SugaR paiN +part 9+
« San ??? »
Pas de réponse. Evidement. Mais bon sang ça la tuerait de me répondre ?! Je sillonnais les longs couloirs de l'orphelinat à la recherche de la jeune fille aux cheveux rouges et, pour changer, j'étais de mauvaise humeur ! Roger m'avait fait appeler dès le petit déjeuner !
« Amène moi San tu veux ? »
Question qui, comme tout le monde s'en doutait, n'attendait pas de réponse. Juste une obéissance prompte et soumise.
« Che ! » râlais-je pour moi-même.
Cette fille me pompait l'air ! Même quand elle n'était pas là elle trouvait le moyen de m'agacer ! Tuteur, hein ? J'allais finir par la trucider ! Tandis que dans ma tête défilaient mille et une images de tortures j'accélérais le pas, pressé d'en finir avec la requête de Roger. C'était notre dernier jour de vacances et je comptais bien en profiter ! Droite, gauche, escalier, couloir… Bon sang où était-elle allée se fourrer ?! Encore un escalier. Combien de marches avais-je déjà gravis depuis mon arrivée à la Wammy's house ? Droite, encore droite puis gauche. Stop. Je me figeais, ouvrant de grands yeux exorbités par la surprise. Elle était là. Ses yeux vifs et sans vie fixaient l'évolution rapide des pièces d'un puzzle vierge d'image, observant l'emboitement de chaque morceau, analysant chaque mouvement de la main experte qui animait le jeu. Accroupie aux côté de ce type, elle releva à peine la tête à mon arrivée. A sa droite Near assemblait les pièces avec sa désinvolture habituelle, prêtant à peine attention à ce qui se passait autour de lui. Seul le claquement des morceaux du puzzle sur le sol osait troubler le silence qui régnait dans le couloir baigné d'une douce lumière matinale. Tous mes muscles se crispèrent de rage. Near. Le premier de la classe, le garçon le plus intelligent et prometteur de l'orphelinat. Mon éternel rival. Dire qu'il m'énervait était faible. Avec ses grands airs supérieurs et son inertie récurrente, son visage de petite fille et sa voix imperturbable, il avait le don de me mettre hors de moi. Il faisait partie de ceux qui, sans même avoir ouvert leurs livres de classe, savaient résoudre tout les exercices en un tour de main rien qu'en ayant vu une seule fois la démonstration au tableau. Il était de ceux qui réussissaient sans effort, ceux qui pouvaient se permettre de dire « Trop facile, j'ai même pas eu à bosser. ». Je n'étais pas de ceux là. L'éternel second, hein ? Je serrais les dents. Lui et moi, on était comme l'eau et l'huile. Incapable de se comprendre. Il ignorait la signification des mots « effort » et « volonté », lui pour qui tout était facile et accessible. J'avais beau réviser comme un dingue, m'échiner au travail, passer des nuits blanches penché sur mes cours, j'arrivais toujours après lui. Toujours. A chaque fin de trimestre ça ne loupait pas. Il me regardait de haut avec l'air de celui qui s'en moque mais ses yeux avides ne trompaient personne. Il était premier, et moi second. Il était le meilleur et moi pas. C'était tout.
« Qu'est ce que tu fiches ici ? » lançais-je d'un ton abrupt, coupant court au flot de rancœur qui remontait en moi à la vue de ces cheveux argentés.
San releva définitivement la tête, plongeant son regard sanguin dans le mien. Puis, comprenant certainement que je n'étais pas venu de ma propre initiative, elle se releva d'un mouvement fluide, délaissant le puzzle qui avait tant captivé son attention jusqu'alors. Near avait d'ailleurs cessé de jouer et tournait ses yeux noirs dans ma direction. Je répondis à son regard d'une moue dédaigneuse puis reportais mon attention sur la jeune fille qui se tenait à présent à côté de moi, m'interrogeant du regard.
« Roger veux te voir. » dis-je en me détournant de Near.
San hocha la tête, signe qu'elle allait me suivre. Nous fîmes donc le trajet en sens inverse, moi marchant devant d'un pas rapide et elle me suivant de sa démarche légère. Lorsque nous arrivâmes au bureau de Roger le vieil homme était là, debout sur le pas de la porte de son territoire. Son regard bienveillant nous balaya tout deux, enveloppant nos deux âmes d'un baume qui se voulait bienfaiteur. Personnellement il me mettait plus mal à l'aise qu'autre chose. D'un signe de la main il nous invita à entrer, fermant la porte sur notre passage, restreignant notre espace vital à son simple bureau. Je haïssais cette pièce. Je m'y sentais mal, comme si l'on avait décidé de me mettre en cage. Dissimulant mon malaise, je dévisageais Roger d'un regard inquisiteur. Combien de temps allait-il encore nous retenir ? Le directeur de l'orphelinat rajusta ses lunettes d'un doigt, se racla la gorge puis se décida enfin à parler.
« Comme vous le savez tout deux, la rentrée des classes se fait demain. »
Je grognais. Comment aurait-on pu l'oublier ?! A ma gauche San restait de marbre, fixant le visage ridé du vieil homme.
« San, tu dois toi aussi devenir membre d'une classe. »
Je contins un fou rire à grand peine. Sans blagues ? Elle devrait aller à l'école ? Roger était un génie d'y avoir pensé ! Mais plus sérieusement, il nous avait fait venir juste pour lui dire ça ? Une chose aussi évidente ?! Une envie furieuse de quitter les lieux me titilla l'estomac. Pendant ce temps Roger avait sortit des tiroirs de son bureau une pile de livres de classe, des feuilles, des crayons et diverses fournitures nécessaires à l'apprentissage scolaire de la jeune fille. San jeta un œil distrait aux manuels scolaires qui trônaient devant elle puis reporta son attention sur le directeur de l'orphelinat.
« Ce n'est encore que le strict minimum. » s'excusa ce dernier.
« Mais au fil de l'année je t'en fournirai d'autre. » ajouta t-il en souriant.
Je soupirais bruyamment, rappelant ma présence à un Roger qui se tourna vers moi d'un air serein.
« Mello elle sera dans ta classe. Je compte une fois de plus sur toi pour la prendre en charge.
_ De quoi ????? » m'étranglais-je.
J'avais dû mal entendre. J'avais FORCEMENT mal entendu !
« Tu… tu rigoles ?! »
Le sourire de Roger s'agrandit de plus belle tandis qu'il secouait la tête d'un « non » satisfait.
« Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. » ajouta-t-il, fier de son coup.
« C'est hors de question ! Même pas en rêve tu m'entends ?! » hurlais-je.
J'étais hors de moi, la fumée me sortait par les oreilles ! Roger ne semblait pas surpris de ma réaction. Sans blagues ? Il secoua la tête d'un air entendu en croisant les bras devant lui.
« Je ne te laisse pas le choix Mello.
_ Je refuse ! » tranchais-je d'un ton où perçaient la rage et l'envie de tout casser.
Le vieil homme ne se laissa pas dépouiller de son éternel sourire et repris d'un ton qui se voulait calme et autoritaire.
« Je te le répète, je compte sur toi. Tout ce que tu as à faire c'est l'aider à prendre ses repères. Tu n'as aucune obligation de rester avec elle vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
_ Bah manquait plus que ça ! »
San ne semblait pas troublée par la rudesse de ma réaction. Loin de là, elle examinait les livres de classe, légèrement intriguée. Si j'avais été un peu plus mature, probablement aurais-je été capable de déceler l'étincelle d'inquiétude qui assombrit ses yeux le temps d'une seconde. Seulement voilà. Mature, je ne l'étais pas. Roger s'assit derrière son bureau, callant confortablement son dos dans le cuir usé de son fauteuil.
« Dis-moi Mello… » commenca-t-il.
« Votre petite escapade d'hier était-elle agréable ? »
Mes yeux s'agrandirent de stupeur. Comment était-il au courant ? Devant mon visage déformé par la surprise le directeur de l'orphelinat sourit en s'enfonçant davantage dans son siège.
« Je te propose un marché. Tu continues à t'occuper de San disons… pendant le premier mois de la rentrée et je ferme les yeux sur ce petit accro au règlement. » proposa-t-il, fier de lui.
« Que… Tu… !!! »
Les mots sortaient en désordre de ma bouche dans un méli mélo cimenté par la rage et l'irritation. Mes poings serrés tremblaient sous la colère. Une fois de plus je m'étais fais avoir ! Ah il était beau le Matt avec ses idées brillantes ! Pour sûr il allait m'entendre ! Il allait même le sentir passer ! Tandis que je me laissais engloutir par la violence du désaccord Roger se leva, satisfait du silence forcé auquel il m'avait réduit.
« Bien. C'est entendu. Allez, vous pouvez rejoindre vos camarades. C'est le dernier jour de vacances. Profitez-en ! »
Sur ce, il tendit la pile de fournitures à la jeune fille qui s'en saisit à la manière d'un automate, puis nous poussa hors de son bureau. A peine eu-il claqué la porte derrière nous que Matt nous sautait dessus.
« Alors ? Alors ? Qu'est ce qu'il voulait ? »
Sa question reçut une réponse plutôt enflammée quoique bien fournie. Toute ma frustration se déversa sur lui d'un seul et même élan, manquant de lui crever les tympans. A l'autre bout de l'orphelinat on parlait même du retour de Godzilla : les plus jeunes d'entre nous débordaient d'une imagination qui défiait les barrières de la réalité. Devant ce torrent de mauvaise humeur Matt restait de marbre. Ou plutôt, il s'en fichait royalement. Son regard évasif flottait aux alentours de San tandis que son auriculaire partait en croisade dans son oreille droite.
« Ouais ouais je sais j'ai fais une connerie. » bougonna-t-il.
On aurait dit qu'il se trouvait face à un gamin de cinq ans en train de piquer une crise. Ses yeux blasés ne rencontraient que le lointain ; je l'entendais presque penser « Zut… j'suis grillé… » avec l'air de quelqu'un qui s'en moque. Il attendit ainsi que j'ai épuisé tout mon stock de reproches pour enfin changer de sujet.
« Bah ! C'est pas grave ! » lança-t-il tandis que sur ses lèvres naquit un sourire rayonnant.
« Et puis c'est pas comme si San parlait sans arrêt de trucs sans intérêt ! » ajouta-t-il d'un clin d'œil malicieux.
Sa remarque m'arracha un grognement qui se voulait neutre. J'étais encore énervé et il était hors de question pour moi d'admettre qu'il ait pu avoir raison. Le brun, conforté par ce grognement qu'il avait si souvent sût interpréter, passa un bras affectueux autour de mes épaules.
« Allez ! Et si on se faisait un battle sur ma console ? » demanda-t-il, guilleret.
« Comme ça tu pourras prendre ta revanche sur la dernière fois !
_ Je t'ai laissé gagner. Ca ne se reproduira pas. » rétorquais-je, bougon.
Matt rit de bon cœur avant de reporter son attention sur San. La jeune fille nous observait, encore et toujours. Depuis qu'elle était arrivée dans cet endroit elle n'avait fait que ça, observer. Pendant l'espace d'une seconde, mon esprit répondit absent aux boutades du brun qui s'agitait à mes côtés. Cette fille. A présent nous allions devoir la côtoyer tout les jours. A l'heure du petit déjeuner, à midi, pendant les cours, les week-ends et même pendant notre temps libre. Et chaque jour cette même question allait me trotter dans la tête. Que pense-t-elle à cet instant précis ? Un grognement sourd vint me chatouiller la gorge. Je n'avais jamais été doué en psychologie. Comprendre une fille pareille était bien au-delà de mes capacités et même de mon envie. Me détournant du visage opalin de la jeune fille je me mis en marche. Direction : la chambre de Matt où nous attendait la console de jeu déjà allumée, prête à trembler sous nos doigts avides de victoire fictive. Matt prit place sur son lit et empoigna l'une des deux manettes en me tendant l'autre.
« On s'y met ? »
La matinée se passa ainsi, puis l'après-midi. Matt et moi nous démenions comme des diables, absorbés par l'illusion d'un combat titanesque, tandis que San nous observait de son éternel regard vide. Plusieurs fois Matt lui tendit sa manette, l'invitant à prendre part au jeu. Mais à chacune de ses requêtes correspondait un refus, les mains de la nouvelle restant désespérément inertes sur ses genoux. Quand vint le soir, le score était de trente sept victoires pour Matt contre vingt-trois à mon actif. Mes yeux rougis par le scintillement de l'écran de télévision me piquaient. Matt, quant à lui, était épargné de ce moindre mal comme tout bon joueur à plein temps qui se respecte.
« Question d'habitude. » disait-il souvent.
La journée s'était écoulée aussi vite qu'une glace fond au soleil et de nous trois, personne n'avait vu le temps passer. Aussi, lorsque nous nous séparions aux alentours de vingt-deux heures, un certain parfum de nostalgie mêlé de résignation planait dans l'air : les vacances étaient finies, place à la rentrée.
Mello: Noooon.... Tu vas quand même pas nous envoyer A l'ECOLE???!!!!
( ah oui au fait y sont encore tous vivants XD )
MwA: Bah si pourquoi j'le ferais pas?
Mello: Mais c'est une fic! Une-fic! On est censé s'amuser, faire les imbéciles mais pas aller à l'école!!! .
Matt: J'aime pas l'école... T-T + chiale comme un gosse
Near: -_- L'école c'est intéressant et utile.
MwA: Flinguez le!!!! *_*
Bon ben en fait je serai l'artisan de la mort de personages de cette fic... ^^"""""
