Époque 1 : Rose et le docteur
Après sa brève entrevue avec Akhanaton et Nefertiti, Rose avait été ramenée au harem sans explication sur les intentions de l'un et de l'autre. Elle soupçonnait la reine d'avoir des projets pour elle, différents de ceux du Pharaon.
Elle se croyait prisonnière de sa chambre, mais quand elle approcha la porte pour trouver un moyen de s'échapper, elle constata que la porte n'avait pas de verrou. Elle ouvrit la porte pour se retrouver dans un corridor. Elle réalisa qu'elle était probablement prisonnière du bâtiment et non de sa chambre.
En explorant les lieux, elle croisa un groupe d'enfants qui faisaient la course dans les corridors, quelques esclaves féminines et des femmes richement vêtues.
Quelqu'un lui effleura l'épaule.
- Ne vous retournez pas, lui chuchota une voix de femme. Suivez-moi, mais à bonne distance.
Rose laissa l'étrangère la dépasser et la suivit nonchalamment, intriguée. Il pourrait s'agir d'un piège. Rose en savait trop peu sur la vie dans un harem. Était-ce un coupe-gorge où toute les épouses secondaires manigançaient pour nuire à leurs rivales? Où était-ce une grande famille où tout le monde s'entraidait? Elle oscillait pour quelque chose entre les deux. Il pouvait s'agir d'un piège ou d'une aide inattendue. Elle choisit néanmoins de la suivre, mais en restant sur ses gardes.
L'inconnue la guida dans une petite chambre comme celle de Rose, mais vraisemblablement inhabitée. Elle s'empressa de refermer la porte.
- Nous n'avons pas beaucoup de temps, dit-elle. Je dois vous mettre en garde. La reine a décidé de vous prendre de votre Ka.
- Mon quoi?
- Votre Ka : votre force vitale. Elle veut le prendre et l'utiliser sur une momie pour lui rendre la vie.
Rose ne comprenait pas ce que la jeune femme tentait de lui expliquer, mais ça devait être grave puisque son expression trahissait l'horreur.
- Pourquoi mon Ka et pas celui d'une autre, lui demanda enfin la jeune britannique?
- Elle attend depuis longtemps une occasion de prendre un Ka, mais pas celui d'une princesse soumise, telle que moi et mes congénères, mais celui d'une fougueuse étrangère. Voyez-vous, le Ka doit être puissant et vous lui avez fait une grande impression. Vous devez fuir.
Rose considéra la dernière remarque. Nefertiti semblait avoir une idée derrière la tête, mais cette histoire de vol de force vitale l'inquiétait! Et pourquoi cette étrangère l'aidait-elle?
- Qui êtes-vous, reprit-elle enfin, et pourquoi m'aidez-vous?
- Je ne peux pas vous dire mon nom, cela mettrait en danger ma position et celle de mon fils. La reine n'est pas ce qu'elle semble, je sais qu'elle s'est emparée du Ka d'une autre jeune fille pour venir ici. Si elle prend un second Ka, elle sera trop dangereuse.
- Dangereuse pour qui?
L'écho des rires d'enfants retentit près de la porte.
- Nous n'avons plus le temps. Ce soir, vous serez amenée aux bains, l'esclave qui amène l'eau laissera la porte déverrouillée. Vous pourrez sortir par-là. Vous trouverez, caché parmi les draps pour vous sécher, des vêtements de femme du peuple et un voile pour couvrir vos cheveux. Vous passerez inaperçu, mais faites attention aux gardes. Longez le mur du palais jusqu'à la rue. Là vous serez hors de vue.
Rose palpa le collier d'argent qui pendait autour de son cou qu'on lui avait laissé tel un simple bijou : la clé du Tardis. Dès qu'elle se retrouverait dans la sécurité du vaisseau, elle pourrait trouver comment avertir de docteur de sa fuite.
Époque 2 : Cynthia et le docteur
- Et c'est comme ça qu'elle s'est enfuit du harem?
La bateau glissait sur le Nil poussé par sa voilure carrée qu'un marin expérimenté manœuvrait pendant que le docteur racontait à Cynthia ce qui s'était passé lors de son premier voyage en Égypte.
- Ne ruinez pas la surprise, dit-il, je ne suis pas encore rendu là.
- Mais votre histoire est longue et nous serons bientôt rendus à destination.
Le Galiférien regarda le soleil qui se levait à l'horizon teintant le fleuve majestueux de milliers d'éclats de diamants roses.
- Nous avons encore du temps.
- Mais où allons-nous? Comment pouvons-nous combattre ces prêtres si nous nous éloignons de la capitale?
- Vous comprendrez quand nous serons arrivés. Bon, où en étais-je? Ha oui…
