Hé ! Vous savez quoi ? Je pourrais pleurer tellement que vous êtes trop adorables ! (ne vous inquiétez pas, le chapitre qui suit est un poil plus français)
Sérieusement, je pense que j'écris deux fois plus vite grâce à vous. Quand on se sent encouragé et qu'on sait qu'on n'écrit pas dans le vide, ça donne forcément envie de donner une suite rapidement, et du coup, ce chapitre est bien plus long que les autres.
Alors merci beaucoup, et merci aussi pour vos encouragements pour mes partiels (dans une semaine je serai officiellement libre !)
On se retrouve en bas comme d'habitude, bonne lecture !
Pour la troisième fois, Stiles tenta de faire entrer la clé de son appartement dans la serrure. Pour la troisième fois, il n'y arriva pas. Il poussa un soupir désespéré, appuya sa tête contre la porte et ferma les yeux avec force, épuisé et à bout de nerfs – il fallait dire qu'il n'avait pas beaucoup dormi.
Alors qu'il se morfondait et pestait contre lui-même, il se sentit partir en avant, et, à cause de son manque de réactivité, seul un bras entourant soudainement son torse lui permit de ne pas faire une chute particulièrement ridicule.
« T'es là, toi ! Je commençais à m'inquiéter, j'allais appeler ton père, la police, et coller des avis de recherche dans toute la ville ! »
« Désolé… » S'excusa Stiles d'une voix endormie. « Il fallait que je récupère ma Jeep à la fac. Malia m'y a déposé, mais le temps de l'aller-retour… »
« On a dû se croiser alors, je suis rentré i peine dix minutes. »
Quelque chose n'allait pas. Un, Scott n'avait pas harcelé Stiles d'appels et de messages lorsqu'il avait trouvé l'appartement vide. Deux, il affichait un sourire complètement stupide et ses yeux donnaient l'impression de briller de bonheur.
« Ok… » Souffla Stiles avec un sourire. « Toi, t'as des choses à me dire. »
« Café ? » Proposa Scott en acquiesçant vivement
« Va me falloir la cafetière entière, je crois. »
Après une tasse de café bien serré – trois pour Stiles – pour se remettre de leur courte nuit, les deux jeunes hommes s'affalèrent paresseusement dans le canapé, prêts à se raconter ce qui leur valait leurs cernes et leurs bâillements incessants.
« Alors, je suppose que ça concerne la jolie Kira. »
« Qui d'autre ? » Répondit Scott sur un ton niais, qui obligea Stiles à serrer sa mâchoire et à retenir son souffle pour ne pas rire. « Stiles, je suis vraiment désolé que tu n'aies pas pu venir. La soirée était vraiment super ! »
« Une prochaine fois, mais je suis content que vous vous soyez éclatés. »
« C'est le moins qu'on puisse dire. Sérieux, c'était génial, sauf le moment où... »
Scott s'interrompit de lui-même, puis son sourire s'effaça un instant pour laisser place à un air vaguement dégoûté, et totalement perplexe.
« Où Isaac a commencé à chanter l'hymne allemand en espagnol. Là, c'était carrément gênant, parce qu'il avait cet espèce de…de slip ? Ouais, c'était bien un slip…bref, il était sur sa tête. Et puis Liam l'a rejoint, il a fait les chœurs dans un truc qui ressemblait à une langue slave. C'était limite effrayant, mais c'est peut-être parce que j'avais bu. »
Cette fois, Stiles éclata franchement de rire en imaginant ses deux amis bourrés, se ridiculisant sur l'air de l'hymne allemand. En plus, il n'aurait jamais cru qu'Isaac et Liam connaissaient un autre hymne que le leur, et des langues étrangères…comme quoi, l'alcool révélait bien des talents.
« Enfin, du coup, Kira et moi, on est sortis prendre l'air. » Reprit Scott en récupérant au passage son sourire niais.
« Et donc, lequel des deux ? »
« Lequel des deux quoi ? »
« Lequel des deux a embrassé l'autre le premier ? » Reprécisa Stiles en levant les yeux au ciel, en réalité plus amusé qu'autre chose
« Oh, à propos de ça…c'était assez gênant, parce qu'on s'est penchés au même moment, et on s'est cognés, du coup… » Scott marqua une pause, puis il donna une tape sur l'épaule de Stiles qui était reparti dans un fou rire. « Hé ! Te marre pas, c'était horrible ! Mais bon…après, on s'est rattrapés. C'était incroyable, j'avais l'impression d'embrasser une fille pour la toute première fois. »
Et un air encore plus stupide, un. Quand Scott entamait une relation avec une fille, il ne pouvait pas s'en empêcher. Même s'il s'en amusait, Stiles était en réalité profondément heureux et soulagé de le voir comme ça. Après tout, son meilleur ami avait aussi expérimenté, quelques mois avant lui, la douleur et la difficulté de se relever d'une rupture avec la personne que l'on aimait. Kira était une fille bien, et Stiles était persuadé qu'elle saurait éclipser le souvenir d'Allison.
« Eh ben, bravo Scotty, toutes mes félicitations, on peut dire que tu t'es super bien débrouillé. »
« Je réalise pas tout à fait, mais ça faisait un moment que je m'étais pas senti aussi bien. Mais on aura le temps d'en reparler, parce que là, je veux savoir comment ça s'est passé, hier pour toi. »
D'un seul coup, la conversation prenait une tournure beaucoup moins amusante, mais il allait bien falloir qu'il dise quelque chose à Scott, et ce en sachant qu'il était inutile de lui mentir – ils étaient meilleurs amis depuis bien trop longtemps.
« C'est un peu compliqué… » Commença-t-il d'une voix volontairement basse. « Malia a dormi ici cette nuit, et, disons que… »
Il passa nerveusement sa main droite dans ses cheveux, et en une fraction de seconde, l'expression d'abord curieuse de Scott devint soudainement beaucoup plus fermée.
« Ne me dis pas que tu avais envie de t'envoyer en l'air à ce point-là, Stiles ? »
« C'est pas une question de ça, j'te jure ! J'adore Malia, je ne lui donnerais pas de faux espoirs juste pour coucher avec elle ! »
« Alors pourquoi ? Tu sais très bien que tu ne ressens rien pour elle, et là, tu vas juste perdre toutes tes chances avec Derek, et… »
« Déjà, je n'ai jamais eu la moindre chance avec Derek. » L'interrompit sèchement Stiles
Il détestait se prendre la tête avec son meilleur ami, mais que Scott l'amène, même si c'était involontaire, à dire haut et fort qu'il savait très bien que Derek ne s'intéresserait jamais à lui…c'était plus difficile à encaisser que prévu.
« Je ne veux pas blesser Malia, et oui, tu as raison…je ne ressens rien que de l'amitié pour elle, mais je peux toujours essayer, non ? Rien ne dit que je ne vais pas finir par tomber amoureux d'elle, et si ça pouvait arriver, on serait heureux tous les deux, pas vrai ? »
« Stiles…tu sais très bien que tu ne fonctionnes pas comme ça. » Soupira Scott. « Même si tu n'y crois pas, tu marches aux coups de foudre, et tu en as eu un pour Derek, pas pour Malia. C'était déjà comme ça avec Lydia. »
Stiles soupira à son tour et il rejeta sa tête en arrière pour la caler contre le canapé, fixant le plafond sans vraiment le voir.
« Avoir le coup de foudre, ça veut rien dire. Si ça existe, c'est qu'une question d'hormones, et ça finit par passer. »
« Pense ce que tu veux, mais je doute vraiment que sortir avec la cousine de Derek, le voir chaque semaine et aller chez lui t'aide à faire en sorte que ça passe. »
Stiles haussa les épaules, mais il resta silencieux. Il savait que Scott avait raison, il ne pouvait pas faire preuve de mauvaise foi au point de le nier. Cependant, il n'avait pas encore prévu de plan de secours, dans le cas où il cesserait d'être égoïste. Parce qu'égoïste, il l'était.
Rendre Malia heureuse ? T'as pas trouvé plus pourri comme prétexte ? Ragea-t-il contre lui-même en se levant lentement du canapé.
« Je vais prendre une douche. »
Scott acquiesça sans ajouter un mot – il avait sans doute compris que le sujet était clos pour le week-end. Stiles avait besoin de réfléchir, même s'il se voyait déjà plus comater dans son lit jusqu'au lundi matin.
Quand ce fameux lundi matin arriva justement, il ne put que constater qu'il ne s'était absolument pas trompé. Son esprit était toujours autant dans le brouillard, son moral vacillant, et son envie de voir un Hale étrangement – ou pas tant que ça – basse. Pourtant, il était là, devant la salle de littérature, hésitant encore à assister au cours de Peter.
La veille, il n'avait pas eu de nouvelles de Malia, juste un mignon petit « bonne nuit Stiles », accompagné d'un cœur qu'il avait bêtement renvoyé à son tour. Evidemment, il ne doutait pas du fait que Peter ne soit au courant de rien, mais se présenter devant lui, sachant ce qui s'était passé vendredi soir…c'était tout de même assez gênant, voire carrément angoissant.
Quand un groupe de six étudiants arrivèrent devant la salle, il en profita pour se faufiler entre eux et rentrer le plus discrètement possible, espérant ainsi se faire oublier par son professeur de littérature. Il s'installa dans le fond de la classe et sortit ses affaires sans lever les yeux, l'ignorant à tel point qu'il aurait pu douter de sa présence si Peter n'avait pas commencé son cours d'une voix forte.
Le reste du temps, il resta affalé sur son bureau, prenant des notes d'une main molle en attendant impatiemment d'être libéré. Au moins, il s'avérait que l'approche de Peter, qui consistait à comparer une œuvre littéraire à son adaptation cinématographique, était intéressante et relativement instructive. Et puis, ce jour-là, il ne fit sursauter ses étudiants qu'une seule fois, en vidant son propre sac sur le sol pour trouver plus rapidement son portable qui vibrait.
Enfin, il annonça qu'aussi passionnant était-il, « toutes les bonnes choses ont une fin », et qu'il était temps « pour les jeunes de vaquer à leurs occupations futiles ». La vingtaine d'étudiants ne se fit pas prier, et Stiles profita de la masse pour tenter de s'enfuir subrepticement. Enfin, depuis un mois, il aurait dû se douter qu'on n'échappait pas à un Hale aussi facilement…
Comme pour le lui confirmer, la main puissante de Peter se posa sur son épaule alors qu'il n'était plus qu'à deux pas de la porte. Se résignant, il attendit que les dernières personnes sortent pour la refermer devant lui – il n'avait pas envie que tout le couloir profite de ses échanges avec son professeur – puis il se retourna, un léger sourire forcé sur les lèvres.
« Stiles, est-ce que tu vas bien ? » Demanda Peter sur un ton inquiet
« Oui, bien sûr. Je suis juste…euh, fatigué. »
« Oh, je comprends, la vie étudiante. »
Quelque secondes s'écoulèrent dans un silence pesant, jusqu'à ce que Peter daigne enfin le briser :
« J'étais inquiet parce que tu avais l'air ailleurs et un peu renfermé mais…je dois t'avouer que je ne viens pas te parler uniquement pour cette raison. »
« Je vous écoute. » Répondit simplement Stiles en essayant de sembler naturel et détendu – ce qui était sûrement un échec
« Eh bien…je voulais te dire que je suis sincèrement ravi que tu t'entendes si bien avec Malia, Cora et Derek. Je suis content de savoir qu'ils se sont faits un ami comme toi, particulièrement ma fille qui a toujours eu plus de mal à en avoir. »
Après la pause que marqua Peter, Stiles sentit qu'il devait répondre quelque chose, mais il en était incapable. A l'entente du prénom de Malia, sa culpabilité se décupla, et son corps se crispa.
« Ce n'est pas tout. » Reprit Peter avant de se racler la gorge et de poursuivre sur son ton étrangement sérieux « J'ai…comment dire ? L'impression que Derek s'ouvre un peu plus en ce moment, et je crois tu n'y es pas pour rien. »
« Non, je…je n'y suis pour rien. » Souffla Stiles en sortant soudainement de son mutisme. « Malia est mon amie, et j'apprécie beaucoup Cora, mais Derek et moi, on se connaît à peine. Je ne vois pas comment je pourrais… »
« Tu ne t'en rends pas compte, Stiles, c'est tout. A la maison, je dois te confier que tu fais partie des principaux sujets de conversation depuis que tu es arrivé à East Bay. Crois-moi, c'est rare de voir Derek s'intéresser et réagir à ce que l'on se dit le soir, depuis quelques années…alors je me suis dit que, peut-être, quelqu'un avait enfin réussi à fissurer la carapace… »
« La carapace ? Le mur de béton, plutôt. »
En réalisant ce qu'il venait de dire, Stiles sentit bêtement son rythme cardiaque s'accélérer, et il leva de grands yeux étonnés vers un Peter déjà mort de rire.
« Tu vois ? Tu t'en soucies toi aussi. » Articula difficilement le professeur entre deux éclats de rire
Stiles ne savait pas quoi répondre, mais il se sentait à la fois terriblement gêné et perturbé. Outre le fait qu'il venait de dire tout haut ce qu'il pensait tout bas, il avait tout de même appris qu'il ne laissait pas Derek complètement indifférent…enfin, il était hors de question de se faire des films, à dix-huit ans, il estimait devoir passer au-dessus de ça. Evidemment, qu'il ne laissait pas Derek indifférent : dès son premier jour à la fac, il s'était arrangé pour se rendre détestable à ses yeux.
« Monsieur Ha…euh, Peter, je suis désolé, mais je dois y aller, alors… »
« Bien sûr, vas-y, je ne te retiens pas plus longtemps. » Répondit-il avec un sourire sincère
Stiles lui adressa un nouveau sourire forcé, puis il fit volte-face sans attendre plus longtemps, et il quitta la classe avant de traverser le couloir d'un pas rapide, juste au cas où Peter aurait encore quelque chose à lui dire.
Cependant, au moment où il allait enfin descendre les escaliers, il entendit une voix féminine appeler son nom et, sachant qu'il allait se faire poursuivre dans toute la fac s'il ne se retournait pas, il fit demi-tour, affichant un léger sourire à Cora. Le sort s'acharnait cruellement sur lui.
« Tu me reconnais ? » Lança la jeune fille avec un petit rire
« Désolé, on ne s'est pas vus beaucoup ces derniers temps. » S'excusa Stiles, embarrassé
« Pas depuis la soirée chez moi. » Précisa-t-elle en arrivant à sa hauteur. « C'est le soir où j'ai compris que malgré tous mes efforts, je ne t'intéresserai jamais comme je le voulais. »
Ce n'était pas le sort qui s'acharnait sur lui, c'était les Hale.
« A propos de ça, Cora, je… »
« C'est bon, t'inquiète pas, je vais survivre ! Contrairement à ma cousine, je sais accepter rapidement le fait que mon intérêt pour un garçon ne soit pas réciproque. Tu sais ce qu'on dit, il y a d'autres poissons dans l'océan, tout ça…et puis, ce n'est pas faute d'avoir essayé, alors je n'ai aucun regret à avoir ! »
Pour la deuxième fois de la journée, Stiles resta sans voix, et il sentit son rythme cardiaque reprendre de la vitesse. Comment Cora avait-elle pu comprendre qu'il ne partageait pas réellement les sentiments de Malia ? Au moins, ça expliquait pourquoi elle n'était pas arrivée comme une furie pour l'étriper : elle n'avait aucune raison d'être jalouse, puisqu'elle savait que sa cousine n'avait pas « gagné ».
« Bref, tout ça pour te dire que Malia te cherchait, et que je lui ai dit que le lundi, tu mangeais avec tes amis derrière l'université, c'est bien ça ? Tu devrais y aller, en ce moment, on s'engueule moins que d'habitude, alors ça serait dommage. »
« Oui, je vais y aller tout de suite ! » S'empressa de répondre Stiles, beaucoup moins lent à réagir lorsqu'il s'agissait d'échapper à l'emprise d'un Hale
« Ah, juste une dernière chose. Malia et moi, on n'est pas les meilleures amies du monde, mais elle reste ma cousine. Si elle est à ramasser à la petite cuillère, compte-tenu du fait qu'elle n'a pas d'amis, c'est moi qui vais m'en occuper, alors si tu pouvais éviter de trop la blesser. »
« Je suis l'ami de Malia, et je n'ai aucune envie de lui faire du mal. »
« Mais ça va venir, parce que tu aimes quelqu'un d'autre. »
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? C'est faux, je ne suis pas… »
« Tu ne vas pas me faire croire que tu sors avec ton amie, sachant qu'elle est amoureuse de toi, sans aucune raison ? » Soupira Cora. « Je sais que tu n'es pas le genre à faire ça uniquement parce que tu es en manque ou que tu ne veux pas être seul. Donc c'est forcément que tu veux t'enlever quelqu'un de la tête. »
Stiles ouvrit la bouche et la referma aussitôt, à la fois surpris par la perspicacité de Cora, et effrayé à l'idée qu'il soit si facile de lire lui. Pire encore, il n'arrivait pas à nier les propos de la jeune fille, à nier qu'il essayait d'enlever Derek de sa tête, et que pour ça, il utilisait Malia. Pourtant, il ne se sentait pas prêt à affronter la dure réalité, alors que son mensonge était tellement plus vivable.
« On aura l'occasion d'en reparler, de toute façon. Si je ne peux pas être ta copine, je veux au moins être ton amie. » Reprit plus joyeusement Cora, comme s'ils venaient simplement de parler du beau temps
« Avec plaisir. » Acquiesça Stiles avec un sourire
« Dans ce cas, je te libère ! A bientôt, Stiles. »
Cora fit demi-tour après un dernier signe de la main, et sans attendre plus longtemps, Stiles se précipita dans les escaliers – cette fois, Scott allait vraiment lancer un avis de recherche.
Cinq minutes plus tard, il avait fait le tour de l'université pour rejoindre la grande étendue d'herbe où il devait retrouver ses amis, et…sa petite-amie ?
Il retrouva les cinq étudiants assis sous l'ombre d'un arbre, en train de boire et de manger tranquillement, quand Isaac le remarqua à son tour, se leva d'un bond et entoura ses épaules de son bras, un large sourire aux lèvres.
« Mais regardez qui voilà ! On ne t'attendait plus, jeune fille ! » S'exclama-t-il sous les regards amusés des quatre autres
« Désolé, je devais finir un devoir, et j'avais pas vu l'heure. »
Isaac le lâcha non sans lancer un petit « on m'la fait pas à moi », et il regagna sa place au moment où Malia se levait.
« Salut ! » Lança-t-elle gaiement en avançant vers Stiles
« Hey, comment ça va ? » Répondit-il plus naturellement qu'il ne l'aurait espéré
« Très bien. »
Comme pour le prouver, elle s'avança encore jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de lui, puis elle déposa ses lèvres sur les siennes. Tout de suite, ça devenait beaucoup moins naturel. Cependant – et malgré les « ouuh ! » bien lourds d'Isaac et de Liam – Stiles répondit au baiser furtif, puis il laissa Malia prendre sa main avant de s'installer près d'elle dans l'herbe.
Il était tenté de lancer un coup d'œil à Scott, appuyé contre l'arbre et collé à Kira, mais il se rappela qu'il fallait mieux éviter son regard dans ces circonstances.
« Regarde-nous, Isaac. » Soupira exagérément Liam. « Les derniers célibataires de la bande. J'ai toujours su qu'on allait finir comme ça. »
« Je ne suis pas vraiment célibataire. Je suis plutôt…en relation libre avec tous ceux que je pourrais potentiellement mettre dans mon lit. » Se défendit Isaac, l'air complètement sérieux
« Par contre, toi, Liam, tu es trop jeune pour ces choses-là. » Ajouta Scott en hochant la tête
« C'est vrai qu'il fait jeune… » Souffla Malia comme si elle était en pleine réflexion, la tête légèrement penchée sur le côté en observant Liam. « Tu as quoi ? Quinze ans ? »
Scott, Isaac, Kira et Stiles partirent dans un fou rire incontrôlable, provoqué par l'innocence de Malia et accentué par la réaction de Liam, qui venait de s'empourprer.
« J'ai dix-sept ans ! Juste un an de moins que vous ! » Râla-t-il
« Tu as des traits de bébé. » Acheva Malia en haussant les épaules
« Arrête Malia, pitié, j'vais mourir ! J'peux plus respirer ! » Supplia Isaac entre deux éclats de rire, les mains appuyées contre son ventre
« Mais qu'est-ce que j'ai dit ? »
Après avoir retrouvé son souffle, Stiles lança un regard derrière son épaule, attiré par le son d'un rire féminin qu'il pensait connaître. A une vingtaine de mètres d'eux, Derek tenait la main d'Erica, qui affichait un large sourire et surtout, une jupe particulièrement courte. Il les fixa un instant, oubliant la conversation de ses amis qui avait déviée sur leur victoire de vendredi soir, quand Derek tourna à son tour son regard vers lui. Un regard profond et électrisant, dans lequel il resta plongé quelques secondes. Quand il réalisa qu'il venait de se griller lamentablement, il coupa son souffle et détourna vivement la tête pour reporter son attention sur Malia, qui jouait distraitement avec ses doigts.
Au moment où Kira prit la parole, il leva machinalement la tête vers elle et, malgré ses efforts pour l'éviter jusqu'alors, il croisa cette fois le regard de Scott, qui n'avait rien raté de ce qui venait de se passer.
Comme à son habitude lorsqu'il était gêné, il passa sa main gauche dans ses cheveux, laissant Malia triturer l'autre, et il se replongea dans la conversation avec un naturel feint.
Quand son réveil sonna, Stiles envoya sa main frapper directement dessus avec un gémissement plaintif. Hors de question de se lever ce matin-là.
« Debout là-d'dans ! »
Scott en avait visiblement décidé autrement. Après avoir ouvert la porte à la volée, il se précipita sur la fenêtre et il tira le rideau.
« Naan, c'est bon, j'suis trop crevé… » Geignit Stiles en rabattant la couette sur sa tête
« T'es trop crevé ou tu veux pas aller à ton cours de peinture ? » Soupira Scott en soulevant la couette de force
« C'est même pas un cours obligatoire, c'est qu'un fichu club. »
Stiles tenta de se cacher sous son oreiller, mais Scott fut plus rapide et il l'envoya à l'autre bout de la pièce.
« Debout. Il est temps que tu vois Derek, histoire de te rappeler que tu fais une connerie avec Malia. »
« T'as pas des cours, toi aussi ? Kira va t'attendre. »
« Bien tenté, mais je commence dans deux heures. J'ai tout mon temps. »
Stiles poussa un long soupir, enfouit son visage contre le matelas, espérant naïvement que Scott ait pitié de lui et finisse par s'en aller, mais au bout de cinq minutes à se faire tirer les cheveux et secouer dans tous les sens, il se résigna.
« C'est bon, c'est bon, je me lève ! »
« Bonne initiative mon pote ! » Se moqua Scott en lui ébouriffant les cheveux
Stiles repoussa sa main en bougonnant des choses incompréhensibles, mais il se leva finalement sous le regard ravi de Scott, pour filer directement à la douche.
Une heure plus tard, il était devant l'atelier, arrivé avec cinq minutes de retard. Il patientait devant, les mains dans les poches, comme s'il attendait que la porte s'ouvre toute seule. En réalité, il se demandait simplement ce qu'il fichait ici. Derek était sans doute derrière la porte, content de voir que lui n'y était pas.
Le lendemain, il était censé retrouver Malia en-dehors de l'université pour la première fois depuis le match de crosse. Il avait passé ces trois derniers jours à lui tenir la main et à répondre à ses baisers sans que rien ne change entre eux, mais il savait que ça ne durerait pas. Il allait devoir s'impliquer de plus en plus, ce dont il serait incapable s'il continuait à attendre quelque chose de quelqu'un qui se fichait de lui. Scott avait eu raison de le pousser à aller en cours. Il devait s'y rendre, et mettre fin à cette blague.
C'était justement parce qu'il était avec Malia qu'il devait rentrer dans cette salle. Il fallait qu'il apprenne à côtoyer – et juste ça – Derek, puisqu'il était le cousin de sa petite-amie, et qu'il allait encore être amené à le croiser souvent. Il devait lui montrer, ou plutôt lui faire croire, qu'il le laissait complètement indifférent.
Sûr de sa résolution, il se décida enfin à entrer dans la salle, visiblement pour le plus grand bonheur de Monsieur Reedus qui l'accueillit avec un grand sourire.
« Monsieur Stilinski ! Je vous en prie, installez-vous. Le thème d'aujourd'hui n'est pas des plus évidents : personnifier une émotion. J'ai hâte de voir ce que vous allez nous présenter ! »
Stiles acquiesça avec un sourire poli, puis il contourna le cercle des chevalets pour retrouver le sien. Sans surprise, Derek était assis devant sa toile, à côté de sa place vide, un pinceau teinté de bleu dans sa main droite. Stiles prit une inspiration discrète, puis il fonça s'asseoir sans un mot ni un regard pour lui avant de fouiller maladroitement dans son sac, dont il fit tomber la moitié du contenu avant de se rappeler qu'il n'avait pas de matériel à apporter, puisque tout était déjà à sa gauche.
Non, il n'était absolument pas perturbé. Du tout.
« T'as pas fini ton bordel ? J'étais en pleine concentration, avant que tu te ramènes. »
Stiles se figea à l'entente de sa voix, mais il se contenta de répondre en claquant sa langue contre son palet. Derek soupira, mais encore une fois, il fit tous les efforts du monde pour ne pas y prêter attention. Après dix minutes à fixer sa toile sans ciller, le thème, personnifier une émotion, lui revint en tête, et malgré son cruel manque d'imagination quand il s'agissait de peindre ou de dessiner, il plongea au hasard un pinceau dans la mare noire étalée sur sa palette.
« Alors, ça se passe bien avec Malia ? »
Enfermé dans sa bulle, Stiles sursauta et lâcha son pinceau qui s'écrasa sur le sol. Il fit signe de la main à son professeur que tout allait bien, puis il ramassa l'outil avant de le reposer sur sa palette.
Il ne savait pas s'il devait se maudire lui-même pour sa réaction stupide, ou Derek pour lui poser cette question. Pour la première fois depuis son entrée dans l'atelier, il tourna la tête vers lui et croisa son regard aussi clair qu'hypnotisant.
« Et toi, ça se passe bien avec Erica ? » Répondit-il froidement
Derek haussa les épaules, puis il retourna à sa toile sans un mot. Stiles l'observa un instant, passant par les traits droits de son visage, ses lèvres rosées, son corps parfaitement musclé qui lui donnait une allure intimidante alors que tous ses mouvements étaient d'une surprenante élégance. A chaque fois qu'il pouvait vraiment le regarder, Stiles se rappelait pourquoi il avait fini par se retrouver ici, dans cet étrange club de peinture. Mais ce jour-là, ce n'était pas ce qu'il voulait, ou devait vouloir, alors il se détourna à son tour.
Quelques minutes passèrent durant lesquelles Stiles se contenta de gribouiller dans le bas de sa toile, histoire que monsieur Reedus le pense en train de créer une nouvelle œuvre « à la française », quand la voix grave et chaude de Derek l'interrompit une nouvelle fois :
« Est-ce que tu ressens autre chose que de l'amitié pour elle ? »
« Quoi ? » Soupira Stiles en se replongeant dans son regard
« Pour Malia. Est-ce que tu ressens… »
« Oui. Ça se pourrait bien. »
Il n'avait jamais été un très bon menteur, mais au moins, jusqu'à maintenant, il s'en sortait bien : il n'essayait même pas de relancer désespérément la conversation ! Il avait même décidé de se refocaliser sur ses gribouillis, quand Derek eut un petit rire dédaigneux.
S'il répondait cette fois, ce n'était pas si grave, après tout, ce n'était pas lui qui l'avait cherché. Enervé, vexé, peut-être, il posa son pinceau et posa des yeux assassins sur le Hale.
« T'es vraiment bipolaire tu sais ? » S'emporta-t-il à voix basse – crédibilité moyenne, mais il était toujours en classe… « J'ai compris dès le début que t'avais un sérieux problème relationnel, mais là, ça dépasse l'entendement. »
« Je me suis dit exactement la même chose à propos de toi, le jour où tu m'as pris en photo contre mon gré et sans me connaître. » Rétorqua Derek avec un calme déstabilisant
« C'est génial, ça fait deux sociopathes bipolaires, alors ! Tu sais quoi, Derek ? On devrait se rendre un énorme service et s'éviter. Un bonjour pour la forme devant ta famille, et rien d'autre. »
Stiles se leva précipitamment, ignorant les regards des autres étudiants qui commençaient à dévier vers eux, dont celui de Monsieur Reedus.
« Monsieur Stilinski, est-ce qu'il y a un problème ? Ça fait à peine vingt minutes, vous avez déjà fini de… »
« Presque. » Lança sèchement Stiles
Personnifier une émotion, hein ? Il récupéra son pinceau, le trempa une nouvelle fois dans le noir, et écrivit dans la moitié encore blanche de sa toile « Agacement profond », puis il dessina une flèche dont la pointe désignait clairement Derek, qui se contenta de soupirer en croisant les bras sur son torse.
« Je suis désolé, monsieur, mais je quitte le club. » Dit-il en lançant son sac sur son épaule
« Mais, monsieur Stilinski… »
« C'est bon, j'en ai marre de peindre. Je vais tenter un truc plus concret comme...l'équipe de crosse, par exemple. Ne le prenez pas mal. »
« Marre de peindre? Mais, je croyais que vous... »
« J'ai changé d'avis. »
Stiles se précipita vers la porte de l'atelier, et, sans prendre la peine d'écouter les protestations de son professeur, il la derrière lui. Il continua sa route d'un pas furieux dans le couloir vide, quand il entendit un deuxième bruit sourd derrière lui, semblable à celui qu'il venait de provoquer en fermant la porte.
Il soupira et accéléra le pas, certain qu'il s'agissait de monsieur Reedus le poursuivant pour réclamer des explications, quand une main enserra son bras.
Il sursauta et essaya de se dégager immédiatement, plus par réflexe qu'autre chose, quand il se sentit emporté en avant.
« Derek ? » S'étonna-t-il en tirant sur son bras
Il essaya sans succès de se dégager de l'emprise avec plus de force, mais Derek le traînait résolument dans le couloir.
« Bordel ! Qu'est-ce que tu fiches ? » S'énerva Stiles en accélérant le pas pour essayer d'arriver à sa hauteur
De sa main libre, Derek sortit un trousseau chargé de clés de sa poche, puis il tourna subitement à l'angle. Stiles manqua de peu de se prendre le mur en pleine tête – et il ne manqua pas de le signaler par un grognement – et, deux secondes après, il entendit un bruit de serrure que l'on ouvre, et il se retrouva propulsé dans une pièce plongée dans le noir. Il perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse sur un meuble, qu'il identifia comme étant une table recouverte de livres quand Derek alluma la lumière après avoir refermé la porte derrière lui.
Stiles balaya rapidement la pièce des yeux, le pouls rapide en se demandant où est-ce qu'il avait atterrit. Moins grande qu'une salle de classe, elle contenait une dizaine de petites tables, toutes pleines de livres empilés, des chaises, une armoire et même un canapé beige tâché par ce qui semblait être du café. Les stores étaient fermés, et une odeur de renfermé et de peinture flottait dans l'air.
« C'est quoi, ça ? » Demanda Stiles en se retournant vers Derek. « Ta cachette de sociopathe ? La salle sur demande ? »
Les bras résolument croisés sur son torse et le dos appuyé contre la porte, Derek leva les yeux au ciel.
« On joue au roi du silence ou à un truc comme ça ? » S'impatienta Stiles
Derek fit un pas en avant, et par réflexe, Stiles recula contre la table.
« J'ai perdu d'avance, laisse tomber. C'est bon, dis quelque chose ! »
Derek continua à avancer, lentement, un pas après l'autre. Stiles gardait son regard plongé dans le sien, l'interrogeant silencieusement sans obtenir de réponse. Pour la troisième fois de la journée, un Hale faisait s'affoler son cœur, et il commençait à en avoir marre, et maintenant, à flipper un peu.
« Si c'est pas au roi du silence, tu joues à quoi, là ? » Demanda-t-il d'une voix plus aiguë qu'il ne l'aurait voulu
« Le silence t'angoisse. »
Stiles compris qu'il ne s'agissait pas d'une question, et que s'il ne se moquait pas, Derek commençait à s'amuser de ses réactions.
« C'est toi qui m'angoisse. Tu fais quoi ? Un mètre quatre-vingt-dix ? Je veux bien admettre que tu es légèrement plus musclé que moi, et t'as juste une tête de psychopathe, là. »
Derek haussa les épaules, puis il fit un nouveau pas en avant.
« OK ! » Cria soudainement Stiles en étendant ses bras devant lui. « Tu veux des excuses, c'est ça ? Je suis désolé si j'ai froissé ton égo, mais on tue pas des gens pour ça tu sais ! J'suis même pas sûr que t'arriverais à me faire entrer dans cette armoire, et j'ai un colloc' qui me flique, si je ne rentre pas ce soir sans le prévenir, il va direct appeler la police ! En plus, mon père est shérif, et… »
« Sérieusement, Stiles ? » Soupira Derek en s'arrêtant à quelques centimètres des mains tendues vers lui. « C'est pas la première fois que tu parles de ça. T'as des trucs à te reprocher, ou quoi ? »
« C'est toi ! Une forêt sombre, une salle secrète que pue le renfermé…tu m'donnes pas vraiment envie de me détendre. »
« La forêt, c'était justifié par le paysage. Et arrête avec tes histoires de salle secrète, c'est juste une pièce où on entreposait les meubles trop abîmés avant qu'ils en prennent une plus grande. J'ai pris les clés de Peter, et je me la suis approprié, c'est tout. Ils n'en faisaient rien, de toute façon. »
« C'est donc bien ta pièce de sociopathe. »
« Tu devrais t'y sentir à l'aise, alors. »
Stiles laissa retomber ses bras le long de son corps, dépité. Voilà pourquoi il avait fini par choisir Malia…il ne pouvait pas parler à Derek sans se prendre la tête avec lui. Et pourtant, il savait que s'il devait sortir de cette pièce tout de suite, rester sur sa décision et l'éviter, il ressentirait une sorte de vide, et il aurait des regrets. Il devait être maso, ou juste complètement taré, un truc du genre, en tout cas.
« Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ? On s'entretue ou t'as un truc à me dire ? »
« J'ai quelque chose à te dire. »
Le cœur de Stiles rata un battement, comme s'il venait de comprendre quelque chose avant que les connexions ne se fassent plus haut. Derek avait pris un ton à la fois sérieux et bien moins confiant qu'habituellement, il avait relâché ses muscles et son regard s'était vidé de toute arrogance. Il avait l'air beaucoup plus vulnérable, et en un sens, aux yeux de Stiles, il était devenu encore plus intimidant.
« Stiles, je sais que tu m'as répondu, mais tu étais énervé, et on était en cours. Je vais te poser la question une dernière fois, et, même si tu ne me dois rien, j'aimerais que tu me répondes sincèrement. »
Derek fit les quelques pas qui lui restait, et quand la distance qui les séparait fut réduite à une poignée de centimètres, Stiles se crispa sur les rebords de la table derrière lui, le souffle court et le cœur de plus en plus rapide. Il ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer, quelques minutes auparavant, il était en train de s'engueuler avec Derek dans une salle de cours, et maintenant, il était là, seul avec lui. Ils n'avaient pas levé la voix depuis un moment, mais la pression était plus étouffante que jamais, et Stiles s'imaginait déjà se précipiter vers la porte pour s'enfuir à la recherche d'air.
« Je t'écoute. » Murmura-t-il par peur que sa voix le trahisse encore
« Est-ce que tu aimes Malia ? »
Stiles serra un peu plus ses mains sur la table, et il baissa les yeux, incapable de soutenir le regard hypnotisant plus longtemps.
« Si tu me dis que tu l'aimes, je te promets que je te laisserai partir tout de suite, et que je ferai en sorte de m'en tenir à ce que tu m'as dit. T'éviter. »
Plus les minutes passaient, plus cette perspective semblait pénible et douloureuse pour Stiles. Si Derek ne l'avait pas emmené dans cette salle, s'il l'avait laissé partir, il serait sans doute déjà en train de se maudire dans un coin pour avoir choisi cette option stupide.
Heureusement, ou peut-être pas, il était là, et il avait encore le choix. Avec les battements rapides de son cœur, il avait presque du mal à s'entendre penser, et pourtant, la question était simple, et il en avait déjà la réponse. Il leva un regard hésitant vers Derek et il prit une inspiration discrète avant de demander d'une voix légèrement tremblante :
« Et si je te dis que je ne suis pas amoureux d'elle ? »
Derek fit un dernier pas en avant, rompant le dernier espace qui les séparait encore en collant son corps à celui de Stiles. Il remonta doucement sa main sur le ventre plat du plus jeune pour arriver jusqu'à sa nuque, et il posa l'autre sur ses doigts encore crispés sur le bureau pour l'inciter à se détendre.
Stiles pensa un instant que, s'il avait était un peu moins résistant, il aurait pu s'évanouir tant son sang bouillait dans ses veines et lui vrillait les tempes. La dernière fois qu'il s'était senti aussi fébrile, il était encore lycéen, et en compagnie de la première personne qu'il avait aimée. Il n'était même plus certain de savoir comment réagir quand on était aussi peu maître de son propre corps, alors il décida sans vraiment y réfléchir de se laisser guider par ses réflexes.
Derek approcha son visage du sien, sans doute moins lentement qu'il ne le lui semblait, mais assez quand même pour qu'il comprenne qu'il allait devoir se réveiller. Il ferma les yeux et attrapa instinctivement le t-shirt de Derek entre ses doigts tandis que la main brûlante dans sa nuque l'incitait à se laisser aller. Quand les lèvres douces et chaudes se posèrent contre les siennes, il serra un peu plus le vêtement et il l'attira vers lui, demandant silencieusement que le baiser se fasse plus pressant. Sans se faire prier, Derek vint d'abord jouer avec sa lèvre inférieure, puis il se laissa glisser sur sa joue, sa mâchoire, jusqu'à ce que Stiles le rappelle à l'ordre par un grognement significatif.
Dès que le plus âgé délaissait ses lèvres, il se sentait terriblement frustré. L'espace d'un instant, l'idée qu'il se trompait, qu'il était immoral et faisait une erreur lui traversa l'esprit. Il était encore temps de s'éloigner, de quitter l'air brûlant de la pièce. Mais foutu pour foutu.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Derek regagna ses lèvres avec un léger sourire, et il les caressa doucement du bout de la langue. Stiles oublia aussitôt de réfléchir pour laisser parler son corps, et il entrouvrit sa bouche afin que les deux jumelles se rencontrent pour la première fois. Ouais, foutu pour foutu.
Happé par une vague de désir tandis qu'ils échangeaient ce baiser passionné, il lâcha la table pour venir poser sa main gauche dans le dos de Derek et il se hissa un peu plus sur la pointe des pieds pour demander son reste après une courte inspiration. Quelques secondes plus tard, les mains de Derek glissèrent jusque sur ses hanches, et il comprit qu'ils en avaient fini.
En se détachant de lui, Stiles se força à retenir un grognement de frustration – il fallait qu'il reprenne son souffle, et puis, s'ils continuaient, ne pas aller plus loin deviendrait une véritable torture.
« Et maintenant ? » Demanda-t-il en se recalant contre la table
Derek le lâcha, fit un pas en arrière et passa une main dans ses cheveux, l'air presque gêné. Pour sa plus grande surprise, mais surtout sa plus grande joie, Stiles remarqua qu'il semblait au moins aussi frustré que lui.
« Maintenant je retourne en cours et…et on en parlera bientôt. » Répondit-il de son habituelle voix grave et posée
« Bientôt quand ? » Soupira Stiles en croisant les bras sur son torse
Si Derek croyait s'en sortir comme ça ! Non, il ne se ferait pas avoir une deuxième fois.
« Très bientôt, si tu préfères. » Lui accorda Derek en soupirant à son tour
« Du genre bientôt demain, ou bientôt dans trois semaines ? Je veux pas avoir l'air d'insister, mais la dernière fois qu'on a passé du temps ensemble sans s'engueuler, après tu m'as ignoré presque deux semaines. »
Sans un mot, Derek se détourna de lui et avança en direction de la porte, qu'il déverrouilla avant de refaire face à Stiles pour lui lancer le trousseau, qu'il réceptionna aussi maladroitement qu'il était possible de le faire.
« T'as à peu près les clés de toutes les salles de la fac là-dessus, et c'est celui de Peter en principe, alors le perds pas. »
« En principe. » Répéta Stiles avec un petit rire amusé. « Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ? »
« Parce que si je veux profiter de ma cachette de sociopathe, j'en ai besoin. Il va donc falloir que je la récupère très vite. Ce week-end, par exemple. »
Stiles serra le trousseau dans sa main, comme s'il avait soudainement peur qu'il essaie de s'en échapper. Derek venait de lui confier une de sorte de promesse d'un rendez-vous très proche, et il n'était sûrement pas près de la perdre.
« J'y retourne, et toi, tu reviens au club la semaine prochaine. » Lança Derek en posant sa main sur la poignée. Il entrouvrit la porte, puis il se retourna au dernier moment, un léger sourire sur les lèvres « L'équipe de crosse, hein ? Tu fais quoi ? Soixante kilos ? Trouve plus crédible, la prochaine fois. »
Stiles ouvrit la bouche pour protester, mais Derek l'interrompit par un « ferme à clé en sortant », avant de claquer la porte derrière lui.
« Non mais il se prend pour qui ? Je fais au moins soixante-quatre kilos… » Bougonna Stiles en rangeant le trousseau dans une poche de son sac
Il balaya la pièce des yeux une dernière fois, comprenant maintenant d'où venaient l'odeur de peinture et les tas de livres. Il était tenté par l'envie d'ouvrir la fenêtre – la température était étonnement, ou pas tant que ça, montée en flèche – et aussi un peu par celle d'entamer la danse de la joie. Cependant, à mesure que la réalité le rattrapait, la perspective d'un autre rendez-vous et la culpabilité diminuaient son enthousiasme. Avant de réaliser ce qui venait réellement de se passer et de s'en réjouir, il devait la vérité à Malia.
J'espère que ce chapitre vous a plu mes petits fromages blancs 0% (eh, c'est l'été dans genre un mois !). Je sais pas ce que j'ai, ça doit être la saison des amours, mais j'ai aimé l'écrire en tout cas.
On se retrouve le plus vite possible pour les explanations (à prononcer à la française svp) entre Derek et Stiles, et…ah, ouais, y a Malia aussi. Et p'tet d'autres trucs aussi. Ouais, sûrement d'autres trucs.
Allez, c'est parti pour les réponses à vos reviews pour lesquelles je vous remercie encore 10 000 fois !
Arianna Heawing : Si tu savais comme j'ai la pression avec ton pseudo, pauvre de moi ! « Greluc-Malia » ? WHAT ? XD Faut que tu m'expliques ça ! Ah, tu traverses actuellement aussi la joie des exams ? Bon courage ! Et merci encore !
La Dictateuse : tiens tiens tiens qui voilà…j'espère que Derek t'a entendu, ce gros con. Oh, quelle vulgarité, je m'auto-choc ! « Révolte-toi louveteau », ça pourrait être une chanson de résistants de la Seconde Guerre mondiale, tu trouves pas ? Je voulais te le dire la dernière fois, j'avais oublié, donc je profite là xD T'inquiète, on va faire péter la bromance. La bromance règnera sur ce monde !
Allima : Non, franchement, c'est pas normal du tout, ça craint, faut remédier à ça ! Stiles est un gentil petit à la base ! Je suis moi-même tombée du côté « sauvons et protégeons Malia », je ne sais pas comment j'ai fait ça, mais c'est fait. Franchement, c'est normal de continuer à prendre le temps d'écrire, j'ai vraiment des lectrices supers, ça motive à fond ! :D
Au fait, je dois te remercier pour ta review sur « You've never been so wrong » au passage ! Elle m'a fait tellement plaisir, c'était adorable. J'ai passé je ne sais combien d'heures sur cette fic, alors je suis super contente que tu l'aies aimée ! Tu sais quoi, j'hésitais vraiment jusqu'au bout à faire une deathfic, et c'est ce que j'avais prévu à la base. Mais bonne nouvelle, j'ai découvert en écrivant le dernier chapitre que j'étais trop faible pour ça xD Et si tu as aimé mes titres, c'est que tu as de bons goûts musicaux huhu…Bref, merci encore, j'adore lire tes reviews ! :)
Julia13verseau : Et c'est en effet tout un art ! haha, merci beaucoup ! :)
DianeMoon : Oups, dis-moi que je me suis rattrapée ? J'ai fait ce que j'ai pu, promis !
Toonette : Derek commence à se décider, il était temps, hein ?
Chana06 : Merci beaucoup ! J'espère que c'est toujours le cas ! :)
Sanga36 : Je pense qu'à la place de Stiles, j'aurais déjà pété un câble depuis longtemps xD mais tu as raison, il n'a pas vraiment bien agi. Je suis contente de savoir que tu aimes toujours, merci ! :)
Kaneko Estsioay : Kaneko le grand retour ! T'as raison, prépare-toi aux problèmes, ils arrivent, mais bon, que serait une fic sans ça ? Désolée, pas trop mon truc les savons, ça fait des bulles et tout ! Mais je me suis rattrapée de toute façon, hein ?
Drayy : « Beurk » XD Je me suis bien marrée tiens ! Merci ! :)
Papuche-chan : Ohmondieutonpseudoesttellementmignooooon ! Vite ! Injectez-lui du Sterek tout de suite, elle convulse ! Ah, non, non, c'est bon ! C'était une fausse alerte, les trucs de fangirl, tout ça…t'inquiète, je connais cette douleur. Laisse parler la fangirl qui est en toi, ça fait du bien !
Je crois que les gens aiment bien Erica en général, moi, j'l'aime pas et ça se voit. Merci pour ton soutien x) Et pareil pour Malia, son personnage est trop cool, mais rah, je veux que Stiles finisse avec Lydia ('fin, Sterek en dehors de la série, promis). Et oui, j'adore Peter, il est tellement cool :3
Les noms « Sciam » et « Scisaac » existent, aussi bizarres sonnent-ils xD Je sais pas pourquoi, pas je n'arrive pas à imaginer Scott homo ou bi, du coup je le case sans problème avec Kira ! Pour moi, ce personnage existe pour aimer Stiles de toute façon XD (attention, si je parle de bromance trop longtemps, la fangirl qui est en moi se met à hurler comme une banshee)
J'aime bien Fairy Tail, mais je dois avouer que je ne connaissais pas ce personnage. En réalité, j'ai emprunté le nom de « Reedus » à Norman Reedus, l'acteur qui joue mon personnage préféré dans The Walking Dead. Si ça se trouve, l'auteur de Fairy Tail s'est inspiré de lui xD
J'ai toujours rêvé qu'une licorne en peluche me fasse des bisous, je peux mourir heureuse maintenant, merci ! :D
Brookedaviiis : Contente que tu aies lutté contre ton envie haha ! C'est terrible, tout le monde a de la peine pour Malia, même moi, mais je n'avais pas le choix !
Agathenoel51.02 : Eh bien triple merci pour toi, ça me fait plaisir d'apprendre que tu aimes ma fic :D Quoi, je suis morte autant de fois que ça ?! Même après ce chapitre ? Je suis sûre que ton avis a changé haha. Merci beaucoup :)
Wendy05 : Ah là là…on n'y peut rien si Derek et Stiles sont deux abrutis finis. C'est pour ça qu'ils vont bien ensemble d'ailleurs, non ? Hmm je ne sais pas pour Isaac, j'ai décidé d'en faire un amoureux de la vie et des gens, ça risque d'être un peu plus compliqué que ça avec lui ! merci ! :)
Fanny : T'inquiète pas, j'ai compris aussi, et ça me fait plaisir haha :) Merci beaucoup, j'espère que cette suite te va, dès que j'ai sorti la tête des exams, je carbure sur le prochain chapitre !
Enoa2 : Quand j'ai lu ta phrase en majuscule qui a directement attiré mon regard, j'ai cru que tu parlais de moi, je me suis dit « Quoi ? Non ? Toi aussi tu me détestes maintenant ! » xD La fin du chapitre précédent était tellement nécessaire ! En plus, j'ai aimé l'écrire, mais j'ai préféré ce chapitre. Je crois que tu as plutôt bien cerné Malia, tant mieux, je n'ai pas envie d'en faire un personnage stupide. T'inquiète pas, je vais la ménager ! Quant aux deux autres, ils sont pas au bout de leurs surprises, nan mais oh ! Allez, merci encore et à bientôt !
Riah021101 : Oh, si tu ship Stalia tu as dû survivre au chapitre précédent alors ! J'espère que ce chapitre-là, tu l'approuves ! ) à bientôt !
Eh voilà, plein de bisous, d'amour et de soleil en attendant de vous retrouver au prochain chapitre !
