton favori. Si tel est le cas, j'espère que tu n'es pas trop déçu par son manque d'intérêt évident pour les chevelures orange.
