Un long chapitre annonciateur ou pas? lol



Chapitre 10 : Coincidences

- « Teyla »

A l'appel de son nom, l'athosienne papillota des yeux.

- « Teyla, réveillez vous » répéta la voix féminine.

Ses yeux clignotèrent puis s'ouvrir enfin, la lumière du jour lui martelant sa tête comme un marteau. Lorsque sa vision fut plus nette, qu'elle put distinguer la personne se trouvant en face d'elle, Teyla arqua des sourcils d'incompréhension.

- « Vous êtes à l'infirmerie » informa Keller en posant sa main sur son avant bras, geste ayant pour but de calmer l'affolement qui ne tarderait pas à gagner l'athosienne.

- « L'infirmerie... » minauda t-elle en s'appuyant sur ses coudes pour se rehausser.

Teyla balaya du regard la pièce, essayant de se rappeler comment elle avait atteri là.

- « Si vous avez mal à la tête, c'est tout à fait normal, c'est en raison du sédatif que je vous ai administré. »

- « Un sédatif? ... mais... pourquoi je suis là. »

- « Vous ne savez donc plus »

Keller ne savait pas s'il serait opportun de lui rafraîchir la mémoire, d'autant que l'état émotionnel de la jeune femme - assez précaire – imposait le silence.

- « Je... je me souviens » bégaya Teyla alors que des images de la veille lui revinrent en mémoire de plein fouet. « Anita. Elle est morte. »

Le médecin acquiesça d'un signe de tête.

- « Qu'est-ce qu'il m'est arrivé? »

- « De toute évidence : une crise d'angoisse. Comme un asthmatique, vous vous êtes trouvée en détresse respiratoire, en plus de perdre tout contact avec la réalité » lui expliqua Jennifer, un pincement au coeur au souvenir de son amie dans cet état. « Cela vous est-il déjà arrivé? »

- « Pas que je m'en souvienne. »

Keller s'assit sur le bord du lit et l'observa. Il était si étonnant que Teyla fasse ce genre de crise. Elle, cette femme qui paressait à tous si forte, si invulnérable. Il y avait anguille sous roche.

- « Pourquoi avez vous fait cette crise Teyla? » l'interrogea t-elle doucement.

- « Je ne sais pas » mentit-elle.

Malgré ses efforts pour convaincre, Keller ne se laissa pas bernée.

- « Qu'est ce qu'il vous arrive Teyla? Vous pouvez m'en parler, vous savez? »

La jeune guerrière ne pipa mot et se leva brusquement de son lit. Jennifer la retint par le bras en lui intimant d'y aller doucement et d'aller la voir au moindre problème.

- « Je veillerai sur elle » clama une voix masculine.

John venait de faire irruption dans l'infirmerie pour se requérir de l'état de son amie. L'image de Teyla s'effondrant sur le sol, paniquée, peinant à respirer, l'avait énormément marquée. Si peu habituée de la voir si vulnérable, si bouleversée, John en avait oublié qu'elle n'était pas seulement une guerrière avertie et redoutable, mais avant tout une femme.

- « Dans ce cas, je peux laisser ma patiente l'esprit tranquille en la sachant sous bonne surveillance » dit Keller en les laissant.

Sentant le regard chargé d'inquiétude du militaire, Teyla lui assura qu'elle se portait bien à présent, et lui sourit pour étoffer ses dires. Sauf que John la connaissait que trop bien, trop. Ses yeux noisettes transparaissaient la peur. Oui, il ne se trompait pas. Teyla avait peur, mais de quoi? A moins que.. Cela pourrait expliquer sa panique...

- « Vous avez peur d'être la prochaine? » lui demanda John en baisant légèrement sa tête.

Si seulement. Mais étrangement, Teyla n'angoissait pas à l'idée qu'elle puisse être la prochaine cible de ce détraqué, et à dire vrai, cette pensée ne l'avait jamais effleurée. Devant le danger, elle ne reculait pas, elle l'affrontait.

- « Si ce n'est pas ça, qu'est ce qu'il vous arrive Teyla? » l'interrogea t-il de nouveau en comprenant son erreur de jugement.

Une partie d'elle lui soufflait l'idée de se décharger de ce poids, de cette sensation malsaine qui la rongeait, de parler de ses peurs plus ou moins fondées. D'un autre côté, la prudence lui intimait de se taire au risque qu'il ne la prenne pour une paranoïaque avant de lui conseiller de parler avec le docteur James.

Son choix se porta sur sa première option. John était et sera toujours celui qui savait mieux que quiconque lui arracher les mots de la bouche.

- « Vous savez pourquoi c'est moi qui ait découvert le corps de Anita?

- « Non. »

- « Pour la toute bonne raison que j'avais rendez-vous avec elle pour lui apprendre des techniques d'auto-défense. »

- « Et? »

- « Et? Vous ne comprenez donc pas? » s'infligea Teyla en fronçant des sourcils. « Laissez tomber... » fit-elle blasée en prenant le chemin de la sortie

Sauf que John la retint par le bras. Maintenant qu'elle avait commencé à parler, elle irait jusqu'au bout.

- « Que dois-je comprendre? » lui demanda t-il sans lui lâcher le bras. « Teyla, répondez moi. »

Ce ton aurait - en temps ordinaire - exaspérait la jeune femme qui n'appréciait que très modérément qu'on lui dicte ce qu'elle devait faire ou ne pas faire. Pourtant, il n'en fut rien.

- « Teyla, qu'est ce qu'il ne va pas?

Elle s'éclaircit la gorge, puis elle déclara de but en blanc:

- « Je suis responsable »

Plus que surpris par ses paroles, John recula d'un pas.

- « Tu... Vous êtes responsable? »

- « Oui. » répéta t-elle.

Avait-il une chance d'avoir mal vu la noirceur dans les yeux de la jeune femme? Ce regard de culpabilité, qui en réalité, s'était confondu avec de la peur.

- « J'ai l'impression que tout cette histoire tourne autour de moi » expliqua t-elle en fermant les yeux.

Plus qu'une simple impression, il s'agissait d'une certitude, d'une vérité inébranlable et immuable. Elle était la clef de cette histoire, le morceau du puzzle manquant pour comprendre les motivations de cette personne tuant sur la cité. Une fois passe encore, mais trois fois. Non, ce n'étaient pas des coincidences.

Teyla était reliée à tous ces meurtres.

A commencer par Laura, le soir de son meurtre, elles avaient couru ensemble jusqu'à devoir déclarer forfait en raison d'un mal de tête qui ne voulait pas la laisser en paix. Kate, les deux femmes s'étaient entretenues juste avant que le médecin se fasse étrangler à son tour. Quant à Anita, Teyla ne connaissait pas cette femme, mais ayant été une amie proche de Laura, l'athosienne avait cru bon lui montrer son soutien et sa compassion en parlant avec elle. Et de fil en aiguille, les deux femmes s'étaient rapprochées et finalement Teyla avait proposé à la scientifique, le soir même de sa mort, de lui prodiguer des cours d'auto défense.

- « Ces femmes étaient toutes proches de moi et j'ai... »

- « L'impression d'être au centre des ces meurtres? » hasarda John

- « Exactement! Ce n'est pas une coincidence le fait que j'entretenais une amitié avec elles, ce n'est pas une coincidence que je sois la dernière personne à les avoir vu, ce n'est pas une coincidence... si on a la même couleur de cheveux. »

Teyla avait la désagréable sensation d'être prise dans un piège qui se refermait doucement sur elle sans savoir comment l'en empêcher. Tout les éléments se mettaient en place sans que personne ne puisse comprendre ce qu'il risquait de se produire.

- « Vous ne trouvez rien à redire?! » fit-elle sarcastique, satisfaite pourtant d'avoir fait mouche.

Parler, mais pour dire quoi? Lui dire qu'elle venait de marquer un point, qu'elle venait de soulever un élément passé inaperçu jusqu'à là. Oui, c'était troublant, surprenant, à la limite angoissant – tant d'adjectifs et pourtant aucun ne convenait pour qualifier ce que John ressentait en ce moment même.

- « Si vous avez raison, alors je pense que vous êtes en danger. »

- « Non, vous ne comprenez décidément rien! » s'énerva t-elle en dansant sur ses jambes. « Je ne suis pas en danger, enfin pas pour le moment. Avant, le tueur va prendre soin de tuer toutes les femmes qui s'approcheront de moi, celles qui sont mes amies. »

- « Comme Elizabeth? »

Ce n'était pas vraiment une question mais une pensée formulée à haute de voix. Une crainte. Son pire cauchemar.

- « Ou bien Katie, Jennifer, Maude... et bien d'autres encore si enfin de compte la couleur de cheveux n'a pas d'importance. Mais ça, on ne le sait pas! »


à suivre...