Avant-dernier chapitre les enfants. Le dernier des homonculus du côté de Dante doit périr à son tour. Roy va livrer son combat ultime ...
Bonne lecture !!
Bradley savait. Il venait tout juste de le découvrir. Sloth ne s'était pas présentée ce matin, ce qui l'avait intrigué. Même si elle incarnait la paresse, l'homonculus était toujours à l'heure et jamais absente. Le maître en avait décidé ainsi. Alors quand après l'avoir attendue une heure, le généralissime avait appelé au manoir et que personne n'avait répondu, il s'était déplacé. Par la ville souterraine, pour voir si les autres ne s'y trouvaient pas.
Ensuite, King avait envoyé deux soldats à Dublith, vérifier si sa « cousine » se portait bien. Ils informèrent le président que le manoir avait été saccagé, et que sa cousine était décédée. Sans parler des deux étranges cercles sur le sol. Pride avait vite compris. C'était l'œuvre des vampires. Ils avaient réussi à sceller les autres homonculus, et à tuer Dante. Ainsi, Pride était le dernier. Enfin non, il restait Wrath, mais ce dernier avait certainement dû s'allier aux vampires. Peu importe.
Pour la première fois depuis des années, Bradley se sentit libre. Désormais il n'avait plus à recevoir d'ordres de quiconque, il était son propre maître. Un mince sourire étira ses lèvres. Il lui faudrait bien sûr régler la question des vampires, avant que eux ne s'occupent de lui. En attendant, le généralissime allait devoir jouer une dernière fois la comédie avec son maître, en organisant ses funérailles.
Il feignit d'être triste, afficha un air sombre de circonstance durant la cérémonie, prononça même un petit discours d'adieu. Bref, tout parut normal pour quelqu'un ayant perdu un membre de sa famille. Intérieurement, le généralissime était ravi que son maître disparaisse. Elle qui n'avait jamais vu les homonculus que comme des moins que rien, des objets ou des jouets. Un bon débarras. King prit un jour de congé, histoire d'ajouter de la crédibilité à son histoire.
Roy de son côté, se fichait pas mal de la mort de la prétendue cousine de son supérieur. Pour le moment, seuls les vampires le préoccupait, trois en particuliers. Il lui avait fallu assimiler le fait que cette métamorphose était irréversible. Jamais plus Riza, Edward ou Alphonse ne redeviendraient humains. Le colonel n'aurait plus son lieutenant à ses côtés. Elle vivait la nuit et lui le jour. Winry aussi devait s'adapter à la situation. Roy l'avait invitée chez lui, pour l'informer des derniers évènements.
« Alors je ne les reverrais plus … aucun d'eux … » dit-elle, tête basse.
Roy baissa les yeux. La mécanicienne parlait de leurs proches comme s'ils étaient morts. Cette idée le dérangeait, car effectivement ça donnait l'impression qu'ils étaient bien décédés. Pourtant c'était faux …
« Oh je pense que si. Mais seulement la nuit. C'est juste une question d'adaptation. » répondit le brun.
« Mais ce n'est pas pareil. Nous autres humains dormons la nuit, tandis que les vampires eux dorment le jour. La nuit tout est calme, tout est fermé. Que pourrions-nous bien faire ? » questionna Winry en le regardant.
« Je ne sais pas. Nous aurons besoin de temps pour avoir des réponses. » soupira le colonel.
Winry paraissait bien plus affectée que lui par ces nouvelles. Roy en connaissait la raison : sa rupture avec Edward n'était déjà pas simple, mais qu'en plus il ne redevienne jamais comme avant … c'était dur. Winry décida de s'en aller, Mustang la raccompagna à son hôtel. Une fois de retour chez lui, il se laissa tomber sur le canapé avec un bruyant soupir. Quelle histoire que tout cela. Là ça battait même des records. Roy rouvrit légèrement les yeux. C'est alors qu'il entendit toquer à sa fenêtre.
Riza était derrière. Elle lui fit un sourire. Le colonel se leva vite et lui ouvrit.
« Bonsoir. » fit le lieutenant.
« Riza … »
La jeune femme apprécia qu'il l'appelle par son prénom. Il s'approcha d'elle.
« Je suis venue vous parler de la mise en pratique de notre idée. Le généralissime est en congé, c'est le moment d'agir. »
« Très bien. C'est vous qui avez tué sa cousine ? » interrogea Roy.
« Sa cousine ? Mais il n'a pas de cousine. Les homonculus n'ont pas de parents. » fit Riza étonnée.
Roy sourit. Un mensonge évidemment. Hawkeye lui expliqua ensuite qui était réellement cette cousine : le maître des homonculus, la créatrice de Bradley, et une alchimiste vieille de quatre cents ans.
« Elle possédait donc la Pierre Philosophale … » dit Roy à la fin du récit.
« Oui. Les frères Elric et Wrath m'ont dit tout ce qu'ils savaient. C'est elle qui a déclenché la guerre d'Ishbal afin de fabriquer cette pierre. » ajouta Riza.
Roy pâlit. Cette boucherie n'avait eu lieu que pour satisfaire le caprice d'une femme, qui refusait de vieillir ? Toutes ces vies brisées, arrachées, une ville en ruines et des exilés à cause d'une seule personne ? C'était … épouvantable. Comment pouvait-on être aussi ignoble ? Il déglutit. Décidément, il n'y avait que des bonnes nouvelles en ce moment.
« Les frères Elric ont réunis le matériel. Il ne nous reste plus qu'à tout mettre en place. Si tout se passe comme prévu, vous serez bientôt généralissime. » reprit Riza.
« Les généraux ne seront pas forcément de cet avis. » souligna Mustang.
« Ca … on s'en occupera le moment venu. »
« En tout cas je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait jusqu'à ce jour. Même si aucun mot ne sera jamais assez fort. » reprit le colonel, d'une voix douce.
Riza sourit, le rose aux joues. Elle était contente que leur but soit maintenant si proche. Sa transformation en Enfant de la Nuit avait eu un sacré avantage en fin de compte. Soudain, Mustang prit le visage de la blonde, et déposa un baiser appuyé sur ses lèvres roses. Riza ouvrit grand les yeux. Depuis le temps qu'elle avait espéré ça … Hawkeye décida de renouveler cette trop courte expérience. C'est ainsi que le baiser appuyé devint plus tendre et dura.
« Je vais devoir y aller. Alphonse recherche les restes du généralissime. C'est avec ça que vous pourrez le vaincre. Edward vous a dessiné le cercle qui permettra de sceller cet homonculus. Il est camouflé, et configuré pour réagir à vos flammes. Vous devrez l'attendre dans le stand de tir à l'extérieur. » expliqua-t-elle.
« Entendu. Dites-moi seulement si je vous reverrais. » demanda Roy.
« Je l'espère bien. Nous aurons encore un problème à régler. »
« Ah ? »
« Oui, je vous en reparlerais si besoin est. »
Roy garda un visage neutre en dépit des questions qu'il se posait. Une fois les homonculus vaincus, tout devrait rentrer à peu près dans l'ordre. Hawkeye se détacha de lui à regret. Elle devait rejoindre Al pour l'aider à trouver les restes de Pride. Roy la raccompagna à la fenêtre, puis après un dernier baiser la laissa partir. Il la regarda s'éloigner dans le ciel d'encre.
Riza arriva quelque temps après à la grande demeure du généralissime. Elle atterrit sur le toit. Le vampire passa à travers, et telle une ombre descendit les murs avant de se matérialiser sur le sol.
« Le plancher est en bois. C'est un coup à faire craquer les planches, mieux vaut passer par la voie des airs. » remarqua-t-elle.
Riza reprit donc son envol. Retrouver le cadet Elric ne serait pas simple. A moins que … la télépathie. Il lui suffisait de demander à Al où il se trouvait.
La soldate se colla au plafonds puis ferma les yeux.
« Alphonse, c'est Riza. Où est-ce que tu es ? »
« Au salon. C'est au rez-de-chaussée. » lui répondit mentalement Al.
Riza signala qu'elle arrivait. Elle passa à travers le plancher, et atterrit dans la cuisine. Le vampire poursuivit son chemin, passant à travers les murs pour finalement arriver au salon. Al se tenait là, et lui fit un signe de la main.
« Tu as trouvé quelque chose ? » lança Riza par la pensée.
« Non. Je crains qu'il ne les garde dans sa chambre. » avoua le jeune vampire.
« C'est peut-être une cachette secrète, comme un coffre-fort derrière un tableau, ou une caisse sous le plancher. »
Al regarda autour de lui. Ses yeux noisette se posèrent sur la bibliothèque. Et si … ça serait une bonne cachette, quoique classique. Le jeune Elric fit signe à sa camarade. Tous avancèrent vers les étagères de livres. Riza bougea les livres, jusqu'à ce qu'un clic se fasse entendre. Un pan de livre coulissa, révélant un coffre fort. Hawkeye passa son bras au travers, et en retira un sac. Dedans, un crâne humain.
« Bingo. » murmura Alphonse.
Maintenant qu'ils avaient ce qui leur fallait, ils devaient décamper au plus vite. Al avisa une fenêtre qu'il fit s'ouvrir, et tous deux disparurent dans la nuit. Edward les attendait à quelques pas du QG. Il hocha la tête quand Riza lui montra le sac.
« Tout est prêt Nii-san ? » interrogea Alphonse.
« Oui. Ils n'ont rien remarqué. Comme je n'ai pas besoin de lumière pour y voir, ça m'a permis de rester discret. » répondit le blond.
« J'ai parlé au colonel. Il n'y a plus qu'à attendre. » précisa Hawkeye.
« Parfait. » conclut Edward.
Les trois vampires retournèrent au château du Pin d'Argent. Riza se coucha en étant stressée. Roy agirait le jour, et elle ne pourrait pas être là pour l'aider. Elle devait donc s'en remettre aux autres membres de l'équipe. Et à la chance.
Le jour suivant, Mustang arriva d'un pas martial à son bureau. Il avait exposé le plan des vampires à son équipe, et les militaires se tenaient prêts à agir. Roy ordonna le départ. Kain fila à son poste, régler les communications, Havoc, Breda et Falman se postèrent autour du champ de tir.
Roy fut le dernier à quitter son bureau. Il traversa les couloirs d'un pas tranquille. Pourtant l'adrénaline l'avait envahi au saut du lit. C'était maintenant ou jamais. Le tout pour le tout. L'heure de vérité. Il entra là où il affronterait le généralissime.
De son côté, Bradley trouva une enveloppe posée sur son bureau. Le militaire avança, et ôta le papier plié qui s'y trouvait.
« Je sais qui tu es. Rendez-vous au champ de tir, dans les vestiaires. »
Pride replia le papier. Ca sentait le piège. Ce mot avait été écrit de la main d'Alphonse, écriture que le généralissime, ou qui que ce soit d'autre, ne connaissait pas. Bradley résolut de se rendre à l'endroit indiqué, seul. Etant l'orgueil et immortel, il pensait pouvoir se charger du problème seul. Depuis leur poste d'observation, Breda et Havoc le virent arriver.
« Le voilà. » fit le rouquin.
« C'est donc ça un homonculus ? Il a l'air tout à fait ordinaire. » dit Jean.
« Parce que ce ne doit pas être sa vraie apparence. »
Plus loin, Falman fit signe à Kain de se tenir prêt. Bradley entra dans les vestiaires, et Fuery se mit en action.
« Colonel Mustang. Ce petit mot est de vous, Je sais qui tu es ? » lança Pride en découvrant le brun.
« Plus ou moins. Mais en effet, je sais qui vous êtes. Ou plutôt ce que vous êtes. » répondit Roy.
« Vraiment ? Et que suis-je alors ? »
« Un homonculus, du nom de Pride. Et vous n'avez aucune famille : votre cousine n'était ni plus ni moins que votre maître, celle qui vous créé. » répondit Roy.
Il l'avait en face de lui, un des responsables de la boucherie d'Ishbal. Le premier était mort, restait celui-là.
« Et quelles preuves avez-vous ? » continua Pride, toujours aussi calme.
Mais intérieurement il était en colère. Comment ce simple humain osait-il le défier ? Et d'où tenait-il ces informations ?
« Votre marque. Elle est sous votre bandeau. Mais je dois vous dire … je suis assez déçu. Je croyais que le péché d'orgueil serait le chef des homonculus. Au lieu de ça je découvre que vous n'êtes qu'un sous-fifre. Pas très impressionnant du reste.» lança Roy.
Bradley darda son œil unique vers sur lui. Cette fois, il était très en colère. Qu'on ose le traiter d'inférieur aux autres, lui le chef de l'armée, le chef d'œuvre de Dante, c'était la pire des insultes. Et qu'en plus on le juge comme étant faible, peu impressionnant … ça le petit colonel allait le lui payer.
« Bref, je crois que je ne vais pas me fatiguer pour un petit pion. Je devais juste m'assurer que j'avais en face de moi quelqu'un de redoutable, mais bon. Il semblerait que je me sois trompé. » reprit Roy.
C'en fut trop pour Pride. Il se jeta sur Mustang, qui évita de justesse la lame du sabre de son supérieur.
« Sachez que je suis le plus fort des homonculus ! Je dirige le pays, pendant que les autres vivaient dans l'ombre comme des nuisibles ! J'ai accédé au pouvoir suprême jeune, ce prouve bien mon intelligence supérieure. J'étais le chef d'œuvre de mon maître, sa pièce principale ! » cracha le généralissime.
Roy sourit intérieurement. Son plan se déroulait exactement comme prévu. En provoquant l'orgueil du président, il était parvenu à lui arracher des aveux.
« Ainsi vous l'admettez. Vous êtes un homonculus. » dit Roy.
« Oui, une créature supérieure aux humains. »
Roy pouffa alors de rire, ce qui décontenança Pride. Puis le colonel lui montra alors quelque chose. Un micro … qui avait certainement enregistré sa confession. L'appareil était camouflé au-dessus d'un casier. Il était piégé.
« Vous n'aurez jamais l'occasion de diffuser cet enregistrement. Je vous tuerais vous et vos subordonnés bien avant. » avertit l'homonculus en retirant son sabre du mur.
« Je n'en ai pas besoin. A l'heure qu'il est, tout le Q.G sans exception a entendu vos aveux. » répliqua Roy, avec un sourire de triomphe.
Je vous laisse d'ailleurs imaginer la tête des soldats, qui viennent d'apprendre qu'ils sont dirigés par un humain artificiel. Pride bouillait de colère. Se faire berner de la sorte … Mustang songea qu'il devrait remercier Ed pour ce plan simple mais efficace. Le jeune avait fait tomber le père Cornello de la même manière. Il avait donc suggéré au colonel de réutiliser cette idée de micro. Et cela avait fonctionné à merveille, d'autant que le généralissime était encore plus orgueilleux que le faux curé.
Ce genre de défaut faisant oublier la prudence, Bradley était tombé la tête la première dans le panneau. Cependant, l'affaire n'était pas réglée pour autant. La phase la plus dure du plan était sur le point d'arriver. Le généralissime démontra ses talents d'homonculus en fonçant à une vitesse anormalement élevée sur le brun. Roy se fit entailler le côté de l'épaule. Vite il claqua des doigts. Pride s'enflamma. Le colonel recommença, afin de révéler le cercle alchimique dessiné par Edward.
Le péché d'orgueil lui, se reconstituait déjà. Ne prêtant pas attention aux flammes, uniquement concentré sur son adversaire, Pride se jeta à nouveau dans la bataille. Le colonel subit à nouveau plusieurs coupures.
« Je dois prendre le crâne et vite. Si seulement il ne coupait pas l'air de la sorte. » pensa Mustang.
Son chef l'empêchait ainsi d'utiliser son alchimie. Il devait trouver autre chose. Pride sourit : l'avantage était pour lui. Il rabattrait le caquet de ce petit humain prétentieux. Tout à coup, Roy brandit son pistolet et tira dans la tête du généralissime. Ce dernier bascula en arrière. Pour Mustang, c'était le moment ou jamais.
« Inutile. Une balle ne peut pas me tuer. » révéla Pride en se relevant.
« Non, mais ça oui. » rétorqua le colonel.
L'homonculus le vit avec horreur brandir un crâne. Roy venait de le retirer de sous un banc. Pride serra les dents. Bien qu'il sache qu'il était fini, son orgueil le poussait à croire que non. Cependant en dépit de toute sa volonté, il ne pouvait lutter contre la règle alchimique qui voulait qu'un homonculus devienne impuissant face à ses restes.
« Au cas où vous n'auriez pas remarqué, il y a un cercle sous vos pieds. » précisa Roy.
Bradley regarda au sol. Les flammes avaient consumé la poudre spéciale dont le FullMetal s'était servi pour dissimuler le cercle. Roy avança et déposa le crâne dessus. Après il enleva ses gants et appliqua ses mains sur le dessin. Une lumière bleue illumina les vestiaires. Le généralissime fut pris de nausées, et recracha les pierres qui le maintenaient en vie. Par poignées, elles furent expulsées de son corps. Pride se sentait devenir de plus en faible à mesure qu'il perdait les rubis.
Mustang remis un gant, se releva et tendit une main vers l'homonculus.
« De la part des Ishbals, et du général de brigade Hughes. » dit-il.
Les flammes jaillirent, et réduisirent le généralissime en cendre. Roy shoota dans le crâne, qui brûla lui aussi. C'était terminé.
