Patrick, venait de passer la porte de la chambre de Teresa quand il fut pris de remords. Il avait la tête baissée et n'arrivait pas à s'éloigner. Se surprenant à avoir une respiration plus rapide, il trouva la première chaise qu'il trouvait pour se calmer. Les poings serrés et les yeux fermés, il revivait les dernières minutes qu'il avait passées en compagnie de sa belle, la femme qu'il aime. Elle venait encore de payer pour ses erreurs, il s'en voulait mais se surprenait à prendre ce mal pour un bien. Ils avaient été heureux ce peu de temps, le resteraient-ils ?

« -Jeune homme ? » Patrick ne saisit pas tout de suite que c'est à lui que l'on parlait mais se retourna vers son interlocutrice quand il se rendit compte qu'il était le seul homme dans la pièce.

« - Bonjour, je peux vous aider ?

- Vous allez bien ?

-très bien… bredouilla-t-il avec un grand sourire à la vielle femme qu'il fit sursauter tout à l'heure dans la salle d'attente.

-Vous l'aimez cette femme, pas vrai ?

-La…quelle ? répondit-il avec surprise.

-Dans la chambre que vous venez de quitter ? C'est une femme pas vrai ?

-oui, qui êtes-vous ?

-Une vielle dame qui en a vécu

-Vous attendez quelqu'un ?

-Mon mari est parti faire des examens, j'attends qu'il revienne pour le ramener à la maison… mais il est parti depuis longtemps…

-Attendez, je vais demander ou il en est ? Quel est votre nom ?

-Hekel, Amandine. »

Il prit rapidement le chemin du bureau des infirmières mais s'arrêta en chemin, il ne pouvait laisser Teresa seule dans cette grande chambre, il devait lui dire ce qu'il ressentait, pourquoi était-il parti. Quand il vit la tristesse dans les yeux de madame Hekel, il se jura de ne jamais la laisser s'insinuer dans les yeux de son amie, amoureuse… Amoureuse, c'est ce qu'il voulait qu'elle soit pour lui… il devait le lui dire. Il le lui dirait demain, elle devait dormir. Quand il se rendit compte qu'il s'était posté au milieu d'un couloir pour réfléchir il reprit sa route vers le bureau.

Il demanda à une infirmière qui lui répondit que cette femme passait ses journées ici, elle était atteinte d'un Alzheimer et attendait que son mari décédé depuis 12 ans sorte de ses examens médicaux. Elle était lôgé dans l'institut réservé de l'hôpital. Cette infernale attente du retour de quelqu'un, il l'avait connu par le passé et cette annonce le retourna… Il était maintenant persuadé qu'il ne ferait rien de tel à Lisbon, il serait là, avec elle, jusqu'à la mort… Il l'aimait, il ne pourrait pas lui faire le coup de l'abandonner… Mais arriverait-il totalement à faire une croix sur John le Rouge, sur le fait qu'il soit encore en liberté ? Pourrait-il allier son amour pour une femme et sa présence ? Prendrait-il ce risque pour elle ? Préservera-t-il la vie de cette femme au dépend de leur amour ? Devait-il continuer d'être égoïste comme elle le lui à tant de fois reprocher pour la préserver ? S'éloigner ? Rester ?

« -Venez avec moi, je vais vous emmener voir votre mari. » Il l'a pris par le bras et la conduisit vers la sépulture de Monsieur Hekel où l'infirmière lui avait indiqué.

« -Je ne peux pas partir sans lui ! Laissez-moi !

-Votre mari est dehors, venez je vous emmène le voir… » Elle le suivit sans trop de difficultés après cela. Une fois devant la tombe de son mari, elle retrouva un semblant de lucidité qui fit peur à Jane. Elle se mit à pleurer, à crier, prier. « -Ne l'abandonnez jamais, vous l'aimez trop pour ça ! » lui ordonna-t-elle entre deux sanglots. Jane, quant à lui, admirait cette femme et le sacrifice qu'elle s'imposa en ne quittant jamais l'homme qu'elle aime, même après la mort. Il en avait eu la force jusque-ici en restant fidèle à Angela mais avait cédé à son amour pour sa belle patronne. Devait-il culpabiliser d'aimer une autre femme ? Profiter de cette autre femme et lui faire cette promesse ? Avoir une seconde chance ? Méritait-il une seconde chance avec elle ? Il se mit en retrait sur un banc et observait la vielle dame face à lui. Il devait se décider, pourrait-il aimer Teresa sans culpabiliser d'avoir abandonné Angela ? Serait-il capable de consumer son amour avec elle sans Red John mort et sa vengeance accomplie ? Sans la faire souffrir ?

Après avoir ramené Amandine à sa chambre, il tenta de profiter de quelques heures de sommeil pour retrouver un jugement clair et prendre les décisions qui s'imposent