Je me prépare pour l'hiver.
Deuxième partie.
Motivé par cette idée grandiose, Picsou décide de s'offrir un défi de taille afin de patienter jusque là. Désormais, il tient à terminer cette couverture pour se prouver qu'il est capable de réaliser quelque chose sans débourser le moindre centime. Pour la énième fois de la matinée, le voilà qui s'énerve de nouveau contre le grand morceau de tissu.
« Dites-moi Picsou ?
- Oui Dingo.
- Vous êtes en train de rembourrer cette couverture avec des plumes de quel volatile ?
- Des plumes de canes. Pourquoi cette question ?
- Parce que je suis très étonné, voilà la raison. De plus, les plumes proviennent d'une cane que je connais ?
- Peut-être. »
Dingo sent que le canard ne lui dit pas tout et est bien motivé à savoir d'où viennent cette maudite matière de rembourrage.
« Qui est la malchanceuse ?
- Malchanceuse dites-vous ? Je suis sûr qu'elle est très heureuse de m'avoir cédé quelques plumes pour remplir ma couverture.
- Cela dépend de la personne. »
Voyant que le chien ne lâchera pas le morceau d'aussitôt, Picsou décide d'avouer la vérité pour être tranquille.
« Les plumes viennent de Daisy.
- De Daisy ? »
Et bien sûr, Dingo a du mal à croire un mot de ce que vient de lui raconter le canard milliardaire. Pourquoi ? Parce que Daisy est la compagne de Donald et que ce dernier n'aurait sans doute pas laissé son oncle agir de la sorte envers sa bien-aimée. Toutefois, ce vieil égoïste aurait pu profiter de l'un des nombreux voyages spatiaux de son neveu pour approcher la dame et lui faire cette proposition. Cette hypothèse n'est pas idiote du tout et Dingo va cherche à connaître le fin mot de cette histoire.
« Je suis étonné de constater la passivité de Donald.
- Sa passivité ?
- Oui. Nous savons tous quelle est la nature de ses sentiments vis-à-vis de Daisy et savoir qu'il vous a laissé faire me surprend. D'ailleurs, je vais lui demander moi-même la raison de ce manque de défense. »
Dingo se tourne sur ses talons et commence à s'éloigner de Picsou lorsque ce dernier tente de l'arrêter au son de la voix.
« Attendez Dingo. »
Celui-ci évite de se retourner mais s'immobilise tout de même afin d'écouter ce que le vieil oiseau souhaite lui avouer. Peut-être que ces révélations arriveront à convaincre le chien noir, même si celui-ci en doute sérieusement.
« Daisy avait besoin d'un peu d'argent et elle ne savais pas vers qui se tourner. »
Suite à cette réponse, Dingo ressent le besoin de lui poser une toute nouvelle interrogation.
« Et elle n'a pas songé à le demander à Donald ?
- Bien sûr que si mais elle ignorait quand cet idiot allait entrer. »
A l'entente de cette insulte, le chien se retourne et se montre particulièrement en colère. Même si Donald n'est pas une flèche sur le plan de l'intelligence, c'est un individu de confiance sur lequel on peut compter et jusqu'à présent, le roi Mickey n'a jamais eu à se plaindre de lui.
« Même si vous êtes son oncle, je vous demande de retirer ce que vous venez de dire sur lui !
- Et puis quoi encore ? Même si vous êtes au service de ce bon roi Mickey, il me semble que je n'ai aucun ordre à recevoir de vous. De plus, si je le voulais, je pourrais très bien racheter le royaume dans son intégralité et de devenir son nouveau dirigeant. Ce n'est pas ce que vous voulez, n'est-ce pas ? »
Dingo aimerait répondre à l'insolence de ce vieux canard mais il sait très bien qu'il pourrait provoquer la chute de son souverain, chose qu'il ne souhaite pas au plus profond de lui. Du coup, il n'a pas d'autres choix que de se taire.
« Donc, je poursuis mon histoire. Comme Donald était en voyage sur ce mystérieux vaisseau, Daisy est venue me trouver pour savoir si elle pouvait m'emprunter un peu d'argent. Bien sûr, vous savez très bien que la générosité n'est pas l'une de mes qualités et comme j'avais besoin de me procurer une couverture épaisse, j'y ai vu là un certain intérêt pour une éventuelle négociation. En échange de toutes ses plumes, j'acceptais de lui verser la somme qu'elle voulait et comme vous pouvez le voir, la transaction s'est très bien déroulée.
- Combien vous a-t-elle demandé ?
- Pour cette réponse, je vous recommande chaudement d'aller la voir.
- Très bien. »
Picsou poursuit le remplissage de sa couverture et commence doucement à y voir le bout de cette tâche.
« Je n'arrive pas à croire que vous êtes incapable de vous montrer généreux avec les membres de votre propre famille, continue Dingo.
- Daisy n'est pas de ma famille, c'est la femme de mon neveu. En clair, ce n'est qu'une pièce rapportée et il est normal que je souhaite à négocier avec celle-ci lorsqu'elle se retrouve dans le pétrin. De plus, j'avais bien dit à Donald que cette fille était très superficielle et qu'elle allait lui coûter cher, je ne me suis pas trompé. »
Maintenant que toutes les plumes sont dans la couverture, Picsou attrape la boîte de couture qui reposait à ses pieds pour en sortir une aiguille. Ensuite, il s'empare d'une bobine de fil et en coupe plusieurs centimètres. Tandis qu'il affine sa vue afin de glisser l'extrémité du lien dans le chas, le canard à l'immense fortune continue de continuer avec le plus fidèle serviteur du roi Mickey.
« De toute façon, toutes les suivantes de la reine Minnie sont des écervelées et je me ris d'apprendre ce qui s'y passe à chaque fois, au sein de ce château. »
Etant fatigué des insultes de Picsou, Dingo décide d'user d'une carte qu'il peut se permettre.
« Au nom du Roi Mickey, je suis au regret de vous arrêter pour insultes envers la cour et envers la Reine.
- Je n'ai pas insulté la Reine Minnie.
- En insultant ses suivantes, vous insultez ses choix et donc, vous l'insulter elle-même, c'est tout pareil. Maintenant, laissez votre couverture et suivez-moi ! »
