La fin du monde approche, un nouveau chapitre de Survey !
Je sais, je mets toujours un temps monstrueux à poster mais je n'ai pas grand chose à rajouter. La mort d'Erwin dans le manga a totalement soufflé mon intérêt pour celui-ci et je ne vous cache pas que j'ai tout simplement arrêté de lire SnK, les révélations qui ont suivi m'ayant plus énervées qu'intriguées.
Cependant, j'aime toujours Erwin, j'aime toujours le Eruri et cet UA avec une tendresse particulière donc je ne compte pas l'abandonner.

Et, Misaki si tu passes par là, c'est ton commentaire sur AO3 qui m'a rappelé que le chapitre attendait sagement d'être corrigé dans mon ordi et que je m'y suis mise dès le lendemain. Voilà.
Merci. Juste, merci.

J'espère que ce chapitre vous plaira, bien qu'il soit un peu court et un peu différent des précédents. Mais je ne vous en dis pas plus et je vous souhaite une excellente lecture !

Merci aussi à guest, The Queen of Rats, alixlouise, Zofra, Gloomsy et Mikasa-peg-the-world pour vos reviews !

Petite RàR des guests (ni vue, ni connue)
guest ; Merci pour ta review et ne t'en fais pas du tout pour cette "critique", je sais que je suis incapable de prendre du recul sur cette fic, donc j'apprécie beaucoup ce genre de remarques qui me poussent à faire encore plus attention !
Gloomsy ; Merci pour ta review, je suis ravie de savoir que cette fic t'as plu. Malheureusement... je suis terriblement lente quand il s'agit de la mettre à jour.

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Survey Corporation, Inc.

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Passer les bornes


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À défaut d'être tranquille, la semaine se termina plus ou moins normalement selon les standards d'Erwin.

Jeudi :

Après sa réconciliation avec Mike, Erwin avait profité du seul avantage au café atroce de Nanaba : il avait savouré tous les autres cafés qu'il avait pris dans la journée. Et il était possible qu'il en eut un peu abusé. Juste un peu. Juste assez pour découvrir que Nifa surveillait de loin sa consommation de caféine.

Accessoirement, Mike avait essayé d'étrangler Hanji dans son bureau tout en essayant potentiellement de jeter son corps par la fenêtre. Par chance, il était impossible d'ouvrir lesdites fenêtres, ce dont Erwin avait été plutôt reconnaissant. Il doutait d'ailleurs de l'identité du corps qui serait tombé. En effet, s'il ne remettait pas un instant en question la force de Mike, il fallait toujours se méfier de l'imbécile au rire de hyène. Ainsi que de Moblit, s'il était présent. Erwin n'avait que peu de doute quant aux limites que son employé était prêt à franchir par dévotion envers Hanji, aussi étrange son choix de loyauté puisse-t-il être.

Enfin, en rentrant le soir, il eut l'impression que son appartement était terriblement vide et silencieux sans son filleul et il s'était retrouvé à dîner un bol de céréales devant une rediffusion d'un épisode de Bob l'Éponge. Ou peut-être plusieurs.

Vendredi :

Kenny Ackerman l'avait contacté, un rendez-vous avait été fixé, et Mike avait été de mauvaise humeur tout le reste de la journée.

Il avait aussi reçu un appel de Nile qui lui avait annoncé que Marie était enceinte. Erwin avait la sensation bizarre que son ancien ami lui avait déjà annoncé la grossesse de sa femme quelques mois plus tôt, à moins que cela n'en fut une nouvelle. Encore. Mais il avait fini par ne plus compter tous les enfants qu'ils avaient. À se demander si Nile travaillait autant qu'il le prétendait. Ou alors c'était parce qu'il ne voyait pas son ami aussi souvent qu'il le souhaitait.

Erwin n'avait jamais eu autant conscience du temps qui passait, et il avait tenté de l'oublier en passant une soirée de plus devant sa télévision avec le reste de céréales qu'Armin avait laissé.

Cela n'avait pas vraiment marché.

Samedi :

Il y avait eut une coupure d'électricité dans tout le bâtiment. Erwin avait tenté très fort de ne pas étrangler Hanji lorsqu'il lui avait demandé de garder ses expériences entre les murs de son appartement et, surtout, loin de ses employés et qu'il avait reçu comme réponse que le-dit bureau était mieux assuré que son appartement.

Comment étaient-ils devenus amis, déjà ? Il s'était posé la question pendant tout le reste de la matinée, puis il avait tenté d'oublier la réponse pendant son déjeuner.

Contrairement à ce qui avait été prévu, Erwin n'avait pas été à la bibliothèque avec Armin car Nanaba avait déjà des projets pour la journée.

Quelques heures plus tard, il avait reçu un nouveau coup de fil de sa part qui avait été si étrange qu'il n'avait pas su s'il devait tuer Hanji ou empêcher Mike de le faire. Encore. Erwin avait rapidement compris ce qu'il se passait grâce à une photo qu'Armin lui avait envoyé par téléphone : l'enfant avait enfin obtenu sa ferme à fourmis.

Dimanche :

Erwin avait fait un cauchemar. Erwin faisait régulièrement des cauchemars, c'était le genre de choses auquel il s'était habitué. Le plus souvent, il se levait et s'habillait rapidement avant d'aller courir.

Cela lui faisait du bien. Se concentrer sur sa respiration et son rythme cardiaque lui permettait d'occuper son esprit tandis que la sensation des muscles brûlant sous l'effort avait quelque chose de rassurant. Cette fois-ci, cependant, cela n'avait pas été suffisant et il avait passé sa journée à regarder son bureau du coin de l'œil, tenté de ressortir son Beretta et de sentir le poids rassurant de l'arme pendant à sa ceinture.

Cela avait rendu le lundi matin encore plus pénible que d'habitude. Les lundis matin n'étaient jamais faciles et agréables, mais cela était d'autant plus difficile après la nuit mouvementée qu'il avait traversé la veille.

Sans compter son emploi du temps à venir.

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Erwin se frotta les yeux au-dessus du café qu'il buvait par petites gorgées, dans l'espoir de ralentir le temps et de retarder le moment où il devrait aller travailler.

Aujourd'hui, c'était le grand jour. Aujourd'hui, Mike allait rencontrer Kenny Ackerman.

D'un commun accord tacite, Mike et Erwin avaient décidé de ne rien dire à Hanji. Seul Moblit avait été mis dans la confidence, chargé d'occuper son chef par tous les moyens possibles. Erwin savait qu'il ne pourrait pas empêcher Hanji de rencontrer Kenny Ackerman à un moment donné, mais il avait décidé que cela ne serait pas aujourd'hui. Il était déjà assez préoccupé par la rencontre entre les deux chefs pour, en plus, devoir gérer l'excentrique.

Il profita des quelques heures qui le séparaient de ce fichu rendez-vous pour aller travailler dans son bureau et passer quelques coups de fils importants en gardant un œil sur sa montre.

Au moment de partir, Erwin hésita un instant, la main posée sur la poignée d'un de ses tiroirs avant de se raviser. Il avait peut-être regretté de ne pas avoir son Smith & Wesson sur lui la dernière fois, mais il n'en avait pas eu besoin.

Erwin n'avait plus besoin de son arme.

Il enfila son manteau, se hâta de quitter la pièce avant de changer d'avis et signala son départ à Nifa. Cette dernière lui tendit une feuille et lui souhaita une bonne journée avec un sourire aimable avant de reporter son attention sur son travail quand il l'eut remercié.

Bien qu'Erwin n'en doutât pas un seul instant, Nifa lui prouva une fois de plus qu'elle était une secrétaire incroyable. Elle avait imprimé sur la feuille un trombinoscope de tous les employés qui faisait partie de l'équipe impliquée avec les Déesses de la Fondation Reiss. Il en profita pour réviser un peu dans l'ascenseur.

Son arrivée dans le parking brisa le joyeux brouhaha qu'il avait entendu en rejoignant l'équipe qui l'attendait près d'un van de l'entreprise. Il les salua en leur assurant de faire comme s'il n'était pas là et le silence gêné se dissipa un peu. Pas complètement, parce qu'il était difficile d'oublier que le grand patron était présent, mais assez pour que l'ensemble du groupe ne soit pas trop mal à l'aise.

Cela rappelait des souvenirs à Erwin, lui donnant l'impression qu'un vieux fantôme planait autour de lui à mesure que les discussions animés et les rires de ses employés envahissaient l'habitacle. Ce devait aussi être le cas de Mike s'il en jugeait la façon dont sa main se serrait autour du pommeau du levier de vitesse. Cela était pratiquement imperceptible, car Mike savait faire preuve d'un self-control exemplaire. Mais c'était le genre de choses qu'Erwin décelait sans problème, malgré le léger sourire qui se dessinait sur les lèvres de son ami alors que la conversations de ses subordonnées devenait de plus en plus animée à l'arrière.

— Gelgar, arrête ça ou je t'étrangle avec ta ceinture, le menaça Lynne d'une voix dure.
— Oh non, geignit presque Henning, ne commencez pas tous les deux. Je vous en prie.
— Je n'ai rien fait de mal, protesta Gelgar en prenant un air faussement offensé. Je disais juste qu'un nouveau bar avait ouvert en ville, et qu'il avait l'air très bien.
— Oui, et on connaît la suite, Gelgar, ajouta la femme avec un regard insistant. Vraiment, Gelgar, personne n'est intéressé.

Le concerné chercha du soutien auprès de son coéquipier mais Henning secoua la tête. En les observant dans le rétroviseur, Erwin pouvait sentir qu'une partie de la conversation restait silencieuse et qu'eux seuls pouvaient comprendre, même s'il pouvait se faire une vague idée. Gelgar était connu pour avoir des lendemains difficiles.

— Même pas le petit bleu des fraudes ? insista Gelgar en regardant derrière lui.

Erwin eut du mal à repérer Levi. L'inspecteur s'était installé tout au fond, son visage obstinément rivé vers la fenêtre, et il n'essayait même pas de cacher sa mauvaise humeur ou le fait qu'il n'avait absolument pas envie d'être là.

— Excusez cet imbécile, Ackerman, lui dit Lynne, c'est juste qu'il faut toujours qu'il ouvre son grand bec quand il est nerveux.
— Je ne suis pas nerveux, contra le concerné.
— On est tous nerveux, conclut Henning.

Keiji hocha la tête et le court silence qui suivit se suffit à lui-même.

— Hé, file-moi ta carte, dit Mike en donnant une tape sur le bras d'Erwin pour attirer son attention.
— Tu n'as pas la tienne ? lui demanda-t-il en la sortant tout de même de sa poche.
— Bien sûr que si, mais la borne ne veut pas l'accepter.

Étonné, Erwin observa son ami passer sa carte mais la barrière ne bougea pas d'un pouce. Il se passa quelques secondes de silence absolu, bercé par le ronronnement régulier du moteur. Abasourdi, Erwin observait le voyant rouge clignoter. Que pouvait-il bien se passer ? Il avait utilisé sa carte d'accès ce matin-même, et elle avait parfaitement fonctionné.

— Y'a l'autre débile qui se marre derrière un poteau.

Tous les regards se convergèrent vers le fond du véhicule. Levi, n'appréciant visiblement pas d'être fixé comme une bête de foire, soupira et pointa sa fenêtre du pouce en ne regardant qu'Erwin.

— Ah, échec des opérations, patron, commenta Gelgar en passant sa tête par la fenêtre.
— Merci Levi, dit Erwin en détachant sa ceinture pour sortir de la voiture.
— Si je descends, je l'étrangle.

À la tête que faisait Mike, Erwin n'était pas sûr de la cible de sa menace.

— Hanji, l'interpella-t-il en laissant la portière ouverte, arrête ton cirque et sors de là.

Son rire, reconnaissable entre tous, résonna dans tout le parking et Hanji s'approcha vers la borne. Tout son être respirait la fierté, et l'amusement le plus total.

— Tu pensais vraiment me doubler, Smith ?

Erwin garda son calme, même s'il avait vraiment envie de soupirer. Ou de se taper le plat de la main contre le visage.

— Tu ne fais pas partie de l'équipe, lui dit-il d'une voix ferme.
— Tu ne fais pas partie de l'équipe non plus, souligna Hanji avec un sourire encore plus grand. Cette petite chose est sous mon contrôle Smith, ajouta le démon en tapotant le dispositif du plat de la main.

Il n'était pas d'humeur à jouer avec Hanji. Il claqua la portière derrière lui et avança de quelques pas en passant devant la voiture.

— Est-ce que tu es réellement en train de prendre tout un immeuble en otage à cause d'un caprice ?

Hanji releva les sourcils puis, derrière ses lunettes sales, ses yeux s'arrondirent légèrement sous le coup de la surprise. Il était vrai qu'Erwin lui-même avait eu du mal à reconnaître sa propre voix. Il n'avait plus usé de ce ton, froid et sans appel, depuis bien longtemps. Du coin de l'œil, il vit le visage de Mike se figer.

— Est-ce que tu penses réellement m'empêcher de rencontrer Kenny Ackerman ?

Au moment où Erwin s'apprêtait à lui répondre, Moblit arriva et passa une carte devant la borne et le regarda.

— C'est bon, Erwin, vous pouvez y aller. Je m'en occupe.
— Traître ! s'écria l'énergumène en lui frappant l'épaule. Moblit, comment oses-tu ?

Il y avait quelque chose dans le regard de l'homme, qui n'avait pas eu le moindre vacillement face au violent coup qu'il venait de recevoir. Dans son regard, il fit comprendre à Erwin qu'il n'avait pas fait ça par plaisir. Ce dernier se demanda si Moblit allait leur faire payer d'une façon ou d'une autre le fait d'avoir été obligé de trahir Hanji alors qu'il l'attrapait par le bras pour l'entraîner avec lui en ignorant ses coups et ses cris.

— Il va vivre un enfer pendant des mois, signala Keiji quand Erwin remonta dans le van.
— Parce que ne c'était pas déjà le cas ? demanda Gelgar.

Keiji eut un rire étrange, ce genre de rire que seul quelqu'un qui devait travailler sous les ordres d'Hanji Zoë au quotidien pouvait avoir. Tout le monde sembla comprendre de quoi il retournait, et une espèce de silence solennel s'installa pendant une longue minute alors que le véhicule quittait enfin le parking.

Erwin espérait que le trajet fut long, ponctué de feu rouge à chaque carrefour, de divers embouteillages mais ce ne fut pas le cas, malheureusement. En effet, il avait décidé de profiter du trajet pour faire un ultime briefing et il devait admettre que les gens avaient peut-être raison quand ils disaient qu'il avait tendance à s'écouter parler.

Résultat : quand son discours fut achevé, ils étaient déjà garés depuis plusieurs grosses minutes et Levi avait presque ri du fond du van et ses paroles paralysèrent toute l'assemblée :

— Un caractère particulier et excentrique ? Sérieusement, Erwin ? On parle pas de Zoë, là, on parle de Kenny. Mon oncle est un gros connard, ça sert à rien d'essayer d'être poli avec lui.

Les doigts de Mike se crispèrent autour du frein à mains et Erwin était à peu près sûr d'avoir entendu ses dents grincer.

Ah, décidément, Erwin avait hâte d'y être.

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Je doute que vous soyez bien nombreux, mais j'espère que vous avez pris plaisir à la lecture de ce chapitre !
Bref, si vous êtes passé par-là, n'oubliez pas de me laisser un petit mot, car vous êtes sans conteste ma véritable source de motivation et d'inspiration !

Prochain chapitre : Harcelez-moi. Vraiment.