Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.
Merci pour vos reviews, elles m'encouragent et me touchent beaucoup !
Un petit mot pour les reviewers anonymes :
AV : Merci, merci pour ton commentaire, ce chapitre est un peu plus calme, il sert un peu de transition.
Bleu : Mercibeaucoup pour ta review, Ambre va soulever bien des interrogations, je pense….
Nini : Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira et Jacob n'a pas fini de faire parler de lui…
Bonne lecture !
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Chapitre 9 : Dangers
-Ce n'est pas notre seul problème, avoua Alice, d'un ton tout aussi alarmé, dont le regard voilé prouvait qu'elle avait une vision.
Alice revint doucement à la réalité, tous étaient tournés vers elle, un masque d'anxiété peint sur leurs traits. Son regard se posa sur son frère. Son frère humain et si fragile… La peur s'insinua en elle, non, elle ne pouvait pas leur dire la vérité, pas maintenant… Une onde de calme la traversa et instinctivement elle chercha la main de Jasper, doucement, elle la pressa contre la sienne, le remerciant silencieusement.
« -Qu'as-tu vu ? Demanda Carlisle dont la voix exprimait la crainte.
-Une tempête, mentit le petit lutin, une tempête d'une rare violence va s'abattre sur Forks.
Un silence accueillit son mensonge, elle put voir une lueur de compréhension briller dans les yeux de sa famille, ce qui n'était pas le cas des autres.
-Cela nous ramène toujours aux Desmorts, souffla Estelle, une fois leurs pouvoirs réunis, ils sont capables de contrôler les éléments. Peut-être est-ce de cette manière qu'ils vont tenter de détruire les Quileutes ?
-Mais il s'agissait aussi de Forks ! Fit remarquer Sam.
-Je ne pense pas qu'une petite ville comme Forks représente quelque chose à leurs yeux, avoua la sorcière. S'ils viennent pour détruire, ils détruiront tout, ils ne prendront pas le risque de laisser le moindre témoin de leur passage, humain ou non.
-On doit les arrêter ! S'écria Jacob. Ils doivent bien avoir un point faible ?
-Même si la dernière bataille les a laissés affaibli, ils restent très puissants.
-De quelle bataille parlez-vous ? Questionna Rosalie.
-Cela remonte à près de cent ans. Il y avait deux grandes familles de sorciers : les Desmorts et les Warringthon. Carlotta était la matriarche des Desmorts et Marine celle des Warringthon. La famille Desmorts étaient composée du fils aîné Gavin, puis des jumelles Jade et Lucia. Jade était mariée à un sorcier irlandais nommé Duncan, ils eurent une petite fille, Mélissa. La famille Warringthon était composée de Desmond, Lizzie et Georges. Carlotta et Marine étaient toutes les deux veuves et s'entendaient bien, Desmond, le fils de Marine, avait épousé Lucia donnant naissance à Felicia. Felicia avait hérité des dons magiques des deux familles, la rendant extrêmement puissante. Carlotta qui était toujours avide de plus de pouvoirs encouragea son fils Gavin à fréquenter la seule fille de Marine. Malheureusement, cette dernière était tombée amoureuse d'un mortel et ne l'entendit pas de cette oreille… Bref, les deux familles se sont fâchées lorsque Marine a soutenu sa fille. Finalement, la jeune Warringthon s'est enfuie avec son amoureux. Jade qui était sa meilleure amie les aida à se cacher, elle y réussit pendant de nombreuses années. C'est alors que son époux Duncan mourut dans d'étranges circonstances. Tout le monde avait compris qu'il s'agissait d'un avertissement de Carlotta qui rappelait à sa fille à qui devait aller sa loyauté… Gavin s'est lancé à la poursuite de Lizzie et a fini par la retrouver, il a tué le jeune homme qui était devenu son mari. La jeune Warringthon a réussi à lui échapper. Après bien des années de recherches, Jade a fini par la retrouver, elle est allée la voir avec Georges. Personne ne sait ce qui s'est passé, mais Gavin les a rejoints, il y a une bagarre et il est mort. Il n'en fallut pas plus à Carlotta pour décréter que la fuyarde devait être exécutée pour son crime. Les sorciers se sont rangés dans un clan ou l'autre, il y eut quelques échauffourées avant que la bataille n'éclate trois années plus tard. Jade, Lucia et Mélissa sont mortes dans l'affrontement ainsi que tous les membres de la famille Warringthon. Beaucoup pensaient que Lizzie était toujours en vie, mais ils avaient tort. Desmond a lui-même tué sa sœur et a porté sa dépouille à sa belle-mère. Voilà ce que ma mère m'a raconté, je n'étais qu'une enfant à l'époque, mais peut-être as-tu des souvenirs plus précis, Carlisle ?
-Je suis parti avant la grande bataille, avoua le médecin, Carlotta faisait attention à ce que je n'approche jamais ses petites filles, surtout Felicia à qui elle vouait un réel culte. Pour ma part, je l'ai rencontré une fois, ce n'était qu'une adolescente et pourtant elle a prit du plaisir à me torturer, en comparaison, les tortures de Jane paraissaient être des caresses…
-Carlisle ! S'écria Estelle horrifiée. Comment as-tu fait pour t'en sortir ? Je vois mal Felicia faire preuve de clémence !
-Felicia voulait voir combien de temps je tiendrais et combien il lui en faudrait pour me tuer avec ses pouvoirs… Heureusement, Mélissa est arrivée et a stoppée sa cousine. Elles se sont défiées quelques minutes avant que Felicia n'abandonne voyant que si elle voulait me toucher la seule solution était de s'en prendre à sa cousine, chose que Carlotta n'aurait pas tolérée. Mélissa m'a aidé et malgré l'interdiction de sa grand-mère, elle m'a souvent rendu visite, je l'intriguais…
-Tu es quand même resté après ce que cette sorcière t'avait fait ? S'étonna Jasper.
-Felicia ne m'a plus jamais approché, je pense que Mélissa y était pour quelque chose. Jade et Mélissa ne semblaient pas à leur place dans cette famille, elles ne partageaient pas les mêmes idéaux. Leurs morts a été un choc pour moi, surtout celle de Mélissa, je m'étais attachée à cette jeune fille si douce et mystérieuse.
-Mystérieuse ? Répéta Emmett.
-Oui… Lorsque nous parlions, j'avais l'impression qu'elle me testait, elle cherchait à savoir si elle pouvait me faire confiance, quelles étaient mes limites... Ses paroles étaient parfois dénuées de sens, je ne compris que plus tard que certaine fois elle faisait référence à l'avenir et me préparait à affronter une situation.
-J'ai rencontré Jade et Duncan une fois, confia Estelle perdue dans ses souvenirs, ils étaient magnifiques, d'ailleurs, j'avais fait rire ma mère en les comparant à des personnages de contes de fée, comment était Mélissa ?
-Je ne peux pas te répondre. Peu de temps avant mon arrivée, Felicia avait exigé que sa cousine masque son visage en sa présence, soit disant parce que ses traits lui étaient insupportables. Je n'ai jamais vu son visage, ni ressentit son odeur, Carlotta avait lancé un sort pour que je ne perçoive l'odeur d'aucun membre de la famille, elle devait craindre que je ne me laisse tenter par une odeur trop alléchante… Bref, tout cela est du passé et il est inutile de le remuer, assura Carlisle tout en fermant les yeux pour chasser la tristesse qui les avait envahis.
-Une chose est sûre, nous allons avoir besoin d'aide, affirma Estelle. Bien que vous soyez vampire ou loup-garou cela ne pèse pas bien lourd face aux pouvoirs que possèdent les Desmorts… Peu de sorciers osent leur tenir tête, mais je vais tout de même essayer d'en rallier quelques uns à notre cause pour que nous ayons au moins une chance.
-Le temps ne joue pas en notre faveur, lui rappela Sam.
-Je sais, je vais faire vite, assura la sorcière, pendant mon absence, j'aimerai que vous tentiez de trouver des textes ou n'importe quel renseignement sur ce qui s'est passé il y a un siècle.
-Pardonnez-moi, mais savez-vous ce qui est arrivé à mon ancêtre ? Demanda Billy inquiet.
-Felicia a rappelé son esprit dans le monde des morts, ne vous tracassez pas pour lui, elle ne peut pas lui faire de mal.
-Il semblait pourtant terrifié.
-Faites-moi confiance, même si elle l'a blessé, cela n'a pu durer que quelques secondes. Par contre, soyez tous sur vos gardes, les Desmorts sont sournois. Vous avez peut-être déjà croisé Felicia ou un autre membre de la famille, il est possible que certains vivent à Forks depuis plusieurs semaines.
-Nous allons surveiller les alentours et être plus attentifs aux gens qui nous entourent, dit Carlisle.
-Soyez prudents, répéta Estelle tout en les saluant, je reviens rapidement.
-Nous allons nous aussi vous laisser, annonça Billy. Je vais faire des recherches sur Ephraïm.
-Nous patrouillerons du côté de la réserve et de Forks, prévint Sam.
-Parfait, nous ferons de même de notre côté, dit Carlisle.
-Tu viens Bella ? Demanda Jacob qui l'attendait près de la porte d'entrée.
-Je dors ici, lâcha la jeune fille tout en le défiant du regard.
-Hors de question, maugréa le Quileute entre ses dents.
-Charlie est d'accord et tout est déjà arrangé, souffla Bella en se rapprochant de lui, elle posa une main rassurante sur sa joue et effleura doucement ses lèvres, tu n'as rien à craindre. Je t'aime.
-Je t'aime aussi, sourit Jacob.
La porte se referma sur le jeune indien. Edward avait observé la scène d'un air absent, une étrange douleur lui comprimait le cœur. Pourquoi ce je t'aime qu'avait prononcé Bella était-il si douloureux à entendre ? Une main douce se posa sur son épaule, il se tourna et croisa le regard anxieux de son père.
-Ca va ? Demanda doucement ce dernier.
-Oui, répondit Edward, je suis juste fatigué.
-Il est tard et la journée a été rude en émotion, dit Esmé en déposant un baiser sur son front, dors bien mon ange.
-Merci, souffla Edward alors que Carlisle l'emmenait déjà à l'étage. »
Carlisle observa les traits détendus de son fils. Il l'avait à peine déposé sur son lit que ce dernier s'était endormi. Tendrement, il caressa ses cheveux, profitant de cet instant de répit pour laisser tomber son masque. Il était inquiet, inquiet pour la santé d'Edward, pour la sécurité de sa famille, pour celle des Quileutes, des habitants de Forks… Il n'arrivait pas à comprendre comment des gens pouvaient prendre plaisir à faire souffrir les autres, à tuer ? Pourquoi fallait-il que sa famille se retrouve prise au milieu de toute cette tourmente ? N'avaient-ils pas eux aussi le droit de vivre en paix ? Les propos d'Estelle ne cessaient de tourner dans son esprit, vous avez peut-être déjà croisé Felicia ou un autre membre de la famille, il est possible que certains vivent à Forks depuis plusieurs semaines. Il savait que son amie avait raison, c'était ainsi que procédaient les Desmorts avant d'attaquer, ils se mêlaient à leurs ennemis pour connaître leurs faiblesses. Carlisle avait toujours été un pacifiste préférant les négociations et les compromis à la bataille, néanmoins aujourd'hui, il savait qu'il ne pouvait plus se permettre d'agir ainsi. Sa décision était prise. Il allait entrer dans le jeu. Sa première carte : débusquer l'espion. Durant la soirée, une idée avait germée dans son esprit, il n'en avait parlé à personne au cas où il se tromperait. Il espérait de toutes ses forces être dans l'erreur, mais son instinct lui hurlait le contraire. Alors, pour le bien de sa famille, il porterait le premier coup, même si cela lui en coûtait… Le médecin sortit de ses pensées lorsqu'il entendit son nom. Il sortit de la chambre de son fils et rejoignit le reste de la famille au salon. Bella était couchée, il pouvait entendre sa respiration régulière provenir de la chambre d'amis à l'étage. Il s'assit auprès d'Esmé, prêt à entendre la mauvaise nouvelle que gardait Alice depuis qu'elle avait eu sa vision.
« -Ils vont venir, lâcha le petit lutin d'une voix blanche, les Volturi sont en route pour venir nous voir.
Un lourd silence accueillit sa révélation. Carlisle resserra son étreinte autour du corps tremblant de son épouse. Emmett et Jasper tentaient eux aussi d'apaiser leurs compagnes, mais il pouvait lire la même peur dans leurs yeux.
-Dans combien de temps ? Questionna le médecin.
-C'est assez flou, avoua Alice, je pense que nous avons quelques jours devant nous, mais pas plus de deux semaines…
-Nous allons partir, décréta Esmé, partons loin d'eux, loin de toutes ces menaces !
-Viennent-ils pour Edward ? Demanda Carlisle.
-Non, enfin, ils viennent pour nous présenter leurs condoléances.
-Après tout ce temps ? S'étonna Jasper.
-Depuis quand ils se déplacent pour ce genre de choses ? Renchérit Emmett.
-Il y a sûrement une autre raison à leur venue, concéda Carlisle. Cependant, nous enfuir ne ferait qu'aggraver la situation et il est hors de question d'emmener Edward en cavale avec nous, ce serait trop dangereux.
-Que faisons-nous alors ? S'enquit Esmé.
-Je vais trouver une solution, lui promit son époux, ne t'inquiète pas, personne ne touchera à notre famille. Alice peux-tu tenter de te déterminer la date probable de leur arrivée ?
-Je vais essayer.
-Très bien. Rosalie, Emmett et Jasper vous vous chargerez de surveiller notre territoire, guettez les traces d'éventuels sorciers ou de vampires.
-D'accord, répondirent ses enfants.
-Esmé, j'aurais besoin de tes contacts pour organiser une petite surprise. »
Bien qu'étonnés par les derniers propos de leur père, tous se dispersèrent pour accomplir la tâche qui leur avait été attribué. Carlisle prit la main d'Esmé et l'entraîna vers son bureau tout en lui faisant part de ses projets.
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Bella ne put retenir un cri de terreur qui provoqua un fou rire chez sa meilleure amie. La jeune fille avait à peine ouvert les yeux qu'elle s'était retrouvée face à deux orbes dorées qui la fixaient avec intensité. Ne supportant plus l'hilarité d'Alice, elle se saisit d'un coussin qu'elle envoya droit sur son amie avec toute la force dont elle était capable, mais s'était sans compter sur la vitesse de la vampire qui lui permit de l'éviter sans difficulté.
« -Allez, Bella ! S'exclama Alice en tirant sur la couette ce qui fit grogner son amie. Il est plus que l'heure de te lever !
-Et comment quelqu'un qui ne dort pas peut savoir s'il est l'heure de se lever ou non ?
-Sache qu'Edward est levé depuis deux heures déjà, espèce de marmotte !
-Mais quelle heure est-il ?
-Il va être 11 heures, répondit Alice.
-Quoi ?! Pourquoi tu ne m'as pas réveillé plus tôt ?
-Et à ton avis, je fais quoi depuis tout à l'heure ? Bon, dépêche-toi de t'habiller ! Esmé a préparé ton petit-déjeuner et je veux que nous allions profiter un peu de ce beau soleil avant que je ne te ramène chez toi!
-Depuis quand les vampires prennent des bains de soleil ?
-Dépêche-toi ! »
Pendant que Bella prenait son petit-déjeuner sous l'œil attentif d'Esmé, elle ne pouvait oublier la présence d'Alice à ses côtés qui trépignait sur place. Bella ne cessait de se demander ce qui pouvait mettre son amie dans un tel état d'excitation. Finalement, dès qu'elle eut terminé son repas, Alice l'entraîna à l'extérieur avant de lui faire signe de monter sur son dos. Bella l'observa avec consternation et frayeur. Elle n'aimait pas voyager ainsi, elle n'avait accepté de le faire qu'avec Edward car c'était un moyen comme un autre pour elle d'être proche de lui. Elle recula d'un pas et leva les mains pour signifier à son amie son refus. Avant qu'elle n'ait eu le temps de protester, elle se retrouva sur le dos de son amie qui courrait déjà à travers les bois. Bella resserra son étreinte autour de ses épaules et de sa taille, enfouissant son visage dans son cou pour tenter d'étouffer la peur qui la rongeait. Tout aussi rapidement qu'Alice s'était mise à courir, elle stoppa sa course. Bella descendit lentement et prudemment de sur son dos espérant ainsi ne pas chuter. Une fois qu'elle fut certaine d'avoir retrouvé son équilibre, Bella se redressa prête à déverser toute sa colère sur sa soi-disant meilleure amie ! Soudain, elle se rendit compte qu'elle était seule, elle observa les alentours, pas la moindre trace d'Alice. A quoi rimait donc cette mascarade ? Bella fit quelques pas et alors qu'elle allait appeler Alice, elle aperçut une clairière non loin d'elle, son cœur se figea dans sa poitrine lorsqu'elle reconnut leur clairière. Doucement, Bella s'approcha. Elle ne put retenir un sourire lorsqu'elle vit une forme allongée dans l'herbe. Elle s'approcha doucement, contemplant son visage serein offert aux douces caresses du soleil. Bella s'assit à ses côtés en prenant garde de ne pas le réveiller.
« -C'est étrange, murmura Edward, cette clairière m'est familière, elle me parait importante… Tu sais pourquoi Jasper ?
-Ce n'est pas Jasper, souffla doucement Bella pour ne pas l'effrayer.
-Oh ! Bonjour, dit Edward tout en se redressant. Je pensais que c'était mon frère, il m'a… comment dire… il m'a légèrement oublié ici je pense. Je croyais qu'il était revenu me chercher.
Bella fronça les sourcils, apparemment, Alice avait décidé de mettre son nez dans leurs affaires malgré les recommandations de Carlisle. Bella ne souhaitait pas revoir Edward se tordre de douleur. Elle était certaine que les deux vampires n'étaient pas loin, jamais ils ne les auraient abandonnés ici sans surveillance avec la menace que représentaient les Desmorts. Bella allait les appeler lorsqu'Edward reprit la parole.
-Je suis… Enfin, nous sommes déjà venus ici, n'est-ce pas ? Demanda le jeune homme qui avait les sourcils froncés sous le coup de la concentration, ses yeux se perdaient peu à peu dans le vague.
-C'est ta clairière, avoua Bella tout en se rapprochant de lui, elle posa une main rassurante sur son épaule.
-Comment sais-tu pour ma famille ? Demanda soudain Edward. Tu sais que nous sommes, enfin, qu'ils sont différents. Comment l'as-tu su ?
-…
-C'est moi qui te l'ai dit, n'est-ce pas ? Continua Edward sans attendre sa réponse. Oui, je te l'ai dit, parce que je te faisais confiance, parce que je t'ai…
-Edward ? Appela Bella inquiète face à son soudain mutisme.
Lentement, la jeune fille passa une main sous son menton, l'obligeant à relever la tête. La belle couleur émeraude de ses iris était troublée. Elle pouvait presque voir ses souvenirs défiler dans ses yeux.
-Je me suis mal comporté ici, avoua Edward, j'ai voulu t'effrayer, cela aurait été si simple si tu t'étais enfuie en courant, mais tu n'es pas partie …
-Je n'ai jamais eu d'instinct de survie, sourit Bella.
-Je t'ai fait souffrir, pardonne-moi…
-Alors, tu te souviens ?
-Oui, je t'en prie, Bella, pardonne-moi, je ne pensais pas que Victoria…
-Il n'y a rien à pardonner Edward, coupa-t-elle. Ne soit pas en colère contre Alice, mais elle m'a tout raconté, je sais que tu es parti pour me protéger. Je sais que tu as fait cela pour mon bien.
-Et j'ai réussi, tu as trouvé quelqu'un qui pourra te donner ce que je ne pouvais t'offrir, réalisa Edward, Jacob t'a toujours aimé.
-C'est vrai.
-Quelle ironie, soupira-t-il tout en se dégageant de son étreinte, maintenant que je ne suis plus une menace pour toi, tu en aimes un autre.
-Je suis désolée, je…
-Non, tu ne dois pas l'être, sois heureuse, ma Bella, c'est tout ce que je souhaite. Pardonne-moi, mais j'aimerais être un peu seul, c'est assez dur de se souvenir de tout et de réaliser que j'ai perdu ce que j'avais de plus cher.
-J'aime Jacob, lâcha Bella tout en se rapprochant de lui, mais il y aura toujours une place spéciale pour toi dans mon cœur.
Avant qu'elle n'ait pu réaliser ce qu'elle faisait, Bella déposa ses lèvres sur celles du jeune homme. Elle fut surprise par la douce chaleur qui en émanait. Elle sentit sa main se poser sur sa nuque alors que leur baiser s'accentuait. Bella s'agenouilla entre ses jambes, elle posa ses mains en coupole autour du visage d'Edward approfondissant ainsi leur étreinte. Leur langues se trouvèrent, se reconnurent, se caressèrent. Bella pouvait sentir le souffle chaud d'Edward contre sa peau, elle percevait le rythme effréné de sa respiration, de son cœur dans sa poitrine… Tout aussi rapidement, elle rompit leur étreinte. Elle se recula légèrement, mordillant sa lèvre inférieure pour retenir les larmes qui menaçaient de lui échapper. Elle releva la tête et son cœur se serra lorsqu'elle vit les joues baignées de larmes de son premier amour, il avait compris que ce baiser était un adieu. Tendrement, elle essuya ces perles translucides qui lui rappelaient à quel point il était vivant, malheureusement, il était trop tard pour eux, trop tard pour leur histoire, le destin avait décidé qu'ils prendraient des chemins différents.
-Va-t-en, s'il te plaît, chuchota Edward.
Ces mots blessèrent Bella, mais quand elle croisa son regard empli de souffrance, elle comprit qu'il avait besoin d'être seul. Les jambes tremblantes, elle se releva et avança péniblement vers la forêt. Elle hésita un instant. Elle se retourna. Il n'avait pas bougé. Ses jambes étaient repliées contre sa poitrine, sa tête était enfouie dans ses genoux, elle pouvait voir ses épaules trembler au rythme de ses sanglots. Elle ravala ses larmes et avança de quelques pas avant de murmurer le nom de son amie. Alice apparut presque immédiatement dans son champ de vision, elle affichait une mine penaude et triste.
-Je suis désolée, Bella, je…
-Stop ! Coupa la jeune fille d'une voix froide. Ramène-moi ! »
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Jasper observa de loin Alice et Bella, il pouvait ressentir le chagrin des deux jeunes femmes. Il les suivit du regard jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Puis, lentement, il s'avança dans la clairière. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait de son frère, il pouvait sentir sa douleur et sa détresse. Il lui envoya des ondes de calme, d'apaisement, mais rien ne semblait pouvoir atténuer sa peine. Jasper serra les dents, il ne devait pas se laisser envahir par les émotions d'Edward, son frère avait besoin de lui, il devait l'aider. Il réussit enfin à s'asseoir près de lui, il bloquait autant qu'il le pouvait les sentiments qui émanaient de son cadet. Lentement, il défit l'étreinte d'Edward. Il le prit dans ses bras. Alors qu'il lui murmurait des paroles réconfortantes, sa main caressa doucement son dos en un geste rassurant.
Jasper était incapable de dire depuis combien de temps ils étaient là, cela faisait plusieurs heures, il en était certain. Edward venait juste de se calmer. Il s'était assoupi entre ses bras. Maintenant qu'il était certain de ne plus se laisser envahir par la souffrance de son frère, il pouvait se détendre. Ses barrières mentales s'effondrèrent et il inspira profondément. Il apprécia de sentir à nouveau les odeurs qui l'entouraient. Soudain, il se figea. Un arôme particulier flottait dans l'air, une odeur des plus appétissantes. Ses sens se mirent en alerte, d'où cela pouvait-il venir ? Il ferma les yeux et baissa légèrement la tête pour se concentrer. Son menton frôla quelque chose de doux et soyeux. Il huma l'air, s'imprégnant encore plus de cette senteur délicieuse. Jasper se maudit aussitôt en se rendant compte de ce qu'il était en train de faire, il était en train de baver devant son frère comme un humain devant une pâtisserie ! Il avait relâché sa vigilance et cela faisait bien trop longtemps qu'il n'avait pas chassé ! Jasper n'osait plus bouger, il avait peur qu'au moindre mouvement sa retenue ne l'abandonne et qu'il ne… Non ! C'était Edward ! Son frère ! Ce dernier bougea légèrement dans ses bras, offrant inconsciemment sa gorge au danger. Le venin se répandit dans sa bouche. Lentement, il se pencha vers le fruit défendu. Ses lèvres frôlèrent la peau douce et chaude. Les battements de son cœur résonnaient comme une douce mélodie à ses oreilles, son odeur envahissait tout son être, anéantissant peu à peu sa volonté. Après tout, Bella ne voulait plus d'Edward, ce dernier n'avait plus de raisons de rester humain. Il allait juste goûter à son sang si enivrant, il allait lui offrir l'éternité, le libérant ainsi de toute cette souffrance. Les autres ne lui en voudraient pas, ils allaient de nouveau former une famille.
« -Arrête ! Ordonna une voix d'un ton calme. Lâche ton frère !
Edward bougea doucement dans ses bras. Jasper entendit une légère plainte s'échapper de la poitrine de son frère. Il releva la tête et croisa le regard apeuré d'Edward.
-Tu ne me feras pas de mal, assura pourtant ce dernier d'une voix ferme, je le sais. Je te fais confiance. Je te remercie Jazz, merci d'avoir veillé sur moi.
Jasper réalisa avec horreur ce qu'il était en train de faire. Lentement, il desserra l'étau de ses bras, permettant à son frère de respirer plus facilement. Il allait s'éloigner lorsque le venin emplit à nouveau sa bouche, une brûlure atroce se propagea dans sa gorge.
-Jasper, reprit calmement la voix en se rapprochant. Tu as fait preuve d'une très grande retenue, je suis fier de toi. Mais maintenant, tu vas lâcher ton frère et aller chasser !
L'odeur rassurante de Carlisle emplit les narines du jeune vampire, il leva la tête vers son père prêt à recevoir son regard empli de reproches, pourtant, ce n'était pas le cas, Carlisle semblait inquiet mais une lueur de fierté brillait dans ses prunelles.
-C'est bien, mon fils, le félicita Carlisle alors qu'il reculait, va chasser maintenant.
Jasper hocha la tête et après avoir lancé un regard d'excuse à son frère, il s'enfuit vers la forêt.
-C'est de ma faute, dit Edward à l'attention de son père, ne lui en veut pas. Je n'aurais pas du le retenir ainsi.
-Tu n'y es pour rien et je ne suis pas en colère contre ton frère, au contraire, je suis fier de la retenue dont il a fait preuve. Je ne pensais pas que Jasper pourrait tenir si longtemps, je …. Tu as pleuré ? S'alarma Carlisle en s'asseyant à ses côtés. Edward qu'as-tu ?
-Bella, chuchota-t-il, Bella ne m'aime plus.
-Tu te souviens ?
-Oui.
-Je suis navré Edward, affirma son père en le prenant dans ses bras. Je sais que c'est dur, mais la vie continue, tu trouveras quelqu'un d'autre.
-Comment ? J'ai presque attendu 100 ans pour la trouver, grâce à elle je me sentais plus vivant que jamais. Comment pourrais-je vivre sans elle ?
-Tu apprendras. Ca ne sera pas facile, mais chaque jour passant ta peine s'allégera, puis, un beau matin, ce sera du passé.
-Je ne pense pas, jamais je ne pourrais l'oublier.
-Non, elle est et restera ton premier amour, mais tu verras, tu arriveras à tourner la page. Es-tu prêt à rentrer ? Esmé t'attend, tu as déjà sauté le repas de midi.
-Je n'ai pas faim.
-Je lui parlerai, promit Carlisle avant de le prendre sur son dos. »
Il courut jusqu'à la villa. Il ne s'arrêta pas dans le salon, où étaient installées Alice et Esmé, il alla directement dans la chambre de son fils. Il l'installa confortablement sur son lit avant de rejoindre les deux femmes. Esmé grimpait déjà l'escalier avec un plateau repas. Carlisle la stoppa et redescendit avec elle. Il lui expliqua la situation puis il se tourna vers Alice. Il la sermonna car personne ne pouvait savoir comment le corps d'Edward allait réagir face à ses souvenirs, ils avaient eu de la chance que rien de grave ne lui arrive. Il les informa ensuite du comportement de Jasper. Alice partit aussitôt à sa recherche, bien décidée à le réconforter.
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Deux jours s'étaient écoulés depuis qu'il avait retrouvé tous ses souvenirs, deux jours qu'il avait passé allongé dans son lit refusant de quitter le cocon de sa couette. Edward avait l'impression qu'un trou béant s'était formé dans sa poitrine, la douleur était à peine tolérable. Il mangeait peu, son corps menaçant de rejeter toute forme de nourriture. Il savait que ses parents, ses frères et ses sœurs étaient inquiets, mais il s'en moquait. Il ne supportait plus de les entendre dire que ce n'était qu'un mauvais moment à passer, qu'il trouverait quelqu'un d'autre… Comment pouvaient-ils dire ça alors que tous avaient trouvé leur âme sœur ? Aucun d'entre eux ne pouvait imaginer ce qu'il ressentait, aucun d'entre eux n'avait perdu sa moitié !
La sonnerie de son portable retentit, brisant le silence réconfortant de sa chambre. Il rabattit sa couette sur sa tête tout en grognant contre ce maudit appareil. Il soupira quand la sonnerie cessa enfin, mais son répit fut de courte durée, le téléphone se remit à sonner. Il pesta contre la personne qui tentait de le joindre. A nouveau la sonnerie stoppa pour repartir de plus belle quelques secondes plus tard. D'un geste rageur, il attrapa le téléphone tout en injuriant copieusement l'individu qui osait l'interrompre dans sa déprime. Il allait raccrocher au nez de l'importun lorsqu'il réalisa que peu de monde avait son numéro. A vrai dire, hormis sa famille et Ambre, personne ne l'avait et étant donné que sa famille était à la villa, il ne pouvait s'agir que d'Ambre. Le téléphone se tut et il put voir qu'elle n'en était pas à son premier appel, une pointe de remord l'envahit. La sonnerie retentit une nouvelle fois, un sourire éclaira son visage de toute évidence Ambre avait décidé de le harceler tant qu'il ne décrocherait pas.
« -Allo ?
-Oh, mon Dieu ! S'exclama la jeune femme. Tu es vivant ! Edward Cullen est vivant et Monsieur daigne enfin décrocher son téléphone !
-Je suis désolé.
-Tu peux l'être ! Cela fait deux jours que j'essaie de te joindre et en plus ton paternel passait à l'Institut quand j'étais absente ! Bref, je n'avais aucune nouvelle et j'étais morte d'inquiétude.
-Je vais bien.
-Tu mens mal, qu'y a-t-il ?
-Rien.
-Edward ? Insista la jeune femme.
-J'ai retrouvé tous mes souvenirs, avoua-t-il en soupirant, je me suis souvenu que j'avais une petite amie.
-La jeune fille brune ?
-Oui, Bella.
-Et ?
-Elle en aime un autre.
-Aïe. Je suis navrée. Mais bon, écoute, je ne vais pas y aller par 4 chemins : tu vas sortir tes jolies petites fesses de ton lit, tu vas prendre une bonne douche, t'habiller, déjeuner et te ramener ici !
-Là, je n'ai aucune envie de sortir et… Attends ! Tu as dit quoi au sujet de mes fesses ?
-C'est une expression Edward, pas la peine de prendre ce ton outré ! J'ai besoin de renforts ici, tu te souviens de la kermesse ? La kermesse que tu devais m'aider à préparer et qui aura lieu cet après-midi ? C'était ton idée d'organiser cette petite fête pour que les gens du quartier apprennent à connaître les pensionnaires ! Donc, je te promets que tu pourras déprimer tant que tu le souhaites, mais demain ! Je suis même prête à te fournir en chocolats et en mouchoirs, mais là tu te ramènes ! Compris ?
-Pas la peine de crier, j'arrive ! Ambre, tu sais que tu es une vraie sorci…. Ambre ? »
Edward observa son téléphone avec stupeur, elle lui avait raccroché au nez ?! Il fut tenté un instant de la rappeler pour lui dire sa façon de penser, mais il se souvint qu'elle était déjà suffisamment en colère contre lui. Il sortit du lit et alla se préparer. Quelques minutes plus tard, il descendait les escaliers et entrait dans la cuisine. Esmé l'accueillit avec un sourire bienveillant, elle préparait déjà son petit-déjeuner. Il déposa un baiser sur sa joue pour la remercier avant de s'asseoir. Esmé versa les œufs brouillés dans une assiette qu'elle déposa devant lui. A cet instant, Carlisle et Alice entrèrent dans la cuisine, ils s'arrêtèrent un instant, surpris de le voir là et en train de manger.
« -Je suis contente de voir que tu vas mieux, avoua sa sœur tout en l'embrassant sur le front.
-Si tu n'es pas trop occupée, tu peux venir avec moi à l'Institut ? Ambre a besoin d'un coup de main pour la kermesse.
-Il faut que je termine un travail, mais je peux te rejoindre, proposa Alice dont les yeux pétillaient déjà de plaisir.
-D'accord.
-Il est hors de question que tu y ailles seul, l'avertit Carlisle.
-J'ai promis à Ambre de l'aider, rappela Edward.
-Cela a l'air de lui faire plaisir, remarqua Esmé tout en plongeant son regard dans celui de son époux, Edward a vraiment envie d'y aller. Il n'y a aucun danger là-bas.
-De toute manière, j'y vais ! Décida son fils. Après tout, ma jambe et mon bras sont guéris, j'ai mon permis, rien ne peut m'empêcher d'y aller !
-Tu n'as plus de voiture, lui rappela Carlisle.
-Je lui prête la mienne, intervint Alice avant d'ajouter en voyant le regard furieux de son père, et je vais avec lui. Après tout, je peux surveiller l'avenir et préparer une kermesse ?
-Et dès que nous aurons terminé ici, toute la famille ira à la fête, conclut Esmé. Il n'y a aucun danger pour le moment, n'est-ce pas ?
-Aucun risque, affirma Alice en souriant. »
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C'est ainsi que quelques heures plus tard, Edward se retrouva en train de distribuer des boissons et des parts de gâteaux aux habitants du quartier. Tout en s'affairant, il surveillait discrètement sa sœur et Ambre, cette dernière ne cessait de la freiner dans ses ardeurs. La jeune directrice avait du user de toute sa patience pour empêcher Alice d'appeler un fleuriste, un traiteur et un DJ pour animer la soirée. Ambre avait fini pas céder à l'usure, elle avait seulement accepté qu'un fleuriste apporte quelques compositions pour décorer l'Institut et le jardin. L'après-midi et la soirée s'étaient bien déroulés. Les habitants semblaient apprécier les pensionnaires de l'Institut. La nuit était tombée, certains étaient rentrés chez eux, d'autres profitaient de la douce fin de journée pour discuter entre eux. Toute sa famille était arrivée à la tombée du jour, ils avaient été rapidement adoptés par les pensionnaires. Les plus jeunes avaient décidé de faire chuter Emmett, ils étaient accrochés à ses jambes ou tentaient de grimper sur son dos sous le regard bienveillant des femmes de la famille Cullen. Soudain, Jasper décida de donner un coup de main aux jeunes gens, faisant basculer son frère d'une manière peu gracieuse dans le petit étang. Il s'ensuivit une course poursuite qui provoqua des fou-rires de toute part. Edward tentait de contrôler son hilarité quand il sentit une présence à ses côtés.
« -Je n'aurais pas du prévoir d'animations, tes frères suffisent amplement, lâcha Ambre en riant.
-Ils ne peuvent pas s'empêcher de faire les clowns, admit Edward.
-Tu as de la chance, toute ta famille est adorable.
-Je sais, je n'imagine pas ma vie sans eux… Ambre, je … Je voulais te remercier… Grâce à toi, j'ai pu oublier… Enfin, penser à autre chose, alors, merci.
-Tu n'as pas à me remercier, assura la jeune femme, si jamais tu as un coup de blues, ma porte te sera toujours ouverte.
Sans réellement réfléchir, Edward s'approcha d'Ambre et la serra dans ses bras, son visage se perdant dans sa chevelure blonde.
-On vous dérange les tourtereaux ? Ricana Emmett.
Edward se sépara de la jeune femme, le visage en feu ce qui ne fit qu'accentuer l'hilarité de ses frères.
-Laisse-le tranquille ! Gronda Rosalie en donnant une tape sur la tête de son époux.
-Merci d'être venu, dit Ambre en se rendant compte qu'il n'y avait plus qu'elle et la famille Cullen dans le jardin, merci de votre aide.
-C'est le moins que nous puissions faire, assura Esmé.
-Et ce n'est pas terminé ! Déclara Alice en sautillant sur place.
-Que veux-tu dire ? Questionna Ambre surprise.
-C'est de notre part à tous, avoua Esmé en lui tendant une enveloppe.
Ambre s'en saisit et l'ouvrit sous les regards avides de toute la famille. Elle lut rapidement le bout de papier avant de lever un regard incrédule vers eux. Son regard se posa à nouveau sur le document qu'elle tenait entre ses mains, ayant du mal à croire ce qui était écrit.
-C'est beaucoup trop, balbutia la jeune femme, je ne peux pas accepter.
-Tout est déjà organisé, annonça Alice, tu ne peux pas refuser !
-Je suis touchée, mais…
-Notre famille a plus d'argent que nécessaire, je t'assure que cela ne représente pas grand-chose par rapport à ce que nous te devons, contra Esmé dont le regard était posé sur son fils cadet.
-Accepte, s'il te plaît, murmura Edward à son oreille.
-Peut-être que la destination ne te plaît pas, intervint Carlisle qui ne la quittait pas des yeux. Pourtant, la Nouvelle-Orléans est magnifique à cette période de l'année et puis il y a le festival de jazz.
Ambre et Carlisle se jaugèrent du regard pendant un instant, le médecin esquissait un sourire énigmatique.
-Je t'assure que tous tes pensionnaires vont apprécier ces deux semaines, vous serez présents pour le festival français, pour les défilés… Tu verras ils se laisseront vite bercer par tout l'univers magique qui entoure cette fête, il ne faut pas oublier qu'il s'agit de l'antre des sorcières et des vaudous, expliqua Carlisle.
-Je vois que tu es bien renseigné, murmura Ambre, merci beaucoup. Ce cadeau me touche énormément et je suis certaine que tout le monde va l'adorer, mais un départ demain, n'est-ce pas trop tôt ?
-Tu crois qu'on avait pas tout prévu ? Rigola Emmett. Tu étais la seule à ne pas être au courant. Pourquoi crois-tu qu'ils soient déjà tous couchés ?
-Ils sont tous impatients de partir en vacances, renchérit Jasper.
-Si je comprends bien, vous avez tout prévu, réalisa Ambre. Je peux savoir qui a manigancé tout cela ?
-A vrai dire c'est l'idée de Carlisle, admit Edward.
-Je m'en doutais, souffla Ambre en fixant le médecin. Encore merci.
-Et bien, nous allons te laisser, tu dois préparer tes bagages, annonça Carlisle. Amusez-vous bien et pensez à nous envoyer une carte postale.
-Je n'oublierai pas Carlisle, sois en sûr, affirma Ambre. »
Après une dernière embrassade, la famille Cullen grimpa dans les deux voitures qui les avaient emmenés. Alice rejoignit Esmé et Edward dans la BMW de Carlisle, les trois autres ayant décidé de patrouiller sur leur territoire avant de rejoindre la villa. Le trajet de retour fut rapide. Alice sourit en s'apercevant que son frère s'était assoupi. Elle caressa doucement sa joue. La voiture ralentit, ils étaient arrivés. Carlisle ouvrit doucement la portière et prit tout aussi prudemment Edward dans ses bras pour ne pas le réveiller. Alice allait les suivre quand une sensation familière s'empara d'elle. Elle se concentra sur sa vision tout en redoutant ce qu'elle allait voir.
« -Que se passe-t-il ? Demanda Esmé inquiète face aux traits tirés de sa fille.
-Je suis désolée, je les ai surveillés, mais je n'ai rien vu… Je suis désolée… Ils seront là demain dans le courant de l'après-midi. »
Les regards des trois vampires se posèrent sur Edward qui dormait toujours, inconscient du danger, dans les bras de son père. Alice croisa le regard voilé d'Esmé, ils n'étaient pas suffisamment forts pour protéger Edward des Volturi. Elles se tournèrent vers Carlisle dont le visage s'était fermé. Elles pouvaient voir dans son regard qu'il était en train d'envisager toutes les possibilités qui s'offraient à eux. Il n'y avait qu'une seule chose qui comptait à leurs yeux : protéger Edward.
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J'espère que ce chapitre vous a plu, comme d'habitude, la suite sera en ligne mercredi.
Bonne soirée !
