Attention: Bleach ne m'appartient pas, seuls les oc sont à moi.
Le 20 décembre arriva rapidement et avec lui les premières neiges hivernales. Le capitaine sentait que la neige allait tomber toute la journée, peut-être même toute la nuit, et cette perspective lui plaisait. La neige, en plus d'être son élément naturel, l'apaisait, l'aidait à réfléchir. Il aimait la neige. Mais cette année elle lui rappelait particulièrement Shizuka, blanche comme ses cheveux, tombant doucement et silencieusement…
Le capitaine secoua la tête, encore une fois ses pensées étaient tournées vers Shizuka. Au fond de son âme il entendit Hyorinmaru marmonner, il n'avait pas besoin de comprendre ce que disait le dragon pour savoir ce qu'il pensait et ce qu'il lui répétait depuis un mois et demi. Il avait beau lui dire qu'il avait saisi et lui demander de l'aider au lieu de grogner, il avait toujours la même réponse ''réfléchissez'' ou '' vous êtes un idiot'' ou encore ''vous auriez dû lui dire''… Son dragon n'était d'aucune aide, à tel point qu'il commençait à se demander si le dragon ne lui répondait pas ça justement parce que lui non plus n'avait pas de réponse. Cependant à chaque fois que cette pensée le traversait il obtenait un grognement d'avertissement du dragon de glace.
Avec un haussement d'épaule le capitaine soupira avant d'entendre la porte de son bureau claquer.
- Taicho ! S'exclama joyeusement Matsumoto en entrant dans la pièce.
- Matsumoto. Soupira-t-il.
- Ho taicho, fit-elle en gonflant les joues, vous savez quel jour on est aujourd'hui n'est-ce pas ?
- Heu… Hésita-t-il.
- Vous êtes irrécupérable. Soupira la rousse en secouant la tête. On est le 20 décembre !
- Le 20… ho…
- Ho ? C'est tout ? Taicho ! Vous oubliez votre anniversaire presque tous les ans, vous ne changerez jamais. Gémit-elle. Enfin bon, heureusement que je suis là ! N'oubliez pas, on passe la soirée tous ensemble chez votre grand-mère !
- Oui, oui, je n'ai pas oublié.
- Bien sur, comme le jour que l'on est aussi. Répliqua-t-elle alors que son supérieur émit un grognement. Enfin bon, ces derniers temps vous êtes toujours dans la lune alors vous êtes excusé !
- Toujours dans la… quoi ? Je ne suis pas dans la lune !
La jeune femme lui envoya un regard subjectif, que le capitaine tenta d'ignorer en détournant les yeux. Finalement elle soupira en posant ses mains sur ses hanches.
- Ne venez pas en uniforme au moins et rendez-vous à 19 heures. Je compte sur vous.
- Je serai là, Matsumoto.
- Ne vous perdez pas en route. S'amusa-t-elle.
- J'ai grandi là bas, ça ne risque pas d'arriver.
- Sauf si vous vous retrouvez à nouveau dans la lune !
Cette fois le capitaine émit un long et audible soupir.
- Vous verrez, ça vous fera le plus grand bien.
- Je suppose. Admit-il.
- Allez courage ! Sourit-elle avant de partir vers la porte.
- Où vas-tu ? Demanda-t-il en la suivant du regard.
- Préparer la fête bien sur !
- Matsumoto… Grogna le blanc.
- Avec Hinamori aussi ! Se défendit-elle.
- Mouais, et les papiers sur ton bureau ?
La rousse le regarda avec un mélange d'étonnement et de joie avant de prendre la poudre d'escampette, non sans lancer un ''je compte sur vous capitaine !''
- Matsumoto !
18h15, la nuit était tombée sur le Seireitei et pour la première fois de sa vie le capitaine de la 10ème division se trouvait hésitant devant son armoire. Que mettre ? Un kimono ou des vêtements humains ? Habituellement il partait en uniforme sans se poser de questions mais voilà, non seulement Matsumoto lui avait demandé de faire un effort mais en plus il savait que ça ferait surement plaisir à sa grand-mère et à Hinamori. Auparavant il en aurait fait fi mais… Il s'adoucissait, visiblement.
Le jeune homme soupira en passant une main dans ses cheveux puis posa à nouveau les yeux sur ses affaires rangées en face de lui. Soudain son regard tomba sur la chemise blanche que lui avait confiée Shizuka, celle de son père. Il avait d'abord refusé de la garder puis avait accepté l'offre de la jeune femme, n'ayant pu se résoudre à s'en séparer.
Il se saisi du vêtement, c'était une simple chemise blanche dont l'intérieur des manches et du col étaient violets. Il n'avait eu l'occasion de la porter qu'une fois, le jour où il avait passé la nuit chez Shizuka, quand elle avait été malade. Il avait aimé la matinée passée avec elle et il se souvenait parfaitement de ce qu'il avait ressentit à ce moment là, du bonheur. Jamais il ne s'était sentit aussi heureux et serein, enfin il avait pu être lui-même, Toshiro Hitsugaya et pas le capitaine de la 10ème division Toshiro Hitsugaya. Pas de rang, pas de responsabilités, juste lui.
Le capitaine sourit finalement, oui, il porterai ça ce soir. En regardant l'heure le capitaine s'activa, il avait été perdu dans ses pensées plus longtemps qu'il l'avait pensé.
Une dizaine de minutes plus tard il fut près et parti pour Junrinan. La première fois qu'il y était retourné avec son apparence actuelle la plupart des gens lui avaient demandé si il était le grand frère du capitaine Hitsugaya, ce qui avait eu comme un air de déjà vu pour lui. Mais le plus amusant avait été leurs expressions quand il avait expliqué qu'il était le capitaine Hitsugaya.
Le jeune homme arriva enfin près de la maison dans laquelle il avait grandit. Bien qu'il fasse nuit il remarqua qu'elle n'avait pas changé, le même bois foncé couvrait les murs extérieurs, les mêmes engawa étaient propres et entretenus et une douce lumière s'échappait des fenêtres et des shoji. Il sourit doucement, il aurait aimé amener Shizuka ici, lui montrer où il avait grandit, comme elle lui avait fait visiter le temple dans lequel elle était née et avait vécue. Au vu de son univers, elle aurait aimé cet endroit, surement.
Il entendit alors des voix venir de la bâtisse, de toute évidence il était le dernier et les filles à l'intérieur semblaient s'activer avant son arrivée. Leur enthousiasme le touchait, ça avait toujours été le cas mais il se l'avouait plus facilement depuis quelques temps. Même si elle n'était pas là, Shizuka avait toujours une certaine influence sur lui, finalement. Au fond il savait que ce n'était pas une mauvaise chose, au contraire.
- Taicho ! S'exclama Matsumoto depuis l'entrée de la maison, sortant le jeune homme de ses pensées. Ne restez pas au milieu du jardin la tête dans les nuages !
- Je n'ai pas la tête dans les nuages. Soupira-t-il en rejoignant la bâtisse.
- Mais bien sur. Ironisa la rousse. J'aime bien votre chemise ! Sourit-elle.
- Heu… merci. Hésita-t-il.
- Je ne l'avais jamais vue, tu l'as achetée récemment ? Demanda Hinamori.
- Plus ou moins. Dit-il vaguement.
Alors que les deux jeunes femmes voulurent questionner le blanc à nouveau elles furent coupée par l'arrivée de la grand-mère des deux plus jeunes, au grand soulagement du jeune homme.
- Bonsoir mon petit fils, joyeux anniversaire. Sourit la vieille femme.
- Bonsoir grand-mère, merci. Dit-il en lui rendant son sourire.
- Tu arrives à temps pour le diner, ce soir j'ai fait tout ce que tu aimes.
- Tu es un ange grand-mère.
La vieille femme sourit et le groupe se dirigea vers la salle à manger. L'ambiance fut chaleureuse et agréable et pour une fois le jeune capitaine se permit de se détendre et d'apprécier la fête. Un peu plus tard dans la soirée, après le traditionnel gâteau d'anniversaire, le blanc s'isola sur l'engawa près des chambres, pensif, tandis que Matsumoto et Hinamori avaient ouvertes une bouteille de saké, le maximum qu'il avait autorisé à sa vice-capitaine.
Alors qu'il regardait le ciel nocturne il sentit une douce présence s'installer à ses côtés. En tournant la tête il vit sa grand-mère regarder le ciel.
- Habituellement tu vas sur le toit. Nota-t-elle gentiment.
- C'est vrai, admit-il, mais ce soir j'avais l'impression que je devais être là.
La femme resta silencieuse un moment avant de reprendre.
- Y a-t-il une raison à cela ? Demanda-t-elle.
Son petit fils soupira doucement, hésitant sur ce qu'il devait dire. De son côté la vieille femme était au courant de son comportement étrange depuis quelques temps, Momo lui en avait parlé, mais elle attendait que le jeune homme se confie à elle par lui-même, comme il l'avait toujours fait. Si toute fois il ne souhaitait pas lui parler de ses soucis alors elle savait se montrer patiente, il finissait toujours par venir la voir, peu importe le temps que ça lui prenait.
- Hé bien je… Hésita le capitaine.
- Si tu ne souhaites pas en parler c'est ton droit, tu sais que je serais toujours là pour t'écouter. Rassura-t-elle.
Il tourna la tête vers elle puis baissa à nouveau les yeux sur le sol.
- Je…
Il hésitait, devait-il vraiment lui parler de Shizuka, d'Ine, de sa mission ? Une partie de lui savait que ça lui ferait du bien d'en parler, l'autre voulait garder ça pour lui et lui seul. Avec un soupir il se résigna à tout raconter à sa grand-mère, faisant tout de même attention à ce qu'Hinamori et Matsumoto n'écoutent pas la conversation qu'il allait avoir avec sa grand-mère.
- J'ai rencontré quelqu'un. Avoua-t-il.
En voyant l'expression confuse de son ainée il précisa.
- Une femme.
Le visage ridé de la vieille femme se mit alors à briller et un doux sourire prit place sur ses lèvres.
- Tu veux en parler ? Demanda-t-elle avec une certaine excitation.
Gêné le blanc se contenta d'hocher la tête mais ne sut par où commencer.
- Comment est-elle ? S'enquit la grand-mère, remarquant la confusion de son petit-fils.
- Je ne suis pas sur d'avoir les mots justes mais… elle est… unique. On a le même âge physique, commença-t-il, elle a de longs cheveux blancs argentés, ondulés, et des yeux… des yeux améthystes.
Le jeune homme se laissa alors entrainer par ses sentiments et décrit entièrement la jeune femme à sa grand-mère, son caractère, ses hobbies, ses amis, Roda… Au fur et à mesure qu'il parlait de la jeune femme sa grand-mère remarqua qu'une douce lueur éclairait le regard de son petit-fils, pour elle ça ne faisait aucun doute, il aimait cette femme et pas seulement comme une amie. Elle était heureuse qu'il lui parle de tout cela, jamais il ne lui avait parlé de filles jusqu'ici et elle avait mit cela sur le compte de sa jeunesse, mais à présent elle était heureuse pour lui, il méritait d'être heureux. De plus la jeune femme qu'il d'écrivait semblait être tout à fait charmante et agréable, il lui tardait d'en entendre plus à son sujet et même de la rencontrer, elle ne doutait pas qu'elles s'entendraient à merveille.
A la fin de son récit elle remarqua qu'il ne lui avait pas parlé de leur première rencontre, cependant quand elle lui posa la question elle le vit devenir sombre, sa joie soudainement évaporée. Elle se dit alors que la raison de son état récent avait un lien avec cela et non pas seulement parce qu'il était tombé amoureux.
Elle le vit hésiter un moment avant qu'il ne lui fasse promettre de garder ça pour elle, absolument. Étonnée elle hocha la tête et il lui raconta son arrivée à Ine, la raison de sa présence là bas et sa première rencontre avec Shizuka, leur échange de regard ce jour là… Elle le vit alors nostalgique mais souriant, les yeux brillants levés vers le ciel étoilé. Et puis il lui parla de son départ d'Ine il y a près de deux mois. Elle comprenait mieux à présent, elle comprenait ses tourments, il était amoureux, oui, mais d'une humaine… Elle se sentit alors peinée pour lui, alors qu'il semblait avoir trouvé le bonheur qu'il méritait, il ne pouvait que le contempler et non le vivre comme il le voudrait. Mais que lui dire dans ce cas là ? Si elle l'encourageait à tout de même lui avouer ce qu'il ressentait il tombait dans une relation interdite et dangereuse, pour eux deux, mais elle ne se sentait pas le courage de l'en dissuader, il semblait si heureux en lui parlant de cette jeune femme.
La vieille femme tourna alors la tête vers son petit fils, perdu dans ses pensées.
- Tu es très amoureux d'elle, n'est-ce pas mon petit-fils ?
Le jeune homme se tourna vers elle, rougissant au possible. Sa réaction fit doucement rire la vieille femme, qui prit sa réaction pour une affirmation.
- Grand-mère… Dit-il, reprenant son sérieux. Qu'est-ce que je dois faire ?
La femme posa les yeux sur le ciel étoilé puis répondit doucement.
- Toshiro, tu es le seul à pouvoir choisir ce que tu désires le plus. Mais sache que quelque soit ta décision, je ne veux que ton bonheur, peu importe qui ou quoi peut te l'apporter. Si ça doit être une humaine et bien soit, moi je n'y vois aucun inconvénient, surtout qu'elle a l'air tout à fait charmante cette jeune femme. Sourit-elle.
- Mais…
- Les lois ?
- Oui…
- Toshiro, sache que tu n'es pas seul, tu as des amis fidèles qui sont près à t'aider. Quoi que tu décides ils seront de ton côté, j'en suis convaincue. Je veux que tu sois heureux mon petit-fils.
Il la regarda un moment, ne sachant quoi dire, puis sourit doucement.
- Merci grand-mère, je ferai ce qu'il faut pour.
- Bien. Acquiesça-t-elle. Au fait, reprit-elle, est-elle la raison pour laquelle tu ne passes pas nouvel an ici ?
Le jeune homme rougit à nouveau en détournant le regard.
- Oui… Murmura-t-il.
Sa grand-mère rit de bon cœur.
- Alors profites-en pour faire ce qu'il faut à ce moment là. Assura-t-elle.
- Je… Oui.
Au fond de son esprit le capitaine entendit son dragon rire, entièrement d'accord avec la grand-mère de son maitre. Le blanc grogna mais ne commenta pas.
Finalement le capitaine termina la soirée dehors, à regarder le ciel nocturne, pensif mais résigné.
Quelques jours plus tard arriva le moment tant attendu par le dixième capitaine, le jour du départ pour Ine, le 31 décembre.
