Disclaimer :Rien ne m'appartient sauf l'histoire

Couple: SB-SS

Genre: UA

Blabla de l'auteur : Et bien voilà, ma fic est terminée, je poste mon épilogue.

Je voudrais remercier tous les gens qui m'ont suivi du début à la fin, ceux qui sont arrivés en cours de route, ceux qui ont reviewté… bref tous ceux qui ont lu ma fic, et ceux qui m'ont encouragé.

J'espère que cette fin vous plaira, que vous ne la trouverez pas trop guimauve (j'ai déjà du la réécrire une fois parce qu'on m'a dit qu'elle était presque indigeste ^^)

En tout cas ça a été un plaisir de partager ça avec vous, j'espère pouvoir en poster une nouvelle très bientôt (même si pour l'instant ça ne me semble guère possible à cause de mes études qui vont me prendre énormément de temps, eh oui, la prépa c'est pas de la rigolade, ils me l'ont fait comprendre le premier jour de la rentrée lol).

Je vous dis à tous à bientôt, et puis bonne lecture


Epilogue : « Deux ans plus tard »


Sirius était assis à la terrasse d'un café et était plus ou moins sur les nerfs. L'ongle de son pouce droit en avait d'ailleurs bien pâti. Il regarda une nième fois sa montre en tapant avec vigueur du pied signe d'un stress intense. Ce ne fut que quand il recommanda un troisième café qu'il aperçut son compagnon le rejoindre et s'assoir à ses cotés après l'avoir embrassé sur le front pour le saluer.

- Qu'est ce que tu foutais ? Je t'attends depuis des heures !

- Des heures ? Tu m'en diras tant. J'avais une course à faire, et je ne suis pas en retard à ce que je sache.

- Qu'est ce qu'ils font ? Les résultats devaient être annoncés à dix heures, tu crois que c'est signe d'une mauvaise nouvelle ?

- Il est dix heures cinq, déclara Severus en levant les yeux au ciel. Oh, merci pour le café, rajouta t-il en voyant la serveuse revenir avec une tasse.

- Je l'ai commandé pour moi imbécile.

- Toi, je crois que tu en as assez bu vu ta nervosité et le langage que tu viens d'employer.

- Je suis désolé, je suis…

- Stressé. Oui, j'ai compris. Ça fait une semaine que tu es comme ça, tu l'es encore plus que les principaux concernés.

- Mais si jamais ils échouaient ?

- Je leur rapporterais l'immense confiance que tu plaçais en eux, railla l'homme aux cheveux noirs.

- Ne déforme pas mes propos ! Et puis je te dis que c'est pas normal qu'il ne m'ait pas encore appelé.

- Avec 500 élèves voire plus que se pressent vers des panneaux d'affichage pour voir leurs résultats en se marchant dessus, je pense que c'est normal.

- T'as toujours réponse à tout toi. Grommela le brun avec mauvaise humeur.

- Sirius tu es fatiguant.

- Comment tu fais pour rester aussi calme ? Draco aussi a ses résultats aujourd'hui.

- Draco, alias premier de sa classe. S'il ne l'avait pas je ne donne pas cher de la peau des autres morveux. Et puis c'est moi qui ai fait réviser à Harry quand t'étais au boulot, en émettant l'hypothèse qu'il ne l'ait pas c'est comme si tu mettais en doute mes talents d'enseignent.

- Le pauvre était terrorisé chaque soir, ricana Sirius.

- Mais c'était efficace au moins.

Les deux adultes se firent un sourire entendu puis éclatèrent de rire au souvenir d'un Harry coincé entre les griffes d'un Snape essayant tant bien que mal de faire rentrer la différence entre le système Bismarckien et le système Beveridgien entre d'autres douceurs économiques dans la tête du filleul de son compagnon. Ces séances de révision avaient été un vrai calvaire pour l'adolescent mais il les avait faites sans broncher, sachant pertinemment qu'elles étaient efficaces et qu'il n'arriverait pas à un aussi bon résultat tout seul. Severus s'était montré dur mais était assez pédagogue. Et puis aussi, il s'était assez bien amusé tout en gardant à l'esprit son but premier, et Harry en avait bien conscience, ne prenant pas les remarques de l'homme comme de la méchanceté.

Sirius tenait d'une main tremblante son portable désespérément inerte tout en observant son amoureux avaler les dernières gouttes de son café. Ce dernier le remarqua et lui envoya un regard interrogatif.

- Tu es vraiment le seul homme au monde à t'habiller intégralement en noir en plein mois de juillet, soupira le brun.

- On en a déjà parlé. Pas question que je porte une de tes affreuses chemises hawaïennes.

- Juste un petit effort pour mettre un petit peu de couleurs

- Du bleu marine ? Fit Severus en lui faisant un sourire angélique dévoilant toutes ses dents. Sirius s'apprêta à protester mais son portable se mit à vibrer et il le regarda avec des yeux effarés.

- Bah répond Sirius, le téléphone va pas te manger, ricana l'autre, mais le brun lui tendit l'appareil avec un regard voulant dire « réponds a ma place, j'ai peur de ce que je pourrais apprendre ». Le serveur leva les yeux au ciel et décrocha.

- Allo ?

- Severus ! J'ai mon bac ! Mention Assez Bien !

- Ah bon ?

- Tu peux dire à Sirius d'arrêter de stresser maintenant. Et Draco a eu mention Très bien, mais c'était couru d'avance. Bon, je te laisse, faut que j'aille faire la queue pour récupérer mon dossier, on vous rejoint dès qu'on a fini. Bye.

Severus raccrocha et fit exprès une mine de déterré. Le sourire de son petit ami se fana directement et il commença à s'affoler.

- Merde Sev, qui c'est qui l'a pas eu ? Me dis pas que c'est Ryry ? Ça peut pas être Draco de toute façon alors…

Le voyant commençant à se mordre les doigts dans son coin, au bord des larmes, Severus se décida à mettre fin à la plaisanterie et commença à rire.

- C'est bon, je plaisantais. Tout le monde l'a eu. Mini-Potter a eu mention AB et Draco un joli TB. Ça te va ?

La bouche du brun fit un « o » et ses yeux commencèrent à pétiller de joie avant qu'il ne lui saute dessus pour l'embrasser avec joie. Severus se laissa faire et l'étreignit avec tendresse.

- Tu sais que c'est pas moi qui ai eu mon bac ?

- Voui mais tu es le seul dans les parages alors il faut bien que j'exprime ma joie.

Les deux amants se détachèrent tout sourire, conscients qu'ils étaient dans un lieu public et qu'ils attiraient l'attention comme s'il y avait un panneau fluo au dessus de leur tête. Depuis le temps, ils ne faisaient plus tellement garde aux regards des passants mais ce n'était pas une raison pour s'afficher en permanence. Un rapide coup d'œil derrière lui, lui apprit que pas mal des clients du bar où ils se trouvaient, trouvaient la situation assez comique. Etant situé juste en face du lycée, de nombreux parents étaient venus attendre leurs rejetons et semblaient eux aussi sur les nerfs.

Pour faire patienter son compagnon la demi-heure qu'ils avaient devant eux avant l'arrivée de la troupe d'adolescents, il commanda deux jus de fruits, décrochant un sourire ravi à la jolie serveuse qui se dit que s'il y avait des clients comme eux tous les jours, elle roulerait sur l'or.

Après vingt minutes d'attente, les premiers se présentèrent. Hermione, accompagnée de Draco. Ce dernier fut pris par son parrain dans les bras et Sirius lui serra la main avec enthousiasme. La jeune fille, elle, eut droit à deux énormes bises sur chaque joue.

Puis, cinq minutes plus tard, Ron et Harry les rejoignirent et Sirius étreignit son filleul d'amour à lui casser les cotes.

Les congratulations prirent fin et tout le monde s'installa pour fêter ça autour d'un petit verre. Draco tenait tendrement la main de son petit ami, heureux de partager ce moment avec lui Quelques minutes auparavant il avait appelé sa mère qui avait été très heureuse d'apprendre que son fils unique avait à ce point brillé. Son père étant en voyage d'affaires, il l'appellerait dans la soirée mais il savait d'avance qu'il serait très fier de lui.

Une bouffée de nostalgie monta en lui en se disant qu'à partir de maintenant, il n'irait plus au lycée, qu'il serait à partir de septembre un étudiant. Après tout, son lycée allait lui manquer. C'était ici qu'il s'était fait de précieux amis, qu'il avait eu des rires et des peines, tout ce qu'on trouve uniquement durant ces trois merveilleuses années. Mais ça, on ne s'en rendait compte que quand on le quittait.

Et puis surtout, c'était ici qu'il était tombé amoureux d'Harry. Leur relation qui durait depuis plus de deux ans n'avait pas été des plus faciles. Déjà, ils s'étaient retrouvés dans des classes différentes, de par leur orientation. Harry avait été en filière économique avec Ron tandis que lui s'était orienté vers une filière scientifique avec Hermione. Des horaires différents, des amis différents, tout n'avait pas été simple à coordonner, mais ils avaient tenu bon.

Bien sûr, ils n'avaient pas réussi à garder leur relation cachée bien longtemps. Au début il y avait eu les rires, les moqueries et le mépris de certains élèves, mais étant deux garçons plutôt populaires, tout ça s'était bien vite tassé, Harry étant trop viril pour qu'on le qualifie de « folle » et Draco inspirant trop de respect, voire de crainte, pour que quiconque n'ose s'y frotter. Et puis ils ne passaient pas leur temps à se rouler des pelles dans les couloirs, restant plutôt discrets et à une distance raisonnable l'un de l'autre. Certaines filles restaient fascinées par ce couple hors du commun composé de deux beaux gosses, les garçons en général n'y faisaient même plus attention sans pour autant en parler. Bien sûr il y avait eu les quelques irréductibles homophobes mais les deux garçons avaient leurs amis sur qui ils pouvaient compter pour les remettre à leur place, alors la situation était assez supportable.

Bon, il y avait eu cette période au début de l'année scolaire. Harry passait trois soirées par semaines à l'entraînement, Draco passait son temps à bosser ses cours, leurs classes se retrouvaient à chaque opposé de l'établissement. Ils passaient une bonne partie de la soirée au téléphone mais ça ne suffisait pas toujours. Tout cela ajouté à la jalousie de Draco et à l'agacement d'Harry qui ne supportait pas que quiconque surveille ses fréquentations. La goutte d'eau en trop fut quand le brun devint ami avec Katy Bell, une jolie brune de sa classe qui fréquentait le même club de sport. Draco avait vu rouge et une dispute en avait suivi. D'un commun accord ils se séparèrent. Trop de jalousie, trop de « on se voit jamais » et de « t'as pas confiance en moi » avait eu raison du couple, bien que les deux garçons soient toujours aussi amoureux l'un de l'autre.

Ron, Hermione et Blaise Zabini avaient vu leur ami respectif sombrer dans la tristesse. Harry mettait toute son énergie dans le basket et restait dans sa chambre le reste du temps, ne parlant pas plus que nécessaire. Draco s'était encore plus plongé dans ses cours et se murait dans la mauvaise humeur. Aucun des deux n'alla voir l'autre, trop de fierté, trop de non-dits difficiles à avaler et encore trop de colère. Sirius et Severus ne savaient plus quoi faire avec ces deux têtes de mules, les Malfoy s'étaient juste demandé pourquoi Harry passait moins à la maison et en avaient conclu qu'il révisait comme Draco. Tout cela avait duré deux mois et demi.

Puis, quelques jours avant le premier bac blanc, Draco avait craqué. Il avait renversé ses livres et cahiers de son bureau avec rage et était sorti de chez lui. Ses pas l'avaient mené devant le complexe sportif où Harry avait entraînement et il l'avait attendu durant deux longues heures avant qu'un brun plutôt déprimé n'en sorte. Ce dernier s'était arrêté à sa vue et s'était approché. La pression accumulée, la tristesse et la peur avaient eu raison de Draco Malfoy et les larmes avaient commencé à couler le long de ses joues. Harry l'avait alors serré très fort dans ses bras et s'était lui aussi laissé aller. Ils s'étaient manqué, ils le savaient. Les mots n'avaient pas eu leur place dans ce moment d'intimité, ils s'expliqueraient le lendemain. A présent ils le savaient, leur amour était bien plus sérieux qu'un simple flirt d'adolescent, et il faudrait en prendre bien plus soin.

A ce souvenir, le cœur de Draco se serra mais un simple regard vers son amoureux resplendissant lui mit du baume au cœur. Harry lui sourit et lui caressa tendrement la joue avant de reprendre sa conversation avec les autres gens sur l'année suivante. Draco avait sans grande surprise demandé à aller en fac de médecine. Hermione, elle, rentrerait en prépa pour tenter les concours des plus grandes écoles d'ingénieur du pays, Ron irait en fac pour devenir prof de sport et Harry passait en droit, à la surprise générale. Lui qui voulait à l'origine aller en école de commerce avait été très intéressé par ce qu'avait raconté une magistrate venue dans sa classe pour parler de son travail. Il s'était ensuite renseigné et son choix avait été fait, il voulait devenir avocat.

Remus les rejoignit vingt minutes plus tard accompagné de Nymphadora qui tenait le dernier né chez les Lupin dans un couffin, le petit Teddy. Le petit garçon avait été loin d'être prévu mais une fois qu'elle fut enceinte, la jeune femme l'accepta, pour la plus grande joie du papa. Depuis qu'il était né il y a de cela sept mois, tout le monde gagatisait devant le bébé souriant qu'il était. Le couple ne s'était pas encore marié mais s'était fiancé, la date était fixée pour le mois d'Aout.

Ils félicitèrent encore une fois les heureux bacheliers et se joignirent à eux, agrandissant le groupe le plus bruyant du café.

Tout le monde resta à papoter encore une petite heure, puis les adultes se répartirent l'addition et Severus laissa un joli pourboire à la serveuse ravie de l'initiative. Hermione et Ron décidèrent d'aller chez la jeune fille tout les deux, Harry et Draco se rendirent chez ce dernier, Remus et Nymph rentrèrent chez eux et Sirius n'eut pas trop à insister pour convaincre son compagnon à aller se balader quelque part.

Leur choix se porta sur le parc de Bercy, n'étant pas très loin de là où ils se trouvaient. Severus avait toujours apprécié cet endroit, l'herbe était toujours bien verte et tondue ce qui donnait envie de s'y allonger pour se prélasser au soleil, les divers parterres de fleur apportaient de la couleur et les arbres apportaient de l'ombre quand il faisait trop chaud. C'était un véritable petit paradis quand les beaux jours étaient là. Ils marchèrent main dans la main un petit moment puis se trouvèrent un petit coin tranquille à l'abri des arbres. Severus s'assit et Sirius s'allongea la tête sur ses genoux. Le serveur sourit en voyant le visage serein et heureux de son compagnon et attrapa une de ses mèches sombres pour la tripoter. Sirius soupira d'aise, il adorait quand Severus lui câlinait les cheveux de la sorte. Il était loin le temps où il devait faire des pieds et des mains pour qu'il lui accorde un petit baiser à contre cœur. A présent, l'homme aux cheveux noir assumait son statut de « mec amoureux » sans pour autant perdre son caractère bien trempé. Cela se traduisait par des petits gestes tendres de temps en temps, même si Sirius restait le maître en matière de SMS dégoulinant de guimauves, messages auxquels Severus ne répondait d'ailleurs jamais.

- T'as pensé à la promesse que tu m'as faite l'an dernier ? Demanda l'homme d'affaires.

- Il va falloir que tu me rafraîchisses la mémoire.

Sirius lui fit un regard réprobateur.

- Tu sais, celle à propos de la fin du bac d'Harry ?

Severus chercha pendant quelques secondes puis leva un sourcil en se rappelant de quoi il s'agissait.

- Oh… Cette promesse là.

- Oui, celle là.

- Cette promesse que tu m'as obligé à faire après trois quart d'heures de torture mentale ?

- Tu me l'as promis.

- C'est vrai. Tu es sûr que c'est ce que tu veux ?

- Ça fait deux ans que je suis sûr, reviens pas là-dessus.

- Mais…

- Harry est d'accord, il te l'a déjà dit plusieurs fois. L'appartement est grand, il t'aime beaucoup et non, les poils de chat ne me dérangent pas. Tu n'as plus d'arguments, tu n'as plus de raisons de revenir sur ta promesse.

- Alors c'est d'accord, j'emménagerais chez toi.

Sirius sauta de joie et se redressa pour embrasser son compagnon qui lui sourit, content de lui faire plaisir. Depuis deux ans et demi, il avait toujours refusé d'habiter avec Sirius, ne voulant pas s'immiscer dans la vie de Sirius et d'Harry. La vérité était qu'il avait mis pas mal de temps à se faire à l'idée qu'il avait un compagnon sérieux, alors il avait souhaité garder son appartement. Lui qui avait toujours vécu seul avait eu besoin d'un endroit où se poser en solitaire de temps en temps. Et puis au début de leur relation, il se voyait mal venir vivre dans cet appartement où Sirius avait vécu pendant dix ans avec Harry, il s'était senti comme un étranger dans ces pièces remplies de photos de l'adolescent et de son parrain. Mais depuis quelques mois il passait énormément de temps chez son compagnon, tout les deux aimaient se voir le plus possible. Il était lui-même dépendant du brun à présent, même s'il ne l'avouerait jamais, même sous la torture. Et puis les choses avaient changées en deux ans. Les liens entre Harry et lui s'étaient resserrés, et il avait trouvé ses marques. Parmi les nombreuses photos déjà présentes, on pouvait en trouver de nouvelles, Severus et Sirius pendant leur voyage en Egypte, tout les deux en compagnie d'Harry, comme une famille, heureuse d'être ensemble, et bien d'autres.

- J'irai résilier mon bail la semaine prochaine, lui dit-il.

- Génial !

- C'est bête, on pourra plus aller chez moi pour faire nos galipettes à l'abri des oreilles innocentes de Mini-Potter.

- Il est pas si innocent que ça le Potter, grogna Sirius avec amertume.

- Ah oui ?

- Oui, l'autre nuit, Draco était venu dormir et…

- Laisse-moi deviner, tu as voulu aller aux toilettes et tu as entendu des bruits que tu n'aurais pas dus ?

- Je savais même pas qu'ils en étaient là.

- Ce que tu peux être naïf mon pauvre chéri. Tu crois vraiment qu'avec les hormones qui les titillent il vont en rester là à se regarder dans le blanc des yeux ?

- Non mais quand même…

- Toi à leur âge tu avais déjà sauté sur la moitié des filles du lycée.

- Même pas vrai !

- Ose me dire le contraire ? Ricana Severus.

- Je suis fidèle maintenant.

- Comme un bon gros toutou, oui.

- Abruti.

- Imbécile.

- Idiot.

- Bref. Rigola Severus, amusé.

Sirius rit à son tour et ancra son regard bleu dans celui de Severus, et lui caressa la joue. Sans être arrogant, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait fait des merveilles sur l'homme en face de lui. Lui qui était autrefois un homme distant et inexpressif s'était ouvert petit à petit. Il souriait beaucoup plus qu'auparavant, riait et ne cachait plus ses sentiments derrière un mur en béton. Et d'après Sirius, il était devenu un homme magnifique. C'était auprès de cet homme qu'il avait envie de se réveiller chaque matin jusqu'à la fin de sa vie, à cet homme qu'il avait envie de faire l'amour avec passion, qu'il avait envie de taquiner et de prendre soin.

Oui, prendre soin, car Sirius n'était pas dupe. Ces derniers temps Severus se forçait un peu à se montrer joyeux. Alors depuis deux semaines il était à l'affut de toute trace de tristesse dans les yeux de son amour, ce qui commençait à agacer ce dernier.

- Sirius, je sais à quoi tu penses. Arrête un peu.

- Mais si tu étais triste, tu me le dirais, hein ?

- Sans faute.

La raison de l'inquiétude de Sirius était que quinze jours auparavant, le service pénitencier avait appelé le serveur pour l'informer du suicide de son père. L'homme s'était donné la mort sans donner une seule explication à son geste bien que son fils en connaisse la raison. La date de sa libération approchait à grand pas, et Tobias devait se douter qu'après avoir passé vingt ans entre les murs d'une prison, le monde du dehors aurait changé, et que personne ne l'attendrait à la sortie. Severus avait sa nouvelle vie, il n'accepterait pas que son père vienne s'y immiscer. Alors il était mort, point barre. Il l'avait annoncé à Sirius le soir même pendant le repas, feintant la nonchalance, mais ce dernier avait bien vu que ça l'affectait plus qu'il ne voulait le montrer. Mais par respect il n'avait rien dit. Severus lui avait demandé s'il voulait bien être avec lui pour l'enterrement, il lui avait répondu qu'il le soutiendrait.

Il n'y avait eu qu'eux dans la petite chapelle dans laquelle s'étaient déroulées les funérailles. Severus avait insisté pour qu'on enterre Tobias aux cotés de sa femme, car malgré ce qu'il avait fait, il savait que sa mère aimait son mari. Sirius n'avait rien dit, ne lui avait pas demandé d'explication, il s'était contenté d'être là. Et son compagnon lui en était reconnaissant.

Durant ce lapse de temps, il avait retrouvé l'ancien Severus. Le lendemain de l'enterrement, ce dernier était redevenu normal, du moins en apparence. Depuis, la douleur devait s'être atténuée mais l'homme d'affaires était toujours en alerte.

- Quel est le programme de la soirée ? demanda l'homme aux yeux noirs pour couper court aux pensées de son petit ami.

- Et bien tu vas devoir me supporter car mon méchant filleul me laisse seul cette nuit.

- Voyez-vous ça.

- Le meilleur ami de Draco organise une fête chez lui pour fêter le résultat du bac, il y va avec lui, y aura aussi tous ses potes, Ron, Hermione, Seamus et compagnie. Après il va dormir chez Draco.

Sirius avait terminé sa phrase avec un plissement des narines qui fit éclater de rire l'autre homme.

- Ton filleul commence à prendre son envol, tu vas devoir t'y faire.

- Les parents ont toujours du mal à voir s'éloigner leur rejeton.

- C'est vrai. Donc, ce soir tu viens me voir pour que je te console. En gros, je joue le rôle du bouche-trou.

- Ne le prends pas mal Sev, sourit innocemment le brun.

- Je ne le prends pas mal. Au contraire, me doutant bien que Mini-Potter irait se souler la gueule avec ses amis et je t'ai prévu une petite surprise.

- Ah oui ? C'est quoi ?

- Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise

Sirius fit la moue et se rallongea sur l'herbe. Ils profitèrent de la chaleur et du ciel bleu pendant encore quelques dizaines de minutes puis se levèrent pour rentrer à la maison se préparer un bon repas.

Sirius avait déclaré qu'il allait arroser ses plantes rendues toutes raplapla par la chaleur suffocante tandis que Severus se mettait aux fourneaux. L'homme d'affaire rentra la mine abattue dans la cuisine et annonça à son compagnon d'un ton solennel que c'était fini, son orchidée était belle et bien morte de chaleur. Ce dernier éclata de rire et se moqua en lui disant que lui donner de l'eau tous les trente-six du mois n'était pas la meilleure façon d'en prendre soin. Le brun répliqua qu'il leur en donnait souvent… quand il y pensait. En y repensant, peut-être qu'en effet il négligeait ses plantes ayant tendance à oublier leur présence quand il les voyait tout les jours. De toute façon Nausicaa lui avait mangé la moitié de son asparagus pendant son dernier séjour ici alors il devait bien se faire une raison, aucune plante ne pourrait avoir une espérance de vie supérieure à quelques jours dans cet appartement.

Finalement Sirius jugea ce qui se passait dans la cuisine plus intéressant que ses plantes devenues sèches et dures. Severus avait pris l'habitude de faire la cuisine quand il venait ici, ne supportant plus les pates et le riz déclinés sous toutes les formes, ce qui ne déplaisait pas aux deux autres garçons ravis de s'essayer à la nouveauté. Aussi, il sortit les quelques légumes qu'il avait achetés au marché la veille et commença à les couper sous le regard attentif de son compagnon qui suivait chaque opération. Un vrai gosse celui là quand il s'y mettait.

- C'est quoi ce gros machin violet ?

- Black, sors de chez toi un petit peu. C'est pas possible qu'à ton âge tu ne saches pas ce qu'est une aubergine.

- Tu sais, à chaque fois que je mange de l'aubergine c'est dans des plats tout faits déjà cuisinés.

- Un vrai parisien. Tu savais qu'avant d'être vendu dans les supermarchés, les poulets rôtis ça a des pattes et ça court ?

Sirius lui fit une grimace en lui tirant la langue.

Puis, après avoir coupés en dés ses aubergines, ses courgettes, ses poivrons et ses oignons, Severus se désintéressa du brun pour se tourner vers sa poêle. Complètement plongé dans son ouvrage, il n'entendit pas Sirius se lever et passer ses bras autour de son buste pour se coller à lui et l'embrasser sur la nuque et le cou.

- Tu sens bon, c'est le parfum que je t'ai offert ?

- Oui, j'en mets de temps en temps pour éviter tes jérémiades où tu me reproches de pas utiliser tes cadeaux.

- Tu es d'une courtoisie ce soir, c'est affolant, ricana Sirius en passant une main coquine sous le t-shirt de son aimé.

- Black, enlève-moi tes mains baladeuses de mon torse.

- Pourquoi, tu n'aimes pas ? Répondit le brun en passant ses doigts aux endroits qu'il savait sensibles chez Severus.

- Si, justement. J'ai faim et je ne veux pas que ma ratatouille brûle juste parce que tu ne sais pas contrôler ta libido - et la mienne par la même occasion – alors que ce sont des produits de première qualité.

Il conclut sa réponse en enlevant une certaine main gauche de son jean où elle s'était aventurée et Sirius se recula, un sourire lubrique sur son visage rieur.

- Cette nuit tu me supplieras de te prendre.

- Tu sais très bien que je ne supplie jamais.

- Ah oui ?

- Oui.

- Pourtant c'est pas ce que j'ai entendu la nuit dernière.

Severus lui jeta un regard faussement menaçant.

- Raconte ça à quelqu'un et tu ne verras plus jamais le soleil se lever, compris ?

Sirius éclata de rire, finalement suivi par son compagnon qui n'avait pas pu cacher son amusement puis s'embrassèrent avant de passer à table sur la terrasse, le repas étant finalement prêt. Ils s'assirent l'un en face de l'autre sur la table de jardin et commencèrent à savourer le plat préparé avec plaisir, se taquinant sans pouvoir s'en empêcher, comme la plupart des autres jours. Quand ils eurent terminé, ils ne bougèrent pas et s'installèrent plus confortablement sur leur chaise, appréciant le jour qui tombait et la fraicheur du crépuscule.

- Alors, fit Sirius avec un sourire malicieux.

- Alors quoi ?

- Et ma surprise ?

A sa grande surprise, les joues de son compagnon s'empourprèrent, mais il ne perdit pas son air assuré pour autant.

- Tu ne perds pas le nord toi, dit il simplement, en reprenant une gorgée de vin.

- Jamais. Bon, ça vient ?

- Quelle poésie. Elle est dans ma poche ta surprise.

Sirius trépignait en le voyant essayer d'attraper quelque chose dans la poche droite de son jean, comme un enfant devant ses cadeaux de noël. Une fois l'objet mystérieux sortit, Severus le garda sous la table pour le regarder d'un air pensif. Puis il se tourna vers le brun.

- Tu… enfin… voilà, vois par toi même.

L'homme lui tendit une petite boite noire en velours que son compagnon attrapa. Sa bouche s'ouvrit quand il comprit ce qu'il y avait à l'intérieur. Lentement, il l'ouvrit et sentit son cœur s'accélérer à la vue des deux bagues qui de toute évidence étaient des alliances. Severus, au comble de la nervosité le vit se lever, contourner la table, et s'installer sur ses genoux, tout ça sans détourner son regard de la boite, ni perdre son air complètement ahuri. Finalement, il tourna ses yeux vers ceux de son amant complètement sous le stress.

- Sev, dit il.

- Quoi, répondit l'interpellé d'une voix rauque.

- Tu te rends compte que ce que tu viens de faire est complètement, totalement et absolument guimauve et romantique.

- Malheureusement, oui.

- Que ça ne te ressemble, pour ainsi dire, pas le moins du monde.

- De toute évidence.

- Que tu es adorable avec ces petites rougeurs sur le haut de tes joues.

- Euh… moi ? Adorable ? Tu dois te tromper de personne. Et la rougeur s'accentua.

Sirius continua à la contempler en lui caressant amoureusement la joue et les cheveux, il arborait un sourire radieux et après quelques instants de silence Severus s'éclaircit la gorge.

- Hum, tu dois bien te douter que je ne peux pas te poser la super question qui parle de mariage, mais je me suis dit que de toute façon, on avait pas besoin de se faire bénir par un maire juste pour avoir un papier certifiant qu'on s'est bien mariés qui sert plus à offrir une conscience aux époux qui y réfléchiront à deux fois avant de tromper leur conjoint, pour se dire qu'on s'aime, parce que je sais déjà que tu es irrémédiablement fou de moi. C'est plus… symbolique je dirais. Enfin tu me comprends.

- Oui je te comprends.

- Et puis c'est qu'aussi y avait moins cinquante pourcent sur la deuxième alliance alors je me suis dit que ça valait le coup, rajouta l'homme aux cheveux noirs avec un sourire amusé. Sirius éclata de rire en se remémorant un certain souvenir. Son compagnon l'invita à regarder les deux bijoux d'un peu plus près.

Les deux bagues étaient identiques, des anneaux d'or jaune avec au milieu toute une bande d'or blanc la rendant extrêmement élégante. L'homme d'affaires fut touché que son amoureux se soit rappelé d'autant de détails de leur balade aux tuileries deux ans auparavant. En regardant l'intérieur, il put lire sur l'une des deux alliances une inscription.

« Je t'aime, sale clébard – SS »

Sans pouvoir se retenir, il éclata de rire et son compagnon le regarda d'un air amusé.

- Me doutant que tu voudrais y poser ta marque, j'ai laissé la mienne vierge, le bijoutier m'a dit que tu pouvais passer quand tu voulais et qu'il te ferait ça tout de suite.

- Je peux marquer ce que je veux ?

- Ne te prive de rien, il s'attend à tout après ce que je lui ai demandé de graver pour toi, ricana le serveur.

- Aussi bizarre soit cette inscription, je l'aime beaucoup.

Estimant qu'ils avaient assez parlé comme ça, Severus attrapa l'anneau et le passa au doigt de son « mari ».

- Je n'aurais jamais cru faire ça un jour, grommela t-il. C'est tellement cliché et ridicule, je devrais t'en vouloir de ternir ainsi ma réputation.

Sirius rigola et fit de même avec l'autre anneau avant de regarder leurs mains d'un air satisfait.

- Alors tu… ça te plait ? Risqua l'homme aux yeux noirs avec hésitation.

- Nan, je déteste. Abruti, bien sûr que ça me plait. Ça me touche énormément si tu savais.

Severus ouvrit la bouche de stupeur quand il remarqua que Sirius tentait de cacher son visage pour ne pas montrer des larmes naissantes.

- Mon dieu, Sirius. Doutais-tu à ce point de mes sentiments pour te comporter comme une midinette ?

- Non, non ! S'écria t-il. Mais c'est vrai que parfois le doute persiste un peu. Sirius avait terminé sa phrase dans un chuchotement.

- Tu es un abruti, tu le sais ça ? Déclara Snape d'un ton sévère.

Sirius hocha de la tête tout en reniflant et en se séchant les yeux.

- Je ne veux pas que tu doutes, reprit le serveur après une courte hésitation, parce que je suis heureux avec toi et que notre relation doit être basée sur la confiance. Ça ne sert à rien de vivre ensemble si tu passes ton temps à te demander si je risque de décider de te quitter un jour, alors qu'il est évident que je ne le ferais jamais. Aujourd'hui, je te le prouve en me liant à toi, bientôt j'emménagerais avec toi et Harry et on commencera une vraie vie de couple, avec les hauts et les bas. Tu sais très bien qu'il y aura plus de disputes que maintenant, juste parce que je n'ai pas un caractère facile et que toi non plus. Parce que c'est comme ça dans tous les couples du monde. Tu t'énerveras parce que tu es fatigué après ton travail et que ton patron te pompe l'air, et moi je m'énerverai parce que tu auras laissé des poils dans le bac de la douche…

- Hé ! Je fais des efforts de ce coté là.

- C'est un exemple, Black, un exemple. Tu vois, la vie est pleine de petites joutes de ce genre, mais ce n'est pas une raison pour penser que parce que je serais parti en claquant la porte, je ne reviendrais pas pour te présenter mes excuses à contrecœur parce que je saurais que tu avais raison et que j'avais tord. Tu vois pourquoi j'ai décidé d'attendre pour vivre avec toi, c'est parce que je savais qu'il fallait que nous construisions d'abord une vraie confiance entre nous pour pouvoir mieux se retrouver après une violente dispute.

- Qui aurait cru que Severus Snape aurait mieux compris le fonctionnement d'un couple que Sirius Black ?

- LES couples je ne sais pas, mais toi je te connais, et grâce à ça je vais essayer de rendre ta vie aussi heureuse que possible. Alors tu es partant pour être mon époux symbolique avec tout ce que ça entraîne ?

L'homme d'affaires hocha la tête avec conviction, incapable de parler.

Un grand sourire aux lèvres, Severus attrapa les lèvres de son homme pour lui donner un baiser aussi passionné qu'amoureux, faisant taire les larmes de joie de Sirius qui n'avait jamais été aussi comblé.

ooo

Le lendemain après-midi, Severus travaillait au Supersonique en compagnie de Clément et de Remus quand Sirius se pointa un sourire immense aux lèvres. Il salua ses deux amis et se planta devant le bar et tendit la même boite que la veille à son compagnon. Le patron fit de gros yeux et se rapprocha d'eux.

- Si un jour au lycée on m'avait dit que tu demanderais en mariage Severus Snape j'aurais fait un infarctus du à une crise de rire, ricana t-il.

- En fait non. C'est Sev qui s'en est chargé hier soir.

- Alors là je suis déjà mort.

- Lupin, tais toi un peu. Intervint le serveur. Fais moi voir cette bague puisque j'imagine que tu n'as pas pu attendre quelques jours de plus pour l'amener chez le bijoutier. Déclara t-il à l'homme d'affaires avec un sourire amusé.

Il ouvrit l'écrin et attrapa son anneau pour y lire la gravure.

« A mon vieux grincheux d'amour – SB »

- Pas mal, rit il en la passant à son doigt, mais son patron l'intercepta. Ce dernier papillonna des yeux, la tendit à Clément qui lui ne se priva pas d'éclater de rire, et attrapa la main de son meilleur ami pour lui prendre la sienne.

- Vous faites vraiment la paire tout les deux, s'amusa t-il, préférant ne pas chercher à comprendre la logique de ces deux hommes.

Il s'en alla, laissant tout ce petit monde pour aller servir les clients et leva les yeux au ciel avec un sourire.

- James, si t'étais là, tu mourrais une deuxième fois.


FIN


Et voilà, c'est terminé, j'espère que vous avez aimé, gros bisous à tous !