L'univers dans lequel se déroule cette histoire appartient à J..
Dans ce chapitre, on assiste donc à la rentrée et la répartition de Volodia. C'est un chapitre un peu complexe, qui vise à introduire un maximum de personnages de second plan. En fait, je pense que les deux-trois prochains chapitres sur Volodia vont surtout consister à expliquer le fonctionnement de Poudlard lorsque l'on est de la maison Serpentard, et comment Volodia s'en sort en général.
Bonne lecture.
Dixième
« -Krum, Volodia. »
Gentil qui m'appelle de nouveau. Bon, ce chapeau ne doit pas être si terrible, après tout ! Je fais trois pas posés et m'assieds calmement sur ce stupide tabouret. Puis tout est noir.
« -Ambition, beaucoup d'ambition. Intelligent avec ça. De la détermination. C'est tout vu.
-Laissez-moi deviner… Vous êtes legilimens ?
-Pas exactement. Ecoute ma chanson et tu le sauras mieux.
-Soit. Mais je ne suis pas ambitieux.
-Si. Tu as une terrible envie de piétiner le rêve de ton père en devenant meilleur que pourrait l'être un simple joueur de quidditch. Et tu n'hésiterais pas à écraser le rêve d'autres personnes pour ce faire. Et bien que tu sois assez loyal, il n'y aucun doute que tu as ta place dans la Maison SERPENTARD ! »
Je me relève, impassible alors qu'on retire le choixpeau de ma tête et que des applaudissements se font entendre. Je rejoins la table des verts et argent avec assurance, sans sourire, mais sans non plus paraître déçu. Se montrer froid est parfois tellement amusant ! Je dévisage mes nouveaux camarades de maisons, et remarque que certains d'entre eux me font signe de les rejoindre. Je m'assois donc à leurs côtés, évitant ainsi la compagnie des premières années.
« -Krum, bienvenue chez toi ! me lance une fille aux cheveux blond foncé»
La fille qui vient de parler se met à sourire. J'accroche son regard. Ses yeux sont brun-fauve. Etonnant. Mais très joli. Je lui rends son sourire puis m'adresse aux gens proches.
« -Merci. Et vous êtes ?
-Ellen Joan Ashwell. me répond ma première interlocutrice
-Lucas Remy Peyton.
-Reese Gregory Crabbe.
-Reese Vincent Goyle. »
Je les observe tour à tour. Lucas a des cheveux châtain et bouclés, Reese Gregory est une fille… ? Enfin, elle porte l'uniforme des filles. Cheveux noirs, mi-longs mâchoire carrée. Et l'autre Reese… Il plairait beaucoup à Durmstang, je pense. Cheveux courts, un début de barbe (je me demande quel âge il a…), des yeux scrutateurs, et des épaules larges.
« -Volodia Venceslas Krum. Vous êtes en quelle année ?
-Tous en cinquième, comme toi. C'est pour ça que l'on t'a proposé de venir avec nous… me répondit Ellen
-Merci, je crois que la compagnie des premières années m'aurait un peu énervé.
-Laisse, on comprend. Fit Reese Vincent »
Mais Reese Gregory nous fait signe de nous taire, agacée. Je tourne la tête pour voir ce qu'elle regarde. Ah, oui, le discours de la directrice… Bon, en fait, elle explique le fonctionnement de Poudlard, ce qui me serait très utile si Nevra ne m'avait pas déjà tout expliqué (à part cette histoire de répartition où elle n'a rien voulu me dire).
« -Mais c'est tous les ans la même histoire, on le sait déjà, veille peau !
-Ouais, qu'elle se taise, cette gryffondor, qu'on puisse manger ! »
Je me retourne. Ce sont des serpentards qui doivent être en sixième ou septième année qui parlent ainsi. Et vu la hauteur à laquelle ils parlent, McGonagall doit les entendre… Et pourtant elle ne dit rien ? en revanche, ce n'est pas le cas des gryffondors à l'autre bout de la salle qui répliquent vertement. D'accord. Guerre entre les maisons. Nevra m'en a parlé. Nevra ! Justement, je la vois, elle est de ceux qui répondent aux provocations de mes camarades. Nos regards se croisent. Elle est en colère, pas de doute. Merlin, sauvez-moi. Je veux bien retourner à Durmstang. Quoique… en fait, non, même si je dois affronter Nevra, je préfère rester ici.
« -… Je vous souhaite de passer une bonne année, et… Bon Appétit ! »
Les plats apparaissent devant nous, m'interrompant dans mes pensées. Mmmm… Mais c'est que ça a l'air très bon tout ça !
« -Volodia, c'est normal que Nevra Patil te lance des regards noirs ? m'interroge soudainement Lucas
-Nous sommes cousins germains et j'habite chez elle… Je pense qu'elle n'est pas ravie de me voir à Serpentard.
-Vous êtes cousins ?
-Oui, ma mère et la sienne sont sœurs.
-C'est vrai que vous vous ressemblez un peu, au niveau du visage. commenta Reese Vincent
-Mais elle est rousse et toi t'es plutôt aile de corbeau.
-Avec les parents que j'ai, je me vois mal avoir des cheveux roux…
-C'est vrai. Tu me passes le poulet s'il te plaît ?
-Tiens. »
Après quelques secondes d'hésitation, j'interroge, d'un ton neutre :
« -Quel est ce plat? »
Je désigne une forme verte et blanche non identifiée. Je dirais que c'est des épinards à la crème, mais je ne sais pas trop…
« -Epinards, petit pois, haricots verts, courgettes et crème. Et du poivron vert aussi je crois. me répond Reese Gregory
-Je te conseille d'en manger. Ça montrera aux gens que tu aimes ta maison. C'est le plat non-officiel de bienvenue de Serpentard. D'après ce que racontent nos légendes, il a été mis au point par un parent de Salazar.»
Ellen jette un coup d'œil vers les sixièmes et septièmes années, puis ajoute précipitamment :
« -Tu en sauras plus bientôt. Je ne peux rien te dire de plus. »
Je fronce les sourcils. Déjà, cette histoire de plat de bienvenue (sérieux, cette…mixture n'a pas l'air très comestible) et d'un coup, mes quatre interlocuteurs se plongent dans un silence religieux. Puis, il se remettent à parler entre eux, m'ignorant superbement. D'accord, là, je ne comprend plus. Qu'est-ce qui se passe au juste ?
Alors que j'entends murmurer, je tourne la tête vers les sixièmes et septièmes années. Trois d'entre eux me fixent. Je me demande depuis quand ils m'observent ainsi. Je croise le regard d'un garçon aux yeux verts.
« -Il ne ressemble pas à Viktor Krum. Regarde comme il est fin. A tous les coups c'est un pleurnichard. Il ne tiendra pas si on fait ça.
-On ne peut pas le traiter comme un première année non plus…
-Fermez-là ! Il pourrait nous entendre ! »
Le garçon aux yeux verts détourne les yeux vers les serpentards qui parlaient. J'ai peur de comprendre… Du bizutage ? Je ne vois pas ce que ça peut être d'autre et puis ça expliquerait cette histoire de plat qui est tout juste mangeable. Mais il y a des lois qui interdisent le bizutage, non ? Poudlard est l'école la plus renommée d'Angleterre, il ne devrait pas y avoir de telles pratiques… A moins que je me trompe, mais je vois mal ce que ça peut être d'autre.
« -Chers élèves, je constate que la plupart d'entre vous ont fini leur repas… »
C'est vrai qu'à la table des verts et argents, je ne vois plus que quelques personnes encore en train de manger. Même chose pour les autres tables. Mes camarades de maison recommencent à chahuter, et alors que les gryffondors s'énervent contre eux, je tente d'accrocher le regard de Nevra. Elle refuse toujours de me regarder. Dire que ses yeux sont fuyants est un euphémisme. Je soupire doucement et cherche les trumeaux. Ils écoutent religieusement McGonagall. Tiens, c'est surprenant, je croyais qu'ils étaient du genre trouble-fêtes.
J'observe ensuite les tables de Serdaigle et Pouffsouffle. Amélia me fait un signe de la main et me sourit, formulant silencieusement les mots « Bonne Chance ». Elle est gentille, elle ! Pas comme Nevra…
« -Et c'est sur ces mots que je conclus ce discours de début d'année, bonne soirée à tous. »
Hein ? J'ai raté le discours ? Ça ne fait pas très sérieux pour un premier jour, tout ça…
« -Les premières années, je suis préfet, je vous amène à la salle commune, suivez-moi … »
Le garçon aux yeux verts est donc un préfet. Lui et une fille brune rassemblent les plus jeunes des serpentards. Indécis, j'hésite à suivre Ellen, Lucas et les deux Reese ou au contraire aller avec les premières années. La fille brune (sûrement l'autre préfète de Serpentard) m'interpelle alors, remarquant probablement mon trouble.
« -Krum, viens avec nous ! »
Je me dirige donc lentement vers eux. Il faut que je garde un air impassible. Froid. Mais pas hautain, surtout. Dans mes pensées, je ne remarque pas Reese (la fille), et nous nous percutons.
« -Aïe !
-Désolé, tu vas bien ?
-Purifier l'âme corrompue.
-Pardon ? »
Mais déjà elle s'éloigne. Qu'est-ce que ça veut dire ? Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus, le garçon aux yeux verts s'approchant pour me parler.
« -Je suis Léopold Marcus Flint. Ce sera Flint pour toi. Je suis en septième année et préfet en chef. Et accessoirement, je vais t'expliquer quelques petites choses qui vont t'être utiles…
-Volodia Venceslas Krum. Merci ?
-Ce n'est ni rien ni fait avec plaisir. Ne me remercie pas.
-Quelle froideur ! »
Il esquisse un sourire moqueur puis me dévisage.
« -No comment.»
Hum… Peut-être que j'y suis allé un peu fort sur l'air froid. Ou pas. De toute façon, il est un peu trop tard pour s'en préoccuper : maintenant que je me suis montré avec mon expression indifférente, je continue avec. Après tout, mieux vaut trop que pas assez, non ?
« -Bien, pour commencer, je ne répondrais à aucune de tes questions maintenant, et si tu m'interromps, je te le ferais regretter. Compris ? »
Et si je joue à l'insolent et que je lui demande de répéter? Ça serait marrant, ça, tiens. Mais ça casserait mon image de froideur. Et je doute que le contrarier soit recommandé vu le regard qu'il darde sur moi. Dommage. J'hoche donc mécaniquement la tête et l'enjoins à poursuivre.
«-Comme tu as pu le remarquer, nous sommes une maison… Atypique. Tu entres en cinquième année, alors nous avons décidé que tu auras un traitement spécial. Comprends bien que tu auras moins droit à l'erreur que les premières années. Nous serons moins indulgents, plus durs. Mais tu seras plus considéré qu'eux, plus respecté. Ça prendra du temps, mais tu pourrais bien devenir second de ta promotion. »
Second? Moins indulgents? Traitement spécial? Merlin, cela ne me dit rien de bon. Ou si, ça me dit que j'ai été réparti dans une maison étrange, « atypique » comme il dit. Et que les préfets de Serpentard (Flint, du moins) parlent par énigmes.
« -Notre salle commune est la plus grande du château. »
Euh… En quoi est-ce utile de savoir cela? Et en quoi est-ce que cela a en rapport avec ce qu'il disait précédemment?
« -Si on compte les dortoirs, le domaine de Poudlard accordé aux Serpentards s'étend sur plus d'un quart des égouts du château. En contrepartie, il y fait souvent très froid.»
Super. Mais quel est l'intérêt de me parler de cela, franchement? Tiens, il s'arrête de parler. Et de marcher aussi.
« -Je sais que cette information est plus ou moins inutile. Mais je trouve ça intéressant. Surtout si on sait que la salle commune des Gryffondors est bien plus petite que la nôtre. Mais qu'il y fait chaud. Même l'architecture de Poudlard nous oppose à eux. »
Je vais devoir mener la guerre aux Gryffondors, donc? Ça promet… Remarque, Nevra m'a superbement ignoré pendant le repas. Mais tout de même ! Nous sommes cousins ! Et elle est plus ou moins mon seul repère.
« -Dans le train, tu étais avec des Gryffondors. Et un Pouffsouffle. La Serdaigle ne compte pas. Mais tu étais avec des Weasley. »
Oh non… Il va en plus falloir que je haïsse les Weasley si je suis à Serpentard ? Quoique, après tout, à part les trumeaux et William, je n'en connais pas d'autre, et même si les trumeaux ont l'air sympas, il ne devrait pas être trop difficile de les ignorer. Attendez… Il inclut Nevra dans les Weasley, là ! Je vais pour répondre, mais me rappelle à temps que je ne dois pas l'interrompre. Il me fixe d'ailleurs de ses yeux verts, comprenant probablement que je veux protester. Son regard se fait dur et il me plaque violemment contre le mur.
« -Alors que ce soit bien clair Krum, il est hors de question que ça se reproduise en public. Tu fais ce que tu veux en privé, mais si jamais tu oses te montrer amical envers un Gryffondor dans un lieu comme la Grande Salle, tu le regretteras, crois-moi.»
J'ai envie de le frapper. Il me fait peur, mais j'ai vraiment envie de le frapper. Ou alors lui cracher au visage un « Sinon quoi ? », en espérant que ma voix soit aussi menaçante que la sienne. Mais cela ne servirait qu'à rendre Flint plus agressif encore. Et j'ai dans l'idée que l'énerver m'apporterait plus d'ennuis qu'autre chose. N'empêche, il faut que je réponde quelque chose. Si je ne réagis pas, je risque de passer pour une « tapette ». Je n'aime pas le terme, mais je ne crois pas qu'il en existe d'autre vraiment approprié. Peut-être « chiffe molle ». Mais c'est assez vulgaire. Hum. J'ai du mal à me retenir de sourire : je suis en train de me demander quel terme est correct alors que je devrais chercher à répondre quelque chose d'intelligent. Bon. Parler de Durmstang ? Non, la référence ne tient pas. Il me reste ces histoires de sang.
« -Je suis un sang pur. Je sais ce qui est dans mon intérêt. »
Soutenir son regard encore quelques secondes. Il me fait mal, à force, cet imbécile. Mais cet immonde crapaud va me lâcher à la fin ? Oups. Je recommence à insulter les gens en pensée. Bon, en même temps, ce n'est pas comme s'il était légilimens. J'espère vraiment qu'il ne l'est pas. Et puis de toute façon, je ne pense pas ces insultes, c'est juste un automatisme de défense.
« -Sang pur, hein ? Je me demande à quel point. »
Tu peux savoir avec qui je me promène, mais pas à quel point mon sang est pur. Tss… Tes sources ne sont donc utiles qu'à Poudlard ? Et si tu pouvais me lâcher, aussi, espèce de scrout-à-pétard baveux?
« -Il y a un sang-mêlé à la quatrième génération en arrière côté maternel, si tu veux tout savoir. Et côté paternel… Dois-je vraiment préciser ? »
Enfin, il me relâche. Il faut bien dire qu'avec les origines de mon père, j'arrive à imposer un minimum de respect. Même si je trouve ça un peu bête, je suis fier d'être un sang pur. Ça a quelques avantages non négligeables. Mais aussi des inconvénients. Je ne suis toujours pas à l'abri d'un quelconque mariage arrangé, même si je sais que ma mère (et de façon plus partielle mon père) y sont opposés.
« -C'est correct. »
J'ai envie de dire quelque chose qui le vexerait sûrement. Parce qu'on a beau dire, certains des Weasley sont également des Sang purs. Les enfants de Bill et Fleur (enfin, si on considère qu'une Vélane est de sang-pur), de Georges et Angelina et de Percy et Prune, notamment. Merci Nevra pour ces renseignements. D'ailleurs, si le père de Nevra est un Weasley, elle-même est une sang-pur.
« -Et ton père est assez célèbre. Il était bon attrapeur, en son temps. »
Il l'est toujours, même s'il est un peu rouillé. Mais c'est vrai qu'il a fait honneur à la Bulgarie, puis à la Roumanie quand il jouait chez eux. Dommage qu'il n'ait pas pu continuer.
« -Tu joues au Quidditch aussi, je suppose… Tu es bon ?
-Je ne pratique pas. »
Visiblement, je l'ai surpris. Ça lui apprendra à penser que tout le monde fait comme ses parents. D'ailleurs, il n'y avait pas un joueur anglais qui s'appelait Flint ? Si. Marcus Flint, batteur. Comme quoi, l'obsession de mon père sur le quidditch peut se révéler utile, parfois. Marcus Flint, donc. Et mon guide a pour deuxième prénom Marcus. Ils sont forcément parents. Peut-être même que c'est son père.
« -Et toi ? Tu joues ? Tu as Marcus Flint dans ta famille après tout.
-Je suis poursuiveur dans notre équipe senior.
-Equipe senior ?
-Oh, c'est vrai que tu es nouveau… Il y a deux équipes de quidditch par maison. Une « junior » pour les quatrièmes années et moins et une « senior » pour les cinquièmes années et plus. Il arrive aussi qu'on prenne dans l'équipe senior des élèves qui sont en quatrième année ou moins, mais c'est assez rare.
-Je croyais qu'il n'y avait qu'une seule équipe…
-Originellement, oui, mais avec le baby boum et le pid d'immigration suite à la dernière guerre, les effectifs de Poudlard ont augmenté. »
Je paris que la famille Weasley y est pour quelque chose… C'est incroyable, tout de même, le nombre d'enfants qu'ils ont engendré en quinze ans !
« -Nous sommes arrivés. A l'autre bout du couloir, il y a les salles de potions. Par-là, les cachots. Et notre salle commune. Finit-il en désignant… un mur. »
Je veux bien croire que les Serpentards sont tordus, machiavéliques ou je ne sais quoi, mais je pense qu'on pourrait aussi ajouter qu'ils sont cinglés. Un mur ? Sérieusement ? C'est ça qui donner accès à la salle commune des Serpentards ? C'est d'un lugubre !
«-Visiblement, Angy et les premières années ont fini… A ton tour. »
A mon tour de quoi ? De quoi il parle ? Oh non, ça y est, je panique. Sueur froide. Je suis peut-être un peu trop « peureux », mais il faut admettre que « à ton tour », ça file quand même un peu la chair de poule, surtout dans un lieu pareil. C'est d'un sinistre ces sous-sols !
« -L'épreuve est simple. Si tu échoues, tu ne rentres pas.
-Vous laissez des premières années seuls pour leur première nuit à Poudlard ?
-Non. Ils passent l'épreuve tous ensemble. Je crois qu'il n'y a eu qu'une ou deux fois dans toute l'histoire de Poudlard où des élèves sont restés dehors. Et généralement, on préfère les priver de leurs affaires plutôt que de les empêcher de rentrer. En revanche, comme je te l'ai déjà dit, nous serons moins indulgents pour toi. En fait, il est peu probable que tu puisses rentrer ce soir… »
Il se remet à parler par énigmes. Enfin, non, j'ai compris cette fois. Ce qui m'inquiète, c'est la nature de cette « épreuve ». En même temps, si des premières années parviennent à passer le test… Mais il a dit que j'avais peu de chances de réussir. Ah, oui, c'est vrai « Traitement spécial ». Magnifique.
« -Tu as étudié les langues anciennes, à Durmstang ?
-Un peu. »
J'ai fait du latin les trois premières années, puis j'ai arrêté. Ça m'énervait, en fait. Et puis cela ne m'était pas très utile, et arrêter allégeait mon emploi du temps.
« -J'espère qu'il t'en reste quelque chose. Tu as une minute pour me traduire ceci . »
Il me tend un morceau de papier. Je le déplie. « Lustrare Animem Corrumpi ». Du latin, c'est déjà ça.
« -Si je ne trouve pas ?
-Actuellement, c'est le mot de passe pour accéder à la salle commune. Si tu ne trouves pas, je change le mot de passe et je te laisse là. Dépêche-toi, il ne te reste plus que trente secondes. »
Ok. Animem, c'est l'esprit, l'âme au… Génitif ? Non, accusatif. Je crois. Lustrare… la terminaison –are c'est pour les verbes à l'infinitif. Corrumpi ? I. I, c'est génitif. Ou pas. J'en sais rien en fait ! Lustrare esprit/âme Corrumpi ? Attendez… Reese Grégory me disait quelque chose tout à l'heure !
« -Dix secondes.
-Purifier l'âme corrompue. »
Il est étonné. Faut dire que c'était quand même difficile comme énigme. J'ai une dette envers Reese, maintenant. Mais de toute façon, je préfère lui devoir un service que passer une nuit ici, tout seul. En plus, il fait froid.
« -Impressionnant. Viens. »
Il se place bien en face du mur et donne d'une voix forte le mot de passe. De ce fait, le mur bascule, laissant entrevoir une grande pièce où traînent quelques élèves. Dont le groupe qui m'accueilli tout à l'heure après la répartition. Reese Grégory hoche la tête avec un sourire. Flint se dirige vers ce qui doit être des septièmes années, après m'avoir adressé un discret « Bienvenue chez les Serpentards. ». Je rejoins donc quant à moi Ellen, Lucas et les deux Reese.
« -Bienvenue chez toi, enfant de Salazard ! me lance Ellen en souriant
-Yep, c'est sympa d'avoir des gens nouveaux par ici !
-Ree-G, tu penses que porter le vert et argent lui ira ?
-Mais bien sûr, Ree-V, ça lui ira à merveille. »
Les deux Reese se font donc appeler Ree-V et Ree-G. Ree-G étant la fille, et celle à qui je dois un service.
« -Sérieusement, Volodia, ça va, Flint ne t'as pas trop traumatisé ? questionne à voix basse la blonde du groupe
-Non. J'ai connu le même genre de chose à Durmstang.
-Bien. Puisque nous savons maintenant que tu as passé avec succès ton épreuve, je propose d'aller se coucher… Les Septièmes années nous regardent d'un mauvais œil. Bonsoir les garçons.»
Sa remarque coupe court à la discussion, et je suis Lucas et Ree-V.
« -Notre dortoir est juste en face de celui des filles. Et contrairement aux Gryffondors, nous n'avons pas de sorts empêchant nous empêchant d'aller dans leur dortoir…m'apprend Lucas, souriant de façon suggestive
-Pourquoi en ont-ils ?
-Plutôt pourquoi nous n'en avons pas. La plupart des Serpentards sont des sangs purs. Mettre de tels sorts insulte notre sens de la politesse et de la galanterie. Dans les faits, c'est surtout pour permettre aux futurs fiancés de se retrouver… Et si jamais tu n'es pas fiancé, tu peux toujours te trouver une copine et la voir n'importe où… Et n'importe quand. »
D'accord, j'ai compris, Lucas est le pervers du groupe. Je dirais qu'Ellen est la leader. Les deux Reese doivent amuser la compagnie.
« -Ou alors, tu as fait un pacte avec ta fiancée, et alors là… Tu te trouves une copine. »
Je sens qu'il va vite devenir exaspérant. Ou alors il fait exprès d'être comme ça car c'est mon premier jour. Un autre test ? Je me demande si je préfèrerais que cela en soit un ou non.
« -Lucas, arrête un peu. On n'est pas tous autant obnubilés par la gent féminine que toi. Et puis tu sais très bien qu'Amadeo a horreur de t'entendre parler de ce genre de choses.
-Oui, bon… Mais faut bien que je lui explique comment ça marche !
-Volodia, tu as besoin qu'on t'explique quelque chose ?
-Non, ça ira, merci.
-Tu vois, il n'a pas besoin de tes explications plus que douteuses.
-Pfff… Rabat-joie. Grogne Lucas alors que nous entrons dans le dortoir des garçons de cinquième année. »
La pièce est relativement grande. Sept grands lits à baldaquins sont disposés contre deux des murs. Je distingue une porte au fond à droite. Probablement la salle de bain. Quatre garçons sont en train de ranger leurs affaires personnelles dans des armoires. J'y pense, où sont mes bagages ?
« -Les mecs ! Voici Volodia Venceslas Krum ! »
Lucas a donc décidé de me présenter. L'un des quatre occupants de la chambre se retourne vers nous, visiblement agacé. Il secoue la tête de façon désapprobatrice alors qu'il dévisage le jeune homme aux cheveux châtains. Du coin de l'œil, je vois Reese qui s'éloigne discrètement vers un des lits. Hum. Quelque chose me dit que Lucas et ce garçon à la chevelure blond cendré ne s'apprécient pas.
« -Amadeo Isiquiel Grey. Sang-pur. Pas comme certains…
-Amadeo, toujours aussi aimable. Mais tu sais que Krum est irréprochable sur ce point là. Toi, en revanche, ce métissage entre une latino et un vieux danois…
-Peyton, tu n'as aucune envie que j'ai quelque chose à te reprocher. Alors évite d'insulter mes parents.
-Tss… Je me demande vraiment ce que tu fais ici… Retourne en Espagne ! Je veux bien supporter Livia, bien qu'elle soit très prude, mais toi… »
Amadeo paraît furieux. A l'évocation de cette jeune femme (je me demande qui ça peut bien être), il est devenu très rouge. J'espère que je ne vais pas assister à une bataille rangée. Je commence à en avoir marre de ces histoires de Serpentards. Je n'y comprends pas grand chose. Enfin, si, mais j'aimerais bien qu'on m'explique un peu comment ça marche ici, histoire que je ne gaffe pas. A Durmstang je connaissais tout le monde, c'était facile. Mais là… Je suis un peu perdu. En tout cas, il est clair qu'Amadeo et Lucas ne peuvent pas se voir. Et je pense qu'il vaut peut-être mieux éviter de parler de cette « Livia » à Amadeo. Merlin, Nevra ne m'avait pas parlé de tout ça. En même temps, Nevra est à Gryffondor. En attendant, le ton monte entre mes deux camarades de dortoirs. Ils sont près à en venir aux mains, je pense. Je ferais mieux de m'écarter.
« -Grey, Peyton, vous voulez bien m'expliquer ce qu'il se passe ici ? »
Les deux jeunes hommes arrêtent soudain de s'invectiver. Amadeo devient livide, Lucas pâlit sensiblement. Je me retourne. Une jeune femme brune se tient là, poings sur les hanches, très visiblement énervée. Reese et les trois autres garçons du dortoir ne bougent plus.
« -Vous êtes muets ? Bon… (elle parcourt du regard le dortoir et tombe sur moi) Krum, que s'est-il passé ? »
Je crois qu'elle s'adresse à moi. Il faut que je réponde. Que faire ? Quoi que je réponde, je vais me mettre un des deux opposants à dos. Et d'un côté, je n'ai pas envie de me brouiller avec Lucas, mais après tout, dans cette situation, il me paraît que c'est lui le plus coupable.
« -Une histoire de pureté de sang et d'origines géographiques je crois…
-Tu crois ? Tu n'as rien de mieux à dire ? Vous êtes dans le même dortoir, tu es juste à côté d'eux et tu crois ? »
D'accord, elle est autoritaire. Alors que faire ? Vérité ? Pas vérité ?
« -Amadeo a fait une remarque et Peyton l'a pris pour lui et a insulté ses parents. Intervint alors un de mes camarades
-Bien. Amadeo, qu'as-tu dit pour que Peyton pense que tu t'adressais à lui ?
-J'ai simplement mis en avant le fait que je suis un sang pur.
-Tu as dit « pas comme certains » ! Et tu m'as regardé en le disant ! Bien sûr que ça s'adressait à moi !
-Peyton, je t'ai autorisé à parler ?
-Non, mais c'est pas une femme qui va m'interdire de parler ! »
THAN.
Lucas ouvre de grands yeux, désorientés. Amadeo vient de lui envoyer son poing en pleine face. Même la fille autoritaire en reste scotchée. Et je ne parle pas des autres garçons. Reese a l'air d'un poisson rouge. Finalement, la fille se reprend en première.
« -Grey, qu'est-ce qu'il t'a pris ? Et toi, Peyton, aurais-tu oublié qui commande ici ?
-C'est pas parce que tu es la fille du directeur adjoint que tu dois te croire au-dessus des autres, Towler.
-Il t'a insulté, et a insulté toutes les femmes. Et ça fait cinq ans que j'ai envie de faire ça. »
Whoa, j'arrive juste le jour où il décide de passer à l'action ! C'est encore un test où je suis juste très malchanceux ?
THAN.
Lucas vient de frapper Amadeo. Cette fois, Towler réagit promptement. Elle sort sa baguette et lance un Incarcerem suivit d'un Silencio sur le garçon aux cheveux châtains, puis d'un coup de baguette, elle le fait léviter à un mètre cinquante du sol.
« -Je dois faire pareil avec toi, Grey, ou tu me suis gentiment ? »
Le garçon qui est intervenu tout à l'heure (un brun musclé, assez beau selon mes standards) se place devant Amadeo, s'interposant entre lui et la dénommée Towler.
« -Sois clémente. Lucas a insulté Livia. Il a dit, je cite « Je me la ferais bien, en plus, je suis sûr que ça lui plairait. »
-… »
Il y eut une minute de silence. Je ne me souviens pas que Lucas ait dis ça. Hum. De toute façon, j'étais en train de penser au fait que je suis complètement perdu ici, alors je ne faisais pas vraiment attention.
« -Peyton, tu peux être sûr que Salander sera ra-vi d'apprendre cela. Le premier jour en plus ! »
Mon dieu, cette Towler est tout simplement effrayante. Il y a vraiment un lien de parenté entre elle et le directeur adjoint ? Celui qui était chaleureux bien qu'un peu maladroit avec les premières années ? Que quelqu'un me réveille. C'est un mauvais rêve. Comment peut-on être aussi différent de ses parents ? Enfin, moi par exemple, si on regarde avec mon père… Mauvais exemple. Je suis l'exacte antithèse de mon père. Hum.
« -Amadeo, je laisse passer pour aujourd'hui. Mais que cela ne se reproduise plus, c'est clair ?
-Très clair. Merci, Taylor. »
Tiens, ils utilisent leurs prénoms cette fois. Décidément, il va vraiment falloir qu'on m'explique ce qu'il vient de se passer. Cette journée est vraiment très étrange. Ce matin j'étais tout content, je me disais que Poudlard allait être génial. Résultat ? Je suis réparti dans une maison où on fait passer des « épreuves » (du bizutage si vous voulez mon avis), et si tu ne réussis pas tu restes dehors. Une maison où si les septièmes années te regardent bizarrement, tu dois te taire et aller dans ton dortoir. Une maison où les gens sont complètement obnubilés par la pureté du sang. Où parler à des Gryffondors, de surcroît des Weasley est prohibé. Ou les gens se crient dessus. Une maison où si les disputes durent trop longtemps, une fille effrayante arrive et règle le problème à coup d'Incarcerem. Une maison où l'on est tenu d'appeler les gens parfois par leurs patronymes et d'autres fois par leur prénoms (sans savoir quand il faut user de l'un ou de l'autre). Je tombe dans cette maison, et le premier soir, deux garçons se battent devant moi et l'un finit en retenue, l'autre aura probablement un œil au beurre noir. Et tout le monde semble trouver tout ça normal. J'admets que si on y réfléchit, Durmstang devrait être un peu compliqué à aborder pour quelqu'un qui y est nouveau, mais le premier jour nous est assigné un « parrain » qui nous explique TOUT le fonctionnement de l'école. Pas comme Flint qui n'a fait que m'embrouiller.
« -Krum, ça va ? Tu es tout pâle. »
Merlin, sauve-moi, la furie qui a saucissonné Lucas me parle. Qu'est-ce que je peux bien répondre ? La dernière fois, je me suis planté, et elle m'a crié dessus. Que quelqu'un m'aide ! Je suis même prêt à envoyer un regard suppliant au brun qui m'a sauvé la mise tout à l'heure. Je vais mourir !
« -Krum ? »
Je suis pitoyable, en fait, non ? Je ne vais quand même pas faire un regard suppliant pour si peu ! Attention à toi, Taylor Towler, car Volodia Venceslas Krum est de retour en mode « impassible et indifférent » !
« -Tout va bien. Je me faisais simplement la réflexion que L…Peyton aurait bien sa place à Durmstang. Il y serait comme un poisson dans l'eau, malheureusement. »
Et en plus, c'est vrai. Il faudrait juste qu'il évite d'insulter certaines filles, mais à ce petit détail près, il s'éclaterait là-bas, j'en suis sûr. Il est assez c** et machiste pour ça. Il devrait essayer de gagner un peu de muscle, quand même, dans son intérêt.
« -… Bien. »
Et elle s'en va avec Peyton. Eh bah ! C'était pas si difficile de lui parler, finalement. C'était même très simple. Il suffit juste d'appliquer le proverbe : l'ennemi de mon ami est mon ennemi (ou quelque chose du genre). Où Lucas est l'ennemi, et Taylor l'amie.
« -Ça n'a pas l'air très sympa, ton ancien établissement. finit par dire le brun musclé
-Ça dépend d'avec qui tu traînes. Et de qui tu es.
-Un peu comme ici, en somme. fit un autre garçon, souriant. »
Cela eu pour effet de détendre l'atmosphère, et nous nous mîmes à rire. Peut-être que cette année ne débutait pas si mal que ça après tout (est-ce que je viens sérieusement de penser ça ?).
« -Au fait, je m'appelle Andros Iméros Gamp. se présente le « beau brun musclé »
-Moi c'est Achille Ulysse Pucey (et pas de commentaires sur mon nom, merci). Et les deux qui sont encore en train de ranger leurs affaires, ce sont Thadeus Black et Merton Henry Urquhart.
-Thadeus tout court ? »
L'intéressé délaisse sa tâche et se tourne vers moi, expliquant doucement :
« -Je descends de Phineus Black, déshérité par sa famille il y a un siècle. Il s'est exilé quelque part au Canada et s'y est marié. Il en a toujours voulu à ses parents et depuis six générations, nous ne portons qu'un prénom, en souvenir de la rébellion de cet ancêtre contre les Black. Ma famille n'est revenu en Angleterre que depuis ma naissance. »
Puis, il retourne à sa tâche sans rien dire de plus. Pas très bavard.
« -Comme toutes les histoires des familles de sang-pur, c'est très long et compliqué. commente Achille
-Oui. À part ça, Volodia, ta valise est à côté de ton lit. C'est celui qui est juste à côté de la salle de bain. Je propose qu'on remette à demain ton instruction de Serpentard, ok ? Parce que personnellement, tout ce que j'ai envie de faire, là, c'est dormir.
-Ça me va. »
La discussion semble close, et chacun retourne à son lit. Celui de Reese est juste à côté du mien. Je l'interroge du regard. Il secoue la tête. Hum. Il n'a pas décroché un mot depuis que l'on est dans le dortoir. Enfin bon… Je soupire et sors mes affaires de ma malle. On verra bien demain.
Nda: C'étais compliqué à comprendre? Parce que le prochain chapitre sur Volodia va l'être encore plus, je pense.
