Hey tout le monde ! Voici l'avant dernier chapitre… Une scène plutôt étrange mais je vous laisse découvrir. Merci à tous ceux qui lisent et commentent encore et toujours.


Pau : Quelle belle analyse… Kate est là mais finalement, ce n'est plus vraiment elle. Ou alors par moment… Difficile pour Rick de voir ainsi sa femme partir peu à peu… Merci pour ton commentaire.

Mam : Effectivement, ce n'est pas la plus joyeuse de mes fics xD Mais si elle te plait, tant mieux ! Merci et bonne lecture.


Chapitre 10 : 8ème mois – Août


A la fin du mois de Juillet, si Castle avait encore l'espoir de voir sa femme renaitre de ses cendres, en ce mois d'Août étouffant, ce n'était plus le cas. Il y avait des signes qui ne trompaient pas, qui ne trompaient plus. Elle ne ressortirait pas de cet hôpital. Ces locaux, blancs, dépourvus d'âme seraient sa dernière maison.

Richard pour la énième fois emprunta l'ascenseur B, appuya sur le bouton 4 et attendit patiemment que la cage d'acier s'ouvre sur cet étage calme, silencieux, désert. Rien ne laissait croire qu'à l'intérieur de chaque chambre, que derrière chaque porte se cachait une famille désœuvrée, décontenancée par la maladie d'un proche.

Il frappa à la porte 2513. Aucune réponse. Son cœur se mit à battre plus fort, une perle de sueur se créant sur sa tempe. Ouf ! Elle dormait, son nez blottit contre sa chemise. Une caresse sur sa joue, dans ses cheveux et il s'assit à côté d'elle attendant… Attendant qu'elle se réveille, que les heures s'égrènent. Il ne savait pas vraiment.

Quelques heures plus tard…

Sa merveilleuse épouse s'était réveillé un peu avant quatre heures, juste à temps pour son gouter. Un bien grand mot, dans un hôpital, où un yaourt au fromage blanc et une biscotte faisaient office de cet entracte gourmand ou dans le cas de Kate, il apparaissait nécessaire, presque vital.

-Il se fait tard, je vais rentrer mon cœur.

-D'accord.

Castle l'embrassa tendrement et lui fit un geste de la main. Elle leva la tête et demeura ainsi un moment, perplexe, avant de lui rendre son salut sans trop savoir pourquoi. Il savait que son geste n'était que mimétisme mais cela lui réchauffait un peu le cœur de savoir que même malade, elle faisait de son mieux pour lui rendre son amour.

Tout seul au loft. Le vide. C'était tout ce que Rick pouvait ressentir en ce moment. Les larmes étaient incapables de couler le long de ses joues, il lui était impossible de craquer, de se réfugier dans son lit. Leur lit. Il était tout simplement condamné à rester assis par terre, fixant des photos d'eux lorsqu'ils étaient encore… Normaux. Ou plutôt heureux. Mais ne l'était-il pas encore ? Malgré la maladie. Malgré la perte imminente de sa femme.

-Kate…

Les sanglots éclatèrent enfin, le libérant. Du moins… En quelque sorte. Pour un instant. Car bien qu'il sache pertinemment que ce n'était qu'une question de minutes avant qu'il n'ait les yeux rougis, presque à secs d'avoir pleuré autant, il pouvait enfin se laisser aller, s'abandonner dans le torrent de larmes qu'il déversait. Mais ce n'était pas la grâce, juste le commencement de la fin, celle qui le ferait souffrir à tout jamais.

Il s'allongea par terre, prenant la photo qui était la plus chère à ses yeux, celle de son épouse, pour venir la coller contre son torse, contre son cœur. Il se mit sur le côté, se roula en boule, pour combler le sentiment de mal être qui le gagnait peu à peu, lui donnant presque la nausée tant il se sentait honteux et faible. La chambre se réduisait autour de lui à un mince filet de couleurs, brouillée à cause des gouttes intarissables qui coulaient par milliers sur son visage.

Demain ? Après-demain ? Il ferait comme si tout allait bien, pour elle, parce que non, ce n'était pas son genre de déballer devant sa femme malade, qu'il n'avait pas dormi de la nuit, trop rongé par ses songes les plus sombres. Lui, il était l'opposé. Celui qui encaissait sans rien dire, celui qui ne dévoilait ses craintes.

A l'hôpital, le lendemain…

-Bonjour Kate !

-Docteur ! Je souhaiterais sortir aujourd'hui. Puis-je avoir les clefs de ma voiture ? Ou les papiers à signer ?

Il se jouait d'elle. Une mauvaise farce. Une blague de mauvais goût. Il s'inquiéta.

-Kate, mon cœur. Tu ne te souviens plus ?

-Qui… Qui êtes-vous ?

L'incompréhension s'était emparée de lui. Sa femme, sa partenaire, son amie, sa confidente l'avait oublié. En prononçant ces trois mots destructeurs, elle avait enterré son cœur six pieds sous terre et l'avait laissé pourrir. Cœur putride. Face à ces mots perfides, il n'avait qu'une idée en tête s'éloigner, s'enfuir, courir et pleurer. Non ! Oubli. Cette tumeur lui avait enlevé les souvenirs qu'elle avait de lui, qu'elle avait d'eux. Il allait les recréer. Quitte à réécrire chaque chapitre, chaque mot, il le ferait.

-Que faites-vous ?

-Kate, c'est moi Rick.

-Je ne vous connais pas, désolé.

-Mais… Mais Kate, je t'aime. Tu m'aimes.

-Je dois reconnaître que vous êtes charmant docteur mais je crois que vous vous trompez.

Désemparé. Perdu. Confus. Il ne savait plus quoi faire. Idée saugrenue, tentative désespérée, il s'approcha pour l'embrasser. Peut-être que son odeur, cette intimité le rappelleraient à elle, à eux, à leurs corps si souvent enlacés, à leurs odeurs si souvent mélangés, à leurs contacts si souvent consumés.

-Que faites-vous ? Vous êtes complètement fou !

-Tu ne me reconnais pas, murmura-t-il à son oreille en effleurant son bras nu.

-Au secours ! A l'aide !

-Kate…

Un claquement sec résonna dans la chambre, Richard venait de recevoir une gifle alors que ses lèvres avaient frôlé celles de sa douce. Il porta sa main à sa joue rougie par l'impact, des larmes menaçant de couler.

-Katherine… Chuchota-t-il la voix chevrotante.

-Ca… Castle, bégaya-t-elle en secouant la tête comme pour s'éclaircir l'esprit. Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Mon cœur, sanglota-t-il en attrapant ses mains entre les siennes.

-Viens-là Babe, murmura-t-elle en lui faisant une place dans son lit.

Il retira ses chaussures et se blottit contre sa femme, la tête sur sa poitrine. Comment pouvait-il faire le deuil de son couple alors que sa moitié était encore vivante ? Il y avait d'abord eu les premiers signes, les mots qui s'emmêlaient, les souvenirs qui s'étiolaient mais maintenant, supporter qu'elle ne le reconnaisse pas, c'était dur, peut-être trop dur.

La personne allongée sur ce lit ressemblait à Kate malgré de nombreux changements, toutefois même ses yeux dont à l'époque il ne pouvait se détourner, lui échappaient, lui faisaient mal. Vide, dénué d'émotions, son regard ne lui parlait plus. Même… Même ses gestes n'étaient plus sa femme. Des spasmes, des mouvements incertains, décousus. Elle n'était plus elle. Elle n'était plus sa elle.

Mais parfois aussi, comme à cet instant, entre deux crises, il se plaisait à savourer sa femme telle qu'elle était, telle qu'il l'aimait.


Vous savez ce qu'ils vous restent à faire en attendant le prochain (et dernier) chapitre qui va arriver très vite ? Non ? Enfin, la petite boite blanche… Dessous.