‒ Etrange endroit.
Harry eut un léger sourire en plissant légèrement les yeux, ébloui par le soleil. La pénombre et la fraîcheur des entrailles de Gringotts contrastaient férocement avec le soleil rayonnant et une température étouffante qui ne paraissait jamais faiblir.
Réveillée moins d'une heure après le départ de Lorca, Leandra avait accueillit avec plaisir son inscription à Poudlard. Son enthousiasme ne fit que croître lorsque Harry lui annonça que tous deux devaient se rendre sur le Chemin de Traverse pour acheter les fournitures scolaires de la jeune femme. Depuis qu'ils étaient sortis de la cheminée du Chaudron baveur, tout paraissait étrange à la demi-Nehoryn.
Cependant, Harry en avait conscience, il fallait qu'elle s'habitue rapidement à ce monde. Déjà que son seul physique attirait l'attention, comme il s'en était rendu compte un peu plus tôt : le chemin vers le Chaudron baveur avait été riche en regards curieux et intéressés. Bien qu'il eut beaucoup moins de monde que lors de la journée des fournitures, ils avaient aperçu des élèves de Poudlard – et même certains hommes d'une bonne vingtaine d'années ne se gênèrent pour la détailler de haut en bas.
L'intérêt que suscitait déjà Leandra rappelait à Harry qu'elle venait d'un autre monde. Or, très naturellement, les questions seraient légion concernant la jeune femme : de quelle nationalité était-elle ? Pourquoi venait-elle à Poudlard seulement pour sa septième année ? Où avait-elle fait ses études ? Etait-elle venue avec ses parents ? Harry poussa un soupir. Dès qu'ils seraient de retour au manoir, il leur faudrait s'occuper du passé fictif de Leandra.
‒ On va commencer par ta baguette magique, déclara Harry. Enfin, tu vas y aller toute seule et j'irai chercher les ingrédients de potions chez l'apothicaire. Mais fais attention, Ollivander va te poser des questions. S'il te demande où est ton ancienne baguette, tu lui mens… Dis-lui que tu l'avais héritée de ton grand-père, mais qu'elle commençait à se faire trop vieille. Je devrais être dehors quand tu ressortiras… Tiens, c'est ici. Prends cette bourse.
Laissant Leandra entrer dans la boutique de baguettes magiques, Harry remonta légèrement le Chemin de Traverse pour rejoindre l'apothicaire. Malgré ses instructions, il n'était pas rassuré par le passage de la jeune femme chez Ollivander. Les créatures magiques pouvaient-elle faire usage d'une baguette ? Apparemment oui, puisque Lorca avait disputé un duel, mais Leandra trouverait-elle une baguette faite pour elle ?
Pénétrant dans le magasin de l'apothicaire, les narines de Harry furent assaillies par une odeur d'humidité parfumée d'innombrables arômes dégagés par les différentes plantes, substances et ingrédients indispensables à la fabrication des potions. A l'arrière du magasin, la voix furieuse du gérant lui parvenait nettement :
‒ C'est la dernière fois que je laisse cet escroc me vendre quelque chose !
Furibond, il surgit par la porte et passa devant Harry sans sembler le remarquer. Attrapant une petite fiole contenant un liquide verdâtre, il disparut dans l'arrière-salle d'où s'éleva quelques instants plus tard un sifflement suraigu. Il y eut alors une détonation, le gérant poussa un petit cri étranglé et ressortit précipitamment.
Le front moite, il resta adossé contre la porte en inspirant profondément comme s'il venait de s'échapper d'une situation périlleuse. Puis il sembla enfin remarquer Harry.
‒ Un problème ? demanda celui-ci.
‒ Ah ! s'exclama le vendeur en s'approchant du comptoir. Si seulement si je n'en avais qu'un, je serais bien content ! Je viens de m'apercevoir que je me suis fait escroquer… mais j'aurais dû m'en douter : 14 Gallions pour dix cornes de Baltruc, c'était trop beau pour être vrai !
Il poussa un profond soupir pour retrouver son calme.
‒ Enfin… Qu'est-ce qu'il vous faut ?
Harry lui tendit la liste des ingrédients réclamés par le professeur Slughorn pour cette dernière année. Pendant que le vendeur parcourait les différentes étagères pour tout réunir, une étrange odeur vint étouffer toutes les autres, caressant les narines de Harry. Délicieux parfum : un très subtil mélange de gingembre, de cannelle et d'il ne savait trop quoi d'autre.
Harry battit des paupières. Les yeux piquants, il s'aperçut qu'il s'était accoudé au comptoir, la seule chose qui lui permettait de rester debout. Un soupçon naquit soudainement dans l'esprit de Harry alors que le vendeur, remarquant à son tour l'odeur, poussa un juron furieux et tendit sa baguette magique vers l'interstice entre le sol et la porte donnant sur l'arrière-salle.
‒ Je vous conseille de boire quelque chose de fort en sortant, lança-t-il à l'adresse de Harry. Si vous ne le faîtes pas, vous aurez bientôt des hallucinations. C'est rare les cornes de Baltruc, il faut se déplacer jusqu'en Asie pour en trouver. Et pour en obtenir, c'est encore moins facile… Si je remets la main sur ce vaurien…
Harry secoua la tête pour s'éclaircir les idées.
‒ Pourquoi ne pas porter plainte ? marmonna-t-il.
‒ Ca ne servirait à rien, grogna l'apothicaire. Ca fait quatorze ans que j'ai porté plainte contre ce gredin de Howard Keepling ! Et puis, je n'avais jamais vu le vaurien qui m'a vendu toutes ces cornes…
Revenu au comptoir, il entreprit de glisser tous les ingrédients dans un sac. Il s'interrompit, et leva brusquement les yeux sur Harry en le dévisageant.
‒ Maintenant que j'y pense, vous devez avoir le même âge que lui, dit-il d'un air songeur. J'ai peut-être une chance de le coincer à Poudlard, si Dumbledore accepte de me laisser venir…
Continuant à marmonner dans sa barbe, il tendit le sac à Harry. Après avoir payé le vendeur et reçut une dernière fois le conseil de boire quelque chose de fort, il jeta un regard en direction du magasin de baguettes magiques. Leandra n'était pas encore ressortie. Remontant encore un peu la rue sinueuse, Harry s'arrêta à un café et commanda un whisky Pur feu.
Le liquide rouge sang et fumant lui enflamma la gorge. Lorsqu'il baissa les yeux dessus, il eut l'impression d'apercevoir un visage de clown se refléter dessus. Décidant que le moment était le bienvenu, il avala son petit verre d'un trait. Les légers vertiges qui menaçaient de l'assaillir cessèrent immédiatement, mais les larmes lui montèrent aux yeux tandis qu'il réprimait autant que possible une quinte de toux embrasée.
Soufflant un grand coup, il retourna devant la boutique de baguettes magiques et l'atteignit au moment où Leandra, resplendissante de bonheur, en ressortait avec un petit sachet.
‒ Alors ? demanda Harry d'une voix rendue rocailleuse par l'alcool.
‒ 26.5 centimètres, en bois de framboisier, avec à l'intérieur un unique cheveu de fée, déclara Leandra. Le vieil homme a dit que cette baguette était la seule de son magasin qui contient un cheveu de fée, et que c'était son arrière-arrière-grand-père qui l'avait fabriquée.
‒ Mais il ne t'a pas posée trop de questions ?
‒ Juste d'où je venais et ce qui était arrivé à la précédente baguette.
Harry sentit un nœud se former dans son estomac.
‒ Et tu lui as dit que tu venais d'où ? s'inquiéta-t-il.
‒ De France, répondit Leandra. Damar disait que le Portail comportait deux issues : l'une était au sommet d'une colline où Astaroth avait ramassé le caillou qui lui avait permis de fabriquer la Pierre incrustée dans la Broche d'Instinct, et l'autre issue dans une forêt de France.
Harry sentit le nœud disparaître. Néanmoins, il comprenait à présent comment Guard avait pu savoir où il apparaîtrait dans cette époque-ci. Jusqu'à présent, il ne s'était même pas étonné de la présence de son « recruteur », pensant que la broche avait fonctionné comme un Portoloin.
S'arrêtant à la papeterie pour faire le plein de parchemins, de plumes et de bouteilles d'encre, ils enchaînèrent ensuite avec le chaudron nécessaire aux cours de potions, passèrent acheter la paire de gants en peau de dragon et le couteau utiles à la botanique et prirent le chemin de Mrs Guipure et son magasin de prêt-à-porter. Harry songea que c'était également l'occasion pour Leandra de se choisir des vêtements qu'elle aimait.
A son grand soulagement, il apparut que les Nehoryn n'étaient pas passionnés par le shopping et les vêtements, car Leandra ne réagit pas aux nombreuses rangées de robes présentées. Une bonne chose, car Harry prit soudain conscience du temps qui défilait. Consultant sa montre, il réalisa qu'il était déjà presque dix-sept heures ; or, il fallait absolument qu'ils s'occupent d'un passé fictif pour Leandra dès ce soir.
‒ Regarde si des vêtements t'intéressent, autres que les uniformes, dit Harry à mi-voix. Je vais aller chercher les livres chez Fleury&Bott, tu n'auras qu'à m'attendre devant le magasin si je ne suis pas revenu.
‒ D'accord, dit Leandra avec un sourire joyeux.
Ressortant du magasin au moment où une vendeuse s'approchait de Leandra, Harry envoya la totalité des sacs et le chaudron au manoir, afin de se soulager le bras. Massant son épaule, il se dirigea alors vers la librairie. A mesure qu'il s'en approchait, un autre problème venait hanter son esprit : les matières suivies par Leandra.
Apparemment, les Nehoryn pouvaient facilement s'adapter aux baguettes magiques, et même à la sorcellerie. Mais Leandra possédait-elle les connaissances attendues par les professeurs de Poudlard ? La sorcellerie de son monde était-elle la même que celle de celui-ci ? Il faudra s'en assurer rapidement car, si le savoir de Leandra ne correspondait pas aux attentes, il devrait lui fournir de nombreuses informations dans un délai affreusement court.
Décidément, cet été n'était pas de tout repos.
Poussant la porte de la librairie, il sembla soudainement se raviser. Son regard était tombé sur la vitre du panneau, sur laquelle il se reflétait. Son reflet n'était pas le seul affiché, cependant : de l'autre côté de la rue, tout près du glacier de l'époque que remplacerait Florian Fortarôme, un petit groupe d'adolescents l'observait.
Tournant la tête vers eux, il repéra immédiatement la jeune femme qu'il avait déjà croisée à la banque Gringotts. Les bras croisés sous sa poitrine, elle était accompagnée d'une autre fille et de trois garçons.
Au premier regard, Harry sut qu'il avait là une partie des Serpentard de septième année. Entre la jolie et froide jeune femme aperçue à Gringotts et l'air patibulaire et malveillant du garçon le plus massif, leur appartenance à Serpentard était aussi évident que s'ils avaient tenu un petit panneau avec une flèche indiquant : « Septième année de Serpentard ».
L'échange visuel ne dura que quelques secondes. Sans leur manifester la moindre curiosité, ni même d'antipathie, Harry poussa définitivement la porte de la librairie et entra à l'intérieur. A sa grande satisfaction, les clients se comptaient sur les doigts de la main. Un homme au ventre bedonnant examinait les nouveaux livres parus sur la métamorphose ; une vieille femme lisait la quatrième couverture du nouvel ouvrage d'un auteur à succès ; un jeune couple longeait un rayon consacré aux décorations d'intérieur ; agenouillée devant une étagère consacrée à divers sujets, un petit bout de femme d'environ son âge consultait chaque titre.
Harry ne lui accorda pas une grande attention, bien trop pressé de retourner au manoir pour se débarrasser du passé fictif de Leandra. S'approchant du comptoir, il donna la liste au vendeur et le regarda s'éloigner en marmonnant des paroles inintelligibles. Visiblement, réunir tous les manuels demandés par Poudlard l'agaçait au plus haut point.
Pourtant, il revint très rapidement avec un grand sac. Apparemment, l'homme était organisé – plus qu'à l'ancienne époque de Harry. Il semblait préparer les manuels à l'avance, mais Harry ne s'en plaignit pas. Payant les achats, il ramassa le sac puis ressortit de la librairie. Il ne lança aucun coup d'œil vers les Serpentard, dont il sentait les regards.
Remontant la rue sinueuse sous un ciel d'une somptueuse couleur safran, il remarqua que déjà les commerçants à fermer leurs magasins. Leandra l'attendait à l'extérieur de la boutique, les bras chargés de sacs remplis de vêtements.
‒ C'était amusant ! déclara-t-elle d'un ton joyeux. Je ne pensais pas que les femmes pouvaient porter autant de vêtements différents. La vendeuse m'a montré d'étranges choses à mettre sur la poitrine…
Harry mit quelques secondes à réaliser que Leandra venait d'avouer qu'elle ne connaissait pas les soutiens-gorges avant aujourd'hui. Involontairement, son regard glissa vers les courbes qui bombaient la robe de la jeune femme, mais il le reporta aussitôt sur le mur de briques. L'arche s'ouvrit à leur passage, tandis qu'il essayait de chasser de son esprit la nouvelle de l'absence de sous-vêtements dans le monde de la Nehoryn. Peine perdue…
Quelques minutes plus tard, le retour en poudre de Cheminette était parvenu à lui remonter le whisky Pur feu dans la gorge, effaçant momentanément la révélation de Leandra. Promettant à son estomac d'arrêter de boire quelque chose avant d'utiliser ce moyen de locomotion, Harry retrouva tous les achats dès qu'il émergea de la cheminée de son salon.
‒ Il faut qu'on règle une chose importante, annonça-t-il. Je vais aller préparer le dîner. Toi, tu vas prendre de quoi écrire et t'inventer un passé. Réfléchis à toutes les questions qu'un type te poserait et trouves-y une réponse cohérente. Quand tu auras fini, on regardera ça ensemble…
‒ D'accord, répondit Leandra.
Laissant la jeune femme s'activer à s'inventer un passé fictif – et humain –, Harry rejoignit la cuisine en réfléchissant au plat du soir.
Malgré le soleil rougissant, la chaleur lui paraissait écrasante. Décidant qu'un plat froid ferait l'affaire, Harry s'agita en s'égarant dans ses pensées. Ce n'était peut-être qu'une impression – ou de la paranoïa –, mais les Serpentard aperçus sur le Chemin de Traverse lui avaient semblé beaucoup moins pacifiques que ceux de son époque. En tout cas, les trois garçons.
Mais que ce fut réellement le cas ne l'étonnerait pas outre-mesure : à la rentrée, James Potter entamerait sa dernière année à Poudlard. Donc, logiquement, Severus Rogue aussi, et Sirius le lui avait dit lors de sa quatrième année : Rogue trainait beaucoup avec des futurs Mangemorts pendant sa scolarité. Lui-même en était devenu un, d'ailleurs.
La salade décortiquée, lavée et essorée, Harry l'ajouta à la vinaigrette contenue dans un bol et réfléchit à quelques ingrédients à mélanger avec. Rapidement, des lardons crépitèrent dans la poêle, un gros couteau trancha en dés un gros morceau d'emmental et des noix bondirent dans le saladier tandis qu'une spatule en bois se chargeait d'imbiber la salade de vinaigrette.
Lançant un sortilège sur un placard, Harry regarda deux assiettes et deux couverts jaillirent du meuble et se précipiter vers la terrasse, pourchassés par des verres et du pain. La salade prête, Harry retrouva Leandra à l'extérieur. Visiblement, elle s'était installée ici pour écrire. Roussie par la lumière rougeoyante du soleil qui disparaissait derrière les collines, la jeune femme mit de côté son parchemin et saisit son couteau et sa fourchette, l'air affamée.
‒ Alors ? s'enquit Harry.
‒ J'ai presque fini, déclara Leandra. Il ne me reste plus qu'à expliquer la raison de ma venue à Poudlard et dans ce pays.
Elle est rapide, songea Harry en repensant aux innombrables parchemins froissés dont il avait eu besoin pour se créer une enfance et une adolescence à peu près satisfaisante.
‒ Tu penses qu'on pourra commencer l'entraînement demain ? reprit-il.
‒ Oui, assura la jeune femme en souriant. Mais tu devras m'appeler « professeur » !
Harry eut un sourire.
Le soleil disparaissait doucement derrière la colline, à l'ouest. Laissant Leandra savourer les dernières lueurs du jour, Harry fit disparaître la cuisine et pénétra dans la maison. Le hibou de Todd venait brusquement de lui revenir en mémoire mais, lorsqu'il se présenta dans le salon, le coussin sur lequel il l'avait étendu était vide.
Ramassant la lettre envoyée par le Serdaigle, il la lut une nouvelle fois. Serait-ce vraiment une bonne idée de s'y rendre ? Certes, il n'aimait pas trop l'idée de se retrouver au milieu d'un tas d'étudiants curieux de tout connaître de sa vie, mais il pensait aussi à Leandra. Rencontrer les élèves de Poudlard leur offrirait un excellent challenge : ils pourraient non seulement observer la communauté poudlardienne de l'époque, mais ça leur permettrait également de répandre les mensonges de leurs vies fictives respectives.
Harry soupira. Le mieux restait de demander son opinion à Leandra. Emportant la lettre avec lui, il ressortit du salon, traversa le hall d'entrée et franchit la porte du couloir menant dans le jardin. A mi-chemin, il entendit un bruit de verre brisé et craint, l'espace d'un instant, que son « professeur » ait eu un nouveau malaise.
Allongeant le pas, il sortit sur la terrasse et s'immobilisa brutalement. Les dernières lueurs du soleil avaient disparu, obscurcissant la voûte céleste qui se parsemait à vue d'œil d'un millier d'étoiles scintillantes. La chaise de Leandra était renversée, son verre brisé répandait encore le jus de citrouille qu'il contenait au moment de sa chute sur les dalles de la terre et la Nehoryn avait disparu.
Cependant, une autre jeune femme répondait présente. La respiration haletante, les mains sur les genoux, elle inspira profondément et se redressa prudemment. Harry remarqua subitement que l'inconnue portait exactement la même robe que Leandra. Aussi impressionnante que son « professeur » par sa beauté, l'adolescente offrait néanmoins un spectacle beaucoup plus glacé que la magnifique blondinette – encore plus mordant et frigorifique que la Serpentard aperçue à Gringotts et sur le Chemin de Traverse.
Sa longue crinière de cheveux bleu nuit scintillait d'argent à la lueur de la lanterne accroché à côté de la porte – lanterne que Leandra avait sûrement allumé. Sa respiration redevenue calme et silencieuse, la jeune femme tourna son regard d'un rouge étincelant vers Harry, qui déglutit difficilement. Il connaissait ce visage, mais c'était la première fois qu'il se retrouvait face à ce regard implacable…
Allandra.
